CONTREPOISON
la blessure , n'ayant pas clé enlièremenl absorbé clans une première solution de continuité , est encore assez fort pour aller au loin opérer , sur des parties peu solides, une seconde division. Enfin le contre-coup s'ajoute fréquemment à la commotion , parce que le mouvement qui peut produire le premier est aussi , dans la plupart des circonstances, assez considérable pour ébranler violemment les tissus intermédiaires et y déterminer la seconde.
Les os , à raison de leur solidité , sont presque seuls susceptibles de transmettre le mouvement avec assez d'énergie pour occasioner des contre-coups. Tantôt alors, la percussion ayant lieu sur un point d'une cavité osseuse , les oscillations qu'elle provoque sont telles que des points moins solides, et souvent i'entlroit opposé .se fracturent; tantôt un os, recevant le mouvement parallèlement à son axe , le transmet h la cavité avec laquelle il s'articule et la fracture; tantôt enfin un cercle osseux pressé par ses deux extrémités se rompt à son centre , etc. Dans les chutes , les parties les plus déclives appuyant d'abord sur le sol, le poids du corps, augmenté par la vitesse du mouvement, devient une cause très-fréquente des contre-coups , qui , lorsqu'ils ne consistent pas en des fractures , peuvent donner lieu h des contusions , à des déchirures, h des broiemcns plus ou moins étendus dans les or^ïaues les plus friables et les plus pesans, tels que le foie , la rate , les reins , etc. Nous devons nous borner à ces notions ccncralcs , suffisantes pour l'intelligence de la théorie des contre-coups. Il sera question ailleurs en délail de ces lésions , de leurs signes et de leur traitement. ( rojez Fracture , Luxation el Plaie. ( L.-J. Bégik. )
CONTREPOISON. Ce mot, synon3'me d'antidote, et auquel nous avons eu lintention de renvoyer, à l'égard de celui-ci (c'est par erreur qu'au mot Antidote on a mis voyez Poison ) , exprime beaucoup mieux que lui le genre de substances employées pour combattre les empoisonnemens , et doit lui cire préféré. Le mot arrlidote est dérivé du grec «vr( , contre, et Mom, donner; il peut donc s'appliquer à tous les médicamens que Ton administre à l'intérieur pour combattre les maladies, de quelque nature qu'elles soient; tandis que le mot contrepoison exprime de suite une classe particulière de corps, propre à arrêter l'action tonique des substances ingérées dans l'estomac. Tous les auteurs ne Sont pas d'accord sur les propriétés que doivent avoir certains corps pour être ilualifiés contrepoisons. Les uns veulent que Ton donne ce nom à toutes les substances capables de diminur'r ou d'arrêter les effets des poisons; les autres , et M. Orfîla est de ce nombre , ne regardent comme telles que les corps susceptibles de décomposer les poisons , ou de se combiner avec eux , à une température é"ale ou inférieure à celle de l'estomac; de telle manière que le nouveau produit formé n'exerce aucune action délétère sur l'économie animale. Cette manière d'envisager les contrepoisons nous paraît beaucoup plus exacte ; elle élimine de suite une foule de substances qui avaient été considérées comme des contrepoisons, parce qu'elles avaient paru apporter de l'amélioration à l'élat des malades empoisonnés , et qui n'avaient réellement agi que comme de sim pics éraoUicns. Elle entraîne nécessairement avec elle des preuves chimiques qui sont 'a la toxicologie ce que l'analomie pathologique est à la médecine; et de même que l'on ne peut créer de nouvelles maladies, sans donner la preuve de leur existence , en démontrant aussi celle d'altérations d'organes ou de fluides , de même on ne peut créer de contrepoison sans prouver qu'il modifie la composition de la substance vénéneuse, ou forme avec elle un composé nouveau, à une température égale ou mêoie inférieure à celle de l'estomac. Cependant, les termes d'une définiiion devant êire tout-à-fait rigoureux, nom hésitons à présenter le second membre de phrase comme aussi absolu que le premier, 1 de telle manière que le nouveau produit formé n'exerce aucune action r. c/eVeière sur l'économie animale, n Si nous considérons le mot délétère comme synonyme de corps qui détruit la vie , même à petite dose , ce dernier membre de phrase est admissible ; mais si nous l'envisageons comme é juivalcnt de nuisible , alors il ne nous paraîtra pas tout-à-fait aussi rigoureux. Les contrepoi- -sons ne transforment pas le plus souvent le poison en coips inerte^ mais bien en un corps beaucoup moins nuisible , et dans quelques cas le nouveau composé est encore un poison. Malgré cette légère imperfection celte dt fiuilion est s.ms contredit la meilleure qui ait été donnée.
Kous avons cru devoir i c mir, sous forme de tableau, les poisons et leurs contiepoisons, ainsi que l'avait fail M. Guérin dans sa toxicologie. On peut voir que nous avons cuibrassé un assez grand nombre de substances, cl au premier aboril on est porté à penser que la science est riche de contrepoisons. Nous sommes loin de voub)ir chercher à diminuer l'importance de celte classe de médic.imens, mais il faut dire la vérité : l" il est une foule de cas dans lesquels ils ne deviennent d'aucune utilité : ce sont ceux où le poison agit avec force, et où le médecin est appelé deux on trois heures après l'empoisonnement ; les acides el les alcalis concentrés , si souvent employés comme corps vénéneux , sont de ce nombre. Quand une substance corrosive, comme un acide, un alcali concentré, du sublimé corrosif, etc., a exercé son influence sur la membrane muqueuse de l'estomac , ce qui s'opère dans l'espace de quelques minutes , l'atteinte portée à l'organe est telle que si le malade ne succombe pas sous son action coi rosive, il périt des suites de la phlegmasie qu'elle développe. 2". La dose de poison estsouwnl trop foi te pour pouvoir être neulr.ili,-éc ; car , que rempoisoniicmcnt soit l'efl'ct du suicide ou de l'homicide, la quantité de substance ingérée aura presque toujours élé considérable. Les malades ne peuvent pas ou ne veu-' lent pas avaler une quantili suffisante de contrepoisons. 3". Plusieurs poisons souvent usités sont peu solubles , les malades les avab'iit en poudre srossiére et souvent même en morceaux, le contrepoison ne peut pas alors agir sur la totalité de la substance vénéneuse.
S'ensuit-il de là q -e la cor.naissancc des coniref oisons soit de peu d'utilité pour le médecin ? Loin de nous cette idéC; nous la rcg.irdous ri éme couirae
très-importante , parce que dans certains cas le médecin est appelé assez à tel; j pour administrer des secours, que l'indivi'du n'avale qu'une petite quantité > la substance vénéneuse, soitquela saveur désagréable ou la douleur même q* en éprouve l'arrête , soit qu'il reconnaisse que l'on a voulu attenter à ses jeu Or, un médecin ne dût-il les employer qu'une seule fois avec avantage pend; tout le cours de sa pratique, il sera suffisamment dédommagé de l'aridité leur étude. D'ailleurs il est très-facile de retenir les contrepoisons en réflécli sant à leur mode d'action sur les substances vénéneuses.
Acides , nitrique , eau forte , eau seconde, suifurique , huile de vi- Iriol , hj-drochloi ique , phosphorique, ou tout autre acide.
Alcalis , potasse , soude , ammoniaque, chaux et carbonatesde potasse, de soude et d'ammoniaque . . . .
barite, strontiane et leurs sels solubles. . . . . .
Alcalis végétaix et sels de ces bases
OxiDE d'arsemc
Sels de zinc, sulfate et autres sels solubles
— d'étain . bydrôchlorates et au-
tres sels solubles
— d'antimoine , émélique et au-
tres sels solubles. ......
— de plomb, acétates, extrait de
Saturne et autres
de cuivre , vert-de-gris , sulfate et aulies
— de mercure, sublimé el autres.
— d'argent, nitrate d'argent, pierre
— iiifciuale
Chlore lkjuide et chlorures alcal.