CONTRACTURE
CONTRAYERVA.
y acquièrent une activité effrayante, et que les mesures propres à les détruire sur place, en quelque sorte, sont toujours insuffisantes; qu'enfin, il faut .jattnbuer à l'obstination et aux mesures qui retiennent les citoyens d'une 'ville dans leurs foyers infectés, les ravages du fléau, lequel, suivant les temps, les lieux el les circonstances , a enlevé un dixième, un neuvième, un sixième, et, chose horrible , jusqu'au fiers et même la moitié de certaines populations. » Mais s'il convient de faire évacuer les lieux où sévit une épimie miasmatique , il ne faut pas pour cela permettre à la population qu'on isigne de ces foyers , de se répandre indifféremment dans toutes les directions, u- , comme l'a très-bien vu M. Dupuytren , celte liberté illimitée de l'émiation n'aurait pas seulement des inconvéniens dans le système de la conttigion, ïis aussi en adoptant celui de l'infection tel que l'entendent ses partisans acels, puisqu'il pourrait arriver que l'affluence des émigrans dans certains lUX déjà peu salubres y fit naître des conditions en tout semblables à celles ts lieux abandonnés.
Les cordons sanitaires sont les moyens qu'on emploie encore aujourd'hui •squ'il s'agit d'opérer en grand l'isolement ; lorsque , par exemple, on veut )ler une nation tout entière d'une autre qui se trouve ravagée par une maladie putée contagieuse. Ces cordons , pour nous servir de l'ingénieuse expression 1 M. Dupuytren, constituent un mur vivant élevé entre les deux nations. !S attaques dont cette mesure sanitaire a été l'objet dans ces derniers temps , iraissent bien fondées , et le moment n'est peut-être pas éloigné où elle sera implètement abandonnée. Si l'on croyait devoir y recourir encore, il faudrait i moins, comme le conseille M. Dupuytren, placer les cordons à la plus 'ande distance possible du mal, et laisser entre eux et les foyers de l'infection I de la contagion des espaces suffisans pour que les personnes qui habitent ces lUX infectés puissent les quitter et trouver dans le cercle que ces cordons déiyeut, des habitations et même des promenades salubres. Au reste , ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans de plus amples détails au sujet : l'isolement. Ces détails seront plus convenablement placés dans les articles 'nsacrés à chaque maladie miasmatique en particulier.
Les lazarets et les quarantaines rentrent aussi dans la catégorie des moyens is en œuvre pour prévenir -la propagation des maladies réputées contagieuses.
l'ppus ne nous en occuperons point ici , attendu qu'ils seront le sujet d'articles
féciaux dans ce Dictionnaire.
|3". Des vêlemens et de quelques pi ocêdés considéi'és comme propres à empéer l'absorption des miasmes contagieux ou injectans. — Il fut un temps où n croyait que certains vêtemens jouissaient de la précieuse prérogative de |ipposer à la contagion miasmatique, mais il n'en est pas de même aujourd hui H'il est bien reconnu que ce n'est guère par la voie de la peau , mais princilement, uniquement peut-être, par la voie des organes de la respiration que ; miasmes dits contagieux s'introduisent dans l'économie. Quant à quelques océdés proposés pour prévenir l'absorption de ces miasmes par la surface 5piratoire , ils sont évidemment impropres à remplir cette fonction , et pour parler C[uc d'un de ces préfendus paramiasmcs , que dire de celui proposé r Bressy ? Suivant ce méilecin , l'inspiration des vapeurs de suif, en déposant Ir les voies de la respiration une couche légère de graisse, s'opposerait à l in- )diiction des miasmes. On conviendra qu'un tel moyen serait plus propre à mplirle rôle d'agent morbifique que celui de paramiasme.
Quesnay. Mémoire sur les vices des liumeurs , conlenant des remarques sur l'infecliou et contagion. (Inséré f\.d^ns\e Recueil des Mémoires de l'académie royale de Chirurgie.) T,~F.C. Picltler, Mémoire sur* les maladies contagieuses. Strasbourg, 1786. Leclerc. Delà contagion, de sa nature el de ses effets.
Bressy. Tlisorie de la contagion, et son application à la petite-vérole, i la vaccine, etc. lis, 1802.
Touard. Essai sur une nouvelle théorie de la contagion , etc. Paris, 1806.
Ozanam, Histoire médicale , générale et particulière des maladies épîdémifjues , contagieuses
ppizoolîques , Paris, 1817.
Todérè. Leçons sur les épidémies et Tliygiène publique. Paris , 1822. 4 vol. i{i-8°. Balme. Observations et léflexions sur les causes , les symptômes el le traitement de la con- ;ion, Paris, 1822.
Dupuytren, Rapport fait à l'Institut , en 1825, sur un mémoire de M. Costa, relatif à [ïidémie qui ravagea Barcelonne en 1821.
On trouvera dans le recueil des thèses latines , de la bibliothèque de la faculté de médecine Paris , plusieurs dissertations sur la contagion. Quant aux ouvrages sur chaque maladie llagieuse eu particulier, ce n'est pas ici le lieu de les indiquer.
(S. BODILLACD. )
CONTRACTURE {seméiologie). La contracture constitue un mode de con- Ision , caractérise; par un état de rigidité permanente et involontaire des rties qu'elle affecte. Suivant la prédominance de tel ou tel ordre des muscles il meuvent ces parties , elles sont maintenues dans diverses positions. Dans les îmbres, p ir exemple , la contraction permanente des muscles, en raison de la édominance des fléchisseurs sur les extenseurs , produit une flexion , plus ou îins considérable, de toutes les articulations. Si l'on essaie d'étendre les embres ainsi fléchis ,. on épi:ouve une résistance plus ou moins grande , suivant ntensité de la contracture, et la vigueur des sujets ; et si, après être parvenu Mincie celte résistance , on abandonne les membres à eux-mêmes, ils reviennt aussitôt à l'état dont on les avait tirés. La contracture occupe-t-elle le □ , cette partie , en raison de la prédominance des muscles extenseurs sur les . chisseurs , est maintenue dans un état de redressement plus ou moins arqué. Quand la paupière est le siège de la contracture , il en résulte l'occlum de l'œil , ce qui s'explique par la prédominance du muscle orbiculaire sur releveur de la paupière supérieure , etc.
La contracture est générale ou partielle (la dernière est infiniment plus
commune que la première) ; elle est le résultat d'une irritation des cordons on des centres nerveux destinés au mouvement des muscles. Comme il arrive fréquemment que l'irritation n'occupe que les centres nerveux d'un seul côté , il ne faut pas s'étonner si le plus ordinairement un seul côté du corps se trouve contracturé. Dans les cas où la contracture est le résultat de la phlegmasie d'un des hémisphères cérébraux, la bouche est déviée du côté opposé à celui de l'hémisphèie enflammé, ce qui est l'inverse de ce qu'on observe dansl'apoplexie (hémorrhagie cérébrale).
La paralysie succède quelquefois à la contracture. Une telle métamorphose est l'indice de la désorganisation ou de la compression violente du point d'abord simplement irrité. Il existe, à ce sujet, une remarquable différence entre l'encéphalite et l'apoplexie. En effet, dans cette dernière, c'est la paralysie qu'on observe d'abord , et si plus tard la rigidité se manifeste , c'est qu'un travail inflammatoire s'est développé autour de l'épanchement sanguin. Au contraire , dans l'encéphalite , comme nous venons de le dire un peu plus haut , la paralysie ou la résolution musculaire est consécutive à la contracture ou à la rigidité.
Un auteur dont les belles recherches ont jeté des lumières si vives sur les maladies de l'encéphale et de ses dépendances , M. le professeur Lallemand , de Montpellier, établit une distinction entre les contractions permanentes des muscles , produites par une inflammation de la pulpe cérébrale , et celles produites par une phlegmasie de l'arachnoïde. Suivant cet ingénieux pathologiste ■> les premières sont accompagnées d'une véritable paralysie, tandis que celte paralysie n'a pas lieu dans les secondes. « Cette coïncidence de contraction con- « vulsive et de paralysie, dit-il, est un caractère distinclif, et vous concevez « facilement potirquoi il n'y a point de paralysie quand l'arachnoïde est seule » affectée, pourquoi elle existe quand c'est le cerveau. Dans le premier cas, le » cerveau n'est qu'irrité; le second, son tissu est déjà plus ou moins altéré » (Recherches anatoinico-pathologiques sur l'encéphale et ses dépendances , t. 1er, pag. 154. ) Cette distinction a quelque chose de bien séduisant, au premier aspect. Cependant, si on l'examine attentivement, on finit par s'apercevoir qu'elle ne satisfait pas complètement l'esprit. La coïncidence d'une contraction convulsit'e et d'une véritable paralysie dans la même partie est une circonstance difficile à concevoir. M. Lallemand a d'ailleurs très-bien fait voir que la contracture ou la rigidité des membres se transforme par la suite en paralysie. Or, si la paralysie existait dès le commencement , pourquoi dire qu'elle succède à l'état spasmodique? Au reste , je n'insisterai pas d'avantage sur ce point , dont la discussion trouvera plus naturellement sa place à l'article Ekcéphadte.
( J. BoUILLADD. )
CONTRAYERYA , dorstenia contray erva ; monœcie télrandrie Likn. ; urticées Juss. Cette plante , qu'on a introduite dans la matière médicale , est originaire de l'Amérique méridionale. Son nom , qui signifie « herbe co\\ire(jert a contra) le poison » par abbrévialion , indique assez les propriétés qu'on lui attribuait et que l'expérience n'a pas confirmées , bien que les ])rincipes qu'elle renferme ne man([ucnt pas d'activité. Quoi qu'il en soit, c'est sa racine qui a été employée en médecine , et qui se trouve , dans les pliaraiacies , en morceaiux ligneux , de forme tuberculeuse irrégulière , ayant une écorce Irès-épaisse et des filamens radiculaires très nombreux. Elle présente une saveur chaude, acre et poivrée ; son odeur est aromatique , mais assez peu prononcée. Cette plante n'ii pas été analysée ; on est porté à croire qu'elle contient une grande quantité de fécule et de mucilage, parce que sa décoction est extrêmement épaisse. Il est probable d'ailleurs que son odeur et sa saveur sont dues à une certaine quantité d'huile volatile.
Mais présentât-elle évidemment des principes plus actifs que ceux qu'elle renferme , on ne saurait croire aux assertions exagérées qui sont répandues sur son compte j ni regretter cju'elle ait disparu de la matière médicale, au moins dans notre pays. Il est évidemment faux que le contrayerva guérisse subitement la morsure des serpens , qu'il soit l'antidote de tous les venins et même de toutes les maladies , ainsi que l'ont avancé des auteurs dont on est réduit à suspecter ou l'exactitude ou la bonne foi. Cette plante cependant peut être utilisée dans les pays où il est facile de se la procurer ; mais il faut apprécier à leur juste valeur les faits d'après lesquels on l'a recommandée dans les fièvres putrides, mnlignes , lentes, jierfeuses , etc., et se demander quels senties motifs de ceux qui l'égale'nt, et même qui la préfèrent au quinquina et aux toniques plus énergiques , et de ceux qui la regardent comme fort inférieure en énergie. Nous renonçons à mettre d'accord ces assertions contradictoires.
Les doses usitées sont d'un demi-gros à un gros en substance. On en prépare au vin. La teinture spiritueuse ou l'extrait alcoholique serait assurément les préparations les plus efficaces , parce qu'elles seraient débarrassées de la fécule. Ajoutons que dans les pays où le contrayerva jouit d'une grande réputation, c'est avec sa décoction qu'on lave les plaies envenimées , pour s'opposer aux aceidens qu'on redoute après la morsure des animaux venimeux. Cette jiratique est insignifiante , et ne peut être considérée que comme une simple lotion avec ua liquide excitant. ( F. Ratier. )
CONTRE-COUP , s. m. , contra-Jissura ; solution de continuité survenue , à l'occasion d'un choc extérieur, dans une partie autre que celle qui a été frappée. La transmission du mouvement communiqué aux organes solides de l'économie vivante par les corps vulnérans , est la cause eflicienle des contre-coups: Ils ont lieu toutes les fois que la percussion , sans être assez forte pour diviser ou rompre les parties qu'elle atteint immédiatement, conserve cependant une puissance suffisante pour opérer des lésions de ce genre dans les tissus moins résistans et plus ou moins éloignés vers lesquels se propagent les oscillations qu'elle provoque. Quelquefois, le contre-coup s'ajoute aux lésions directes, et cela a lieii dans les cas peu ordinaires où le mouvement imprimé par l'agent de