CORDON OMBILICAL
yiLiilanges s'appli..^'uent avec force les unes contre les autres , soit à la base des replis tle ia peau qui revêt les orteils.
Le cor débute toujours par un endurcissement et une augmentation d'épaisseur de l'épiderme sur le point frotté ou comprimé. Stimulée parla persistance d action de la même cause , la peau rend sa sécrétion épidermique plus abondante, et la callosité, augmentant graduellement de volume, s'élève de plus en plus. A mesure que ce travail s'opère , la base extérieure de la callosité s'élargit par la participation d'une surface tégumentaire plus étendue à la stimulation morbide , tandis que les premières couches , pressées avec une force toujours croissante contre le derme , le dépriment , s'enfoncent dans sa substance , et quelquefois même pénètrent jusque dans le tissu cellulaire sous-jacent et près du tissu fibreux qu'il recouvre et protège.
Le cor représente ainsi un clou , dont la tête est extérieure et la pointe enfoncée dans les parties. Mais ces deux parties, qui le composent, sont également inorganiques. La dureté primitive était superficielle , et c'est seulement par l'accroissement d'élévation et de largeur de sa base qu'elle s'est successivement enfoncée comme un corps étranger dans les tissus sur lesquels elle ne faisait d'abord que reposer. Le cor lui-même n'est en aucun temps douloureux ; seulement , durant les temps chauds, le derme sur lequel il repose rougit et de- >ient plus turgescent et plus sensible; dans les temps humides, il se gonfle comiTie tous les corps hygrométriques, augmente de volume et exerce une pression plus forte ; de là , dans l'un et l'autre cas, les souffrances plus grandes qu'il occasione , et qui ont leur siège non dans sa substance tout inerte , mais bien dans les parties qu'il déprime et froisse. L'irritation peut aller, dans ces cas, ou lorsque des substances stimulantes sont appliquées sur le cor, jusqu'à déterminer, soit une exhalation de sérosité qui le détache , soit des abcès dans l'intérieur du derme, soit enfin des dénudations des tendons, des lésions lies tissus fibreux, articulaires , et même l'inflammation lente et la carie des extrémités spongieuses des os auxquels il correspond.
Le traitement préservatif des cors consiste à ue faire usage que de chaussures aisées ^ souples , qui n'exercent aucune pression circonscrite et ne permettent au pied aucun frottement rude. Les bas grossiers, durs et surmontés de coutures saillantes, devront être évités avec grand soin, à raison des pressions qu'ils exercent souvent sur les diverses parties des pieds.
Le meilleur moyen de guérir les cors consiste, après avoir écarté les causes qui avaient provoi(ué leur apparition , à enlever en dédolant, avec un instrument bien tranchant, tel qu'un bistouri ou un rasoir, leurs couches les plus superficielles. A mesure qu'elles sont ainsi emportées, on voit les plus profondes, qui cessent d'être pressées avec une égale force contre la peau , ressortir eu quelque sorte, et se piésenler successivement à l'opérateur. 11 est quelquefois possible, avec une aiguille solide, de cerner celte partie déprimée, ou la pointe du clou , de manière à la détacher et l'extraire; mais cette manœuvre est délicate et ne réussit pas toujours. Les bains de pied , qu'on emploie souvent pour faciliter la section des cors , sont d'une utililé plus apparente que réelle : ils ramollissent et gonflent l'épiderme, et s'opposent à ce qu'il scit aussi exactement coupé que lorsqu'il conserve sa résistance normale. Les cors, ainsi ramollis, ne peuvent d'ailleurs être détachés et extraits delà cavité dans laquelle leur sommet est implanté. J'ai vu, après avoir fait porter, durant plusieurs semaines, un chausson de taffetas gommé pour des douleurs rhumatismales, les cors que portait le malade se ramollir^ se séparer spontanément de la peau, et laisser celle-ci recouverte seulement de la couche fine et transparente d'épiderme qui lui est naturelle. Ce moyen pourrait être employé dans beaucoup de cas avec succès. Les emplâtres de diachylum ramollissent les cors sans les guérir. La baudruche , en protégeant la partie souffrante et en diminuant les frottemens qu'elle subit, diminue aussi la douleur dont elle est le siège; mais on ne saurait lui reconnaître aucune propriété curative. Enfin, cette foule d onguens et d'emplâtres, préconisés parle charlatanisme le plus honteux, sont , ou sans action réelle autre que celle qui appartient à tous les corps gras, ou doués de qualités stimulantes , et corrosives , et par conséquent susceptibles de provoquer des inflammations profondes et de devenir dangereux.
Lorsque les cors sont compliqués de l'irritation et de la phlogose des parties qu'ils compriment, on doit prescrire le repos, les applications émollientes et même les saignées locales afin d'apaiser les accidens. Si des lésions plus profondes ont lieu , il convient de les combattre comme si elles reconnaissaient des causes de tout autre genre , et reprendre , après leur guérison, le traitement de l'affection primitive qui avait déterminé leur développement.
(L.-J. Begin.)
CORDON OMBILICAL. La manière dont on doit procéder à la section et à la ligature de cette corde vasculaire a été décrite au mot Accouchement ; mais il est des cas où le cordon a été arraché au nifeau de l' ombilic , comme quand l'enfant a été momentanément suspendu par le nombril , la femme étant accouchée debout , sur une chaise percée , etc. Un morceau d'agaric , un bourdonnet de charpie râpée, un tampon de toile d'araignée appliqués sur la déchirure et soutenus par des compresses et un bandage de corps préviendront sûrement tout danger d hémorrhagie.
Après la dessiccation et la chute du cordon, le suintement séreux ou puriforme produit par la petite ulcération qu'il laisse disparait ordinairement en peu de jours; d'autres fois il persiste, et l'on découvre au fond de la cicatrice ombilicale un J'ungns rouge , arrondi , pédiculé , et dont le volume varie depuis celui d'un très-petit pois jusqu'à la grosseur d'une cerise. Celte petite fumeur a quelquefois donné l'idée d'une épiplocèle congéniale ; je l'ai observée huit à dix fois ; et, tantêt par la ligature du pédicule , tantôt par l'excision , tantôt enfin par la cautérisation avec le nitrate d'argent, je l'ai fait rapidement dispa-
raître. Plus récemment on est arrivé au même résultat en la saupoudrant calomélas. (Deseuelles).
Mais une considération d'une bien plus haute importance, à laquelle de donner lieu le cordon ombilical , c'est sa procidsnce ou chuic durant la Iravc de l'enfantement.
Le cordon ombilical se précipite le plus souvent seul , quelquefois avec ii: main ou un pied au dessous de la partie qui cherche à s'enfoncer dans l'excav tlon pelvienne, et cet accident n'est pas des plus rares. A la Maternité de Paris i l'a vu quarante-une fois sur quinze mille six cent cinquante-deux accouchemeu, c'est à peu près une fois sur cent quatre vingt-deux. Une grande quantité d'cs) dans i'amnios, une grande mobilité du fœtus avant la rupture des membrane^ unepositionpeufixeouimparfaite (obliquité du fœtus, etc.)au moment de cet' rupture, ou après même qu'elle s'est opérée (épaule) : tellessont les causes au: quelles on peut raisonnablement l'attribuer. Le diagnostic n'est pastoujoursf cile, surtout lorsque les membranes sont intactes; et cependant il est souvent uti de savoir alors à quoi s'en tenir afin d'être sur ses gardes, et même de prendi: un parti propre à sauver à l'enfant les dangers que la compression du corde lui ferait courir. Cepeudant on peut d'ordinaire , dans l'absence de la douleui 1 cconnaitre par le toucher les sinuosités , les bosselures flottantes , mais ass( renitentes du cordon ombilical ; on peut sentir, du bout du doigt, les battemci de ses artères , battcmens rapides et bien difl'éreus de ceux des artères J'u adulte. Mais il ne faudrait pas s'en laisser imposer par quelque épaississemei; inégal et fongueux des membranes; immobile, adhérent, sans pulsations, ci épaississement n'a guère d'ailleurs une consistance qui rappelle celle du coi don. Des artères rampant dans l'épaisseur d'un col utérin très-aminci ne seroii prises pour un cordon , senti à travers les membranes , que par i accoucheu inexpérimenté qui ne saura pas trouver l'orifice , ni apprécier la fixité du ?ais seau , la lenteur de ses abattemens , etc.
Quand les membranes sont ouvertes, le cordon flottant dans le vagin e^. facilement reconnu par le toucher , par la vue même s'il sort de la vulve; (j 1 absence de ses pulsations, soit pendant la douleur, soit en permanence , n' peut plus induire en erreur. j
On conçoit, sans peine , que l'enfant doit courir le plus grand danger toute les fois que la procidence du cordon l'expose à être serré entre la partie q«j le fœtus présente et les parois du bassin ; s'il peut quelquefois rester à la vuU! pendant plusieurs heures, sans danger pour l'enfant, c'est dans les cas seuli' ment où une position défavorable empêche la tête ou le tronc de pénétrer dai l'excavation pelvienne, et ce n'est pas là le plus ordinaire ; aussi est-il pruden surtout dans les cas où la lête du fœtus paraissait encore élevée au dessus d, détroit supérieur avant la rupture des membranes, de pfocéder au toucht lorsque cette rupture arrive. Ce n'est pas seulement , en effet , le pronostic qi, change selon le temps depuis lequel la procidence s'est effectuée, ce sont encoi | les indications, comme nous allons le voir. ;
1". Le travail marche avec rapidité , la dilatation de l'orifice est complète les douleurs énergiques , la position du fœtus favorable , le bassin bien cor, formé, les organes génitaux externes déjà assouplis par des couches antécé dentés, la procidence récente et le cordon puisant dans l'intervalle des don leurs; an peut alors abandonner la terminaison de la jinrlnrition à la nature seulement on peut cherciier à placer l'anse de cordon descendue vers l'une de, échancrures sciatiques , là où la compression est moindre, et l'on doit engagei| la femme à aider de ses efforts ceux de la matrice ; il est bon même de l)j placer, pour agir avec plus d'avantages, sur le bord du lit comme dans le accouchcmens difficiles.
2". Le cordon est froid, flétri, sans pulsations, depuis long-temps sorti, l'enfant est reconnu mort, putréfié même, la position , (.lu reste , est bonne, c la femme sans difformité comme sans accident; c'est encore ici la nature seule qui doit intervenir.
3°. L'enfant présente les pieds ou les fesses ; tout^ du reste, est dans rélaij indiqué en premier lieu; il faut aider à l'accouchement , soit en saisissant Ici pieds , soit en portant un doigt ou un crochet mousse dans le pli des aines.
4° Avec des conditions à peu près analogues la tête se présente : mais le« douleurs sont faibles et rares , ou les organes génitaux externfs très-résistans(j ou bien le bassin un peu rétréci; le forceps doit être alors appliqué. |
5". Si au moment de la rupture des membranes on trouve la tête bien placée ! mais encore au détroit supérieur , et tout, du reste, favorablement iiisposé,i faut repousser le cordon au dessus de ce détroit. Pour y procéder, on peui employer quelqu'un des instrumcns qui ont été proposés à cet effet, comme 1j gaine fendue de Wellemberg , la fourche de Bang , l'anneau brisé de Ducamp. une sonde munie d'une anse de fil qu'on lâche à volonté (Dudan), une baleiiu garnie d'une éponge, etc.; mais les doigts de l'accoucheur sont en généra | préférables. Réunis parleurs extrémités, ils pelotonnent et maintiennent er. masse l'anse descendue; ils la glissent, soit en paquet , soit partie par partie entre la tête et le bassin pendant l'absence des douleurs ; ils l'y maintiennenl j jusqu'à ce que les contractions de la matiiec poussent le fœtus et fassenij descendre la tête, qui fait alors obstacle à un nouveau déplacement C'est le long de la paroi postérieure du bassin qu'il faut réduire le cordon; c'est là qu'or trouve plus de place, et que la main pénètre avec plus de facilité en touruanl la paume en avant.
G". Enfin, si le travail est médiocrement avancé, le fœtus fort élevé dans 1 abdomen, la position douteuse ou mauvaise, la version est indiquée , et It cordon doit toujours être repoussé dans l'utérus au moment même où la mair s'y introduit.
Dans tous les cas, si le nouveau-né a souffert de la compression du cordon
CORPS ETRANGERS. ( 657
h le trouve d'ordinaire dans un état d'asphyxie apoplectique qui réclame les [lèines soins que celle dont il a été question à la fln de l'article Accocchemekt; ous y renvoyons le lecteur.
Uoér. De parUiluis prolapsà chordà uinliilicali. [In Na/. med. obsl., pag. 348.) Madame Lachapcllo . l'raliiiiie des accouclicineris. [Neuvième mémoire ,) £)eneux. Mi.-nioire sui- lii prolapsus du cordon ombilical {Journal général de médecine. ,i 1820.)
(Ant. DuGÈs.)
CORDON OMBILICAL [médecine légale). Le médecin légiste étudie le ordon ombilical sous plusieurs points de vue. Quand il l'envisage sous le pport de son développement et sous celui de sa chute , il en tire des iuducous propres à faire connaître l'âge du fœtus pendant la vie intra-ulèrine et endant les quarante premiers jours après sa naissance. L'examine-t-il , au Dntraire , sous le rapport de ses lésions, alors il en déduit des conséquences ui se rattachent d'une manière tout-à-fait directe au crime de l'infanticide, fous avons dû traiter du cordon ombilical à l'article Age , nous y renvoyons os lecteurs, et ce serait isoler du mot Imfakticide une des circonstances les lus importantes qui viennent à l'appui du meurtre , que de consacrer ici un rticle aux altérations physiques et vitales dont le cordon peut èlre le siège. Lussi renvoyons-nous tout ce qui se rattache à ce sujet au mot Imanticide.
, ( Alph. Devekgie. )
CORPS ETRANGERS, s. m. On désigne par cette expression tous les orps qui séjournent dans l'intérieur ou à la surface de l'organisme , contre ordre normal. Ces corps , qui déterminent des accidens plus ou moins étendus t graves, peuvent être solides, liquides ou gazeux. Ceux qui appartiennent ;i es deux dernières catégories donnent spécialement lieu aux épaïvCHEmens ; il e doit pas eu être ici question. Les corps étrangers solides se subdivisent en eux ordres , selon qu'ils se sont développés au dedans des organes ou qu'ils rovicnnent du dehors. Dans le premier cas, ils constituent les caiculs , lorsu'jIs sont inertes , et les acéphalocystes ou les entozoaikes , lorsqu'ils joiiis- 9nl de la vie. {Voyez ces mots). De cette grande classe de maladies détermiees par les corps étrangers de toute nature et d'origine interne ou extérieure , ne nous reste donc à examiner dans cet arlicle que celles qui résultent de la resence de corps solides, animés ou inertes, venus du dehors , et intioduits Il sein fie l'organisme , ou appliqués à quelqu'une des parties saillantes de sa iirfacc. Les corps étrangers des articulations font seuls exception à cette règle. Dans tous les cas , les corps étrangers ont pour effet de stimuler les parties u ils touchent, et de provoquer , soit des efforis d'expulsion plus ou moins onsidérables , soit le développement d'un travail éliminatoire , dont l'intensité t les complications varient selon les organes qui en sont le siège. Ils nuisent ar leurs propriétés chimiques, ou par leurs qualités physiques. Les premiers onstituent les poisons; les seconds, quoique inertes, sont d'autant plus irrians que leur surface est plus inégale, plus hérissée d'aspérités, plus suscepihie de blesser et de piquer les parties. Toujours , ils tendent à être rejetés u dehors , tantôt à travers les ouvertures normales des viscères, tantôt en ocasionant la formation de collections purulentes avec la matière desquelles ils 'échappent , et quelquefois aussi en cheminant avec lenteur \\ travers les tissus, t en parvenant ainsi jusqu'aux tégumens. Un petit nombre de substances trangères, parfaitement inoffensives et peu altérables , sont seules susceptibles le demeurer indétiniment au sein de nos organes sans y^ produire de notables lésordres ; telles sont les balles île plomb ou de fer et quelques autres corps inalogues. Mais, dans ces cas mêmes , les tissus environnans ont été modifiés flans leur texture , pour s'accommoder à la présence de l'objet étranger qui les ouche, et cette altération de leurs conditions normales, quelque obscure , ocale et peu appréciable qu'on la suppose , est cependant susceptible de s'acrojtre tout à coup , à l'occasion des causes les plus légères , et lie devenir .origine de symptômes graves ou d'accidens dangereux. Ces résultats île la présence des corps étrangers au sein de l'économie aniale varient trop, au surplus, selon qu'ils séjournent dans les viscères revêtus le naembranes muqueuses, dans les cavités séreuses , au milieu de la trame des issus, ou qu'ils sont seulement appliqués à la surface extérieure du corps , )our se prêtera des considérations générales de quelque étendue et de quelque itilité. Passons donc à l'examen spécial des lésions qu'ils provoquent, et des noyens thérapeutiques qu'il convient de leur opposer dans chacune de ces cir- (onstances.
5 l^^. CORPS ÉTEAKCERS EK CONTACT AVEC LES MEMBRAHES MUQUEUSES.
Les substances du dehors cjui s'arrêtent sur quelques points des canaux mujqueux , y sont presque toujours introduites par les ouvertures naturelles , et ponnent lieu à des douleurs, à des irritations, à des accidens inflammatoires 'généralement plus intenses et plus rapides dans leur marche , que les corps poussés avec violence dans la trame même des organes. La sensibilité exquise le la plupart des membranes muqueuses , ainsi que l'importance des fonctions [u'elles accomplissent , et qu'interrompt ou entrave tout à coup la présence Ues corps étrangers , expliquent ce surcroit de gravité et de viL lence des symptômes qu'ils produisent alors, et auxquels il est toujours indispensable de relinédier sans délai.
I I. Corps étrangers enCre les paupières ou implantés à la surface de Vceil. — Les [corpuscules assez légers pour être facilement soulevés ou projetés dans l'air, jlels que les grains de sable , les parcelles de bois ou de paille ; les insectes vol- Mgeans , qu'attire sans doute le brillant du globe oculaire; les coques de millet , chez les personnes qui nettoient en souillant les cages des oiseaux ; les parpelles de fer, chez les ouvriers forgerons , remouleurs ou taillcKA's de pierre,
DlCT. DK MÉDECINE ET DK ClIlRCRSIE PRATIQUES.
CORPS ETRANGERS
sont peut-être de tous ces corps ceux que le chirurgien est le plus souvent appelé à retirer des yeux.
Une douleur vive , quelquefois insupportable, qui sollicite le malade à porter les doigts contre l'organe irrité, à laquelle s'ajoute un larmoiement abondant et continuel, tels sont les premiers accidxîns qui signalent la présence d'un corps étranger en contact avec la conjonctive ou la cornée. Si ce corps est mobile, le sujet le sent assez distinctement rouler vers la bt-se des paupières , et presque toujours derrière la paupière supérieure, dont le cartilage tarse, exactement appliqué à la surface de l'œil , s'oppose à sa sortie. Lorsque le corps étranger est fixe , la douleur qu'il provoque se dissipe souvent par gradation après un ou deux jours , ou devient moins distincte , et les malades, perdant le souvenir de leur accident, ne savent quelquefois à quoi attribuer l'inflammation qui se développe ensuite, et persiste opiniâtrément dans leur œil. Si, dans un petit nombre de cas, l'organe s'habitue à leur présence , et n'en éprouve qu'un degré léger d'excitation , sur la plupart des sujets , la surface de l'œil s'injecte , rougit, et l'ophlhalmie , en se prolongeant, entraine dans le globe oculaire des désordres plus ou moins graves , parmi lesquels des taies étendues et épaisses tiennent le premier rang. J'ai vu la cornée transparente, frappée par un grain de sable, qui s'était incrusté , pour ainsi dire, dans sa substance, se ramollir et former graduellement un staphylôme ulcéré à son sommet, qu'il fallut amputer avec l'instrument tranchant.
11 est quelquefois difficile de reconnaître les corps dont la présence irrite ainsi les membranes si sensibles de l'œil , et l'on devra , pour y parvenir, explorer avec une grande attention toutes les parties de cet organe. Si le corps est mobile derrière les paupières , il faut renverser ces parties , en les saisissant par leur bord libre et par les cils, afin de découvrir leur face interne et la base du'repli que foraie la conjonctive derrière elles. S'ugit-il d'une coque de millet appliquée par sa concavité à la conjonctive? elle présente quelquefois une surface jaunâtre , convexe , d'autant plus ressemblante avec celle d'un petit abcès, que les membranes sont tuméfiées et injectées à sa circonférence. Les fragmens de fer implantés dans la cornée s'y montrent ordinairement soiis l'aspect d'un point noir, opaque, à p.-^ine perceptible , vers lequel se rendent des vaisseau.x tlilatés , et assez souvent entouré , lorsque le corps étranger séjourne depuis un certain temps dans le même lieu , d'une tache blanchâtre et opaque. Une loupe est même, en certains cas, nécessaiie pour découvrir le lieu qu'occupe la parcelle métallique qui entretient tous les accidens. J'insiste sur ces remarques , parce qu'on rencontre très fréquemment dans la pratique des sujets chez lesquels la présence de corps étrangers a été méconnue, et qui, après avoir été inutilement traités pendant long-temps d'ophlhalmies dont les premiers médecins n'avaient pas aperçu la cause, sont délivres tout Ii coup de leurs maux par quelques personnes plus habiles.
Au surplus, le corps étranger étant reconnu , il est rare que son exiraciiou présente de sérieuses difficultés. Est-il mobile et roulant derrière les paupières? on peut aisément, après avoir écarté ou renversé celles-ci, le pousser vers le grand angle de l'œil, ou l'attirer directement au dehors , soit avec un stylet boutonné , soit au moyen d'un anneau , soit enfin à l'aide d'un morceau de papier roulé jusque près de son extrémité , et qui présente alors une sorte de petite palette. Si des poudres ont été projetées sur les yeux, des ablutions à grande eau et des bains oculaires souvent réitérés suffiront pour les entraîner et en débarrasser l'organe. Lorsque le corps étranger est implanté sur la conjonctive ou ilans la cornée , la première indication qu'il présente consiste à le dégager et à le rendre mobile : on achève ensuite aisément d'en ilébarrasser l'œil. Le fer aimanté dont se servit la femme de Fabrice de Hildcn pour attir er une parcelle ferrugineuse implantée dans la conjonctive, et suitout le bùtun de cire d'Espagne , rendu électrique par le frottement , que Deshayes-Gendron a proposé d y substituer , ont une action trop faible pour qu'on doive s'arrêter à leur application. Lorsque le corps étranger est fortement retenu, il faut presque toujours employer , pour le dégager , l'extrémité d'un fort cure-dent ou la pointe d'une aiguille. Celle-ci m'a semblé en beaucoup de cas mériter la préférence. Les scories de fer ofl'rent rarement assez de saillie pour être prises directement avec des pinces. Dans quelques cas, et Saint-Yvçs en rapporte un exemple fort remarquable , les corps étrangers ayant traversé la cornée et faisant saillie dans l'humeur aqueuse , sans qu'on puisse les saisir à l'extérieur , on est obligé d'inciser la surface de l'œil avec le couteau h cataracte , et de les extraire par la face interne de la membrane. D'autres fois, il suffit d'introduire au dessous de ce corps la pointe d'une lancette ou une aiguille à cataracte aplatie , et de les repousser d'arrière en avant. Le génie du chirurgien doit varier alors ses procédés autant que la nature diversifie le cas qu'elle lui présente.
Les soins consécutifs que réclament les sujets après ces opérations ne diffèrent pas de ceux qu'on prescrit dans tous les autres cas cI'ophthalmie.
II. Corps étrangers dans les voies lacrymales. — Les sondes et les canules, laissées à demeure dans les voies lacrymales , afin d'assurer le libre écoulement des larmes , se déplacent quelquefois, ou déterminent , au milieu des parties qu'elles compriment, de la gêne, de la douleur et de la phlogose. Ces instrumens constituent alors des corps étrangers qu'il convient d'extraire , soit en les attirant par l'orifice inférieur du canal nasal , soit en les saisissant supérieurement à travers l'ouverture fistuleuse , si elle existe encore , ou au moyen d'une incision faite au sac lacrymal. Afin qu'eu pareille circonstance on puisse plus aisément la retirer , la canule du M. Dupuytren est pourvue en dedans d'un bourrelet assez saillant pour qu'un mandrin bifurqué, dont les branches s'écartent par leur élasticité . étant introduit dans cette canule, ses branches s'appliquent atix parois de celle-ci, et lorsqu'on les retire, accrochent , par deux
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CORPS ETRANGERS
saillies placées aux côtés externes de leurs extrémités libres , le rebord de l'instruraent, et l'entrainciit avec elles ( voyez Fistule ).
llf. Corps étrangers dans les oreilles. — Des boules de cire , de papier roulé, des pois, des fèves de haricots , des balles de verre ou de plomb, des noyaux <!e cerises , des aiguilles , tels sont les corps ffiie Ton rencontre le plus ordinairement dans le conduit auditif externe. La plupart d'entre eux y ont été introtluits par des enfans durant leurs jeux. Des insectes sont quelquefois encore entrés dans les oreilles , pendant que les sujets se livraient au sommeil.
Dans tous les cas , ces corps étrangers déterminent dans l'organe qu'ils occupent de l'embarras, de la gêne, et une dureté d'ouïe proportionnée à l'exactitude avec laquelle ils ferment le conduit auditif. Les insectes, tels que les puces et les perce-oreilles , provoquent une titillation continuelle, insupportable, qui peut aller jusqu'à occa»ioncr des mouvemens conviilsifs , et même la mort , par l'excès du trouble nerveux et de la douleur. Los corps aigus perforent quelquefois la membrane du Ij'mpan e\ pénètrent dans l'oreille moyenne, où ils produisent des désordres considérables.
Pour explorer le conduit auditif externe , le malade doit être assis de telle sorte qu'un jour vif, et s'il se peut un rayon du soleil, pénètrent dans sa cavité. Le chirurgien soulève alors la conque de l'oreille afin d'effacer la courbure du conduit et de tlécouviir la membrane qui le termine, ainsi que le corps qu'il est susceptible de recéler. Si la lumière naturelle manquait, on pourrait y suppléer par une bougie, placée au devant dun petit réflecteur, et qui projette alors une vive clarté dans le conduit sans affecter les yeux du chirurgien.
Les corps dont il s'agit sont-ils légers , et mobiles dans le conduit auditif? on peut facilement les saisir avec des pinces déliées , ou les attirer au dehors en les enchevêtrant dans une boule de coton , ou enfin les pousser d'arrière en avant, .à l'aide d'une érigne mousse. Si l'oreille était blessée , et que du sang empêchât d'apercevoir le corps étranger, quelques injections émoUientes tièdes dissiperaient cet obstacle.
Lorsque le conduit auditif recèle un corps arrondi qui l'occupe tout entier, l'extraction présente souvent de grandes difficultés. Le malade étant placé comme je l'ai indiqué plus haut, un aide lui soutient la tête contre sa poitrine et redresse le conduit auditif en saisissant et en élevant la conque. Une injection huileuse ou mucilagineuse doit être faite ensuite, afin de lubrifier le canal, d'adoucir sa surface et de rendre la sortie du corps étranger plus facile. Ces dispositions préliminaires étant faites , on doit chercher, en se servant, soit d'un crochet mousse et délié, soit d'une curette, soit enfin de pinces à ligature, à ébranler, à repousser d'arrière en avant , ou à saisir le corps étranger. Sa situa, tion , sa densité , ses rapports avec les divers points du contour de la cavité qu'il occupe , sont autant de considérations qui doivent servir de guide au chirurgien , et lui faire choisir parmi les insirumens indiqués celui qui convient le mieux. Les corps mous , pointus ou irréguliers, qui offrent de la prise aux pinces, sont les seuls qu'on puisse attirer avec cet instrument , qui repousserait de plus en plus , en glissant à leur surface , ceux qui sont lisses, durs et arrondis. Ces derniers doivent être attaqués exclusivement avec le crochet mousse ou le bec de cuiller, glissés derrière eux , et agissant à la manière des leviers pour les pousser au dehors. Fabrice de Hilden , ayant à extraire un pois qui s'était gonflé dans le conduit auditif, porta jusque sur ce corps, à l'aide d'une petite canule, un tire-fond délié, qu'il y enfonça, et à l'aide duquel il put l'extraire. Ce procédé ne saurait être employé qu'avec une grande prudence et par des mains habiles, afin d'éviter la perforation du tympan. M. Marjolin s'est unefois servi avec succès d'une pince semblable à celle dite de Hunier pour extraire un gros grain de verre , qui n'avait pu être déplacé avec la curette.
On a conseillé , lorsque ces moyens échouent , d'inciser la partie molle du conduit auditif, derrière la conque, afin de pouvoir plus aisément porter ensuite au delà du corps étranger la curette ou le bec de cuiller destiné à l'extraire. Mais cette opération est rarement utile , à raison de la dilatabilité de la première partie du canal , et du resserrement et de la solidité de la seconde qui oppose autant d'obstacle après qu'avant sa pratique, à l'inlroducfiou du levier.
Lorsqu'on ne peut saisir les insectes introduits dans l'oreille, et qui causent par leurs mouvemens de vives douleurs , il convient de les recouvrir d'une couche d'huile , dont on remplira le conduit auditif, afin de les priver d'air et de les tuer, après quoi , ils seront assez facilement extraits. On peut aussi les engluer et les attirer au dehors à l'aide d'un pinceau de charpie recouvert de térébenthine ou de miel.
Bien que des corps étrangers, arrêtés dans l'oreille, se soient, après avoir résisté à tous les procédés tentés pour les extraire, présentés spontanément au dehors avec le pus dont ih avaient provoqué la sécrétion, ia prudence défend de compter sur l'eflicacité d'un semblable travail. Des accidens très-graves ont été le résultat du séjour de ces corps dans les parties éminemment irritables et voisines de l'encéphale , qui constituent l'appareil auditif. Des douleurs violentes 'a la tête , au bras et à la jambe du côté affecté; des convulsions , des accès épileptiformes , une fièvre lente et un dépérissement profond, tels sont les symptômes le plus communément observes en pareils cas. Sabatier rapporte qu'une boule de papier , abandonnée et perdue au fond du cjnal auriculaire, occasiona au bout de quelques mois une fièvre dite putride maligne, accompagnée de douleurs intolérables à la tête et suivie de la mort du sujet. A l'ouverture du corps, on trouva la portion du cerveau qui recouvre le rocher ailhérente à la duremère , et au dessous de ce point un abcès qui communiquait avec la cai.sse du tambour , dans laquelle le papier existait encore. On trouve également dans le récueil des mémoires de médecine et de chirurgie militaires , une observation analogue , de M. 'Villaret : il y est question d'une portion d'épi de graminée ,
qui traversait à gauche la caisse du tambour , et s'engageait dans la cavité <{ limaçon , où elle avait séjourné pendant long-temps , et avait fini par entrain] un encéphalite chronique, dont la perte du sujet fut le résultat. j
Ou peut considérer comme un corps étranger le cérumen endurci , accumu! chez quelques sujets au fond du conduit auditif. Cette matière , en s'opposa j à l'arrivée des vibrations sonores jusqu'à la membrane du tympan , délermiil presque toujours une dureté notable de l'ouie, et quelquefois une surdité coi plèfe. Des médecins , qui ont passé pour habiles dans l'art de traiter les mal. dies de l'oreille , n'avaient d'autre secret que d'extraire ces amas cérimineu On reconnaît ceux-ci à l'obturation du conduit auditif par une matière d'i jaune obscur, et d'une consistance quelquefois assez grande. Des injections s; vonneuses, alcalines, ou même d'eau pure tiède, poussées alors dans l'oreilh suffisent pour ramollir l'espèce de bouchon qui l'obstrue , et qui devient ensui facile à diviser et à extraire à l'aitte d'une curette.
W. Corps étrangers dans les fosses nasales — Durant leurs jeux , les eufai portent assez fréquemment dans les ouvertures du nez des boules de papier , d' ciie , des pois, des fèves de haricots et d'autres corps analogues , qui s'échap pant de leurs doigts , sont plus ou moins profondément enfoncés dans les fosse nasales. Il ne résulte presque jamais de ces introductions d'autre symptôm qu'un embarras désagréable , une douleur obtuse, de la difficulté à respire par la narine obstruée, et enfin, si la partie inférieure du canal nasal estcon primée, un larmoiement produit par le regorgement des voies lacrymales.
Dans tous les cas de ce genre , le sujet étant assis devant une fenêtre bien écla» rée , la tête renversée et maintenue contre la poitrine d'un aide , il convient dl relever la narine , en la dilatant , et de s'assurer d'abord , à l'aide de la vue o , d'un stylet, de la situation du corps étranger. Selon sa nature, sa configuratio et ses rapports avec les parois nasales , on cherchera ensuite à l'extraire , en I saisissant avec des pinces , ou en glissant derrière lui une érigne simple ou dou ble , un crochet mousse ou un bec de cuiller. Si aueun de ces moyens ne réus sissait, il faudrait, ou le repousser d'avant en arrièie vejs l'ouverture posté rieure des fosses nasales et le pharynx, ou, mieux encore, essayer de l'entraîne d'arrière en avant, en attirant do l'arrière-bouche vers l'ouverture du nez, a moyen d'une sonde de Bellocq , un fil solide , surmonté d'un fort tampon d charpie, qui, le rencontrant dans sa marche, le fera glisser devant lui. Dan quelques cas, il suffit de provoquer 1 eternuement à l'aide du tabac en poudr. ou du chatouillement des fosses nasales, pour faire chasser le corps étranger ai dehors. Le gonflement de certains corps par l'humidité, tels que les pois e d'autres substances analogues , augmente singulièrement ^ ici comme à l'oreille la difficulté de leur extraction , et doit engager à y procéder sans le moindn délai.
Pozzi et Schneider prétendent que de petits vers développés dans les sini frontaux ont donné lieu à d'atroces douleurs, à des vertiges , à un délire furieux, et à des mouvemens convulsifs qui n'ont cessé qu'après leur expulsion *) Si ces observations , analogues à celles qui ont été faites sur les moulons , soin mp exactes, les faits du même genre sont au moins très-rares : et dans tous les cas. liu l'art serait impuissant coutre les désordres qui se manifesteraient, puisqu'il ne: pourrait s'assurer par aucun moyen de l'existence des animalcules qui ense-l A raient la cause. !|j
Les corps étrangers , tels que des fragmens d'épée , ou des balles de plomb, ji logés , après le brisement de leurs parois , dans les sinus frontaux ou maxiliai- » res, peuvent ordinairement en être retirés à l'aide des pinces. 11 est quelque- ss fois nécessaire d'agrandir, au préalable, en se servant du couteau lenticulaire I jl[ ou du trépan perforatif , l'ouverture par laquelle ils ont pénétré. / «
"V. Corps étrangers dans les voies aériennes. — Les corps peu vulumineux,J tit lancés dans la bouche pendant l'inspiration de l'air, ont ime tendance remar-ij jlii qoable à s'engager dans le larynx et à descendre le long de la trachée-artère, a nii Cet accident est alors favorisé , d'une part , par la dilatation de la glotte, et, de l «f l'autre, par le courant atmosphérique qui se précipite dans le poumon, et qui i entraine avec lui les objets placés sur son passage. Des fèves de haricots, des» jp épingles , des aiguilles , des noyaux de fruits , des morceaux de bois , des pièces i i{ de monnaie se sont ainsi introduits dans les voies aériennes. On sait avec quelle !j ii facilité des portions de liquide, ou même des fragmens d'alimens»solides pénè- i a trent à travers la glotte , lorsque, durant le second temps de la déglutition, une sensation subite nous engage à rire, à parlerou à dilatcrla poitrine. Laenncc rapporte le fait très-remarquable d'un concierge de l'hôpital de la Charité, qui , après un diner trop bachique, ayant été troublé par la présence de Cor- i j visart, éprouva des nausées , fit un violent eff'ort , afin de réprimer un vomis- i | sèment qui commençait , et tomba tout à coiip frappé de mort. A l'ouverture du | corps, on trouva les bronches , la trachée-arlère et le larynx remplis d'alimens , à demi digérés, qui , refoulés dans les voies aériennes à l'instant où ils sortaient du pharynx, avaient instantanément provoqué l'asphysie. M. Lacretelie a consigné dans les Mémoires de médecine militaiic le fait intéressant d'un soldat qui , ayant avalé une petite sangsue en buvant dans une mare, mourut quelque temps après suffoqué : l'animal s'était logé dans im des ventricules du larynx, et y avait acquis assez de volume pour oblitérer l'ouverture de la glotte.
Les corps étrangers introduits dan* les voies aériennes déterminent , à l'instant même où ils y pénètrent , une vive irritation et un trouble violent dans les mouvemens du thorax. Une respiration bruyante, une toux convulsive, de l'anxiété , une agitation extrême , le gonflement des veines du cou et delalètc, la rougeur et la turgescence du visage et des yeux, enfin une sufl'ocaliou imminente , tels sont les premiers symptômes qui se manifestent. Ils se prolongent pendant un temps variable , jusqu'à ce que le corps étranger soit expulsé ou s'arrête da-ns quelques parties des cavités qu'il occupe.
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Ces accidens sont d'autant plus intenses et se reproduisent sous la forme d'acs d'autant plus rapprochés , que le corps étranger qui les provoque est plus ^er, et plus facile à mettre en mouvement par la colonne d'air qui parcourt i voies de la respiration. Toutes les fois qu il se fi.'ie , soit vers la glotte, sans ;bsti'uer, soit vers les divisions des bronches, le calme renait , et un repos que 3ubie à peine une douleur sourde, succède h la gêne intolérable , à la vive xiélé qu'éprouvait le malade. Celui-ci se trouve dans un état relatif de bienre, et l'on serait tenté de le croire guéri, si quelques circonstances impossies à prévoir, en déplaçant le corps étranger, ne lui rendaient sa mobilité et reproduisaient les premiers symptômes. Les pois , les fèves de haricots, les lyaux de cerises, à raison de leur surface arrondie et lisse, sont éminemment opres à obéir ainsi aux impulsions qui tendent à les déplacer. Apres quelles jours de ces alternatives , et d'autant plus tôt que les accès sont plus vions, plus durables et plus rapprochés , les sujets touibent dans un état comaux et de somnolence, qu interrompent seulement des quintes de toux, une
(itafion inexprimable et même une sorte de délire passager. Ces symptômes, ujours formidables , annoncent le début, et mesurent en quelque sorte les logrès delà congestion encéphalite , qui précède l'asphyxie, et la favorise , a affaiblissant de plus en plus les actions nerveuses. Les malades, même dans
(jeune âge, portent assez souvent la main à la région antérieure du cou, et diquent ainsi la douleur et la gêne qu'ils y ressentent. Ils succouibent enfin au ouble croissant de la respiration , à l'imperfeclion de l'oxige'nation du sang, : à l'engoucuient veineux de plus en plus considérable des poumons. Dans tous css, l'élroitesse de la glotte, le faible calibre de la trachée artère, le peu énergie des muscles espirateurs, la dispo>ition aux congestions cérébrales , mt autant de circonstances qui rendent , chez les enfans, les accidens plus ■iaves et plus rapidement funestes que chez les adultes. On a vu , durant les 'orts excités par l'immiuence de la suffocation, les cellules bronchiques se flspre en divers points , et l'emphysème du tissu pulmonaire liâter ou dérininer la mort. Le cerveau est alors gorgé de sang, les veines et les réseaux ipillaires distendus, et de toutes parts se caractérisent Us effets de l'asphyxie ar obstacle à l'accomplissement des fonctions du poumon. Lorsque les corps sont pesans , anguleux et susceptibles de s'arrêter et de se xcr sur quelques points des voies aériennes , aux symptômes alarmans, qui si iialent leur première introduction, succèdent des désordres plus profonds, plus bscurs,et qui, sans avoir un résultat définitif plus heureux, ne menacent pas
tissi prochainement la vie. Louis rapporte l'observation d'un marchand, chez quel une pièce d'or , étant tombée dans les voies aériennes , demeura pendant luiieurs années fixée à l'origine des bronches , et ne produisait d'accidens que jrsquela situation horizontale du sujet lui permettait de se déplacer. M. Dupuyrcn a observé un cas analogue. Sue a cite le fait d'une jeune fille qui , après ix-sept ans , rendit un os de volaille qu'elle avait laissé pénétrer dans la trahée-artère, et qui entretenait des symptômes de pneumonie chronique. Desault vu périr de phthisie laryngée un malade qui conservait depuis deux ans un oyau de cérisie dans un des ventricules du laryn.x. M. Broussais a publié l obcrvation d'une pneumonie chronique entretenue par une balle qui resta sept ns dans le poumon.
■Il importe, lorsqu'il s'agit d'établir le diagnostic des lésions de la respiraion susceptibles d'être attribuées a la présence des corps étrangers dans les oies aériennes , d'une part, de remonter avec attention à l'origine du mal , et le se faire rendre compte de toutes les circonstances commémoratives qui en int précédé ou accompagné l'apparition; de l'autre, de bien observer la naure , la marche et la succession des accidens que le sujet éprouve. Le praticien loit surtout se tenir en garde contre la rémittence ou même l'intermittence irréulière et rjuelquefois prolongée qu'affectent les symptômes. Cette circonstance ivait été déjà signalée par Louis , comme propre à obscurcir le diagnostic et à Dspirer au chirurgien une funeste sécurité.
Les liquixles ne produisent jamais sur le larynx et la trachée artère qu'une mpression passagère , et sont promptement expulsés de ces organes. La naure se débarrasse encore assez facilement , à l'aide des efforts de la toux et de ,'éternuement , des corps mous et petits , tels que les fragmens d'alimens soliles déviés de leur route normale, durant les mouvemens de la déglutition. Mais il l'en est pas de même des corps plus résistans et plus volumineux. La glotte, jui se resserre durant l'expiration, leur présente moins de largeur que lors de |eur entrée. Lorsqu'ils ont des diamètres inégaux , le hasard seul pourrait les pousser vers l'ouverture du larynx dans le sens le plus favorable à leur sortie. pEiifin , durant les efforts de la suffocation et de la toux, ils heurtent presque tou- 'jours contre les cordes vocales ou les parois du canal aérien, plutôt que d'arriver directement sur l'orifice entr'ouvert de la glotte. On ne doit ilonc pas compter, lorsque les premières secousses n'ont pas amené ce résultat, sur leur sortie 'spontanée des cavités qu'ils irritlJht. Il serait moins prudent encore d'espérer , qu-oique Desgranges, Maussion et Sue en rapportent des exemples, que le [corps étranger percera les parois de la trachée-artère , et pénétrera dans l'œsophage, ou sortira par les cotés du cou. Les faits de ce genre sont tellement rares qu'ils ne sauraient autoriser aucune temporisation dans la pratique.
La nécessité de les retirer par une incision faite au cou et au canal aérien ne saurait donc être méconnue. Elle est d'autant plus pressente qu'ils occasionent des symptômes plus alarmans et donc les accès sont plus rapprochés ; que les traits du sujet sont déjà plus profondément altérés; enfin, que la coloration bleuâtre et livide des lèvres et du visage , l'injection des yeux, et le trouble de l'intelligence annoncent que l'organisation est plus profondément affectée parle désordre croissant de la respiration. Ajoutons enfin que, pratiquée au début des accidens , l'ouverture des voies aériennes est une opération fort peu
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importante et qui réussit presque toujours, tandis qu'elle échoue ordinairement et compromet l'art sans utilité , lorsqu'on attend , pour y recourir, que des lésions graves se soient développées dans le poumon , ou que l'innervation ait reçu de profondes atteindes. Chez les enfans surtout, aucune hésitation ne saurait être permise : il faut opérer aussitôt que la nature du mal est reconnue, car il s'agrave à chaque instant et menace de plus en plus la vie du sujet.
Les procédés opératoires à l'aide desquels on ouvre les voies aériennes afin d'en retirer les corps étrangers , sont décrits à l'article Brokchotomie. (P^ojez ce mot.) Quant aux balles, aux tentes et au divers objets de pansement ou autre qui, perdus dans la poitrine, ont été après des temps plus ou moins longs réjelés par l'expectoratiou , le praticien ne peut que combattre ou modérer les accidens que leur présence détermine ; leur sortie doit être amenée par les efforts de l'organisme , et il est impossible de rien entreprendre pour les extraire.
VI. Coi-ps étrangers dans le pharjnx et Tcesophage. — Des fragmens d'os , des arêtes de poisson , des morceaux de cartilages ou de tissus fibreu.x, mêlés aux substances alimentaires, et avalés involontairement, sont les corps qui s'arrêtent le plus ordinairement dans la partie supérieure du canal alioientaire. On a vu cependant ties sujels qui, en se livrant à des tours de jongleur, ou durant les accès d'un délire maniaque , se sont introduits dans le pharyn.x et l'œsophage des cuillers, des fourchettes, des pièces d'argent, des aiguilles , des épingles , des morceaux d'éponge , etc.
Un sentiment de strangulation , d'embarras ou de piqûre , se manifeste aussitôt qu'un corps étranger s'arrête dans les voies de la déglutition. Le malade se livre incontinent à des efforts violons , convulsifs , presque désespérés pour le rejeter; la respiration est troublée , le visage rougit , se tuméfie, les yeux deviennent larmoyans , une agitation involontaire, produite par l'effroi plus encore que par la douleur, se manifeste. Mais cet état de désordre s'apaise enfin, soit que le corps étranger se dégage et revienne dans la bouche ou descende vers l'estomac , soit qu'il résiste aux convulsions du parynx et demeure à la place où il s'est d'abord arrêté. Ces premiers phénomènes sont d'autant plus intenses qu'il occupe une région du cou plus élevée. On n'obseï ve qu'une douleur plus ou moins vive ou obscure , et de la gêne dans la déglutition lorsque , ayant dépassé les limites inférieures du pharynx , il est arrêté dans la portion thoracique de l'œsophage.
Il est des corps étrangers assez volumineux pour fermer la "glotte et pour provoquer une imminente suffocation. Habicot cite le fait d'un jeune homme qui , ayant avalé quelques pièces d'or enveloppées dans un linge , et ce paquet s'étant arrêté dans le gosier , fut bientôt en proie aux symptômes les plus graves. Le visage devint noir, enflé et difforme ; la voix et la parole ne pouvaient être exécutées; l'entrée et la sortie de l'air s'accompagnaient d'un râle épouvantable, l'asphyxie était imminente. Habicot eut d'abord recours à la bronchotomie , comme un moyen de satisfaire à l'indication la plus pressée, celle de rétablir la respiration, et il put ensuite, après la résolution du gonflement , s'occuper de l'extraction du corps étranger qui l'occasionait. M. Bard a rapporté l'exemple d'un aliéné qui fut ainsi asphyxié par inie éponge , laquelle s'était arrêtée à la partie supérieure du pharynx, et avait sans doute , en se gonflant , oblitéré l'ouverture des voies aérieimes.
Ce danger de la suffocation n'est plus à craindre lorsque le corps étranger a dépassé le niveau de la partie supérieure du larynx. Il peut bien encore gêner la respiration, mais il serait difficile qu'il comprim;it , d'arrière en avant, la trachée artère au point d'y interrompre le passage de l'air atmosphérique.
Les phénomènes qui succèdent aux piemiers accidens déterminés par la présence des corps étrangers dans le pharynx ou l'œsophage varient suivant la forme , le volume et le lieu que ces corps occupent. Abandonnés à eux-mêmes, ils continuent à incommoder le sujet , à rendre la déglutition. difficile , à gêner plus ou moins la respiration , jusqu'à ce qu'ils soient ou rejetés par le vomissement, ou précipités vers l'estomac , ou poussés directement au dehors , en divisant et en-ulcérant successivement les parois du conduit alimentaire et tous les tissus qui le séparent des tégumens.
On cite quelques exemples de fragmens d'os qui, après avoir résisté à toutes les tentatives d'extraction, ont provoqué autour d'eux, de la suppuration et un relâchement tel , qu'ils sont redevenus mobiles, ont pu quitter le lieu qu'ils occupaient, et s'échapper enfin par un des orifices du canal alimentaire. Dans d'autres cas, des épingles et des aiguilles ont perforé graduellement l'œsophage, et gagné, sans occasioner d'accidens graves , des régions plus ou moins éloignées. Chez quelques sujets, et le mémoire d'Hévin en renferme plusieurs exemples , des abcès , formés à l'extérieur du cou , ont donné issue à des corps qu'on avait été obligé de laisser dans les voies alimentaires.
Mais le résultat de ces efforts éliminatoires est loin d'être toujours également heureux. îl. Gibert a cité le cas d'un abcès au cou, provoqué par un fragment d'os, et qui avait eu une issue funeste; M. Corby a vu périr un autre sujet par le même accident.
Au lieu d'abcès, les corps étrangers qui nous occupent peuvent , ainsi que Liltre en rapporte un exemple, déterminer l'engorgement squirrheux de l'œsophage et une dysphagie mortelle. (luattani, et dans ces derniers temps M. Dupuytren, ont vu l'inflammation éliminatrice provoquer l'adhérence de l'œsophage avec la trachée artère, la communication de ces deux conduits, et, par suite, la mort du malade. Dans un autre cas , observé parRÎ. Dumoustier, chirurgien-major de l'armée, un os arrêté à la région cervicale, détermina l'adhérence de l'œsophage avec la carotide primitive, dont la perforation fut suivie d'un Lémorrhagie subitement fimeste. M. Martin, chirurgien-major, a également consigné , dans les Mémoires de médecine militaire le fait plus
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ciiiieux encore d'une pièce de cinq francs , laquelle, avalée en jouant par un militaire , s'arrêta dans la portion tlioracique de l'œsophage, et occasiona la mort, en provoquant l'érosion de l'aorte. Deux cas de perforations semblables de l'aorte, déterminées par des fragmens d'os, ont été rapportés par M. Laurencin , chirurgien de la marine , et par M. le professeur Dubreuil. Enfin , j'ai sous les yeus une observation de M. Bernast , chirurgien élève au Val-de- Gràce , dans laquelle la perforation de Tartcre pulmonaire a été produite suivant le même mécanisme , par un os arrêté tlans l'œsophage.
Ces faits sont importans à rappeler aux praticiens. Ils démontrent qu'on ne saurait trop s'attacher, dans tous les cas, à débarrasser promptement le pharynx et l'œsophage des corps étrangers arrêtés dans leur cavité , et qu'en les abandonnant aux efforts spontanés de la nature , ainsi que le conseil en a été quelquefois donné , on expose les malades à des accidens et 'a des dangers dont le degré de gravité peut aisément dépasser toutes les prévisions.
La première indicatioi-; que fasse naître la présence d'un corps étranger dans les voies de la déglutition consiste, après s'être informé de sa nature et de son volume , à s'assurer du lieu qu'il occupe , de la direction qu'il affecte , du degré de force avec lequel il est retenu par les parois contractées ou tuméfiées du conduit. Le malade , après s'être assis devant une fenêtre bien éclairée, la tète renversée et maintenue contre la poitrine d'un aide, devra ouvrir largement la bouche, tandis que le chirurgien déprimera, avec le doigt ou le manche d'une cuiller , la base de la langue , et explorera le fônd du gosier , ainsi que l'orifice élargi du pharynx. Si le corps étranger peut être aperçu ou senti-, il sera facile de porter jusqu'à lui des pinces à branches longues et recourbées sur leurs bonis, afin de le saisir et de l'exlraire. Le doigt indicateur de la main gauche, laissé dans la bouche, doit servir de guide à l'instrument, qu'il faut introduire fermé, jusqu'à ce que son extrémité touche an corps étranger, qu'il sera facile de placer ensuite entre ses branches, sans y comprendre aucune des parties du voisinage.
Lorsque, situe plus profondément, le corps arrêté dans les voies de la déglutition se dérobe à l'examen immédiat de la gorge , il faut recourir à un véritable cathétérisme. M. Dupuytren a imaginé, pour exécuter cette opération, une tige d'argent, flexible quoique résistante, longue de dix-huit à vingt pouces , terminée d'un côté par un anneau , et de l'autre par une boule sphérique d'un diamètre variable selon l'âge du sujet. Cette sphère constitue l'extrémité exploratrice de l'instrument. Le malade étant assis et maintenu comme il a été dit plus haut, le chirurgien enfonce cette sorte de cathéter, en le dirigeant à l'aide du doigt indicateur delà main gauche , et en le faisant glisser le long de la paroi postérieure du pharynx afin d'éviter la glotte, jusqu'à ce qu'il rencontre le corps étranger. Cette précaution de s'éloigner du larynx s'applique à l'introduction de tous les instrumens dans les voies de la déglutition. Une sensation particulière de résistance, et le frottement de deux corps durs , annoncent la présence du corps étranger, et la profondeur h laquelle il est arrêté se trouve ainsi fixée. A l'aide de divers mouvcmens , convenablement dirigés , on peut assez facilement s'assurer ensuite de la direction qu'il affecte, de son volume et de la grandeur de l'espace qu'il laisse libre , soit latéralement, soit en avant ou en arrière , entre lui et les parois du conduit qui le retient. Il est évident qu'à l'aide de cet instrument on ne saurait ni blesser ni irriter l'œsophage , et qu'en se servant de tiges terminées par des boules de plus en plus fortes , le corps étranger ne saurait, quelque peu volumineux qu'il soit , échapper à leur contact et être méconnu , ainsi que cela est ariivé durant les explorations faites avec des poireaux, des éponges attachées à des tiges de baleines et d'autres instrumens analogues.
L'extraction des corps étrangers dont il est ici question est presque toujours préférable 'a leur précipitation dans l'estomac. On doit même s'interdire celte dernière manœuvre toutes les fois qu'ils sont aigus, irréguliers , pourvus de bords ou d'angles tranchans, d'un volume considérable, réfractaires à l'action digestive ou doués de propriétés chimiques malfaisantes. Dans tous ces cas , en «"arrêtant dans l'estomac ou le canal intestinal , ils pourraient déterminer des accidens plus graves encore que ceux qu'on a à redouter de leur séjour dans l'œsophage. Les aiguilles , les gros fragmens d'os , les plumes, et à plus forte raison les instrumens métalliques , tels que des cudlers , des fourchettes, des couteaux , doivent absolument être retirés par la bouche ; et plutôt que de les porter plus bas, on doit pratiquer l'œsophagotomie , si le cas permet son exécution. Les substances molles , comme les tendons, les portions de cartilages, et toutes les matières susceptibles d'être attaquées et dissoutes par les sucs gastriques, sont les seules que l'on puisse faire descendre sans inconvénient dans la portion sous diaphragmatiquc de l'appareil digestif.
On a imaginé une foule d'instrumens afin de saisir et de retirer les corps étrangers arrêtés dans l'œsophage. Lorsque les longues pinces dont il a été question plus haut ne peuvent arriver jusqu'à eux , l'instrument C{ui réussit ordinairement le mieux est une tige d'ai gent flexible, terminée par un crochet mous'ie et aplati. On a fait usage aussi d'une tige de baleine, à l'extrémité de laquelle est montée une plaque d'argent , recourbée à angle aigu ,- et dont les bords relevés forment de chaque côté un crochet médiocrement ouvert. Presque tous les ouvriers aplatissent la tige métallique ou autre qui forme le coi ps de l'instrument; mais elle doit être ronde, afin de pouvoir s'incliner avec une égale facilité, dans tous les sens , et de s'accommoder aux directions différentes que peuvent affecter les corps étrangers. Elle n'a pas besoin non plus d'être épaisse , ce qui lui communique une raideur inutile et rend son introduction plus pénible, puisque les eil'orts qu'elle est destinée à supporter n'ont jamais lieu que dans le sens de son ixc et qu'elle n'agit que par traction. Pour faire iisape de cet instrument, on doit l'inti oduire, guidé par le doi^t indicateur de b
main gauche,jusqu'au dessous du corps étranger. Dirigeant ensuite l'ouverti. du crochet du côté vers lequel le frottement se fait sentir, on l'élève graduellemi;^ et l'on embrasse l'objet à extraire. Il est quelquefois nécessaire de tirer a^! I une grande force pour le dégager et soulever. Dans un cas de ce genre , ^ soldat, à qui je voulais enlever de cette manière un fragment d'os, arrêté à partie inférieure du cou, ajouta ses deux mains à la mienne, et par une irapi sion effrayante arraclia de vive force le corps étranger, qu'il portait déjà dep sept à huit jours, et qui était profondément enclavé dans les parois de l'œ; phage. Cette laborieuse opération fut suivie de la guerisou presque immcdii du malade.
Afin d'extraire une cuiller de bois qu'un aliéné avait avalée , et qui , occ pant le pharynx, retaoutait vers la partie postérieure des fosses nasale M. Murât fut obligé, pour dégager le manche de l'instrument, d'inciser voile du palais dans l'étendue de six lignes. Cette conduite devrait être iœil si le même cas se représentait.
Une algalie flexible , dans les yeux de laquelle on passe plusieurs brins fo lâches de filasse; une tige de baleine ou d'argent, à l'extrémité de laquelle soi fixés de petits anneaux métalliques, engagés les uns dans lès autres en manié, de chaîne; une tige semblable , surmontée d'une éponge solidement attachée et d'un médiocre volume , tels sont quelques-uns des instrumens que l'on i également proposés, et quelquefois employés avec succès, pour retirer d! l'œsophage et du pharynx des corps légers , peu volumineux et non solidemeij fixés dans les organes. La filasse, la chaîne d'argent ou l'éponge non gonflée doivent de suite être portées jusqu'au-dessous des corps étrangers, et retirée I ensuite pendant qu'on leur imprime des mouvemens de rotation, afin d'engagé i ces corps dans leurs inégalités, de les enchevêtrer pour ainsi dire, et delej attirer ainsi au dehors. Quelquefois , on laisse l'éponge se gonfler par le humidités de l'estomac, et ou la retire lorsqu'elle a acquis un grand volume de manière à ce qu'elle soulève et ramène tout ce qui obstrue l'œsophage. Mai. on conçoit toute l'incertitude de semblables procédés , et il est évident que le instrumens avec lesquels on les exécute exposent h précipiter le corps étrange dans l'estomac , au lieU de l'extraire.
On a proposé aussi de faire usage alors de pinces analogues à celles dites di Hunter , ou même à celles dont on se sert , durant la lithoti itie , pour saisir le calculs dans le réservoir de l'urine, avec cette seule différence qu'elles seraicu renfermées dans une canule de gomme élastique, longue et flexible, et qut leur tige serait également assez mince pour se courber facilement dans toute, les directions. Ces instrumens peuvent, en effet, réussir et présenter de grandi avantages. Enfin , un moyen empiriquement employé par le vulgaire , et qu réussit quelquefois, bien qu'il ne soit pas sans danger, consiste à faire avalei au mahule une grande quantité d'alimens pulpeux et médiocrement consistansi comme des choux, de la panade, etc., et à provoquer ensuite de violem efforts de vomisseniens. De l'eau tiède, prise en grande quantité , pourrait remplacer les corps moux , si l'embarras de l'œsophage ne permettait pas leui ingestion. L'émélique a été également employé avec succès. Il n'est pas rare que, soulevé parées substances, et en mêra* temps dégagé des parois ele l'œsophage, à raison de la dilatation que ce conduit éprouve , le corps étranger soit poussé en haut et rejeté par la bouche. Mais les procédés rationels de l'irti l'emporteront toujours sur ces pratiques infidèles, qu'il ne convient el'essayer (|u'après avoir inutilement employé les autres.
Lorsque l'œsophage est tellement obstrué par le corps étranger qu'auciinei substance , molle ou lie[uiele , ne peut être ingérée , on a eu recours à l'injection de l'émétique dans les veines. MM. Kohler et Knoplfont entre antres employé avec succès ce moyen , iueliqué ele'jà par les expéiiences de M. Magenelie, mais qui n'est pas exempt tie elangers, s'il est vrai cjue les animaux auxquel? ou pratique de semblables injections y succombent quelquefois. Il vaudrait mieux, selon toutes les probabilités, injecter alors l'éméticjue dans le rectum ^ pour provoquer le vomissement. M. Blain employa dans un cas semblable un lavement ele tabac avec un succès complet.
Toutes les liges à la fois souples, douces et médiocrement volumineuse.'!, peuvent servir à précipiter les corps étrangers dans l'estomac. Un poireau, une tige de baleine sui monlée d'une éponge imbibée de elécoction mucilagineuse , une sonde de gomme élastique el'un gros calibre, sont très-propres à cet effet. Il suflit ele les porter jusrjue sur l'objet à déplacer, et d'exercer sur lui des pressions graduées et répétées jusqu'à ce qu'il cède, et abandonne la place qu'il occupe. Des alimcns compactes comme de la mie de pain imparfaitement mâchée, des poireaux entiers, des morceaux de carotte, ingérés en bolt's volumineux, ont f|ue!quefois suffi pour entraîner des corps aigus el peu cousiilérirbles , tels epie de petites arêtes de poisson , eles fragmens d'écailies d'huîtres , etc.
Lorsque le corps étranger résiste à toutes ces tentatives, et qu'il occupe la région cervicale, l'art n'a plus à lui opposer que l'opération de l'œsophagotomie , dont la nécessité est démontrée par un trop grand nombre de faits pour que l'on doive hésiter d'y recourir, et qui sera l'objet d'un article spécial. ( A'oV'z OEsopii.icoTOMiE). Dans les cas les plus graves où il séjourne dans la partie thoraci(]ue de l'œsophage , on ne peut que l'abandonner à lui-même et attendre l'événement, en faisant éviter au malade toutes les causes susceptibles d'exciter les acciilens inflammatoires eju'on redoute. J'ai vu un os de perdrix êtie rendu huit mois après sou ingestion, et qui entretenait des symptôme» d'eesophagite chronique.
Parmi les corps susceptibles de s'arrêter dans l'arrière bouche , le pharynx et l'œsophage , les sangsues doivent fixer spécialement l'attention îles prjliciens, à raison des aeeidcns particuliers et toujours grares qu'elles détcrmi-
Corps Etrangers.
CORPS ÉTRANGERS
lenl. Il est rare cjuc ces animaux, appliqués dans les fosses nasales ou dans la )0uciie, échappent au cliirurgien et aillent s'attacher sur les parties profondes le l'isthme gultural. Dans ces cas, leur introduction étant immédiatement onnue , on procéderait à leur extraction avant qu'elles pussent faire naitre ucun danger. La sangsue médicinale ordinaire tombe d'ailleurs trop facilenent, lorsqu'elle est gorgée, pour ne ]ias être bientôt, ou rejetée par les flforts du vomissement , ou portée jusqu'à l'estomac , où elle ne saurait manjuer de périr en peu de temps ; car il me semble impossible qu'elle puisse y ivre pendant plusieurs mois, ainsi que l'ont cru et que le rapportent quelques crivains. On a observé cependant alors le développement de douleuis épigasriques intenses, de coliques, de vomissemcns de sang, de convulsions , et nênie la mort, à la suite de la stimulation insolite de la piqûre des parois de 'estomac. Il ne faut donc ni se livrer en pareils casàutiie sécurité qui pourrait levcnir funeste , ni tarder à provoquer la cliute et l'expulsion de l'animal trangcr.
Mais dans les pays chautls, les eaux stagnantes qu'on rencontre dans les bois lU d'autres lieux abrites et couverts renferment souvent une sorte de sangsue lëliée , presque filiforme, qui est facilement entraînée avec l'eau qu'on y puise t est avalée sans que les sujets s'en aperçoivent. Cela a lieu surtout lorsque , . l'armée , les soldats échauffés par les marches, se précipitent sur les bords de es sortes de réservoirs et y boivent par succion. Une picjûre quelquefois assez ive,-dans d'autres cas inaperçue, annonce l'instant ou la sangsue s'attache, kprès quelques heures , les malades , tourmentés par la sensation d'un corps iiou qui embarrasse et excite la gorge, se livrent à de continuels efforts de égliitition , d'expectoration ou même île vomissement. Enfin , la sangsue, quoi ue remplie , reste cepenilant encore attachée aux parties , et le sang qu'elle jurnit par regorgement , ou qu'elle laisse échapper de la petite plaie entreenue par sa présence, se mêle aux matières expectorées ou vomies, en quanilé assez considérable pour affaiblir en peu de jours le malade. Ces accidens nt été observés en Espagne , en Italie , en Egypte et dans toutes les contrées léridionales où nos armées ont porté la guerre. Quelques hommes ont même liccombé à l'hémorr hagie dont la constance épuisait leurs forces.
L'origine , la succession et la nature des accidtns indiqués sufli ent, dans la lupart des cas , pour établir le diagnostic de la maladie. En examinant avec ttention Tarrière-bouche , on peut ordinairement voir la sangsue , fixée, soit
la paroi postérieure du pharynx, soit aux piliers du voile du palais ou sur uelque autre point également accessible à la vue. Dans certains cas cependant i sangsue «"étant attachée à la face postérieure du voile palatin , se dérobe aux remières investigations; son extrémité caudale seule descend au dessous du prd libre de cet organe et remonte alternativement, selon que l'animal se laisse jistendre ou qu'il se contracte pour expulser le trop plein de sang qu'il a reçu. I Quelles que soient leur espèce et les circonstances relatives à leur iutroduc-
on , les sangsues fixées dans la gorge, toutes les fois qu'elles sont app.uentes t susceptibles d'être saisies avec des pinces ou d'antres instrumens, doivent
fre soumises à ce moyen d'extraction. Dans les autres cas , il est facile de pro- >qucr leur chute, en les touchant avec du tabac en |)oudre, ou en faisant ver et gargariser la gorge avec de l'eau aiguisée de vinaigre , chargée de sel , « rendue irritante par l'adtlition de substances analogues. Après l'expulsion e l'animal , des lotions froides seront continuées encore, afin d'apaiser l'exciition des parties piquées et de faire plus promptement cesser l'écoulement inguin, qui s'arrêterait d'ailleurs bientôt spontanément.
VII. Corps étrangers dans l'estomac et Le canal intestinal. — 'Venus du dears par la voie de l'œsophage , ou introduits à travers les plaies du bas-ventre, plupart des corps étrangers , alimentaires ou autres , qui parviennent dans cavité de l'estomac, parcourent ordinairement les parties inférieures du mal digestif, sans occasioner d'accidens graves. Des noyaux de cerises , et lême de prunes, sont avalés en grande quantité par les enfans, avec une parité impunité. Cette imprudence a été cependant quelquefois funeste, surtout hez des sujets atteints de hernie, et a donné lieu à des embarras et h des obacles au cours des matières stercorales. Des cuillers, des fourchettes, des juteaux , des lames de sabre , ingérés par de prétendus pol^'phages, échappés ES doigts de quelques jongleurs, ou avalés pendant les accès d'un délire maniajue , sont les corps po\ir lesquels on a eu le plus souvent recours à i'intervenon de la chirurgie. Il en est cef>endant qui peuvent se développer dans les iscères. "Un calcul biliaire , par exemple, échappé du canal cholédoque , et >ns doute augmenté de volume dans le duodénum , ne put aller plus loin , bstrua l'origine du jéjunum et occasiona la mort. D'autres concrétions se sont rmées autour d épingles, d'arêtes , de fragraens d'os , etc. Le canal digestif est susceptible de conserver durant de nombreuses années , ns en soutTrir d une manière notable, des corps étrangers assez vohimineu.x. M. Roche et Sanson citent le fait d'un malade qui rendit, par les selles, un bot de cochon , plus de vingt ans après l'avoir avalé. M. Bcaufils a fait égaleent connaître l'observation d'un malade qui rendit par le vomissement un Joulon de chemise en or, à double tête, qu'il avait ingéré deux ans auparavant , p qui avait entretenu de continuelles incommodités. Sue, Valentin, Gasteler et quelques autres rapportent des faits analogues. MM. Babbinglon et Cure ont traité à Londres un matelot qui , après divers essais , fit enfin descen- Ijre jusqu'à dixrsept couteaux dans son estomac. Il succomba quelques années 'îrés cette folle action, et l'on trouva dans les voies intestinales les dix-sept mes , ainsi que leurs ressorts , déjà corrodés et presque dissous. Les manches /aient disparu. Les intestins étaient colorés en noir et perforés sur plusieurs teints.
Les accidens d'irritation , de phlegmasie ou d'embarras et d'engouement
DlCT. DE MÉDECIHE ET BE ChIRUKGIE PRATIQUES.
de l'esiomacet du canal intestinal, que provoquent les corps étrangers dans ces parties, ont trop de ressemblance avec ceux qu'une foule d'aulrcs causes sont susceptibles d'occasioner , pour qu'en puisse, dans beaucoup de cas, les rapporter au premier abord à leur véritable origine. 11 faut alors que le récit des circonstances commémoratives apprenne que des corps étrangers de nature variable, en diverses quantités, et représentant des masses plus ou moins consisérables , ont été ingérées. Des boissons délayantes, des lavemcns émolliens et huileux, de ilouces frictions sur le ventre , sont les moyens les jilus pi opres à favoriser la progression de ceux de ces corps qui, sans èire offensifs, peuvent cependant, comme les noyaux de fruits, les pièces de monnaie, les balles de plomb, etc., embarrasser et obstruer le tube alimentaire par leur volume. Oa a conseillé, dans les cas d'ingestion d'épingles, d'aiguilles, d'arêtes aiguës et d'autres substances analogues, de lemplir l'estomac d'alimens épais et propres à former des résidus aboiulans , afin de les entraîner, en les invisquant, et en les empêchant ainsi de blesser le canal intestinal. Cette précaution n'est pas sans utilité, et l'on doit lui attribuer une grande part dans l'heureuse guérison de plusieurs malades.
Les acciilens qui peuvent survenir alors dépendent, ou des propriétés chimiques malfaisantes des substances étrangères ingérées, ce qui constitue l'empoisonnement {voyez ce mol), ou de l'action dilacérante que des corps tranchans ou piquans peuvent exercer sur les parois des viscères. Ceux-ci en ont été quelquefois divisés , et une péritonite mortelle est survenue. Dans d'autres cas, le trajet des corps étrangers le long du canal intestinal est marqué par des douleurs obscures ou des coliques intenses , qui précèdent et annoncent ordinairement leur expulsion prochaine. D'autres fois encore , le tube alimentaire en étant obstrué , le ventre se tuméfie, les évacuations alviucs se suppriment, des nausées, des hoquets, des vomissemcns et tous les .«ymplômes des engouemens internes se manifestent. Enfin , lorsque les corps étrangers séjournent dans l'estomac sans en pouvoir sortir , tant que la nature ne se livre à aucun travail d'élimination , les sujets sont en proie à tous les accidens des gastrites chroniques. Des douleurs obscures, profondes , continuelles , l'élévation de quelques régions du ventre sont les signes précurseurs de la formation des adhérences qui doivent s'établir entreles viscères et les parois abdominales. L'organisme se débarrasse alors , à l'aitle d'abcès , plus ou moins profonds et lents à se former di: la cause matérielle qui l'opprime et trouble ses fonctions.
Si quelque violente inflammation se développe, il faut la combattre à l'aide des bains, des émolliens à l'intérieur, comme en applications externes, du traitement antiphlogistiqiie le plus rigoureux. Ces moyens sont encore ceux qui réussissent le mieux lorsque des symptômes d'engouement intérieur et d'obstacles au cours des matières stercorales se manifestent. De doux purgatifs peuvent convenir ; mais il importe de les délayer dans de grandes quantités de véhicule,afin d'étendre et de disséminer autant quepossible les corps étrangers, en même temps qu'on dilate et qu'on relâche les parois du canal qu'ils obstruent Lorsque des hernies existent, elles doivent être incontinent réduites , afin d'éviter aux matières étrangères le passage toujours rétréci des portions de l'intestin qui correspondent à l'ouverture par laquelle la tumeur est sortie.
Si après un temps prolongé et <le longues souffrances quelque point de la paroi abdominale antérieure devient spécialement douloureu.x , rougit, s'engorge et enfin s'abcèdc , il faut se tenir prêt à voir sortir, avec le pus et les matières stercorales qui s'échapperont de la tumeur , le corps étranger lui-même. C'est ainsi que chez ce jongleur, dont M, Dubois a fait connaître l'histoire , une Iongue lame de fer bl.mc , tombée dans l'estomac, est venue se faire jour à travers la région inguinale droiie, après avoir pénétré dans le colon transverse, et être descendue le long du colon ascendant jusqu'au cœcum. A. Paré et Fabrice de Hdden rapportent des faits semblables.
Enfin, lorsque les malades conservent, dans l'estomac, des corps volumineux susceptibles d'être sentis à travers la paroi abdominale antérieure, et que l'organisme dépérit sans que rien annonce l'établisseuient d'aucun travail éliminatoire , la dernière ressource que possède la chirurgie pour arracher le sujet à la mort inévitable qui le menace, consiste dans la pratique de la gastrotomie {voyez ce mot) .
VIII. Corps étrangers dans le rectum. — Après avoir parcouru toute l'étendue du canal alimentaire , quelques-uns des corps étrangers que nous avons vu menacer la vie, soit en s'arrêtant dans l'œsophage, soit en blessant les parois de l'estomac et de l'intestin giêle , parvenus au dessus des sphincters de l'anus , y sont quelquefois retenus et y déterminent des accidens plus au moins graves. D'autres corps sont quelquefois encore , par divers motifs , directement introduits par l'anus , et, s'échappant des mains qui les retiennent , franchissent l'anneau musculeuxqui entoure celte ouverture et se perdent^dans le rectum. La nature de ces corps est très-variable, et il serait aussi fastidieux qu'inutile d'en faire ici l'énumération. Bornons-nous' à indiquer les procédés spéciaux à l'aide desquels on a pu opérer l'extraction des principaux d'entre eux.
Les accidens qu'ils occasioneiit consistent dans une douleur vive et lancinante , une pesanteur incommode, et un sentiment obscur de distension à !a région rectale, selon que le corps est aigu et anguleux, ou volumineux, arrondi et résistant. Le malade se livre à des efforts réitérés et ordinairement vains pour aller à la garderobe. En explorant le rectum , le doigt fait reconnaître la présence du corps étranger et ses rapports avec les parties voisines.
Pour procéder à cette exploration , aussi bien que pour aller à la recherche du corps étranger et l'extraire , le malade doit être couché sur le côté , près du bord de son lit . le derrière saillant , le membre abdominal sur lequel il repose presque étendu , et l'autre à demi fléchi sur le ventre. Un aide, monté sur le lit , du coté opposé au chirurgien , relève la fesse supérieure , et facilite ainsi
CORPS ÉTRANGESS.
CORPS Étrangers.
rintroduction des doigts et des instrtimens dans l'anus. Apres avoir enduit les uns ou les autres de cérat, on procède à l'opération.
L'histoire de Marcliettis est trop connue pour que nous la retracions ici. La canule de roseau qu'il employa pour retirer sans danger de l'anus une queue de cochon qu'on y avait introduite , après en avoir coupé les soies à une petite dislance de leur origine , pourrait être remplacée avec succès par le spéculum ani, dont on fait aujourd'hui un si fréquent usage. Cet instrument présente , pour l'e-xploralion de la région inférieure du rectum , des avantages souvent précieux. Il serait préférable, soit aux crochets coudés dont fit usage S.uicerotte , afin de dilater l'anus , et d'en extraire les fragmens d'une fiole brisée dans le rectum , soit aux demi-cylindres tie fer-blanc qu'employa Vattain pour aller saisir un morceau de fil d'archal , long de deux pouces , placé en travers , à une grande hauteur, et implanté dans l'intestin par les deux extrémités. Lorsque le corps étranger est d'un volume peu considérable , on peut l'attirer au dehors avec les doigts, un crochet mousse, des pinces ou Je bec de cuiller. S'il est fragile et capable en se brisant de blesser les parois de l'intestin , il faut ne le saisir qu'avec précaution , avec des pinces garnies de linge à leurs extrémités, ou , si on ne peut l'amener ainsi au dehors , dilater l'anus en l'incisant, afin de favoriser sa sortie. Cette incision, dirigée sur un des côte's de l'ouverture du rectum, devra encore être pratiquée toutes les fois que le corps étranger, quoique susceptible d être brisé sans danger dans lés parties , résiste cependant aux pinces incisives appliquées sur lui, et présente trop de volume pour être amené en entier au dehors, malgré la dilatation des parties qui doivent lui livrer passage. Enfin, Saucerolte a employé avec succès la vrille, qui serait utilement remplacée par le tirc-foud pour extraire du rectum, des cylindres de bois et d'autres objets analogues.
C'est à l'aide de quelqu'un de ces procédés qu'on devrait débarrasser le rectum des débris de fœtus ou de foetus entiers , qu'on a vu quelquefois passer dans sa cavité , après la déchirure des poches anormales qui les contenaient. Tulpius , Liltre, Béclard et M. Kelson ont cité des exemples de grossesses extra utérines terminées de cette manière. L'application du forceps pourrait alors devenir indispensable , comme pour l'extraction d'autres corps également très-volumineux.
Enfin , il n'est pas rare de rencontrer dans le rectum des amas considérables de matières stercorales endurcies , pelotonnées , formant des masses compactes, qui s'opposent h toute défécation ultérieure, et déterminent des accidens quelquefois graves d'engouement intestinal interne. Les accumulations de ce genre sont assez fréquentes pour qu'il convienne d'explorer le rectum, et de s'assurer s'il est parfaitement libre, toutes les fois que, chez les sujets bilieux, sédentaires et habituellement constipés , de l'embarras à l intérieur , du malaise , de la tuméfaction au ventre, et une absence d'évacuation stercoralc qui résiste aux lavemens réitérés, se manifestent. Il n'y a presque pas de doute à conserver sur l'existence de cette sorte de corps étrangers, lorsque le sujet ressent de la pesanteur au siège, qu'il éprouve de fréquens besoins d'aller à la garderobe , et que , surtout , après l'inti oduclion des lavemens ou l'ingesiion de doux minoratifs, il fait de violens et vains efforts pour se débarrasser. Le doigt indicateur étant introduitalors par l'anus , jusque sous la masse stercorale, un bec de cuiller dirigé sur lui servira à la diviser , à la broyer en quelque sorte , et à l'extraire par fragmens. Dans un cas de ce genre, où l'anus était rétréci par une cicatrice', résultant de l'opération d'une fistule par excision , je fus obligé d'inciser d'abord largement cette ouverture, jusqu'à la hauteur de deux pouces et demi environ, afin de rendre possible l'introduction et le jeu de l'instriunent. La maladie était fort ancienne ; la masse anormale avait l'apparence du plâtre à son centre, et près de trente livres de matières stercorales furent évacuées durant les vingt-quatre premières heures qui suivirent son expulsion. Lorsque, dans les cas ordinaires, on est parvenu a l'exlraire en grande partie, et qu'il n'en reste plus que des fragmens divisés les uns des autres, il convient de hâterleur sortie à l'aide de lavemens huileux et de doux laxatifs. Maréchal et Moreau rapportent des exemples de concrétions bilieuses ou stercorales , formées d'une substance brune , douce au loucher , dont les couches concentriques étaient de plus en plus résistantes, à mesure qu'on les examinait plus profondément, et qui exhalaient une odeur fétide, insupportable. Il fallut recourir aux tenettes pour amener ces sortes de calculs, qui étaient parvenus au dessus de l'anus, et l'obstruaient.
IX. Corps étrangers dans le vagin et dans l'utérw. — Les pessaires et leurs débris sont les corps étrangers qui séjournent plus fréquemment dans les organes génitaux de la femme. Les pessaires qui étaient faits en liège, recouverts d'une couche de cire, perdaient bientôt cet enduit et irritaient par leurs inégalités la membrane avec laquelle ils étaient en contact. Les pessaires métalliques eux-mêmes sont, après un assez long séjour dans les parties , corrodés, rendus inégaux et couverts d'aspérités par l'action combinée des liquides qui les baignent et des bouches absorbantes qui les environnent. Les parois internes du vagin , à raison de leur tendance à végéter, se couvrent alors de productions fongueuses, qui pénètrent dans les anfrnctuosités du corps étranger, les remplissent et le retiennent ainsi avec une plus ou moins grande force. Le col de l'utérus , lorsqu'il séjourne pendant long-temps sur l'anneau central des pessaires, s'y engage assez souvent, et en s'accroissant, après l'avoir franchi, le recouvre plus ou moins complètement d'une sorte de champignon, qui s'oppose 'a son extraction. On trouve dant les écrits de Morand , de Sabatier et de plusieurs autres observateurs, un grand nombre d'exemples de ces désordres déterminés par la présence des corps étrangers qui nous occupent.
Les malades éprouvent d'abord aux parties irritées une sensation de chaleur et d'embarras, qui dégénère bientôt en des douleurs vives et continuelles , un
écoulement abondant, ichoreux , souvent très-fétide, se manifeste, et peu menacer la vie par l'épuisement qu'il occasione. Des altérations organique:: plus profondes encore s opèrent dans beaucoup de cas. M. Dupuytren a vu l'anneau d'un pessaire en bilboquet, après avoir enflammé et ulcéré le vagin , pénétrer, d'une part dans la vessie, et de l'autre dans le rectum , de manière 'a faire' communiquer ces deux réservoirs avec la cavité qu'il occupait.
D'autres corps que les pessaires peuvent encore s'échapper des mains qui lesî retiennent et séjourner dans le vagin. On cite deux exemples d'étuis qui auraienli versé les aiguilles qu'ils contenaient dans celte cavité ; d'un pot à pommade don| l'introduction ayant eu lieu par son fond , fut assez difficile à reconnaître et f extraire , etc.
On conçoit que les procédés opératoires à employer dans ces cas divers doivent varier selon la nature et la disposition des objets qu'il s'agit de retirer,! L'absence de sphinctei's étroits et très-contractiles , rend toutefois alors les manœuvres d'extraction plus faciles que lorsque les corps étrangers séjournent dans le rectum. Le malade étant renversée sur le dos , en travers de son lit , les jambes écartées , et soutenues par des aides, ou les pieds appuyés sur des tabourets , le chirurgien devra d'abord explorer le vagin à l'aide du doigt indicateur. La nature , la forme, la situation du corps étranger étant aiusi exactement reconnues , on portera sur lui , soit des tenettes , soit des pinces , soit deS; crochets mousses , afin de l'ébranler, de le dégager et de l'attirer au dehors. Unj ruban passé dans l'ouverture d'un pessaire sera très- utile pour abaisser un point dei sa circonférence et le placer de champ dans le vagin. Des pinces incisives serontj utiles , afin de diviser ou briser les corps trop volumineux ou trop profondcmenti engagés dans les pai ties pour pouvoir être extraits en entier. Eufin, les mêmesl précautions que pour l'extraction des corps étrangers dans le rectum devronb être employées. C'est ainsi que les speculunteri , brisés, à l'aide desquels oni peut aisément dilater l'orifice externe du conduit vulvaire , offriront de grandsi^ avantages , soit pour favoriser la sortie des corps anguleux, soit pour protéger]i contre leur action les parties plus ou moins irritées et tuméfiées qu'ils doivent^ franchir avant d'arriver au dehors. \
Il doit être très-rare que des corps étrangers soient introduits dans l'utérus, il à travers le vagin, ou après avoir divisé les parois abdominales : l'exiguité de) la cavité de cet organe , dans l'état de vacuité , s'oppose à ce genre de lésion;!^ mais il n'en est pas de même durant la gestation. M. Crouzit, de Rochechouart^ a fait connaître l'observation intéressante d'une aiguille à séton qui, introduite dans des vues criminelles par un de ces hommes qui sont l'opprobre de la plus^ honorable profession, s'échappa et se perdit dans Ja cavité utérine, d'où elle' ne ressortit que soixante-dix-neuf jours après , à travers des régions inguinales, non sans avoir déterminé de graves accidens et une péritonite qui faillirent entraîner la mort de la malade. \
X. Corps étrangers dans l'urètre. — Les bougies ouïes sondes , iulroduiles et! laissées à demeure dans l'urètre , afin de dilater ce canal , s'y rompent quelque- ^ fois et nécessitent l'emploi de procédés opératoires plus ou moins délicats ou' compliqués pour en être extraits. Les instrumens dits en gomme élastique mal fabriqués, et surtout les bougies de plomb ou d'un alliage métallique dont les ' Anglais font encore un fréquent usage, exposent surtout les malades à l'acci-'^ dent qui nous occupe. Indépendamment de ces corps, on a encore rencontré! dans l'uiètre des fèves de haricot, des épis de graminées , des tiges île bois, dc8 * aiguilles à coudre ou à tricoter, des épingles à friser, des portions de tuyaux ! de pipe, et d'autres objets analogues, introduits par le méat urinaire, soitpour'j satisfaire une curiosité puérile , soit durant les accès du délire érotique. Enfin, f? les calculs échappés de la vessie s'arrêtent souvent dans diverses parties du | canal , et donnent lieu aux mêmes accidens que les corps étrangers venus du dehors. '
Un obstacle plus ou moins considérable à l'excrétion de l'urine résulte lou- ! jours de la présence de corps solides dans l'urètre. Cet obstacle , toutefois, est \ moindre, lorsque ces corps ont été introduits par le méat urinaire , que dans I les cas où ils sont sortis de la vessie, parce que la portion du canal qui corres- < pond au gland étant la plus étroite et la moins extensible , les objets qui la tra- ' versent se trouvent ensuite plus libres et plus au large dans la portion spon- ! gieuse; tandis que, au contraire , les calculs entraînes par le flot de l'urine et 1 qui s'arrêtent dans le canal, ne le font que parce qu'ils ne le peuvent parcourir '\ tout entier, et l'obstruent dès lors complètement dans le lieu qu'ils occupent. J Aussi , dans ce dernier cas , l'excrétion de l'urine est-elle subitement arrêtée et I ne se rétablit-elle que difficilement, si même la rétention absolue qui a eu lieu | d'abord ne persiste pas. L'observation a démontré que les corps venus de l'ex- i térieur, tels que les fragmens de bougie , les tiges de bois, etc., ont une ten- \ dance manifeste à pénétrer plus avant et à gagner la partie moyenne du canal : ' ils y semblent attirés par une sorte de mouvement péristallique ; tandis que les calculs, au contraire, incessamment poussés par le flot de l'urine, sont, par cela même, constamment portés vers l'orifice externe.
Après un séjour plus ou moins long, les corps étrangers arrêtés dans l'urètre déterminent ordinairement la dilatation delà partie du canal qui les embrasse, et le li([uide sorti de la vessie parvient , quoique lentement et avec difficullé, l au dehors. Dans beaucoup de cas, les parois utérales, comprimées et irritées, s'enflamment, fournissent du pus, ou même s'ulcèrent et lai.'îsent échapper l'urine, qui s'infiltre en quantité variable dans le tissu cellulaire du voisinage. I Lorsque des calculs, sortis très-petits de la vessie, se sont arrêtés dans l'urètre, ' ils s'y accroissent quelquefois, en s'y creusant une loge assez vaste, mais en conservant du côté du centre du canal une gouttière le long de laquelle l'urine i continue à glisser. Eufin , quelques-uns de ces calculs semblent formés dans les ■ lacunes des cryptes muqueux , et y augmentent de volume en les dilatant.
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CORPS ETRANGERS
CORPS ÉTRANGERS
Le degré d'obstacle apporté à l'excrétion urinaire donne généralement la esure des accidens que déterminent les corps étrangers qui occupent Furetre. L sont aussi graves que rapides, et le canal est exposé k se rompre ou à s'ulrer derrière eux, lorsque l'obslruclion est complète ; tandis qu'ils ne prodnint que de supportables incommodités toutes les fois que la sortie de l'urrne ste libre. Dans le premier cas , il n'y a aucun instant à perdre, et I on doit livrer à tout prix le malade de l'obstacle qui s'oppose à l'exécution d'une portante fonction ; dans le second, bien qu'il soitencore utiled'opéierle plus t possible cette délivrance , on peut cependant y consacrer plus de temps et moins presser de recourir à des opérations douloureuses ou graves pour 1 ob-
Des pressions méthodicjues , dirigées d'arrière en avant, et aidées soit de la ession exercée dans le même sens par l'urine , soit de la succion opérée sur xtrémilé de l'urètre avec une pompe aspirante, suffisent quelquefois pour trter jusqu'au gland de petits calculs échappés de la vessie ou des corps arrons et plus volumineux arrêtés dans la portion spongieuse du canal. Lorsque s premiers et simples moyens ne réussissent pas , on peut essayer de porter sque derrière l'objet à extraire un fil métallique, formant une anse, afin de imbrasser et de l'attirer au dehors. Les pinces , dites de Hunier, bien que leur âge soit de beaucoup plus ancien en chirurgie, sont également fort utiles. La nce droite convient mieux , lorsque le corps étranger est arrêté en avant du ilbe; celle qui est recourbée doit être préférée , au contraire, toutes les fois 'il correspond à des parties plus reculées du canal. Dans tous les cas , avant I chercher à le saisir, il convient de le faire fixer, avec les doigts d'un aide ipliqués derrière lui , dans le lieu qu'il occupe. Sans cette précaution, on serait posé à le voir fuir devant les instumens et s'approcher de la vessie , ou même pénétrer, ainsi que cela a eu lieu quelquefois. Il importe aussi que les deux ors de la pince de Hunter soient minces , creusés en bec de cuiller et disposés 'écarter avec force , afin de pouvoir glisser plus aisément entre le corps étranr et les parois du canal , et de surmonter la résistance que celles-ci opposent lleur écartement. On pourrait se servir encore avec avantage de pinces prosées par M. Amussat, et qui diffèrent de celles de Hunter en ce que la tige li supporte les branches est creuse et renferme un stylet, dont l'extrémité est !nflée; lorsqu'on retire celui-ci en arrière, il écarte autant qu'on le désire les anches de l'instrument , qu'on peut ensuite aisément porter sur le corps ranger. En dilatant ainsi le canal , immédiatement au devant du calcul, on voriserait évidemment d'ailleurs la progression , alors même qu'on ne réussiitpas à l'engager dans la cavité formée par les pinces.
Des injections mucilagineuses ou huileuses faites dans l'urètre , en dilatant en lubrifiant ce conduit, favorisent souvent l'exécution des manœuvres que )us venons d'indiquer. On peut recourir aussi aux injections forcées , le corps ranger étant soutenu en arrière. Elles écartent les parois du canal , sollicitent in action ; et lorsqu'on recommande au malade de pousser l'urine avec énergie l'instant où l'on permet au liquide injecté de sortir, il arrive quelquefois que liquide , l'urine et le corps étranger s'échappent à la fois et que tous les ■cidens s'apaisent. Des bams prolongés , des narcotiques à l'intérieur, et des ignées capillaires locales , seront utiles , lorsqu'il existe du spasme, de la )uleur et de l'irritation sanguine aux parties avec lesquelles le calcul est en ntact. Chez un homme dans l'urètre duquel une sonde s'était brisée, . Viguerie imagina d'introduire, au devant du fragment, une sonde d'égal libre, coupée verticalement à son extrémité. Lorsque celle-ci fut appuyée lul à bout contre le fragment , il y fit pénétrer un mandrin avec lequel il eut Ijbonheur de retirer le corps étranger.
«Mais lorsque toutes les tentatives restent infructueuses , et que le malade , urraenlé du besoin d'uriner , éprouve de vives douleurs, il est indispensable ; pratiquer l'urétrotomie. On doit éviter autant que possible d'inciser les rties dans la région qui correspond au scrotum , afin de prévenir les infiltra- |)ns urineuses dans le tissu cellulaire de cette enveloppe; et pour cela le calcul Ira poussé, soit en avant vers la verge, soit en arrière du côté du périnée, ne incision faite sur lui divisera successivement la peau , le tissu cellulaire , parois de l'urètre , et lui ouvrira une voie pour arriver au dehors. S'il git d'un fragment de bougie ou de sonde , l'incision faite vis-à-vis d'une des trémités de ce corps permettra de la découvrir et de l'extraire, en la saisissant ec des pinces. L'incision doit être plus large afin de prévenir les infiltrations, rsqu'on opère en divisant le scrotum , que dans le cas où l'opération est pra- [uée sur les autres régions du canal. Je ne pense pas qu'il soit utile de placer d'abord la peau dans l'intention de détruire le parallélisme entre la fision de cette membrane et celle du conduit : cette disposition serait plus opre à favoriser l'extravasalion de l'urine qu'à hâter la cicatrisation de la aie. Lorsque le calcul correspond au col vésical ou à son voisinage , un Ihcter introduit jusqu'à lui, dans l'urètre, ou même jusque dans la vessie, 1 peut y pénétrer sans repousser le corps étranger, servira de guide au stouri et rendra l'opération plus facile. C'est d'ailleurs alors que le procédé Celse pour la Ctstotomie est indiqué. Enfin , dans certains ".as où le corps ranger, arrivé juscju'au gland , s'arrête en arrière du méat urinaire, on peut iément le dégager , s'il résiste aux pinces ou au bec de cuiller, en débridant trifice du canal.
Après ces diverses opérations, les bords des incisions devront être rapproés; on introduira une sonde dans la vessie toutes les fois que le malade ssentira le besoin d'uriner, et l'on suivra les préceptes établis pour le trainaent des plaies simples de l'urètre.
La présence des corps étrangers est rare dans l'urètre de la femme. Le vagin t trop près et trop disposé à les recevoir , pour qu'ils soient fréquemment
engagés dans cette voie. Cela a eu lieu cependant, pour des épingles à friser et d'autres corps analogues , qu'on parvint à retirer, soit à l'aide de quelqu'un des procédés indiqués plus haut, soit au moyen de l'incision de la vessie, lorsque , engagés dans cet organe, ils ne purent être amenés au dehors par le canal qui servit à leur introduction.
XI. Corps étrangers dans la -vessie. Les balles , les fragmcns d'armes blanches, les morceaux de sonde, de bougie , et tous les corps introduits de l'extérieur dans la vessie, donnent lieu , lorsqu'on ne peut les retirer à l'aide des pinces de Hunter ou de A. Cooper, aux mêmes indications que s'ils s'y étaient développés et constituaient de véritables paculs Ils donneront d'ailleurs lieu bientôt à la formation do ceux-ci, en se recouvrant de concrétions urinaires de plus en plus épaisses. ( F' uycz Cystotomie et LiTnorrariE. )
XII. Corps étrangers entre le prépuce et le gland. — Chez les sujets atteints de phymosis naturel, l'ouverture du prépuce est insuffisante pour permettre à la matière sébacée que sécrètent les follicules muqueux de la face interne de cet organe et de la base du gland de s'échapper; l'urine même ne parvient au dehors qu'après s'être épanchée dans la cavité prépuciale, et yséjourne en partie entre chaque excrétion. Cette disposition entraîne fréquemment la formation , entre le gland et le prépuce, de concrétions calculeuses susceptibles d'acquérir un grand volume et une densité considérable. Je possède *un calcul de ce genre qui a le volume d'un petit œuf de poule , et qui , creusé pour recevoir le gland et le coiffer, présente de plus une gouttière le long de laquelle l'urine s'écoulait. Quelles cjue soient les variétés de composition et de forme des corps étrangers ainsi développés sous le prépuce , ils réclament également l'incision de cet organe, à la suite de laquelle leur extraction ne présente aucune difficulté. ( V oyez Phymosis. )
§ II -CORPS ÉTRAKGErS APPLIQUES A LA SURFACE DE l'oRGAHISME.
Les corps dont cette catégorie se compose consistent ordinairement en des liens plus ou moins serrés ou en anneaux métalliques trop étroits, dans lesquels diverses parties oiit été introduites. Ils agissent toujours en comprimant les vaisseaux superficiels , en s'opposant au retour du sang , et en provoquant , au dessous des régions qu'ils occupent, du gonflement , de l'œdème , et quelquefois une inflammation compliquée d'étranglement, qui peut aller jusqu'à la gangrène. Les doigts , les jambes et le pénis sont le siège le plus ordinaire de l'application de ces corps et des accidens qu'ils déterminent.
I. Corps étiangei-s placés autour des doigts. — Des bagues assez étroites pour s'appliquer trop exactement aux organes qu'elles embrassent , deviennent gênantes , et peuvent pi oduire l'étranglement de ces parties , lorsque de l'irritation et de' la phlogose en augmenteront le volume. Il importe donc, dans toutes les lésions des doigts , ou toutes les fois que l'on prévoit le gonflement de ces organes, de les débarrasser d'abord des anneaux placés à leur base. Lorsque l'étranglement a lieu , soit par la tuméfaction des parties , soit par l'application d'un anneau trop serré, la première indication consiste encore à le lever, par l'extraction du corps étranger. Pour cela, on lubrifiera d'abord la surface à l'aide d'un corps gras , puis on le comprimera doucement afin de diminuer son volume , et de rendre la sortie de l'anneau plus facile. Une attention qui ne doit pas être omise alors , consiste à retirer autant cjue possible, en arrière , la peau de la base du doigt , en même temps que l'on fait avancer le corps étranger. Lorsqu'il est arrivé à la base de la première articulation qu'il doit franchir , on lâche les téguraens , qui , par leur élasticité , reprennent leur première place, et peuvent même glisser plus en avant; de telle sorte que l'anneau est porté, pour ainsi dire , par eux sur le renflement articulaire , et le franchit ensuite aisément. I^orsqu'on ne peut réussir de cette manière, il faut s'efforcer de diviser le corps étranger , soit à l'aide de la lime ou des pinces incisives, soit, s'il est formé de matières d'or ou d'argent, en le rendant friable à l'aide de l'immersion de la main dans le mercure , ou de frictions faites sur lui avec ce métal.
\l. Corps étrangers appliqués au jambes. — Les jarretières habituellement trop serrées creusent au dessous du genou et à la base de la jambe un sillon d'autant plus profond que le sujet a plus d'embonpoint , et qui altère désagréablement la forme de cette partie. Ces ligatures gênent également la circulation veineuse, et provoquent, chez beaucoup de sujets, le développement des varices ,,ou favorisent l'engorgement œdémateux du pied et de la partie inférieure de la jambe. Il suffit d'avoir signalé ces inconvénieus et ces dangers pour qu'on les évite , ou qu'on y remédie , soit par une application moins violente des liens qui les provoquent , soit, mieux encore , en les plaçant au dessus de l'articulation du genou.
III. Corps étrangers appliqués au pénis. — Des ligatures serrées , des anneaux d'ivoire , de bois, de cuivre ou d'or, sont les corps dont il a été le plus souvent nécessaire de débarrasser la verge. Les accidens qu'ils déterminent ne sont pas rares chez les enfans et les adolescens. Appliqués durant l'état de flaccidité du pénis, ou même introduits sur cet organe avec une certaine force pendant son érection, ces corps étrangers compriment bientôt les veines superficielles, et déterminent au devant d'eux un gonflement cfu'accroisseiit incessamment la douleur, l'affiux du sang et la compression de plus en plus forte qu'éprouvent les parties , à mesure que leur volume augmente. S'il est étroit et mince , le lien métallique ou autre qui étranglele pénis se trouve bientôt recouvert par le bourrelet formé devant et derrière lui, de manièie à ce qu'il semble s'enfoncer et pénétrer dans les parties qu'il embrasse.
L'étranglement peut, en pareils cas, amener la gangrène de la portion antérieure du pénis ; d'autres fois, il se borne à ulcérer et à détruire plus ou moins profondément les parties sur lesquelles le corps étranger presse immédiatement. Lorsque l'urètre participe à cette pression , la rétention de l'urine
CORPS ETRANGERS
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s'ajoute aux accidens indiqués, les aggrave, et rend plus pressante encore la nécessité d'extraire sans retard la cause qui les provoque ; etcoratne cet organe est moins résistant que les corps caverneux , les ulcérations portent d'abord sur lui, et donnent lieu à des fistules urinaires, toujours difficiles à guérir, parce qu'elles sont accompa;;nces de perte de substance. C'est ce qu'on observe dans la plupart des cas où le pénis est cir<?ulairenient comprimé, comme par exemple lorsqu'une ligature ciroile est serrée sur lui.
Les moyens à employer pour débarrasser la verge des corps qui l'étreignent varient selon la situation, la nature et le degré de constriclion de ces corps. Il suflit quelquefois, après avoir diminué, à l'aide de l'immersion dans l'eau froide et d'une compression douce et continue le volume de la portion antérieure du pénis, de tirer à soi le lien étranger , en même temps cju'on refoule en arrière les parties qu'il a franchies. Cette manœuvre , facilitée par l'application d'un corps gras à la surface de la peau tuméfiée, ne diffère pas essentiellement de celle qu'on emploie pour la réduction du paraph^'mosis. Lorsqu'elle ne peut réussir, il faut absolument diviser ou rompre le corps étranger lui-même. Des ciseaux, ou un bistouri conduitsur une sonde cannelée, suffiront s'il est peu résistant , comme la ficelle , les rubans de fil , etc. Les anneaux d'or ou d'argent devront être rendus friables par des frictions avec le mercure ; ceux de fer ou de cuivre seront attaqués à l'aide des tenailles incisives ou de la lime, conduite sur une plaque étroite et mince de métal , afin de protéger contre son action les parties molles du voisinage. Lorsque la section est presque complète, on peut quelquefois achever la rupture , en saisissant avec des étaux à main les deux portions opposées du corps étranger , et en leur imprimant des mouvemens alternatifs de flexion l'un sur l'autre. Ce procédé réussit parfaitemeiit à Gaulliier , sur un jeune homme qui s'était introduit le pénis et les testicules dans l'ouverture étroite et alongce que présente le briquet dont on se sert pour obtenir du feu. Ces opérations, au surplus , sortent ordinairement des règles communes ; elles sont presque toujours longues, difficiles, et de nature à exercera la fois la patience, l'adresse et le génie inventif du chirurgien.
§ IIL CORPS ÉTP.AKGERS DANS LES CAVITES DES MEMBIi AMES SEREUSES.
Des balles de fer ou de plomb, des fragmens d'éjiée, et d'autres corps métalliques, tombent et se perdent quelquefois dans les grandes cavités splancliniques, sans qu'il soit possil)le de les retrouver immédiatement et de les extraire. Les cas de ce genre sont toujours graves, et compliquent d'une manière fâcheuse les plaies pénétrantes de la tête . de la poitrine ou du ventre. Ces corps étrangers ne restent jamais alors, ainsi qu'on pourrait le croire , libies, floltans, et susceptibles de se porter ça et là dans la cavité qui les recèle. Toujours, au contraire, ils provoquent autour d'eux un travail inflammatoire plus ou moins considérable. Chez le plus grand nombre des sujets , ce travail acquiert une telle intensité, que du pus en est le résultat, qu'ime collection intérieure plus ou moins étendue se forme, et constitue un épanchement avec la matière duquel le corps étranger se fait jour au dehors , si l'art ne lui ouvre lui-même une issue. Des tentes tombées dans la cavité des plèvres ont été ainsi rendues par la voie de l expectoralion j des balles perdues dans l'abdomen, ont pu ou pénétrer dans le canal alimentaire et sortir avec les selles , eu donner lieu à des abcès inguinaux et s'écliap[)er à travers les tégumens. On conçoit facilement quelles chances défavorables doivent faire courir aux malades la longue durée et le siège profond do semblables efforts. Ils succombent assez souvent aux pleurésies, au.x péritonites ou aux arachnoïdiles, compliquées de pneumonies, d'entcriles ou d'encéplialiles qui se développent, avant que la nature ait pu achever le travail éliminatoire qu'elle a commencé.
Dans quelques cas plus rares et plus heureux, les corps étrangers qui nous occupent n'occasionent aucun accident notable. L'inflammation qu'ils provoquent est lente, modéiée, et se borne à l'organisation d'adhérences solides^ qui les entourent et les fixent dans les lieux qu'ils occupent. Ils peuvent alors demeurer inaperçus pendant de longues années, ou même durant la vie entière. A l'autopsie du cadavre on trouve le corps étranger logé dans un véritable kyste, tantôt séreux, tantôt fibreux, et quelquefois en partie cartilagineux, formé d'un côlé par la paroi externe de la cavité séreuse, de l'autre, par la surface d'un ou de plusieurs des organes qu'elle contient, et à sa circonférence par des adhérences dont l'épaisseur , la force et la densité se sont graduellement accrues. Il n'existe pas dans ces cas de maladie proprement dite , et aucun procédé d'extraction ne peut être tenté , aussi long-temps que la nature ellemême n'indique pas , par ses efforts, les points sur lesquels il convient de les diriger. Jusque là, toutefois, le sujet est exposé à des inflammations intenses des parties au milieu desquelles le corps él ranger est situé, et il doit, afin de s'en préserver, user de toutes les précautions hj'giéniques susceptibles de les écarter.