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P. JOLIT

COPAHU. Foyez Térébenthine.

COQUELICOT. Fojez Pavot.

COQUELUCHE, iussis coimulsiva , ferina , pertussis , variété du catarrhe pulmonaire caractérisée par des quintes de toux violente , interrompues par iTne inspiration très-sonore et terminées par des voraissemens glaireux.

Causes. — Quoiqu'elle atteigne parfois les adultes , qu'elle frappe surtout les iemmes qui prodiguent leurs soins à un enfant affecté de ce mal, on peut cepandant le regarder comme propre au premier âge ; il est plus rare pourtant durant l'allaitement qu'entre la fin de la première et la seconde dentition. Le plus souvent épidémique et régnant surtout avec plus de vigueur dans les saisons froides et humides, la coqueluche est aussi quelquefois sporadique, et succède alors à un catarrhe pidmonaire accidentel. La transmission de cette maladie par contagion n'est jéelle que quand elle est intense et épidémique; telle est la raison sans doute qui a déterminé un certain nombre de médecins à rejeter comme chimérique ce mode de propagation ; des faits concluans ne perriiettent cependant pas d'en douter , et j'en pourrais citer plusieurs comme ceux (le Roscn et de M. Guersent. J'ai vu entre autres une petite fille atteinte de cette maladie la communiquer à une cousine en bas âge, chez laquelle on la conduisait de temps en temps , quoiqu'elles habitassent deux quartiers fort éloignés, et que la coqueluche ne régnât nullement dans celui que la dernière n'avait pas quitté. J'ai été également informé que la coqueluche avait été importée parmi cinq ou six enfans en sevrage par un nouveau compagnon qui en était depuis quelque temps affecté. Comme beaucoup de maladies contagieuses, elle n'attaque que fort rarement deux fois le même sujet , si ce n'est peut être à deux Sges différons : durant l'enfance , et à l'état adulte.

Marche, terminaisons. — Deux périodes principales se partagent le cours de cette maladie : la première ^ plus courte, a été designée sous le nom de catarrhale , et le serait peut-être mieux par celui d' inflammatoire , Elle ressemble fréquemment à un rhume ordinaire ; tantôt un peu de malaise , de la pesanteur^ un peu de fièvre la précèdent et l'accompagnent; la toux est sèche, plus ou moins fréquente , et prend peu à peu la forme que nous décrirons comme propre à la seconde période à laquelle elle fait prompt-cment place ; tantôt elle débute avec plus de violence, la fièvre s'annonce dès le premier moment, elle s'accroît par degrés , la toux est douloureuse , forte et fréquente , la respiration courte et gênée; il y a quelquefois douleur sous le sternum ou à la région antérieure du cou ; la pituitaire est affectée d'un coryza assez intense ; des épistaxis se déclarent à diverses reprises; l'accablement est considérable , l'inappétence complète ; souvent même il y a assoupissement , et ces symptômes peuvent devenir assez graves pour amener la mort avant l'apparition de la seconde période. Plus souvent, après hidt à dix jours de durée, la fièvre se calme, elle ne reparaît que le soir, et parfois même de deux jours l'un seulement; comme elle , jusque là continues , l'oppression et la toux commencent à offrir d'assez,, longues intermittences entrecoupées par des accès dans lesquels elles se remontrent avec plus de violence qu'auparavant.

La deuxième période est celle qu'on nomme spasmodif/nc . Généralement elle

est plus longue que la précédente ; abandonnée à elle-même , la maladie dure rarement moins d'un mois , de six semaines , et prolonge souvent son cours aij delà de plusieurs mois. C'est dans celte période que la toux revient presque exj clusivement par quintes qui se répètent d'abord d'heure en heure et même plui souvent, qui deviennent de plus en plus rares, au point de se réduire à deiis ou trois dans les vingt-quatre heures , et même enfin à une seule (ordinaircmen vers le soir), quand la maladie touche à son terme.- Ces quintes augmenten quelquefois de longueur à mesure qu'elles deviennent plus rares; elles diu'en parfois jusqu'à un quart d'heure , mais il existe alors plutôt un accès composé de plusieurs quintes; dans l'intervalle de ces accès l'enfant est gai, sans abattement , sans faiblesse, sans fièvre, etil demande souvent à manger peu d'instam après avoir vidé son estomac par le vomissement. Lorsque la fièvre se rallume que l'enfant est triste et s'amaigrit rapidement , c'est ordinairement un signe dt! la co-existence de quelque complication grave, d'une gastrite, d'une entérite (diarrhée) , d'une pneumonie ou d'une phthisie pulmonaire dont la coqueluche a décidéle développement ; c'est alors que l'épuisement graduel des forces etd( l'embonpoint conduit parfois à un marasme complet et mortel, quelquefoi aussi ce dépérissement n'est dû qu'à la dégénérescence de la coqueluche en uri catarrhe chronique, qu'on pourrait regarder comme une troisième période d(i la maladie. Il est plus rare de voir une péripneumonie aiguë produire le même effet avec plus de promptitude. La mortalité , du reste, varie beaucoup suivant la violence des épidémies; la coqueluche est bien plus communément suivie d'un rétablissement complet que d'un événement fâcheux, et peut souvent être considérée comme une simple indisposition plutôt que comme une raaladi( grave, lors même qu'elle est d'une fort longue durée.

Diagnostic. — Les accès ou les quintes dont nous avons parlé se déclareir' fréquemment d'une manière subite, on sont à peine précédés d'une titillatiori dans la poitrine ou la gorge , qui excite dans le thorax des mouvemens irrégu-j liers d'inspiration et d'expiration incomplètes , et avertit les jeunes malades de la tourmente qu'ils vont essuyer : aussi , dans ce moinent d'anxiété se lèveut-ilï sur leur séant , ou s'ils sont ciebout , saisissent-ils avec empressement un memj ble , une personne pour se soutenir. Les secousses d'une toux courte, sèche e>! violente se succèdent coup sur coup presque sans intervalle, de sorte que l'ini spiration est impossible et qu'on observe tous les signes d'une suffocation im-i minente; suffocation cjui, dans certains cas rares, a été portée jusqu'à la réalitéfli bien a pu elécider l'éclampsie, l'apoplexie même, ou diverses hémorrhagies La face est gonflée , violette, les yeux rouges , saillans et humides , les membre; contractés ; cependant une inspiration a lieu , mais laborieuse , mais sonore bientôt suivie de nouvelles secousses de toux qui amènent enfin l'expulsion dii matières visqueuses, filantes, incolores, qu'accompagne pour l'ordinaire l'éi jection des substances muqueuses ou alimentaires contenue dans l'estomac Lors même que le vomissement n'a réellement pas lieu, on voit fort souven ■ des efforts de vomiturition terminer les accès, provoqués sans doute par lei; convulsions du diaphragme , ou peut-être par la présence de cette humeur vis-) queuse et tenace , qui ne s'échappe que lentement et péniblement de l'arrière-' bouche et y cause une titillation pénible. Le stéthoscope n'apporte pas beaucoupi de lumières dans le diagnostic de la coqueluche; il apprend seidement que Idi catarrhe existe même dans l'intervalle des accès (Laenkec ), et que dans ceiui-cii l'air ne semble pas pénétrer jusqu'aux dernières ramifications bronchiques,! même durant les inspirations sonores ; proposition qui ne doit pas pourtantêtrô: prise à la lettre; car s'il en était ainsi, la suffocation serait inévitable.

Le catarrhe pulmonaire simple et la phthisie tuberculeuse sont à peu près les deux seules maladies qu'on puisse confondre avec celle dont nous parlons. La première en diffère souvent bien peu , et la distinction est parfois à peu près impossible. En effet, dans certains catarrhes , la toux se montre par quintes plusit ou moins fortes, plus ou moins longues; l'inspiration bruyante suit conslam-5 ment une quinte forte et soutenue, et le vomissement en est aussi un effet assez} ordinaire. Celte confusion n'a rien d'étonnant s'il est vrai que la coqueluches ne soit au fond qu'une variété du catarrhe pulmonaire. Il est bien autreraent j important de distinguer la maladie dont nous traitons , delà phthisie , qui par-l fois lui ressemble beaucoup chez les enfans, et ressemble surtout au catarrlie) chronique qu'elle traîne à sa suite. Nous avons vu maintes fois , dans la phlhi-i sie tuberculeuse, des quintes de toux suivies de vomissement ; mais ordinaire- 1 ment les inspirations sonores étaient rares ou nulles , l'anxiété moindre, et la( toux par secousses isolées plus communes dans la phthisie que dans la coque-; luche ; d'ailleurs la fièvre hectique, l'amaigrissement extrême, et enfin les si-! gnes tirés de l'auscultation ( pectoriloquie ) suffisaient pour compléter le dia- 1 gnostic. '

Traiicment. — Éviter l'influesce des variations atmosphériques, empêcher j la communication entre les enfans sains et ceux que la malailie a frappés, c'est à cela que se réduit le traitement prophylactique ; passons maintenant au curatif.

Pour établir avec certitude un traitement rationnel de la toux convulsive, il faudrait avoir sur sa nature et sur son siège des données plus précises que celles que nous possédons aujourd'hui. Est-elle réellement et constamment inflammatoire ? quelle partie des voies aériennes affecte-t-elle plus particulièrement, voilà deux problèmes dont nous allons nous occuper brièvement.

lo. Le caractère inflammatoire du mal en question ne paraît pas iloutci;x dans la première période ; mais dans la deuxième il est moius prononce et dominé par un état de spasme qui le rend plus problématique encore ; d existe pourtant, si l'on s'en rapporte aux résultats de l'anatomie pathologique, qui , dans toutes les autopsies exactes , a offert des rougeurs prononcées , des ulcérations même (Jadelot (à l'intérieur de la trachée et des bronches (Guersekt) j

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