‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 153 sur 234 · CONTREPOISONS · texte numérisé non relu

CONTREPOISONS

1". Magnésie calcinée, eau de savon.

2". Magnésie non calcinée, eau al- Lumineuse , lait.

lo. Eau vinaigrée.

2.0. Eau acidulée par tout autre acide , excepté les acides vénéneux, même lorsqu'ils sont étendus d'eau , oxalique , hydrocyanique.

fo. Sulfates de soude, dépotasse,

de magnésie.

2°. Eaux de Sediitz, d'Eps., d'Egra, i 3". Eaux de puits ou de sources qui

fournissent des dépôts abondaos

de sulfate et de carbonate de

chaux.

1". Pécoction de noix de galle éten-

due d'eau.

2°. Décoction de quinquina.

Eaux minér. sulfur , eau de chaux.

]o. Lait.

2». Bi carbonate de soude en disso-

hilion.

l». Lait.

2°. Décoction de noix de galle et

bi carbonate de soude.

1". Décoction de quinquina ou de

noix de galle.

2». Eau minér. suif, n aturelles.

1". Sulfates de soude, de potasse,

de magnésie.

2o. Eaux de Sediitz , d'Eps. , d'Egra.

3° Eaux de puits ou de sources qui

contiennent beaucoup de sulfate

et de Carbon, de chaux.

4". Eau aibumin., lait et gluten, l"-. Eau albiiinineuse , gluten tenu

eu dissolution à l'aide de savon

noir.

2". Lait . décoct. de noix de galle.

1". Eau albumineuse , gluten dissout par le savon noir.

2". Décoction de quinquina , de noix de galle, lait

Sel commun en dissolution assez concentrée.

Eau albumineuse.

Tous les contrepoisons que nous avons fait connaître n'ont pas la même val leur à l'égard des poisons dont ils sont destinés à combattre les effets , aussi le' avons-nous numérotés. On devra donc donner la préférence à ceux qui porter' le n" 1. Lorsque nous traiterons de chaque poison en particulier, nous consa ci erons un paragraphe à l'étude des contrepoisons proposés , et nous établi' rons leur valeur spéciale d'après les expériences qui ont été faites sur les aiii' maux , et les observations recueillies chez l'homme. Nous nous bornerons quant à présent, à donner des préceptes généraux sur leur préparation et leu | mode d'administration.

Un contrepoison na doit jamais avoir une saveur désagréable ; il doit êlr ' soluble dans l'eau, ou pouvoir au moins être tenu en suspension dans ce liquidf ' Il faut autant que possible que l'on en puisse donner une grande quantilé sou i un petit volume ; qu'il n'exerce par lui-même aucune action délétère , qu'il s ! coïiibiue facilement avec la substance vénéneuse, ou la modifie; enfin, q» ' le composé nouveau qui en résulte n'exerce que très-peu d'action sur l'éconoiui animale. Passons eu revue les contrepoisons sous ces divers rapports. !

La magnésie calcinée a un inconvénient , son insolubilité , et par cela mèm'| la diflicullé de l'admiiiislrer à des doses assez fortes , p.irce que dans les empoi sonnemens par les acides , les malades n'avalent que très-diificiiement ; il fan donc la suspendre dans l'eau , en l'agitant fortement, et en donner deux , troi ou quatre onces dans un espace de temps fort court. L'eau de savon est peut être préféi'able à la magnésie calcinée, en ce qu'on peut donner une plus grand quantité de substance neutralisante sous un petit volume; mais sa saveur e.' désagréable. La magnésie non calcinée, ou le sous-carbonalc de magnésie est un contrepoison aussi efficace; mais qu'il ne faut emplover qu'à défaut d magnésie .parce que, lors de sa décomposition p ir les acides, il se deg.ig une énorme quantité d'acide carbonique , et qu'il se produit beaucoup de chi leur. Il en resuite une élévation de la température de l'estomac trés-doulou

CONTRE-STIMULANT

CONTRE-STIMULANT

•euse de cet organe ; des cnicUtions des plus fatigantes pour le malade se font )bserver, et si la rupture de restomac était imminente, peut-être le dégagenent d'acide carbonique reirectuerait-eile.

On peut, sans inconvénient donner une eau assez fortement vinaigrée pour combattre les empoisonnemens par les alcalis. Ainsi, le premier verre sera com- Dosé d'un liquide formé d'eau et de vinaigre, à parties égales , et les doses sui- 'anles seront un peu moins acidulées. Quand on emploie un autre acide , tel ]ue l'acide sulfuriquc , nitrique , etc. , il faut alors agir avec beaucoup de cironspection , et ne mettre qu'une partie d'acide sur quinze ou vingt parties l'eau. Cette dilTérence résulte évidemment ilc l'action corrosive de ces derniers lontrepoisons , qui sont vénéneux, même quand ils sont affaiblis. Quoique lès-élendus d'eau, ils produisent les mêmes effets que l'eau très-vinaigrée , ;ar ils peuvent saturer une plus grande quantité d'alcali.

Les sulfates solubles doivent être donnes à la dose de deux ou trois onces. Is forment, avec les composés solubles de baryte et de strontiane , un sulfate nsoluble qui a beaucoup moins d'action sur l'économie animale . quoique le ulfate de baryte soit encore un poison. Mais comme les composés vénéneux e baryte paraissent être absorbés, on arrête , ou au moins l'on diminue laborption, en changeant la solubilité du corps , les eaux de puits ou de source le contenant, proportion gardée, qu'une très-petite quantité de sulfates, deiennent des contrepoisons bien faibles.

La décoction de noix de galle, employée pour neutraliser les effets des alcais végétaux, des sels solubles d'étain , d'antimoine, de cuivre , etc.. est loin le constituer une substance inerte par elle-même; aussi doit-elle toujours être [tendue d'eau, et faut-il l'employer avec ménagement. C'est surtout à son égard I [ue nous appliquons le précepte de l'évacuation du poison modifie et du jontrepoison.

Il n'en n'est pas de même à l'égard de la décoction de quinquina. Quoique Dnique , son action est peu énergique, si on la compare à celle de la sub- I lance vénéneuse. On ne doit donc pas balancer à l'administrer à haute dose. ,p II est d'observation que l'eau albumineuse trop épaisse et trop filante exerce I loins d'action que l'eau albumineuse moins concentrée. On devra donc délayer il '\x ou huit blancs d'œufs dans une pinte d'eau , l'agiter fortement pour opérer ' n mébinge à peu près exa-ct ; enlever l'écume , et faire avaler la plus grande iianlité possible d'albiniijne. L'administration de ce contrepoison n'a aucun in- ' onvénient; le blanc d'œuf forme un liquide onctueux qui lubréfie les parois de ,1 lestomac , et ne peut agir que comme émoUient. Dans les empoisonnemens par ; sublimé, il faut faire prendre beaucoup d'albumine , parce que la substance cnéneuse a été fréquemment ingérée en supension dans l'eau , plutôt qu'en issolution,

i Pour administrer l'eau de gluten , on prend ce corps, qui , mêlé avec du saon noir, est sous la forme d'une pâte. On le traite par l'eau froide, et on en lit une dissolution concentrée ; mais cette préparation pharmaceutique ne se ouve pas dans toutes les officines , en sorte que , malgré sa propriété neulrasanle, l'usage en est peu fréquent.

Le sel commun n'est purgatif qu'à la dose d'une à deux onces ; on peut donc c dissoudre dans l'eau , et l'administrer sans inconvénient. Enfin nous ferons emarquer que si nous avons placé les eaux minérales sulfureuses et l'eau de liaux comme contrepoison de l'oxide d'arsenic , nous ne leur avons pas ftaclié une grande valeur; ils ne peuvent tout au plus servir que si le oison a été donné en dissolution dans l'eau. Il y aurait des inconvéniens raves a leur substituer une eau sulfureuse artificielle, ou une dissolution de fie de soufre, ces deux substances étant plus vénéneuses que l'oxide d'arsenic li-méme.

Règle générale, après l'administration des contrepoisons, il est bon de cher- '' liera déterminer l'évacuation de toutes les substances introduites dans l'eslolac ; on expulse de cette manière la portion de poison qui n'a pas été neutraliîe , l'excédant de contre-poison employé et le composé nouveau qu'il a fait ailrc : composé qui n'est pas toujours exempt de propriétés délétères. -I Nous ne sommes plus au temps où les médecins regardaient comme inutile emploi des contrepoisons , se fondant sur ce qu'il était impossible de comparer estomac à un vase inerte dans lequel s'opèrent les phénomènes chimiques. Tout e monde sait actuellement qu'il suffit du contact immédiat des corps pour que es phénomènes aient lieu . et que peu importe que l'enveloppe soit inerte ou lonée dévie. Nous devons cependant avouer que la vitalité de l'estomac peut xercer quelque influence sur la quantité de substances entre lesquelles ces •hénomènesse passent, en ce sens que , se contractant , il détermine la plicaiire de la membrane muqueuse , et que souvent ces replis enveloppent une porion de poison sur laquelle le contrepoison n'agit pas. C'est la la cause pour la- ' [ucUe on n'observe bien toutes les ulcérations qu'en déplissant cette membrane.

( Alph. Deveegie. )

CONTRE-STIMULANT, s. m. et aâ] , coiifrn-sUmulntit. Pris substantivenent, ce mot est l'équivalent de contre-stimulus. On définit le contre stimulus matent on une puissance qui j» odnit, sur l'oignnisniCj des modifications oppvees Cl celles qui résullent de l'iiclion du stimulus.

Nous allons essayer d'exposer dans cet article les idées principales des mélecins conire-slimulistes sur la thérapeutique et sur la matière médicale. Nous lous réservons de donner un aperçu de leur physiologie pathologique h l'arlile Rasorisme.

Ilrown avait établi pour maxime que tout ce qui s'applique positivement sur f corps vivant , réveille et accroît l'action vitale ; que , hors les sousti'aclioiis , lil n'existe rien dans la nature qui puisse agir dans un sens contraire. Jean Ra- |ori réfuta victorieusement ce principe , par la pid)lication de son IJistoire de

DiCT. DE MÉDECXKE ET DE CllIRUEGIl? PHATIQUES,

la fièvre pciéchiale de Gênes , en 1800; et c'est dans cet ouvrage que se Irouvent jetés les premiers fondemens de la théorie du contre-stimulus.

Tout est relatif, selon Browu ; il n'y a point de tonique ni de débilitant absolu. La saignée est un corroborant, lorsqu'elle ê)te un excès de sang qui opprime les forces ;le vin est un débilitant, lorsque , ajoutant un degré de stimulus supérieur an besoin de l'économie, il amène l'oppression.

Mais il y a , dit Tommasini , dans les médicamens. ainsi que dans les agons naturels , une action absolue et une action relative. Il faut distinguer l effet primitif ou immédidt qu'ils produisent sur le corps sain de l'effet secondaire qui s'observe sur les malades. L'effet immédiat est toujours un, puisqu'il exprime l'aclion intrinsèque de l'agent, ou la modification intime qu'il fait subir à l'organisme. L'effet secondaire varie suivant les circonstances; et ce sont ces circonstances qui peuvent faire de la saignée un corroborant , du vin un débilitant. Mais , considérés dans un sens absolu , le vin sera un excitant , parce qu'il augmente la quantité du stimulus, et la saignée un débilitant, parce qu'elle le diminue.

Ce que nous venons île dire s'appli(|ue spécialement aux agens dynnmiqnes . ou qui modifient l'excitabilité en plus ou en moins. Par cela même, ils ne produisent leur effet avec une certaine constance qu'autant que l'excitation est à l'état normal. Prenons pour exemple l'opium : donné h un homme sain , il activera la circulation , augmentera la chaleur , la rougeur , la turgescence vasculaire ; produira ainsi la congestion cérébrale, et par suite la somnolence; mais administré à des malades, ses effets ne seront pas les mêmes , ils seront difforcns et même opposés, suivant les conditions de l'e^cilement. Le malade esl-il attaque d'une phlegmasic, l'opium ne fera qu'accroitre l'excitation, il produira nsême la veille, ou bien il l'augmentera, si elle existait déjà , à moins que Ion n'en pousse la dose jusqu'à faire naître un assoupissement voisin de l'apoplexie. Supposons maintenant que l'opium soit prescrit dans un cas d'hyposihénic : si la veille formait un des symptômes de la maladie, l'opium, en corrigeant l'état de contre stimulus . ou le <léfaut d'action auquel la veille était attachée, amènera le sommeil désiré; mais si la somnolence était un des symptômes de celte hyposthénie , l'opium , loin de faire dormir le malade , le réveillera, en faisant cesser le défaut d'action , cause «le Is somnolence. Voilà un cas où le papnver somnifevum n'est plus un somnifère.

Il en est de même des purgatifs, des vomitifs, des sudorifiques, etc. Ces agens ne produisent des évacuations qu'autant qu'ils contre stimulent ; iniroduils «lau'i un corps sain ou frappé d hyposlhénie, ils produiront constamment leur effet ; mais dans le cas d'hy posthénie , leur action sera employée à détruire l'excès de stimulus ; et s'il y a des évacuations, elles seront dues au surplus de cette action sauf l'idiosyncrasie , qui peut modifier la loi générale.

L'aloës, la rhubarbe, etc., ont été regardés comme toniques, parce que le dernier résultat de l'administration de ces méilieamens est le retour à cette vigueur physiologique et à ce bien être de l'estomac, qu'un abus de stimulans, d'alimens ou de vin avaient été à cet organe. De même le dernier effet d'un air frais ou de l'eau à la glace, est de rendre au système son énergie naturelle, que l'excès de la chaleur et une turgescence excessive opprimaient. Aussi n'a t on pas manqué de ranger le froid parmi les toniques. Il en a été de même du quinquina.

On voit déjà combien les classifications des médicamens, d'après leurs effets secondaires, en toniques, débilitans, sédatifs, diurétiques , emniénagogiies , apéritifs, etc., sont fausses et empiriques. Bien plus , cette méthode conduit ii atti ibuer, h la même substance , des propriétés diverses et même contradictoires. C'est ainsi que le fer a été appelé désobstruant , parce qu'il dissipe les engorgemens de la rate et du foie; déprimant ou tempérant , parce qu'il réprime la vibration morbide des vaisseaux ; excitant , parce qu'il redonne au visage et à toute la peau les couleurs vermeilles de la santé ; tonique et stomachique , parce que , dans certains cas, il rétablit l'appétit; fl/^é/v'///', parce que , dans plus d'une circonstance , il parait avoir contribué à rétablir des évacuations supprimées; stfptique et astringent , parce que , dans un grand nombre de cas . il arrête les hémorrhagies utérines et celles des vaisseaux hémorrhoidaux . qui proviennent de congestion. Mais si , au lieu d'attacher une trop grande importance à ces propriétés lotîtes éventuelles , on s'applique à découvrir l'action absolue du fer, on renonce biiînlôt , dit Tommasini , à 1 emploi d'un pareil langage. De même, dit-il, que la phlogose , identique au fond, peut donnerlieu à des j>hénomènes divers, à des formes morbides différentes ou même opposées en apparence, suivant les lieux, les viscères et les systèmes où elle prédomine ; de même les effets avantageux du fer dépendent d'une seule action : il conlre-stimule ; il réprime l'excitation morbide , principalement celle des vaisseaux; et c'est par là qu'il diminue la turgescence, corrige le stimulus angéilique et arrête les hémorrhagies. Ainsi , il n'esl pas nécessaire d'assigner à ce médicament des places diverses dans les nomenclatures thérapeutiques, puisque, pour expliquer ses effets variés , et pour l'employer avec succès, il suffit de le considérer comme mi contre stimulant qui agit d une manière plus spéciale sur le système circulatoire ( TpMMASIKI ).

Les Italiens divisent les médicamens en deux grandes classes. L'une comprend ceux qui augmentent ou dépriment l'excitabilité, les stimulans et les contrc-stimulans , et qui pour cela sont appelés dj namiques ; dans l'autre sont placés tous les agens mécaniques cl chimiques , sous la dénomination commune d'irrilans.

Les'rritans produisent rin trouble, un dérangement local qui peut se pi opa. ger par sympathie , mais jamais yar diffusion. Ils affectent l'excitation en qualité , mais non en quantité. Toutefois quand l'irritation est intense , elle peut occasioner, mais secondairement, des affections générales ou dynamiques, soit de l'une, soit de l'autre diathèse. Cela dépend des parties ou l'aclion irruaiive

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se passe, du moile et du degré dé celte action. Ainsi, la brûlure, l'ingestion d'un acide, l'action d'un instrument tranchant , peuvent être suivies de l'inflammation. De même , à la nausée produite dans l'estomac par quelque substance irritante, peut succéder un état de malaise, de dégoût, de contre-stimulus ; cet état subsiste même après l'éloignement de la cause, et disparaît par l'usage de slimulans doux. Un afTaissement douloureux, une convulsion ou contraction morbide, qui résultent du tiraillement de parties fort sensibles, seront guéris par l'opium, quand , du reste , il n'y a pas eu déchirement ou lésion organique capable de réveiller la dialhèse opposée.

Les maladies irrilalives n'admettent d'autre cure que l'éloignement de la cause; on ne peut pas les guérir, comme les maladies dynamiques ou vitales , par compensaUna , c'est à-dire par des remèdes a[>pliqués sur des parties éloignées du siège de la maladie. Tant que l'agent irritant reste dans le corps et qu'il maintient l'irritation, la malailie générale qui en résulte peut être modifiée par un traitement approprié, stimulant ou contre stimulant, mais ii n'y aura jamais guérison complète.

Par cela même que les maladies générales qui résultent de l'irritation ne sont que des maladies par excès de stimulus ou par état de eontre-sliraulus , il ne peut exister ni diathèse irritative, ni médication arrti-irritantc.

Parmi lesagens dynamiques, il y en a qui, indépendamment de leur actionslimulante au contre-stimulante , sont encore doués d'une action irritative. La digitale, par exemple, que Tommasini regarde comme un contre-stimulant du premier ordre, ralentit la circulation, diminue la chaleur, etc.; mais, en outre elle irrite le tissu avec lequel elle est mise en contact; elle pourra même l'enflammer, si on l'administre dès le principe en trop grande quantité. Mais si l'on commence par la donner à petites doses que l'on augmente progressivement, son action locale et irritative sera nulle, et l'on ne verra se manifester que les effets de sa vertu contre-stimulante. C'est faute d'avoir distingué, dans les médicamens , les propriétés dynamiques de celles qui ne sont que chimiques ou mécaniques , que la plupart des auteurs sont tombés dans des contradictions choquantes et des disputes interminables. (Fanzago, Tommasini, Gozzi.)

L'excitabilité , ou la faeullé de répondre à l'action des causes extérieures, est inhérente' à l'organisation. Mais , en outre, chaque organe , chaque tissu est doué d'une excitabilité spécifique qui difTère non-seulement en degré , mais en qualité. [Tovit,iÀ.smi , Leçons critiques de physiologie , etc. ; Parme , 1802.)

Certains agens dynamiques , indépendaairaeiit de leur action générale , exercent une action locale ou électit^e cl modale sur l'excitabilité péciale d'un système ou d'un organe. C'est ainsi que la digitale et le fer contre-stimulent principalement le système sanguin; que la rhubarbe agit dans le même sens sur le duodénum, l'aloes sur les vaisseaux hémorrhoidaux , etc. : voilà l'action élective. Les purgatifs et les vomitifs contre-stimulent de préférence le tube gastro-intestinal : mais leur mode d'action est divers ; car les premiers activent le mouvement pe'ristaltique , taudis que les autres réveillent un mouvement en sens contraire. C'est en cela que consiste l'action modale. (Gozzi.)

Les conire-stimulans se divisent en directs ou positifs et en indirects. Parmi ces derniers on compte la saignée, l'abstinence, la privation de chaleur , de lumière , etc.

Les effets primitifs ou immédiats des conire-stimulans sur un corps sain sont un sentiment de langueur , de malaise , d'angoisse; la lenteur et la petitesse du pouls, la pâleur , le frisson, le froid ; le dégoût et la nausée; l'abattement, la faiblesse qui peut aller jusqu'à la défaillance.

Pour mieux se convaincre de la nalure d'un médicament, du nitre , par exemple, du sulfate de fer ou de l'ipécacuanha , on peut le soumettre à une contre-épreuve. Quanil il a produit les phénomènes de dépression que nous venons de décrire, on peut les faire disparaître en administrant du vin ou de l'clher. Le même procédé doit être employé dans les expériences sur les agens .slimulans.

Il est bien vrai qu'un excès de vin ou de liqueurs spritueuses peut donner lieu aux symptômes que nous avons vus résulter de l'action des conire-stimulans. Mais le vin et les liqueurs, avant d'occasioner cette faiblesse apparente ou indirecte , produisent en premier lieu un surcroît de chaleur et de mouvement; tandis que le nitre , les acides, le tartre éniétique, ne produisent jamais, suivant Tommasini , ni chaleur ni sentiment de force sur un corps sain, avant de le jetter dans la faiblesse. Les phénomènes d'abattement sont l'effet piimitif et immédiat de leur application.

Le dégoût, la nausée, le vomissement produisent toujours de la langueur, une diminution d'action, quand ils n'en sont pas l'effet. Dans le cours d'une maladie Iiyperslhénique , on voit les symptômes perdre beaucoup de leur intensité au moment où le malade éprouve des nausées ou des vomiturilions. En général, ce mieux se continue plus ou moins ; il est tout-à fait indépendant de l'évacuation des matières contenues dans l'estouiac et dans les infestins.

On voit déjà combien le reproche qu'on adresse aux médecins contre-stimulisles, de juger de la nalure des médicamens par les maladies et de celle des nialatlies par les médicamens , est loin d'être fondé. Il est vrai qu'ils emploient quelquefois ce genre d'épreuves ; mais ils no le regardent pas comme un critcrion unique. Tommasini , Torda et d'autres médecins célèbre , ont essayé diverses substances sur des animaux vivans.

Un autre moyen de s'assurer des propriétés d'une substance , c'est de comparer ses effets avec ceux d'un remède connu dans une même maladie et dans les mêmes circonstances. L'identité ou l'opposition des effets produits fournira un argument soliile pour prononcer sur l'ulentilé ou l'opposition d'action des médicamens en question. Ainsi, un méilicament qui ne contrarie point les effets de la saignée, comme feraient le vin, l'opium ou l'éthcr, mais qui agit dans

CONTRE-STIMULANT

le même sens que la saignée et contribue à la rendre plus efficace , ce médica ment est doué , sans contredit , d'une action contre-stimulante. Les écrits d i Touimasini offrent beaucoup d'exemples de celte méthode, qu'il appelle coml parntiue ( voyez Journal Hebdomadaire , t. V. pag. 466). 1 La vie est le résultat d'un balancement continuel entre deux puissances op' posées , le stimulus et le contre-stimulus ; toutes deux se détruisent mutuelle meut ou se neutralisent.

Toutes deux sont actives . et c'est cette activité qui , également propre au slimulans et aux contre-stimidans , a été une puissante objection pour ceux qu supposaient que la contre-stimulalion des Italiens était la même chose qui passivité ou négation tl'action. On ne pouvait regarder que comme contre stimulante une substance qui, comme un purgatif, activait les sécrétions mil ■ queuses , le mouvement péristaltique des intestins , la sécrétion capillaire , etc Tout stimulant, comme tout contre-stimulant, peut produire le même phé nomène vital, sans qu'on puisse toujours , d'après le seul fait apparent, distin guer quel est l'excitateur de ce phénomène , s'il est produit par stimulation oi par contre-stimulation ;car, comme Rasori a surtout cherché à le démontrer tout fait physiologique peut être altéré par l'une ou par l'autre , sans qu'il ait de différence dans la manifestation de ce fait. Ainsi , le délire peut être pro duit par des conire-stimulans , tels que la faim, une perte de sang considérable la ciguë , la belladone ; comme il peut l'être par une pléthore , par une inflaoïj maiion. L'opium pourra guérir dans le premier cas ; il tuerait dans le second Il en est de même de tous les symptômes apparens des maladies : tous peuven être le résultat de deux causes opposées. Déjà la pratique a démontré au; médecins de tous les pays qu'il y a des diarrhées , des hydropisies , des côti vulsions, etc., dans lesquelles on réussit tantôt par les stimuians , tantôt pa les déprimans. La forme d'une maladie est donc bien moins importante ijni] le fond ou la diathèse (voyez ce mol).

Dans les maladies dynamiques ou vitales , il y a quelque chose qui es: commun à toutes ; c'est le fond ou la diathèse. En outre , chacune de ces mala^ dies a quelque chose de particulier ; c'est la J'orme , c'est-à-dire l'appareil symptomatique , le siège et l'espèce de travail morbide qu'où appelle processu^ ou condition pathologique. De même , comme nous l'avons déjà (.lit , les médiij camens dynamiques ont une action générale , stimulante ou contre stimulante et une action locale ou élective. Par la première, un même médicament peu servir dans une foule de maladies générales , appartenant à la même diathèse' Ainsi le tartre slibié, la digitale, l'eau de laurier-cerise, les purgatifs, son employés avec succès dans les maladies des trois cavités qui sont de naturci phlogistique, dans le cas surtout où il y a diffusion de la plilogose.

La santé consiste dans l'équilibre entre la stimulation et la contre-stimulalion ; Lorsque l'une des deux l'emporte sur l'autre , il y a maladie vitale ou dynami que. Si celle-ci a lieu parexcès de stimulation , on peut administrer des contre i slimulans à des iloses qui ne seraient pas supportées dans l'état physiologique i et celte dose sera d'autant plus grande que l'excès de stimulation sera lui-mêm i' porté à un plus haut degré. Si au contraire il y a excès de contre-stimulation le malade pourra supporter des doses de slimulans ijui le tueraient, s'il S(i portait bien. Par exemple, un homme, qui dans l'état sain serait lourment(i par deux grarns d'éraétique , qui serait même empoisonné par C[ualre grains d(i ce sel ou de muriale de baryte, en supportera huit , dix , quinze, vingt grains; et plus, sans accidens , s'il a une inflauimalion de poitrine ou de ventre; dei même qu'un diabétique, par défaut de stimulus, supportera aisément vingt . trente , quatre-vingts grains et plus d'opium , tandis que quelques grains l'empoisonneraient, s'il était en pleine santé. Cette facilité, avec laquelle réconomicj s'accommode à des doses énormes de médicamens de l'une ou de l'autre classe,| suivant la dialhèse de la maladie, est ce que les Italiens appellent tolérances^ pour les médicamens. » Plusieurs remèdes deviennent infructueux, dit le pro-'j fcsseur Franceschi , par la seule raison que leur emploi n'est pas poussé iauj point de produire une action décidée sur l'économie. Cette action varie suivant.! la constitution et la susceptibilité des individus , susceptibilité que l'on ne peul| mesurer sûrement qu'à l'aide de l'expérience el de l'observation. « (Annalid» medicinu pratica , Lucca , 1821.) C'est ce que M. Tommasini appelle toléranc^ relatii'e ou individuelle. M. Franceschi, qui, dans deux cas de diabètes , perlai la dose de l'opium jusqu'à un gros par jour, rapporte un fait beaucoup plus 1 extraordinaire.» Une jeune fille , âgée de vingt-deux ans , d'une constitution) un peu lâche, avait une ascite par obsiruction du foie. Je voulus, dit-il, essayer la teinture de cantharides, donnée inlérieuremcnt. Non-seulement la quantité d'urine augmenta par l'usage de ce remède , mais la tolérance fut telle que de la dose de vingt gouttes , dans un véhicule mucilagineux , il fut porté successivement jusqu'à la dese énorme de dix-sept gros par jour. La malade en auraitsupporté davantage , si , éprouvant un mieux sensible , elle n'eût désiré rcloiirner dans ses foyers. Pendant l'usage de ce médicament, elle ne se ))laignit jamais de cardialgie, de dysurie, ni d'autres sensations pénibles Je dois pre- ■ venir une objection qu'on serait peut être tenté de me faire; la teinture de cantharides que j'ai employée était parfaite, éminemment efficace. Appliqué"-* extérieurement sur d autres malades . elle opéra conslammeul à la manière des vésicans. » (Precetti di mcdicina pratica, Lucca, 1826.) Rasori obtint la gucrison de trois fortes péripneumonies sans faire aucune saignée , mais en élevant la dose du tartre émétiqtie jusqu'à cent quarante-quatre grains en vingt quatre i heures.

Il y a tolérance pour les slimulans dans les all'eclions par conl re-stimulus. H y a tolérance pour les conire-stimulans , quand il y a surexcitation ou inflnnmation.

Quand la diathèse morbide diminue, l'économie devient incapable dc soulenir

CONTRE-STIMULANT

îiiêuie dose du remède , jusqu'à ce qu'enQn elle revienne à Télat physiolos;ile où la plus légère dose suffit pour produire des accideiis fâcheux. Tel pépneuuionique ou dysentérique qui a pu supporter, sans inconvénient, vingt

1j trente grains de tartre stibié , ou de gomme gutte , ne peut plus en supporter II grain , et même un demi-grain , quand la guérison est près de s'efTectuer. Les slimulans détruisent les effets des contre-stimulans , et vice vcrsd. Le jeteur Murray administra à des grenouilles de faibles doses d'acide hydrocyaque ; au moment où elles allaient expirer , il leur frotta la tête avec quelques (utfes d'ammoniaque , et il les vit aussitôt se rétablir.

Les médecins italiens établissent en principe que, par l'action des conlreirâulans directs, il se produit des changemens positifs dans la fibre animale. )posés à ceux dans lesquels consiste L'cxciUition elle- même de la fibre. Ainsi vie de la fibre peut être diminuée non-seulement d'une manière négative , est-à-dire être moins excitée , moins vitrante, mais eucore d'une manière poive , par l'effet d'un changement, d'une affection inverse et deslrurtit^e de lie à laquelle la vie et l'excitation sont liées. Or, cette affection , produite ir lés contrc-stimulans , doit se propager plus ou moins , de la partie où elle été imniédiatement produite, à tout l'organisme; comme les affections oppoes , celles de l'excitation augmentée s'y propagent plus ou moins. Il faut donc hcevoir la nausée , le dégoût, le mouvement interverti , le frisson , le resserment, l'engounlissement , communiqués par diffusion à tout le système. Fai observé, dit Tommasini, que les boissons acidulées avec l'acide sulfurique aient utiles dans tous les cas où la vibration des vaisseaux est furie. Il me aible raisonnable d'admettre dans l'acide sulfurique, ainsi que dans les autres œèdes qu'on appelle astringens , la propriété d'engourdir, de stupéfier, pouv isidire, la fibre vivante; et de ralentir, de calmer les mouvemens et l'activité ne'rale qui en dépend , au moyen d'une sensation obscure de dégoût qu'ils terminent en elle, et qui se propage par sympathie à tout l'organisme, icide sulfurique , introduit dans l'estomac , arrête souvent avec une promplile étonnante les hémorrhagies. Cette propriété (mal nommée astringente ils ce cas ) pourrait facilement se réduire à l'acîion d'engourdir, de stupéfier rganisme. Un chatouillement au gosier, lorsqu'il arrête une épistaxis, agit, non avis, dans le même sens. C'est encore ainsi qu'un remède qui produit i3 nausées suspend et arrête une forte hémorrhagie. Aussi ai-je prescrit plu- I urs fois, et avec un grand succès , de petites doses répétées d'ipéeacuanha itis les hémorrhagies. »

3i l'action des contre-stimulans directs a été trop forte ou trop piolongée, i 'établit une diathèse ou état permanent de contre stimulus ; de même que la tiiulation excessive est suivie de la diathèse contraire. Cela ne rend-il pas pbable l'existence de modifications organiques dans le premier cas? La ];uve qu'il s'est établi une diathèse, c'est que la soustraction des causes ne iiHt pas pour faire cesser l'état de contre-stimulus ; on est obligé de le coralllre par les stiraiilans les plus énergiques. Quelquefois la fibre est tellement iipéfiée qu'elle les sent à peine. Non-seulement elle les supporte avec facilité,

I is elle les désire , les exige. Les empoisonnemens par la ciguè , l'aconit, la (jitale ou le venin de la vipère, peuvent servir d'exemples.

contraire , les contre-stimulans indirects , les soustractions, les privations,

II produisent qu'un élat do défaut de stimulus. Dans cet état, loin qu'il y ait térance pour les slimulans, il y a quelquefois susceptibilité extrême, même ]• rapport aux excitans physiologiques. La réaction est à craindre, et il est lîcssaire de mesurer les alimens avec une économie sévère.

Dans les maladies par excès de stimulus , il se présente deux indications; la {imière, c'est de diminuer l'excitation par la soustraction d'une certaine (intité de sang, le plus énergique des slimulans ; la seconde , c'est d'applic;r à la libre vivante ifn agent dont l'action soit diamétralement opposée à la snulation, par conséquent propre à la neutraliser. Ce dernier moyen est cect; l'autre n'agit qu'indirectement,

le serait une grande erreur de croire avec Brown que, dans les maladies Jiérales avec processus partiel ou local, toute l'économie soit surexcitée au rme degré que la partie qui est le siège du processus ou travail morbide, et cù !a stimul.ilion se propage dans l'organisme. La diffusion de l'excil^meiit Jit être plus ou moins considérable , mais c'est un des dogmes fondamentaux ( Tommasini et de son école qu'il y a toujours prédominance de cet excilement cisla partie attaquée. Quelquefois même le processus est tout-à-faitcirconscrit cis un petit espace, tandis que le reste de l'organisme peut se trouver en 1 1 ou en partie dans des conditions différentes et même opposées. L'organe a|;cté peut exiger des soustractions qui ne seraient nullement tolérées par le S[tème entier. C'est dans celte combinaison extrêmement fâcheuse que le «ours des contre-stimulans doués d'une action élective est précieux.

?ous les praticiens ont reconnu des limites à l'emploi delà saignée , même dp le cas où elle est le mieux indiquée. Elle opère, dit Tommasini, instautjément avec trop d'énergie, et laisse le système vasculaire (dont l'action est aemi suspendue par suite d'une si grande soustraction subite de stimulus] Wucoupplus susceptible qu'auparavant. Aussi la fréquence du pouls augmente H Iquefois par l'effet de la saignée , fiurtout quand elle a été trop copieuse ou lijp répétée ; les contre-stimulans , tant qu'ils sont proportionnés à la tlialhèse, «lïiinuent constamment cette fréquence. La saignée produit souvent des eflets fijcsles, particulièrement dans les maladies chroniques, sur les sujets exsanguins Ojd'une constitution grêle , nerveuse , irritable ; dans tous ces cas , l'emploi dj contre-stimulans est très-avantageux. Il y a des hémorrhagies qui persisti|t, malgré une perte de sang énorme ; il en est que la saignée ne parvient P|nt à arrêler, et qui cessent, comme par enchantement , par l'emploi de la d|itale , de l'ipécacuanha , du kino , etc.

617 ) CONTRE-STIMULANT

L'estomac est le premier à éprouver l'action des contre slimulans. Aussitôt que le surcroît de stimulus e.st dissipé , l'appétit augmente , et le ventre devient libre. Si la dose excède le besoin , le contre-stimulant produit la nausée, le vomissement, la cardialgie , des coliques.

A mesure que l'action du contre-stimulant se propage par diffusion , le cœur et le cerveau se ressentent de son influence ; le pouls se déprime , il perd de sa fréquence et de sa vibration morbide; les fonctions cérébrales deviennent faciles ou régulières; les sécrétions se rétablissent. Quand la diathèse a été vaincue , et que l'excitation est revenue à son type normal , si l'on continue l'usage des contre slimulans, l'action du cœur et des artères devient languisspute; le pouls est lent, bas , petit ou très fréquent ; la chaleur diminue, le frisson et le froid surviennent; il y a stupeur , délire , vertige , convulsions , bourdonnement d'oreilles , etc. ; en un mot, il n'y a plus tolérance. Il faut alors diminuer la dose , ou suspendre entièrement l'usage des contre-stimulans. Si l'on s'obstinait à les continuer, la diathèse contraire ne manquerait pas de se former. Il faudrait alors, pour la vaincre, recourir à la médication stimulante.

Quelquefois le contre-stimulus produit une impression trop brusque sur quelques organes. Par exemple, après l'ingestion de la belladone, le délire survient, avant que la diathèse ait été vaincue. Dans ce cas , il faut se borner à diminuer la dose; il serait imprudent de recourir à la méthode opposée.

Le tartre éractique , administré à haute dose , produit quelquefois des vomisseraens dès le commencement ; mais l'estomac s'y accoutume peu à peu. Quand il s'agit d'une maladie qui s'accroit progressivement, la répétition de la même dose, et même des doses de plus en plus fortes, ne font plus vomir. Si, au contraire, la maladie est légère, ou n'a que peu de tendance à augmenter d'intensité , alors les vomisseniens dépendent de ce que la dose surpasse le besoin , par suite la capacité de l'organisme, et ils prouvent comparativement le rapport de la dose avec la quantité de la diathèse ou l'intensité de la maladie. La tolérance pour les médicamens est la meilleure mesure de la diatlièse [diatesimelro. )

Quoique les symptômes de la maladie soient déjà considérablement diminués, quelquefois le malade continue à supporter, sans vomir, la même dose de tart re stibié qu'il supportait au fort de la maladie. Cela peut venir de ce que la convalescence , suivant l'observation de P. Frank, lient du génie de la diathèse; cela peut dépendre aussi , du moins en partie, de l'habitude. Quoi qu'il en soit, si on diminue alors la dose , on se prive des moyens de vérifier un fai' important, et on enlève trop tôt au malade un remède utile. Mais si on en continue l'usage , on ne tarde pas à observer les phénomènes qui indiquent l'excès de son action , et c'est alors qu'il est temps d'en diminuer la dose , en se réglant ainsi d'apiès la tolérance.

La diathèse peut diminuer, tandis que les symptômes restent les mêmes, ou augmentent d'intensité. Si on reconnaît alors que la capacité de l'organisme pour les doses actuelles de tartre stibié diminue , il faudra en conclure qu'il se forme dans les parties affectées des altérations plus ou moins profondes qui sont hors île l'influence de la médecine. (Rasoui. )

On a dit que le tartre éraétique , les purgatifs , etc. , guérissaient par révulsion ou dérivation. D'abord ces remèdes opèrent la guérison , lors même qu'ils sont appliqués sur les parties malades. Ainsi , on peut traiter des gastrites avec le tartre stibié, des entérites avec le calomel, la gomme-gulte , l'aloès , lu crème de tartre , le jalap , etc. Mais de plus , ajoute Tommasini , la révulsion ou le déplacement d'une inflammation est-il possible? est-il bien constaté? et quel avantage y aurait-il à transporter la phlegmasie du poumon, par exemple^ dans le tube gastro intestinal ? Il y aurait ainsi tieux organes phlogosés , au lieu d'un;la g.istro-entérite , au lieu de faire cesser la pneumonie , devrait au contraire l'exaspérer. Comment un stimulant, porté sur un organe aussi voisin du poumon que l'estomac , et au plus fort de la fièvre, n'augmenterait-il pas le feu, au lieu de l'éleinilre , ou , si l'on veut , de l'arracher de sa place? Loin de là, on voit les symptômes s'amender promptement , la langue même se nettoyer et devenir humide. Dira-t-on qu'il se forme une irritation d'une espèce particulière , une irritation sécréloire , et que l'excitation diminue par suite des évacu itions? Mais l'émétique guérit sans 'produire d'évacuations , on en mesure la dose à l'intensité de l'iiiflummation ; on la diminue aussitôt qu'il y a vomissementon évacuations alvines.

Plus le corps vivant est affaibli, et plus les émétiques produisent de nausées, de trouble, d'abattement , d'évacuations. Ces effets sont d'autant moindres que le corps est plus robuste, ou dans un état d'hypersthénie plus intense. S'ils étaient stimulans , le contraire devrait avoir lieu. De plus , les émétiques , les purgatifs ne peuvent à aucune dose réchauffer , fortifier l'estomac vide d'uu iiomme sain, comme ferait l'opium ou le vin. (Tommasini.)

On ne peut non [)lus ex pli quel les bons effets des contre slimulans dans les affections inflammatoires, en leur supposant la faculté de contre-irriler ou de détruire, au moyen d'une nouvelle irritation , l'état irritatif ou la perversion d'action produite par la maladie. Car au moyen du fer, de la digitale, du tartre stibié, de la gomme-gutte , de l'eau de laurier-ecrisc , de l'acide sulfurique, elc, on guérit non-seulement des maladies qu'on peut soupçonner de provenance irritatif e , ou constituant un état d'irritation , mais on guérit aussi des maladies inflammatoires simples et manifestes , produites par des agens slimulans communs, comme le soleil , le vin, l'exercice immodéré, les liqueurs; des maladies telles que l'angine, l'érysipèle , la pneumonie, etc. ; des maladies , en un mot , qu'on peut, sans contre-irriter , vaincre également par la saignée et le froid. (Tommasim,)

Dans tout ce qu'on vient de lire, j'ai cherché à présenter un résumé exact dos principes qui guident dans leur thérapeutique les médécins de l'école du

CONTR E STIMULANT

CONTRE STIMULANT

coiilre sfimulismc ; cru qu'il importait, avant toutes clioses , de bien faire ressortir ces principes , et de leur laisser en quelque sorte plaider eux-mêmes leur propre cause , en reproduisant le plus possible l'esprit de leurs ouvrages, et jusqu'à leurs expressions avec leur caractère (Vélrangeté. Je vais maintenant passer en revue les médicamens que les Italiens rangent parmi les contrestimulans, en indiquant les doses diverses auxquelles ils en ont fait usage et les principaux cas de leur emploi.

Le règne minéral ne fournit presque aucun stimulant.

Le nitre est un contre-stimulant, mais il est doué aussi d'une action irritalive. Ainsi , dans les affections idiopathiques des reins , il faut l'administrer avec précaution. Dans les autres cas on peut en porter la dose jusqu'à § j par jour, dans la proportion de 9 j par livre d'eau, avec quantité suffisante de sucre.

L'acide sulfurique, suivant le degré de concentration, 9j à 3 J5 par livre d'eau.

L'acétate de plomb, contre-stimulant énergique, 1/2, 3/4, ou tout an plus 1 grain par jour, divisé en petites prises avec beaucoupde sucre. En même temps le malade doit boire abondamment de la décoction de guimauve. Nonobstant ces précautions , dilTommasini , j'ai vu toujours l'usage du plomb être suivi de l;i colique saturnine, et quelquefois d une émacialion , d'un détériorement sourd et progressif des fonctions réparatrices : effets que je crois devoir attribuer à son action chimique. Pour cette raison , je n'emploie ce remède que ral ement et lorsque l'ineflicacité des autres moyens m'oblige d'y recourir.

La digitale exerce son action principalement sur le système sanguin ou sur cette ]iorlion du système nerveux qui règle les mouvemens du cœur et préside à la circulation. Tommasini dit avoir remarqué dans celte plante divers inconvéniens qui souvent ne permettent pas de s'y fier en toute sûreté : 1" elle agit avec tant de force sur le cœur , sur les vaisseaux ou sur les nerfs cardiaques, qu'elle détermine souvent un trouble dangereux , et presque une suspension du mouvement circulatoire , avant d'avoir influé suffisamment sur le reste de l'économie pour corriger les conditions ])hlogistiques |i)us ou moins diffuses; 2° souvent ses effets sont trop lents à se manifester, ce qui empêche de s'en servir dans les cas où il faut agir promptement ; 3° ses effets sont fort tenaces ; ils persistent quelquefois maigre l'administration des slimulans , alors qu'il n'est plus nécessaire ou qu'il serait même dangereux de prolonger la dépression viiale ; 4° son action varie beaucoup, suivant le tempéiament et les idiosyncrasies , conditions qu'il est impossible de déterminer à /)/7'o;v'; 5° enfin , malgré les plus belles qualités botaniques , ses effets sont variables, suivant le terrain, les lieux, les climats, peut-être aussi la saison où on recueille la digitale. Néanmoins je me suis convaincu que, sauf les exceptions dépendantes de l'idiosyncrasie, la digitale est iiti contre-stimulant qui suffit même dans les maladies tiès-inlenses. En poudre, grains ^ j , qu'on peut porter graduellement à xvj ou xxiv par jour, à doses fractionnées. Inlusion légère, 3 15; 3 j 5 tout au plus 5) 3- L'eau de laurier-cerise est plus sûre dans son action ; elle modère aussi le mouvement circulatoire. A cet objet on peut l'administrer de 3 ij ù 3 vj ou § j en 5 ij-§ viij d'eau.

L'if, taxus baccata L. , agit aussi éleclivement sur le système sanguin; mais son activité varie suivant les terrains. Il est utile dans l'angéite. Feuilles en poudre, 3 i3 • • ■ 3 ''j P"'" jo"'": ^" plusieurs prises.

Le safran agit de la même manière ; il contre-stimule le système sanguin , plus parliculièrement peut-être les vaisseaux de l'utérus. 11 rétablit la menstruation suspendue par excès de stimulus, en déprimant, en ralentissant la turgescence excessive et la \ibration angéitique des artères, qui empêche toujours l'exercice modéré et normal des sécrétions et des excrélions qui dépenilent d'une manière plus directe du système artériel. Il est en général très-utile dans l'angéite lente, et dans ce cas on peut l'associer avantageusement k l'if. 9 j ... 3 j et ))lus , par jour , à doses fractionnées.

La scille , le fer et le colchique sont doués de la même action , et pi oduisent, dans les mêmes circonstances , des effets merveilleux. Fer en nature ou porjihyrisé , xij grains à xxxvj , ou même à 3 j par jour, en plusieurs prises. Le sulfate de fer est moins toléré par l'estomac; xij à xxxvj grains , dissous dans l'eau distillée, avec addition tl'eau de menthe ou de mélisse , pour en tempérer la saveur désagréable. La scille en extrait ou eu substance , 9 j . . . ij. A dose ]ilus forte elle devient purgative. L'oxymel scillitiqiie peut être administré à la même dose, divisée en plusieurs prises.

De même que le fer , la scille et le colchique sont désobstruans , emménagogiies, lUm'cliques , toutes les fois que le dérangement des sécrétions se rattache à une stimulation obscure du système sanguin.

Dans les congestions phlogistiques , dans l'angéite chronique et dans les liéniorrhagies actives, indépendamment des déplétions sanguines et de l'applicalion du froid , on emploie avec succès le nitre , les acides sulfurique , citrique , oxalique, acétique; l'oxymel , l'oxycrat, l'écorce de grenadier, le cachou, le kino , l'alun , grains vj à xij , répétés trois ou quatre fois dans la journée, le suc des fruits de prunier sauvage ( 3 i-iij par jour, distribues en prises de 9 J3 ou de 9 i ) , la racine d'ipécacuaiiha à doses fractionnées , la digitale pourprée, l'eau de laurier-cerise , l'if , le safran , la scille , le colchique , le fer en nature , le sulfate de fer , l'acétate de plomb. Quelques-uns de ces médicamens ont été décorés du titre d'aslniigens, sans préjudice de leur vcitu a/iéritit'e , fésoltiiwc j (liuréLicjne , etc.

Dans les fièvres continues ou rémitlenics, indépendamment des autres moyens, on emploie l'immersion dans un bain froid , les affusions froides , le nitre en lavement avec la décoction de camomille ou de mauve, la casse, le tamarin avec ou sans nitre , le sultale de soude et de magnésie ou l'acétate de potasse; le tarlre stibié , de iv grains à xx^ j, dans § iv ou vj d'un véhicule aqueux ; les

poudres de Frank , dont chacune contient 3 J5 de crème de tartre et uni '2 grai ou un giain entier de tartre stibié.

Dans les inflammations aiguës de l'encéphale , des méninges, des yeux, d(| organes de l'ouïe, de la région laryngo-pharyngienne , des parotides, de I moelle épinière , de ses enveloppes, du névrilème , les médecins italiens ej ploient les mêmes moyens que dans les fièvres. De plus, dans l'encéphalit i ils conseillent le nitre à haute dose , l'acide sulfurique en limonade : applic tions froides au front et aux tempes; les poudres de calomel et de jalap, à do drastique; la gomme-gutte, de ij grains à iv par prise , en se réglant sur 1| effets ; la scammonée, xvj à xxiv grains, et même davantage, dans une émj sion ; eau de fleurs d'oranger; l'extrait de jusquiame , de ij à iv grains, se calmant qu'on doive employer dans les maladies phlogistiques.

Dans les inflammations et congestions chroniques des mêmes parties , ils pr crivent les antimoniaux à doses fractionnées ; les extraits d'aconit , de cigu grains viij jusqu'à 3 J3 par jour; l'oxide de zinc, grains iv jusqu'à xxii les fleurs d'arnica en poudre , 9 j , répété trois, quatre, six fois par joui ou en décoction; la noix vomique pulvérisée , ij grains, matin elsoir,jusqi xij-xxiv, et même davantage ; la stiychnine , 1/8 de grain , matin et soir , ju qu'à 1 grain et 1/2 et même ij grains, mais toujours partagés en prises de 1/ ou tout au plus de 1/4 de grain ; le rhus radicans ou rhus toxicodendron pulvi risé , grains viij-xxxvj , et même davantage, en quatre prises par jour.

Dans les affections encore plus obscures du système nerveux , telles queca vulsions hystériques , épilepsie , manie , quand il y a raison de croire ces mali dies dépendantes de quelque condition secrète de turgescence, d'engorgemej phlogistique ou d'excès de stimulus, outre les remèdes précédens, l'école itî lienne recommande les suivans, qui appartiennent d'ailleurs k la mêmeclassi!

L'ammoniure de cuivre, principalement contre l'épilepsie , j grain à ij , j même iv , partagés en petites prises de ^ grain avec 9 j ''e sucre. — Le mei cure k doses fractionnées , pour réveiller plus facilement la salivation. — Lî frictions mercurielles , faites le long de 1 épine dorsale, particulièrement da;' les affections des membranes delà moelle soit avec l'onguent mercuriel seu soit avec cet onguent combiné avec celui de ciguë. — Les frictions avec pommade stibiée d'Autenrietli. — L'extrait de jusquiame uni à l'oxide dezini en pilules, dans la proportion de grain i-iv du premier , et de i-ij du second 2 à 6 pilules par jour. La racine de valériane en poudre , 3 ij à iv par jeu remède qui est souvent d'une grande efficacité dans les convulsions par excde stimulus. Il est bon de l'associer à une décoction trés-chargée de feuill' d'oranger. — Le suc condensé ou l'extrait de datura sinimonium , en comme: çant par \ de grain, et le portant successivement jusqu'à 1 grain , répété deii ' trois, quatre fois par jour. Ce remède a été particulièrement recommam' contre la manie et la mélancolie. — La racine d'ellébore noir, utile danse mêmes maladies, depuis 1 grain, matin et soir, en poudre, jusqu'à xij-xx grains dans la journée. — Les feuilles de belladone, depuis ^ grain j usqu'à grain , deux , trois, quatre fois par jour ; remède parculièrcment recomman( dans les affections du nerf optique, mais non moins avantageux dans les affe tions nerveuses et les convulsions par excès de stimulus. — L'extrait A'anemot pratensis ou de pulsalilla nigricans , depuis j grain , matin et soir , jusqu'à T ' grains dans la journée , a été reconnu également utile , surtout dans l'amauro:' par engorgement inflammatoire cJironique.

Dans les maladies inflammatoires de la poitrine , les médecins italiensprij conisent spécialement le tartre stibié, qui, indépendamment de son action g nérale contre-stimulante , parait agir d'une manière élective sur les orgam tlioraciqucs , en solution. Le vin stibié de Huxham , que l'on peut avantagei sèment unir à un loocli , § j. Le kermès minéral , grains viij par prise, uil au sucre ou à grains viij de niire en poudre ; celte dose doit être répétée pk! ou moins fréquemment ilajis la journée, suivant la tolérance et les efléts. L'ej' trait aqueux de scille , ajouté au looch , ou donné en pilules de xxiv-xxx' grains par jour. L'oximel scillitique à la dose 3 j- § iiij par jour dans un loocl La gomme ammoniaque dans un loocli ou en pilules, § i5 à 5 ij. |

L'objet que l'on se propose dans l'administralion de ces médicamens , loi nauséabonds , est de procurer un certain degré de malaise ou d'angoisse, q' est éminemment propre à diminuer l'excès de stimulus.- IjC vomissement Irof blerait trop la poitrine ; il faut l'éviter , surtout dans l'inflammation du di» phragme. De même, si l'usage de ces médicamens procure trop de selles, faut en modérer la dose ; car ce ne sont par des évacuations copieuses qui pei vent corriger la maladie. Dans le cas où il serait nécessaire de purger, il faii (irait donner la préférence aux purgatifs oléagineux , parce que l'usage de l'huilii tempère la stimulation de la poitrine non moins que celle des premières voiesj ainsi que les anciens l'avaient déjà remarqué. L'huile de ricin , dans une ému ■ sion , à la dose de § j à iij , peut servir à cet objet. L'huile d'olive Irès-fine, p: cueillerées , calme en même temiis la toux et les douleurs costales. La manr de Calabre , à la dose de 5 iij environ , purgatif que les anciens recommai daientdc préférence dans la pneumonie.

Dans les inflammations chroniques de la poitrine, dans lesquelles la diffiisic diasthésii/ue est moindre et souvent tiés-peu remarquable, les mêmes médic. mens peuvent convenir, mais à des doses plus faibles et plus tolérabics. Tout fois , l ipécacuanha et la digitale , k doses fractionnées , méritent souvent la pu lérence. L'école italienne rappelle d'ailleurs qu'une ancienne pratique a cor sacré l'u.sage des remèdes suivans pour dissiper la plilogpse chronique et coir gcr la sécrétion anormale de la muqueuse des bronches ou de la trachée.

Extrait d'aconit ou de c'guë , aux doses indiquées plus huit, avec addilic d'extrait de jusquiame dans les cas où il y a toux vive et forte. Extrait de cigi ou d'aconit, uni à grains iy-viij de calomel. Hydrochlorate de baryte, gr J)a j pi

CONTRE-STIMULANT

CONTRE-STIMULANT

rise, répété trois à quatre fois dans la journée. On fait plus communément îage de la solution aqueuse bien saturée, h la dose de gouttes xxij-xxxvj , déyées dans l'eau distillée. La racine de poly^ala amer ou de polygala sénéga , 1 décoction , § J3 environ dans une livre d'eau. Le lichen d'Islande , même lantité et même proportion. Les feuilles du phellandriuni aquaticum en dé- . )Ction, ou les semences en poudre, 3 J3 ij- — La décoction de calaguala, ême dose que le polygala. — L'eau seconde de chaux, 5 'j iv dans du lait ou ms une des décoctions ci-dessus mentionnées. — L'eau de goudron , § iij-iv et ême davantage, par jour, en plusieurs prises. — La myrrhe en nature, ij-iv, en pilules avec le rob de sureau. — La teinture aqueuse de myrrhe, J3-§ ij, ajoutées aux décoctions indiquées plus haut. — Les fleurs de soufre , 1 pilules avec la gomme amraoniaijue.

Dans les affections de poitrine plus obscures et plus équivoques , telles que isthme, l'angine de poitrine, la coqueluche, les altérations de la voix, etc., rsqu'il y a motif de les attribuer à une phlogose chronique des bronches ou es poumons , quelques-uns des re'mèdes que nous venons d'indiquer sont enire employés.

Dans les maladies phlogistiques du bas-ventre , des viscères qui y sont connus , et du péritoine , Tommasini recommande les moyens suivans. Les émétiques doués d'une action sûre, tels que le tartre stibié et l'ipécalanha , administrés dans la vue de provoquer le vomissement. — Les purgafs : dans les cas les plus légers , les sels neutres , le tamarin , la casse , à dos fortes. Dans les cas où il faut une purgation plus décisive ^la gomme-gufte, s poudres île calomel et de jalap, le diagrède ; l'huile de ricin , les feuilles ! séné , l'huile de croton tiglium , la coloquinte (- ou 7^ de grain j usqu'à j , i toutau plus ij grains); l'aloës en nature , grains viij-xvj ; en extrait , vj-xij ; — vemens drastiques de coloquinte , grains xx dans 5 viij d'eau , en décoction ; femens pnigatifs conposés d'une décoction éraolliente avec addition (.le sel, buile ou de miel rosat ; lavemens drastiques composés d'une décoction de bac et d'un sel purgatif ou de iv-v -,j grains de tartre slibié. En cas de constiition opiniâtre et dangereuse , lavemens composés d'une décoction quelconle et de ij vj grains de trochisques alhandal, même davantage. Dans les inflammations chroniques du bas-ventre , lorsque le cas exige des irgatifs ou des médicamens propres à exciter la nausée , il faut donner la i'éfércuce à ceux qui sont doués d'une action plus douce et plus permanente, e même , parmi les autres contre-stimulans , il faut choisir ceux qui sont cad)lcs de réprimer le stimulus excessif et de résoudre par là les congestions ironiques , sans affecter gravement le système général.

Pendant l'usage quotidien des remèdes que nous allons indiquer et qui ont é nommés résolutifs {i-isolventi) , il faut administrer , chaque trois ou quatre urs , de faibles doses d'ipécacuaha , de tartre stibié en solution ou de poudres J Frank, ou bien un drastique, afin de procurer à l'économie une secousse lutaire de contre-stimulation.

iDes doses fractionnées d'aloës , de rhubaibe , en nature ou en extrait. — Dose lodérée de mercure doux uni à l'extrait d'aloës ou de rhubarbe. — Eau.x miuéra- !s salines et purgatives, bues à la source. — Extrait de ciguë ou d'aconit, seul ou >mbiné avec le calomel. — Extrait de suc condensé de laitue vireuse , dont la fande utilité dans les inflammations chronique du foie et de la rate a élé annoncée par Borda ; dose : xij grains jusqu'à 3 j , et même au delà , par petites 'ises. — La décoction d'angusture, louée par les anciens praticiens dans les nsgestions du foie. — Les gouttes arsénicales de Fowler , remède dangereux, ais qui entre les mains des médecins contre-stimulistes , a pu être donné sans ingcr, et qui leur a paru utile dans plus d'un cas. Ce remède leur a semblé f soudre les engorgemens opiniâtres du foie et de la rate , et à vaincre les fièvres lartes rebelles qui lesaccompagnent. Lorsque, après avoir épuisé inutilement saulres remèdes, Tommasini se servaitdes gouttes de Fowler ou de la solution 'oxide blanc d'arsenic, proposée pai- Brugnalelli, il commençait toujours par de grain , il en élevait la dose très-lentement , et jamais au dessus de ^ grain ir jour. Trois ou quatre fois il a produit de bons effets'; dans d'autres cas, | ommasini l'a trouvé infructueux ; une seule fois il eut lieu de se repentir de ivoir essayé. Observant, à l'hôpital de Parme, des malades traités par ce reède avec plus de hardiesse, il a presque constamment vu succéder à son lage une émaciation lente qu'on ne pouvait arrêter, soit que l'engorgement ;s vicères abdominaux fût diminué, soit qu'il ne le fût point. Le muriate de baryte, remède beaucoup plus innocent et mieux toléré, peut re employé intérieurement a la dose indiquée plus haut ; on peut aussi l'emoyer en frictions. Dans ce cas , on le fait dissoudre dans le suc gastrique d'un limai avant de le mêler à la graisse; car Bréra a constate que de cette maière il devient beaucoup plus actif. Dose : 3 3 dans § iij de graisse. Dans les grastrites chroniques avec un grand développement d'acide , 9 j de agnésie avec j gi ain ou ij d'oxide de bismuth , répété plusieurs fois par jour. Dans les engorgemens phlogistiques des viscères abdominaux , l'acétate de )tasse-est extrêmement utile , à la dose de 3 j-iij tlans §j-viij d'eau distillée. Dans les inflammations chroniques du tube gastro-intestinal , outre les remè- ;s indiqués pour les affections de même nature , la décoction de tamarin, tant icommandée par l'illustre Tissot, est un médicament fort avantageux, sur- >ut si l'on emploie de temps en temps quelques grains d'ipécacuanha, dans vue de provoquer une nausée salutaire.

La décoction de simarouba est extrêmement utile dans les diarrhées dénature jhlogistique.

I Le fer en nature ou le sulfate de fer est d'une utilité inappréciable dans les ingestions dos viscères abdominaux.

Les eaux martiales , bues à la source , sont très-utiles dans le's affections du

DiCT. DE MÉPECIME ET DE ChIRUKGIE PRATIQUES.

bas-ventre , et surtout dans celles des intestins. La racine de colombe , xij grains, deux ou trois fois par jour, et le quasia amara en infusion sont des remèdes excellens dans les mêmes maladies.

I/C safran oriental, à la dose de 9 j-ij , avec autant de fer porphyrisé , a la propriété d'enlever le stimulus morbide et les congestions, d'où proviennent le teint chlorotique et la suppression des menstrues chez les femmes. — La Sabine , 9 j-3 15? «nie à de petites portisns d'aloës, est aussi très-elTicace dans l'aménorrhée.

Lançasse et le tamarin , combinés avec le nitre , sont les meilleurs purgatifs pour les individus sujets à l'engorgement et à la stimulation morbide des veines hémorrhoidales. — Dans les hémorrhoïdes enflammées , les injections d'infusion de digitale ou de décoction de mauve, avec addition deau de laurier-cerise, sont le moyen le plus utile.

IjCS injections de décoction chargée de feuilles de ciguë et de laurier-cerise sont avantageuses dans les inflammations chroniques de l'utérus, ainsi que l'usage intérieur de la ciguë, de l'aconit, de la belladone, de l'hydrochlorate de baryte.

Eafin , dans les affections phlogistiques des voies urinaires , la décoction de îemWenVarhuluswa ursi, avec addition d'une once d'eau de chaux; la térébenthine en pillules, à la dose de 9 j , répétée deux ou trois fois par jour; la myrrhe en substance ou en teinture, et l'eau de goudron sont des remèdes que l'on croit généralement utiles et dont l'eflicacité est prouvée jusqu'à un certain point.

Dans les affections obscures du bas-ventre avec soupçon d'inflammation bornée à quelques points dans lesquels des parties importantes du système nerveux se trouvent intéressées : comme une hystérie, une nymphomanie, etc., entretenue par l'inflammation obscure et lente d'un ovaire, ce sont encore les mêmes remèdes contre-stimulans , que recommandent les Italiens.

Dans les maladies phlogistiques des systèmes sanguin et lymphatique ; anasarque, hydiopisie de diverses cavités. Mêmes movens antiphlogistiques. Dans les cas graves, la digitale, l'oxyrael colchique, les drastiques. Quand la maladie est moins intense , l'acétate de potasse , la scille et le fer suflisent. Dans les cas plus difficiles et rebelles , on peut employer le tabac, soit en lavement avec l'assa-fétida , soif en infusion , 9 j-3 Si ^'^ feuilles dans quelques onces d'eau , avec addition d'oxymel scillitique.

Dans les maladies phlogistiques des système cutané, cellulaire, fibreux, capsulaire et glandulaire ; exanthèmes, éruptions dartreuses aiguës ou chroniques; arthrite aiguë ou chronique; tumeurs articulaires ; engorgemens des glandes, congestions squirrheuses , scrophules , exostoses, affections vénériennes.— IVléthode contre-stimulante. Cependant les remèdes suivans méritent une mention particulière.

Dans la goutte , résine de gai'ac et kermès minéral. l,e mo-nordica elalei-ium , d'après les observations de VV^ant,. et la gomme gutle , doivent êti e préférés toutes les fois que les circonstances permettent de les administrer. — Cataplasme de farine de semences de loliuin Icmalentuin , appliqué aux articulations gonflées et douloureuses. — Cataplasme de mie de pain et de décoction de feuilles de ciguë , avec addition à la fin de feuilles de ciguë fraîchement cueillies et broyées. Cet épithcme est encore utile dans les tumeurs douloureuses du foie et de la rate.

.Dans les rhumatalgies et les éruptions cutanées , simples ou syphilitiques , décoction de salsepareille ou de smilax aspera. — Extrait de camomille , à haute dose , concurremment avec cette décoction. — Suivant quelques observations modernes, la décoction, moins chargée de salsepareille, de gaïac ou de smilax, prise avec courage à la dose de ^ viij xij par jour , a guéri des affections cutanées et membraneuses rebelles d'origine syphilitique. — La décoction de Salvadori et celle de Pollini , quoique leur réputation ne soit pas toujours ju.slifiée parle succès. L'écorce du daphné mézéréum , en décoction. Il est prudent de mcomencer par § , qu'on peut élever graduellement jusqu'à § j dans }^ ij d'eau par jour. Cette écorce possède un principe acre, irritant, et doit être administrée avec beaucoup de ménagement. Acide nitrique; 9 j-^j dans j d'eau; médicament très-efîicaee et très-utile. Bains sulfureux, bains de vapeur.

Enfin dans les engorgemens glandulaires et dans les scrophules, hydrochlorate de baryte; hydriodate de potasse.

Tels sont , dit M. Tommasini , les contre-stimulans dont je me sers. Je me tiens à ce nom-bre , dit-il , parce que 1° je crois qu'il ne faut employer que ceux dont l'action est sûre et bien constatée; 2° parce que je gbnsidère comme inutiles les médicamens qui n'ont pas une action assez prononcée dans un sens ou dans l'autre; 3° parce que j'ai eu toujours de la répugnance à employer des remèdes dont l'action n'est pas connue contre des maladies d'une nature également inconnue. Excepté le quinquina et , si l'on veut aussi, le mercure, tous les prétendus spécifiques ont élé reconnus inutiles ou dangereux, io Enfia ma sobriété en matière médicale , ajoute le professeur de Bologne , tient encore à ma façon de penser en médecine. C'est pour lui un principe que la seule partie de la thérapeutique qui mérite le nom de science , la seule qu'on puis'^e exercer en connaissance de cause et avec dignité; cette thérapeutique, qui a pour objçt de modifier ou d'arrêter dans les maladies des comlitions suffisamment connues et communes à plusieurs d'entre elles, peut s'effectuer avec un petit nombre de moyens dont l'action est bien démontrée. Notre art, dit encore Tommasini , aurait fait plus de progrès si l'on avait consacré à l'étude des maladies, à la recherche de leur fond ou de leur partie curable, au rapprochement des lésions avec l'appareil extérieur des symptômes, ces méditations , qui ont été absorbées parla recherche de nouveaux remèdes , souvent inutiles et quelquefois pernicieux. De même si l'on s'était appliqué à examiner quel est le principe utile dans les médicamens bien connus , quelle est sa manière d'agir , quels sont les effets généraux qu'il produit dans les maladies d'un

CONTUSION

CONV A.LESCENCE.

fond donne , on aurait plus avancé la matière médicale qu'on ne l'a fait en augmentant le catalogue des substances et des préparations médicinales, et en le chargeant de noms qui n'ont aucune valeur déterminée.

M. Tommasini s'elèvc avec force contre le mélange des méjicamens d'action contraire. « Si chaque remède doit produire son efi'ct, par l'un on diminue la .) maladie, par l'autre on l'augmente. Si l'un détruit l'effet de l'autre, le ré- )i sultatest nul et la prescription inutile. Dira-t on que ces médicamcns acquiè- » rent par leur mélange une vertu nouvelle et particulière , nommée pcrturba- .» trice , niétasjncriliijtte ; vertu qui ne se rapporte à aucune des actions cou- K nues, mais dont l'expérience aurait confirmé le succès dans certaines mala- 1. dies? Sans doute, je suis loin de nier l'utilité de quelques remèdes dont la » manière d'agir est un secret. Mais jusqu'à présent ni mes collègues ni moi « nous n'avons eu le bonheur de découvrir les effets merveilleux de ces mé- 1. langes. Au contraire, des faits simples, bien connus et certains nous en ont 1. dévoilé le danger. J'ai vu, dans plusieurs cas d'hépatite , administrer après la 1. saignée l'opium seul ou mêlé avec le calomel. Quelques malades, après une » lutte longue et douteuse, réussirent à échapper; mais le plus grand nombre >. périt. CÎiez d'autres l'hépatite devint chronique, rebelle, incurable. J'ai » donc raison de douter que des expériences exactes et bien faites aient constaté 1. l'utilité de ces mélanges contradictoires dans les maladies décidément phlo- 1) gisliques. Il est vrai que l'opium , en accélérant la circulation , provoque la « sueur; mais je doute que cet eflet irtclu-ect et seroiidaire puisse compenser ). les effets.de son action primitive, immédiate et directe. »

Rasori. Sloiia ilella feljlire epiileinica di Genova negli anni i:99-1800. Milauo, 1801, in-S" Irailuil en fiançais par Fonlaiicille, Paris, 182'2, in-S".

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( Andkal. )

CONTUSION, s. f. Contusio, de coniundcre , meurtrir ; lésion produite dans les tissus vivans parle choc de corps orbes ou à large stirface, sans solution de continuité à la peau. liOrsque les tégumens sont divisés , au contraire, on donne à la blessure le nom de plaie conlusc. Les ébranlemens que transmettent les os , frappés avec violence par des chocs extérieurs , ou recevant, dans les chutes , des secousses considérables , peuvent encore occasioner, dans les organes dont la texture est molle et vasculaire , des déchirures profondes ou de véritables contusions . qui ont lieu alors par contre-coups.

Les solutions de continuité devant être l'objet d'études spéciales selon qu'elles sont produites par des corps tranchans, piqiiaiis ou contondans , nous croyons utile, malgré l'usage contraire assez généralemetit suivi, de renvoyer à l'article Plate l'hisloire entière des contusions. Celles-ci sont en effet toujours accomnagnées de divisions cachées des vaisseaux capillaires et de solutions de continuité des organes ; le renvoi que nous adoptons nous permettra donc de rapproclier toutes les lésions analogues et en même temps d'évilerde fastidieuses répétitions. (L.-J. BÉcm.)

CONVALESCENCE, s. f. Com'alcscenliu , retour à la santé; état intermédiaire à la maladie qtii a cessé , et à la santé qui n'existe pas encore ; intervalle qui sépare la cessation de la malailie du recouvrement complet des forces ; état de faiblesse sans souffrance, mélange de langueur et de bien-être, dans lesquels ou se trouve depuis le moment oii l'on cesse d'être malade jusqu'à celui oiî l'on a recouvre sa vigtieur ordinaire .

{o pi'éiiomèncs de lu cotwalt'scence. — Ils varient stiivant la constitution du sujet , la naluro et l'inlensilé de la maladie antécédente , le mode de traitement qu'on y a suivi , et enfin le régime que le convalescent met en usage.

Le pltis ordinairement, après une maladie aiguë et chez un sujet habittiellement vigoureu.x, la convalescence est annoncée par la cessation ties symptômes les plus graves, par une diminution dans les douleurs soit itliopathiques, soit sympathiques, s'il en existait pendant la maladie ; par une diminution dans le nombre des pulsations artérielles; par une diminution dans la chaleur et dans la sécheresse de la peau ; par le retour au sommeil, par un commencement d'exhalation cutanée pendant celui-ci , par la cessation de la soif, par le calme des traits, la liberté de la respiration , l'humidité de la langue et île la bouche. Viennent ensuite le retour de l'appétit, l'appétence pour toute espèce d'alimens , même pour ceux qui étaient devenus, pendant la maladie, un objet de répugnance.

A ces signes , qui subsistent et se prononcent de plus en plus pendant la convalescence, se joignent la constipation , la sécheresse et la dureté des matières fécales ( ces phénotr.ènes sont une conséquence de l'absorption considérable qui a lieu pour la réparation des pertes (|u'ont subies les organes ), l'accélération du pouls et l'anhélation , à la suite du moindre exercice, la faiblesse de la voix, lu lenteur de la parole, une extrême irritabilité cérébrale, une incroyable

aplilf.de à subir douloureusement toute impression soit physique, soit morali qui dans l'état ordinaire de santé ne serait que médiocrement désagréablt ainsi le convalescent est incommodé d'un froid un peu vif, est abattu par u chaleur peu intense, s'impa tiente et s'irrite du nioindre délai apporté aux tl sirs cpi'il manifeste, entre en colère pour la plus légère cause de contrariét

Mais à mesure que les organes recouvrent leurs forces naturelles, ces phi nomèues disparaissent, la constipation se dissipe, on voit reparaître les sécj lions suspendues pendant la maladie, elles besoins naturels, même ceux q sotit le moins prochainement liés à l'existence , et qui se taisaient depuis Ion temps. Ainsi les sécrétions cutanées, rénales, menstruelles, nasales, intest nales , renaissent; le besoin de l'union des sexes , celui du mouvement musc laire , celui d'exercer les sens, les forces morales et intellectuelles se fbnt seul

La convalescence offre des phénomènes qui diffèrent suivant les affectio auxquelles elle succède. Après les affections de l'encéphale , on observe dei faiblesse dans les sensations, dans les facultés intellectuelles ou dans les qualiti morales. Ainsi chez certains sujets, c'est la dureté de l'ou'ie ; chez d'autres perte de la mémoire des mots ou de celle des personnes; chez d'autres c'est tristesse , l'envie de quereller , etc. Après les affections de poitrine, après li gastrites , ce sont des phénomènes d'une toute autre nature , mais qui ofTrei toujours un rapport avec l'organe qui a été atteint, lequel organe est et do nécessairement rester plus impressionnable. Tous ces phénomènes, qui se di' sipent à mesure que les forces reviennent, devraient être à peine mentionné.* puisqu'il sont plutôt des traces de maladie que des phénomènes de convalescenci

La convalescence est généralement d'autant plus longue que la maladie ^ duré plus loug-temps : ainsi elle est plus longue dans les maladies chroniqiu' que dans les maladies aiguës, elle est aussi moins solide dans les premières qu dans les secondes. La convalescence est pltis longue chez les personnes âgéi;f que chez les jeunes gens, plus longtie chez les constitutions molles que cht* celles que caractérisent la vigueur , l'énergie , la densité des tissus. I

2°. Régime des convalescens. — Il est différent suivant l'espèce de maladie qi| a précédé la convalescence. L'indication est en général de chercher le moyej de rendre au sujet les forces qu'il a perdues. On y satisfait par un emploi cod! venable de nourriture , d'exercice de corps et de repos {voyez les article^ Aliment, Analeptujue, Gymnastique, Sommeil) ; mais il est un principe qui do' servir de guide dans l'accomplissement de ces indications, c'est le suivant : que que soit l'organe qui ait été malade, c'est d'abord lui qui doit fixer l'attentior il ne doit être soumis qu'à des mesures bien ménagées et bien gradtiées d'exei' cice ; il ne faut lui rendre que peu h peu l'excitant fonctionnel qui le fait enlrfj en action , et cet excitant fonctionnel doit en premier lieu et avant tous les exc tans être l'objet d'un examen spécial, afin que l'on n'en use qu'autant que ses qua lités et ses qtiantilés seront bien appropriées à l'excitabilité de l'organe qui a souf fert : ainsi s'il est question d'un convalescentde pneumonie, le médecin porter ' d'abord son attention sur la nature de l'air qu'il envoie respirer au sujet auque' il a donné des soins ; s'il est question d'un convalescent de gastrite, il porter son attention sur la nature et la qtianlilé des alimens; s'il s'agit de folie, le' impressions cérébrales auxquelles doit être exposé le convalescent marcheron en première ligne et avant le choix de l'air et des alimens. Après avoir pris ei considération l'excitant fonctionnel quiaété malade, le médecin tiendra comptt des excifans fonctionnels des autres organes, en procédant par ceux quimettenen jeu les organes liés avec celui qui a souffert, par les rapports les plus immé' diats : ainsi, chez le convalescent de pneumonie, après avoir tenu compte dt' l'air, on portera son attention sur les vêtemens , sur les alimens, puis surlet imprcisions cérébrales; chez le convalescent de gastrite, après avoir tenti compte des alimens, on portera son attention sur les impressions cérébrales ' les mouvemens musculaires , les vêtemens , puis sur l'air ; chez le convalescenl; de folie, après avoir fait choix des impressions cérébrales, on s'occupera des exercices do corps , des alimens , puis des vêtemens.

Mais cette modération, par rapport à leurs excitans, dans laquelle on retieDl| les organes qui ont souffert, doit avoir des bornes : restreindre toujours ces organes dans la mesure de leurs excitans serait le moyen de les doter d'une] véritable susceptibilité morbide. Il vient un temps oi!i il convient d'user leur ' trop d'excitabilité par un exercice direct. Un homme qui. après un long repos j de tête, éprouve à l'occasion du moindre travail , des tintemens d'oreille ou. autres symptômes de congestion cérébrale , est guéri de cette incommodité par le repos et par une application de sangsues à l'anus; mais il consolide bien autrement encore sa guérison en reprenant ses travaux intellectuels graduellcmentetavec un peu de persévérance. Il en est à plus forte raison de même poitr les alimens et surtout pour le vin , chez les personnes qu'on a mises long temps à l'eau de gomme ou au lail à l'occasion de quelques symptômes gastriques ; il j en est encore de même pour les exercices musculaires et thoraciqucs, chez les j sujets qu'on a condamnés à un repos prolongé ; à l'occasion d'une irritabilité! trop considérable du poumon, du cœur . ou des muscles. Tous ces convaléscens ! qu'on s'efforce si soigneusement de garantir contre toute impression, traînent une pauvre existence quand ils ne prennent par le parti de remettre à l'unisson des autres organes , et cela par son exercice direct et fonctionnel , l'organe qui a souffert. Les uns ne peuvent plus supporter le sang; les autres , l'exercice musculaire; d'autres, la moindre impression atmosphérique. Il faut atix premiers des sangsues ou une saignée, chaque mois; les seconds n'osent pli^s monter un escalier ni parler à voix haute ; les autres ne sortent de chez eux qu'après avoir bien consulté leur thermomètre , et s'être cuirassés d'une triple enceinte de flanelle : mais tous ces soins sont vains ; l'irritabilité des organes s'augmente en proportion de ce qu'ils sont mieux soustraits à leurs stirnulans fonctionnels, et les individus en proie à cette intempestive prophylactique périssent par

CONVULSION. ( G51

»rgane qu'ils ont voulu conserver, et précisément pour avoir voulu trop le •émunir. Il faut donc (nous le répétons encore ) que l'organe qui a été malade, usi que ceux avec lesquels il sympathise , soit de nouveau soumis à des im- •essions propres à lui faire coutracter une certaine force de résistance. Après 1 ceîtain temps le convalescent de maladies de poitiine s'habituera à respirer ule espèce d'air, à pratiquer les exercices musculaires qui mettent le plus en u le thora.x , à ne se couvrir que de vètemens légers , etc. Tous ces inconvéniens , de soustraire trop long-temps à des excilans un peu ;til's les organes qui ont souifert, seraient encore bien plus grands si 1 inilalité, loin d'être chez eux trop active, y languissait au contraire; et cependant 3st là un cas qui , pour une classe de maladies, se présente assez souvent de )s jours, grâce à la tournure qu'ont prise les opinions médicales. Après des ivaux intellectuels, après un usage trop continu d'alimens qui excitent peu istomac, cet organe, ou peut-être seulement sa membrane musculeuse, est teint d'une véritable faiblesse , ou au moins d'un état qui n"a nul rapport avec nflammation ; le ventricule ne peut se contracter assez pour expulser les ;nls qui le distendent ; on éprouve une sensation de pesanteur pendant ou ême long-temps après les digestions , les gaz ne peuvent franchir ni le cardia le pylore. Cet état est insu[)portable ; il se renouvelle après l'ingestion de usieurs alimcns d'une nature différente, après l'usage de ceux qui sont doux sucrés ; il s'aggrave par l'adminislration des délayans, des antiphlogistiqucs, ir la persévérance dans le régime farineux et lacté; il disparait parfaitement promptement par l'usage des librineux rôtis, associés au bon vin. Tels sont à peu près les principes auxquels nous croyons devoir nous borner ns cet article , parce que nous pensons qu'il serait aussi peu philosophique l'impossible d'indiquer, d'une 'manière absolue , la nature et la mesure des ens hygiéniques et pharmaceutiques qui conviennent 'a toute espèce de conlescent : l'habitation d'un lieu sec et élevé, recommandée dans la coiivalesnce , et réellement avantageuse au convalescent de gastrite , de scrofules , de rreau , d'bydropisie , n'est-elle pas très-préjudiciable au convalescent du eumonie ou d'affeclion du cœur, et parfaitement indifférente (autant du jins que les agens qui nous environnent peuvent l'être) au convalescent d analion mentale? Terminons donc ici cet article, en renvoyant pour les détails iuivre dans le choix des alimens , des exercices, des lieux , propres aux divers iividus , aux mots Air, Admekt , Akaleptique, Appétence, Boisson, Régime, surtout à chacun des articles de pathologie , qui doit toujours être terminé 1- une indiealion du régime propre au convalescent de la maladie qui fait le jet de l'article. (Ch. Lohde.)

COîfVULSION , MALA.DIES CONVULSIVES. Le moUoni^uhwn a reçu ns le langage médical plusieurs acceptions différentes. Quelques auteurs , et f particulier F. Hofmann , Baillou , Sauvages , l'ont appliqué indistinctement oute espèce de contraction involontairedes parties musculeuses; d'autres, tels c Pinel, Savary , Nysten , etc., entendent seulement, par convulsion, la coniction et le relâchement alternatifs etinvolontaires des muscles soumis à l'eme de la volonté, et expriment, par le mot spasiiie^lix con'raction permanente is fibres musculaires de la vie organique ou involontaire. Mais , d'une part, lus ne voyons pas que l'alternative de contraction et de relâchement soit une rconstance absolument nécessaire pour donner lieu à l'état convulsif. De ce I "il y a apparence d'immobilité d'un membre par l'effet de la contraction per- ] inente de ses muscles , on ne peut pas en induire pour cela qu'il n'y a pas alors iiuvement convulsif. Toute la différence est dans la forme , qui ne change en in la nature de la maladie. D'uneautre part, il n'est aucun des faits palhologi- I es , décrits par les auteurs sous le nom de spasmes , qui ne rentre naturellement lis l'histoire des maladies convulsives. Les spasmes et les convulsions ne dui- 'it donc être étudiés que comme des variétés île forme, et souvent que comme I simples degrés , et non comme des espèces particulières de maladies. O'après cela, regardant comme synonymes \cs mois comnilsion cl s/jasme , lus croyons devoir comprendre sous ce titre commun tout moiweinenl désoi- I nné de la fibre musculaire , correspondant à l'exagération morbide de la force I trice , soit extérieure ou volontaire j soit intérieure ou viscérale. 4.insi , pour nous , il existe des convulsions internes et des convulsions exferli, des convulsions par contraction permanente et des convulsions par con- 1 ction et relâchement alternatifs de la libre musculaire ; les unes et les autres

• ml des causes , des symptômes , un siège et un traitement qui leur sont com- 'ins, ainsi qu'il nous sera facile de le prouver dans 1 étude particulière île cha- 1^ des élémens de la maladie.

I. Edologie des conduisions. — Les causes des convulsions, comme celles ■Il tout autre étatmoibide, peuvent être liées a la disposition physiologique de 'rganisme, ou à l'action accidentelle des circonstances qui l'environnent. De 1, deux piincipaux ordres de causes , auxquels se l apporte nécessairement lite l'éliologie des convulsions.

Lies causes organiques méritent surtout la plus grande attention, en ce qu'el- 1 constituent la condition essentielle , inséparable de l'état convulsif; elles réf lent surtout d'une suscejUibilité particulière du cerveau , qui rend cet oi gane ]is habile à ressentir les impressions du dehors et à réagir plus vivement sur i organes qui les reçoivent. Les femmes, les enfans, tous les individus ner-

IX ou habituellement soufTrans , ceux qui sont doués d'un surcroit île seusillite morale et physique offrent principalement cette disposition. Toutes les > constances physiologiques et pathologiques qui augmentent l'aptitude du cer- Mu à répondre aux stmiulations du dehors sont par cela même autant de cau-

• capitales de convulsions.

Toutes ces causes peuvent d'ailleurs procéder de l'exercice insolite des sens lernes ou externes; ainsi, l'appétit vénérien, l'excitation de l'utérus et les dé-

) CONVULSION

sordres de la menstruation qui l'accompagnent , l'abus du co'it , la présence des vers dans l'intestin , l'ingestion de certains alimens ou médicamens irritans ou vénéneux, sont de fréquentes causes de convulsions.

De même , les convulsions sont, dans beaucouj) de cas, une conséquence presque nécessaire de toute irritation portée sur les organes doués de sensibilité générale ou spéciale. Ainsi elles peuven-t résullcr d'une inflammation douloureuse, du trav<nl de la dentition, de blessures graves, et notamment de celles qui s'opèrent avec distension et déchirement des |)arties nerveuses ou aponévrotiques, telles que des fractures, des luxations , des brûlures , etc. En un mot, il n'est aucune lésion interne ou externe qui ne puisse donner lieu aux convulsions ; mais il est de remarque que le cerveau sesur-excite et réagit d'autant plus facilement sur le système musculaire , pour produire l'état convi.lsif, qu'il est plus directement en rapport d'actions physiologiques avec les organes qui se trouvent affectés. C'est ainsi que, d'après l'observation de Worgagni, la plus légère blessure du voisinage de la tête , une plaie du sourcil , par exemple, peut faire naître un tétanos mortel. De plus, la simple sur-excitation d'un sens suffit quelquefois pour ébranler le système nerveux au point de produire des convulsions. Rien de plus ordinaire que de voir certaines femmes nerveuses éprouver des attaques de nerfs par le seul effet de l'odeur des fleurs , des charmes de la musique, de la vue d'un objet inattendu, etc. On conçoit ,à fortiori, que toute sur-excitation directe du cerveau puisse être une cause puissante de convulsions. Ainsi , toutes les passions , telles que la joie , la colère, la jalousie, la terreur, le besoin de la veangeance ; toutes les affections morales , telles que l'ennui, la tristesse, de même que les travaux intellectuels trop soutenus, ou les veilles trop prolongées , peuvent donner lieu aux convulsions.

Enfin, le cerveau, qui est sans contredit l'organe le plus éminemment doué de la faculté de reproduire les mêmes actes , sous la seule influence de l'imitation , peut être tellement affecté soit de la vue actuelle des conviils'ons , soit du souvenir de celles qu'il a éprouvées, ou dont il a été témoin, qu'il conçoive luimême dans les organes de la locomotion les mêmes jdiénomènes dont il a conservé l'impression , sans toutefois être lui-même affecté d'aucune lésion proprement dite.

On voit qu'il n'est aucune des causes que nous venons d'énumérer qui n'ait une action constante et nécessaire sur le cerveau ; c'est dire que l'acte convulsif peut dépendre des mêmes élémens que le mouvement normal, exiger l'intervention de cet organe, tantôt comme siège de stimulation directe , tantôt comme instrument de perception, de volition et de coordination de la faculté motrice. En d'autres termes , le cerveau excerce nécessairement sur l'acte convulsif une influence soit directe , soit indirecte , soit positive , soit négative ; ce qu'il nous est facile de prouver par les exemples suivans.

lo. Son influence est directe quand l'acte convulsif est la conséquence immédiate d'une phlegmasie méningienne ou cérébrale, d'une exostose du crâne , d'un fongus de la dure mère , d'un épanchement de sang, de pus, de sérosité dans le cerveau , de dégénérescence cancéreuse, tuberculeuse ou autres de la substance cérébrale. Celle influence peut encore être regardée comme directe quand elle résulte d'une sensation insolite , exagérée , qui rompt tout à coup la coordination des actions musculaires, comme il arrive à l'occasion d'une passion violente , de discours offensans , d une agression injuste , etc.

2». Elle est indirecte ou , comme on le dit , sympathique, quand la stimulation du cerveau lui vient de la lésion d'organes plus ou moins éloignes , sur lesquels il réagit d'une manière brusque et insolite; c'est ainsi qu'une plaie extérieure, la présence d'un corps étranger dans la profondeur d'un organe, des vers dans l'intestin , un calcul dans la vessie , la grossesse , etc., peuvent faire naître des convulsions.

3°. Elle est positive quand , par le fait de l'exagération de l'action du cerveau, celui-ci impriuic à la force motrice la même exagération d'action dont il est doué , comme on le remarque dans le tétanos , la rage , l'épilepsie, etc.

4". Enfin , elle est négative quand le cerveau comprimé , altéré dans sa texture , ou seuleuient afl'aibli par les progrès de l'âge ou pai' tout autre cause , cesse de coordonner les volitions ou les actions musculaires qui demeurent en quelque sorte abandonnées aux seules propriétés de tissu ou à l irritubilité musculaire. Il y a dans ce cas ou difficulté , hésitation , incertitude , irrégularité du mouvement , comme dans la chorce , le tremblement sénile , les mouvemens au • tomalic|ues des idiols et des individus en démence ; ou bien, il y a prépondérance d'action des muséles fléchisseurs sur les extenseurs , comme dans la déviation du tronc, de la tête , la contracture, etc.

Les muscles sont évidemment les organes mis en exercice dans l'acte convulsif; mais l'acte convulsif lui aiême est nécessairement, lié au désordre de l'innervation, tout aussi bien que le mouvement normal est subordonné à l'action régulatricede l'appareil nerveux. Par conséquent , c'est dans l'altération matérielle ou vitale de cet appareil qu'il faut rechercher toutes les causes organiques des convulsions ; par conséquent aussi, les maladies convulsives n'ont jamais et ne peuvent avoir d'existence pathologique spéciale ; elles ne sont et ne peuvent être que des symptômes, que des conséquences d'une lésion quelconque du système nerveux. D'un autre côté , toute lésion organique ou vitale de lasubstance nerveuse nentraine pas nécessairement l'acte convulsif; et si queiquefois il y a exagération ou diminution de la faculté motrice , d'autres fois il y a exagération ou diminution de la faculté sensitive , dépendant dans l'un et l'autre cas de causes souvent identiques. Le plus ordinairement ces deux ordres de phénomènes se succèdent, mais rarement apparaissent d'une manière simultanée ; ils semblent même s'exclure l'un l'autre dans la plupart des cas ; circonstance qui ne doit pas être perdue pour la thérapeutique des affections nerveuses, comme nous le verrons en parlant du traitement, Ainsi , il est remarquable que tout individu

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qui souflVe se contracte, se convulsé, pour ainsi dire , comme pour transporter, sur un autre ordre de nerfs, le principe de la douleur qu'il éprouve. Il est remarquable aussi que toute douleur, assez intense pour amener l'état convulsif, cesse par le fait de cette conversion. On sait que l'épilepsie, la catalepsie, qui constituent pour ainsi dire le maximum de l'état convulsif, suspendent constamment la sensibilité. Il résulterait de là que le prin; ipe d'action du sentiment et du mouvemexit est un, identique, mais qu'il modifie ses actes, soit en vertu des influences extérieures , soit d'après la spécialité d'action de l'ordre de nerfs qu'il met en exercice. Maintenant, à quoi tient une telle différence d'effets physiologiques et pathologiques dus à des causes en apparence identiques et agissant sur un même ordre d'organes? La question est tout entière dans l'explication physiologique du fuit même de la sensibilité et de la molilité , c'est-à-dire dans la détermination des fonctions spéciales de telle et telle partie de l'appareil nerveux.

Et d'abord, il est à peu près démontré qu'il existe des nerfs du sentiment et des nerfs du mouvement, comme il existe des centres spéciaux pour chaque ordre de mouvemens, pour chaque ordre de sensations. Chaque mouvement, comme chaque sensation , exige d'ailleurs un concours d'action entre les diffcrens instrumens affectés à chacune de ces fonctions.

D'après les expériences de Haller, de Bichat, de Legallois , de Flourens , etc., il parait bien constant que les nerfs ainsi que la moelle épinière ne sont par euxmêmes ni sensibles ni contractiles , qu'ils remplissent uniquement le rôle de conducteurs dans l'exercice du sentiment et du mouvement. D'un autre côté, il semble à peu près démontré que chaque nerf off re dans sa composition intime, des fibres sens'ilives et des fibres motrices qui communiquent avec des parties de la moelle épinière également distinctes et douées de propriétés analogues: en sorte que s'il était possible de suivre un filet nerveux depuis ses dernières ramifications dans un organe jusqu'au centre nerveux , on trouverait, pour le sentiment, des fibres disposées dans tel ordre, se rendant à tel point de la moelle épinière (colonne antérieure), et pour le mouvement des fibres affectant également une direction particulière vers tel autre point de la moelle (colonne postérieure).

De plus , la plupart des physiologistes actuels ne sont pas éloignés d'admettre des centres sensitifs et des centres locomoteurs spéciaux , chargés tantôt d'opérer la liaison des mouvemens ou la dispersion des sensations (moelle épinière), tantôt d'entretenir l'harmonie des mouvemens ou des sensations ( cervelet, cerveau) ; par conséquent tout désordre de la locomotion , comme toute anomalie des sensations , doit nécessairement se composer de plusieurs élémens distincts, quoique difficiles à déterminer.

Dans quelque cas, rares il est vrai , l'acte convulsif procède immédiatement - de l'organe où il se manifeste (lésion des extrémités nerveuses ) le cerveau n'étant alors que l'intermédiaire de l'acte convulsif, comme il peut l'être d'une sensation accidentelle , le même effet peut aussi résulter de quelque altération des instrumens de transmission des mouvemens (moelle épinière). Enfin, dans d'autres cas , il est lié à l'exagération ou à la perversion de la puissance coordiuatrice du mouvement, c'est-à-dire aux affections du principal contre nerveux (encéphale ). Pour justifier cette diversité de causes organiques de l'étal convulsif, nous pourrions apporter pour exemple foutes les anomalies des mouvemens propres à chaque appareil d'organes , tels que le strabisme, le bégaiement , la chorée , l'hystérie , la catalepsie , l'épilepsie , etc., affections qui toutes peuvent être subordonnées aux modifications de cette triple puissance de tout sentiment et de tout mouvement.

Quant aux actes convulsifs de la vie intérieure ou nutritive , il est certain qu'ils suivent les mêmes lois physiologiques, qu'ils peuvent être subordonnés aux mêmes circonstances pathologiques ; mais il est remarquable qu'ils sont moins directement que ceux de la vie animale sous la dépendance du système nerveux cérébral. Il semble même qu'ils soient régis par une puissance opposée à celle des convulsions externes. Il est d'observation du moins cpie des vomissemens se manifestent dans la compression du cerveau avec paralysie des membres externes; que des palpitations ^ des diarrhées subites ont lieu lorsque la terreur paralyse les mouvemens volontaires ; que le moment où la contruclion des muscles de la vie animale cesse est celui où le mouveaient péristaltique des intestins, de la vessie, etc., acquiert plus d'énergie; et ce n'est pas , comme on le croit généralement, parce que les sphincters se relâchent , que des évacuafions se manifestent alors , mais bien parce que la force contractile des muscles tie la vie organique acquiert un surcroît de contractilité. J'ai vu une jeune femme enceinte de six mois accoucher spontanément de deux fœtusà l'instant où elle venait de succomber à une affection aiguë de poitrine. On cite dans les ouvrages d'accouchemens quelques exemples analogues.

Telles sont les principales causes extérieures et organiques qui peuvent modifier la faculté motrice et donner lieu à l'acte convulsif. Maintenant que se passe-t-il dans la fibre nerveuse, lors du phénomène de la convulsion? Bichat, Broussais et la plupart des élèves de l'école physiologique se sont contentés de dire que l'iiTilalion produit la coni'ulsion ^ cl la compression la paralysie. Or, il suffit de se rappelerla diversité des causes de l'acte convulsif pour rejeter une pareille doctrine. A coup sûr, les hémorrhagies abondantes n'irritent pas , et elles sont presque toujours suivies de cotivulsions ; les inilividus affaiblis par des maladies chroniques , par des saignées souvent répétées, les femmes qui succombent à des pertes de sang avant ou après raccouchement , les animaux que l'on exsangue, meurent dans un état convulsif. On >épond à cela que « la 11 déplétion des vaisseaux donne au système nerveux une sorte de prépondérance » sur le reste de l'organisme, ou que le cerveau étant alors privé du sang qui » lui est nécessaire redouble d'activité , réagit sur tous les organes pour préve- • nir la destruction de l'action vitale. » -Une telle explication est loin de pouvoir satisfaire des esprits tant soit peu sévères. jEt d'ailleurs , est-ce l'initalion

proprement dite qui détermine les convulsions quand elles surviennent sponi némenton indépendamment de toute influence appréciable; quand elles soi le résultat des varialions'de température , des révolutions diurne et nocturne des constitutionsépidémiques, delà seule imitation? Non , sans doute. Pours'e tenir à une pareille explication , il faudrait du moins détourner de son accef tion la plus vulgaire le sens du mot irritation ; il faudrait en faire un phénom'en de toutes les causes, même des causes les plus étranges et les plus ennemie: L'opinion de Brown, de Darwin , qui attribuent les convulsions à la faiblesse, ne nous paraît pas plus admissible. Il y a dans la série des actes sensitifs et le comoteurs des lois qu'il nous paraît impossible de rapporter à la théorie d l'irritation ou de l'asthénie. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'il suffit que le cour de l'innervation soit interrompu ou s'écarle de l'état anormal pour donner lie à l'état convulsif. On dirait que les lois d'après lesquelles s'exercent les fonc tions du système nerveux supposent, dans toutes ses parties, une sorte d'équil. bre ou d'harmonie, de telle sorte que tout ce qui est capable de rompre ce ordre , cette harmonie , devient cause de douleur ou de convulsion. 11 est mèra remarquable que c'est moins l'effet absolu que l'effet relatif des causes que non avons signalées cjui donne lieu à l'acte convulsif. Ainsi , toutes les influence physiques ou morales, physiologiques ou pathologiques, qui agissent d'un manière brusque , soudaine, insolite , inopinée , et qui, par cela même , rom peut l'harmonie actuelle du système nerveux locomoteur, peuvent donner lie. aux convulsions. Ce qui fait sans doute que les causes les plus opposées déten minent si souvent le même résultat ; ce <^ui fait , dis-je , que l'acte convulsif peit; être tour à tour l'effet de la pléthore et de la déplétion du système sanguin, d l excitalion et de l'abexcitalion des sens , de l'abus et de la privation des ali mens , etc., etc. En cela , les sensations suivent les mêmes lois d'harmonie qm les mouvemens. et par cela même qu'il peut y avoir douleur par le seul fait d la perversion de la faculté sensitive , il n'est pas plus nécessaire qu'il y ait allé ration physique de la substance nerveuse pour opérer quelque désordre de 1 faculté motrice. L'hypothèse de Cabanis , qui supposait un fluide inpondérable circulant dans les divisions du système nerveux , abandonnant une partie de c système pour s'accumuler dans telle autre, obéissant à des lois analogues sino identiques à celles de l'électricité, nous fournirait peut-être encore une thcori plus satisfaisante des convulsions que celle de l'irritation et de la faiblesse (1 système nerveux. Il est certain du moins que des expériences, répétées par plu sieurs physiologistes, ont démontré l'existence de courans électriques dans le divisions de ce système.

§ II. Variétés de siège et de Jormes ; symptômes des convuLions. — Les cor vulsions , tout étant lices à un seul et même appareil d'organes , peuvent varie à l'infini dans leurs formes ou leurs symptômes , leur acuité , leur durée , leii type , etc., soit en raison du siège de la lésion qu'elles supposent , soit en veit des modificateurs hygiéniques qui les déterminent ; delà la division des convii! sions en générales et partielles , en toniques et cloniques , en continues et iii termittentes , en aiguës et chroniques , etc.; de là aussi les dénominations pai ticulières que l'on a attachées aux formes spéciales des convulsions, telles qu strabisme , tic, épilepsie , tétanos, chorée , hj stérie, etc.

Ce qui constitue dans la plupart des cas les variétés de formes des conviil sions, ce sont les circonstances anatomiques et physiologiques qui en sont le élémens organiques. Et d'abord , il est bien certain que les différentes forme sous lesquelles apparaissent les convulsions sont subordonnées à la nature de mouvemens de la région du corps où elles se manifestent , il est également cer tain que les convulsions partielles sont liées à quelque lésion plus ou moins cir consciite du système nerveux. La séméiotique a déjà fait quelques efforts pou ; saisir le point qui se trouve affecté d'après le siège des convulsions. Ainsi, on :! prétendu que l'irritation du cervelet pouvait amener le désordre delà locomotion volontaire; que celle des tubercules quadrijumeaux pouvait être cause dij la chorée; que celle de la moelle rachidienne pouvait s'accompagner, à la rc gion cervicale , de dysphagie ou de contriction des muscles du pharynx , du coij et des épaules ; à la région scapulaire, de spasmes de tuyaux bronchiques', d'oq les quintes de toux convulsive , la coqueluche , l'asthme , etc. ; à la région Aoii sale , d'un serrement de la partie inférieure de la poitrine , de vomissement à la région lombaire , de coliques, d'envies fréquei^tes d'uriner, de mouvcmen convulsifs des cuisses , des jambes et des orteils , de salyriasis, d'hystérie, dd ménorrhagie (Barbier, Nosologie), et quelquefois même d'avortement ( Ssa ' RES , Analomie comp. du cerceau). j

De même, la division des convulsions en toniques et cloniques, admise pai| beaucoup d'auteurs , n'est pas tout-à-fait arbitraire ; elle nous paraît repose ! sur un fait physiologique important, et qui mérite d'être noté. On sait que l'oi' a appelé convulsions toniques celles dans lesquelles la contraction des muscle est permanente , comme le tétanos, la contratare des membres, etc., et con vulsions cloniques celles que caractérisent des mouvemens alternatifs de con traction et de relâchement , tels que l'hystérie , la chorée , etc. Or, il est re marquable que la première espèce coïncide ordinairement avec un état phlegQia sique d'un point quelconque de la substance nerveuse (encéphalite, myélite) tandis que la seconde s'observe indépendemmant de toute cause inflammatorrr ])roprement dite. De plus, d'aprèsquelques expériences de Belliiighieri tendant, prouver que les faisceaux postérieurs de la substance blanche de la moelle epi n'ère donnent naissance aux nerfs extenseurs, et les faisceaux antérieurs au: nerfs fléchisseurs, il se pourrait aussi que deux variétés de convulsions adml ses par les auteurs, sous les noms de lonisme et de clonisme, trouvât sa venta blc explication dans le fait anatomique que nous venons de signaler.

Les convulsions sont continues ou intermittentes. Les premières, qui sur nc'cessairement aiguës , tiennent le plus ordinairement à une phlegmasie de I

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substance nerveuse, et peuvent, par cela même , avoir les conséquences les plus funestes ; telles sentie tétanos, contracture, etc., etc. Les convulsions intermittentes semblent au contraire , comme la plupart des affections intcrles, subordonnées, à l'action périodique des causes hygiéniques, et ont par couéquent un caractère moins grave, bien que pouvant avoir des retours illimités. Slles se présentent sous deux caractères distincts, tantôt sans fièvre, ce qui st le plus ordinaire, tantôt avec fièvre, et constituent dans ce cas une variété le fièvre pernicieuse décrite par les auteurs. Indépendamment des désordres do la locomotion qui constituent l'acte conulsif , celui-ci s'accompagne d'autres phénomènes d'autant plus iaiportans à loter qu'ils peuvent éclairer le diagnostic des diverses espèces de convulsions t modifier les règles de traitement qui peuvent être applicables à chacune. Dans quelques cas , la céphalalgie , la rougeur de la face , la force du pouls , 3 battement des carotides, indiquent assez que les convulsions sont le résultat 'une congestion ou même d'une phlegmasie célébrale ou rachidienne. D'aures fois, au contraire, la maladie n'a été précédée d'aucun signe qui puisse uliquer une cause locale. La face est pâle, le pouls petit et serré, les urines laires. La cause physique ou morale est là d'ailleurs pour nous avertir que 'affection est absolument étrangère à aucune lésion organique proprement ite. Dans quelques cas, les convulsions sont précédées des mômes symptômes ui caractérisent et accompagnent la lésion qui les détermine ; dans d'autres , invasion est brusque , instantanée , et semble exclure toute idée de lésion maérielle du cerveau. Néanmoins dans les cas lesplusordinaires,ellessontprécelées de frisson, de pesanteur de tète, de tintemens d'oreille, de vertiges, de fourfiilleniens des membres, d'anxiété. La céphalalgie <levient ensuite plus intense, ss facultés intellectuelles sont troublées , le corps s'agite en mouvemens autolutiques et bientôt convulsiCs. La respiration est alors accélérée , les yeux oulent dans leurs orbites, la bouche se remplit d'écume ; il y a serrement des làclioires , souvent éjection involontaire des selles et des.urines. Cet état pcriste plus ou moins long-temps, et se termine le plus ordinairement par un jf)mmeil profond , qui a lui-même un caractère qui lui est propre, j § II r. Pronostic. — Les convulsions méritent aussi , sous le rapport du propstic, une attention toute particulière de lapartdu praticien. Dans quelques as, elles constituent à peine un état pathologique , par la facilité avec laquelle lies se manifestent, et la promptitude avec laquelle elles disparaissent; dans 'autres cas, au contraire, elles supposent une lésion profonde du système ncreu-x, et peuvent faire craindre une issue funeste. En d'autres termes , le pronostic des qonvulsions est subordonné aux causes qui les déterminent, aux indiidus qui en sont affectés ^aux formes qu'elles affectent. En général, les conulsions sont d'autant moins dangereuses qu'elles sont plus faciles à exciter, t voilà pourquoi elles sont moins dangereuses, toutes choses égales d'ailleurs, tez la femme que chez l'homme , chez les jeunes femmes que chez celles qui ont plus âgées, chez les habitans des villes que chez ceux des campagnes. Cette emarque n'avait point échappé à l'illustre Arétée quand il dit : Mulicres ner- \oritm disteiisionibus mngis opporlunœ iunt cjuàin viri (seil etfrcquentius etiam 'i^erantur , lib , 1 ). Elle est également d'accord avec l'observation de Stoll , onsignée dans le passage suivant : Com ulsio et spasmiis , uli fvequentior in ■yfiiniihus, ilà minus pet iculoius iis plei unique est quam adullis . interaJullos , vminœ J'aciliùs et minovi cum periculo conifellentiu' [Prcelectioncs, tom. 2). 'outes les convulsions cjui sont le fait de l'excès de susceptibilité nerveuse, Dmme celles que provoquent le chatouillement , la joie, la colère, la frayeur, ne odeur on une saveur désagiéable , la sensation vénérienne , cessent oriliairement d'elles-mêmes et avec la cause cjui les a fait naître, sans entraîner \ moindre danger. Il n'en est pas de même de celles qui sont liées à un état athologique , à une irritation des centres nerveux, à une phlegmasie des niéinges et de la substance cérébrale ou rachidienne ; presque toujours alors s convulsions sont d'un pronostic fâcheux et subordonnées d'ailleurs à la graté de la maladie dont elles dépendent. Elles sont du plus funeste augure dans s encéphalites sous forme ataxique , dans les fièvres typhoïdes, dans les gaso-ce'pbalites , etc. Les convulsions qui surviennent pendant la grossesse, endant le travail de l'enfantement, et même après la délivrance, sont en gésral plus dangereuses que celles qiiiont lieu hors ces diverses époques {voj ez clampsie). Celles qui surviennent dans le cours des maladies aiguës sont pres- 'ue toujours funestes. Celles que provoquent le travail de la dentition et la résence des vers chez les enfans sont beaucoup moins graves que celles qui pt le symptôme d'une arachnoïdite ou d'une gastro-entérite aiguë. Les con- [ilsions qui apparaissent au début des fièvres éruptives sont également moins raves que celles qui surviennent à la fin de ces maladies. Stoll même les ;gardait dans le premier cas comme d'un heureux augure. § VI. Traitement des convulsions. — Si, comme il n'est plus permis d'en douter, jétat convulsif doit être considéré comme un état complexe , pouvant tenir jplusieurs ordres de lésions ou de causes organiques, il est évident que son laitement doit être aussi variable que les èlémens pathologiques dont il se impose; ainsi, il doit nécessairement subir des règles générales et des modicalions spéciales , suivant que les convulsions doivent être rapportées aux |strumens d'impression, de transmission, de perception ou de coordination bs mouvemens, et suivant qu'elles sont liées à une cause permanente ou jssagère , matérielle ou vitale du système nerveux. On doit s'attacher d'abord saisir la cause organique ou la source même des convulsions dans l'exploition attentive du sujet , dans sa constitution , ses maladies antécédentes, îes abitudes , ainsi que dans la forme , la durée , le type et autres circonstances l'opres à en éclairer la nature , et par cela même le traitement. En apportant 'ut le soin possible dans cette exploration, on parviendra presque toujours

i: DlCT. DE MÉDECIItE ET DE CHIRURGIE PEATIQtES.

à déterminer si la convulsion part du centre même des volitions ou des instrumens périphériques du mouvement ; si elle tient à une phlegmasie locale , à une lésion matérielle quelconqiîe , ou à un simple dérangement du cours de l'innervation ; à une habitude vicieuse de l'élément nerveux ou à une influence extérieure, toutes circonstances qu'il importe bien de distinguer, pour se déterminer dans le choix des moyens aussi nombreux que variés qui ont été proposés contre les convulsions. Quelques mots sur chacun de ces moj'ens nous paraissent indispensables pour en apprécier la valeur thérapeutique et en faire sentir les applications pratiques.

De ce que les émissions sanguines trop abondantes , ou trop répétées, ont souvent donné lieu à des convulsions, il ne faudrait pas en conclure pour cela que la saignée doit être rejetée du traitement de celte maladie. Ce moyen, au contraire , doit être regardé comme le plus puissant de tous les antispasmodiques. Il convient d'autant plus que le sujet est jeune , fort, pléthorique, et que les désordres de l'appareil musculaire sont évidemment liés à un état de congestion ou de phlegmasie cérébrale ou rachidienne ; mais , dans ce cas même, il ne faut pas oublier qu'une déplétion trop brusque, trop considérable du système sanguin, peut avoir des effets entièrement opposés à ceux que l'on en espère. Voilà pourquoi les saignées exigent, dans ce cas, quelques précautions particulières. 11 convient à cet effet de les répéter plus souvent, de les faire moins fortes, et même de pratiquer de petites ouvertures, pour que l'écoulement du sang s'opère avec lenteur. De cette manière elles nous paraissent infiniment préférables aux saignées locales dont les effets sont toujours incertains, et qui ont d'ailleurs l'inconvénient d'irriter souvent les malades, et de favoriser par cela même les convulsions chez beaucoup de sujets. Le choix du lieu, entre la saignée du bras et celle du pied, nous parait d'ailleurs absolument indifférent.

Après la saignée, le plus puissant de. tous les antispasmodiques est, sans contredit, le bain. Ce moyen exige aussi quelques précautions qu'il n'est pas inutile de rappeler ici. Il doit être pris à une douce température, de vingt-cinq à vingt-six degrés , ou plutôt à un degré de chaleur mesurée par le malade luimême , quand il est à même de juger et d'apprécier ses sensations.

On obtient d'autant plus de succès de ce moyen q ue l'on joint à l'effet du bain général celui des affusions fraîches ou froides sur la tête. Ce dernier moyen peut encore être employé en même temps que les pédiluves chauds , et avec le même avantage, surtout qtuuid il y a congestion bien évidente vers le cerveau.

Quelques praticiens ajoutent parfois à l'effet dérivatif des pédiluves celui des ligatures placées au dessus des malléoles , afin d'augmenter le gonflement des extrémités inférieures et de s'opposer au retour du sang vers le centre locomoteur.

Les applications de glace sur la tête ont eu aussi , dans maintes circonstances , des succès remarquables ; mais l'on ne saurait assez se rappeler que ces succès dépendent presque toujours de l'observation de certaines règles que nous ne rappellerons pas ici, parce qu'elles rentrent dans ce que nous avons déjà dit de l'administration des bains par affusions. { A^o7"ez ce mot.)

On a aussi conseillé les bains d'eaux minérales , et en particulier les bains de mer ; mais ce n'est guère que dans les convulsions chroniques et intermittentes , dans celles qui tiennent de la paralysie et de la convulsion tout à la fois, comme la cliorée , qu'on y a eu recours.

Les moyens que l'on a le plus préconisés sous le titre d'anU'spnimodiques , tels que le camphre, le musc, le castoréum , le succin, les (jaux distillées spiritueuses , les élhers , les opiacés , l'oxide de zinc , le sulfate de quinine , etc. , nous paraissent devoir être réservés aux seules circonstances dans lesquelles les convulsions sont étrangères à l'inflammation du cerveaux, ou de la moelle êpinière , ou des méninges ; et l'on ne peut nier que ces circonstances n'existent fréquemment. L'expérience la plus vulgaire prouve chaque jour , en effet , que les convulsions se manifestent souvent d'une manière spontanée, ou indépendamment de toute inflammation et de toute altération organique appréciable. Elle prouve d'ailleurs les succès manifestes et presque instantanés des stimulans , tandis que ceux-ci demeurent entièrement inéficaces, si même ils n'impriment aux convulsions plus d'intensité, dans le cas où elles sont évidemment liées à une inflammation des centres nerveux.

Il est difficile d'établir ici des règles générales sur le choix et l'application des différentes espèces d'antispasmodiques; tout est subordonné aux causes , à la durée , au type, au degré d'intensité de la maladie; mais ce qui nous parait extrêmement probable , c'est que les remèdes antispasmodiques proprement dits n'opèrent des effets sédatifs sur l'acte convulsif qu'en excitant le système nerveux au profit de la faculté sensitive. On remarque , en effet, quel'un des effets ' les plus constans de cette médication est d'exalter la sensibilité générale, tout en remédiant aux désordres de la locomotion.

Les révulsifs , et en particulier les vésicatoires , ont eu des succès réels entre les mains de quelques praticiens. Les purgatifs mêmes ont été recommandés dans le même cas , et souvent , il faut le dire , avec des avantages incontestables.

Lorsque les convulsions tiennent à une excitation passagère du cerveau , produite par une sensation insolite quelconque, il est évident que l'on doit soustraire aux sens les objets ou les personnes qui"peuvent les affecter d'une manière trop vive. Dans quelques cas, on a conseillé de soumettre les malades a une vie active et laborieuse , à des exercices pénibles ; c'est surtout quand les convulsions paraissent être produites par une éducation molle ou énervante, par l'abus des jouissances de tous les sens. On a proposé dans le même cas tous les genres de gymnastique, l'exercice à cheval ou en voiture, la natation, etc., pour rompre la périodicité de certains actes convulsifs. On a vu le mouvement de la mastication suffire pour opérer un semblable effet. Tel fut cet épileptique ,

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