CRÉTINISME
e dernier bat. Quelques personnes ont fait conslruire , tout exprès , des coueaux à laoïes longues el. étroites , et ils les ont réservés à certaines desarticulaions : mais ces instruuicns spéciaux n'ont que peu d'avantages particuliers , et ohipliquenl d'une manière fâcheuse l'arsenal du chirurgien. Les couteaux sont employés dans une foule d'opérations; aussi nous n'en lécrirons ici aucun en parliculier, nous contentant de renvoyer le lecteur à histoire des opérations auxquelles ces instruuicns sont réservés.
( Fréd- Blandin. )
CRA.CHATS { séniéioU'que). f^oyez BxcnÉTiovs.
CR.lMPE. Expression qui sert à désigner la contraction subite, spontanée, ivolontaire et plus ou moins douloureuse d'un ou de plusieurs muscles d'une égion quelconque de rcconomic. Elle attaque principalement les muscles des ras, des mains et des doigts, ainsi que ceux des cuisses , des jambes et des rteils. Elle peut aussi affecter les muscles de la vie intérieure . tels que les phiucters de la vessie , de l'anus , etc. Enfin on sait que Biichan a donné le nom e crampe à une variété de gastralgie , dans laquelle il y a constriclion subite t trcs-douloureuse de l'estomac, due évidemment à l'état spasmodique des bres musculaires de cet organe. ( f^oj ez Gastralgie. )
Les crampes, comme toutes les maladies convulsives , peuvent tenir à des îuses directes ou idiopalhiques , comme quand elles sont le résultat d'une msse position , d'une extension forcée , de la compression , de la piqûre ou de I contusion d'un nerf. Dans d'autres cas, elles sont dues à quelque affection e la substance nerveuse cérébrale ou rachidienne. C'estainsi qu'on les observe .irtont au début de l'encéphalite, de la mj'élite, dans la colique saturnine, le lioléra moi bus, l'hystérie, l'hypocondrie, etc. Les femmes y sont plus sujet- ;s que les hommes. La grossesse et le travail de l enfantcment en favoriseul le êveloppemeut d'une manière remarquable; ce qui paraît tenir à la compreson des nerfs sacrés par la tête du fœtus.
Les crampes qui sont dues à la fausse position d'un membre, à la compreson directe d'un muscle ou d'un nerf, cessent par le fait de la cessation de la lose qui y donne lieu ; il suffit de pratiquer des fiictions sur les muscles conilse's ou de faire exécuter des mouvemens aux membres qui en sont afl'cctés. orsque ce sont les muscles gastrocnémiens ou les adducteurs de la cuisse, on ipuie fortement le pied sur le sol, ou on l'arcboute contre (pielque corps ilide ; on a aussi conseillé pour prévenir les crampes dont sont tourmentées ' s femmes enceintes pendant la nuit, des ligatures médiocrement serrées au ;ssus des mollets. Quant à celles qui sont symptomatiques d'une affection îi'veuse , l;eur traitement rentre nécessairement dans celui de la maladie dont les dépendent. ( f^oj-ez Choléra, Colique satuekike , etc. ) (P. Jolly.)
CRÈME DE TARTRE. Fojez Potasse (tartrate acidulé de). CRESSON , s) sj mbjùum nasliirtium. Cresson d'eau , cresson de fontaine, étradynamie siliqueuse Likn. Crucifères Juss. Cette espèce de cresson , la us usitée , mais non pas la seule qui soit employée en médecine , est fort réuidue, et croit sur le bord des fontaines, des ruisseaux et des étangs. On innaît généralement sa forme et ses propriétés physiques ; on sait que ses uilles ont une saveur àere , amère et piquante. C'est d'ailleurs une plante utôt potagère que médicamenteuse : cependant elle figure au nombre des anicorbutiques (v(yyez A^TlscoRBUTlQUEs ) , et fait partie des espèces avec leslelles on fait les sucs d herbes ( voyez ce mot). Elle entre en outre dans le op autiscorbutique et dans une foule de préparations analogues plus ou oins en faveur. Sa composition chimique ne difî'ère point de celle des autres ucifères ( -voyez ce mot ) ; une huile volatile odorante et très-âcre est sa par-
véritablement active.
jîOn recommande le cresson , comme aliment, aux individus scrofuleux ou orbutiques, et cette nourriture , un peu excitante ,leur est souvent salutaire, ais on s'est exagéré les vertus du cresson , et l'on n'a pas tenu compte des ciriistances qui ont accompagné son emploi, lorsqu'on l'a voulu présenter mme l'antiscoibutique par excellence. La teinture qu'on^en fait est une (inne préparation parce que l'alcohol le dépouille de tout ce qu'il contient de iritablement actif. Quant aux composés médicamenteux dans lesquels il se Duve, il est très rare qu'il en soit l'ingrédient le plus énergique. Le suc déiré de cresson se donne à la dose de deux à quatre onces. On a vanté, dans ces derniers temps, comme un antiscorbulique très-puisnt, le cresson de Para ou du BrcsU , spilaïuhus oleraca. Mais rien ne prouve le cette espèce soit, en aucune façon, préférable à celle qui fait le sujet de t article. Nous ne rappellerons pas, d'ailleurs, les applications plus ou moins
Igulières qu'on a faites du cresson, à diverses maladies, et notamment à la Ihisie pulmonaire que quelques auteurs prétendent avoir guérie, en mettant malades, pendant plusieurs mois, à l'usage du cresson , qui leur servait it à la fois de nourriture et de médicalisent. (F. Rxtier. )
CRÉTIJXISME , CRÉTINS. On donne ce nom à un état d'idiotisme, ou plutôt iUne dégradation entière de la constitution, qui se rencontre chez les habiiis de certaines vallées profondes, étroites, chaudes, humides et trop peu cessibles à la lumière. Les crétins sont des idiots qui diffèrent des idiots orjnaires, par certaines difformités des parties extérieures : leur taille ne dépasse 1ère quatre pieds et demi , leurs membres sont assez souvent contrefaits, •Mrs chairs molles et flasques; leur peau est ridée, malpropre, quelquefois ■ ilcouverte d'éruptions. Les crétins sont souvent atteints d'ophthalmies chroni- ' es; leurs joues sont bouffies , leurs paupières empâtées , leur langue et leurs ?res épaisses ; leur nez est épaté ; quelques-uns ont la mâchoire inférieure i)ngée, le front aplati; presque tous sont remarquables par d'énormes goitres. ■ resseux , indolens, apathiques, presque toujours accroupis , la tête penchée, '^langue gluante et pendante hors de la bouche toujours inondée de salive ,
quelquefois sourds et muets ou aveugles . laissant échapper leurs excrépiens sans y faire attention , ils mènent une existence presque végétative, et cependant on les dit voraces et enclins à la masturbation. On sent bien que tous les crétins ne sont pas semblables à ceux dont nous venons d'esquisser le portrait. Il existe mille degrés intermédiaires par lesquels passe l'homme, avant d'arriver à ce degré complet de stupidité. Sans cela les assertions suivantes s'accorderaient difficilement : Les crétins se mtifient entre eux et ont somment des eiifnas qui ne sont pas crétins.... On est obligé d'habillur les crétins et de les ti-unsporler ; ils laissent échapper leurs exci éniens sans s'en apercevoir , etc.
Les crétins ne prolongent guère au delà de trente ans leur misérable existence. Je ne sache pas qu'on ait encore fait d'observations d'anatomie pathologique propres à jeter du jour sur la nature des affections auxquelles ils succombent. Il serait à désirer qu'on fit quelques recherches sur le volume et la consistance des lobes cérébraux antérieurs , sur le volume comparatif des artères intra et extra-cràniennes , sur l'état dans lequel se trouve l'arachnoïde.
Causes du crélinis/ne. La principale , on pourrait peut-être dire la seule cause du crétinisme , est l'habitation des vallées profondes , étroites et humides. C'est clans le Valais, la vallée d'Aost, la Maurienne, qu'on rencontre le plus de crétins. On en rencontre aussi dans les vallées des divers pays où il se trouve de très-hautes montagnes, comme dans la Suisse, l'Écosse, les Pyrénées, le Tyrol. Mais ce n'est que dans les vallées très-profondes, très-encaissées, dans celles où l'air est tout-à fait stagnant et la lumière peu abondante. Une fois que les vallées sont élevées à cinq ou six cents toises au dessus du niveau de la mer, on n'y rencontre plus de crétins. Ces derniers sont en nombre d'autant plus grand dans une vallé , que celle-ci est plus profonde. Ce nombre diminue à mesure qu'on quitte le fond de la vallée ou que l'on se rapproche de ses extrémités. M. de Saussure a remarqué que les indiviilus qui atteignent l'âge de huit à di.x. ans, sans être crétins, sont exempts de le devenir; que les enfans d'étrangers qui viennent se fixer dans les vallées où règne le crétinisme y sont sujets comme ceux des indigènes , et que les habitans les mieux portaiis de ces lieu.x présentent tous dans la constitution quelque chose d'étiolé et de flasque.
Les autres causes du crétinisme n'agissent qu'en rendant plus accessibles à l'influence de la localité les individus qui y sont exposés. Ces causes seules no produiraient jamais en effet le crétinisme chez l'habitant des montagnes , ou même seulement chez celui des plaines. Ce sont la débauche et l'ivrognerie des pères et mères , leur vie inactive , leur malpropreté.
Il parait que ce sont les mêmes causes qui, selon leur degré d'intensité, produisent le goitre seul , ou bien le goitre avec le crétinisme. M. de Rambuteau a observé que , partout où il y a des crétins, il y a aussi des goitreux , mais que ces derniers se rencontrent dans des lieux où l'on ne trouve pas de crétins; que les pays de goitreux avoisinent les vallées des crétins; qu'en s'approchant de ce pays on voit d'abord quelques goitreux, que ces goitreux, deviennent ensuite plus considérables et se trouvent mêlés à quelques crétins; qu'enfin ces derniers deviennent d'autant plus nombreux qu'on s'enfonce davantage dans le point central des vallées.
MM. Fodéré , de llambuteau , de Saussure, rejettent l'influence qu'on a attribuée aux eaux dans la production du crétinisme. Si, en effet, les habitans des montagnes qui dominent les vallées où règne le crétinisme , boivent les mêmes eaux que les habitans de ces vallées , si ceux-ci boivent ces eaux arrivant jusqu'à eux par cascades ou dans des lits aérés , et non à travers des terres plâtreuses , il est certain que l'eau n'est pour rien dans la production du crétinisme , caries montagnes n'offrent ni crétins ni goitreux. D'un autre côté, M. le docteur Bally s'exprime ainsi : n Le bronchocèle parait provenir, d'après mes reclferclies , des eaux crues , dures , limpides , à l'abri de l'influence salutaire du soleil et de la longue action de l'air , comme celles qui sourdent du creux des rochers, des montagnes ou des entrailles de la terre , et que l'on boit peu de temps après leur issue. Il est si vrai que le goitre est produit par la qualité de ces eaux, et non par l'humidité et le resserrement de l'air dans les vallées, comme quelques auteurs le prétendent, qu'il y a des fontaines dans mon pays (département du Léman, au hameau de Tliuet , près la commune de Pontchy , non loin de Bonneville, dans leFaucigny) dont l'usage de l'eau, pendant seulement huit jours, produit ou augmente cette tumeur. Ceux des habitans du même village qui ne boivent point des eaux de ces fontaines, dont ils sont éloignés d'une portée de fusil, mais de celle d'un ruisseau ou de la rivière d'Arve , ne sont nullement affectés de goitre , et n'ont point une disposition à l'idiotisme ; cependant ils sont également adossés à la même montagne, et l'air est absolument le même en ces lieux. « On pourra objecter à M. le docteur Bally qu'il n'existe pas un crétin ni un seul goitreux dans beaucoup de villes de France où l'on fait un usage exclusif des eaux dont il parle, tandis qu'il existe beaucoup de crétins et, de goitreux dans des pays où l'on rencontre l'eau la plus imprégnée d'air atmosphérique. D'ailleurs , M. Bally avançant que ceux des habitans du village qui ne sont point crétins sont éloignés d'une portée de fusil de ceux qui le sont aurait dû indiquer la disposition topographique de chacune des extrémités de ce village , et ce qu'il faut entendre par adossés à la même montagne.
Traitement. Faire élever les enfans sur les montagnes où ils recevront les bienfaits de la double influence d'une lumière plus vive et d'un air plus pur, les exciter au travail et les enlever à l'indolence et à la malpropreté dans lesquelles ils croupissent, les soumettre à un régime alimentaire plus stimulant , établir au moyen de routes, et pour faciliter le commerce , des communications entre les vallées de crétins et les pays voisins , débarrasser celles-ci des arbres qui les ombragent et interceptent la lumière, assainir par ce moyen ces vallées , développer l'industrie de leurs habitans et leur procurer de l'aisance, tels sont les moyens prophylactiques propres à s'opposer à l'accroissement du