CREVASSE
crétinisme. Quant au traitement curalif de celte affection , il consiste encore dans tous les moyens hygiéniques et pharmaceutiques propres à stimuler l'organisme , et surtout à faire sortir de leur enfance prolongée les organes de la vie de relation. C'est encore l'air vif et sec des montagnes, une nourriture stimulante, l'exercice en plein air, l'emploi des crétins à des travaux manuels proportionnés à leur degré d'intelligeiu e , le pouvoir puissant des impressions cérébrales, et surtout la renonciation h ces égards et à ces soins prodigués sans discernement par des parens superstitieux à des enfans qui, pour être inofTensifs et incapables de mal , ne sont pas pour cela des êtres privilégiés et des objets de culte, mais doivent au contraire être tirés de leur lélargique indolence par (le vigoureuses stimulations. ( Ch. Lo^■DE. )
CREVASSE. Cette dénomination a été consacrée à des lésions de nature fort dilTérente, et qu'on peut surtout rapporter à deux genres : dans l'un se trouvent les solutions de continuité par distension outrée d'un viscère creux , d'un canal excréteur, d'un gros vaisseau; on les désigne plus particulièrement sous le nom de lupLure , et il en sera parlé sous ce titre ou sous celui des organes qu'elles peuvent aflecter [vessie, urètre, matrice, dinpliragme , etc.); dans l'autre genre de lésions que ce nom désigne quelquefois , sont comprises diverses ulcérations superficielles el linéaires , nommées aussi gerçures ou Jissures. Nous ne dirons rien ici de celles qui reconnaissent pour cause l'afléclion vénérienne, et qu'on appelle ihagades ; nous omettons aussi ce qui a trait à la fissure ou gerçure de l'anus, qui constitue une maladie particulière ; nous nous restreindrons en conséquence à la description des fendillures ou gerçures de la peau par cause extérieure.
Ces sortes de crevasses s'observent dans des points dilTérens de la surface du corps.
1°. Les lèvres, et surtout l'inférieure , lorsqu'elles ont été exposées h un vent froid et sec , si surtout on a eu l'imprudence de les humecter fréquemment de salive , deviennent le siège d'une sécheresse douloureuse , qui rend la peau fine dont elles sont couvertes presque semblable à du parchemin; le moindre mouvement, ceux du rire surtout, les secousses de la loux , de l'éternuement, fendent d'avant en arrière cette peau inextensible, et l'on favorise souvent ces gerçures en détachant, avec les oncles ou les dents, les plaques de cette peau durcie. Divers cosmétiques , tous composés de corps gras , adoucissans ou arorriatiques, l'onguent rosat en particulier, sont journellement employés contre ce petit accident , ainsi que contre le léger èrylhèuie qui affecte le pourtour des lèvres et reconnaît la même cause.
2<'. Un froid vif et sec produit également h la face sus-palraaire delà main des gei çui'cs extrêmement fines et superficielles d'abord , puis plus profondes et plus ulcéreuses, accompagnées de vives cuissons ou d'un prurit insupportable qu'augmente la chaleur du lit. Nul n'y est plus exposé que les gens qui , par état, plongent fréquemment les mains dans l'eau chaude. Les préparations huileuses , les pommades , et surtout l'usage habituel des gants , suffisent pour les dissiper rapidement. On assure qu'on en prévient le développement en se lavant de temps en temps les mains dans la neige.
3". La paume des mains , la plante des pieds , le dessous des talons sont souvent fendus en divers sens , de manière à rendre fort douloureux la marche ou le mouvement des mains ; la peau est dure, épaisse , inextensible. C'est ce qu'on voit surtout ;hez les gens de la campagne, qui marchent les pieds nus dans l'humidité putride des élables, chez les artisans qui manient des corps trèschauds ou des substances acres, alcalines , acides ou autres. Ici encore c'est aux substances grasses qu'il faut avoir recours; mais on peut 3^ joindre , quand la douleur est calmée, quelque substance astringente, comme le sous-acélate ou le sous carbonate de plomb; j'ai vu employer avec avantage une pommade faite avec l'ail cuit dans l'huile. Percy en recommande une ainsi composée : moelle de bœuf une once , graisse de veau deux onces, miel et huile d'olive demi-once de chaque, camphre deux gros.
40 Le mamelon des nourrices, et surtout celui des primipares, est sujet à une inûammation superficielle, qui dépend des tiraillemens que l'enfant exerce sur cette partie , tiraillemens auxquels elle n'est point encore accoutumée , non plus qu'à l'huniidité constante qui la baigne durant les premières semaines de la lactation. Une sensibilité vive , accompagnée de rougeurs , et l'apparition d'une foule de petits points noirâtres en sont les premiers symptômes ; quelquefois le mal s'arrête à ce point; d'autres fois il paraît bientôt des fissures transversales , simples ou multiples, qui occupent le plus souvent la base ou le milieu du mamelon , saignent à chaque succion , se creusent de jdus en plus et finissent quelquefois par envahir toute la ciiconférence de cette partie, et la faire tomber totalement. Dans des cas moins graves , les douleurs sont assez violentes pour faiie redouter à la mère le moment de l'approche du noin risson, pour la forcer même à le confier à une nourrice étrangère. L'opiniâtreté de ces petits ulcères , qui deviennent quelquefois fongueux, mérite d'ailleurs l'attention du médecin ; nous les avons vu exciter, dans la glande même, une inflammation phlegmoneuse des plus intenses , ou bien appeler sur les mamelles une éruption dartreuse, qui força de cesser l'allaitement.
Suspendre la lactation du côté malade n'est pas ici un acte de prudence , quoique plusieurs écrivains en donnent le conseil ; c'est alors qu'on risque de voir la mamelle même s'engorger el s'enflammer ; s'il faut en venir , comme ils le disent, à l'application d'une fiole, d'une pipette, etc. , mieux vaut, pendant quelques jours, se servir d'un mamelon artificiel , à moins que l'eufant ne soit trop débile pour exercer sur lui la succion.
De simples soins de propreté sufTisent souvent pour obtenir une guérison complète; d'autres fois il faut protéger le mamelon, lui conserver son alongemcnt au moyen d'un chapeau de cire ou de gomme élastique , ou bien le cou-