‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 163 sur 234 · CROCHET · texte numérisé non relu

CROCHET

uilième, le vingt-septième ou le vingt huitième. Le sixième jour est le plus edoutable ; aussi Galion l'avait il surnommé le tyran; le huitième , le dixième, e douzième , le seizième et le dix-neuvième, quoique moins dangereux que lui ont encore de mauvais jours ; enfin le treizième tient le milieu entre les mauais et les bons. On voit encore des crises se manifester le quarantième jouri e soixantième, le quatre vingtième , le centième et le cent vingtième , mais îlles sont d'autant moins marquées que la maladie est plus ancienne; elles ont leplus communément lieu par des abcès ou d'une manière presque insensible.

nfin on peut prévoir les bonnes crises trois jours avant leur apparition; elles lont annoncées par tous les signes d'une bonne coclion. Lors donc que ces ignés se montrent le quatrième jour , ils présagent une crise heureuse pour le eplième ; s'ils apparaissent le onzième, la crise aura lieu le quatorzième, et insi de suite. Les jours où se déclarent ces signes auguraux se nomment des leurs indica teurs.

Telle est la doctrine des crises. Il serait aujourd'hui superflu d'entreprendre e la réfuter. Combattue dès son origine , elle n'a cessé depuis d'être l'objet 'attaques continuelles qui ont fini par la renverser; le nombre de ses partians , s'il lui en reste encore quelques-uns, va s'afTaiblissanl de jour en jour. Uant peu elle n'aura probablement plus de place ailleurs que dans l'histoire les hypothèses de la science médicale. Mais les faits sur lesquels on l'avait ilevée se reproduisent encore tous les jours; et , différemment interprétés par es médecins , ils donnent lieu sans cesse à de nouvelles contestations qu'il iraorterait enfin de juger.

Faut-il en effet admettre avec un grand nombre de médecins que les phénolenes critiques qui accompagnent parfois la guérison des maladies sont toujurs les causes de cette guérison ? Faut-il croire au contraire avec la plupart es partisans de l'école physiologique qu'ils en sont toujours les effets? Ces eux opinions nous paraissent s'éloigner également de la vérité. Nul doute que ans un très-grand nombre de cas, c'est parce que la maladie qui rendait la eau sèche et aride vient à cesser tout-'a-coup , que l'on voit aussitôt le corps aigne de sueur; c'est parce que l'inflammation, ou l'obstacle mécanique qui (Opposait à l'écoulement delà bile ou au mouvement péristaltique des intestins !|isparait, que des évacuations abondantes de bile ou de matière slercorale se |éclarenl ; c'est parce que l'affection , qui avait presque suspendu la sécrétion pnale et rendu les urines rares et concentrées , s'éteint rapidement qu'une fission considérable de ce liquide a lieu, etc., etc.; mais il est incontestable iiue très souvent aussi la maladie guérit sous l'influence des sueurs , des urines |ii des évacuations alvines abondantes qui surviennent spontanément. Et pourluoi n en pourrait-il pas être ainsi ? Wobtient-on pas tous les jours la guérison e plusieurs maladies en provoquant ces excrétions? Pourquoi donc n'auraientiles pas la même influence lorsqu'elles sont spontanées que lorsqu'elles sont pvoquces? J'ai peine à croire qu'on ai osé le nier. Ainsi donc, les crises dont nous venons de parler sont tantôt les causes et intot les effets de la guérison des maladies. Mais en est-il de même des hélorrhagies, des éruptions de furoncles, de l'inflammation des parotides, dans 'S cas, bien entendu, où ces phénomènes critiques apparais.sent au moment e la cessation de ceitaines affections? Je ne le pense pas. Ces phénomènes recèdent toujours la diminution des symptômes, et c'est déjà une forte préimption qu'ils contribuent à cette amélioration ou la produisent. En second 5u, il est impossible de découvrir le plus faible rappoi t entre la guérison une maladie, considérée comme cause, et l'apparition d'une héiuorrhagie , un phlegmon de la parotide , de plusieurs furoncles, considérés comme effet, ndis que le rapport invei se est d'accord avec tous les faits pathologiques innus. Mais il faut bien se garder de l'exagération de quelques médecins qui ; craignent pas d'attribuer la guérison d'une violente pneumonie ou d'une îpatite , a I issue de cinq à six gouttes de sang par les narines ou par l anus, :11e d une gastro-enlérite intense à l'apparition d'un ou de deux furoncles, etc. faut comparer l'intensité des phénomènes critiques à l'intensité de la maladie, juger d'après celte comparaison s'il est probable que les premiers soient la use de la cessation des accidens.

Je me hâte d'abandonner ces discussions pour aborder deux questions gras , les deux seules qui intéressent véritablement les praticiens, savoir si l'on ut prévoir les crises et si l'on peut les provoquer à volonté. Long-temps le génie des médecins s'est exercé à chercher des signes propres faire prévoir les crises. On a cru en -avoir découvert; mais il a bien fallu rennaitre qu'ils étaient trompeurs lorsque tous les jours l'observation les metit en défaut.- C'est ainsi que le pouls ilicrole présage, disait-on , des hémoragies nasales , le pouls mou , souple et ondulant, précurseur infaillible des jeurs critiques , le pouls mj uie , fidèle avant-coureur des urines iibondautes "Ojez Poi'Ls), se montrent chaque jour infidèles. D'un autre côlé, les hélorrhagies nasales , les sueurs et les m ines critiques surviennent très-souvent ns avoir-été précédées de ces signes. Cependant lorsqu'on les obsei-ve , on IjUt, sinon prévoir d'une manière certaine, du moins soupçonner la prochaine ■!|parition des phénomènes qu'ils précèdeni eu effet quelquefois , et l'on comitend que le praticien puisse recevoir de la sorte des avertissemens utiles. • us alors d autres signes accompagnent presque t^Jujours ceux que fournit le Juls; ainsi l'épistaxis est encore et bien mieux, annoncée parle gonflement I la face, la rougeur des yeux , le larmoiement, la vision de corps rouges, le 1 ttement des artères temporales, la douleur et la pesanteur de tête, la déman- (ùson du nez; toutes les hémorrhagies , par le refroidissement des extrêmi- 1j inférieures et les symptômes de congestion vers l'organe par lequel l'écoul!|aent du sang doit s'opérer (voj^'cjFluxmekstruel, Hématémèse, Hématcrié, ÉMOPTTSIE ) ; les sueurs , par la souplesse et le prurit de la peau , des frissons,

DiCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

un commencement de moiteur, etc. ; les urines , par la tension de I hypogastre , un sentiment d'ardeur dans la vessie, de prurit et de chaleur dans le canal de l'urètre. Lorsque le praticien est ainsi averti de l'approche d'un mouvement critique, il doit donc tout faire pour le favoriser. 11 y parvient en prescrivant quelques steruutatoircs pour hâter l'épistaxis , des vapeurs chaudes , des pédiluves sinapisés pour provoquer le lux menstruel , des diuiétiques pour exciter la diurèse , etc. Et si quelque particularité de la maladie lui interdit l'emploi de ces moyens , il se borne à s'abstenir des agens qui pourraient empêcher le mouvement critique qui se prépare.

Tant que les médecins ont cru que les crises revenaient à des jours préfixes , ils ont attaché beaucoup d'importance à l'art de les provoquer. Ils n'avaient pas besoin d'attendre que des signes précurseurs les annonçassent; ils savaient ou croyaient savoir Cjue tel jour la crise devait avoir lieu; ils savaient en outre ou croyaient savoir que l'épistaxis était la crise naturelle des Jièvres inflammatoires , ardentes , et en général des phlegmasies aiguës des organes situés au dessus du diaphragme ( ce qui ne les empêchait pas de dire que cette hémorrh,igie jugeait plus fréquemment l'hépatite que toute autre maladie); que le flux menstruel et le flux hémorrhoidal étaient les crises des maladies inflammatoires en général , et de la pleurésie , de la pneumonie , de l'épatile et du rhumatisme en particulier; que les selles copieuses, liées, semblables à de la purée , jaunes ou tirant sur le brun , jugeaient les embarras gastriques et intestinaux, y hépatite , et les selles muqueuses et abondantes , la dyssenterie, la Jîèvre muqueuse ; cjue les sueurs critiques guérissaient souvent les Jièvres inflammatoires j bilieuses, muqueuses , la pleurésie , la pe'ripneumonie , l'hépatite , le catarrhe pulmonaire , le rhumatisme ; que les urines abondantes amendaient ou guérissaient les mêmes maladies, et, de plus , la néphrite, le catarrhe vésical ; enfin que les parotides étaient la crise heureuse du typhus, des Jièvres adynamiques , alaxiques , pestilentielles. Ils cherchaient donc à exciter Ics'crises qui, selon eux , convenaient le mieux à la maladie qu'ils avaient sous les yeux, et choisissaient en même temps le jour où il fallait les provoquer. C'était là presque tout l'art de la médecine. Mais dès qu'on se fut bien convaincu de la fausseté complète de la doctrine des jours critiques, et lorsqu'on sut que toutes les hémorrhagies , de même cjue toutes les sécrétions abondantes guérissaient indifféremment toutes les maladies, et non pas plutôt celle-ci que celle-là, l'art de provoquer les crises n'eut plus de bases et perdit toute son importance. Aujourd'hui on cherche bien encore à provoquer des sueurs des évacuations alvines, une sécrétion abondante d'urine, le flux hémoirhoidal ou menstruel; mais on le fait dans toutes les maladies indistinctement , suivant les indications qui se présentent, et en se guidant d'après des considérations d'un tout autre ordre que celles qui se rattachent à la doctrine surannée des crises. C'est donc seulement en traitant de chaque maladie en particulier, qu'il est possible d'indiquer les circonstances dans lesquelles on peut espérer de les guérir en provoquant des crises, c'est-à-dire en excitant des sécrétions, des évacuations ou des hémorrhagies.

Dans tout c e qui précède, je n'ai eu en vue que les crises vraies des auteurs; les autres ne devaient pas m'occuper : il n'y a rien de commun entre les unes et les autres. N'est-ce pas un étrange abus de langage que de donner le même nom à un mouvement organique qui guérit et à un mouvement organique qui tue? Peut on appeler crises une hémoptysie, une hématémèse, un bubon gangréneux, si l'on donne ce nom à une sueur abondante , à des urines copieuses, à de fortes évacuations? Quelle analogie y a t-il donc entre les premiers phénomènes et les seconds? Qu'ont ils de commun dans leurs résultats?

{ L.-Ch. Roche. )

CROCHET. Nous ne parlerons point ici de divers crochets employés en chirurgie , mais qui ont, pour la plupart, reçu des noms particuliers comme Vérigne , le tenaculum , etc. Il ne doit être ici question que des crochets mousses ou aigus qu'emploie l'accoucheur.

CROCHET MOUSSE. C'est une tige de fer ou d'acier tantôt cylindrique , tantôt aplatie , largement recourbée à son extrémité et terminée par une olive ou par un bout arrondi. L'anse du crochet mousse doit peu outre passer le sinus d'un angle droit ; la tige peut être droite ou courbée de manière à offrir sa convexité vers la concavité du crochet , comme on le voit dans celui qui termine les manches du forceps ; elle peut être aussi montée sur un manche ou bien terminée par un autre crochet mousse de dimensions différentes du premier. I^es crochets doubles , c'est-à-dire, à deux tiges croisées et réunies comme celles d'un forceps, ne sont d'aucun usage; rarement il est nécessaire d'appliquer deux crochets , et il serait encore plus rare qu'ils pussent être croisés et réunis avec avantage.

C'est sur le pli des aines quand les fesses se présentent, sur celui de l'aisselle quand la tête est sortie et que les épaules résistent, ou bien quand la première a été lacérée, arrachée même, qu'on applique le plus souvent le crochet mousse. 11 est utile de le placer sur l'aine ou l'aisellc qui répond à la partie antérieure du bassin si le fœtus est peu descendu , afin de tirer plus aisément selon l'axe du détroit supérieur; il convient au contraire de le glisser dans le pli qui répond en arrière , si déjà la partie à saisir est descendue dans l'excavation du bassin. On agit alors plus comuiodément et plus sûrement selon l'axe du détroit inférieur.

On peut encore placer le crochet mousse dans la bouche d'un enfant dont le tronc est déjà au dehors ; on peut l'insinuer dans une perforation faite au crâne dans l'opération de la céphalotomie ; mais il faut mettre alors beaucoup de circonspection dans son emploi : il peut aisément blesser l'enfant dans le premier cas , lâcher prise da,ns le deuxième.

Pour mettre en place le crochet mousse , on le conduit avec quelques doigts

CROTON TÏGLIUM. (

jiisq i'au niveau d(i pli dans lequel il doit se loger; on l'introduit à plat, c'està-dire la tige et la pointe sur un même plan parallèle aux parois du bassin , entre ces parois et le corps du fœtus; un mouvement de torsion tourne ensuite l'olive vers le pli à saisir. On facilile encore son placement en inclinant d'abord le manche du côté même de la pointe et en le redressant i)eu h peu.

Cr.ocHiiT AIGU. Connu de la plus liaute anli([uite et diversement construit, cet instrument est un de ceux dont on a le plus abusé avant l'invention du forceps.

On ne se sert plus aujourd hui du crochet à deux pointes , ni du double crochet en forceps , qui dans tous les cas peut être avantageusement remplacé par deux crochets isolés. Depifts plus long temps encore on avait oublié les crochets à chaîne , tiop dillicilcs à fixer et à conduire; ils sont aujourd'hui réseivcs à l'hippiatrique. Rarement le crochet aigu a-t-il besoin d'une anse laige comme celle du crochet mousse ; aussi est-ce un instrument peu commode que celui dont on cache la pointe d.ins l'olive qui termine le crochet mousse du forceps. Celui qui est le plus utile est un ciothet d'acier, à lige cylindrique cambrée dans toute sa longueur , mais dont la concavité est tournée du même cote que la pointe, à anse courte et fortement fléchie , de sorte que la pointe est tournée presque directement vers le manche. Celui ci peut cire à facettes, à rainures, ou mieux encore élargi vers le haut et muni de deux e hancrures latérales propres à loger les premiers doits de la main. La lame du crochet aigu doit être aplatie , large de huit a neuf ligues , courbée sur son plat et munie , sur sa convexité , il'une arête ou d'un angle qui en aiigmente la force; les crochets cylindriques coupent ou déchirent avec trop de facilité. On doit aussi supprimer les deiitclures qu'on voil à l'extrémité de quelques crochets et qui peuvent empêcher de les détacher si l'on veut les placer ailleurs.

Ce crochet ne doit jamais être employé que lorsque le fœtus est reconnu mort, puisqu'il entame profondément les tissus el qu'il a même été proposé dans le but unique de perforer le crâne. (Foyez Céphalotomie.) Dans quelques «as fort rares on peut l'appliquer sur le sacrum et même les pubis, lorsque les fesses se présentent dans un bassin fort étroit; on peut encore , dans des cas très-graves de difTormité du détroit supérieur, enfoncer cet instrument dans la colonne vertébrale ou le sternum après que la tête a été déchirée, enlevée par lambeaux ; mais il est rare que , dans ces circonstances , on ne puisse pas se contenter du crochet mousse dont nous avons parlé plus haut. Communément c'est sur la tête qu'on fixe le crochet aigu , soit avant, soit après la craniotomie. Quand le vertex se présente le premier . c'est sur l'os occipital, sur la nuque même qu'il faut appliquer l'instrument; si c'est la face qui s'avance on accroche préférablement le menton; c'est le parie'tal le pKis élevé qu'il faut saisir si la tête est inclinée. Dans les cas où le tronc est dehors et la tête seule retenue , le crochet s'ap[)lique sur les orbites, sur la racine du nez et mieux encore sur le haut du front. Enfin quand la tête est restée seule dans la matrice après la détroncation , le crochet est souvent diflicile à fixer, et il vaudrait mieux d'abord maintenir la tête avec le forceps ou le lerrebelluin ; on enfoncerait ensuite le crochet sui l'occiput ou sur le front , selon que le vertex ou la base du crâne seraient tournés vers la vulve.

Cet instrument doit être conduit et fixé avec plus de précautions encore que le crochet mousse , mais en suivant les mêmes règles ; les doigts qui ont servi à le conduire aident à l'enfoncer ; ils en surveillent l'action , les progrès , toujours appuyés à son voisinage; ils s'assurent si les os ne cèdent point trop brusquement à ses tractions , si sa pointe ne menace pas les organes de la femme, etc. On a vu souvent en effet des dilacératious effrayantes causées par l'emploi mal dirigé de ce crochet , dont il faut reserver l'usage pour les cas d'absolue nécessité. Jamais oii.ne doit tirer par secousses, ni avec une force excessive, encore moins confier les tractions à un aide dont on ne pourrait convenablement diriger les manœuvres ni arrêter à temps les efforts. Quand on juge nécessaire de dégager et d'e.\trairc l'instrument , on ne doit jamais négliger de tenir un doigt de la main libre appuyé sur sa pointe. Moyennant cette précaution on se passe à merveille des gaines et défenseurs que les anciens accoucheurs y ont quelquefois adjoints, mais qu'il serait, la plupart du temps, imjjossible de conduire ou de maintenir, avec la certitude convenable , à leur destination.

( Ant. Diicis. )

CROTON TIGLIUM. On emploie j en médecine, i'iiuile extraite des semenscs du croton li^limn , plante de la monoécie monadelphic de Likné, et de la famille des euphoi biacées de Ju.ss. Ces semeuses, coniuies , dans le commerce, sous le nom de graines de Tilly , graines des Moluqucs, pignons d inde , viennent de la Chine, du Malabar , de Ceyian , et de diverses contrées voisines. La dernière dénomination pourrait les confondre avec celles du médicinier , jatropha curcas. Elles ont le volume d'un gros noyau de cerise; elles sont noires et sans odeur. En brisant l'enveloppe , on trouve une amande qui offre une saveur âcre et brûlante si énergique , que plusieurs heures mêuie après qu'elle a été en contact avec la langue, celle-ci éprouve encore une chaleur insupportable. Cette saveur ne réside pas seulement dans l'cmbiyon, ainsi qu'on l'avait avancé trcs-légèrement.

Une huile fine , contenant un principe âcre des plus violens , est renfermée dans ces amandes; d'où l'on a coutume de la retirer par expression , soit dans le pays même où on les recueille, soit dans les officines. Celte huile offre des propriétés extrêmement remarquables ; elle est soluble en totalité dans féthcr et dans l'essence de tércbenlhiiic ; mais l'alcohol , qui n'en dissout que les deux tiers de son poiils, s'empare spécialement de son piincipe actif; ce qu'il est bon de se rappeler quand il s'agit de l'administrer.

I, 'analyse chimique, faite par divers savans distingués , a fait voir que I huile de crotou contenait cinquante-cinq parties d'huile fixe, el quarante-cinq de

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matière âcre et corrosive qui a reçu de M. Brandes le nom de tigllne. On trouve, ( dans la partie grasse, un acide analogue à l'acide jaliophique. L'àcreté de •< l'huile de croton est presque incroyable ; et il n'est pas nécessaire , pour qu'elle! produise des effets évidens , que la chimie en isole la matière essentielle. Telle l qu'on l'obtient par l'expression, elle exhale une vapeur ténue qui irrite les : membranes muqueuses de l'œil et du nez, et même la peau du visage et desj i mains. Mise sur la langue , même en quantité infiniment petite , elle provoquei i une chaleur brûlante et une abondante sécrétion de salive , et ce n'est pas seu- i Icmcnt un effet instantané , mais un phénomène qui peut durer plusieurs heu-; l res. Administrée à l'intérieur, celte huile serait un poison très violent, ainsi 1 que le prouvent des expériences sur les animaux, dans lesquelles ou a observé i les phénomènes propres aux poisons acres. j Ou a cependant, et même à une époque déjà reculée, essayé de tirer parti j de cette huile, qui promettait un purgatif des plus certains et des plus prompts • à opérer. Les observations ont fait voir qu'il serait impossible de l'administrer J seule, sous peine de voir survenir de graves accidens ; puisque la plus petite i dose (une demi-goutte, par exemple, encore étendue dans un véhicule muci- f| lagineux) suffit pour déterminer, outre la sensation d'une saveur trèsdésa- f gréable, une chaleur brûlante à la gorge , chaleur qui se propage le long du i canal digestif , à mesure qu'il est parcouru par le médicament; des nausées, \ 'i quelquefois des vomissemens ; mais plus souvent des évacuations alvines très- / abondantes , ce qui prouve son action sur toute la longueur du tube alimen- ii taire, action qui cependant s'exerce , d'une manière plus directe et plus con-| i stante , sur sa partie inférieure. Mais , bien que des praticiens affirment que ,i j malgré sa grande activité, elle ne produit pas de coliques, il ne faut pas croire i ,1 cju'on puisse l'administrer impunément dans les cas où les autres purgatifs se- ji raient contre-indiqués , ainsi que le donnerait à penser cette assertion exclu- , sive. S'il est vrai que l'huile de croton , qui traverse très-rapidement les intes-^ li tins , les tourmente moins qu'un purgatif qui chemine plus lentement dans leur \ k cavité , il n'est pas. moins prouvé que, quand la purgalion est contre -indiquée, i ai cette huile est également nuisible, et produit des accidens; ce que des expé-)| A riences directes ont prouvé. On a vu, en effet, chez les animaux empoisonncsi^ m par celte huile , des phlegmasies intestinales plus ou moins graves : deux gouttes l| In ont produit chez un médecin une diarrhée qui dura plusieurs mois; enfin elle ij lie peut, au rapport des auteurs , provoquer l'avorlement. Il faut donc se dcfitTiil é de ces préventions enthousiastes, qui ne veident voir que des avantages daus j !iis les médicamens qui en sont l'objet. L'huile de croton d'ailleurs n'a rien à pei- | à dre à être examinée avec sévérité : c'est un bon médicament qui, appliqué à | «ii propos , peut rendre de grands services, et qui doit être préféré à beaucoup i lili d'autres, parce que ses effets sont immanquables , et qu'ils sont les mêmes, i irs soit qu'on administre le médicament à l'intérieur, soit qu'on l'introduise dans i %l l'économie par la voie de l'absorption cutanée : des fi ictions faites sur le ven- j aia tre , avec cette huile étendue dans de l'huile el'olives ou d'amandes douces (car j (« sans cela elle enflammerait la peau et ne serait pas absoi bée ), ont souvent suffi i « pour produire d'abondantes évacuations. j iltj

Mais si grande que soit l'énergie de l'huile de croton , ce n'est cependant \ qu'un purgatif et rien de plus ; et les applications diverses qu'on en a faites, ^ i«o supposé même qu'elles aient été toujours aussi heureuses que l'annoncent le» ii a auteurs qui l'ont préconisée comme une sorte de panacée , ne présentent rien i ,|t de spécial. On comprend facilement comment elle a été trouvée salutaire dans jit la constipation habituelle, dans l'apoplexie , la paralysie, la colique métal- | ilu lique, dans les hydropisies, et même dans les affections vei mineuses. Il est i| ^ évident qu'elle peut fournir un moyen puissant de révulsion , dans une foule ! m de circonstances dont le détail serait déplacé ici. i

L'emploi de ce médicament ne saurait être livré à des mains imprudentes, el j -ié son mode d'administration exige quelques précautions que nous allons indi- inh quer. On ne se sert pas de la tigline parce que l'huile de croton est déjà très- i active , et que son pi incipe essentiel ne pourrait être administré qu'à des frac- ifli tions de grain tellement minimes , qu'il en résulterait de la difficulté pour éta- i «ji blir les doses , et peut-être même des erreurs funestes. On donne , d'ordinaire, n l'huile de croton à la dose d'une demi-goutte à deux gouttes, qu'on étend dans >| jj une cuillerée de sirop , d'huile ou d'un liquide quelconque. On peut aussi eu \ «I faire des pilules , soit en y incorporant des poudres inertes, telles que celles de i 4 gomme ou de réglisse, de la fécule ou môme du sucre ; soit en la convertissant 'j ^1 en savon au moyen de parties égales de carbonate de soude, ou bien en le» j à mêlant avec parties égales de lessive des savonniers. Ces divers procédés, j parmi lesquels on peut choisir, sont tous également avantageux. Il suflit de | J( savoir qu'une goutte d huile de croton suffit, dans le plus grand nombre de» i j( cas, pour produire huit ou dix selles. Remarquons, à celle occasion, que i ,i quand un médicament est vérilablement actif, on n'a pas besoin de s'évertuer j à chercher des préparations savantes pour en assurer le succès. (F. Ratier.) i t CROUP, .v!/^bca/jo striilula , aitgùia polj'posa , incinbranacea , clc. , nom ji donné universellement aujourd'hui à une inflammation grave, le plus souvent j avec formation d'une fausse membrane dans l'intérieur du larynx , et parfois i ;i do la trachée et des bronches. t Considérations sur la nature et le siège, du croup. — L'analogie qui nou» \ , montre fréquemment des concrétions membraniformcs sur la peau dénudée et j enflammée par un vésicaloii e , sur les membranes séreuses et muqueuses atteintes de jjlilegmasie (CnAtissiEn) , les rougeurs , les injections vasculaires que ^ la membrane muqueuse du larynx présente dans le plus grand nombre des cas à l'ouverlure des cadavres , les expériences d'Albers , qui , chez des animaux ^ domestiques, a pu faire naître une exsudation couenncuse dans les voies k aériennes en y excitant une vive inflammation à l'aide des substances irritante» j I

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iiit cela, dis-je, n'a pas paru convaincant à tous les médecins qui se sont cupés ilu croup relativeincnl à la nature inflauimatoire de cette maladie. Il existe sans doute aujourd hui plus d'un encore qui n'y voit, dans le plus and nombre des cas, qu'une affection catarrhale et spasmodique. Telle était, 1 1817 , l'opinion du professeur Lobsleiu , et c'est à peu près la dernière ;taque qu'aient essuyée les idées généralement reçues sur le cftractère inflamlatoire du croup. L'importance de ces idées relativement à la pratique ne DUS permet pas de les passer sous silence. Si, par catarrhe, on entend une lilegmasie réelle , quelque idée qu'on attache à sa cause première , la discuson devient inutile; si on donne a cette expression une autre valeur, quelle it-elle ? en quoi diffère-t-elle de l'inflammation? C'est ce qu'il aurait fallu îus apprendre. Passons à l'examen de la nature spasmodique également isignée au croup. Si par le mot de spasme on exprime cet état du larynx qui ;sserre la glotte et gêne le passage de l'air, c'est avec raison qu'on invoque s faits dans lesquels la dyspnée existait à un haut degré, quoique aucun corps ranger n'obstruât le larynx, et ceux où la suffocation a eu lieu , quoique le )rps éti-anger fût bien loin d'obi urer les passages , et qu'il laissât encore à l'air ne voie assez libre. Mais suit-il de là que le spasme dont il s'agit soit étranger l'inflammation, et ne doit on pas attribuer ce resserrement à la sensibilité ii'elle donne à la glotte , à l'iiritalion que produit dès lors le simple passage î l'air ou la présence de quelque pellicule de formation nouvelle? Remarquez je cette constriction n'a pas besoin d'être aiissi forte qu'on l'imaginerait 'abord pour faire naître ce sentiment de strangulation qui constitue un des iractères essentiels du croup. Le gonflement inflammatoire de la membrane uqueuse doit entrer en effet pour beaucoup dans le rétrécissement d'une ouîrture qu'on sait être de moitié mointire chez les enfans impubères que chez S adultes ( Richerand). Qn'oppose t-on h ce raisonnement? des faits qu'il faut Laminer. Non seulement, dit-on, le croup a fait des victimes sans qu'une usse membrane existât dans le larynx , mais encore sans qu'on trouvât à la embrane muqueuse aucune rougeur inflammatoire. On répond l" que, quand nflanimation a été assez forte pour tuer le malade avant la formation d'une luenne pseudo-membraneuse, les rougeurs ont pu disparaître lorsque la mort t survenue; c'est là ce qu'on observe après la plupart des inflammations ré- ■ntes ; 2o que ces rougeurs avaient aussi disparu dans des cas où l'expulsion Uécédente d'une fausse membi ane avait piou\ é la réalité de l'inflammation jObstein ); car ce serait heurter de front toutes nos connaissances sur cet état ilhologique que de le croire étranger à la formation du produit membranirme; 3» on peut ajouter qu'il est des maladies fort différentes du croup, mais li lui ressemblent par un certain nombre de symptômes ; et l'on peutdeman- !r si ce n'est point à quelqu'une de ces affections qu'on a eu affaire dans ces s donnes , d'ailleurs , comme exceptionnels par ceux-là mêmes qui les ont is en avant.

Concluons de ceci que , ni dans les symptômes , ni dans les résultats de l'anamie pathologique , on ne trouve aucune objection valable contre la nature ilegmasique du croup.

Une autre question se présente néanmoins encore ici : est-ce une inimraation pure et simple? est-ce une inflammation spéciale? Toute inimmation du larynx est-elle un croup? Réponse : toute laryngite dans quelle existe une tendance réelle à la formation d'une fausse membrane ésente dans ses causes, sa marche, ses symptômes et surtout dans son tcnsitc, des caractères qui suflisent pour la faire distinguer de la larynte simple {vofez ce mot). Eu conséquence on a séparé la première de seconde , et c'est à celle-là qu'on a réservé le nom de croup , donné d'abord quelques épidémies de cette maladie. Nous suivrons sur ce point l'exemple néral, et nous ne saurions en donner de meilleures raisons que celles qui it été déjà exposées au mot Akcine pour motiver la séparation de l'angine itturale accidentelle et de l'angine couenneuse. Ces raisons se nt d'autant plus plicables à notre sujet que la plus grande analogie paraît réunir le croup et ngine membraneuse, ainsi que l'a démontré M. Bretonneau, bientôt appuyé 1 suffrage de M. Cuersent et de plusieurs autres médecins modernes {vojez rticle Angine , pag. 259). Celte analogie peut nous donner la clef d'une cirnstance importante : la diplitérite, comme l'appelle M. Bretonneau , est dinairement compagne d'une fièvre grave, le plus souvent épidémique, et u'iquefois exanlhêmatique ( scarlatine). De même le croup est généralement écédé et accompagné des symptômes d'une fièvre catarrhale ou inflammaire , et quelquefois aussi d'iui exanthème ( rougeole, variole) : il y a plus , kffeclion générale doit être fréc|uemment la même que celle qui préside au 'iveloppement de la diphtérite, puisque l'angine couenneuse coexiste assez uvent avec le croup ; et nous l'avons vu ])lus d'une fois , soit que l'une et l'au- ,e inflammation fussent à peu près au ;iême degré d'intensité et d'étendue, it que l'une quelconque l'emportât de beaucoup sur l'autre. N'est-ce point à tétat fébrile particulier que l'une et l'autre de ces deux maladies doivent la llndance dont j'ai déjà parlé , la disposition à produire une exsudation d'albu- 'ine ou de fibrine concrète à la surface de la membrane enflammée, et n'estpas là qu'il faut chercher cette disposition particulière des liquides dont ule Laennec? Ce qu'il y a de certain , c'est que l'intensité locale de l'inflamj^tion ne parait pas suffire seule pour produire cet effet ( Laenkec); nous voyons, |ns la diphtérite et dans l'éruption aplilheuse qui lui ressemble souvent beau- »up, les concrétions se former là où l'inflammation parait être assez peu vive. Si ces présomptions sont fondées, il en résulte qu'on doit accorder aussi nelque importance en thérapeutique à l'état général, et ne point concentrer bp exclusivement son attention sur la phlegmasie laryngienne, j^e n'ai parlé jusqu'ici que du larynx comme siège de l'affectiou locale, et l'on

s'accorde unanimement à convenir qu'il l'est effectivement dans la majorité des cas ; mais faut-il admettre aussi un croup trachéal, un croup bronchique? Si je ne parlais que d'après les observations qui me sont propres ( /Jiit. des mal. obs. à rhop. des enfans , en 1818 , dans VEssai sur la fièvre , etc., t. 2, p. 367), je dirais , avec M. Desruelles , que souvent le larynx est enflammé isolément , tandis que jamais la trachée ou les bronches ne le sont sans que le larynx y participe. Je ne crois pas qu'on puisse donner le nom de croup à ces catarrhes chroniques qui , chez des adultes , ont amené l'expulsion de quelques concrétions tubuleuses, et je ne diviserais les vrais croups, quant au siège ,que relativement à l'étendue des surfaces affectées , et sous les dédominalions de larjngien j larj'ngo-trachéal et larjrngo-bronchlque.

Causes. — Le croup est une maladie de l'enfance; nous avons vu, à la vérité, cette phlegmasie envahir toute l'étendue de la muqueuse laryngo-bronchique chez une femme adulte, et les journaux de médecine en ont rapporté plusieurs autres exemples, mais trop rares néanmoins pour être considérés autrement que comme cas exceptionnels. Les enfans nouve.iu-nés ou à la mamelle n'en sont pas exempts, mais y sont bien moins exposés que ceux qui ont dépassé le terme de l'allaitement ; nous en avons vu un seul à l'âge de huit jours. Et voici, du reste, les proportions que nous avions remarquées relativement à l'âge , en 1818, en réunissant aux croups simples les angines laryngées morbilleuses ou varioleuses : de deux ans et demi à six ans, tiente-quatre ; de six à quatorze ans , onze : total, quarante-cinq.

Assez souvent épidémique, sans pourtant sévir jamais d'une manière aussi générale que les maladies exanthématiques , et même que la coqueluche , le croup est souvent aussi sporadique. Dans quelques cas , il suit les vicissitudes de l'affection fébrile ou de l'exanthème auquel il est lié, et peut même alors se transmettre d'individu à indiviilu par une véritable contagion. A part cette circonstance , il ne parait pas qu'il soit susceptible de ce mode de propagation, qui devrait surtout s'observer dans les hôpitaux. Quelques faits positifs sur ce sujet ne suflisent point pour équivaloir aux observations négatives que chaque jour fournit l'occasion de répeter.

Les causes déterminantes qui donnent naissance à cette maladie sont loin d'être toujours évidentes; cependant on a remarqué, parmi les plus ordinaires, un refroidissement subit et surtout l'influence d'un courant d'air plus ou moins vif. Il est certainement plus rare dans l'été que dans l'hiver, dans le raidi que dans le nord de l'Europe ,à Montpellier qu'à Paris. L'humidité est aussi comptée au nombre des con-ditions atmosphériques les plus propres à le produire, et cependant c'est dans les temps les plus secs de l'année que nous avons observé la plupart de ceux dont nous avons ailleurs tracé l'histoire.

Marche et symptômes. — Première période; période de Jièvre. Elle constitue les symptômes précurseurs de ceux qui n'étudient dans le croup que l'affection locale; mais, selon nous, elle fait partie essentielle de la maladie, et mérite toute l'attention du praticien. On a souvent parlé d'invasion foudroyante des symptômes laryngiens; mais la plupart du temps , on avait alors négligé des phénomènes morbides peu apparens (Guersekt); nous en avons eu tout récemment la preuve : deux jours de malaise avaient été masqués par des intervalles de gaieté, et l'on ne s'en est souvenu qu'en remontant, avec beaucoup d'attention, à l'origine du mal. Tantôt un état fébiile simple et marqué par des frissonnemens répétés , la chaleur de la peau , la dureté, la fréquence du pouls, la bouflissure tle la face, la blancheur de la langue, la tristesse et l'accablement, constitue à lui seul cette période; tantôt les sj'mptômes catarrhaux sont plus prononcés; il existe un véritable rhume, un coryza , une angine gutturale, toujours avec fièvre, abattement insolite , avec la rougeur ou bien l'humidité des yeux dont les paupières sont bleuâtres et, comme on dit , cernées.

Ces phénomènes ne peuvent durer de un à cinq jours , et ceux de la deuxième période ou période d'inflammation , peuvent leur succéder par une transition graduelle ou bien par un passage instantané. C'est le soir que j'ai le plus communément observé ce changement; on le voit souvent aussi survenii' durant la nuit, et au milieu même du sommeil accoutumé.

Dès lors, douleur à la région du larynx , et quelquefois jusque sous le sternum ; respiration difficile, sifflante ou véritablement sonore et produisant une i«77£/cur comparable (quoique beaucoup plus faible ) à celle d'une feuille de graminée mise en vibration entre deux doigts par un souffle modéré; toux violente, sèche, courte, répétée par quintes, rauque , éclatante, et causant de la douleur à la gorge; on l'a comparée, avec quelque raison, au gloussement d'une poule; la toux d'un chat ou d'un chien qui a , comme on dit, avalé de travers, rappelle aussi assez bien la toux croupale. La voix est enrouée, souvent grêle et IrcmblaMe , ou bien détonante par secousses ; la déglutition, presque toujours diflicile, excite la toux , et renouvelle les accès de dyspnée et de strangulation.

Les symptômes, en effet, ne se soutiennent pas invariablement au même degré dans cette période ; de temps en temps la respiration devient plus calme et moins silHante; l'enfant reprend même un peu de gaité, quoique la fièvre ne disparaisse point , que le pouls devienne seulement plus large et plus mou ; mais dans les redoublemens qui suivent ces rémissions, l'anxiété redevient extrême , la face se colore d'un rouge bleuâtre , le pouls est petit , fréquent et dur ; l'enfant lient le thorax élevé , le cou tendu ; quelquefois il est couché sur le côté, mais rarement sur le dos.

Le stéthoscope, dans le plus grand nombre des cas, n'apprend rien que les autres symptômes ne décèlent mieux encore ; les signes qu'il fournit sont ceux du catarrhe pulmonaire, plus les bruits que l'oreille perçoit à distance, et dont il vient d'être question. Peut-être cet instrument donnerait-il quelques lumières de plus dans le croup laryngo bronchique. Laeancc parle de la res-

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piration tubaire ou bronchique sans crépitation des cellules pulmonaires , et coexistant avec une résonnance parfaite du thorax, comme d'un signe propre à faire reconnaître le croup des bronches.

Dans la troisième période ou de collapsus , les rémissions sont nulles ou peu sensibles; la dyspnée est de plus en plus forte , la respiration plus sifflante, et parfois accompagnée d'un rûle bruyant, mais passager, et du sans doute à la mobilité de quelque lambeau pseudo-membraneux. La voix est alors totalement éteinte ; la touxu'est plus rauque, mais seulement sifflante ; et ceci se remarque même dans la deuxième période, si l'enfant est faible et le mal très- violent. La prostration force le petit malade à garder le décubilus ; mais la tête est rejctée en arrière , les côtes se soulèvent avec force et fréquence , et de tem])s à autre l'enfant contracte ses muscles pour exécuter une inspiration plus profonde. L'inutilité de cette tentative est suivie de pleurs momentanés, ou bien d'uu désespoir frénétique, et d'une agildiion qui ne cesse qu'avec la vie. Quelquefois pourtant , dans cette dernière période, règne un assoupissement profond, auquel succède une mort tranquille. Dans l'un comme dans l'autre cas, les yeux sont larmoyans, saillans, les conjonctives injectées, la face pâle , le milieu des joues et les lèvres bleuâtres, le cou tuméfié et parfois emphysémateux à sa partie inférieure ; le pouls devient de plus en plus faible et petit, presque toujours irrégulier ou intermittent : un refroidissement graduel s'empare du corps ; plus marqué aux pieds , aux mains , h la face , il annonce l'approche du terme fatal de cette scène douloureuse.

La fétidité de l'haleine a été observé quelquefois dans ces croups avec adynamie profonde que M. Guersent nomme asihéniques ; le plus souvent elle appartient à un état gangréneux qui n'est pas rare , surtout dans certaines épidémies de variole, de scarlatine, que nous avons même vu sporadiquement développé, mais qui doit être séparé du croup comme la laryngite simple.

La marche funeste du croup est quelquefois très-rapide : nous l'avons vu enlever le malade en moins de douze heures ; mais ordinairement , même dans les cas graves , il dure depuis quarante-huit heures au moins jusqu'à huit jours ou un peu plus , en y comprenant la première période. 11 se prolonge quelquefois du double dans les cas favorables. La troisième période est toujours courte; rarement a-t-elle plus d'un jour de durée , et c'est à la période d'inflammation que se rapportent en général les variations susdites.

Terminaison , pronostic. — Il serait bien dillicile d'établir la proportion des croups susceptibles de guérison aux croups morlels; les fréquentes erreurs de diagnostic qui ont dû être commises par les obsei vateurs , ainsi que nous le verrons bientôt , expliqueront sans doute la bénignité que cette maladie a off'erte îi certains praticiens, et l'on peut dire , en thèse générale , que le croup ave'ré est une maladie fort grav e et très-souvent mortelle. Voici pourtant quelques données relatives au pronostic , et que nous baserons seulement sur ce que Texpérience nous a démontré. 1°. Les enfans nouveau-nés , ceux qui sont encore à la mamelle , guérissent plus promptement et plus aisément. 2". Les enfans qui approchent de la puberté sont aussi moins rapidement et moins sérieusement frappés que ceux d'un âge plus tendre. 3". Les enfans pâles et lymphatiques offrent dans cette maladie une marche plus lente, une intensité moins effrayante, et donnent plus de temps pour l'attaquer et la vaincre. 4°. Le croup produit par la rougeole est moins grave , moins tenace que le croup essentiel. La tendance à la formation d'une fausse membrane y est moindre ; elle est plus aisément dissipée , et peut-être même, dans quelques cas, n'existe-l-elle pas du tout, l'angine rentrant alors parmi les laryngites ordinaires. 5». Celle qui dépend de la variole est peu grave si elle parait avant l'éruption ; elle est souvent très-fâcheuse quand elle s'est manifestée vers l'époque de la suppuration ; elle est alors compliquée d'ulcéi-ations , etc., dont nous ne devons pas nous occuper ici. G°. C'est surtout dans la première et dans le principe de la deuxième période , avant la formation des fausses membranes, qu'on peut espérer de sauver l'enfant : dans la troisième période on doit conserver fort peu d'e.spérrnce ; l'épuisement des forces est tel que , le mal total fût-il même détruit, la prostration n'en serait pas moins mortelle ; une dyspnée croissante a produit en détail ce que la suffocation décide en quelques instans.

On peut donc donner comme signe de mort presqne certaine les symptômes de cette troisième période ; mais on conçoit qu'elle doit être fort courte dans le croup suraigu , qui amène la mort avant l'époque de la formation d une pellicule albumineuse ou fibrineuse ; non que les phénomènes qui la caractérisent goienl exclusivement dus à la présence d'une semblable production . mais à cause de la violence même des accidens primitifs et inflammatoires. L'expérience en effet nous a prouvé , comme h bien d'autres, qu'elle n'était pas moins prononcée lorsque l'autopsie ne devait offrir que des mucosités épaissies, des flocons comme crémeux , des plaques minces et adhérentes , que quand il existait dans la trachée artère un tid)e membraniforme complet. On doitregarder comme du plus fâcheux augure le gonflement emphysémateux du cou; il indique (si nous en jugeons par trois à quatre faits particuliers ) que l'emphysème occupe les poumons mêmes, que l'air infiltre le tissu cellulaire et iiilerlobulaire de ces organes , et s'est insinué jusque dans celui des mcdiasiins , d'où il a passé entre les muscles et sous la peau.

L(t guérison s'annonce par un amendement progressif des symjjlômes , par l'éloignement graduel des accès de suffocation , par le râle léger qui accompagne constamment la toux (toux grasse ) et l'expectoration qui la suit ; ces deux circonstances indiquent en effet ou que l'exsudation a été seulement muqueuse ou pulpeuse ( croup myxagène et pyogène de M. Blaud), ou que, si elle a été pclliculaire (croup méuingogène du même), une sécrétion nouvelle et plus liquide vient la détacher, la délayer, l'entraîner. Les ci-achats sont alors effectivement chargés pour l'ordinaire de lambeaux ou de flocons blanchâtres;

quelquefois même des concrétions en forme de tuyau sont expulsées toiitd'ui! coup , et le soulagement notable qui s'ensuit est le précurseur d'une guérisoi' complète. Il ne faut pourtant point accorder trop de confiance à cette expul i siou , qui a été l'objet spécial des sollicitudes du plus grand nombre des prati ' ciens ; maint exemple fâcheux a appris que la reproduction de la pellicule pou^ vait s'opérer avec rapidité, comme nous l'avons observé chez la femme don { nous avons parlé plus haut. Un tube de deux pouces et demi de longueur avai été rejeté par la toux ; et la mort, qui survint douze heures plus tard, permil] de voir encore dans le larynx et la trachée une concrétion membraneuse d'ur quart de ligne d'épaisseur. D'ailleurs il peut arriver (et c'était encore ici U cas ) que les bronches mêmes restent remplies par des fausses membranes : il est possible enfin que le mal subsiste même sans reproduire aucune concrétion, et n'en fasse pas moins péi ir le malade , comme dans l'exemple rapporté paii M. Lobstein.

Par o))posilion à ces faits fâcheux, on en peut citer d'autres non moins propres à diminuer l'importance outrée qu'on a attachée à la fausse membrane du croup. Il est desguérisons sans expulsion d'aucun produit de cette nature, non seulement dans les cas où le mal , attaqué de bonne heure, ne leur a pas donné naissance, mais encore dans d'autres où l'on peut croire qu'ils ont été absorbés , ainsi qu'on l'observe quelquefois dans l'angine couenneuse (art. cité, p. 2601 , ou bien qu'ils se sont organisés comme tant d'autres psrudo-membranés, qu'ils sont restés adhérens à la surface qui les avait sécrétés. Plusieurs pièces d'anatomie pathologique conservées au cabinet de Sœnmiering prouvent, selon Albcrs, la possibilité de cette terminaison du croup, et peut-être est-ce dans des circonstances de ce genre que la voix est restée rauque long-temps encore après la guérison (Royer Collard).

Les deux modes de terminaison que nous venons d'exposer ne sont pas le! seuls dont le croup soit susceptible ; on peut mettre au même rang le passage à Yéial chronique , nié à tort , ce me semble , par Royer-Collard et M. Guersent. J'en ai publié ailleurs cinq exenijiles bien constatés; quatre ont amené une ou plusieurs recrudescences définitivement funestes, et cetleissue fâcheuse a permis de confirmer par l'autopsie le diagnostic établi sur les symptômes. Ces symptômes étaient à peu près ceux de la phtliisie laryngée, c'est-à-dire, aphonie ou enrouement considérable , toux assez fréquente et rauque, douleur peu vive au larynx, état fébrile assez prononcé, souvent avec rémitlence comme dans la fièvre hectique , amaigrissement graduel , mais fort lent. La durée de ces croups chroniques a varié entre trois semaines et six mois : l'un des cinq-' enfans dont il s'agit semblait en voie de guérison au bout de deux mois , époque à laquelle je l'ai perdu de vue. ,

Diagnostic. — La plupart du temps , les signes caractéristiques du croup ne | laissent aucun doute sur son existence ; mais ils ont quelquefois manqué durant j la vie , et l'ouverture du cadavre est venu manifester un'mal dont on n'avait pas soupçonné la présence : nous en avons eu la preuve chez une petite fille idiote; sans doute ici l'insensibilité du moral s'était communiquée à tous les organes, ' j et , quoique fortement enflammé , le larynx n'avait pas été atteint de ce spasme, de cette constriction à laquelle il est raisonnable d'attribuer les symptômes les \ , plus caractéristiques du croup , la toux, la dy.'ipnée, le sifflement de la respi- ^

ration. |,

Il est bien plus commun de tomber dans l'erreur contraire, de supposer le croup là où existe une autre maladie. Plusieurs en effet offrent avec lui quel- | ques points de ressemblance, et la similitude est dans certains cas presque , complète. ;

l" . Il est naturel de trouver une grande ressemblance entre la laryngite sitn- , .^j, pie et la couenneuse; leur symptomatologie ne diffère guère que par l'intensité ^ || des accidens : on peut cependant mettre a u nombre des caractères propres au j croup la constitution épidemique, quand elle existe . le silDement ( surtout s'il j est sonore) de la respiration , et les accès de strangulation. La laryngite offrira j du reste une toux fort semblable à la toux croupale, mais plus rarement sif- , fiante, et la voix sera aussi enrouée , mais à un degré moindre, et jamais grêle | et tremblante. i

Quant à l'angine laryngée gangréneuse , elle se distinguera à la fétidité pu- , tride de l'haleine. j|,

2° Faut-il regarder comme des maladies particulières celles que M. Guersent j a nommées pscudo-croupsl II nous paraît qu'on peut les rapporter , pour la \^ plupart, à des affections bien connues , le catarrhe pulmonaire ou la jnieumo- { nie , dans lesquelles un engouement momentané de la trachée et du laryns J ^ amène des accès d'étouffement , d'étranglement , à peu près par le mécanisme que nous avons détaillé à l'occasion de la coqueluche. D'autres fois, c'est a j .,| l'inflammation pelliculaire du phaiynx que le pseudo-croup appartient toiit-a- . fait . et il est à croire que quelques lambeaux pseudo-membraneux détachés et , attirés de temps en temps dans la glotte par l'inspiration , font naître alors ; ^ quelques-uns des symptômes de la laryngite. Enfin le pseudo-croup alaxique , \ semble n'être autre chose que l'asthme aigu de Millar , dont il sera question , plus loin. Dans aucune de ces affections , les symptômes du croup ne persistent | , hors la durée des accès (respiration sifflante, douleur au larynx, toux sif- j j fiante ). L'angine couenneuse est d'ailleurs facile à rcconnaifie par l'inspection j i; de l'an ière-bouche. Quant au catarrhe pulmonaire, l'enrouement , l'aphonie qui l'accompagnent quelquefois, la toux sonore {tussis cliingosn) c^w^W ca\\%& chez quelques sujets ; les accès de dy,'ipnée qu'il amène dans les premiers jours de sa tlui ée , surtout chez les jeunes enfans , et qui tiennent soit à l'engouement des poumons, soit à la fatigue des muscles inspirateurs (catarrhes suffocans des enfans ) ; voilà des particularités fjui ont tr ompé ]ilus d'un ob^erTaleur superficiel J et qui ne tenait pas compte de la différence du son dans la toux (qui

*Eiili!

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CftOUP. ( 673 )

toujours quelque chose de sifflant dans le croup) , ni de la liberté de la glotte sez dénotée par l'absence de tout bruit dans l'inspiration et l'expiration , etc. ai vu une épidémie de calanhcs pulmonaires intenses fournir à plusieurs édecins de ma counaissance bon nombre de croups faciles à guérir. Laeiniec rie d'une semblable erreur dans un cas mortel de ce qu'il nomme catarrhe tuiteux aigu.

30 L'angine tonsillaire jirnduit quelquefois un rétrécissement de l'isthme du sier , suflisant pour rendre la respiration pénible et sifflante , supprimer la ix et causer beaucoup d'anxiété, aller même jusqu'à une sulFocition mortelle. )us avons été témoius de celte issue fimesle chez un enfant de deux h trois 5 j mais le gonflement des amygdales avait été bien reconnu , et d'ailleurs il xistait point de toux.

1» L'angiue œdémateuse est bien rare chez les enfans ; chez les adultes , c'est r le toucher seulement qu'on peut établir un diagnostic assuié, 50 La phlhisie laiyngée ne se tlislingue nettement du croup chronique que r les signes comméuioratifs ; et c'est aussi sur ces signes qu'il faudrait comppour distinguer une recrudescence de l'une ou de l'autre. Une femme qui uccombé à la rénovation d'une phthisie laryngée nous a ofTei ttous lessympines du croup , quoiqu'il n'y eût dans les voies aériennes que des ulcérations point de produit pseudo-membraneux.

)<> L'introduction d'un cor|is étranger dans la trachée-arlcre , lors même 'on n'aura pas de renseignemens précis sur l'événement qui cause les acci- (QS, pourra cire distinguée du croup par l'instantanéité de l'invasion et du lourdes symptômes de suffocation , par la sensation d'un corps mobile dans Ikube aérifere, ou flxé dans un point de son étendue, souvent vers sa bifur- ( ion , par l'absence du sifflement delà respiration dans les moniens de calme, •C son croupal dans la tou.\ , et de la fièvre dans les premiers temps de la ï ladie.

0 La coqueluche déclarée difTère essentiellement du croup par la toux qui I que le timbic ordinaire, par ses quintes beaucoup plus fortes, par lin^pi- 'J'ion sonore et pour ainsi dii e î^ocw/e, qui les entrecoupe , par l'absence de tt symptôme laryngien dans l'inlervaile des accès, par la marche essentiellennt iulei-mitteufe el chronique de l'affection.

Il" Enfin l'asthme aigu , maladie pi oblématique que nous avons rapportée au f udo-croup ataxique de M. Guersent , se distinguerait du croup réel parle c ne parfait et la nullité de tout mal-aise hors le temps de l'accès , par la long ur des intervalles qui en séjiaient les retours, par l'absence de son croupal (lis la toux. Ce dernier caractère distinctif manquerait pourtant quelquefois sie pseudo-croup ataxique est bien le même que l'asthme ; mais n'a-t-nn pas dméces qualifications à quelque croup foudroyant , à un croup qui tue de

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pne abord on dans une récidive , et avant la formation d'une fausse membre, avant que le gonflement et l'injection inflammatoire se soient assez cnrsinés dans la membrane muqueuse pour subsister après la mort ? Tel était le ùtiment d'Albers ; mais Royer-Collard . MM. Double et Jurine , qui disent à\r vu et bien vu l'asthme aigu , sont d'un avis tout opposé, if 'nmpliciUions. — L'opinion que nous avons exprimée , touchant la nature du ^iLip, ne nous permet pas de mettre parmi ses complications la fièvre calar- Êlle ou inflammatoire qui précède ou accompagne les symptômes lai-yngiqucs, B'qui fait partie essentielle de la nialatlie. Peut-être en est-il quelquefois de Éne de la fièvre gastrique ou bilieuse, et les succès du vomitif ont-ils plus djric fois tenu à cette circonstance; mais le plus souvent sans doute cet état Bœux n'est qu'une complication. Quant aux croups muqueux , nerveux, il est éllr qu'on a attribué à un état morbibe stii generis ce qui n'était dù qu'à la mptitution lymputhique ou nerveuse des malades II est douteux que les croups wnamiques ou ataxiques , dont on a aussi parlé , tiennent à une circonstance jpfe que la faiblesse naturelle de l'individu ; peut-être aussi une fièvre con- A|itaiite fort violente peut-elle amener, dans la troisième période, des sympfifes d'adynamie réelle qui s'ajoutent à ceux de collapsus ordinaire à cette pijiode , et en aggravent le pronostic , sans fournir matière à aucune induction piLique véritablement utile.

|a laryngite morbilleuse, quand elle est eroupale , diffère peu du croup OT|lnaire. Mais dans la variole il n'en est plus ainsi ; la maladie générale ne pi|t plus être considérée comme une complication , ni simplement analogue à la èvre catari hale du croup ; les pustules qui se développent alors à l'intérieur diLharynx, du larynx, etc. , fout de cette maladie une iiiflammation toute di|trente de la laryngite couenneuse proprement dite , et nous renvoyons à l'!|icle V.A.IÎI0LE tout ce qui la concerne.

lusieurs maladies locales viennent ajouter à la gravité du pronostic dans CCains croups, soit qu'elles dépendent de la même affection générale que lui .

qu'elles puissent être regardées comme de simples coïncidences Au noiubide ces complications nous mettrons to la puevnnonie , souvent inaperçue , )n néglige la percussion et l'auscultation ; 2» [es aphlhes et l'angine coucne du pharynx; 3° la gastrite, souvent aussi accom|,agnce de la formation enduit pulpeux ou membraniforme , adliérent à l'intérieur de l'estomac , une consistance variable depuis l'élat glaireux jusqu'à celui de l'albumine :. Dans ces dernières complications , qui sont assez communes, l'analogie ature et la communauté de la cause efïïcieute rcssortent manifestement es-niêmes , comme nous l'avons déjà fait entendre.

't-ailemcnt. — Un traitement prophylactique ne peut guère être proposé que q^lid une épidémie vient fixer sur ce point l'attention des praticiens et des ^ns. Soustraire, autant que possible, les enfans à l'action des causes aux qijles le croup peut être raisonnablement attribué ; éviter même la commu- Bi tion immédiate entre les sujets sains et les malades , quoique l-a contagion

DlCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

ne soit rien moins que prouvée ; voilà à peu près à quoi se réduisent les soins préservatifs. Les vêtemens , accommodés à l'état de la température atmosphérique , seront plus soigneusement observes loisque la constitution médicale rendra celte maladie plus à craindre : sans tenir les enfans étouffés sous d épaisses enveloppes , sans les priver de l'air libre , on prendra garde de les transporter subitement du chaud au froid, ni de les tenir exposés au vent ou à un courant d'air quelconque. Habituellement plongés dans un milieu d'une température élevée, les enfans sont dès lois sans doute fort disposés à contracter, au moindre refroidissement, diverses affections inflammatoires; mais ce serait tomber dans une bien fâcheuse ei i eur que de pi étendre les mettre en état de braver toutes les intempéries de l'air en les endui cissant au froid dès le moment de leur naissance : nous nous rappelons . entre auti es, un enfant élevé de cette manière et qui fut atteint du croup vers l'âge de deux ans.

Quand cette maladie formidable a déjà frappé un enfant qui pourtant a échappé à ses suites ,. les précautions que nous venons d'indiquer sont bien plus indispensables que chez tout autre : car on assure que les récidives sont faciles, et l'on en a, dit-on, observé jusqu'à sept et même neuf sur un même individu (Jurine , Albers ). En pareille circonstance , il serait prudent de conserver habituellement, durant l'hiver, un vêtement complet de flanelle sur la peau; on le remplacerait pendant l'été par la futainc ou quelque antre étoffe de coton épaisse et moelleuse.

Quand il n'existe encore cjuc les symptômes de la première période, par cela même que ces phénomènes généraux ne portent aucun caractère déci.sif, on ne peut guère leur opposer un traitement énergique; cependant peut être le titre de prodiomes qu'on leur a donné, el l'idée d'accessoiie qu'on a attachée à cette période, ont-ils contribué aussi à la faire négliger dans la thérapeutique du croup. Si la constitution médicale est favorable au développement de cette maladie , quelque incertitude que laissent encore les symptômes catarrhaux et fébriles, il serait, selon moi, bien déraisonnable de rester oisif, tandis que peut-être , par une activité convenable , on aurait coupé le mal dans sa racine. La diète , les boissons adoucissantes données en abondance , les bains tièdes soit entiers , soil partiels ( pédiluves et manuluvcs), les fomcntalions éinoUientcs sur les membres inférieurs et même sur tout le corps , à l'uide d'une couverture de laine dans laquelle on enveloppe l'enfant et qu'on recouvre de linges chauds; voilà des moyens doux et propres à calmer l'état fébrile, moyens dont on devra continuer et renouveler l'emploi même dans la deuxième période. Si la fièvre est plus violente , quelques sangsues au cou ou à l'anus chez les jeunes enfans , la saignée du bras chez ceux qui ont atteint l'.ige de sept h huit ans et chez les adultes , nous paraissent formellement indiquées. Peut-être aussi les sudorijiqties aqueux . les bains de vapeurs à une température modérée » les frictions huileuses offraient-ils alors de grands avantages.

Quand la deuxième période est déclarée, outre ces mctiications propres à agir sur toute l'économie, il faut encore attaquer riuQaramation locale. PInsieui s moyens énergiques remplissent d'ailleujs l'une et l'autre vue; ainsi la sa'gncu du bras ou du pied , qu'elle agisse comme révulsive ou comme spoliative, m'a toujours paru procurer un amendement très notable. A la vérité je n'en ai observé les effets que contre îles angines morbilleuses. Chez les jeinics enfans , la saignée locale produit promptement aussi des effets généraux, et d'autant plu.s énergiquement qu'ils sont plus jeunes : aussi une seule sangsue placée sur la réïïion du larynx m'a-t-elle siifii pour dissiper un croup manifeste chez un enfant de huit jours. Quatre sangsues appliquées sur les côtés du larynx, chez un de mes enfans âgé d'un an environ , ont si bien arrêté la marche d'un croup naissant qu'on peut dire qu'il n'a fait que se montrer el disparaître. Cette circonstance peut bien, quand elle a lieu, laisser quelques doutes sur la nature delà maladie; mais ce doute est mille fois préférable a la triste certittide qu'on acquiert en attendant que l'affection soil bien caractérisée. Plusieurs laryngites morbilleuses ont cédé aux sangsues avec une égale facilité. Chez d'autres sujets, il a fallu y revenir jusqu'à trois reprises différentes pour obtenir la permanence du mieux qu'elles avaient de prime abord procuré. D'autres encore n'en ont malheui eusement éprouvé qu'un soulagement passager, et il en est qui n'ont pas même joui de ce faible avantage. C'est entre les muscles sternomastoïdiens , et le long de leur bord antérieur, qu'elles doivent être ap|iliquée3 ; quant à leur nombre , on ne peut rien préciser à cet ('gard ; i! doit varier selon leur taille, selon la force du malade et son âge : on ne peut guère dépasser le nombre de quatre avant l'âge d'un an , ni le doubler qu'après trois ans. Du reste.il vaut mieux en mettre trop peu que trop ; on a toujours , dans le premier cas , la ressource de revenir à la saignée, et même , plus immédiatement encore , celle d'exciter l'écoulement du sang par l'application d'un cataplasme ou de fomentations chaudes sur les piqûres ; tandis que , dans le tieuxième , on risquerait d'amener une faiblesse irréparable , de hâter et d'aggraver le danger de la troisième période. Quand on réitère la saignée locale , il y faut mettre plus de circonspection encore que dans une preniière opération , et diminuer de plus en plus l'abondance de la déperdition de sang qu'on sollicite.

Les cataplasmes autour du cou, les boissons émulsives et mucilagineuses administrées fréquemment, mais en petite quantité à la fois, pour humecter sinon le larynx, du moins les parties qui l'avoisinent, voilà encore des auxiliaires qui ne sont pas à dédaigner, à moins que la déglutition ne ramène trop évidemment les c[uintes de toux.

On a beaucoup vanté, dans celte première période et dès le début , l'emploi simple ou redoublé du vomil'f; il est même une formule de potion dite aniicroupale, attribuée à Chaussier, et qui n'est guère qu'un assemblage de divera ses substances éméliques. Nous ne doutons pas que , quand la langue est chargée et lue d'autres signes d'embarras gastrique ont précédé l'apparition de la

CROUP

CROtIP.

laryngite, un émélique ne présente une grande utilité, soit qu'il supprime une complication lâcheuse, soit , à plus forte raison , furil enlève l alTection générale ffui tient la phlegmasie sous su dépendance. Nous I avons vu plusieurs t'ois manitesteaient utile , surtout dans les rougeoles avec laryngite ; mais nous croyons qu'il est toujours prudent de commencer par la saignée, et qu'il est superflu, sinon dangereux, de répéter le vomissement tous les.jours et même plusieurs fois par jour, comme le veut Laennec. L'ipécacuauha me semble aussi devoir être préféré au tartre stibié ; le sirop, l'infusion de cette racine offrent des médicamens doux et qui ne pourraient guère nuire , quand même il existerait une gastrite peu intense. Je n'ai pas besoin de dire qu'il faut s'abstenir de l'un comme de l'autre, si la rougeur de la langue, la sensibilité de l'épigastre , la chaleur de celle région, etc., indiquent que l'estomac est vivement enflammé. A part cet état de choses, la répétition non exagérée du vomitif pourrait avoir un autre genre d'avantages que les laxatifs procurent plus efficacement encore; ils ont, dans l'état inflammatoire, un efl'et qu'on peut regarder comme dérivatif, ou plutôt comme déplétif . par le fait même des évacuations qu'ils déterminent (Thomson). Nous recommanderons en consé(juence l'huile d'amandes douces mêlée au sirop de roses pâles , de fleurs de pêcher , de chicorée, la manne en larmes, "etc. , qu'on peut donner en lavemens , ainsi que le miel raercurial , et autres semblables préparations , s'ils sont difficilement avalés ou repoussés par l'estomac.

Que le traiment que nous venons de tracer ait été omis ou qu''il ait été inefficace, il arrive un moment où il est contre-indiqué par l'imminence du collapsus , par l'approche de la troisième période ou par l'e.xistence même des symptômes qui la caractérisent. Ici deux indications nouvelles se présentent : l» irriter, enflammer la peau , pour produire , dans l'état général et celui du larynx, des changemcns avantageux; 2° chasser les produits de la phlegmasie et dissiper ainsi la gêne qu'ils ajoutent à celle que cause la constriction de la glotte.

1° Sans entrer dans des détails inutiles sur la théorie de l'action des épispastiqiies , nous nous contenterons d'en signaler les avantages et les dangers.

L'einjiloi de ces moyens a paru à beaucoup de médecins si commode et si avantageux qu'ils n'ont pas craint d'en faire l'application dans tous les cas et à toutes les périodes. Il est évident que, dans le commencement de la deuxième et dans la première, ils ne peuvent qu'accroître la fièvre et l'état inflammatoire ; effet bien reconnu depuis le travail de Baglivi sur l'usage et l abus des vésicatoires. Cet inconvénient sera surtout fatal au malade , si on applique les canthaiides le plus près possible du lieu le plus fortement irrité, si on couvre la région laryngienne d'un emplâtre vésicant , ou si on entoure le cou d'une bandelette cpispastique. Appliqués loin du siège principal du mal , les rubéfians , comme pédiluves chauds et sinapiscs , sinapismes , ventouses sèches , etc. ont surtout cet avantage, môme dans le cours de la deuxième période , en ce qu'ils éloignent et diminuent les accès de strangulation ; un sinapisme étroit appliqué le long de l'épine du dos nous a présenté très-sensiblement ces heureux effets. Quant aux vésicans , il faut en réserver l'emploi pour l'imminence de la troisième période, et encore peut-être vaut-il mieux les appliquer toujours à quelque distance du larynx , que sur la région même qu'il occupe. (Laennec). Je ne doute pas que le mal n'ait été souvent aggravé , et particulièrement dans un cas où il enleva l'enfant en moins de douze heures, par l'application des rubéBans ( ammoniaque , etc. ) , sur la partie antérieure du cou , où ils avaient fait naître l'apparenee d'un large érysipèle.

On a proposé des médications du même genre, mais plus actives encore ; on a parlé du cautère actuel appliqué vers la région laryngienne ; c'est un moyen à réserver pour le croup chronique; on a plongé les malades dans un bain chargé (le farine de moutarde. N'est-il pas à craindre que le soulagement passager qui en résulterait peut-être , ne soit suivi d'un redoublement dans les accidens , tant à cause de l'irritation générale, effet inévitable d'un procédé aussi actif, que de l'irritation directe produite sur les voies aériennes , par les vapeurs émanées du bain ? C'est un moyen qui ne peut convenir que dans la troisième période et comme dernière ressource.

2" Ij'expulsion de la f.iusse membrane du croup ne doit être tentée que consécutivement au traitement proj)re à détruire l'essence même du mal et la source de tous les accidens. V^oici les différens procédés qu'on a mis en usage pour débarrasser le larynx du corps étranger qui s'y est formé.

A. On peut exciter Vcxpeiloi-alinn par l'ingestion de certains médicamens, les scillitiques , les antiinoiiiaux, par l'inspiration de vapeurs aqueuses ou animées d'un peu de vinaigre, moyen qui réclame beaucoup de prudence dans ses applications, qui augmente la dyspnée et peut produire une fâcheuse rénovation , si on veut y faire servir des substances très-excitantes, comme le vinaigre pur, le chlore , etc. ; le kermès au contraire , à la dose d'un grain par jour, a produit une fois, sous nos yeux, une expectoration abondante et mêlée de lambeaux membraneux, non sans un manifeste soulagement. Cette expectoiation a été provoquée encore par des titillations dans l'arrière-bouche, par l'apposition des substances irritantes mêlées au miel (acide muriatique, sulfure de potasse) , et portées sur le voile du palais , le pharynx et l'épiglotte à l'aide d'un pinceau; opération qui n'est pas sans inconvénient (spasme de la glotte ) , ne fût-ce que par la fatigue et l'agitation qu'elle cause au malade , et qui ne parait pas avoir été très-fi uctucuse.

B. Les vomilui liions excitées par des émétiqucs à petites doses (sirop d'ipécacuanha, tartre stibié Irès-étendu d'eau, sulfure de potasse par paquets d'un à deux grains, scille en poudre, etc. ), ont aussi assez souvent entraiué avec les liquides et les mucosités expulsées , des flocons de fausses membranes proveaaat des voies aériennes. Quant aux slcniutaLoires , ils nous paraissent être

de nulle efficacité , si les secousses cfu'ils excitent sont modérées; dangereux, si elles sont fortes; ce qu'il n'est pas facile d'ailleurs d'obtenir, surtout quand la troisième période est arrivée.

C. C'était sans doute une idée hardie et ingénieuse que de porter une éponge au bout d'une tige flexible jusque dans le larynx, ainsi que l'a fait M, Dupuytren ; mais, outre les difficultés de l'exécution , on peut reprocher à ce procédé, d'exposer à l'enfoncement des fausses membranes dans la trachée (et partant kj une suffocation imminente ), plutôt que d'en permettre l'entrainement au dehors.

D. Enfin la trachéotomie ( voj-ez ce mot) condamnée par un grand nombre de médecins, effrayés surtout des revers qu'elle avait constamment amenés à sa suite ( Roteu-Collard ) , offre pourtant un dernier refuge. Si, comme l'ont prouvé les observations de M. Guersenl , elle ne donne pas beaucoup de facilité pour l'extraction des corps de formation nouvelle, du moins elle ouvre à l'air une large issue et peut prévenir le collapsus trop souvent incurable de la troisième période. Malheureusement on n'ose guère la proposer que quand celte période est arrivée et même dure déj'a depuis quelque temps. Peut-être les succès qu'on a récemment publiés ( Bretokneau, Senn) nous rendront-ils plus familière cette opération, sans doute plus eiï'j ayante que grave , et permettront-ils aux praticiens de l'exécuter au moment où elle est déjà devenue né-j cessaire, et pas encore inutile.

Nous avons encore un mot à dire du traitement de la troisième période: confirmée. Quelque désespéré que soit alors le pronostic , il ne faut pas abandonner toute tentative ; c'est ici que conviendront ces médications trop actives pour la deuxième période : les bains sinapisés, alcoholisés, les rubéfians promenés sur la surface du corps ; les toniques et les amers, administrés en lave- j h mens , en frictions (teinture de Icina , etc.) , un peu de vin même seront sur-<j f tout indiqués, si au collapsus île l'asphyxie lente , qui fait le caractère propie! Hi de cette période , se joignent des signes évidens de prostration adynamique. '

Dans le croup chronique , les vésicatoires, le cautère actuel et la suppuration " des plaies qui suivront la chute des escarres, les expectorans (balsamiques,! scillitiques, antimoniaux ) , un régime adoucissant et modéré, le lait, par' exemple , les bains de temps à autre , seront la base principale ilu traitement. ' ^ Les saignées ne deviendraient utiles que dans les recrudescences ou dans les i »! fortes exacerbations. I ->

Tel est le traitement rationnel du croup. Avant d'exposer quelques-uns des ' CE antres modes de curation qui ont été aussi mis en usage, j'ajouterai que l'on | doit toujours tenir compte ties complications et même des modifications dues (il! à la constitution du malade. Je renvoie à leurs articles spéciaux pour la pneu- ' CI monie , la gastrite , etc. Quant à la prédominance de tel ou tel tempérament , j| ji: ce sont des règles triviales que celles de modérer les évacuations sanguines chez jim les sujets lymphatiques et nerveux , de recourir plus vite ici aux vomitifs, aux jiiioi vésicatoires, et viie versa pour les sujets sanguins et robustes. iM

Il ne nous leste plus qu'à f,iire une revue rapide des médicamens proposés i! loi par une fausse théorie, ou mis en faveur sur les données de l'empirisme; tels j sont : isJt|

1o. Les antispasmodiques , l'èllier , le musc , l'opium , qui peuvent bien pro-«j|i(t( duire du soulagement chez les enfans très-nerveux, mais qui ne guériront que jlrt des maladies faussement nommées croup. jL

2°. Le sulfure de potasse , qui, bien qu'il n'eût jamais /wan^Ke i/e yt/a/o/e àson inventeur, est aujourd'hui à peu près généralement abandonné. Comme vomi- life lif, il a des succédanés préférables; comme spécifique, il est nul ; et plus d'une gastrite couenneuse a été sans doute sinon causée, du moins reuforcce I C' par son administration à haute dose. jnil

3o. Le tartre stibié à grandes doses n'a pas été , que je sache , encore essayé; (|)|, il est douteux qu'il puisse avoir les avantages que Laennec en espérait. ^ jb

4o. Les mercuriaux, poussés jusqu'à la salivation , n'ont eu que des succès ||, équivoques ; la plupart du temps , le croup marche plus vite que l'action de ce genre de médicament. On devrait l'essayer en frictions dans le croup cbro- i-,, nique.

Quant au calomel, c'est tout simplement un purgatif à joindre à ceux que nous avons signalés plus haut. „

5o. Les affusions d'eau froide (Hardebs) sont bien chanceuses, et leur utilité est encore problémati([ue.

G". Enfin , les diverses préparations d'ammoniaque , \e poljgala senega , et quelques autres substances données pour spécifiques dans la maladie que nous | venons de décrire , n'ont pas justifié les espérances qu'avaient pu faire naître ^ ,^ ou leurs propriétés chimiques (dissolvans de l'albumine), ou les succès élon- , ^ nans qu'elles avaient eus entre les mains de leurs inventeurs. ; ■;^

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\Desruelles. Traité théorique et pratique du croup , in-8. Paris , 1824. 2= édition. Excelite monographie t|ue l'on consultera avec le plus grand avantage.

lEsmangard . Traité pratique du croup. Paris , 1827 , in-8. — Mémoire sur l'angine épidélue on diphlérile. Paris , 1820 , in-8.

\Bulliard. Observation sur un croup d'adulte. [^Journal hebdomadaire de médecine , n. .1 , 1829.)

On trouvera aussi une analyse détaillée des mémoires publiés en anglais, par ?Iomo et Cheyne, ' en allemand par Leaten, dans les Annales de Littérature médicale étrangère, tom. 5, 6 et 8.

( Ant. DiGÈs. )

CROUTE , s. f. crusta , nom par lequel on désigne toute humeur desséchée I solidifiée , fournie par des vésicules , des bulles , des pustules , des excoriai'iis ou des ulcères de la peau.

CROUTE LAITEUSE, crusta laclea , dénomination employée par quelles auteurs pour désiirner les eczéma simples , ou impétigiueux. développés lez les enfa^ns à la mamelle, {f^ujcz Eczéma, Impétigo. ) (P. Rater )

CRUCIFÈRES. Nom d une grande lamille végétale remarquable par les J'ens qu'elle fournit à la thérapeutique : elle n'est pas moins intéressante par ]: services qu'elle rend à l'économie domestique et aux arts. Parmi les nomieuses espèces que la médecine a empruntées à cette famille, on peut citer la initarde, le chou , le raifort , le cresson , le cochléaria. Elles ont toutes sur ) conomie une action analogue , et qui ne difi'ère que par la proportion ; touli, eri effet, présentent une composition chimique semblable ; c'est-à-dire , i lépendamment de principes mucilagineux sucrés, amylacés ou autres, quel-

• efois du phosphore , du soufre ou de l'azote; mais toujours une huile volatile «Ire et piquante, qui exerce une action très-énergique sur la peau elles memlaues muqueuses. Les crucifères ne contiennent pas d'ammoniaque , comme ) nt avancé quelques auteurs trompés sans doute par ce fait, que ces végétaux ( jissent promptement la décomposition putride , et développent alors une (rtaine quantité d'ammoniaque.

C'est donc à l'huile volatile abondante dans quelques-unes d'entre elles, la ntitarde par exemple , mais qui, dans d'autres, disparaît presque totalement ]ur faire place à des principes plus ou moins inertes , que les crucifères doiiiit toutes les vertus qu'on s'est plu à leur reconnaître, et plus souvent peut- < e à leur attribuer. C'est par elle qu'elles exercent une stimulation plus ou iiins énergique, qui a lieu d'abord sur les parties qui reçoivent le médicament,

* ie transmet ensuite par voie d'absorption. Il est facile de concevoir comment (i stimulations directes ou révulsives , plus ou moins renouvelées , peuvent i >ir des résultats utiles , et pourquoi 1 on voit ces plantes préconisées tour à (ir comme antiscrofuleuses , antiscorbutiques , emménagogues , sudorifiques «diurétiques , suivant les circonstances où elles ont été administrées; il faut ^pendant tenir compte, ici comme ailleurs , de cas nombreux où leur emploi «fié tout-à-fait insignifiant.

Par cela même que les crucifères jouissent de propriétés énergiques , elles J ivent , suivant qu'elles sont administrées avec plus ou uioins de discernementi «il rendre de véritables services, ou provoquer des accidens sérieux. lies ré- Ixions qui ont été faites aux articles Autiscrofuleux et Antiscorbutiques , ( les qui se présentent à l'occasion des huiles volailles {voyez ce mot) et des i Icrentes crucifères trouvent ici une application directe. Leur usage est de Ijucoup restreint de nos jours, et l'on ne voit pas qu'on doive en avoir un {ind regret. D'ailleurs les anciens étaient dans une position peu favorable 'ijur bien apprécier les résultats thérapeutiques de celte espèce de médicament, lijns les formules qu'ils nous ont transmises , il est bien rare de voir les crucif es employées séparément. Pour l'ordinaire elles ont été associées les unes SIC autres, ce qui n'était pas irrationnel , mais plus souvent encoie elies en- 1 ient dans des préparations vineuses ou alcolioliques, dont les excipiens seuls, ijlépendaniment des substances plus ou moins actives, qui s'y trouvaient réu- 1Î!S , étaient capables d'induire en erreur k raison des propriétés énergiques <|tit ils étaient eux-mêmes doués. (F. Ratier. )

DRTSTALLINE. f^ojez Sïphilide.

ijCUBEBE. Voyez Poivre.

CUIVRE, ( Chimie médicale, ) cuprum ; nommé Fènus par les alchimistes. Métal Irès-anciennemeiit connu et assez répandu dans la terre , où on le trouve sous les dilTérens états de cuivre métallique , oxidé , sulfuré, oxichlorurè, carbonate , afseniaté , pitosphaté et sulfaté. C'est surtout des mines où il est à l'état de sulfure qu'on l'extrait, en le soumettant à des opérations réitérées de grillage et de fusion , qu'il n'entre pas dans notre plan de décrire.

Le cuivre pur est solide, d'un rouge rosé cl Irès-éclatant; il a une saveur très- marquée , et acquiert une odeur désagréable par le frottement; c'est le plus élastique et le plus sonore de tous les métaux; c'est aussi l'un des plus ductiles et des plus tenaces. Il est moins dur que le fer, un peu plus fusible que l'or et moins fusible que l'argent ; il pèse spécifiquemeiit 8,895.

Le cuivre est inaltérable à l'air sec ; il se ternit à l'air humide, dont il fixe à la fois l'oxigène , l'eau et l'acide carbonique , et il se recouvre bientôt d'une couche de sous-carbonate de cuivre hydraté vert, que l'on désigne vulgairement sous le nom de vert de-gris. Toujours exposé à l'air, mais à la chaleur rouge, il n'en absorbe que l'oxigène , et se convertit en un deuloxide br un qui se détache facilement par la percussion. Dans les arts on nomme cet oxide b'itlilures de cuivi e.

L'eau pure est sans action sur ce métal ; mais elle l'oxide lentement lorsqu'elle est aérée , et encore plus lorsqu'elle contient des sels en dissolution. Dans tous les cas on remarque que la plus grande altération du métal a lieu au point de contact de l'air avec la surface de l'eau. Il en résulte l'impossibilité de conserver les eaux potables dans des vases de cuivre , et celle de faire servir aux usages domestiques de l'eau de pluie qui aurait lavé des bâtimens couverts en cuivre.

11 n'y a presque pas d'acides , même parmi ceux que l'on relire des végétaux, qui n'attaquent le cuivre, lorsque ce métal est en mêtrie temps exposé au contact de l'air ; les acitles sulfurique et hydrochlorique surtout l'attaqiient dans cette circonstance ; l'acide sulfurique concentré et bouillant le dissout sans difficulté ; l'acide nitrique l'attaque très vivement et le dissout à froid comme à chaud; il se dégage une grande quantité de deuloxide d'azole qui devient rutilant à l'air , et il en résulte un liquide bleu qui , de même que tous les dissolutés de deuloxide de cuivre , jouit des propriétés suivantes :

La potasse caustique y forme un précipité bleu pâle qui est un hydrate de deuxtoxide de cuivre. Ce précipité , lavé et soumis à l'ébullition dans l'eau , devient noirâtre et se convertit en deuloxide anhydre semblable à celui qui résulte de la calcination du cuivre.

L'ammoniaque, versée en très-petite quantité , y occasicne un précipité semblable au précèdent ; mais pour peu que l'on ajoute un excès d'alcali , le précipité disparaît , et la liqueur acquiert une couleur bleue de la plus grande beauté.

L'acide hydrosulfurique et les hydi osiilfates y déterminent un précipité brun noir; Thydrocyanate de potasse et de fer, un précipite rouge brun; enfin , une lame de fer décapée que l'on y plonge y prend la couleur rouge du cuivre métallique. Des ces différens ri actifs , la lame de fer, l'iiydrocy anale ferrugineux et l'ammoniaque sont ceux qui indiquent les plus petites quantités de cuivre dans une liqueur.

Le cuivre se combine à la plupart des corps simples non métalliques et métalliques ; mais c'est surtout avec les seconds qu'il forme des composés ou alliages d'une grande importance dans les arts. Les principaux sonlXebronze ou mêlai des canons , le métal des cloches, et ceux du tam-tam, des timbres d'horloges et des miroirs de télescopes, qui sont tous formés de différentes proportions de cuivre et d'étain ; avec le zinc il produit le cuivre jaune ou laiton et le similur ou chrysocak ; avec l'or et l'argent il donne l'alliage des monnaies, des bijoux et des pièces d'orfèvrerie; enfin seul, il constitue la matière de la plupart de nos ustensiles de laboratoire et de cuisine. Malheureusement la facilité avec laquelle il est attaqué par un grand nombre de substances, peut exposer à des accidens que le procédé de l'étamage ne prévient pas toujours.

Cuivre ( acétate de ). L'acétate de cuivre se présente sous deux formes dans le commerce : cristallisé et en masses brutes et amorphes. 'Uacétate cristallisé porte les noms de cristaux de vénus et de vcrdet cristallisé; il est en masses pyramidales tronquées, terminées à leur surface par des cristaux rhomboïdaux; il est d'un vert très foncé, un peu efllorescent à l'air, et entièrement soluble dans l'eau^ à laquelle il communique une couleur verte , une saveur fortement cuivreuse et les propriétés communes à toutes les dissolutions de cuivre {voyez plus haut). 11 sert en pharmacie à l'extraction de l'acide acétique dit vinaigre radical.

'L'acétate de cuivre brut , dit aussi verdet gj'is , est en masses d'un vert bleuâtre , composées de très-petits cristaux soyeux , de quelques parcelles de cuivre et de débris atténués du marc de raisin dans lequel on a mis à séjourner les lames de cuivre destinées à être converties superficiellement en acétate. Il a une légère odeur de vinaigre et une saveur fortement cuivreuse; l'eau le décompose en 50 et quelques parties d'acétate soluble semblable au précédent, et en 44 parties environ d'acétate insoluble qui contient 63 d oxide pour 100. L'acide sulfurique en dégage de l'acide acétique , de même que des autres acétates. L'acétate de cuivre brut est employé comme escarotique dans quelques onguens ; il est très-usité dans la peinture.

Cuivre ( acétate ammoniacal de) , composé triple A''acétate de cuivre, à'acéale d'ammoniacjue et de cuprale d'ammoniaque. On le forme en ajoutant de l'ammoniaque à un soluté d'acétate de cuivre , jusqu'à ce que le liquide , qui s'était troublé d'abord , soit redevenu transparent et d'un bleu foncé. La liqueur évaporée laisse cristalliser des houppes soyeuses et feutrées d'un bleu très-foncé. Si on expose ce sel, dissous dans l'eau , à l'action de la chaleur , on

CUIVRE

CUIVRE

voit la liqueur , qui était d'un beau bleu , devenir fauve et produire un précipité brun noirâtre d'oxide de cuivre. Cet oxide est celui qui saturait Tammoniaque , et qui l'a laissé dégager par le calorique.

L'acétate de cuivre ammoniacal est ordinairement employé pour découvrir de petites quantités d'acide arsénieux dans un liquide : il y fo) me un précipité vert pré d'arséiiite de cuivre. Mais cet efiet est subordonné à plusieurs circonstances qui rendent peu certaine la conséquence légale qu'on voudrait en tirer. Par exemple, si une liqueur quelconque est acide , il y aura toujours un moment où elle précipitera par l'acclate de cuivre ammoniacal : c'est celui où i'ammoniacjue libre étant saturée , ne pourra plus tenir en dissolution l oxide de cuivre qui s'y trouvait particulièrement combiné; par opposition à ce résultat, une liqueur ammoniacale pourra contenir de l'acide arsénieux sans que l'acétate de cuivre et d'ammoniaque y forme aucun précipité d'arsénite de cuivre , ce composé étant soluble dans l'ammoniaque comme les autres sels de cuivre. Le réactif dont il est ici question n'ofl're donc un résultat certain qu'autant qu'on agit sur une liqueur neutre, et que , ne se bornant pas à considérer la couleur du précipité , on y constate ensuite la présence de l'arsenic.

Cuivre (carbonate de). Le carbonate de cuivre peut s'obtenir en précipitant lin soluté de sulfate de cuivre par le carbonate de potasse. Mais ce sel existe sous difTérens états dans la nature , et offre deux espèces distinctes , une bleiie et une verte , qui toutes deux sont usitées dans les arts.

Le euiuTa critùonaCé bien , nommé aussi azur de cuifre , bleu de montagne , p 'erre d'Arménie j parait formé de deux atomes de carbonate et d'un atome d'iiydrale de cuivre. Il est pulvérulent ou sous forme de eoncretions ; il est employé dans la peinture.

LecuîVcc Cfirbonalé vert est un simple carbonate de cuiure hydraté qui porte le nom de vert de montagne quand il est sous forme pulvérulente , et celui de mnlachile lorsqu'il est en concrétions momelonnées, dures et susceptibles d'un beau poli; cette magnitique substance sert à faire des bijoux , des tabatières et quelquefois des meubles d'un prix excessivement élevé.

Tous les carbonates de cuivre font effervescence avec les acides sulfurique et nitrique, et forment un soluté bleu qui offre tous les caractères du cuivre dissous.

CuiVKE { chlorures et bydrocblorates de). Le cuivre forme deux chlorures comme deux oxides et deux sulfures. Le prol ochlorure s'obtient en traitant du cuivre trës-divisé par de l'acide hydrochlorique concentré. Une partie de l'acide se trouve décomposée, son hydrogène se dégage et le chlore se combine au métal. Lé-clilorure formé se dissout dans l'acide hydrochlorique non décomposé; on le précipite en y ajoutant de l'eau ; il est blanc et pulvérulent.

Le deutochloi ure ou deutohydrochlorale se prépare en dissolvant le deuf oxide dans l'acide hydrochlorique ; il est soluble dans l'eau , vert et cristallisable. Une chaleur niodérée en dégage de l'eau, et le convertit en deulochlorure anhydre , qu'une température plus élevée change en pi otochlorure insoluble.

CuiVBE -(nitrate de ). S'obtient en dissolvant le cuivre dans l'acide nitrique; il est bleu , très-soluble et cristallisable en parallélipipèdes alongés et transparens. Il sert à préparer les cendres bleues , qui sont un mélange ou peutêtre une combinaison insoluble de chaux et de deutoxide de cuivre hydratés.

CtJiVRE (oxides de). 11 y en a deux, un protoxide et un deutoxide. Le protoxide existe dans la nature , et accompagne presque toujours le cuivre métallique. Il est d'un rouge vif, cristallisé en octaèdres , ou en filets soyeux , souvent en masses compactes peu volumineuses. On l'obtient artificiellement en décomposant le protochlorurc <le cuivre par la potasse caustique ; il est d'un jaune orangé lorsqu'il est hydi até, et rouge quand il a été desséché. 11 se dis- «(jut dans l'ammoniaque sans la colorer , et la liqueur se colore en bleu par le contact de l'air.

Le deutoxide existe aussi dans la nature ; mais on le prépare le plus souvent en décomposant les sels de cuivi e par les alcalis. 11 est bleu h l'état d hydrate, et (l'un brun noir lorsqu'il est privé d'eau ; il se dissout sans t ffervescence dans les acides et leur communique les propriétés des dissolutés de cuivre.

Cuivre (sulfate de). Nommé aussi vitriol bleu , vitriol de Cltjpre , couperose bleue. Ce sel existe à l'état de dissolution dans les eaux de quelques sources qui traversent les mines de cuivre; mais presque tout celui du commerce est obtenu artificiellement en calcinant lentement le sulfure de cuivre et le traitant ensuite par l'eau pour dissoudre le sulfate formé. On obtient ce sel par l'évaporalion du liquide et la cristallisation.

Le sulfate de cuivre se présente ordinairement en prismes isolés dont la forme dérive de l'octaèdre ; il est d'un beau bleu, transparent, n)ais légèrement eflloresceut à l'air, d'une saveur très-stypiique et désagréable; il contient 0,.36 d'eau de cristallisation , se fond li une légère chaleur, se dessèche et se transforme eu un sulfate blanc anhydre. Il est soluble dans 2 parties d'eau bouillante, et seulement dans 5 paities d'eau froide. Son soluté forme avec le uilrate de baryte un précipité blanc insoluble dans lacide niliique, et jouit du reste des propriétés communes aux autres sels de cuivre. (Guibourg.)

CUIVRE et ses composés (propriétés lliéra/)euli</ues du).

Le cuivre ii l'état métallique n'exerce aucune action sensible sur l'économie animale; mais il est rare qu'il reste longtemps dans cet état ; et les oxides et ](!S sels qu'il fournit doivent être étudiés sous le double rapport de leur effet toxique et de leur action médicamenteuse. La première partie de ce travail a été exécutée ailleurs; nous n'avons donc k nous occuper que des oxides et des sels de cuivre considérés sous le second point tle vue. Nous devons dire cependant que les anciens employaient comme médicament , tant il l'inléi leur qu'à l'citérieur, le cuivre métallique j mais il est probable qu'alors, ou bien le

cuivre subissait l'oxidalion ou la transformation saline, et dans ce cas ce n'était plus du cuivre seul qu'on administrait ; ou bien il ne subissait aucune altération, et pouvait passer insignifiant et inaperçu. C'est d'après ces considérations, et en cherchant à apprécier la réaction qu'ont pu exercer sur le cuivre les substances qui lui étaient associées, que doivent être examinées et jugées les observations dans lesquelles il est question de l'usage du cuivre métallique. De nos jours l'application de cette substance , soit à l'intérieur soit à l'extérieur, serait contraire à toute connaissance positive en chimie et en thérapeutique.

Il n'est c[u'une seule circonstance où il serait utile d'employer le cuivre, et où cependant on ne s'en sert pas; c'est dans l'opération des cautères. Les auciens avaient observé que ce métal avait pour le calorique une plus grande capacité que le fer; et en avaient conclu qu'étant rougi il devait produire une cautérisation plus énergique , et s'éteindre moins facilement que le fer rouge. Un petit nombre de praticiens de nos jours a su profiter de cette remarque, et les cautères d'acier sont employés presque exclusivement.

Les préparations de cuivre en général (oxides et sels) sont vénéneuses, et ne peuveut être aduiiiiistrées qu'avec une grande réserve, surtout à l'intérieur, sous peine d'avoir à redouter de graves accidens. Elles ont cependant été fréquemment employées , autrefois et contre des maladies très-diverses; mais, de nos jour.i , on a peu de goût pour ces médications dangereuses et incertaines dans lesquelles les poisons jouent toujours le principal rôle.

C'est surtout dans les maladies des yeux que les sels et les oxides de cuivre ont été recommandés ; et les noms de pierre divine , pierre miraculeuse , eau céleste, sont encore là pour attester la confiance superstitieuse qu'on a^it dans leurs vertus. D'ailleurs, leurs propriétés excitantes suffisent pour expliquer les bons effets que des solutions, à divers degrés de concentration, ont pu produire dans des affections qui réclament souvent un traitement excitant.

Comme caustiques et calliérétiques , les préparations cuivreuses peuvent être utilisées. Enfin, il n'est pas hors de propos de dire que quelques-unes d'entre elles sont insolubles , et de faire remarquer qu'elles n'en ont pas moins été recommandées comme efiicaces , mais plus douces que les aulves. Enûu , une dernière remarque, qui n'est pas la moins importante, c'est que les préparations cuivreuses ont entre elles une grande analogie, et qu'elles peuveut en c{uelque sorte être employées indistinctement. Kien n'est moins prouvé que l'action, sur les systèmes sanguin et lymphatique, ilont quelqu"s auteurs les gratifient sans preuves ; et mieux vaudrait abandonner les maladies chroniques aux ressources de la nature , aidée des moyens raisonnables d une médecine éclairée , que de torturer les malades par de continuelles et dangereuses expériences sur les poisons.

Cuivre (acétate de). L'acétate et le sons -acétate de cuivre peuvent être considérés simultanément , car ils ne diflérent l'un de l'autre que par un peu plus ou un peu moins d'énergie : tous deu.x sont irritans et caustiques, et leur action vénéneuse sur l'économie animale n'a pas besoin d'être décrite. D'ailleurs ces deux sels sont peu employés en médecine, parce qu'ils n'oflVent aucune propriété qui ne se retrouve également dans d'autres corps. Nous n'avons donc à en parler ici que sous le rapport de l'usage qu'en faisaient le» anciens , et à examiner quels pouvaient être leurs efl'ets dans les cas oùilsy avaient recours.

Les noms de œs viride , viride ceris . œrugn œris , verdet , vert de gris, se rapportent aux sels qui nous occupent, et que nous trouvons indiques fréquemment dans les auteurs, pour l'usage externe, tantôt pour cautériser des vé"étatious, des aphthes , tantôt pour faire des injections astringentes dam les cas de blennorrhagies chroniques ou d'hémorrliagies. Mais on ne saurâit prouver que ce moyen soit préférable à aucun autre du même genre , et, dans les cas en question , l'application opportune et méthodique est la véritable, condition du succès. C'est à l'acétate de cuivre que divers onguens, autrefou célèbres, doivent leur couleur verte et leur propriété stimulante ; quelquefois l'acétate se trouve décomposé, comme dans l'ongueut égyptiac ; mais l'oxide de cuivre est presque aussi efficace que l'acétate. Quoi qu'il en soit, on a renoncé à ces préparations compliquées, qu'on regardait autrefois comme spécifiques dans le traitement des ulcères de mauvaise nature; ulcères qui , pour le dire en passant , ne sont jamais plus communs que dans les cas où l'on emploie beaucoup de substances irritantes à l'intérieur et à 1 extérieur.

On peut dire ele l'acétate de cuivre, comme de tous les moyens violens, qu'il a été essayé contre toutes les maladies graves et oj)iniâtrcs ; et l'on (lourrail, en quelque sorte , se borner à transcrire la liste des affections dans lesquelles ont été préconisées tour à tour les préparations ammoniacales, arsénicales , mereurielles , etc., c'est à-dire , la rage, l'épilepsie, la phthisie , les scropliules , la syphilis, le cancer. Ses bons effets sont tellement équivoques , et tellement compensés par les graves accidens qui ont accompagné ces tentatives , qu on trouverait, de nos jours , peu de praticiens disposés à recommencer ces dangereuses expériences. Dans la plu])arl des cas, les malades, chez lesquels on ne s'est pas borné à des doses insignifiantes par leur exiguilé, ont offert les .symptômes propres à reinpoisonnement plus ou moins complet par les substance» acres; savoir, des nausées, des vomissemcns , des évacuations alvines plus ou moins abondantes. Quelquefois , ce qui il'ailleurs n'a rien de particulier, ces secousses ont favorisé la resolution d'engorgcmens scrophuleux ou squirrlieus, ou la cicatrisation d'ulcères de mauvaise nature. Mais combien de fois n ontelles pas amené de fâcheuses conséquences !

Les détails plus étendus dans lesquels nous jiourrions entrer seraient d une bien mince utilité pour les lecteurs ; si quelqu'un voulait expérimenter de nouve.iu ce médicament, il ferait bien de mettre de côté tout ce que lions ont laissé les auteurs, et de recommencer sur nou^ eaux frais. Est-il besoin de dire

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( e l'acefate de cuivre étant un poison assez actif, doit être manié avec cir- «iispection , et qu'on doit n'adminislrer d'abord que des fractions de grain, j is augmenter les doses, suivant la manière dont les malades supportent ce I ilicauient ?

Pour peu qu'on ait de sévérilé dans l'esprit , on est toujours porté à se de- I nder comment et d'après quelle induction l'acétate de cuivre a pu ('Ire introtit dans la pratique médicale. Ou n'est pas moins disposé à s'enquérirdu motif <i a pu faire conseiller Vucètaie de cuit^re arnmoniacé et Yacélitte du cuirre itassé , dans les mêmes cas où l'acétate de cuivre avait, dit-on, de si bons (Cls. Quand on possède un remède si efficace , comment va-t-on en chercher tulres? D'ailleurs, ces deux acétates doubles ne sont pas moins \énéneux C 3 l'acétate simple , et ne demandent pas moins de prudence clans leur admi- I tratiou. Ils sont employés moins souvent encore que celui dont nous venons c nous occuper, et qui lui-même commence à cire abandonné aux arts i lustriels.

i^L'iVBE ( ammoniure de ) , ciwre ammoniacal. Solution de deutoxide hydraté (cuivre ilans l'ammoniaque. Cette préparation , qui est vénéneuse , comme 1 élémens qui la composent, était anciennement cotiuue sous les noms de i rture bleue , teinture de cuiui e , tcintui e de f 'énus. Elle a été préconisée par Iphaave comme diurétique dans l'iiydropisie ; mais il ne paraît pas que cette jbpriété soit bien constante. Dans ces derniers temps, lui médecin allemand Ijemployée comme antisypliililique , et l'a présentée comme très-avantageuse (ifitre la maladie vénérienne. Nous ne pouvons nous empêcher de faire quelques »|exions à ce sujet. Les symptômes vénériens disparaissent sous l'influence de litemens très-divers , et même sans l'emploi d'aucun moyen curatif. L'ammof re de cuivre, administré de manière à ne pas produire d'accidens iraméyts , laisse guérir ces symptômes aussi bien que le mercure, Tarsenic , etc. , is rien ne prouve que, dans les cas graves , ce médicament se soit montré s évidemment efficace que tout autre , ni qu'il ait mis ceux qui en avaient usage à l'abri des accidens consécutifs, d'une manière plus certaine que e autre substance. Son application topique sur les ulcères vénériens peut ir pour résultat soit une simple excitation, soit une cautérisation plus ou ins profonde, et dont l'utilitd est proportionnée à l'opportunité de la médiion; mais on ne peut voir dans sou action rien de spécifique. Il en est de me de son emploi dans les opbthalmies chroniques.

Linsi , en dépouillant l'ammoniure de cuivre d'une réputation usurpée , on trouve plus en lui qu'un médicament irritant qui peut être facilement stitué à beaucoup d'autres, mais aussi facilement remplacé par chacun d'eux. ^iiviiE ( carbonates de ). Oq a employé en médecine plusieurs sous-carboes lie cuivre; mais ils sont moins usités encore et conséquemment moins mus dans leurs effets que les autres sels de ce métal. Ils sont d'ailleurs moins ifs, parce qu'ils sont peu solubles. On ne possède , à ce sujet, que des obvalions vagues et incomplètes , dans lesquelles ni la description de la mala- :, ni l'indication du médicament employé, ni la relation des syriiplômes iervés pendant son usage , ne suffisent. pour établir la conviction. Des médes anglais ont vanté le carbonate de cuivre contre le tic douloureux de la face, itre lequel ils ont également préconisé le carbonate de fer. jCS observations que nous avons faites à l'occasion de l'acétate de cuivre moniacé se repi ésentent naturellement par rapport au sous-carbonate de vre et d'ammoniaque , lequel , dit-on , dissous dans de l'eau distillée, a été ployé en injection dans la blennorrhagie chronique , et, en fiilules, contre 'tailles Jîèvres anomales. De sembl.ibles données ne suffisent plus maintenant ir que l'on entreprenne tles expériences , et ces médicamens paraissent peu itinés à sortir de l'oubli.

Suivre (hydro-chlorate de ). Muriate de cuivre. Ce sel, très-soluble et trèsistique,est peu employé en médecine. Jl avait été autrefois conseillé contre rachltis et le carreau , et même contre l epilepsie. Sa réputation d'efficacité pas été durable. Il en a été de même de 1 hydro-chlorate d'ammoniaque vreux , qui a été essayé dans les affections ci-dessus indiquées , -et même dans maladies vénériennes.

!^rivnE (sulfate de ). Le nitrate de cuivre est exti êmcmeni vénéneux , et agit a manière des poisons irritans. La solution ]dus ou moins concentrée peut e employée soit pour toucher des ulcères fongueux , soit pour faire des intions excitantes. Son usage dans les maladies vénériennes est très-peu connu, (n qu'on dise l'avoir vu réussir dans des cas où le mercure avait échoué, lilleurs, il ne saurait être , à cause de cela, considéré comme spécifique, isqu'on voit tous les jours des remèdes très-difTérens guérir, ou plutôt laisser ;rir des sy [ihilis que le traitement mercuriel, inopportun ou mal dirigé, lit exaspérées.

CuiVBE (oxides de). Les oxides de cuivre ont été plus employés en médecine ries anciens qu'ils ne le sont de nos jours. Ils agissent sur les organes diges- > à la manière des poisons irritans ; cependant il en faut une certaine dose ur produire des accidens. Des vomissemens , une piirgalion plus ou moins :ompagnée de coliques, tels sont les résultats de l'administration interne s oxides de cuivre , et ces résultats n'ayant rien de particulier , l'usage ne tes pas adoptés , quoiqu'il soit certainement indifférent de faire vomir avec j^ide de cuivre, le sulfate de zinc ou le tartre stibié. Les oxides de cuivre lient connus sous le nom A'œs uslum , crocus veneris , etc. , chez les anciens, i s'en servaient surtout à l'extérieur ; leurs propriétés irritantes , qui ne vont s cependant jusqu'à la causticité , expliquent comment ils ont reçu les noms détersifs, mondifîcatifs , tlessicatifs. Rappeler qu'ils ont été employés contre pilepsie est presque superflu, puisqu'il n'est aucun remède qui n'ait été îayé contre cette maladie. On ne se sert plus des oxides de cuivxe.

DlCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES,

Cuivre (sulfate de). Le sulfate de cuivre, qui est un sulfate acide et qui est également connu sous les noms de vitriol de Chypre et de couperose bleue , est plus usité en médecine que le sous-sulfate et le sulfate neutre, dont les propriétés sont d'ailleurs analogues aux sieiines. Ce sel est très-vénéneux , et son action toxique a été constatée fréquemment soit dans des empoisonnemens , soit dans les expériences directes teintées sur les animaux. La médecine s'en est cependant emparée, et, mettant à profit ses propriétés bien évidentes, elle l'a employé, lo comme caustique et calliérétique, 2° comme astringent, 3" comme vomitif; et, sous ce triple rapport, il est digne de la confiance qu'on lui accorde. Mais il est faux, par exemple, que pour provoquerdes vomissemens il soit préférable à l'émétique , et qu'il ne débilite pas l'estomac. Reproduire de pareilles assei'lions, c'est se montrer étranger à toute idée saine en physiologie et en thérapeutique. On sait que c'est moins la nature que les doses dés vomitifs , etles circonstance dans lesquelles ils sont administrés, qui déterminent les pbémcnes de douleur épigastrique et de dyspepsie prolongée que les auteurs désignent sous le nom de débilité d'estomac. ( Voy ez Vomitifs. )

Si des applications positives nous passons aux idées hypothétiques d'après lesquelles on a administré ce médicament, le champ s'élargit, mais sans devenir plus fécond en résultats salutaires. C'est ainsi que nous le voyons recommander , d'une manière générale et indéterminée , contre les hydropisies , où tant de circonstance.^ peuvent contr'indiquer l'emploi des vomitifs; contre l'épilepsie , l'hystérie, les fièvres d'accès , et même contre les tubercules pulmonaires. Dans ce dernier cas, les uns, jiensant que des secousses réitérées de vomissement peuvent favoriser la résolution des tubercules , l'administrent à dose vomitive ; les autres , lui attribuant une action spéciale , le font prendre à dose altérante. Il n'y a, ni d'un côté ni de l'autre, de succès assez positif pour déterminer le médecin qui serait dans l'incertitude.

L'usage interne du sulfate de cuivre est presque abandonné; l'habitude a consacré l'émétique et l'ipécacuanha comme vomitifs ordinaires , et ce n'est que quand ils se sont montrés infidèles qu'on a recours au sulfate de cuivre. Ajoutons que, suivant leur coutume, les médecins des siècles précédens administraient le sulfate de cuivre mêlé à diverses substances qui ajoutaient rarement à ses propriétés , et qui , plus ordinairement, affaiblissaient son action en diminuant sa quantité proportionnelle.

Quant à son application extérieure, elle a survécu. Seulement elle demande quelques précautions , parce que le sulfate de cuivre , nonobstant les assertions contraires, peut très bien être absorbé et transporté dans les voies de la circulation. C'est ordinairement la dissolution aqueuse dont on se sert en lotion ou en injection dans les inflammations chroniques des membranes muqueuses, à la surface des plaies, dans des trajets fistulenx qui ont besoin d'être excités. Mais dans ces cas mêmes, s'il est utile, il n'y a pas d'expérience positive qui le montre comme plus actif que l'acétate de plomb , le sulfate de zinc , et même le nitrate d'argent en proportion convenable.

Malgré l'assertion de quelques praticiens, le sulfate de cuivre incorporé à l'axonge ne saurait être considéré comme le meilleur remède contre les ulcères vénériens , qui , de même que tous les autres . ont souvent besoin d'être tour h tour couverts d'applications émollientes , stimulés par des médicamens excitans ou même cautérisés au besoin.

I.a combinaison du sulfate de cuivre avec l'ammoniaque a été aussi vantée comme pourvue de propriétés bien remarquables, si elles étaient confirraées par l'expérience. Considérée cbimiquenient , cette substance ne peut être considérée que sous le point de vue des élémens qui la composent et qui n'exercent l'un sur l'autre aucune réaction. En effet , l'acide en excès dans le sulfate acide du cuivre est précipité par l'ammoniaque ; ou le sulfate d'ammoniaque jouit de vertus bien peu actives , et ne saurait ajouter à celles du sulfate tle cuivre. C'est donc une de ces préparations introduites, dans la pratique, plutôt par le besoin d'innover que par des expériences bien faites. Quelle confiance peut-on donc accorder à ces observations dans lesquelles il est présenté comn.e une sorte de spécifique dans l'épilepsie , et cela .i la dose d'un à deux grains par jour, en commençant par un quart de grain ? Malgré les noms célèbres qu'on cite à l'appui de cette opinion , on ne peut guère avoir l'espérance d'en obtenir des succès , lorsqu'on voit surtout que le prétendu spécifique échoue assez fréquemment. D'ailleurs, quoi qu'en ail dit un médecin anglais qui n'en a jamais observé d'accidens, il n'est pas moins vrai que, comme le sublimé , l'arsenic, etc. , il produit, lorsqu'il est employé à contre-temps ou à trop forte dose , des symptômes d'irritation gasti o-intestinale plus ou moins graves.

L'emploi de ce sel, en dissolution, dans la blcnnorhée et la leucorrhée ne présente rien de particulier, et diffère à peine de celui de sulfate simple de cuivre.

Cuivre (sulfate de). Médicament peu employé, et peu actif, bien qu'on lui ait prêté des propriétés merveilleuses. Il paraît d'ailleurs même que les auteurs ne sont pas d'accord sur sa nature, et que le sulfate de cuivre, et môme un mélange d'oxide de cuivre et d'oxide de mercure , ont été souvent employés à sa place, à une é[>oque où les connaissances chimiques étaient moins avancées qu'elles ne le sont aujourd'hui. (F. Ratier.)

CUIVRE. ( Toxicolos^ie. ) Les détails chimiques dans lesquels ou e.çf entré relativement à ce métal et à ses composés nous dispensent de reproduire des notions qui amèneraient des répétions. Ces détails sont surtout relatifs aux divers composés cuivreux dans leur état de pureté. Nous les envisagerons donc principalement eu égard à leur mélange avec des aliincns ou des boissons.

Cuivre mÉtaijLique. (Caractères chimiques. Voyez Cuivre, chimie médicale.) Le cuivre, h l'état métallique, est un des métaux qui, à la température ordimire , n'absorbent l'o.xygène qu'à la longue , et que lorsqu'ils sont placés dans

CUIVRE

certaines circonstances ; ainsi un vase de cuivre parfaitement décapé peut rester long- temps à Tair sec , sans s'altérer. 11 n'en est pas de même, si l'air est trèshumide; car il passe peu à peu à l'état d'oxide, puis à celui de carbonate (vert-de-gris naturel) ; ce carbonate devient sokible dans un excès d'acide carbonique. Il résulte de là qu'il y aurait de l'inconvénient à boire de l'eau qui aurait séjourné pendant quelque temps dans un vase de cuivre. L'oxidation s'efTectue aux dépens de l'air en dissolution dans l'eau ; celle-ci n'est donc pas décomposée; et, par cela même aussi , de l'eau qui aurait bouilli pendant quel, que temps dans un vase de cuivre , serait beaucoup moins à craindre que celle qui j aurait séjourné k froid, l'ébullition lui ayant fait perdre la totalité de l'air qu'elle contenait. L'eau distillée, laissée pendant un mois sur delà limaille de cuivre , dans un flacon fermé , n'eu dissout pas un alôme (Dkoi'ard). Ce que nous disons de l'eau peut s'appliquer à des boissons journellement employées , le vin , la bière , le cidre , le lait , etc. Une circonstance propre à ces liquides rend même leur séjour dans des vases de cuivre, plus délétère. Presque tous renferment en effet un acide libre dans leur composition , et il est d'observation que la présence d'un acide faible , favorise singulièrement l'oxidation du cuivre, pâr la tendance qu'a cet acide à former une combinaison avec l'oxide. Cet effet est surtout marqué, cjuand on laisse du vinaigre ou un aliment vinaigré dans mi vase de cuivre; il suffit alors de quelques heures pour lui donner des propriétés vénéneuses; et quoique l'ébullition semble diminuer la facilité de l'oxidation, elle ne peut jamais, dans quelques cas , l'arrêter complètement. Ainsi, pour conserver aux coriiichon.s , aux c.Tpres, une couleur verte , on faitbouillir le vinaigre dans lequel on doit les laisser macérer dans un vase de cuivre ; ou Lien , si l'on emploie un ustensile en terre , on a le soin d'y ajouter un ou deux gros sous, afin de former un acétate qui colore ces alimens. C'est d'après le même principe que l'oseille, les épinards sont très-vei ls quand ils sont cuits dans un vase de cuivre non étamé , et jaunes s'ils ont été préparés dans un vase en terre. Eller a retiré vingt-et-un grains d'acétate de cuivre de l'ébullition dans un vase de ce métal de cinq livres de vin blanc. Le vinaigre que l'on débite dans Paris, renfermé dans de petits tonneaux munis d'un petit robinet en cuivre, contient du vert-de-gris (Dupuytren). L'eau qui tient en dissolution un peu de sel de cuisine facilite singulièrement la formation d'un composé cuivreux (Eller). Mais si dans cette tlissolution on met un morceau de bœuf, de lard , ou de poisson , la présence de ces substances animales neutralise l'action du sel , et le cuivre n'est pas altéré. Le sang parait être , d'après Vauquelin , dans le même cas que le sel marin. L'huile et les graisses s'opposent à l'oxidation de ce métal { DnouAUD. )

Ou peut donc déduire des faits précédens, que le cuivre métallique n'est pas un poison par lui-même , mais qu'il est susceptible de le devenir, quand il est placé dans certaines circonstances; que les principales sont son exposition à l'air humide, son contact avec des liquides aérés, surtout quand ils renferment un acide libre , son contact avec des alimens qui sont dans le même cas, et qu'il .se produit alors diverses espèces de vert-de-gi is artificiels , dont la nature de l'acide , varie comme celle de l'acide qui fait partie des alimens , entre un acétate, ou un oxolate , ou un malate de cuivre; que les viandes cuites avec un liquide légèrement salé acquièrent rarement des propriétés vénéneuses , mais , que comme l'oxidation s'effectue principalement pendant le refroidissement des mets dans les vases cuivreux, et que le défaut d'attention ou la négligence renouvellent sans cesse cette circonstance , il faut rejeter les vases de cuivre non élamés pour ustensiles de cuisine.

On s'est souvent demandé si le cuivre introduit en limaille ou en rondelles dans l'estomac , pouvait occasioner des acci Jens d'empoisonnemens. Les faits et les cx|iériences résolvent cette question d'une manièi'e satisfaisante. Les chiens auxquels Drouard a fait avaler de la limaille de cuivre n'en ont jamais souffert. Plusieurs fois des enfans ont rendu comme ils les avaient avalées , des pièces de monnaie en cuivre rouge ou en cuivre jaune , et sans symptômes morbides autres que ceux développés par le passage d'un corps étranger à travers le tube iiitestinal.il faut cependant en excepter le cas où, ces pièces de monnaie étaient oxidées ; car les sucs gastriques contenant un acide libre, ce dernier forme avec l'oxide de la pièce de monnaie un sel vénéneux , et le cuivre est mis à nu- Que si les pièces de monnaie sont colorées en noir, quand elles sont rendues avec les matières fécales , c'est qu'il se forme un sulfure de cuivre à cause de l'hydrogène sulfuré contenu dans les intestins (DROUAnn). M. Portai a cependant rapporté une observation d'em[)oisonnement non suivi de mort, parsuite du traitement d'une hyilropique, par la limaille de cuivre incorporée à de la mie de pain à la dose de quatre grains par jour. Mais il est facile d'expliquer cet accident. Les pilules préparées quelque temps à l'avance, auront donné lieu 'a la formation d'oxide et peut-être même d'un sel cuivreux par suite d'une fermentation survenue dans la mie de pain.

Le cuivre étamé ( celui qui est recouvert d'une couche il'étain) est à l'abri de tous les inconvéniens du cuivre seul , non pas que dans toutes les circonstances que nous avons signalées, il n'y ait plus oxidation ou formation d'un sel, mais parce que l'étain , plus oxidable que le cuivre , est attaqué de préférence à ce métal. Or, l'oxide ou les sels d'étain étant beaucoup moins vénéneux , il n'en résulte pas d'action sensible sur l'économie animale. Mais la durée do rétamage n'a qu'un temps limité, et il arrive une cpo([ue où le cuivre est mis à nu ; c'est alors qu'on observe tous les inconvéniens attachés aux ustensiles de cuisine mal étamés, c'est-à-dire, ceux qui résultent de la confection des .Tlimcns dans les vases de cuivre non étamés. On ne saurait donc apporter trop de surveillance dans l étamage, et mieux vaut le réitérer souvent que de s'exposer à voir des familles entières, en proie au.\ accidcns funestes dont nous allons signaler plus bas les symptômes.

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Cuivre (acétate de). Il en existe deux dans le commerce : l'acétate nentri cristallisé (cristaux de Vénus) et le sous-acétate (vert de gris artificiel) Ce dernier a souvent été employé par les personnes qui ont cherché à attentera leur vie ou à celle de leur semblable. Cependant les préparations cuivreuse^ sont en général peu usitées pour commettre un suicide on un homicide, à causé de la saveur désagréable qu'elles possèdentet qu'elles communiquent aux corps avec lesquels on les mêle. Cette substance se forme au ssi très-fi équemmeiili pendant la préparation des alimens, et c'est à elle qu'il faut attribuer tous lesi effets qui en sont la suite. Nous ne rappellerons ici que leurs caractères dis' tinctifs , en renvoyant, pour leurs propriétés chimiques, à l'article Acéute DE CUIVRE (chimie). L'acétate neutre est toujours eu cristaux d'un vert foncé; le sous-acétate en poudre bleuâtre grossière ou en morceaux plus ou moins volumineux, dans l'épaisseur desquels on trouve les portions de cuivre nou altérées , des rafles de raisin et d'autres corps étrangers. La saveur de ces deux | sels est la même, âcre , désagréable, cuivreuse. Tous deux sont solubles dans | l'eau ; mais l'un, l'acétate neutre , s'y dissout complètement, et l'autre laisse presque toujours un résidu. Si, au lieu de les dissoudre à froid, on les fait! ^ bouillir pendant quelques minutes dans de l'eau, il se forme au fond de la b fiole dans laquelle on a mis du sous-acétate , un dépôt brun composé de deo-j « toxide de cuivre et d'un peu de cuivre métallique, plus quelques autres laa-j *l tières étrangères. La liqueur qui surnage est la même dans les deux fiole»., | iljt c'est-à dire qu'elle contient de l'acétate neutre. Elle est verte, et se conduit| tà avec les réactifs comme les sels cuivreux. ( /^oj'ez- l'article Cuivre (chimie), iild Évaporée jusqu'à siccité , elle donne un résidu qui , mis sur le feu , se clun-- | ;t« bonne, et qui, traité par quelques gouttes d'acide sulfuriqiie , répand une | odeur forte de vinaigre. Cette expérience ne réussirait pas sur la liqueur ; car, ij Jiii quoique l'acide acétique pût être mis à nu , il resterait en dissolution , il n'y ^ bj aurait pas de vapeurs formées , et par conséquent pas d'odeur. C'est un point ^çjl essentiel pour constater la présence d'un acétate. Le dépôt obtenu par lefaitiKs de l'ébullition du vert de-gris dans l'eau est soluble dans l'acide hydrochlofi- ij ilsui que , et donne une liqueur bleue qui est un nouveau sel cuivreux. (1* Quand on mêle à du vin l'un de ces deux sels, la liqueur prend une teinte lini violacée, qui, par un séjour de vingt-quatre heures environ et quehiucfois i|itci moins, se fonce de plus eu plus et se rapproche de la couleur de l'encre. Quel- Itns quefois même il se forme un dépôt brunâtre, qui contient une partie de la liiil matière colorante du vin. Le mode d'analyse de ce mélange est assez simple, ftjf On commence par décolorer la liqueur avec du charbon animal, de violacée êrjj qu'elle était, elle devient bleue ou verte, et on la traite ensuite par les réac- ttd tifs les plus sensibles des sels cuivreux ; les hydrosulfates solubles et l'iiydro- les/i cyanale ferruré de potasse. (On ne doit jamais oublier cjue ce dernier réactif a |i besoin d'être étendu de beaucoup d'eau , pour fournir un précipité très abon- pu dant, ) Enfin on y plonge une hiiue de fer bien décapée qu'on y laisse séjourner %\k plusieurs heures, si la quantité de sel cuivreux dissous est pou considérable. Quant au dépôt , il doit être repris par quelques gouttes d'acide nitrique ou d'acide liydrochlorique. Il faut ensuite l'étendre d'eau, enlever la matière liai colorante du vin par le charbon animal et agir comme ci-dessus. Que si I on |û voulait constater la présence de l'acide acétique, il faudrait le chercher liaus él-Ji le vin , et non pas dans le dépôt. D'ailleurs il importe peu de signaler son cxistence , puisqu'il ne joue aucun rôle dans l'empoisonnement. l'I Quelques gouttes de la dissolution de ces poisons suffisent pour colorer le liil lait en bleu et le coaguler; l'analyse pourrait en être faite en agissant directe- |f( ment sur le mélange de lait et d'acétate de cuivre : ainsi la potasse , la soude, ^tl l'ammoniaque , les hydrosulfates solubles et d'hydrocyanate ferruré de potasse il' produiraient dans la liqueur les mêmes changemens de couleur que dans l'eau; mais elle ne serait pas assez concluante; il vaut donc mieux commencer par faire passer un courant de chlore gazeux dans le lait , afin d'enlever le eascum, filtrer, et obtenir un liquide très-limpide et coloré comme une dissolution ordinaire d'un sel cuivreux, attendu que cç sont moins les changemens de couleur que les précipités f|ui prouvent en médecine légale.

Le bouillon prend une feinte verte par l'addilion de vert-de-gris. Le mode d'analyse est le même que pour le mélange précédent. Il faudrait adopter la sj même manière pour tout autre aliment ou boisson. Mais il arrive souvent que l'on tiécèle la présence du sel cuivreux à la saveur seule du mélange. Celle saveur est tellement prononcée que dans nombre de circonstances elle a découvert le crime dans la bouche de celui sur lequel il allait être consommé.

Lorsqu'il s'agit de reconnaître une petite quantité de vert de-gris dans IcJ sucs gastriques et les liquides contenus dans l'estomac , je crois que l'on peut arriver à un très bon résultat en enlevant la matière animale par le chlore gazeux , rapprochant ensuite la liqueur de manière à obtenir une dissolution con- n,, centrée et par conséquent colorée, et la traitant ensuite par les réactifs des ,|||{ sels cuivreux. Le procédé devrait être modifié s'il s'agissait de reconnaiire un j^. sel cuivreux décomposé par des matières animales solides et combinées avec j^f elles ; l'albumine opère cette tlécomposilion avec une grande facilité. On peut \\t, alors dissoudre les matières animales dans l'acide hydrochloriquc , après les Iti avoir hachées en morceaux ténus; et soit que la dissolution se trouve être complèle ou incomplète, on aura toujours enlevé à la matière animale le composé cuivreux qu'elle renfermait. On étendrait la masse d'eau, on en ferait passer la partie liquide à travers un linge, on la traiterait par un courant de chlore, et on concentrerait la liqueur pour la traiter par les réactifs; que si ces expériences n'étaient pas concluantes , il ne faudrait pas abandonner les matières || animales sur lesquelles ou aurait agi , mais les dessécher cl les incinérer peu a j | peu dans un creuset. La cendre contiendrait de l'oxide de cuivre ou peut-êlrc 1

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h ne tlu cuivre mclalliqne , que l'on dissoiidiait dans de l'acide nitrique pour r un sel cuivreux solubie et ti ès-conceutrc.

1 est en médecine légale un principe qui lie soulTre pas d'exception ; c'est toutes les l'ois qu'on constaie la présence d'un poison métallique , il faut en raire le métal comme la preuve irrécusable de l'exactitude des précipités l'on a obtenus. Le moyen d'obtenir le cuivre métallique consiste à traiter des précipites obtenus par le charbon à une haute température dans un uset de Hesse. Cette opération ne donne pas quelquefois de résultats satisfi!ans , parce que l'on n'a pas agi à une température suffisamment élevée. Le we n'entre en fusion qu'à 27» du pyromètre de Wedgwood ou à 2524" du tlrniomètre ordinaire. Un fourneau à réverbère bien activé par un soufflet est 1 capable de produire cette température à laquelle la réduction peut avoir ; il faut donc conduire cette opération avec soin, et après avoir recherché le tal dans la cendre , laver le creuset ; car souvent il reste adhérent à ses paet on ne l'aperçoit bien alors qu'en cassant le vase qui a servi à la réducti 1 , le cuivre peut être réduit et disséminé dans les cendres. Il faut alors jeter c e-ci dans de l'eau , recueillir les portions qui se pi écipitent les premières , r)cs dissoudre dans de l'acide niti ique pour avoir une liqueur concentrée c u'ée en vert.

lue lame de fer plongée dans un sel cuivreux met aussi le métal à nu ; mais cnoyen est plus susceptible d'objections que le précédent, attendu que c'est à| couleur seule de la lame que l'on juge de sa présence.

)n doit à MM. Drouard , Smith et Oifila une série d'expériences propres à / e connaître l'action que les acétates de cuivre exercent sur l'économie anin c. Il en résulte que ce poison donne la mort dans les premières vingt-quatre Il les de son ingestion, lorsqu'il est administré à la dose de douze à quinze g ns ; qu'au-delà de cette dose la mort survient dans les deux premières lieum; que les premiers symptômes observés consistent dans des vomissemeas iiérés, paraissant accompagnés de souffrances vives; que ces vomissemens s(t suivis de mouvemens convulsifsj un état d'abattement y succède, mais les c ris pour vomir se renouvellent et continuent quelquefois jusqu'à la mort. L matières vomies sont presque toujours colorées en vert. Des cris plaintifs, u acci oissement considérable dans les battemens du cœur avec une irrégulali marquée ; une gêne extrême de la respiration , de l'écume h la bouche, des C'cuations alvines, sont autant de symptômes coïncidens. Un affaissement fi sidéi able survient, et la mort le suit. Mais il n'est pas rare de voir une roid< r générale' et des secousses tétaniques l'accompagner. On trouve à l'ouverti3 du cadavre des traces d'une phlegmasie de la partie supérieure du canal diîslif. La membrane muqueuse est d'un rouge intense, épaissie et comme riiieusc; quelques érosions s'y rencontrent. Souvent le péritoine participe à c( e inflammation.

I ne paraît pas que ces poisons soient absorbés ; au moins leur contact avec le ssu cellulaire de la cuisse d'un chien ne développe qu'une phlegmasie locale tr intense , mais à Ia(}nelle le chien ne succombe pas , quoique la dose de la jiitauce vénéneuse ait été portée à deux gros.

n grand nombre des observations publiées sur l'empoisonnement par le v( -de-gris constatent des accidens développés à la suite de l'ingestion d'alians préparés dans des vases mal étamés, ou dans des vases decuivre non élaci) . Dans un cas, c'est un poisson refroidi dans une marmite en cuivre au mili d'une eau vinaigrée ; c'est de la viande cuite dans une marmite en terre qi l'on a fermée avec un couvercle en cuivre cjui avait des points de contact H'c la viande elle-même; c'est un gâteau fait avec l'écume île beurre fondu , qi l'on avait laissé refroidir sur une écumoire en cuivre; c'est un ragoût laissé i]ès sa cuisson dans une casserole mal étamée , etc. , etc. L'invasion, la maroi des symptômes et la terminaison des accidens n'a pas lieu comme dans l'i^eslion volontaire ou involontaire du vert de-gris en substance. C'est ce qui ni s engage à entrer dans quelques détails sur ce cas particulier, qui, du ri c , s'observe journellement. Ce n'est guère que dix à douze heures après le rias que les symptômes se manifestent , et par conséquent le plus souvent A s la nuit. Le malade se réveille avec un mal de tête violent , avec une fail)l;se excessive dans les membres, souvent des c'-ampes très douloureuses ; si.iennent alors des coliques très vives ^ des nausées, des vomissemens, d )oid des aliaiens ingérés, puis de matières bilieuses. Les coliques augmenta d'intensité, un Ireuiblement dans les membres survient , et des sueurs ccieuses se développent. Le pouls est petit, inégal et très fréquent ; des évacilions alvines ont lieu, elles soulagent ordinairement les malades. Mais les sjipfômcs qui persistent le plus long-temps sont la cardialgie et les coliques, il eraent les malades succombcut , néanmoins la mort peut être la suite de r gestion d'un aliment mal préparé. Ainsi M. Portai rapporte le cas de deux h imes, qui succombèrent empoisonnés pour avoir mangé un ragoût cuit dans M vase en cuivre non étamé. Ils éprouvèrent pendant une heure des cardialg violentes auxquelles succédèrent des vomissemens énormes et un ténesrae citinuel Tous les remèdes qu'on leur administra furent inutiles. On trouva à ouverture des cadavres la membrane muqueuse de l'intestin gi êle érodée en d ?rs endroits , le pylore et le duodénum atteints de gangrène, et le rectum p foré en deux points différens.

orsqne le vert-de-gris est pris en substance solide , ou dissous dans peu d lu, les premiers symptômes se développent dans les dix minutes qui suivent r gestion du poison. Des coliques atroces, des vomissemens de matières vercires, des déjections alvines très-copieuses ont lieu. La figure devient triste, alttue , les yeux profondément cernés; un crachottement continuel , avec des r ports , qui ont toute la saveur désagréable du vert-de-gris, se manifestent. L soif est intense , le pouls petit et fréquent , les vomissemens se rGuouyellent

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et sont toujours précédés de coliques ; le ventre est douloureux à la pression ; il existe une difficulté très-grande de respirer , ainsi que des sueurs aboijdanles et une anxiété précordiale qui gêne beaucoup le malade. Quelquefois ce dernier est en proie à des mouvemens convulsifs très-violcns , auxquels succèdent de l'abattement et la syncope. La mort peut être très-promp(e et accompagnée des plus vives douleurs dans l'abdomen ; c'est le cas où une perforation des intestins a lieu , et où les matières s'épanchent dans le péritoine. Quelquefois elle n'a lieu que dans les deux ou trois premiers jours, et à la suite de la gastroentérite développée ainsi que des douleurs vives qui sont le résultat de l'action du poison. A l'ouverture du corps on trouve les altérations que nous avons déjà signalées, soit à l'occasion des expériences sur les animaux, soit à la suite des alimens mal préparés qui ont amené la mort des malheureux qui les avaient pris pour nourriture.

Cuivre ( arsénite de ) , vert de Sclièele. Ce composé, très-employé dans la peinture, n'est pas encore devenu, que je sache, la source d'empoisonnement. Cependant son usage fréquent nous engage à entrer dans quelques détails à son sujet , parce que les auteurs de médecine légale l'ont complètement passé sous silence. Ce sel se présente sous la forme d'une poudre verte , insoluble dans l'eau; mise sur le feu , elle répand une odeur alliacée à la manière de tous les composés arsenicaux , et laisse pour résidu de l'oxide de cuivre brun. Si on le fait bouillir avec une dissolution de potasse, on obtient une liqueur incolore ( arsénite de potasse ) et un précipité brun ( deuloxide de cuivre ) que 1 on peut transformer en un hydrochlorate à l'aide de l'acide hydrochlorique , et on constate, par ce mode d'analyse, l'existence de l'arsenic dans l'arsénite de potasse (vo^ez Arsenic) , et celle de l'oxide de cuivre dans le sel cuivreux que l'on a obtenu.

Son insolubilité le rend peu propre à être incorporé avec des liquides ; mais il n'en serait pas de même à l'égard des alimens solides, et alors l'analyse en deviendrait plus difficile. L'incinération des substances amènerait à reconnaiire l'oxide de cuivre , ])oint déjà très-important, mais elle ferait perdre tout l'oxide d'arsenic. Peut-être serait il plus convenable d'appliquer à la recherche de ce poison le procédé de Rapp (voyez Arsenic ); il aurait l'avantage de fournir de l'arséniale de potasse, que l 'on dissoudrait , et d'obtenir un résidu ( oxide de cuivre) que l'on pourrait reprendre par l'acide nilrique. Cette substance doit exercer de l'action sur l'économie animale en vertu des deux élémens dont elle est formée.

Cuivre ( carbonate de) , vert-de-gris naturel. ( /^o/es pour ses caractères l'art. Cuivre (chimie).) Son insolubilité permet rarement son mélange avec des liquides. Il peut cependant se dissoudre dans la circonstance dont nous avons fait mention en parlant de l'action de l'eau sur le cuivre métallique. Il se forme aussi par l'exposition des sels au contact de l'air , et c'est à lui ainsi qu'au deutoxide qu'il faut attribuer les accidens développés chez certains individus qui avaient avalé des pièces de monnaie ainsi altérées. Le carbonate de cuivre et le deutoxide offrent quelques difficullés dans l'analyse lorsqu'ils sont mêlés à des alimens assez consistans pour le tenir en suspension. De tous les moyens le plus simple peut-être est de les ramener à un état de siccité complet et de les incinérer; on attaque alors la cendre avec de l'acide hydrochlorique ou nitrique, et l'on obtient une liqueur qui , outre les sels provenant des matières animales, renferme encore un sel cuivreux coloré en vert. Ces deux substances quoique insolubles , sont encore vénéneuses.

Cuivre ( sulfate de ) , couperose verte, {f^oj-ez pour les caractères de ce sel dans l'état de pureté l'article Cuivre (chimie). Mêlé à du vin, il en fonce plii« ou moins la couleur, suivant la quantité qui s'y trouve dissoute. Le mode d'analyse est le même que pour l'acétate de cuivre. Que si l'on cherchait à constater, à l'aide de l'eau de barite, la présence de l'acide sulf'ui ique , on pourrait être conduit à commettre quelques erreurs qui dépendraient de plusieurs circonstances que je vais signaler. 1" Tout sel cuivreux solubie précipite en bleu par ce réactif; ainsi donc, il pourrait se former un précipité sans que pour cela il y eût du sulfate de cuivre dans le vin ; 2° le vin contenant ordinairement du sulfate de potasse, le précipité serait blanc bleuâtre , et forme d'un mélange de sulfate de baryte et de deutoxide de cuivre; que si l'on voulait remédier à l'inconvénient de la précipitation du deutoxide de cuivre eu se servant d'un sel solubie de baryte , comme le nitrate ou l'hydrochlorate , on n'éviterait pas pour cela la formation du sulfate de baryte aux dépens du sulfate de potasse que renferme le vin. Cependant cet inconvénient est beaucoup moins grand, attendu que , la quantité de sulfate de potasse étant infiniment petite , elle ne pourrait jamais donner qu'un précipité très-peu abondant. Si ce cas se présentait, on devrait peser le précipité et déduire de son poids la présence de l'acid^î sulfurique , en y mettant toutefois la restriction qu'un sulfate d'une autre nature ait pu être ajouté accidentellement au vin.

Le sulfate de cuivre exerce sur les autres boissons et sur les alimens la même action que l'acétate de cuivre. Tout ce que nous avons dit à l'occasion de ce poison, sous le rapport analytique , peut lui être appliqué, en tenant compte de la dernière observation que nous avons faite à l'égard de l'acide sulfurique qui le constitue, et dont il est du reste peu important de démontrer l'existence.

Depuis quelques temps , dit-on, les boulangers de la Belgique et ceux de Flandre ajoutent à leur pain une certaine quantité de sulfate de cuivre ; l'autorité administrative a même été informée , ily a quelques mois . que les boulangers de Paris avaient suivi leur exemple. M . Barruel a été chargé d'analyser deux morceaux de pain qui avaient été remis au commissaire de police du quartier du jardin des Plantes , par des prisonniers de Sainte Pélagie , comme coLteuant une certaine quantité de sel cuivreux. Quelques recherches qu'il aii

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pu faire , il n'y a pas découvert un alôme de sel cuivreux ou de cuivre; et afin de corroborer son analyse il a fait confectionner divers petits pains avec une quantité minime de sulfate de cuivre , et il a toujours vu que , même à la dose de quelques grains , la couleur du pain était modifiée et tirait sur le vert ; qu'il répugnait à l'œil et au goût , et que l'addition de ce sel h toute quantité possible, s'opposait à une bonne fermentation , loin de la favoriser, et rendait le pain beaucoup plus mat ; que ce qui avait pu accréditer dans le public le bniit que les boulangers ajoutaient du sulfate de cuivre dans le pain , c'est la publication d'analyses , d'après lesquelles il résulte que quelquefois on y a trouvé des traces de ce métal; que dans ce cas on doit en cbercher la cause ailleurs. Ainsi on sent que dans beaucoup de moulins les blutoires étant en toile métallique , et faits en fil de laiton ; que les axes et plusieurs parties de ces macbines étant également en cuivre jaune, il a di'i nécessairement se détacher des par. celles de ces alliages par Tusage de ces insirumens , et que probablement ce sont elles que le hasard aura fait rencontrer aux chimistes anal^'stes.

Il indique eu outre le procédé qu'il faut suivre quand on a à faire de pareilles recherches : brûler le pain dans un cieuset; incinérer complètement le char, bon ; traiter la cendre par l'acide nitrique ; évaporer presque jusqu'à siccitc , mais sans en séparer complètement l'excès d'acide nitrique ; dissoudre dans de l'eau distillée et verser dans la liqueur de l'acide hydrosulfurique, qui précipite tout le cuivre à l'état de sulfure, que l'on sépare par une nouvelle tiltralion et dont on constate les propriétés. (Annales d'/tjgiène et de médecine légale, juillet 1830.)

r\I. Chevallier a récemment envoyé au comité du même journal une note qu'infirme l'opinion de M. Barriiel; nous en faisons coiinaitre les principaux faits, parce que dans les sciences on doit tout accueillir avec impartialité. D ailleurs, de ce que M. Chevallier a trouvé un sel cuivreux dans un morceau de pain , on n'en peut rien conclure contre les analyses de M. Earruel , puisque ces deux chimistes ont agi sur des matériaux qui ne provenaient pas de la même source.

« Ou remet a M. Chevallier un morceau de pain que l'on soupçonnait avoir pu donner lieu à des accidens qu'avait éprouvés la famille de M. H***. Sa couleur est d'un bleu grisâtre; il ne tlonue au goût aucune saveur désagréable. Quand on en met une poi lion dans de l'eau distillée additionnée de prussiate (le potasse et de fer , il se gonfle et prend une couleur rosâtre. Un seul j)oint se fait remarquer à la surface par une couleur d'un rouge brun foncé. Ces caractères semblaient indiquer dans ce pain la présence d'un sel de cuivre, dont une parcelle aurait échappé au mélange , et n'aurait pas été mêlée exactement à la masse. Une portion de ce pain chauffée dans un creuset ouvert brûla avec une flamme bleue d'abord, flamme qui ensuite prit une couleur verte bien marquée.

11 Une autre portion réduite en charbon fut ensuite incinérée ; les cendres furent traitées par l'acide sulfurique atî'aibli , la dissolution filtrée fut fractionnée, essayée par les réactifs des sels cuivreux, qui tous en décelèrent la présence. Précipité brun marron ]iar ce prussiate, vert par l'arsenite de potasse, noir par rhydrogène sulfuré, vert blanchâtre par l'ammoniaque, puis bleu céleste après dissolution, enfin une lame de zinc se recouvrit d'une couche de cuivre.

» M. Chevallier ajoute que les tribunaux de Bruxelles , Bruges et Calais condamnèrent quaraiile-six individus pour cette falsification; que probablement ces boulangers n'avaient d'autre intention que d'employer une substance qui fit lever le pain plus facilement et avec une moins grande quantité de froment; qu'il ne paraît pas qu'ils aient eu l'intention d'employer un sel cui\ i cux, mais bien un composé designé sous le nom d'alun bleu, lequel fut annonce <lans un prospectus distribué en Belgique, et signé Frinck , prospectus qui annonçait, par brevet d'invention, la mise en vente d'un secret pour la levûre.

>) Que le sel désigné sous le nom d'alun bleu n'est probablement que l'alun qui a une cassure bleuâtre, et que quelques chimistes ont ainsi dénommé. Ce qui pourrait porter à croire que c'est l'alun qu'on a voulu indiquer , c'est que ce sel est employé en Angleterre.)!

Quoique nous soyons convaincu que le pain dans lequel M. Chevallier a reconnu l'existence d'un sel cuivreux contint ce sel , son analyse laisse cependant à désirer, en ce qu'il n'y a qu'une circonstance qui démontre que le cuivre Y existait 'a l'état de sel , c'est la couleur rosée qui est résultée du contact du prussiate de potasse et de fer avec le pain. Toutes les autres ne répondent pas il l'objection de M. Barruel sur la possibilité de parcelles de cuivre échappées des instrumens pendant les diverses opérations que l'ont fait subir à la farine. Cette objection est cependant confirmée par quarante-six jugcmciis qui n'ont pu être rendus qu'après des analyses concluantes.

Du reste , ni le procédé de M. Barruel, ni celui de M. Chevallier, ne sont pas propres il tiémoutier l'existence du cuivre à l'état de sel tlaiis le pain. Il faut, pour arriver à ce résultat avec les réactifs, agir directement, soit sur cet aliment, soit sur l'eau acidulée qui lui aurait enlevé ce sel. Peut-être l'emploi du chlore, comme nous l'avons iiiditpïé , réussirait-il dans le cas dont il s'agit.

l,e sulfate de cuivre pris à l'intérieur exerce sur l'économie animale la même action que le verl-de-gris, c'est-à-dire luie action locale irritante. 11 eu est de même de son application à l'extérieur. Telle est au moins l'opinion de M M. Camp bell et Smitli. M. Orfila le regarde au contraiie comme un poison susceptible d'être absorbé. Il résulte en efl'et de ses expériences que dans tous les cas où on a applir[ué. sur le tissu cellulaire des chiens, du sulfate de cuivre , il a constamment trouvé des traces d'inflammation de l'estomac et du rectum, consislaut en une rougeur plus ou moins vive de l'estomac , avec quelques plaques uoiritrcs au pyloce, ainsi qu'une coloration d'un rouge noir au rectum.

Tous les autres sels ou préparations cuivreuses , beaucoup moins impor tantes que celles sur lesquelles nous avons insiste, exercent sur l'économie 1 même action que le vert-de-gris. Il nous reste actuellement à parler du traite ment de l'empoisonnement par tous ces composés réunis.

Traitement. — Évacuer le poison est la première indication à remplir dam toutes les circonstances de ce genre; mais il est ici deux cas qui nécessiter! peut-être des modifications dans l'emploi des moyens propres à provoquer se expulsion. Toutes les fois que des personnes ont fait usage d'alimcns prépare^ dans des vases malpropres, la quantité de substances vénéneuses est très-petite et déjà souvent elle a parcouru une partie du tube intestinal avaril le développement des symptômes morbides, puisipie leur invasion n'a guère lieu qu'a près dix à douze heures. Le composé vénéneux est. ensuite émélique par luimême ; en sorte que dans ce cas je suis porté à penser qu'il faut faciliter les vomissemens en faisant boire beaucoup d'eau tiède au malade , et surtout cher cher à produire des évacuations alvines, afin de débarrasser le canal digestif.

C est afin de remplir cette condition, que l'on pourra donner des i)otionshui' leuses , dans lesquelles on fera même entrer l'huile de ricin , ainsi que des lavemens purgatifs huileux. Lorsqu'on aura atteint ce but, on devra faire prendre au malade des contrepoisons , l'eau albumineuse et le lait , ainsLque nous le dirons tout à l'heure. Ces deux liquides offrent l'avantage d'agir comme adoucissans , et sont propres à calmer l'irritation du tube digestif Que si de la, fièvre survenait , ou que des symptômes de gastro-entérite se déveloiipassent , on les combattrait par la médication antiphlogistique : la saignée chez un sujet robuste, puis des sangsues à l'anus, et ce dernier moyen chez un sujet faible.i

Dans les cas au contraire où un individu a avalé une préparation cuivreuse en substance, le médecin a un intérêt puissant à provoquer immédiatement l'ex-. pulsion du poison contenu ilans l'estomac. C'est alors qu'aucun moyen ne doifrj i» être négligé, et qu'il faut même recourir à l'émétique si l'eau tiède, les titilla-: il fions de la luette , les pressions douces exercées sur l'estomac . n'ont pas donné i !e lieu à des vomissemens abondans. Ici il n'y a que rarement nécessité de purga-M a tifs , parce qu'au moment où les symptômes morbides se développent, le poison ( lie n'a pas eu le temps de pénétrer dans les intestins. Mais ce premier but atteint, à nous devons rechercher quel est le meilleur contrepoison à em]doyer poùrN st agir sur les portions de substances vénéneuses qui n'ont pas été évacuées. «

Kavier avait proposé le foie de soufre (sulfiue de potasse) comme contre- j 1 poison des sels cuivreux. Drouard a refuté sa manière devoir par de mauvais 1;* raisonnemens et de mauvaises expériences, mais son opinion n'en est pas moins .1 îli juste. Le foie de soufre est par lui-même un poison à la dose de quelques grains. Is; Drouard en donna quatre onces à des chiens auxquels il avait fait avaler quinze I' grains de vert-de-gris. Il est bien vrai que le foie de soufre transforme l'acétate \M de cuivre en sulfure de ce métal très-peu solublc, et par conséquent aussi très- jfii peu nuisible ; mais ses propriétés délétères doivent le faire rejeter. Il n'eniiiflt serait pas de même des eaux minérales sulfureuses : elles peuvent être Éau-tll'' ployées dans les cas où l'on n'a pas d'autre antidote plus efficace à sa disposition- !"

Le sucre a joui pendant long-temps de la réputation de contre-poison des li* sels cuivreux. Les observations recueillies sur I homme appuyaient fortement 'Bi cette qualification que Marcelin Duval lui a donnée. M. Orfila avait été cnn- "l" duit à adopter la même opinion d'après les expériences qu'il avait faites sur les ; ^ animaux en leur administrant du vert de gris et de la cassonade on du sucre, |i* soif à l'état solide , soit à l'état liquide , et en laissant à ces animaux la faculté ; ' de vomir. Mais plus tard M. Vogel démonira , dans un Mémoire lu h l'Institut, )!« que le sucre ne peut exercer d'action chimique sur le vert-de-gris qu'autant j'" que ces deux substances se trouvent en contact à la température de l'ébullition. j I De son côté , M Orfila était conduit aux mêmes résultats, ce qui l'engagea il répéter les premières expériences, en prenant la précaution de lier l'œsophage. I" Alors tous ses chiens moururent dans un espace de temps assez court. IN'éan- !" moins les bons effets obtenus par plusieurs praticiens, de l'emploi de l'eau saturée de sucre ou de sirop dans des cas désespérés, doivent faire considérer i''^ ce moyen comme propre à concourir au prompt rétablissement de la santé du malade. '

Les alcalis avaient encore été proposés dans le but de mettre l'o.xide de ' cuivre à nu , et de transformer une substance soluble en une substance insolu- j* ble, et par conséquent moins énergique; mais outre qu'un alcali cnmnoe la !' potasse ou la soude est très-caustique , et qu'il est par conséquent dangereux V' d'en faire usage , l'oxide de cuivre est encore un poison énergique. 1?

M. Bertrand a employé avec succès le charbon en suspension dans l'eau pour y combattre les effets des préparations cuivreuses, ainsi que de beaucoup d'au- »• très poisons métalliques. Il s'est servi d'ini mélange de huit onces d'eau, tenant en suspension une demi once de poudre de charbon de bois vert et léger, édulcoré avec du sucre et aromatisé avec de l'eau de fleur d'oranger. Il fait prendre par cuillerées cette espèce de potion à ses malades, et il en obtient un calme très-grand dans les accidens développés. Il avoue du reste ne pouvoir ^ déterminer l'action que la poudre de charbon exerce sur le poison, et toutes | les explications que d'autres auteurs ont chciché à donner ne sont pas rationnelles. Il faut donc avoir recours à ce moyen puisqu'il a réussi ; mais comme on n'est pas certain qu'il neulraliise les proju iétés vénéneuses de la substance introduite dans l'estomac , on ne peut guère le considérer que comme propre a calmer les accidens , et ne l'employer par conséquent que dans la seconde période de rempoisonnement, c'est à dire lorsque des vomissemens ont eu heu cl qu'une substance neutralisante a été donnée.

Enfin MM. Orfila et Bertrand ont proposé à peu près à la même époque (M. Bertrand a même réclamé la priorité dans son Manuel médicole:;al des poisons), l'albumine en dissolution dans l'eau pour contrepoison des «els CMi-

CYANOSE.

CYANOSE.

vus. M. Orfila a démontré son efficacité à l'aide d'expériences chimiques et essais faits sur les animaux. Quand en cfTet on traite un sel cuivreux par de liu albumineuse, il se forme aussitôt un précipité blanc-bleuâtre très aboncit; et si Ton filtre la liqueur et qu'on y plonge une baguette de verieenduite < drosulfate de potasse, la liqueur ne démontre pas très sensiblement la préfice d'un sel cuivreux. On devra donc dissoudre six à huit blancs d"oeuf dans ( ix livres d'eau et en faire prendre au malade la plus grande quantité possle, M. Chaussier a proposé de se servir d'albumine desséchée et pulvérisée, jrce qu'elle se mêle à l'eau sans faire de mousse; mais il est rare de trouver t te préparation chez les pharmaciens , tandis que des œufs sont à la portée de

I it le monde.

3n sentira facilement qu'une fois le contrepoison administré, il ne s'agit plus (C de calmer les accidens nerveux et inflammatoires qu'il a fait naître. Il suf- % donc de partir de cette donnée, qu'une phlegmasie existe ; qu'elle a princijllement son siège dans l'estomac si les évacuations du poison n'ont pas eu lieu tlp tard ; qu'après les symptômes inflammatoires apaisés, il ne faut amenerque tjis-graduellement le malade à un régime alimentaire, et que <le tous les alii!ns , c'est le lait qui lui est le plus convenable. Le lait même modifie avanta- Bisement la composition des sels cuivreux j aussi des malades ont-ils e'té guéris jir cette substance seule. ( Alph. Deveucie. )

fîTANOSE , de xukvos, bleu , et de vuire;, , maladie (morbus cœruleus ; maie bleue ; ictère bleu; cyanopathie ).

! I"""". Bé/lexions piéliminaires et dèflnilion — Cette maladie, qui tire son lŒi de la coloration bleuâtre de la peau , l'un de ses principaux symptômes,

II parait pas avoir fixé l'attention des médecins de l'antiquité. De nombreux œmples en ont été observés par les modernes ; toutefois , c'est à M. Gintrac , ]|)fesseur à l'école secondaire de médecine de Bordeaux, qu'appartient l'hon- Il^r d'avoir, le premier, tracé une monographie satisfaisante de cette maladie : 'êhseri'aliotis et recherches sur la cyanose , ou maladie bleue. Paris 1824. )

La coloration bleuâtre ou violacée de la peau , des membranes muqueuses , ( de tous les tissus qui reçoivent habituellement une abondante quantité de sig , peut se manifester sous l'influence de lésions organicjues variées, qui liles ont cela de commun qu'elles ne permettent pas à l'hématose de s'exercer j;inement et librement, soit qu'elles o|iposent un obstacle au cours du sang A neux vers le poumon, soit que, siégeant dans cet organe lui-même , elles 1 impriment des conditions qui ne sont plus eu harmonie avec les fonctions (6 la nature lui a confiées. C'est d'après cette considération que M. Gintrac , (US ses premières recherches sur la maladie bleue {voyez sa thèse, soutenue ( 18 i4, à 1^1 faculté de médecine de Paris) , crut devoir la considérer comme 1 genre comprenant les quatre espèces suivantes :

lo. Coloration bleue de la peau, déterminée par un vice de conformation du fur , ou par la persistance des ouvertures ou des canaux de communication li existent dans le fœtus entre le système artériel pulmonaire et le système itériel général, entre les cnfités droites et les cavités gauches du cœur; constilie par le mélange du sang noir et du sang rouge.

'1°. Coloration bleue , également constituée par le mélange dont il vient d'être . estion , mais produite long temps après la naissance , par une cause qui a i abli les voies de communication ci-dessus indiquées ou changé le mode cirilatoire , dans le cas où celles ci auraient été conservées.

3° Coloration bleue, sans confusion des sangs veineux et artériel , coïncidant t2C une maladie organique du cœur.

4°. Coloration bleue , sans communication consrrvée ni rétablie entre les tux systèmes vasculaires sanguins, développée après une suppression du flux fnstruel.

Des réflexions ultérieures conduisirent M. Gintrac à circonscrire davantage 1 signification du mot cyanose, et à n'appliquer cette dénomination qu'à « une maladie constituée par l'introduction du sang veineux dans le système artéi iel général, en vertu de communications ouvertes, soit entre les cavités ilroites et gauches du cœur, soit entre les principaux troncs vasculaires ; maladie qui est accompagnée de la coloration bleuâtre , livide de la peau et des membranes mucpieuses. » {Recherches sur la cyanose, pag. 8 et g.) Le sens du mot cyanose se trouve ainsi rigoureusement déterminé. Cette I nomination ne signifie plus simplement, comme l'indique son étyuiologie , 1 changement de couleur de la peau, qui peut être le résultat de causes val es, mais une lésion organique spéciale. L'altération de la couleur des tègui;ns, dit M. Gintrac, est l'un des principaux symptômes de la cyanose, telle • 'elle vient d'être définie ; les lésions organiques du cœur ou des gros vais- (luxsont les conditions nécessaires de sa production; le mélange des sangs .uge et noir, et la distribution de ce liquide mixte dans toutes les parties du irps en constituent le caractère essentiel.

|Senac, Morgagni , Corvisart et quelques autres observateurs avaient déjà (paie la coïncidence de la coloration bleue de la peau avec les lésions qui font <Umuniquer entre elles les deux grandes voies de la circulation. Après avoir )pporté quelques cas de ces lésions , l'illustre auteur de ÏEssai sur les Malai3s organiques du cœur et des gros vaisseaux s'exprime ainsi : « Il est prouvé 'lans les exemples que je viens de citer, que la coloration permanente de la ace et des tégumens en bleu tenait aux communications contre nature des lavités du cœur entre elles. » Il est vrai que Corvisart ajoute : «Cependant, plusieurs faits ne nous permettent pas d'assurer qu'il en soit toujours ainsi.» . Ferrus approuve la réserve de ce profond observateur, et prétend même le de nouveaux faits sont venus de'truire les conséquences qu'il avait déduites ceux cités dans l'Essai sur les Maladies organiques du cœur. Ces nouveaux ts sont les suivans : lo on a vu , dit M. Ferrus , la coloration en bleu de la

DiCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

peau exister à un degré fort intense , sans que l'autopsie cadave'rique ait pit faire découvrir des communications susceptibles de permettre le mélange des deux sangs , et sans qu'elle ait montré aucun vice organique du cœur ni de l'appareil respiratoire ( M. Maro) ; 2° on a vu, d'autre part, le trou de Botal ne pas s'oblitérer pendant de longues années , sans que la coloration de la peau fût sensiblement altérée, Dans d'autres cas oii il devait exister un mélange du sang noir et du sang rouge , on n'a point remarqué non plus que la peau eût changé de couleur. C'est ainsi que M. Ereschet a vu, chez un enfant d'environ un mois, l'artère sous-clavière gauche prendre naissance de l'artère pulmonaire , sans que cette disposition singulière, qui ne laissait pénétrer dans le membre thoracique gauche que du sang veineux , eût apporté la moindre modification dans la coloration et le développement de ce membre.

On peut répondre aux faits allégués par M. le docteur Ferrus, 1° qu'on ne soutient pas qu'il n'existe aucun cas où la coloration bleue de la peau ne doive être rapportée au mélange du sang noir et du sang rouge , mais seulement que ce mélange constitue une des causes de cette coloration ; 2° qu'il est bien vrai que, chez certains sujets dont la peau n'était pas colorée en bleu, on a rencontré une communication entre les cavités droites et les cavités gauches du cœur, mais qu'on ne doit rien conclure de ces faits, sinon que, malgré l'existence de cette communication , le sang noir ne s'est pas mêlé au sang ronge. Si l'on demande comment, une telle communication existant, le mélange des deux sangs ne s'est pas effectué, on peut répondre avec Corvisart , MM.Richerand , Ginirac et J. Cloquet, que ce phénomène dépend de ce que , dans certains cas, les cavités droites et gauches possédant une force à peu près égale , et leurs orifices ctant également libres, le sang qu'elles contiennent ne tend a se dévier ni d'un côté ni de l'autre. Que si l'on réplique qu'un tel équilibre entre les deux colonnes sanguines est purement imaginaire, on ne contestera pas du moins que le passage du sang des cavités droites dans les cavités gauches du cœur puisse être plus on moins facile, et qu'il puisse se trouver des cas où il se mêle une si petite quantité de sang noir avec le sang rouge, qu'il n'en doive résulter aucun changement appréciable dans la douleur de ce dernier (quant aux cas dans lesquels, par un mouvement inverse du précédent, une certaine quantité de sang rouge se mêle au sang noir , ce n'est pas ici le lieu de nous en occuper) ; 3" une dernière objection de M. Ferrus , plus imposante, selon nous, que les précédentes, c'est l'observation de Brescliet ; celte observation est, en effet, directeuient opposée à celle où la coloration bleue de la peau coïncidait avec un mélange incontestable du sang noir et du sang rouge. Mais quelque digne d'attention et de confiance que soit un tel fait , il ne nous parait pas suffisant pour détruire une opinion qui repose sur un très-grand nombre d'autres faits bien observés. Si des cas analogues à celui recueilli par M. Breschet se rencontraient, il faudrait faire les recherches les plus opiniâtres pour tacher de découvrir pourquoi une partie qui reçoit du sang noir au lieu de sang rouge conserve tout-à fait sa couleur ordinaire , phénomène qui ne semble toute.'"ois guère moins rebelle à toute explication qu'un véritable miracle.

Quoi qu'il en soit , nous conformant ici , pour plus de précision , à la définition de la cyanose proposée par M. Gintrac , nous allons en étudier les symptômes , la marche , les terminaisons , la nature anatomique et le traitement.

§ II. Symptômes , marche et terminaisons de la cyanose. La teinte bleuâtre des parties extérieures d'où la maladie qui nous occupe tire son nom, n'est pas également prononcée sur toutes ces parties. Celles où elle existe dans toute son intensité sont la face en général et les lèvres en particulier, les mains , les pieds, les parties génitales. Le symptôme que nous examinons est beaucoup plus marqué durant les efforts (les cris , par exemple) , que dans l'état de repq^. Les parties qui offrent la couleur bleuâtre ou violacée dans sa nuance la plus foncée sont en même temps , en général, plus ou moins gonflées, bonflies. Il est bien rare que les fonctions circulatoire et respiratoire ne présentent pas des lésions plus ou moins graves chez les individus dont les tégumens sont ainsi colorés. Ces lésions, quant à la circulation, sont des palpitations plus ou moins violentes, accompagnées quelquefois d'un bruit de soufflet très-distinct et du frémissement cataire, la tendance aux lipothymies , des congestions séreuses. Quant à la respiration , elle est ordinairement laborieuse , haletante , après les moindres efforts. La chaleur du corps est peu considérable, et les malades sont très sensibles au froid. Les fonctions en général , et celles delà locomotion principalement , sont plus ou moins languissantes , et comme engourdies.

Les symptômes que nous venons d'indiquer n'existent pas toujours au même degré, pendant toute la durée de la maladie. On peut même dire que la marche de la cyanose se compose d'une suite de paroxysmes et de rémissions. Ce n'est que dans les paroxysmes qu'on observe ces fréquentes lipothymies , ces battemens tumultueux du cœur, ces étouffemens qui compromettent prochainement les jours des malades. Le retour des paroxysmes de la cyanose n'est soumis à aucune loi constante; en effet, s'il est bien certain que les efforts, les fatisues, de vives secousses morales déterminent souvent ces paroxysmes, il est également incontestable qu'on les voit se manifester en l'absence de toute espèce de cause appréciable. Ils sont plusfréquens en hiver qu'en été.

La durée des paroxysmes est variable; ils se prolongent quelquefois plusieurs heures. Ils s'apaisent ordinairement d'une manière graduelle.

La terminaison de la cyanose , chez la plupart des sujets , est funeste. Néanmoins il en est quelques-uns qui ont paru se rétablir complètement. Chez un assez bon nombre, d'ailleurs , la mort n'arrive qu'au bout de plusieurs années. Elle a lieu quelquefois subitement; mais dans le plus grand nombre des cas, elle est précédée d'une agonie cruelle, caractérisée pax l'anxiété la plus vive, la suffocation , les défaillances, les sueurs froides.

CYANOSE,

CYANOSE,

§ III. Lésions rencontrées après la mort; leurs rapports avec les symptômes indiqués. — l" La plus commune de ces lésions est la persistance ou le rétablissement du trou lie Botal. Cette communication anormale des deux oreillettes est ordinairemeut accompagnée d un obstacle an passage du sang de roreillette droite dans le ventricule correspondant, ou de celui-ci ilans l'artère pulmonaire. Sur cinquante-trois ob'^ervalions rapportées par M. Ginirac, il y en a vingt-sept où un pareil obstacle s'est renconli é. De ces vingt-sept cas d'obstacle k la circulation dans le cœur droit , vingl-six. étaient formés par un rétrécissement ou une oblitération complète de l'orifice de l'artère pulmonaire , et un seul par le rétrécissement de l'orifice auriculo venlriculaire droit. Avec les lésions intliquées coïncide ordinairement une hypertrophie du ventricule et de l'orcilletle droite, ou de l'une de ces deu,x cavités seulement , avec ou sans dilatation (quelquefois la cavité ventriculaire elle-même est réirécie). 2". La cloison ventriculaire a souvent offert une solution de conlinuilé plus ou moins large. S". Le canal artériel persistait chez quelques sujets. 4°. Dans une des observations rapportées par M. Gintrac, les deux oreillettes , imparfaitement séparées, s'ouvraient dans le ventricule droit. Celui-ci , fort large, communiquait librement avec le gauche , lequel , éti oit et sans orifice auriculaire , offrait l'origine de l'aorte. 5°. Dans un autre cas, les artères aorte et pulmonaire naissaient du ventricule gauche; le droit était presque effacé ; la cloison inter-auriculaire était perforée. G». Une aulre fois, le trou de Botal était conservé ; l'aorte disparaissait après avoir fourni les troncs céphaliques et brachiaux; l'artère pulmonaire, recevant le sang des deux vcnlricLiles , formait l'aorte descendante. /°. On a observé une transposition telle des gros troues artériels, que l'aorle naissait du veutricule droit , et l'artère pulmonaii e du gauche , avec conservation du trou de Bolal et du canal artériel , ou de ce dernier seulement. 8oDans quelques cas, le cœur n'était composé que dune oreillette et d'un ventricule. 9°. On a trouvé enfin, une fois , (.leu,\ veines caves supérieures, dont l'une s'ouvrait dans l'oreillette gauche.

Nous ne croyons pas devoir insister ici sur quelques autres lésions observées chez les individus atteints de cyanose, attendu qu'elles ne rentrent pas directement dans notre sujet.

On voit , au pi emier coup d'œil , que les lésions qui viennent d'cire signalées dans les organes centraux de la circulation ont pour effet commun de permettre le mélange des sangs noir et rouge. Toutefois , ainsi que nous l'avons déjà diit précédemment , il est quelques-unes de ces lésions, la conservation ou le rétablissement du trou de Botal, par exemple, qui n'entraiueni pas nécessairement ce mélange , et c'est pour cela que la cyanose n'en est pas la compagne inséparable (nous avons recueilli nous même quelques cas d'existence du trou de Botal, san.s aucune trace de cyanose , soit qu'il n'y eût réellement nul mélange de sang noir avec le sang rouge , soit que ce mélange fut trop faible pour produire la teinte bleuâtre). Mais lorsque le canal artériel persiste, que l'aorte naît des deux ventricules , ou bien loisqu'à la cammunication entre les cavités droites et gauclies se joint un obstacle au cours du sang dans les premières, une quantité considérable de sang noir se mêle intailhbleuient au sang roune. Dans les cas où il existe à la fois communication anormale entre les cavités du cœur droit et du cœur gauche, et obstacle au couis du sang dans le ventricule droit ou dans l'artère pulmonaire, le mélange des deux sangs n'est pas l'unique cause de la coloration de la peau et de la boufîisure de certaines parties, des diverses congestions séreuses , etc. Il est évulent , en effet , que l'obstacle qu'éprouve la circulation concourt , et pour beaucoup peut être, à la production de ces phénomènes. N'est-ce pas aussi au rétrécissement des orifices auriculoventriculaire ou ventriculo-pulmonaire que sont dus le bruit de soufllet et le frémissement cataire qui ont été observés chez quelques suj(^ts ?

Quoi qu'il en soit, parmi les lésions que nous venons de voir coïncider avec la cyanose, les unes sont constamment congénitales, telle l'aorte naissant à la fois (.lu ventricule gauche et du ventricule droit , tandis que les autres peuvent être tantôt congénitales, tantôt accidentelles; telle, par exemple, la communication enire les cavités droiles et les cavités gauches du cœur.

Les causes qui président au développement de la plupart des lésions congénitales dont la cy.inose peut être la suite, ne sont pas faciles h déterminer (fojcs d'ailleurs l'article Monstruosité) . Mais on conçoit qu'une communication peut s'établir accidentelhniient entre les cavités droiles et les cavités gauches du cœur, par l'efl'et d'une iiinammation ulcérafive des cloisons auriculaire ou ventriculaire, ou bien encore par la rupture de ces cloisons , de la cloison auriculaire surtout, sous rinfluence d'efl'orts violens et prolongés.

Un obstacle au cours du sang à traveis l'orifice auriculo-ventriculaire droit, ou bien à travers l'orifice ventriculo- pulmonaire , peut également, surtout dans les premiers âges de la vie, déterminer une communication anormale entre les deux oreillettes, en décollant en quelque sorte les lames valvulaires, qui, par teur rapprocheuieut et leur agglutination, ont amené la disparition du Irou de Botal. ( Un tel obstacle existant à une époque de la vie intra-utérine où ce trou persiste encore, peut aussi être considéré eoniinc une cause suliisante de sa non-oblitération ultérieure.)

Au resie, notre intention principale est de signaler ici la connexion qui existe entre les lésions que nous avons indiquées et la production de la cyanose, mais non de tracer une histoire complète de ces lésions. Elles constituent par elles-mêmes des maladies auxquelles sont consacrés plusieurs articles de ce Diclionnaire ; ce n'est que là qu'il conviendra de les étudier sous toutes leurs faces et avec tous les détails qu'elles comportent.

§ W . Diiign-nstic. — N'oublions pas ici la définition , arbitraire h la vérité , que , d'apics M. Ginirac, nous avons donnée île la cyanose. D'après celle dé(iuilion , la cyanose consiste essentiellement dans le mélange du sang noir avec

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le sang ronge. Il s'agit donc de déterminer quelle est, chez un individu doi l'extérieur ofl're une teinte bleuâtre, l'espèce de lésion qui permet le passas d'une certaine quantité de sang rouge, soit dans les cavités gauches du cœur soit dans l'aorte. Or, s'il est quelquefois difîicile , selon certains auteurs, d reconnaître si la teinte dont il s'agit provient du mélange dont il est question ou d'un simple obstacle à la circulation, il l'est bien plus encore de préciser! voie par laquelle le sang noir se mêle au sang rouge. Avouons même franchi ment que nous ne possédons actuellement aucun moyen de résoudre d'une ms nière bien certaine cette dernière question. Mais il n'en est peut-être pas toul à-fait de même de la première , celle de distinguer les cas où la teinte bleuâtr de tout le corps ou de certaines parties seulement est due à un simple obstael à la circulation , de ceux où elle reconnaît pour cause , soit unique , soit princ pale , le mélange du sang noir avec le sang rouge.

Quelques auteurs, dont l'autorité est assurément d'un grand poids, tels qu MM. Ferrus et Louis , prétendent, contre Corvisartet un grand nombre d'au très observateurs distingués , que le mélange du sang noir et du sang rouge ni produit point la cyanose. ( «H est impossible, dit M. Louis, dans son Méinoiri » sur la communication des cafilés droites du cœur auec ses cavités gauches » de soutenir, soit qu'on s'appuie sur le raisonnement ou sur l'expérience , qiu » la couleur bleue soit un effet du mélange du sang noir et du sang rouge. » Cette manière d'expliquer la cyanose , dans les cas de communication des cavité: droites avec les cavités gauches du cœur, étant rejetoe, il ne reste plus qu'; considérer le phénomène dont il s'agit comme étant le résultat d'un obstacle à la circulation, et c'est le parti qu'ont adopté MM. Ferrus et Louis. Cependant! en réfléchissant que, dans un certain nombre de cas de cyanose , on n'a reO' contré aucun obstacle à la circulation , mais uniquement des lésions qui^' traînaient un me'lange inévitable du sang noir avec le sang rouge, on est forci de convenir que l'opinion de MM. Ferrus et Louis n'est pas applicable atixca! M''' de ce genre , et que celle de Corvisart et de M. Gintrac peut seule en rendre» raison. Reste à savoir maintenant si , dans les cas mêmes où le mélange du sanjj/ noir avec le sang rouge coïncide avec un obstacle à la circulation dans les ca^ vités droites, la cyanose est le simple résultat de ce dernier. Quant à nous, nous sommes disposé h croire que , constamment , le mélange du sang noir avec le sang rouge est une des conditions essentielles de la véritable cyanose, et que l'on ne doit pas donner ce nom aux congestions veineuses qui reconnaisseilt pour cause unique un obstacle à la circulation du sang noir. Nous ne nions pas que dans les faits de cyanose recueillis jusqu'ici, il n'ait pas toujours été tenu'** suffisamment compte des obstacles à la circulation qui coïncidaient avec les diverses aberrations anatomiques propres à permettre le mélange du sang noir I avec le sang rouge ; mais ce serait tomber dans une erreur non moins grave que' d'attribuer constamment et uniquement la cy.inose à l'obstacle à la circulation,' '™ et de soutenir que le mélange du sang noir avec le sang rouge (mélange dontj'*' M. Louis conteste moins que personne la réalité) ne joue aucun rôle dans la I'''* production de ce phénomène. Il importe d'autant plus, à notre avis, de nepaj l"""' négliger ce dernier élément dans l'explication du phénomène de la cyanose,'-'''''' que , quand un obstacle à la circulalion dans les cavités droites du cœur coincide avec une communication anormale entre ces cavités et les cavités gauches, ; '"'^ cette dernière circonstance , ouvrant au sang une nouvelle voie, tend nécessai- l rement à diminuer l'intensité des effcls ordinaires de l'obstacle au cours du ■""'' sans, et par conséquent à rendre moins considérables les congestions veineuses |''''' qui impriment à certaines parties une teinte livide, violette ou bleuâtre. jf'™ Disons , en nous résumant, que toutes les fois qu'une cyanose coexiste avec jl*"' un obstacle à la circulation dans les cavités droites du cœur et une communication anormale entre ces cavités et les cavités gauches, il paraît rationnel d'attribuer la coloration bleuâtre moins à la première des lésions indiquées , qu'au mélange du sang noir avec le sang rouge , mélange que favorise l'obstacle à la circulation. Si l'on nous demandp maintenant comment on peut distinguer ]a lésion compliquée dont il s'agit d'un simple obstacle à la circulation dans le ■ cœur droit, nous répondrons que dans ce-dernier cas, on n'observe point celte teinte vraiment bleuâtre, ou même noirâtre, qui caractérise le mélange du sang noir avec le sang rouge, et que , d'un autre côté , les obstacles à la circu- \f. lation , sans communication anormale des cavités droiles et gauclies du coeur, n'affectent presque jamais que des inilividus plus ou moins avancés en âge , if i t iiidis que la réunion de ces deux lésions est à peu près constante chez les en- ' il fans atteinis de cyanose. ' '

D'ailleurs, de la possibilité , dans la plupart des cas, de dislinguer un obs- ( < tacle pur et simple à la circulation dans les cavités ilroifes, de la même lésion 1« accompagnée d'une communication entre ces eavilés et les gauclies , nous ne \'i concluons pas que cette communication elle-même , quand elle existe indépen- , damment de toute autre lésion, puisse être toujours ou même le plus souvent reconnue. Nous pensons , au conlraire, qu'elle échappera facilement au diagnostic toutes les fois qu'elle existera sans cyanose , et l'on a déjà recueilli un certain nombre de ces cas, comme nous l'avons annoncé plus haut. (Nous ne saurions trop répéter que le mélange du sang noir avec le sang rouge , est une des conditions sans lesquelles aucune vraie cyanose ne saurait s'opérer , mais que néanmoins toute communication anormale des caviics droites avec les cavités gauches ne paraît pas apte à produire ce mélange , au moins en telle quantité qu'il en résulte constamment une coloration bleuâtre de la peau.)

Ainsi donc, en définitive, toutes les fois qu'il existe l'ensemble des symptômes que nous avons énumérés au§ 2, on peut affirmer qu'il y a mélange d une certaine quantité de sang noir avec le sang rouge, et que cet appareil symplomatique n'est pas l'uuique et simple résultat d'un obstacle à la circulation a travers les cavités droites du cœur; mais il est très-difficile , pour ne pas dire

CTANIQUÊ (acide).

I possible , de délerminer quelle est précisément la lésion des organes cenliuxdela circulation, à la faveur de laquelle s'est opéré le mélange des deux ngs. On peut , tout au plus , présumer que ce mélange a lieu par le moyen line perforalion anormale des cloisons inter-ventiiculaire ou inter-auriculaire,

•squ'on a reconnu la présence d un obstacle a la circulation provenant soit (in rétrécissement de Torilice ventricule-pulmonaire ou de l'artère pulmonaire,

t de l'orifice auriculo-ventriculaire droit ou de la cavité môuie du veiUri-

le droit (c'est le rétrécissement de ces deux dernières espèces qui coïncide le us ordinairement avec la persistance ou le rétablissement du trou de Botal).

|Dn peut voir, au reste, dans l'ouvrage de M. Gintrac quelques cas où une (Inmunication anormale des cavités droites et gauches du cœur a été diagnoslluée ( voyez les observations 45<! et 50i-').

I V. Traiieinent. S'd est une maladie contre laquelle l'art se montre impuis- (ut, c'est assurément la cyanose. Nous n'avons en efi'et aucun moyen d'interlinpre les communications anormales qui peuvent exister entre certaines partis des organes centraux de la circulation , ni d'enlever les obstacles au cours sang, qui coïncident si souvent avec les communications dont il s'agit. Un

s faits rapportés par M. Gintrac tend néanmoins à prouver que la nature ,

is puissante que l'art , parvient, dans certaines circonstances à triompher ( la disposition organique d'où dépenil la cyanose.

3i la médecine ne peut prétendre à guérir les individus atteints de cyanose, (je sait du moins apporter quelque soulagement à leurs souffrances.

![Juant aux moyens de la prévenir, ils sont évidemment nuls dans les cas où i«e est congénitale ( et ces cas sont incomparablement les plus nombreux). La canose non congénitale étant souvent le résultat de violens efforts , il faut , itant que possible, éviter ce genre de causes. On conçoit que des cris trcsi'is et prolongés , chez les enfans très-jeunes, pourraient , entre autres acci- Àis, déterminer le rétablissement de la communication qui a lieu pendant la f\ fœtale entre les deux oreillettes : on ne saurait donc apporter trop de soin (j loigner les causes de pareils cris.

a i'^oici maintenant ce qu'il convient de prescrire aux individus atteints de njiDOse.

I !ls devront respirer un air pur, calme, et d'une température assez élevée [ DUS avons vu combien ils étaient sensibles au froid). Ils s'abstiendiont de lie occupation qui oblige à exercer des efforts plus ou moins considérables, aut exclure île leur régime les alimens trop excitans, et s'appliquer à les ttre à l'abri de toute impression morale un peu vive.

>'il survient dos paroxysmes , les saignées sont d une indispensable nécessité, secondera leurs effets par des pédiluves, des boissons et des potions calntes. C'est alors aussi que le repos le plus absolu doit être scrupuleusement ervé. Les malades , en général, sont d'ailleurs les premiers à sentir l'impéuse nécessité du repos. L'un des malades dont I histoire a été rapportée par Jocteur Hunier ( Médical obsei i'. and iiic/iiieris , toin. 6, pag. 299 , case 2 ) , moment où il éprouvait les premiers phénomènes du paroxysme, se coulit de suite , demeurait immobile pendant environ dix minutes ^ et prévenait si les accidcns ultérieurs de ce paroxysme.

Tels sont les moyens par l'emploi desquels on peut espérer de pallier les aptômes de la cyano-se et de prolonger les jours des personnes"qui en sont îintes. Ils constituent, il est vrai , de bien faibles secours dans une maladie it la nature est si grave ; et dès lors il ne faut pas s'étonner de ce qu'elle fait comber dans un âge encore peu avancé de la vie la majeure partie des sujets i en sont alfectés.

( J. BoUILLAtD.)

jTANIQUE (Acide) {chimie pliarin. ). Acide découvert par M. Sérullas en diant les produits de l'action de l'eau sur le perclilorure de cyanogène. Lors on fait bouillir légèrement et pendant long-temps , dans un malras , de l'eau tillée sur du perclilorure de cyanogène , une partie de l'eau se trouve dénposée ; son hydrogène forme de l'acide hydrochlorique avec le chlore, et oxigène de l'acide cyanique avec le cyanogène. Lorsque la décomposition perchlorure est complète, on fait évaporer le liquide à l'air libre, dans une isule, afin de volatiliser la plus grande partie de l'acide hydrochlorique, et ide cyanique cristallise par le refroidissement. On le lave à froid avec un . d'eau , et on le redissout pour le faire cristalliser de nouveau. Cet acide blanc , inodore , peu sapide , peu soluble dans l'eau ; il cristallise en rhombrillans et transparens , ou en aiguilles déliées parla sublimation; il est ttaqnable par les acides nitrique et sulfurique, qui le dissolvent seulement aide de la chaleur. Il forme avec les bases saHfiables des sels parfaitement 'actérisés ; il ne parait pas être vénéneux ; sa composition est de

Cyanogène, 1 atome 61,89

Oxigène, 2 atomes 38,11

^ (Gtjibotjrt.) 3TATV0GENE {azotm-e , ou mieux azotide carbonique). C'est KM. Gayssac que l'on doit la découverte de-ce composé binaire. Il la fît en 1815, en luffant dans un appareil propre k recueillir les gaz un sel connu jusqu'alors is le nom de prussiate de mercure. Il faut pour la réussite de l'opération que isel soit parfaitement sec. Par l'action de la chaleur il se ramollit, se bourifle , noircit , et se décompose en mercure qui se condense ilans le col de la •nue, et en un gaz qui va se rendre sous une cloche pleine de mercure. C'est Ile Cfanogène ( bleu engendre ) , ainsi nommé parce qu'il est un des principes istituans du bleu de Prusse. Le sel décomposé était donc un c/-«/!ti/ e c/e •c«?'e. Quant au gaz lui-même, l'analyse a montré qu'il était forme de :

) CÏANOGElVE.

En volumes. En poids.

Azote 1 54,02

Vapeur de carbone 2 45.98

Contractés en 1 100,U0

Le cyanogène est incolore , d'une odeur vive et piquante, impropre à la combustion et à la respiration, délétère même pour les animaux. Il pèse 1,8064 ; un très-grand froid peut le liquéfier et le solidifier. La chaleur rouge ne le décompose pas.

Le cyanogène est soluble dans l'eau et dans l'alcohol ; ce dernier en dissout vingt-trois fois son volume, et l'eau quatre fois et demie. Le soluté aqueux rougit le tournesol , a l'odeur du gaz , et une saveur piquante et poivrée ; il se décompose proiiiptement, en produisant des carbonate, cyanale et hydrocyanate d'ammoniaque ; plus une matière carbonée (jui colore la liqueur en brun.

Le cyanogène est un corps d'autant plus remarquable qu'il joue tians un grand nombre dg composés le rôle d'un corps simple, analogue au chlore, au brôme et à l'iode. Il forme avec le chlore lui même deux combinaisons dont l'une , le protochlorure de cyanogène , est un gaz incolore , tl'une odeur forte et piquante, liquide à 15 degrés, cristallisable en longues aiguilles à — 20'>, soluble dans l'eau et l'alcohol ; l'autre, le perclilorure de cyanogène., est un corps solide, très-blanc, odorant, fusible à 140 degrés, volatilisable à 190, et susceptible de se sublimer en belles aiguilles. L'eau froide a peu d'action sur lui ; mais l'alcohol ell'éther le dissolvent avec facilité.

L'iode combiné au cyanogène forme un iodure également cristallisable en longues aiguilles incolores, d'une odeur très-piquante et qui irrite fortement les yeux, d'une saveur excessivement caustique ; soluble tIans l'eau et encore l)lus dans l'alcohol, volatil à la température de l'eau bouillante; donnant d'abondantes vapeurs violettes lorsqu'on le projette sur les charbons ardens ; dangereux à respirer.

Le bromure de cyanogène est semblable à l iodure par ses propriétés physiques; mais il est entièrement volatil à 15 degrés centigrades , doué d'une odeur encore plus pénétrante , plus soluble dans l'eau et dans l'alcohol : il est excessivement délétère.

Toutes les autres combinaisons du cyanogène avec les corps simples portent le nom de cyanures , si ce n'est celui d hydrogène , que l'on nomme communément acide hydrocianique. Nous allons examiner les principau.x.

Cyanure d'hydrogène ou acide hydrociaiiique. Ce composé a élé obtenu la première fois par Scheèle en 1780, mais étenilu d'eau; ce qui n'empêcha pas cet illustre chimiste d'en déterminer les principales propriétés. Comme il le retirait du bleu de Prusse, au moyen de plusieurs décompositions successives , les chimistes français lui imposèrent le nom acide prussique , \\xsc^vCa.w moment où M. Gay-Lussac parvint il l'obtenir pur, et à prouver qu'il était composé de cyanogène et d'hydrogène ; alors il fut nommé acide hy diocyaiH(jue.

Préparation. Introduisez dans une cornue de verre tubulée 300 grammes de cyanure de mercure ; adaptez-y un long tube horizontal dont l'extrémité recourbée plonge dans un petit flaçon. Ce tube doit contenir, dans le premier tiers de sa longueur, des fragmens de marbre , et dans les deux autres tiers , du chlorure de calcium anhydre, l'appareil étant disposé , et le tube , ainsi que le flacon, entouré de glace , introduisez ]iar portions l'acide hydrochlorique dans la cornue , et chauffez de manière à entretenir une légère ébullition. Alors l'acide cède son hydrogène au cyanogène, et le chlore forme avec le mercure du deulochlorure qui reste dans la cornue. Quant à l'acide hydrocyanique , il se volatilise avec un peu d'eau et d'acide hydrochlorique , et le tout se condense dans le tube. Lorsque la quantité d'eau tievient très-sensible, on arrête l'opération, on enlève la glace <[ui entoure le tube, et on le chauffe doucement. L'acide hydrochlorique est retenu par le marbre, l'eau par le chlorure de calcium , et l'acide hydrocyanique passe seul dans le flacon.

Propriétés. L'acide hydrocyanique pur est un liquide incolore, inflammable par l'approche d'un corps en combustion , rougissant faiblement le tournesol , ayant une odeur très-forte , analogue h celle des amandes amères, et une saveur d'abord fraîche, suivie d'une sensation brûlante h l'arrière-bouche; maisil faut éviter de le goûter ou respirer autrement qu'en très-petite quantité ; car c'est un poison si violent qu'une seule goutte, portée sur la\langue d'un chien de forte taille , suflil pour le tuer. Il est plus léger que l'élher le mieux rectifié , puisqu'il ne pèse que 0,7058 , à la température de 7 degrés ; et il est si volatil qu'exposé h l'air, même à une température de 20 degrés , le froid qu'il produit en s'évaporant congèle la partie restée liquide. Il se solidifie et cristallise à — 15 degrés ; il entre au contraire en ébullition h 26,5.

Cet acide est si peu stable dans sa compo.sition qu'on peut à peine le conserver plusieurs jours sans altération; il prend une teinte brune qui se fonce de plus en plus, et il ne tarde pas à se trouver converti en une masse noire très-légère, qui exhale une vive odeur d'ammoniaque. L'acide hydrocyanique est soluble en toutes proportions dans l'eau et dans l'alcohol ; et comme ce dernier retarde beaucoup sa décomposition spontanée, il est avantageux , pour l'usage médical, de n'employer l'acide hydrocyanique qu'élendu d'une proportion donnée de ce menstrue , par exemple , ilo trois ou cinq fois son propre poids; ce qui donne un liquide contenant 1/4 ou 1/(5 d'acide [)ur.

.Analyse. L'acide hydrocyanique se décompose complètement lorsqu'on le fait passer à travers un tube de porcelaine rougi au feu et contenant des fils de fer; il se forme un dépôt de charbon sur le fer, et si 100 parties en volume d'acide ont été décomj)osées , on trouve en place un mélange de 50 parties d'azote et de 50 parties d'hydrogène.

CYANURE

CYANURE

Le potassium chauffé ayec la vapeur liydrocyanique la décompose aussi ; mais rhydrogène seul se trouve séparé , le cyanogène ou l'azoture de carbone se combinant au métal pour former du cyanure de potassium ; enfin, l'expérience ayant appris que 100 parties en volume de vapeur liydrocyanique exigeaient pour leur combustion complète l'25 volumes de gaz oxigène , et que les produits de cette combustion étaient 100 parties d'acide carbonique , représentant 100 volumes de carbone, 50 parties d'azote et une quantité d'eau représentée par la disparution de 25 d'oxigène et de 50 d'hydrogène, il est devenu avéré que l'acide hydrocyanique était formé de :

En volumes. En poids.

Carbone ... 2 44,27

Azote. ... 1 52,07

Hydrogène . . 1 3,66

Condensés en 2

Ou bien Cyanogène . .

Hydrogène . .

II existe plusieurs autres procédés pour obtenir l'acide hydrocyanique , soit sec , soit étendu d'eau ; mais comme les médecins s'accordent généralement aujourd'hui a donner la préférence à l'acide anhydre de M. Gay-Lassac , mêlé, il l'aide de la balance, à 3 ou à 5 parties d'eau ou d'alcoliol , nous nous dispenserons de détailler ici ces opérations, renvoyant d'ailleurs ceux qui voudraient les connaître à la Pharmacopée raisonnée , t. ii , pag. 308 et suivantes.

( tiuiBODRT. )

CYANURE D'HYDROGENE. Acide hjdi océanique. (Médecine légale.) Il existe dans le commerce plusieurs espèces d'acide hydrocyanique , eu égard à leur degré de pureté ou de mélange avec des quantités d'eau plus ou moins considérables. L'un de ces acides est celui que l'on obtient par les procédés de MM. Gay-Lussac et Vauquelin , soit en traitant le cyanure de mercure solide par l'acide hydroclilorique , soit en le mettant en contact avec l'acide hydrosulfurique gazeux. Dans ces deux cas , il se forme de l'acide hydro-cyanique privé d'eau. Les autres , que l'on prépare avec le bleu de Prusse , le deutoxitle de mercure, l'eau distillée, la limaille de fer et l'acide sulfuiique, selon la méthode de Scliecle ou bien en faisant passer un courant d'acide hy drosulfurique dans du cyanure de mercure en dissolution dans l'eau, contiennent, le second, un douzième d'acide hydrocyanique, et le premier , deux fois moins d'acide. Il existe encore plusieurs procédés qui fournissent de l'acide hydrocyanique plus ou moins étendu d'eau.

Caractèi-es de l'acide hydrocyanique pur. — Liquide , incolore ( il se colore en brun, et peut même devenir noir, trois ou quatre heures après sa préparalion ; quelquefois cependant il ne s'altère qu'après un temps beaucoup plus long : dans ces deux cas il est décomposé , du carbone est mis à nu ) , développant une odeur d'amandes amères plus prononcée quand on est placé à une certaine distance de l'acide que lorsqu'on le sent dii ecteaient. Une goutte versée sur du yjapier se volatilise en partie et se solidifie : une portion d'acide enlève alors à l'autre portion toute la quantité de calorique nécessaire pour passer à l'état de vapeur , tandis que la partie non volatilisée a perdu assez de calorique pour se congeler. Si on élève légèrement la température de cet acide, il se volatilise en totalité. Il s'enflamme à l'approche d'un coi'ps en combustion, soit qu'il se trouve à l'état liquide , soit k l'état de vapeur; ainsi, quand on prépare cet acide d'après les procédés qui le donnent privé d'eau , on peut s'assurer si l'appareil perd, en approchant une allumette au voisinage des ouvertures lutées. On apei çoit alors une flamme purpurine , qui résulte de la combustion de l'acide qui s'échappe de l'appareil. Si l'on introduit une goutte d'acide hydrocyanique dans un verre à expérience, et qu'on sature l'acide par de la potasse en dissolution, la liqueur reste incolore; si on y verse quelques gouttes de pcrsulfate acide de fer, il se forme une coloration d'un bleu verdàtre (bleu de Prusse) , mêlée à un précipité rougeâtre ( tritoxide de fer). Eu ajoutant une ou deux gouttes d'acide hycli'ochlorique dans le mélange , le précipité rouge.itre est dis.sous, et il reste le bleu de Prusse sous forme de précipité ou sous celle d'une simple coloration. A la longue, la coloration devient plus intense par le contact de l'air, et le dépôt s'effectue. Un pareil mélange d'acide hydrocyanique et de potasse, mêlé à du sulfate de cuivre dissous , donne un précipité blanc-jaunâtre qui , traité par quelques gouttes d'acide hydroclilorique, devient blanc. Ce précipité pulvérulent, mais sous forme d'une poudre assez grosse , est peu soluble dans l'eau ; en sorte qu'en y ajoutant de l'eau distillée, on obtient un liquide plus ou moins blanc duquel se déposent les portions du précipité, (|ui ont plus de volume et qui , par cela même , viennent former au fond du vase \\n dépôt pulvérulent très-blanc. Ce précipité est toujours abondant, quoiqu'on ait agi sur des quantités d'acide infiniment petites; en sorte que ce mode d'expérimentation devient une des pierres de touche de l'acide hydrocyanique. M. Lassaigne , qui l'a fait connaître , assure qu'il peut servir à démontrer la présence de l'acide hydrocyanique dans une liqueur qui n'en contiendrait qu'un vingt-millième de son poids; tandis que le persulfale de fer ne pourrait déceler sa présence que dans un liquide qui en renfermerait une quantité double. M. Lassaigne fait observer que la formation du bleu de Prusse est d'autant plus évidente que l'acide hydrocyanique, la potasse et le persulfate de fer sont restes plus long temps en contact ; tandis que le précipité obtenu avec le sulfate de cuivre devient de moins en moins prononcé par le

contact , et finit par disparaître; aussi , l'eau laiteuse obtenue devient-elle e: trêmement limpide au bout d'une demi-heure ou de trois quarts d'heure. EnfiJ si l'on verse une goutte d'acide hydrocyanique dans du nitrate d'argent, oi obtient immédiatement un précipité blanc, caillebolté, lourd, insoluble dani l'eau , insoluble dans l'acide nitrique à froid , soluble dans l'ammoniaque. Cl précipité (cyanure d'argent) se distingue de celui que donne l'acide hydrochlo| rique dans le même réactif, en ce qu'il devient difficilement violet au contade l'air, et qu'il se dissout très-facilement quand on le fait bouillir dansdj l'acide nitrique ; ce qui n'a pas lieu pour le chlorure d'argent. Le nitrate d'aii gent , indiqué par M. Gay-Lussac , est le réactif le plus sensible pour décelei des atomes d'acide hydrocyanique.

Caractères de l'acide hjdi-ocyanique étendu d'eau. — Il exhale une odeui d'amandes amères ; il ne peut plus s'enflammer , à moins que la quantité d'eai soit très-faible ; cependant , quand il a séjourné pendant quelque temps dan un petit verre à expériences . et que ce dernier a été recouvert , il peutprendn feu dans l'atmosphère du verre, si l'on vient à en approcher un corps en com' bustion. Cet effet est le résultat de la volatilisation de l'acide etde son mélangt avec l'air. L'acide de Schecle ne prend pas feu, à l'approche d'un corps ei combustion; il ne cristallise pas spontanément, comme l'acide pur; malt il agit , comme lui, sur les persulfates de fer et de cuivre et sur le uitrat» d'argent.

L'acide hydrocyanique n'altère en rien la couleur des liquides dans lesqueli il ])eut être incorporé , tels que le vin , le café, la bière , le lait, etc. ; mais, ai bout d'un certain temps, tous ces mélanges acquièrent une couleur brune plu; ou moins noirâtre , dépendant de la décomposition subséquente de l'acide.

Il en est de même des matières animales avec lesquelles il peut avoit été mêlé.

Action de l'acide hydrocyanique sur l'économie animale.

1° De l'acide hydrocyanique pur et liquide. — Il résulte des expériences qui j ont été faites que l'acide hydrocyanique est tellement vénéneux , qu'il suffit^ '^^^ d'une goutte placée sur la langue ou sur la conjonctive d'un animal, poiirlei j^j^ faire périr après deux ou trois respirations. Une goutte d'acide, mêlée à quatre ^ gouttes d'alcohol et injectée dans les veines, tue un chien avec la même rapidité , que la foudre. | 2° Acide hydrocyanique en vapeur. — Les animaux plongés dans la vapeur | d'acide hydrocyanique périssent avec une promptitude plus ou moins grande. suivant qu'elle est plus ou moins pure, ou mêlée h une plus ou moins grand€ij|| quantité d'air. Il est certain que les plus petites portions d'acide volatilisé jj^j agissent encore avec une grande énergie. Le hasard nous a mis à même de vé rifier ce fait, que MM. Illner, Vauquelin, Coullon et Magendie avaient dfjîijjui constaté. Nous préparions un jour de l'acide hj'drocyanique par le procède de , M. Vauquelin, pressé par le temps , nous avions fait marcher l'opération assez C| vite; et immédiatement après avoir luté l'appareil, une des ouvertures laissa ^ échapper de l'acide dans le laboratoire, qui n'était pas très-élevé, et bientôt i ^ nous éprouvâmes un état de mal-aise , une céphalalgie superficielle , ayant son | siège principal vers le sommet de la tête ; un sentiment , de lassitude avec op- J pression vers la partie inférieure du sternum. Nous étant transporté dans une ^ pièce voisine et assis sur une chaise, le sentiment de lassitude augmenta; en ^ même temps nous éprouvâmes un fourmillement par tout le corps , suivi d'une tendance à la transpiration. Des bàiUemens, des pendiculations, des rapports multipliés survinrent. Cet état persista pendant près d'une demi-heure, et se dissipa ensuite graduellement au bout de deux heures ; mais le sentiment d'oppression et de gêne vers le tiers antérieur du sternum, ainsi que les bâiilemens, furent les symptômes qui persistèrent le plus long-temps.

3» Acide hydrocyanique étendu d'eau, ou médicinal, ou de Scheèle.-^ M. Coullon , qui s'est beaucoup occupé de l'action que cet acide exerce sur le> animaux et sur l'homme, a pris jusqu'à quatre-vingt-six gouttes de ce poison sans éprouver d'autres symptômes qu'une sécrétion de salive plus abondante, quelques nausées, une accélération de la circulation , une pesanteur de Ule avec céphalalgie qui semblait siéger sous le cuir chevelu du sinciput. Ces symptômes disparurent dans l'espace d'une demi-heure, mais une anxiété pre cordiale qui les avait accompagnés persista pendant six heures. ( Tout porte a croire que l'acide hydrocyanique employé par M. Coullon était fort étendu d'eau. )

Analyse. — Si la matière est liquide et peu colorée , on peut la traiter directement par les réactifs, et principalement par le nitrate d'argent. Ce procède est cependant moins sûr que le suivant , parce que ces liquides peuvent con- j tenir des hydrochlorates, des phosphates ou des carbonates, qui viendraient augmenter la quantité de précipité , et laisseraient ii penser que la proportion d'acide hydrocyanique est très-considérable. M. Oi fila a conseillé , dans un a mémoire inséré en 1829 dans les Annalrs d'hygiène et de médecine légale, de h traiter le précipité obtenu par l'acide nitrique à froid , afin de dissoudre le phosphate et le carbonate d'argent qui auraient pu se former , puis de faire bouillir le précipité restant dans de l'acide nitrique, afin de déterminer exactement la proportion de cyanure d'argent obtenue. Ce procédé, déjà compliqué, n'est pas exempt de l'inconvénient de ne pas démontrer rigoureusement la présence de l'acide hydrocyanique ; car les cyanures solubles , tels que ceux de potasse ou de mercure, ajoutés à ces liqueurs, produiraient le même effet que l'acide hydrocyanique ; aussi M. Orfila est-il obligé de conseiller en dcfinilive l'emploi du procédé que nous allons décrire.

11 faut distiller le liquide dans un appareil composé d'une cornue et d un ballon à deux tubulures , dont l'une reçoit le col de la cornue, tandis que I on adapte à l'autre un tube étroit et très-long. Ce ballon doit être enveloppé d'un

CYANURE

CYANURE

lélange frigorifique fait avec de la glace et du sel; il faut chauffer modérélent la cornue, et ne pas même porter les matières qu'elle renferme à l'ébultion ; aussi est-il nécessaire de mettre un bain de sable entre le fourneau et vase qui contient les matières à distiller. On devra maintenir une tempéraire de 70 à 80 degrés pendant une demi-heure environ; il faut ensuite re- . jaillir le produit de la distilialion, et agir sur lui avec le persulfate de fei', deutosulfate de cuivre et le nitrate d'argent, comme nous l'avons dit. Il y a ême de l'avantage à faire arriver le col de la cornue , par l'intermédiaire d'un ibe,dans une longue éprouvette , qui serait remplie de nitrate d'argent ; de tte manière on ne s'expose pas à perdre autant d'acide hydrocyanique. Dans le cas où la matière est solide, il faut l'étendre d'eau <Iistiilée , et la aller de la même manière; en sorte que ce procédé est applicable à tous les is : aux matières vomies , à celles contenues dans l'estomac , comme aux parois 5 cet organe. M. Lassaigne, qui est parvenu à démontrer la présence de cet ide dans le canal digestif d'animaux auxquels il n'en avait fait prendre qu'une lantité infiniment petite, fait observer que c'est toujours dans l'organe où icide a été introduit qu'il faut chercher à constater sa présence. Ses expéences analytiques ont été faites dix-huit, vingt-quatre et cinquante-trois heures !irès la mort.

Que s'il s'agissait de déterminer la quantité d'acide que renferme un sirpp I tout autre liquide dans lequel on serait sûr qu'il n'a été ajouté que de l'acide rdrocyanique , il suffirait de le précipiter par le nitrate d'argent, et de peser

cyanure obtenu; mais si on n'était pas certain que des cyanures solubles aient pas été employés à sa confection , il fautlrait alors fractionner le sirop deux portions : l'une serait traitée parle nitrate d'argent, et l'autre par la stillation.

Au surplus, rien n'est plus facile que de déterminer la proportion d'acide drocyanique obtenu, quand on connaît le poids du cyanure d'argent, sa mposition et celle de l'acide hydrocyanique. On y parvient en établissant laïques proportions. Ce procédé a été suivi tout récemmen-t par MINI. Gayissac, Magendie, Orlila et Barruel, pour constater la quantité d'acide que uvait contenir un poids donné de sirop. On n'est pas arrivé à un résultat at-a-fait identique , quant à la quantité d'acide ajouté , puisqu'au lieu de luver 4 grammes 558 de cyanuie d'argent, on n'a obtenu que 3 grammes 73, st-a-dire 8 dixièmes de gramme de moins; mais on a acquis la certitude a le cyanure d'argent provenait réellement de l'acide hydrocyanique conlu dans le sirop.

Voici maintenant les données d'après lesquelles on peut calculer la proporn d'acide hydrocyanique d'après le cyanure d'argent que l'on a obtenu.

Composition du cyanure d'argent :

32,900 cyanogène.

135,160 argent.

Composition de l'acide hydrocyanique :

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