‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 162 sur 234 · CRISE · texte numérisé non relu

CRISE

vrir d'un linge fin percé et enduit de céral blanc , de pommade de concotntre d'un mélange d'axonge et de beurre de cacao ; un peu d huile fraîche et souvent renouvelée , les mucilages de guimauve , de graine de lin , de semence de coing sont aussi de fort bons adoucissans. Si le petit ulcère, devenu moins douloureux , persiste néanmoins ou fait des progrès , l'eau de plantain , de rose et autres astringens légers, comme le vin sucré , l'eau de-vie incorporée au blanc d'œuf , le cérat de Saturne, ou mieux l'onguent blanc de Rhazis , l'onguent populéum peuvent être employés avec succès. Nous avons été quelquefois forcés de toucher avec le nitrate d argent des crevasses anciennes et fongueuses, et nous les avons vu ainsi promptement disparaître. ( Ant. Dcgès.)

CR5SE , s. f. cnsis , de xpKi;, judicatio , jugement, solution des maladies, i On nomme ainsi, depuis Hippocrate, tout phénomène qui, survenant inopinément dans le cours d'une maladie , est accompagné ou bientôt suivi d'un chan-l gement marqué, heureux ou défavorable, dans les symptômes de cette affection. Une doctrine complète sur les crises, irçportante sinon par elle-mêmada moins par l'influence qu'elle exerçait sur le traitement des maladies , a pendant long-temps régné dans la science , et compte peut-être encore quelques 1 partisans. Nous allons l'exposer , après avoir toutefois bien établi les faits qui lui servent de base.

Il arrive quelquefois qu'une maladie diminue rapidement ou cesse tout 'a coup, immédiatement après ou en même temps qu'une hémorrhagie nasale, hémorrboï-i dale ou utérine, une sueur abondante, une émission considérable d'urine, dcs| vomissemens bilieux , des selles fréquentes de nature diverse, une forte salivation , une excrétion abondante de mucus, soit par les fosses nasales , soit par les bronches , un dépôt de pus, plusieurs furoncles, le gonflement ou l'inflammation des parotides ou des glandes de l'aîue, el enfin le charbon ou toute 1 autre gangrène se sont manifestés. Voilà ce qu'on appelle des crises depuis Hippocrate, et , en raison de l'amélioration ou de la guérison complète qui les suit ou les accompagne , ce sont des crises salutaires , parfaites dans le cas de > guérison entière de la maladie , imparfaites dans celui de simple amélioration, i i»sf Mais quelquefois aussi, la maladie s'aggrave , elle devient rapidement raor-l fti telle, ou bien elle est remplacée par une autre affection dangereuse, à la siiitel f)s des mêmes phénomènes que je viens d'énumérer. Ainsi , les héraoi rhagies , les I 'fi'' sueurs, les évacuations alviues, les sécrétions de toute espèce , jettent quel- ''ft quefois par leur abondance les malades dans un état d'affaissement dont rien. * ne peut plus les révéler; l'inflammation des parotides devient dans beaucoap>j de cas si violente qu'elle ranime tons les accidens qu'elle avait d'abord dimi- ' ''Irii nués ou suspendus, et conduit les malades à la mort; le charbon ou telle autre "lis espèce de gangrène qui s'est manifestée accrni,«sent souvent le danger et accé- i'i lèrent la terminaison funeste; les collections purulentes , au lieu de se faire dans le tissu cellulaire sous-cutane' , se forment fréquemment dans la cavité ■ '"fi d'une membrane séreuse ou dans le parenchyme d'un organe important, etc., etc. ' ""li Ce sont cependant encore là des crises pour les partisans de cette doctrine, el 1 '''"si il fallait bien qu'ils leur conservassent ce nom s'ils voulaient çtre conséquens ,1! 'N puisqu'il s'agit des mêmes phénomènes survenant dans les mêmes circonstances, ' *ln et que les résultats seuls diffèrent; mais, pour les distinguer des premières, ils les ont appelées crises fausses , mauvaises , funestes. j 'licf

Enfin quelques auteurs ont encore nommé fausses crises l'hémoptysie, Vhéil }<tUt matémése , I hémorrhagie intestinale , et l'ématurie , lorsque ces hémorrhagies it '»plij, se déclarent dans le cours d'une maladie à laquelle elles sont tout-à fait étran- j "lili gères. I '11(111;

Tels sont les faits sur lescpiels repose la doctrine des crises ; voici mainte- 1| *plil nant en quoi elle consiste. Suivant Hippocrate , il y a dans toute maladie fébrile i «Ji; une matière moibifique à expulser, et la nature travaille incessamment à atté-i! nuer cette matière et à la diriger vers les émonctoires. Quelquefois , il est vrai, la maladie guérit sans que l'évacuation de la matière morbifique se soil opérée d'une manier^ sensible ; elle n'en a pas moins eu lieu, di.sent les partisans de celte doctrine, la solution de la maladie a été insen.sible. Mais dans le plus fuico grand nombre des cas l'expulsion de la matière morbifique est bien évidente, ;!j ijiijer et elle s'opère par une crise plus ou moins complète : par une hémorrhagie, j Jiedf chez les individus sanguins et ardens, et dans les climats, chauds et les saisons , leuji chaudes ; par les urines ou les sueurs , dans les cas les plus ordinaires ; par i'un i iJtj, des autres mouvemens critiques précédemment indiqués, dans des circonstances i s|p|,^^ beaucoup moins fréquentes. Dans celte sorte de lutte entre la nature et la matière morbifique, si la nature l'emporte, la crise est complète et suivie d'une '

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guérison prompte; si elle ne peut pas parvenir à diriger la matière morbifique 1 vers les voies naturelles d'excrétion, elle la jette sur un organe intérieui'; de là les fausses crises et beaucoup de crises funestes; enfin, si la matière morbifique triomphe, il n'y a pas de crise , et le malade succombe. Quelquefois c est parce que la constitution du malade est trop mauvaise que la nature est vaincue par la matière morbifique ; d'aulres fois c'est parce qu'un traitement mal combiné ou contraire a tourné les chances du combat contre la nature; et, dans l'un et l'autre cas, les crises sont incomplètes , irrégulières, désordonnées, ou bien elles ne peuvent pas même s'opérer.

Les crises ne peuvent jamais survenir dans le commencement et 1 accroissement des maladies, parce qu'alors la matière morbifique csl trop inliinenicnt unie à la masse du sang , c'est l'état de crudité ; il faut que cette matière ait elc préparée , digérée, que la maladie soit à l'état de coction pour qu'elles s opèrent. Tous les jours de la maladie ne sont pas indifl'érens ni également favorables à leur manifestation : le septième jour est le jour criii</ue par excellence, vient ensuite le quatorzième; puis, dans l'ordre de leur eflicacité , le neuvième, le onzième , le vingtième suivant Galien , le vingt-unième selon Dioclès et Archigène , le dix-septième, le cinquième , Je quatrième , le troisième, le dii-

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