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COUTEAU

Les excès de table, les affections morales, vives ou concentrées, certaines professions qui exigent une longue application, ou une altitude qui apporte ou relient le sang vers la tète, sont des causes ordinaires de la couperose. Les .ippliealions de certains fards, les lotions avec des liqueurs astringentes , et l'abus de la plupart des cosmétiques dont les femmes se servent au déclin de l'Age, en sont une cause non moins fréquente.

§ III. La couperose est facile à distinguer des autres maladies pustuleuses qui peuvent se développer sur la face. Les pustules de la couperose n'offrent jamais les dimensions ni les croûtes adhérentes de l'ectliyma. Elles ne sont point iluentes et ne se couvrent point de croiites épaisses comme celles de l'impétigo ou laraelleuses comme celles de l'eczéma impétigincux. Les pustides de la couperose ne peuvent être confondues avec les papules du lichen de la face. Les petites croûtes légères formées sur le sommel di^s pustules de la coujierose sont bien distinctes des croûles plus minces, plus étendues du lichen chronique excorié et desséché , et disséminées sur des surfaces furfuracées. Le développement des pustules ou des tubercules syphditiq ies se borne rarement au visage. Le plus souvent il a lieu à la fois sur toutes les régions du corps , ou au moins sur une grande surface de la peau. Les pustules psydraciées et phljsaciées produites par la sy[)hilis ont du reste des caractères particuliers. ( V oyez Syphilides. Lorsque les tubercules s^'philitiques occupent exclusivement quelques points du visage, ils siègent ordinairement autour des ailes du nez, aux commissures des lèvres : et presque toujours ils sont inégaux, fendillés, de manière ;> simuler des végétations. On les tlistingue encore à leur aspect luisant , à leur couleur cuivrée , à leur tendance à s'ulcérer. Les tubercules par lesquels débute le lupus ( «/«/ t/ e ;-o«i,'ea/iZe ) , d'abord superficiels et peu élevés, pourraient être difiicilement confondus avec les tubercules qui succcilent quelquefois aux pustules de la couperose j plus tard ces tubercules du lupus s'élargissent, prennent une teinte livide , s'étendent du nez sur les joues , et ilétrui • sent en s'ulcérant , les tissus sous jacens; circonstances qui rendent toute méprise impossible.

§ IV. On peut espérer guérir la couperose, lorsque l'indiviilu qui en est affecté est jeune; lorsque l'éruption est récente et légère ou qu'elle est survenue à la suite d'écarts habituels de régime. Toutes les fois au contraire qu'elle se sera déclarée dès l'âge adulte, qu'elle aura fait chaque année des progrès, si elle est héréditaire , très ancienne et très-étendue, qu'elle soit ou non liée à une inflammation chronique des organes digestifs , le traitement le mieux combine préviendra rarement le développement de nouvelles pustules et opérera difficilement la résolution des tubercules.

Le régime habituel des personnes atteintes de la couperose doil être composé de viandes blanches , de légumes frais, de fruits aqueux et fondans. Elles doivent aussi éviter soigneusement les exercices fatigans , les travaux excessifs de cabinet , le séjour prolongé dans un lieu dont la température est trop élevée.

Si cette maladie s'est déclarée chez un individu jeune et sanguin; si les pustules sont nombreuses , rapprochées et confluentes; si les tubercules sont enflammés et réunis à leur base , la saignée du pied répétée convenablement ^ les applications réitérées de sangsues derrière les oreilles, aus tempes et aux ailes du nez, sont généralement utiles. Ambroise Paré conseille d'employer largement la saignée pour qu'elle soit efliicace. « Le malade atteint de la goutte rose, dit-il, seia saigné de la veine basilicpie , puis de celle du front et de celle du nez, et seront semblablement appliquées des sangsues en plusieurs lieux de la face. Aussi ventouses avec scarifications sur les épaules. » Si la couperose paraît liée à la suppression des menstrues ou du flux hémorroïdal, on cherchera k provoquer les évacuations par des bains de siège, par l'application des sangsues à la vulve ou à l'anus , à des époques correspondantes à celles des évacuations périodiques. Les délayans à l'intérieur, l'usage du petit lait , une diète rafraîchissante, les demi-lavemens , les bains tièdes généraux administrés à une douce tem|)érature ou presque frais , les lotions avec l'eau de son , le lait tiède, l'cmiilsion d amandes, l'eau de veau , la décoction de semence de coing, favorisent les heureux effets de ce traitement. Je dois ajouter cependant qu'il est rare que ces moyens guérissent complètement la couperose, et qu'on est souvent obligé de recourir à quelques médications excitantes. Les anciens faisaient un usage fréquent de lininiens , dont la térébenthine, le vinaigre, le savon, la myrrhe, etc., étaient la base. Aujourd'hui, dès le début des couperoses légères, ou, dans des cas [jIus graves, après avoir pratiqué des émissions sanguines plus ou moins considérables, on emploie quelquefois avec succès des lotions faites avec de l'eau distillée de roses, de lavande, de petite sauge etc., dans lesquelles ou ajoute un sixième ou un tiers d'alcohol, suivant l'état des pustules. On se sert aussi avec avantage d'une solution de 4 à 8 grains de denttoclilorure de mercure dans une livre d'eau de rose et une once d'eau de Cologne.

Les eaux minérales sulfureuses de Carrége, d'Aix en Savoie, de Gaulerets, etc., administrées en lotions, en bains, en douches, sont un des moyens les plus avantageux dans le traitement de la couperose ancienne.

On a aussi employé le nitrate d'argent fondu et l'acide hydro-clilorique pour imprimer une marche aiguë à l érupt'on chronique des pustules ; pour mon compte, j'y ai renoncé. Dans tous les cas, ces applications doivent être précédées d'émissions sanguines, et faites de manière à ne pas pénétrer trop |)rofondémcnt dans la peau, sans quoi elles peuvent être suivies d'érysipèles, d'ulcérations et de cicatrices indélébiles. On cautérise avec le nitrate d'argent, lorsque les pustules sont isolées, et avec l'acide muriatique lorsqu'elles sont confluentes.

Les douches de vapeurs aqueuses peuvent être administrées avec avantage après un usage convena'ole des émissions sanguines pour faciliter la résolution des tubercules de la couperose : dirigées pendant douze ou quinze minutes sur

la face, elles produisent un mouvement fluxionnaire rapide , après lequel la \ peau devient plus molle et plus douce au toucher. M. Scott a recommando l'emploi des pédiluves d'acide nilro-murialique et l'usage intérieur du calomcl.' J'ai reconnu que l'usage de ces pédiluves était quel<|uefois utile.

On peut aussi chercher à hâter la résolution des tubercules par des onctions! répétées avec des pommades dont le proto-chlorure ammoniacal, ou le protosulfate de mercure , forment la base dans la proportion d'un scrupule environ, sur une once d'axonge. Ou se sert aussi avec succès, dans les mêmes circonstances,de l'iodurede soufre, a la dose de dix à vingt grains par once de graisse.

Enfin Ambroise Paré et Darwin ont conseillé de combattre les couperoses rebelles par un large vésicatoire sur la face, ou par des vésicatoires partiels. Ce moyen est fort incertain , et peu de personnes voudront s'y soumettre.

Dans tous les cas , il faut prolonger les soins après la disparition de l'érup- j tion : c'est alors que les douches sulfureuses froides et en arrosoir agissent j efficacement.

A une époque où l'on considérait la couperose comme une maladie dépura- i toire , on a conseillé l'usage des purgatifs et celui des sucs de cresson, du [ cochléaria , de beccabunga, de pensée sauvage, etc. ; aujourd'hui ces remèdes sont peu usités, si on en excepte les purgatifs doux que j'ai employés avec succès chez les individus nerveux et habituellement constipés. Si la couperose j était compliquée avec une gastro-entérite ou une hépatite chronique , l'action des laxatifs pourrait aggraver ces inflammations intérieures qui doivent être | combattues lorsqu'elles existent, par d'autres moyens approjiriés à leur siège j et à leur nature. ( /^oj'cz Acné , Mentagrk. ) (P. Rayer.)

COUTEAU, s. m., culier , culteLlns. Instrument destiné à la section desjj parties molles, et caractérisé par la fixité de sa lame , et l'impossibilité de I jamais la fléchir sur le manche par un mouvement de bascule.

Les couteaux présentent une foule de variétés sous le rapport de la forme, des dimensions et des usages spéciaux auxquels ils sont réservés; mais cependant ils se rapprochent par un grand nombre de ces caractères communs , que saisit seulement une description générale , comme celle qui doit faire le sujet de cet article.

Dans un couteau , quel qu'il soit, on distingue deux choses : le manche et la lame ; le manche , ou la poignée , est ordinairement de bois , d'os ou d'ivoire ; tantôt il est taillé à pans, tantôt il est arrondi. La première conformation offre l'avantage, souvent très-grand, d'empêcher la rotation de l'instrument dans la main , et d'en assurer la manœuvre ; toutefois, on peut arriver au même bnt, en ciselant cette partie, comme le pratiquent fréquemment les ouvriers, pour les couteaux à amputations en particulier. On a totalement abandonné les couteaux à lame de rechange avec un manche unique , couteaux dits à bascule ou cabriolet, parce qu'ils offrent moins de solidité que tous les autres, et qu'ils n'ont sur eus aucun avantage important. Le manche des couteaux est foré à l'intérieur, et reçoit, à l'aide de cette disposition, la partie attenante delà lame , partie qui est quelquefois rivée du côte libre du manche, pour assurer à l'instrument une solidité à toute épreuve.

La lame des couteaux est la partie la plus importante, c'est aussi celle qui a subi le plus de modifications suivant la destination particulière qu'on a donnée à cet instrument; la lame présente au reste trois parties distinctes : la pointe ou extrémité libre , le talon, qui est opposé à la pointe, et la région moyenne, à laquelle répond la partie véritablement tranchante de l'instrument.

La pointe des couteaux est rarement boutonnée; toutefois il en est des exemples; témoin celle du couteau lenticulaire, et du cuLiellus tonsillamm excisorius de Caqué. L'extrémité libre des couteaux est le plus souvent trèseflilée ; d'autres fois , au contraire , elle est arrondie , sans être boutonnée cependant , comme on l'observe dans certains couteaux à amputation dontle dos se termine brusquement, et en s'arrondissant vers le tranchant. Au niveau de la pointe les couteaux sont Iranchans , tantôt sur leurs deux bords opposés, et tantôt sur un seul d'entre eux seulement La première disposition rend le couteau plus propre à pénétrer par ponction ; dans quelques cas, enfin, et cela donne encore plus de piquant aux couteaux, ces instruinens présentent vers la pointe , sur leurs deux faces, une arête tranchante.

Le talon des couteaux est plus ou moins renflé, et plus ou moins large. Dans quelques-uns il est tranchant sur les deux bords; dans d'autres, il l'est d'un côté seulement ; quelquefois enfin le tranchant unique ou double de la lame cesse totalement au talon.

Dans sa partie moyenne la lame d'un couteau tranche d'un seul côté ou des deux il la fois. Le couteau de Richter , pour la cataracte , et la plupart des couteaux à amputations sont dans le premier cas; les couteaux dits interosseus appartiennent au second genre. Quelques couteaux sont convexes sur le tranchant, ou sur les tranchans près de la pointe; d'autres sont droits. Il en est qui sont concaves, et dans ce genre on range le couteau en serpette imaginé par Desault pour la destruction des parois du sinus maxillaire , dans les cas de fongus; et aussi les couteaux à amputations qu'employaient les anciens chirurgiens. Dans les couteaux à un seul tranchant , on désigne le bord opposé h celuici sous le nom de dos. Le dos des couteaux est , le plus souvent, terminé carrément, et la lame diminue progressivement de ce point vers le bord oppose: dans quelques-uns seulement, par exemple, le couteau de Wenzel pour la cataracte, du côté du dos la lame est aflilée comme vers le tranchant; seulement l'amincissement qui procède du milieu de la lame, n'arrive pas jusquau point où cela a lieu pour le tranchant.

Les couteaux, comme tous les instrumens tranchans , agissent à la fois ett pressant et en sciant; quelques uns seulement servent à la fois comme instrumens piquaus et Iranchans j tous les autres ne sont guères employés que dans

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