cyanogène
3,66 hydrogène.
La science possède plusieurs observations d'empoisonnement par cette subince énergique. L'un des faits les plus complets en ce genre est celui qui a : rapporté dans le tome I*'' de la Revue médicale , année 1825. Il s'agit d'un :decin de Rennes qui, après avoir pris impunément deux cuillerées h café cide hydrocyanique médical, avala le 3 septembre 1 824 , à sept heures du r, une pareille dose d'acide en deux fois et à quelques seconde d'intervalle; ivait fait un dîner copieux cinq heures auparavant. A peine sorti de l'oflicine
il avait avalé le poison , il ressentit à la tête une sorte d'ébranlemenf qui lui soupçonner les accidens auxquels il allait être en proie. Rentré dans la |)harcie, il tombe comme un homme frappé d'apoplexie foudroyante. P< rte sue de connaissance , de mouvement et de sentiment ; face vultueuse et comme nflée , ainsi que le col ; pupille fixe , dilatée ; ti ismus , couché en supination ; Gculté croissante de respirer ; respiration bruyante et râleuse ; froid des exmités ; odeur d'amandes anières s'exhalant de la bouche ; petitesse extrême
pouls; bientôt renversement du tronc en arrière, puis convulsions viotes , dans lesquelles tout le corps se roidit , en même temps que les bras se dent et se contournent en dehors. Cet état persista pendant deux heures et nie, au bout desquelles le malade commença à recouvrer connaissance. , isieurs jours après il entra en convalescence.
L'administration récente du sirop du Codex contenant de l'acide hydrocyaue a causé \\ mort de sept épileptiques. Un médecin très-distingué de Bspice de Bicêtre, ayant obtenu en ville des résultats avantageux de l'emploi sirop d'acide hydroçyanique de M. Magendie ( contenant un cent-vingt- Jvième d'acide ), à la dose d'une demi-once et même d'une once , le prescrivit îs cet hôpital. Ou fit prendre au contraire à chaque malade deux gros Xante-quatre grains de sirop composé d'après la formule du Codex ( il renma un dixième d'acide; les deux gros soixante-quatre grains contenaient 10 cinq grains soixante-quatre centièmes d'acide concentré). L'élève appelé onner des soins aux malades durant le court espace de temps qui s'est écoulé re l'administration du médicament et le moment de la mort, a rapporté étant arrivé sept minutes après l'ingestion du sirop , il trouva les sept épitiques étendus sur leur lit. Chez tous , les mêmes symptômes avaient eu lieu : •le absolue de connaissance et convulsions. L'un d eux avait éternué pluursfois; il n'a pas pu savoir si ce phénomène s'était manifesté chez d'autres t ladas. Au moment où il les vit , les convulsions venaient de cesser ; la perte f connaissance était complète, la respiration bruyante et agitée , la bouche éuneuse, le corps couvert de sueur, le pouls dans un état de fréquence
DlCT. DE MÉDECINE ET DE ChIRDHGIE PRATIQUES.
marquée; bientôt à l'excitation générale succéda un afTaissemcnt dont la marche graduelle, quoique rapide, ne s'arrêta qu'à la mort. Les mouvemens respiratoires diminuèrent de Iréquence et d'étenilue ; le pouls, naguère excité, présenta une lenteur et une faiblesse à chaque minute plus inquiétante; la sueur devint froide, ainsi que les extrémités , et la mort survint. Chez cpielques malades, la face et les téguniens du crâne avaient été fortement injectés; chez d'autres, elle avait été très-pâle ; la pupille était en général métliocremenl dilatée.
Il ne paraît pas qu'il y ait eu des vomissemens ; l'un des malades a seulement fait de violens elïorts pour vomir à une époque peu éloignée du moment de la mort.
On voulut faire prendre aux malades des bains de pied très-chauds ; la plupart expirèrent avant l'administration de ce moyen ; l'épileptique qui vécut le plus long-temps ayant laissé mettre ses pieds dans l'eau chaude, fut pris quelque^ temps après et tout à coup , de convulsions générales très-violentes , sous l'influence desquelles il s'élanca hors du sceau par un mouvement extrêmement brusque. Il sentit manifestement l'impression de l'eau ; car, pendant le moment qui précéda ses convulsions, sa figure exprima de vives douleiu-s, la respiration devint plus accélérée ; la face, les conjonctives et toute la tête s'injeclèrent au plus haut degré. M. Mural ayant jugé qu'une saignée était indiqu('e , la veine fut largement ouverte ; il s'en écoula un sang noir et très-liquide , dont le jet cessa au moment de f affaissement des parois de la veine distendue par l'effet de la ligatui e On s'efforçait de le faire couler à l'aide de friction exercées de bas en haut et d'ablutions avec l'eau chaude, lorsqu'on s'aperçut que le malade n'existait plus. Le premier mahule est mort après quinze ou vingt minutes; le septième a vécu trois quarts d'heure.
( Ces faits sont extraits d'une note manuscrite donnée à M. Adclon , l'un des médecins experts dans cette affaire , par l'élève qui a soigné ces malades au moment des accidens. M. Adelon a bien voulu me la communiquer. )
L'ouverture du corps des sept malades a fait connaître les altérations suivantes. Tous les gros vaisseaux du système veineux étaient gorgés d'un sang très- fluide et très-noir : les poumons contenaient une grande quantité de sang ; la membrane muqueuse des bronches et de la trachée était fort injectée; les traces de phlegmasie du canal digestif étaient en général peu marquées On apercevait un développement notable des cryptes muqueux; des plaques rouges, disséminées ç'a et là le long de la surface interne de l'estomac et des intestins avec une injection des vaisseaux veineux qui se rendent à ces organes. Les vaisseaux du cei veau participaient de l'état du système veineux. Aucun organe ne développa l'odeur d'amandes amères; cette odeur ne fut pas sensible pour MM. Adelou, Marc et Maijolin . dans les matières contenues dans l estomac. Cependant, MM. Gay Lussac et Orfila l'ont constatée dans ces substances huit jours après l'ouverture du corps; ce qui prouve que, dans un grand nombre de circonstances, il faut une très grande habitude pour l'apprécier.
Tous les animaux, de quelque classe qu'ils soient , reçoivent de la part de l'acide hydrocyanique la même influence que l'homme: Schrad<M', Emmei t , Gazan , Callies, Ittner, Robert, Dablin, i\lagendie, Orfila, et principaioinent Coulloii , ont constaté ce fait. Ce dernier a varié ses expériences sur toutes les classes d'animaux. Il résulte de tous ces faits réunis que l'acide hydrocyanique tue dans un espace de temps d'autant plus court qu'il est plus concentr.'. Quand on porte, d'après M. Magendie, rextrêmité d'un petit tube trempé légèreuient dans un flacon d'acyde hydrocyanique concentré sur la langue d'un chien robuste, deux ou trois grandes inspirations ont lieu, et l'animal tombe raide mort. On obtient le même résultat en plaçant l'acide sur la conjonctive. Que si l'acide est étendu d'eau, et si on le fait avaler à une dose égale, quoique sous un volume plus grand, les symptômes se développent plus lentement; quelques minutes s'écoulent entre le moment de l'iusestion du poison et leur apparition ; ils consistent dans des vertiges, de la dillicuité de respirer un accroissement des battemens du cœur, auxquels succèdent des mouvemens tétaniques, et presque toujours l'opisUiotonos et une insensibilité générale. Un état d'alPaissement suit l'état de contraction qui reparaît bientôt avec plus d'intensité , en laissant des intervalles plus ou moins longs, et après plusieurs périodes successives de contracture et d'affaissement , l'animal meurt dans ce dernier état.
Le véhicule dans lequel se trouve l'acide paraît exercer quelque influence sur son énergie. Ainsi l'alcohol et l'éther, en lui conservant toutes ses propriétés, semblent faciliter son mode il'action.
La partie du corps par laquelle il est introduit modifie singulièrement l'apparition des symptômes. Injecté dans les veines, il tue comme la foudre; appliqué sur les membranes muqueuses , il détermine la mort un peu moins promptement. Il paraît agir avec moins d'énergie quand il est injecté dans le rectum que lorsqu'il est introduit dans l'estomac. La mort est plus prompte .^i on l'applique sur une membrane séreuse , à l'exception toutefois des synoviales. S'il est placé dans une plaie, les accidens sa développeront d'autant plus \!ie que la partie où la plaie existe sera plus rapprochée des principaux organes de la circulation et de la respiration. On peut même retarder ses effets, et quelquefois les arrêter, en pratiquant une ligature entre la plaie et le cœur. Les jeunes animaux sont plus impressionnables que les vieux, et les femelles plus que les mâles. (Coullok. )
L'acide hydrocyanique est donc le poison le plus violent que l'on connaisse, et l'on ne saurait apporter trop de soins dans son administration. On a pu voir que le sirop du Codex était formulé de manière à constituer une préparation très-dangereuse , puisque une cuillerée à café suffit pour donner la
CYANURE
CYANURE
mort. Celui de M. Magendic peut, au contraire, être administre comme tous les autres sirops.
Rien n'est moins constant que les allérations des solides que détermine l'acide hydrocyanique. Il n'en produit pas de notables si la mort est trèsprompte; mais duns le cas où elle a lieu au Lout de quelques heures, les uns pensent qu'il y alors constamment des traces de phlegoiasie dans le canal intestinal ; les autres , au contraire , ne les regardent que comme accidentelles. Ce qu'il y a de certain c'est que ce corps n'est pas sensiblement caustique, et qu'il ne produit pas la mort par suite des altérations qu'il développe dans les parties où il est place, mais bien par le fait de son absor|jtion et de son action sur le système nerveux en général et peut-être sur le sang. Une altération observée par presque tous les expérimentateurs, c'est la fluidité du sang et sa couleur plus foncée. Telles sont aussi la congestion pulmonaire et la congestion cérébrale. Enfin , les organes dans lesquels il a été introduit, et quelquefois toutes les autres partis du corps, répandent une odeur très-manifeste d'amandes a mères.
Traitement. — Il est peu de poisons pour lesquels autant d'antidotes aient été proposés et aussi infructueusement. Lait, albumine, ammoniaque, souscarbonate d'ammoniaque, potasse, soude , eau de savon , huile d'olive , huile essentielle de térébenthine, chlore , tliériaque , infusion de calé et beaucoup d'autres substances , tels sont les contre-poisons tour à tour conseillés et toujours sans succès.
Eu 1829, M. Siméon, pharmacien a 1 hôpital Saint-Louis, ayant à préparer de l'acide hydi ocy anique , imagina de dégager du chlore ilans son laboratoire pour éviter les efl'ets des vapeurs d'acide qui pourraient s'y répandre Le succès répondit à son attente , et .dès lors il eut l'idée d"em|d(iyer le chlore gazeux comme antidote; et, à cet efl'et , il tenta plusieurs expériences dont je vais donner le résultat (cette idée, neuve pour M. Siméon, avait déjà été émise ayant lui , puisque CouUon avait employé cette substance pour couibattre cet empoisonnement; mais il n'en avait pas obtenu de résultats avantageux). M. Siméon prit un chien de dix-huit livres, lui instilla dans la gueule deux gouttes d'acide hydrocyanique pur. Au bout d'une minute la tête était renversée sur le dos, les membres raides et agités de mouvemens convulsifs, l'insensibilité complète. On arrosa le museau , la langue, les narines et les parties environnantes avec de l'eau chlorée, composée d'une partie de chlore liquide concentré et de quatre parties il'eau. Au bout d'une heure cjuelques efi'oris inspiratoires permirent d'espérer le succès du traitement. Une heure après le chien paraissait entièrement rétabli el mangeaitavec appétit. Celle expérience, pratiquée avec les mêmes résultats sur un chat et sur un autre chien, fit considérer ce moyen comme pouvant êtred une application fort utile. M . Orfila songea dès lors à l'expérimenter par lui-même, et à essayer comparativement les autres contrepoisons proposés jusqu'alors. Voici le sommaire de ses expériences. Tout ce qu'avait annoncé M. Siméon a été confirmé par lui, et peut être résumé par le passage suivant de son mémoire : n II résulte de ces faits que , dans les cas où la dose d'acide hydrocyanique est assez forte pour tuer les chiens en quinze à dix-huit minutes, l'eau chlorée les empêche de périr, lors même qu'elle n'est employée que quatre ou cinq minutes après l'empoisonnemenl . « Nous ajouterons que , d'après les expériences de ce professeur , c'est moins le temps écoulé depuis l admiuistration de l'acide auquel il faut avoir égard que le moment où l'invasion de tel ou tel symptôme a lieu. Ainsi, on a presque toujouis rappelé l'animal à la santé c[uand on a administré le chlore lorsque les mouvemens convulsifs et l'opisthotonos avaient lieu. Mais cette période de l'empoisonnement se montre plus ou moins promptement, suivant la force de l'animal, la doîe de jioison administré et son état de concentration plus ou moins grand.
L'ammoniaque liquide, généralement regardé comme un antidote , ne paraît exercer d'influence avantageuse sur les animaux empoisonnés qu'autant qu'on la fait respirer et qu'un ne l'introduit pas dans l'estomac ; en sorte que M. Orfila ne la regarde pas comme un contre-poison , mais comme un u:oyen propre à i' guérir l'empoisonnement par l'acide hydrocyanique , en stimulant le système nerveux profondément afl'aissé. « Cette conclusion est étayée sur le fait suivant , qu'il a énoncé dans son mémoire. Soit que l'on administre en même temps aux chiens un mélan;;e d'acide hydrocyanique et d'ammoniaque, soit qu'après avoir fait avaler l'acide on attende que les symptômes de l'euipoisonnement se soient manifestés pour introduire dans restomac l'ammoniaque éleiulue ou concentrée, les accidens de rempoisonnemcnt n'en sont pas moins les mêmes, et la mort arrive à peu près à la même époque que si l'ammoniaque n'eut pas été adininislrce.
Néanmoins, les expériences faites sur les animaux avec l'ammoniaque liquide éteniluc de douze parties d eau , c'est-à-dire de l'ammoniaque Irès-afl'aibiic, démontrent que l'on a pu ramener à la santé des cliiens qui avaient j)ris jusqu'à huit gouttes d'acide hydrocyanique médicinal. Son aduiinistration a eu lieu tomme celle du chlore. Il faut donc établir qu'à défaut de chlore, cette substance peut être employée avec beaucoup d'avantage.
L'infusion de café et I huile essentielle de térébenihine ne paraissent apporter aucune am<-lioration sensible ilans les symptômes. M. Orfila n'a jamais pu obtenir de la saignée seule le rétablissement complet des chiens empoisonnés. Le docteur Hume en cite cependant un exemple, et comme il parait certain que les poumons sont le siège d'un engouement sanguin , elle peut être utile à une certaine époque de rempoisoiineuient.
Enfin il restait à connaitre les avantages que l'on pouvait retirer des afTusions d'eau froide, préconisée par le docteur Ilerbst. Suivant ce médecin , quelques affusions sullisent |)our faire cesser les symptômes moibides qui se développent h la suite de l'adiuinistratiou d'une dose de poison incapable de donner la mort ;
et dans le cas contraire, elles ramènent à la santé les animaux qui sont dans ij troisième période de l'empoisonnement si elles sont suffisamment multipliéesl M . Orfila a traité de cette manière cinq chiens : les quatre premiers sont morlsj malgré les afTusions; ils avaient pris six , huit et dix gouttes d'acide. Le ciuJ quième , qui la veille avait déjà été empoisonné par l'acide et guéri avec dé l'eau chlorée, prit successivement une première dose de neuf gouttes, uni deuxième de six gouttes, une troisième de quatre gouttes; et comme la veille on lui en avait fait avaler vingt-sept, on pensa avec raison que ces diverseï doses administrées à divers intervalles n'étaient pas sufiisantes pour le tuer, el que les afTusions avaient seulement hâté sa guéiison. Deux jours après, on lui donne douze gouttes d'acide : aucun accident notable au bout de trois minutes, Nouvelle administration de dix gouttes : symptômes d'empoisonnement : afl'U' sions et guérison. Le lendemain à midi six minutes , seize nouvelles gouttes d'acide : accidens et guérison sans aucun moyen, à midi quatorze minutes Aussitôt après, huit gouttes d'acide : on attend trois minutes après le dévelop'4 pement des accidens pour administrer les afTusions, et la mort survient; malgré quatre seaux d'eau employés en trois quarts d'heure, après quoi on jugea convenable de les suspendre. J'avoue que, malgré les conclusions favorables aux afTusions, que M. Orfila tire de ses expériences, nous ne pourrions les admettre si nous n'avions pas pour les appuyer celles dui docteur Herbst.
En résumé, l'eau chlorée est de tous les moyens le meilleur; après lui, l'ammoniaque et les afl'usions d'eau froide, puis la saignée. Nous pensons donc que, dans un cas d'empoisonnement, la première chose à faire est l'inspiration! du chlore. On prendra uoeéjionge; on l'imbibera d'une dissolution de chlore, étendue de quatre à cinq parties d'eau ; on placera cette éjjonge sous le nez et devant la bouche du malade; on la promènera sur les joues et le menton, eni ayant soin de ne pas Irop multiplier les inspirations, dans la crainte de porteri une excitation trop grande sur les organes de la respiration. Je ne pense pasj 4t qu'il soit nécessaire d'administrer de Témétique, à moins que la quantité du| m liquide avalé ne soit considérable. Dans le cas contraire, l'absorption est Iropj ié prompte pour qu'on ait le temps de déterminer des voraissemens. D'ailleurs i tm souvent le malade ne pourra pas avaler, et l'on perdra du temps. A défaut de j km chlore, l'eau ammoniacale, les efTusions d'eau la plus froide possible, sur laijijec tête et la colonne vertébrale, la glace même , ne peuvent être que fort avanta^j uDiif geuses. Quant à la saignée, elle ne doit être pratiquée que lorsque la respira-jijiissi tion commence à se rétablir, et qu'elle est fort embarrassée, que la figure (imbii conserve une teinte violacée et que le sujet est vigoureux. Une fois les premiers accidens dissipés, on n'aura presque jamais à combattre d'accidens inflanima-|(tjii toiresjce sera presque toujours au contraire un état d'afTaissement , quisejjiroi prolongera pendant un temps plus ou moins long, et qui finira par céder jiloue peu à peu. ( Alph. Devep.gie.) JmI
Cyamji'.e d'htdrogèke ( thérapeutique). Foyez HyDROCYAKiguE (acide). îiljili
Cyaml're de MERCuiiE (cliiiii. iité/ic.) On se procure ce composé soit en re- jtatn cevant du gaz hydrocyanique dans de l'eau qui tient en suspension de roxideiaile rouge de mercure , soit en faisant chauflér le bleu de Pi usse , qui est un double IcîdI cyanure de fer hjdraté, avec un semblable mélange d'eau et d'oxide tie mer- ijilas! cure. Dans les deux cas il se forme un cyanure de mercure, que l'on obtient jlïtl par l'évaporation de la liqueur et la cristallisation. Cti
Ce com|io3é est solide, très pesant, blanc, inodore, d'une saveur àcre Clilll'iiie mei'curielle , sans action sur la teinture de tournesol. Il est |)lus soluhle dans jjniie l'eau chaude que dans l'eau froide, et cristallise facilement en longs prismes j» Je quadrangulaires coupés obli(|uement et opaques. Soumis à l'action delacha-fti; leur, il donne des produits différens , suivant qu'il est sec ou humide; dans le jUii premier cas il ne dégage guère que du cyanogène et du mercure; et dans le se- lïdii coud on obtient , par suite de la décomposition de l'eau , de l'acide carbonique, jOipi de l'ammoniaque el beaucoup d'acide hydrocyanique. mi
Le cy.inure de mercure jouit de propriétés tellement particulières, dues à la {iiJii! forte affinité qui réunit ses élémens, que celui qui ne tiendrait pas compte de \n[[^ cette circonstance en méconnaîtrait souvent la nature. C'est ainsi que plusieurs,<[iu, des réactifs qui servent à indiquer la présence du mercure dans les sels de ce ,i le métal sont sans action sur le cyanure. Pulvérisé ou dissous, il ne blanchit pas Jjy le cuivre , el les alcalis caustiques n'en précipitent aucune portion d'oxide mer- 1 Ci curiel. La potasse caustique concentrée le dissout même à l'aide de la chaleur, Uijf et le laisse cristalliser sans altération par le refroidissement. L'acide nitrique m ne le décompose pas , même à l'aide de l'ébullition ; il y cristallise comme dans n'ji l'eau , el les alcalis, en saturant l'acide , ne précipitent rien. L'acide sulfuri^jue ; , étendu se conduit de même ; enfin , il n y a que les hydracides minéraux ( liydrochlorique , hydriodique , hydrosulfurique , etc. ) qui décomposent facile- "„( ment le cyanure de mercure, en faisant passer le cyanogène à l'état d acide hydrocyanique , et le mercure à celui de chlorure , d'iodure, de sulfure, etc. ,■(,( Ainsi, du cyanure de mercure pulvérisé et humecté , frotté sur une lame de j,; cuivre , est sans action sur elle ; mais qu'on y verse une goutte d'acidc liydro- j,| chlorique, à l'instant même l'odeur priissique se manifeste, et le cuivre es'l'ipi blanchi par le mercure. Les mêmes cfTcts se produisent avec le cyanure dis- ( ij, sous, et si on en chasse alors l'acide hydrocyanique à laide de la chaleur, on rend aux alcalis la propriété d'y indiquer la présence de l'oxide de mercure.
Cyakcre de Potassium. On obtient ce conqiosé en chauflant graduellement jusqu'au rouge, dans une cornue, et à l'abri du contact de l'air, le double cyanure de potassium et de f, r bien desséché ( vulgairement //russiate Je potasse ferru'j,ineux). Dans cette opération, le cyanure de fer seul est décomposé; lazote se dégage et il en résulte un qnadri curbure de fer noir qui se trouve j iné"alemcnt disséminé dans une masse cristalline blanche de cyanure de polas- ' i|.
CYANURE
CYSTITE.
Iina. C'est ce mélange que l'on emploie comme cyanure de potassium :\\ est ,;alin, attire 1 humidité, et exhale à l'air une forte odeur prussique. En Lites circonstances, l'eau ne peut le toucher sans le convertir en potasse et acide hydrocyanique , qui s'y trouve si peu retenu qu'il agit comme acide ire; aussi doit-on employer ce sel avec beaucoup de prudence. : ■ Ctakcre de Zikc. Cc composé peut être obtenu en précipitant un soluté de (Ifate de zinc par un autre d hydrocyanate simple de potasse ; mais la diffi- Ité d'avoir toujours cet hydrocyanate pur et identique doit faire préférer le j Irocédé suivant, qui vient d'être indiqué par MM. Corriol et Berthemot. Ce
tocédé consiste à décomposer dans un matras , sur le feu , du cyanure de posium et de fer par de l'acide sulfurique étendu, et à recevoir l'acide hydro- 'àniquequi se dégage dans un vase contenant de l'oxide de zinc sublimé, rais en liuillie avec de l eau. L'iiydracide et l'cxiile se décomposent mutuellement; i lorsque l'excès du premier indique que tout l'oxide a disparu , il en résulte il cyanure de zinc très-pur, que l'on fait égoutter et sécher. Il est d une rande blancheur , et dégage une forte odeur d'acide hydrocyanique par l'ade sulfurique.
CiAKUREs DOUBLES. Lcs cyanures, de même que les oxides, les chlorures, s iodures, les sulfures , etc., peuvent se combiner entre eux et constituer des 'aniires doubles , qui ollrent en général une stabilité beaucoup plus grande Lie les cyanures simples. Les plus iuiportans et les plus nombreux de ces )mposés sont ceux qui ont le protocyaiiure de fer pour un de leurs élémens imédiats. 11 suffit d'ajouter un atome de ce cyanure à deux atomes d'un itre cyanure quelconque (de potassium, sodium , calcium , baryum , etc. ) Dur que ces composés, qui sont si peu stables et qui dégagent en abondance ; l'acide hydmcyanique par le contact de l'eau , deviennent neutres , fixes et cilement cristallisables. Deux seuls cyanures doubles doivent être étudiés )us le rapport médical : ce sont le cyanure de potassium et de fer , vulgaireent nommé prussiate ou hydrocyanate de potasse ferrugineux , et le hleu de russe , qui est un double cyanure de fer hydraté formé de trois atomes de otocyanure et de quatre atomes de percyanure du même métal. Cyakure de PoTASsiBM ET DE FER. Pour obtenir ce sel dans les laboratoires, [1 commence par priver, au moyen de lavages acides, le bleu de Prusse ordiiire de l'alumine que les fabricans y introduisent toujours en plus ou moins ande quantité, et on le décompose ensuite par une solution bouillante de jtasse caustique. Le bleu de Prusse étant, ainsi qu'il vient d'être dit, une imbinaison de trois atomes de prolocyanure de fer et de quatre atomes de TcyanurC', tous les deu.x hydratés , ou si l'on aime mieux, de trois atomes hydrocyanate de protoxide de fer et de quatre atomes d'hydrocyanaie tie 3roxide, il arrive que ce dernier seul est décomposé par la potasse. Les douze omes d'acide hydrocyanique qu'il contient en saturent six de potasse, et forent six atomes d hydrocyanate de potasse, qui, combinés aux trois atomes hyilrocyanate de protoxide de fer, constituent le sel qui nous occupe présen- ■aient. On l'obtient cristallise' par l'évajDoration , et on le purifie par une se- Hide dissolution et cristallisation. Dans les arts , on le prépare plus direcfelent en calcinant du sang desséché ou d'autres matières animales avec de la otasse et de l'oxide de fer, lessivant le produit et faisant évaporer et cristalser les eaux de lavage.
Ce sel est ordinairement sous forme de gros prismes irréguliers, transparens, 'une couleur eitrine , d'une saveur amère désagréable, solubles dans quatre arties d'eau froide et dans partie égale d'eau bouillante. 11 s'efileurit à l'air, et ; dessèche complètement dans le vide ou à une température de soixante derés. Il est remarquable alors qu'il perd 12,80 de son poids, ou exactement la uantité d'eau qui est nécessaire pour constituer tout le cyanogène qu'il conçut , à l'état d'acide hydrocyanique , et les deux métaux à l'état de protoxide. <u pourrait donc le considérer comme un hydrocyanate de potasse et de pro- 3xide de fer; mais, par cela même que l'exposition à l'air ou dans le vide iflit pour le priver des élémens de l'eau , il est beaucouj) plus probable que elle eaux y est toute formée , et que le sel cristallisé est un cyanure de potasiurn et de Jer h) dral.è.
Le cyanure de potassium et de fer est employé comme réactif pour concourir la détermination spécifique des dissolulés métalliques.
Cyanbre double de fer hydraté , Hydrocyanate de protoxide et de peroxide 'e Jer , Bleu de Prusse. Ce composé singulier nous est presque entièrement onnu par ce qui en a été dit dans les articles précédens. Nous savons en effet u'il est formé , dans son état de pureté , de trois atomes de protocyanure de ur, contenant six atomes de cyanogène, et de quatre atomes de percyanure, [ui en contiennent douze du même principe ; de telle sorte que , dans ce cyalure double , comme dans ceux de potassium , de sodium , de baryum , etc., le yanure combiné au protocyanure de fer renferme deux fois autant de cyanoène que celui ci. Nous savons de plus qu'il est décomposé par l'oxide de merure qui oxide le fer des deux cyanures et s'empare de tout le cyanogène , et )ar les alcalis caustiques qui ne décomposent que le percyanure et forment un yanure double avec l'autre. Il ne nous reste à dire que quelques mots de sa abrication en grand.
Pour obtenir le bleu de Prusse, on fait un mélange , à parties égales, de poasse du commerce et d une matière animale , comme du sang desséché ou des ognures de corne. Après avoir calciné ce mélange jusqu'au rouge et l'avoir aissé refroidir, on le projette dans l'eau, et l'on se sert de la liqueur filtrée, ]ui contient surtout de l'hydrocyanate de potasse, pour précipiter une dissoiilion mixte d'alun et de sulfate de fer. Le précipité qui est formé principalenent d'alumine et de protohydrocyanate ou de protocyanure de fer, serait plane s'il était pur j mais il est toujours coloré en brun uoirùtre par un peu de
sulfure de fer. Ce n'est que par des lavages réitérés avec de l'eau aére'e , et par le passage d une partie de l'hydrocyanate de protoxide de fer à l'état d hydrocyanate de peroxide, qu'il devient d'un beau bleu foncé. Lorsqu'il est arrivé à ce point, on le met égoutter sur une toile , et on le fait sécher.
Le beau bleu de Prusse est en pains carrés d'un bleu aussi vif et aussi agréable que l'indigo. Il a une cassure cuivrée comme lui ; mais il s'en distingue de suite , en ce que cette apparence métallique disparaît par le frottement de l'ongle , tandis que le même moyen l'avive au contraire dans l'indigo. 11 est d'ailleurs plus pesant que l'indigo , non volatil comme lui , et il donne lieu , par sa décomposition dans une cornue , à diliérens produits sur lesquels domine l'acide hydrocyanique. Le résidu de cette opération forme au moins les 0,59 du poids du bleu décomposé; il est noir et py rophoiique , et il se réduit, par sa combustion complète, à l'état d'oxide rouge de fer contenant de l'alumine.
(GciBOIJRT. )
Cyanurfs [thérapeutique et toxicologie. ) Voyez Kydrocyakates.
CYNOGLOSSE. Cyno^lossum njjficintde. Langue-de-chien. Celte plante, de la famille des borraginées , est à peine employée aujourd'hui , bien qu'elle ait joui autrefois d'une grande réputation et cpi'on lui ait attribué des propriétés salutaires contre la toux , l'hémoptysie , la diarrhée, contre la morsure des animaux venimeux, et même contre la rage. C'est la racine qui était usitée. On assure que, quand elle est recueillie dans des lieux marécageux , elle a une O'Ieur vireuse et des qualités nuisibles assez prononcées pour produire l'empoisonnement. Dans des localités différentes, elle est fa(le et sans odeur. Une semblable diflérence a de quoi surprendre , et mériterait d'appeler l'attention des naturalistes et des médecins , surtout s'il est vrai qu'il n'y ait pas d'erreur dans l'analyse donnée par un pharmacien italien , ou plutôt s'il est bien certain qu'il ait opéré sur la racine de cynoglosse. Il y a trouvé , en effet , une grande variété de principes, dont les plus saillans sont une eau chargée d'une matière odorante, à laquelle est attribuée la propriété narcotique de la cynoglosse , une matière colorante grasse , de la résine , de l'amidon, du tannin , de la gomme, et quelques sels h base de potasse et de chaux.
Mais , les propriétés narcotiques de cette plante fussent-elles bien prouvées , manquons-nous de Uiédicamens de ce genre dont l'action sur nos organes est constatée par de nombreuses expériences? et l'atldition d'une - nouvelle substance serait-elle un avantage bien réel pour la pratique? On est peu porté h le croire. Les formulaires et les pharmacopées conservent encore les formules de plusieurs préparations de cynoglosse. Toutes sont abandonnées : si ce n'est les ])ilules de ce nom, qui contiennent de l'opium , duquel dépendent toutes leurs propriétés calmantes. Beaucoup de praticiens les emploient pour dissimuler la présence de l'opium aux malades qui , par suite d'absurdes préjugés, redoutent ce médicament , et pour les servir ainsi à leur insçu. Nous comprenons mal comment un médecin honorable, qui mérite et qui possède la confiance de^es cliens, peut se croire obligé d'avoir recours à de si misérables ex])édiens, et ne préfère pas faire comprendre au malade les bons elTets de l'opium et surtout son innocuité , quand il est administré avec pruilence. (F. Ratier )
CYSTICERQl'ES. Adorez Ektozoaires
CYSTITE, s. f. de x'jTziç, vessie; inflammation de la vessie urinaire.
La cystite aiguë est une maladie assez peu commune. Elle atteint plutôt les sujets adultes que les enfans ou les vieillards , les individus vigoureux et robustes, que les sujets débiles, les hommes que les personnes de l'autre sexe. Ou l'observe plus fréquemment pendant l'hiver et dans les climats froids , que durant l'été et dans les pays chauds. La présence de calculs dans la vessie est une des circonstances qui prédisposent le plus puissamment à son développement, lorsqu'elle ne suffit pas pour la déterminer. Parmi les causes directes ou efficientes de la cystite, les plaies de cet organe , et spécialement celles qui résultent de l'opération de la taille, tiennent le premier rang. Les corps portes avec violence sur l'Iiypogastre , les froissemens et le."; contusions des parois vésicales durant raccoechement , y donnent également lieu chez beaucoup de sujets. Elle existe avec un très-haut degré de violence dans les empoisonnemcns par les caniharides ; et chez les sujets irritables , ra|ipiication de vésicatoires chargés de cette substance , ou même l'usage intérieur et médicamenteux de diurétiques actifs, à haute dose, comme le nitrate de potasse, suffisent pour la provoquer. Enfin je l'ai vue succéder, dans certaines circonstances, aux abus répétés et considérables des plaisirs vénériens , ainsi qu'à des efforts prolongés pour retenir l'urine accumulée dans la vessie.
Est-il besoin d'ajouter que les causes générales de toutes les inflammations, telles que les brusques transitions du chaud au froid dans la température de l'atmosphère, le passage des contrées équaforiales dans les pays septentrionaux, la suppression des hémorrhagies , la disparition subite des dartres ou d'autres exanthèmes, déterminent plus spécialement des cystites que d'autres affections du même ordre, lorsqu'elles agissent sur des individus déjà disposés, par quelques étals organiques particuliers , aux phlegmasies vésicales?
Une douleur d'abord sourde, obscure et profonde, mais qui bientôt augmente d'intensité et s'étend à toute la région hypogastrique , est le premier symptôme de la cystite aiguë. Un frisson général, de courte durée, accompagne quelquefois son invasion; et le pouls, après avoir été déprimé, devient fréquent, dur et serré. L'hypogastre est soulevé , tendu , d'une excessive sensibilité au toucher, et présente une chaleur brûlante. A mesure que la maladie s'accroît, le reste du ventre participe graduellement à cet état de malaise; il ne peut supporter sur aucun point une pression un peu forte qui ne retentisse bientôt sur le réservoir de l'urine.
Lcs malades éprouvent ordinairement au col de la vessie , le long de l'urètre et jusqu'au méat urinaire, une sensation d'ardeur et de brûlure, qu'ils compa-
CTSTiTE.
CYSTITE.
rent à celle qui rcsuUerait de la présence d"un fer rougi au feu. Des envies, ou plutôt d'intolérables besoins d'uriner, les tourmentent incessamment, et les obli"ent à se livrer à de violeiis efforts, qui ne produisent presque jamais que la sortie de quelques gouttes d'un liquide épais, trouble, rougeàtre, ou même sanguinolent , dont le passage est accompagne et suivi de l'augmentation de toutes les douleurs. Les accès de ce tencsme vêsicnl se succèdent en beaucoup de cas sans interruption, et jettent certains malades dans un véritable désespoir. Mulgié des besoins si pressans et des efforts si réitérés, l'urine s'accumule dans la vessie , la distend, l'élève au-dessus des pubis et lui fait former à 1 hypogastre une tumeur globulaire , rénitente , dont la plus légère pression est insupportable. Une continuelle agitation, une anxiété inexprimable, une fièvre intense et persévérante, se joignent à ces phénomènes locaux, en même temps que la peau se couvre presque toujours d'une sueur abondante et visqueuse, qui exhale une odeur d'urine plus ou moins pénétrante.
Dans les cas les plus graves, l iiiflauiniation de la vessie se propage, d'une part à l'urètre, et de l'autre aux uretères jusqu'aux reins. Les douleurs indiquent parfaitement, par leur trajet, la nature des parties successivement afi'ectées,et les grogrès du mal. Les sujets éprouvent alors fréquemment des coliques , des nausées , des hoquets, des vomissemens bilieux et tous les symptômes d'une gastro-entérite inlense. Chez plusieurs, l'agitation est remplacée par le délire, rassoujussemcut ou des mouvemens convulsifs , et le pouls, qui était d'abord dur, plein et élevé, au début , devient vers la fin petit et serré, surtout lorsque l'état nerveux prédomine et que l'ensemble de viscères abdominaux pai ticipe à l'affection de la vessie.
Lorsqu'elle existe avec moins de violence, la cystite, non seulement reste bornée au réservoir de l'urine , mais souvent n'affecte , d'une manière spéciale cl intense , que quelques-unes des régions de cet organe. Est-elle ainsi limitée au corps et au sommet de la vessie ? Les douleurs se font surtout sentir à l liypogaslre, le ventre se tend davantage, la péritonite est imminente , a raison du contact de la membrane séreuse avec les parties enflaujmées ; mais aussi l'excrétion de l'urine n'éprouve presque pas d'obstacle , et le ténesme vésical est peu sensible. Ces derniers symptômes l'emportent à leur tour, par opposition, sur ceux dont la région abdominale est le siège, toutes les fois que la phlogose prédomine dans les parties voisines du col de la vessie. La léteution d'urine est alors invincible ; l'urèti e est douloureux et brûlant dans toute son étendue; les érections sont fréquentes ; la partie du périnée la plus voisine de l'anus est surtout le siège d'une pesanteur et d'une tension Irès-jiénibles ; l'introduction du doigt dans le rectum est presque insupportable, et donne la sensation de la chaleur et de l'afllux sanguin qui envahissent le col vésical et la prostate , en même temps que la tumeur fluctuante qu'y foi me la vessie s'oppose à l'excrctiou des matières alvines et entietient une constipation opiniâtre. Comme les orifices des uretères ne sont pas éloignés des parties spécialement irritées , ils reçoivent facilement alors l'impulsion morbide, qui se propage ensuite, parla continuité des tissus , jusque vers les reins, et envahit toute l'étendue des voies urinaires. 11 est peu d éiats aussi pénibles que celui que présente alors le malade, dévoré par une soif ardente , en proie à une agitation que rien ne peut calmer , tourmenté par d'horribles douleurs, et jeté, par le besoin continuel d'uriner, et les effurts douloureux autant qu'inutiles auxquels il se livre, dans une anxiété extrême.
La marche de la cystite est d'autant plus rapide qu'elle présente des symptômes plus graves et plus violens. Après quatre, six ou huit jours , dans les caS les plus ordinaires , on voit , lorsque la résolution tend à s'opérer, les douleurs diminuer graduellement, l'urine, d'abord épaisse, trouble et lactescente, s'écouler en plus grande quantité, avec moins de peine, et chacune de ses évacuations ajouter au soulagement du malade. En même temps que ces changeniens s'opèrent dans les organes enflammes , la fièvre diminue, l'agitation et l'anxiété cessent, la sueur urineuse disparait, et tout rentre dans l'ordre normal.
Lorsque la suppuration a lieu , elle se borne ordinairement à l'exhalation d'un liquide mucoso-purulent dans l'intérieur de la vessie , et qui s'échappe avec l'urine. Les symptômes ne diffèrent de ceux qui accompagnent la résolution simple de la maladie que par une marche plus lente et par une convalescence plus prolongée. Mais dans quelques cas, l'inflammation, étendue à toute l'épaisseur tics pai ois vésicales, détermine au milieu du tissu cellulaire qui unit leurs divers plans, ou dans celui qui sépare la poche urinaire des parties voisines, la formation de collections purulentes circonscrites ou diffuses , d'un volume variable. Celle terminaison, toujours grave, est annoncée par le développement d'une douleur sourde et profoiiile ainsi que par la sensation d'une pesanteur incommode dan= le bassin, par la continuation d'un mouvement fébiile léger, accomp igné de frisson vagues et de redoublemens le soir, enfin par la persistance d'un notable degré de gène dans l'excrétion urinaire et dans la sortie des matières alvines. La violence des symptômes primitifs a bien disparu; mais il est évident que les parties conservent de l'irritation, et qu'un produit matériel delà phlogose entrelient le reste des accidens qu'on observe.
Après avoir usé et détruit la membrane muqueuse, l'abcès peut s'ouvrir dans la cavité de la vessie; événement qui est annoncé par le mélange subit d'une grande quanlité de pus avec l'urine, et par le prompt soulagement qu'éprouve le malade. La sup|>uration se continue ensuite pendant quelque temps encore , et la guérison s'achève. Dans d'autres circonstances, la collection purulente, étant extérieure à la vessie, s'étend dans le tissu cellulaire du petit bassin, et vient faii e saillie , soit à travers le rectum , soit au périnée , soit aux aines ou à la région hypogaslrique , et quelquefois sur plusieurs de ces points eu même
temps. Le désordre est presque toujours alors trop considérable pour que 1 sujet ne succombe pas à l'abondance de la suppuration, à la prolongation de douleurs ou au marasme qui ne tarde guère à se prononcer.
Lorsque la cystite acquiert un très-haut degré d'intensité, elle se lerminij quelquefois par la gangrène des parties affectées. On voit alors les traits dil visage se décomposer, la douleur locale diminuer et cesser presque tout à coup le pouls s'affaisser , la sueur devenir plus visqueuse , froide et fétide; l'urimi présente alors une teinte brune ou noirâtre , et exhale une odeur cadavéreuse La mort suit de près l'apparition de ces funestes symptômes.
L'inflammation aiguë de la vessie, au lieu de se terminer franchement, ains) qu'on le dit, se prolonge et persiste chez un assez grand nombre de sujets l'état chronique. 11 est rare toutefois que cet état succède à une inflammatioi passagère et unique; presque toujours, il a été précédé d'un plus ou moins grand nombre de retours de cystites aiguës , à la suite desquels le malade a vul nailre et s'accroître par gradation les incommodités qu'il éprouve. Enfin, il arrive quelquefois encore , surtout chez les calculeux, que la vessie, habituellement soumise à l'action de causes permanentes d'excitation, s'irrite avec lenteur, s'altèi-e peu à peu, et se désorganise enfin , sans avoir jamais été le siège d'aucune phlogose intense qui ait appelé l'attention du sujet et l'ait porté à solliciter les secours de l'art.
Une douleur constante, sourde et profonde à la région hypogaslrique et au périnée ; des envies d'uriner plus fréquentes que dans l'état normal , et suivies de l'issue de quantités de liquide peu considérables; des urines troubles , mu- 1 queuses , filantes , ammoniacale ou fétides : tels sont les principaux symptômes I locaux de la cystite chronique. Les phénomènes généraux, ou sympathiques! qui les accouqiagnent varient selon l'intensité de l'irritation de la vessie et la susceptibilité des sujets. Lorsque la gêne et la douleur sont médiocres, la santé générale n'éprouve que peu d'altération; mais dans la plupart des cas, les sujets sont tourmentés par une insomnie fatigante , l'appétit diminue, la digestion des alimeiis s'accomplit avec difiiculté, remboiipouit se dissipe, les forces musculaires disparaissent ou s'épuisent, et le marasme se caractérise. Ces désordres sont subordonnés dans leurs progiès à la marche de la maladie principale et aux lésions qu'elle ocoasione. Sous l'influence de l'irritation, en effet, la vessie éprouve , soit dans sa totalité, sot dans quelques-unes de ses régions ou de ses membranes , des altérations variées, dont quelques-unes peuvent être reconnues ou présumées pendant la vie, mais dont le plus grand nombre se dorobe à l'application de tous nos moyens de diagnostic, et qui ne manquent jamais de réagir sur les parties centrales de rorgaiiisiue.
Des végétations, par exemple, de véritables fongosilés se tiéveloppent quelquefois au bas-fond de la vessie ou aux enviions de son col, de manière à gêner l'excrétion de l'urine et à rendre le calhOtérisme diflicile. Ou peut jusqu'à un certain point distinguer cette forme d'altération à la sensation d'un corps mou que rencontre l'algalie, après avoir franchi l'onfice du col , et qu'elle iloit dépasser, en s'enfoucant quelquefois dans sa substance , avant de parvenir à l'endroit où séjourne l'urine. Du sang s'écoule ordinaii ement après ces introductions de la sonde , bien que l'on n ait rencontré dans l'urètre aucun obstacle et que le malade n'ait ressenti aucune douleur vive.
Les ulcères de la vessie, presque toujours fongueux et de mauvais caractère sont annoncés par la présence dans l'urine d'une sujipuratioii sanieuse , quelquefois sanguinolente, et dans la plupart des cas, horriblement fétide. Celle supuration reste en partie suspendue ilans l'urine, et se dépose en partie plus considérable au fond du vase qui reçoit ce liquide ; mais elle ne présente ni la teinte blanche opaline, ni la viscosité remarquable de la matière muqueuse fournie par le catarrhe vésical simple.
Une des formes de la cystite chronique les plus fréquentes est celle que l'on désigne vulgairement sous le nom de caiar/he de la veaie. Les malades quic sont affectés souffrent généralement peu ; à peine ressentent-ils dans 1 hypogastre de la pesanteur et de la gène ; aucune fièvre ne les agite ; l'urine, alors uicme que des rétrécissemens n'existent par à l'urètre, ce qui est une complication toujours fâcheuse, s'écoule cliflicilement , à raison de son épaisseur et des filamens glaireux que forment les mucosités qu'elle eiitraine, en proportion quelquefois énorme. Celles-ci, blanchâtres ou jaunâtres , et comme transpareutes, se rassemblent au fond du vase, adhèrent à ses p.irois , et sont douées d'une viscosité élastique ti ès-remarquable. Si l'on décante l'urine qui en est chargée, on voit cette matière s'écouler à son tour et former des filamens très longs dont la ténacité est telle que, lorsqu'une certaine quantité s'en est échappée , elle suflit pour attirer les reste au dehors, bien que l'on cesse île la verser et d incliner le réservoir qui la contient. M. Boyer a observé un cas dans lequel la totalité de l'urine se convertissait par le i efroidisseoient en une uialièrc glaireuse et filante comme du blanc d'œuf : la masse qu'eu fournit la vessie est souvent de beaucoup supérieure à celle de la sécrétion ui inaire, et il n'est pas rare qu'elle s'élève à plusieurs kilogrammes dans les vingt-quatre heures. L'urine est ordinairement alors de nature alcaline, et exhale , dès les premier» instans de sa sortie ^ une forte odeur d'ammoniaque, qui devient, par un séjour plus prolongé, extrêmement pénétrante, et se convertit fréquemment en une insupportable fétidité.
Lorsque l'excrétion muqueuse vésicale est peu abondante, on peut jusqu'à un certain point la confondre avec l'évacuation involontaire et insensible du sperme, qui accompagne, chez quelques sujets , la sortie de l'urine et des matières stercorales. Ces deux humeurs sont analogues, en effet, par leur viscosité, leur alcalesccuce, et les élémens qui les conqiosent, mais le sperme diffère essentiellement du mucus par sa couleur blanche , par la propriété qu'il a de se licpiéfier en se refroidissant, par son insolubilité dans l'eau tant qu'il est épais, par sa
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CYSTITE.
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ssolubilité, au contr.aire , lorsqu'il est devenu liquide , et surtout parles crisjx rayonnes qu'il produit après une légère évaporation.
Cette forme catarrhale de la cystite chronique est assez commune chez les ;illards ; les adultes, les femmes, et surtout les enfuns en sont rarement ectés. La quantité des matières glaireuses excrétées sous son influence augînle pendant les saisons froides et durant les temps froids et humides; l'ex- (me chaleur exerce quelquefois aussi sur ses sj'-mplômes une influence défarable. Quoique sa marche soit ordinairement continue, le catarrhe chronique vessie éprouve cependant , chez certains siijfts, par l'effet d'une tempéture favorable, des intervalles de diminution ou de suspension, après lesquels reparait avec foute son intensité première.
Les résultats des ouvertures de cadavres à la suite des diverses nuances de la stite sont très variés. Tantôt, après l'état aigu , l'on n'aperçoit à la surface de membrane muqueuse que des arborisations plu sou moins étendues et serrcesî des plaques d'un rouge pointillé, circonscrites ; tantôt le tissu lui-même de tte membrane est épaissi, d'un rouge éclatant ou brunâtre, et a diminué de nsité. Des plaques noires ou grisâtres , manifestement gangreneuses , y ont ; quelquefois observées. Dans d'autres cas, lorsque les malades ont succombé la première violence de l'inflammation, on trouve dans le tissu cellulaire as-muqueux, et jusc(ue sous le péritoine, des plaques rouges, des infiltrations iguines et des ecchymoses qui se propagent dans le bassin. Des amas de pus, rsque la malailie tendait à se terminer par la suppuration , existent assez uvent aussi dans les mêmes parties.
Mais ces altérations , quelques diversifiées qu'elles soient, sous le rapport de iir natuie et de leur aspect, sont plus nombreuses encore à la suite de la I stite chronique. La membrane muqueuse est alors, chez beaucoup de sujets, M m noir uniforme, épaissie et tomenteuse ; l'organe tout entier, revenu sur liii- .lime, ne présente plus qu'une cavité étroite, non dilatable, susceptible de lllenir à peine quelques gros de liquide. Des fongosités s'élèvent assez fréquera- • iiit de sa surface interne, et surtout des environs du col. Dans quelques cas, H 3 ulcérations ont détruit la tunique muscnleuse , et pénètrent jusque près du |ritoine. Chez certains malades, les follicules muqueu.x , développés outre !sure , communiquent à la membrane muqueuse une épaisseur considérable, is que sa couleur soit d'ailleurs changée. Sur d'autres individus , la tunique isculaire ayant agi avec un surcroit d'énergie , ses fibres sont devenues plus lumineuses, et projettent dans l'intérieur de l'organe des saillies irrégulières? tre lesquelles la membrane muqueuse forme en quelque sorte hernie, ce qui ail donne^' aux vessies qui présentent celte disposition les noms de vessies à lonne ou de vessies à poche. Enfin, l'altération la plus ordinaire à la suite des slites chroniques consiste dans 1 épaississement et le racornissement des parois sicales. Le tissu de la vessie est converti alors line sid^stance lardacée mogêne, assez semblable à celle du tissu de la matrice dans l'état de vacuité; 1 vaisseaux qui entourent l'organe sont dilatés, variqueux, et forment à sa rface externe des plexus considérables , qui attestent la longue existence de a excitation et la persistance de I'hIUux sanguin dont il a été le siège. On conçoit, d'apiès ce qui précède, que le diagnostic de la cystite ne préite presque jamais de sérieuses diflicultcs. Les symptômes locaux, les déranmens de la sécrétion urinaire , les matières sanguinolentes , puriformes ou iqueuse , mêlées au liquide que sécrètent les reins, suffisent pour établir ns tous les cas l'existence de l'irritation ou de la phlogose du réservoir de rine. Mais ce qui n'est pas toujours aussi facile, et ce qui cependant , quoie souvent entouré d'obscurité , importe beaucoup au succès du traitement, t la connaissance des causes réelles de la maladie et des complications qui i l'accompagnent. Pour atteindre ce double but , il faut , d'une part, se faire ndre un compte exact des circonstances commémoratives de la cystite, et de utre examiner avec une scrupuleuse attention la vessie elle-même, ainsi que rèire, la prostate et même toute l'étendue de l'appareil urinaire. Aux reerches du premier genre se rapportent la connaissance des blennori hagies , s excès, des fatigues, des injections irritantes , des suppressions d'hémorrha- ;s ou d'exanthèmes qui ont précédé ou déterminé l'inflammation vésicale. irmi celles du second , l'exploration de l'urètre et de la vessie , à l'aide du thétérisme , mérite une attention spéciale. On s'assurera ainsi de l'existence, it des rétrécissemens urétraux, soit des calculs urinaires , qui provoquent et tretiennent le plus fréquemment les cystites chroniques. Le toucher de la ostafe de la vessie par le rectum fournira également , en beaucoup de cas, r l'état de tuméfaction de la première et sur le degi é de rétraction ou de latabilité de la seconde, des notions précieuses. Dans l'état actuel de la ence , il n'est plus permis d'entreprendre le traitement d'auciuie affection ronique du réservoir de l'urine , sans s'être formé , au moyen de ces recheres, une idée positive et exacte des dis, ositions de l'urètre , du mode d'altétion des parois vésicales , et de l'existence ou de l'absence de corps étrangers ns la cavité de l'organe malade.
Le pronostic de la cystite aiguë est d'autant plus grave que la phlogose est us violente , que plus de parties y participent , et que le sujet a moins d'éitgie vitale pour supporter les accidens qui l'accompagnent. La rétention solue de l'urine est toujours une complication extrêmement défavorable. Les jets âgés , qui ont de temps à autre souffert antérieurement des voies uriires , succombent souvent alors au développement subit d'une cystite très- ¥«ië : ils s'affaiblissent ordinairement alors avec rapidité ; la fièvre urineuse caractérise ; la circulation s'éteint, et la mort a quelquefois lieu en peu de hVs. Parmi les terminaisons de la maladie, celle par la résolution est la plus Ivorable ; la gangrène est presque constamment funeste , quelque bornée Telle soit , la suppuration n'est généralement compatible avec la guérison
DïCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATlQrES.
qu'autant qu''elle a lieu par l'intérieur de la vessie elle-même. Les abcès exlérieurs à cet organe entraînent dans le lissu cellulaire du bassin des désordres tellement étendus et graves que les sujets chez lesquels on les observe ne se rétablissent presque jamais. La péritonite, qui vient quelquefois compliquer la cystite , est constamment une adilition dangereuse , et qui , lorsqu'elle acquiert une notable intensité , doit faire présager une issue funeste.
La cystite, parvenue à l'état chronique, est, sous quelcpieforme qu'elle se présente, une maladie très grave et souvent incurable. Le danger est proportionné alors à l'intensité des douleurs qu'éprouve le malade , à l'abondance des matières excrétées par la vessie , au degré d'agitation , d'insomnie et de fièvre qui accompagnent la lésion locale. Le catarrhe chronique ne diminue guère les forces organiques qii'en proportion de la masse de mucosités qu'il fait rejeter au dehors; les ulcérations , les fongosités , les affections cancéreuses, au contraire , épuisent et font périr les sujets par suite dès-souffrances continuelles et du mouvement fébrile non interrompu qu'elles occasionent presque toujours. Lorsque des évacuations habituelles, des exanthèmes cutanés ont précédé la mahidie; lorsque des rétrécissemens de l'urètre l'ont provoquée et l'entretiennent, ou que des calculs urinaires l'accouipagnenl , il est peraiis d'espérer que le rappel des affections antérieuies , que le rétablissement de la liberté de l'excrélion urinaire , ou l'e.x-traction des corps étrangers suffiront pour apaiser les symptômes et ramener la SMUté. Cependant, cet espoir, tl'ailleurs fondé, ne se réalise qu'autant que les lésions des parois vésicales ne sont pas encore portées jusqu'à un état de dc.sorganisation complète; car, arrivées à ce point , rien ne peut les faire rétrograder, et la pratique de quelques opérations, telle que la cystotomie, se trouve même positivement coiitre-indiquée par elle.
Il est à remarquer , toutefois , que si la situation profonde de la vessie, la difficulté il'agir immédiatement sur son tissu , et surtout l'impossibilité d'empêcher un liquide aus^i irritant que l'urine d'arriver dans sa cavité , que si toutes ces circonstances, dis-je. rendre très-difiicile et souvent impossible la guérison des cystites chroniques; d'une autre part, l'activité médiocre des sympathies de l'organe affecté, rend la maladie long-temps locale et compatii)le avec la continuation de la vie. C'est ainsi qu'on rencontre souvent des vieillards qui, depuis dix, quinze ou vingt ans et plus , sont atteints de cystites chroniques catarrliales ou autres, et dont la santé générale se conserve encore dans un état satisfaisant. Ce qu'ils ont le plus à redouter est l'invasion inopinée de l'inflammation aiguë Kntce sur l'irritation chronique, ou en d'autres termes, en se développant sur des tissus déjà malades et altérés dans leur texture, la cystite nouvelL' est bieulôl suivie des desordres les plus graves , et dans l.i plupart des cas d'une mort rapide.
Le traitement de la cystite aiguë consiste spécialement dans l'usage des antiphlogistiques généraux et locaux. Riais parmi les moyens de ce genre, il en est qui conviennent plus particulièrement que d'autres , et sur l'emploi desquels il importe d'insister : tels sont les bains tièdcs , qu'on pourra prolonger durant plusieurs lieures et réitérer trois ou quatre fois par jour. La peau est, comme personne ne l'ignore, unie jiar d'étroites sympatliit-s à l'appareil urinaire, et le relâchement de son tissu , la détente que le bain y occasionc , la douce transpiration qu'il excite, réagissent d'une manière salutaire jusque sur la vessie enflammée. Des saignées générales seront pratiquées , si le sujet est pléthoriques et vigoureux; on aura recours ensuite à îles applications de sangsues proportionnées en nombre à l'intensité et des symptômes. A ces moyens devront être ajoutées des boissons délayantes émulsionnées prises abondamment. Les bains de siège, préparés avec les décoctions de guimauve ou de graine de lin et de têtes de pavot, alterneront utilement avfc les bains entiers. Dans les intervalles de ces immersions, l'hypogastre et le périnée seront recou. verts de fomentations ou de cataplasmes émoiliens et légèrement narcotiques. Des lavemens mucilagineux et huileux devront être administrés, et l'on imposera au malade l'abstinence la plus sévère des aliraens , ainsi que le repos le plus absolu de l'esprit et du corps.
Il importe, dans les cystites aiguës, de même que dans la plupart des inflammations viscérales, d'attaquer avec énergie, et de poursuivre sans relâche, jusqu'à ce qu'elle cède, l'irritation cpii constitue la maladie. Les saignées capillaiies , hy pogastriques , périnéales et lombaires, les bains généraux et de fauteuil, les lavemens , les applications émollienles et \^^s, autris moyens indiqués, devront être répètes avec une persévérance égale à la gravité et à l'opiniâtreté des symptômes. La rétention d'urine fait bien naiîre alors l'indication de recourir au caihétérisme , afin de vider la vessie et d écarter ainsi une complication fâcheuse de son inflammation ; mais si l'urètre est douloureux, si l'introduction de l'algalie occasione des resserremens et des spasmes, si du sang s'écoule du canal au plus léger efl'ort exercé pour faire pénétrer l'instrument , si , en un mot , l'opération excite de trop fortes souffrances et augmente l'irritation , il faut y renoncer, et insister sur les caïmans et les antiphlogistiqucs. Sous l'influence de leur emploi, on verra presque certaine ment l'écoulement de l'urine se rétablir, à mesure que la détente s'opérera et que les douleurs vésicales cesseront. S'il en était autrement , on obtiendrait du moins cet avantage, que la diminution de l'irritation locale rendrait enfin supportable et utile l'opération qui , loin de réussir plus tôt, aurait, si l'on avait insisté sur son exécution, entraîné l'arigmentation des acciticns , et par conséquent aggravé la situation du sujet ( voyez CATHÉrÉnisME ). Enfin, si, ce qui est rare , lorsqu'on oppose à la maladie des moyens convenables, employés avec une énergie su/lisante, la rétention persistait, entretenait les accidens, et menaçait la vessie de se rompre , sans que le cathétérisme pût être pratiqué , on devrait recourir à la ponction du réservoir de l'urine, {^"'ojez Ponction.)
Quelle que soit l'origine de la cystite aigr;ë, la mêire méthode thérapeutique
CYSTITE.
CTSTOTOMIË.
locale doit lui être opposée. On y ajoutera seulement , selon les cas , après la dirainution de l'irritation pi-incipale, divers moyens accessoires appropriés aux causes spéciales qui ont pu occasioner son développement. Ainsi , des couvertures cliaudes, des boissons abondantes prises tièdes et légèrement aromatisées, des frictions stimulantes extérieures, conviendront lorsque la cystite dépend de la brusque suppiession de la transpiration cutanée, afin de rétablir cette fonction et d'exciler la sueur. Si la disparition d'un exanthème a provoqué la phlegmasie vésicalc, en même temps que l'on combat celle-ci, on doit chercher à rappeler, au moyen d'applications irritantes, et , au besoin , de celle d'un vésicatoire non cantharidé, la maladie première. Dans les cas d'empoisonnement parles cantharides, l'expérience démontre que les boissons émulsionnées , dans lesquelles on introduit le camphre à petites doses , et les bains prolongés sont particulièrement utiles.
L'opium , qui semblerait avantageux, afin d'appaiser la douleur, et de faire cesser l'agitation ainsi que l'insomnie , convient peu dans le traitement de la cystite aiguë, parce que les symptômes qu'il serait tlestiné à combattre, dépendent surtout de la plilogose des parties et de l'obstacle apporté à l'excrétion iirinaire. Cette substance ne devient utile que lorsque , les accidens inflammatoires ayant pertiu de leur première violence, il reste encore au malatle , soit des spasmes, des épreintes et un ténesme vésical , évidemment entretenus par l'excès de sensibilité des parties et la susceptibilité du système nerveux. On pourra recourir alors aux lavemens avec les décoctions mucilagineuses , auxquels on ajoutera de la teinture thébaïque , quelques gouttes de laudanum ou quelques gi ains d'extrait gorameu.x d'opium. Ces injections opiacées , faites par l'anus, sont plus favorables, et agissent plus immédiatement sur les parties excitées que l'adminislraliou des narcotiques par la bouche, à laquelle on ne doit cependant pas renoncer complètement.
Des moyens puisés à la môme source, c'est-a-dire des adoucissans à l'intérieur, des bains, du repos , l'absence de toute espèce d'excès, e.t surtout des excès vénériens , conviennent encore dans la pliqiart des cas de cystite chronique. On y ajoutera des exercices modérés , des vêtemens chauds, l'usage de la flanelle .«mr toute la surface du corps , l'attention extrême d'éviter le froid et l'humidité , surtout aux pieds , qu'il importe de tenir dans un état habiluel de chaleur et de douce transpiration. Des frictions faites sur la peau avec une brosse ou une flanelle, imprégnées de vapeur de vinaigre, des bains de vapeur, des ventouses scarifiées, ou des applications vésicantes avec la pommade ammonicale |)romenée sur Ihy pogastre , les lombes, le périnée, le bassin, les parties internes et supérieures des cuisses , conviendront comme révulsifs, lorsqu'il n'existera plus ni de douleur intense, ni de fièvre, ni même d'accélération habituelle du pouls. Aussi long-temps que ces symplùmes persistent, ils annoncent la continuation d iin ilegré élevé de phlogose qu'il est à crainiire de rendre plus intense, en multipliant les points douloureux, et, par suite , les foyers de l'excitation organiijue. Lorsque la cystite résiste h ces moyens, on obtient quelquefois d'heureux effets du séton placé à I hypogastre ou au périnée, selon que l'inflammation occupe spécialement le corps ou les parties voisines du col de la vessie et la prostate. Enfin, I on a eu recours avec avantage à des cautères appliqués à la partie supérieure et interne des cuisses, h des fiiclions faites sur les mêmes régions , ou à la périphérie du bassin avec la pommade émélisée ( un gros à un gros et demi d émétitjue sur une once d axonge ) , aux moxas et à d'autres exutoires analogues , aux bains et aux douches avec les eaux sulfureuses , etc.
Les stimulans intérieurs, tels que les sudorifiques, les purgatifs , les eaux minérales , telles que celles d'Enghien , de Contrexeyille , de Karèges ou de Balarue, prises pures ou coupées avec du lait ou de l'eau d'orge , ce doivent être employées qu'avec une extrême circonspection contre les cystites chroniques. Ces moyens ont le grand inconvénient d'exciter les viscères disgestifs , et, en beaucoup lie cas d'ajouter a la maladie primitive des surexcitations gastrointestinales toujours défavorables et souvent dangereuses. Lorsqu'on y a recours , il importe de survedier attentivement l'iinp] ession qu'ils exercent , afin de suspendre ou de cesser leur emploi aussitôt qu'ils deviennent nuisibles.
Les baumes , les baumes résines , et en particulier la térébenthine, le baume de Tolu et celui de Copahu , ont été conseillés contre la cystite chronique accompagnée d'exciétion muqueuse abondante. L'eau de goudron produit également alors, en beaucoup de cas, d'excellens efl'ets. Mais pour administrer ces substances avec sécurité, il est indispensable, d'une part , que les viscères digestifs soient exempts de surexcitation morbide, et de l'autre, que le catarihe vésicalc existe sans complication île douleur vive , de chaleur à la peau et d'agitation du pouls, ou qu'on l'ait d'abord ramené , par des moyens convenables, à cet état de simplicité.
On a proposé et employé avec quelque avantage dans ces derniers temps contre la cystite chronique les injections permanentes , ou du moins Irès-prolongées, faites ilans la vessie avec la sonde a double courant, autrefois imaginée par Haies. Cette ])ratiquc a pour objet de faire passer successivement , et par une action prolongée, ihins la vessie , une masse plus ou moins considérable de quelque lii(uiile approprié aux indications qui se présentent à remplir. Pour cela, une algalie à double canal étant placée dans l'urètre , un tube dégomme élastique conduit , d'un réservoir plus ou moins élevé jusqu'à l'une des divisions de l'instrument, la malièrc de l'injection, qui, après avoir pénétré dans la vessie et s'être répandue sur ses parois, ressort par l'autre canal , et est portée jusiju'à un vase de décharge. Les diverses parties de cet appareil sont solidement unies à l'aide d'ajutages en argent et de vis , de telle sorte que le liquide ne puisse s'écha pper et inonder le lit du malade. Les injections continuées peu veut être faites avec l'eau pure, avec des décoctions de plantes mucilagineuses
ou aromatiques ; enfin avec diverses eaux minérales pures ou affaiblies , ave une dissolution légère d'acétate de plomb, et, dans quelques cas , avec uj mélange d'eau et de chlorure d'oxide de sodium, selon l'état de douleur, d'irri tation ou d'inertie de lorgane. Une médication aussi directe, et agissant d'um manière aussi immédiate sur les parties malades , doit être nécessairement foi active, et par conséquent susceptible, ou de nuire beaucoup, ou de produin une impression très-salutaire. Il importe donc de ne l'employer qu'avec circoni pection ; et il est à désirer que des observations nouvelles, exemptes de touti prévention , viennent déterminer les circonstances dans lesquelles elle conviei spécialement, ainsi que le degré de confiance que les praticiens doivent lui accorder.
Il est presque inutile d'ajouter que dans tous les cas, si la cystite chroniqai est compliquée de l'existence de reirécissemens à l'urètre, de bleunorrhagie de la présence de calculs urinaires , la première indication à remplir consiste; détruire ces lésions, après la cessation desquelles la maladie principale , n'étant plus entretenue, cédera plus facilement aux moyens destinés à h combattre.
Enfin, lorsque la cystite chronique, catarrhale ou autre, résiste , ce qui arrive trop fréquemment, à tous les moyens thérapeutiques indiqués , on peut encore, en insistant sur la rigoureuse observation îles lois de l'hygiène , sut l'abstinence de tous les excès , sur l'usage habituel des adoucissans et des doux révulsifs, prolonger pendant de longues années la vie des sujets. Si l'on m guérit pas le mal, en agissant ainsi , on le diminue, on le rend supportable , on arrête ou l'on ralentit ses progrès, et l'on éloigne indéfiniment l'époque de la désoi sanisation des parties afl'ectées. L.-J. Bégi».
CYSTITOME. ('oyez Cataracte.
CYSTOCELE. royez H ERKIE.
CYSTOTOME. Foyez Ctstotomie.
CYSTOTOMIE , s. f. , cjsiotomia. Ope'rafion qui consiste à inciser la vessie! mu urinaiie et les parties qui la recouvrent, afin d'extraire de cet organe les calculil i.il ou les corps étrangers renfermés dans sa cavité. Cette expression de cysta'\'Mti 10 mie j aujourd'hui consacrée par l'usage, est sous tous les rapports préférable il «vi soit au mot insignifiant et barbare de taille, soit au terme inexact, quoique! ks(| plus scientifique, de liûiotomie, par lesquels on a longtemps désigné l'opération I wn qui va nous occuper. ' «>
^ . Considéralions générales. — L'opération de la cystotomie, une desitlions plus anciennes de la chirurgie , a été l'objet de travaux successifs , multipliésiisiist presque à l'infini, mais que nous ne rappellerons qu'autant qu'ils auront traitiiipoi à la pratique , et qu'ils pourront être de quelque utilité au lit des malades. IL Loi a est indiqué d'y recourir toutes les fois qu'un corps étranger existe dans la ves- ituscs sie , et qu'il ne peut en être retire , soit en entier , soit par fragmens, à l'aide (iesii
de procédés plus doux et moins dangereux.
|iiles
I. Les signes tle la présence des calculs dans la vessie ont élé indiqués à l'ar^ !lo| ticle qui leur est consacré, plus haut, dans cet ouvrage ( ^'OJ'"f•^ Calcul). 11 suflira de rappeler succinctement ici les principaux d'entre eux. Ce sont : l°un sentiment habituel de pesanteur, et assez souvent des douleurs vagues, obtuses, lifolii profondes dans le petit bassin et au fondement; 2° la difliculté, ou même l'im- !|((oii ])ossib)lité d'aller à cheval ou dans une voiture rude, sans que ces douleurs (is; deviennent plus intenses , plus aiguës , et dégénèrent quelquefois en des souf- ilite,! frances intolérables; 3° la sortie fréquente, dans ces circonstances , d'urine ( Itsi sanguinolente , ou de sang pur fourni par la vessie irritée ; 4" l'interruption ir- Iritp régulière du jet de l'urine , qui, durant son cours, s'arrête assez souvent tout ||iet( à coup, sans cause appréciable, et reparait ensuite spontanément , ou lorsque, jjiijii, en changeant de position, le sujet a éloigné le corps étranger du col vésical; jrtj 5° une ilouleur, ou plutôt une sensation incommode d'excitation , rapportée au |,||| gland ou à la fosse naviciilaire , et qui porte les malades à presser incessam- iiifj ment ces parties et à tirailler la verge en l'alongeant ; 0° enfin , tous les pliéno- jlm,, mènes locaux et sympalhi(jues tle la cystite chroni([ue, tels que le besoin fré- tm quent d'uriner, la sortie d'une urine trouble, épaisse, purulente , ammoniacale |Jf, ou fétide; la chaleur de la peau , l'accélération du pouls, l'amaigrissement de fcili) tout le corps, le dépérissement des foices , etc., etc. jttes Il est facile de concevoir comment la présence de corps étrangers plus OU ^\ moins volumineux, pesans , durs et irréguliers , peut déterminer ces pliéno- jt^jj mènes, soit d'irritation de la vessie, soit de gêne et d'obstacle à l'excrétion du liquide auquel cet organe sert de réservoir. iijti
Mais aucun des symptômes iiuliqués pris séparément, ni même leur réiiiuon complète, ne sauraient donner la certitude qu'un calcul est contenu dans la ||;(|| vessie. Des inflammations chroniques, celles surtout qui afléctent le bas-fond jl,,, ou le col de cet organe, et qui sont com|)liquées de la présence de fongosiles i;, ou du développement variqueux des veines vésicales, peuvent les produire avec assez d'exactitude pour tromper le médecin le plus exercé. I,'exploralion directe de la vessie est alors indispensable ; elle peut seule transformer en certitude les soupçons qu'on a d'abord conçus, ou détruire les illusions que 1 observation extérieure des phénomènes a fait naître.
Les notions que fournit dans ces cas le cathétérisme sont aussi variées que précieuses. On doit apporter un soin extrême à les recueillir et ne pas croire que cette tâche soit toujours exempte de longueurs et de diflicultés. La sonde introduite dans la vessie n'arrive pas constamment, en cflet, de prime abord, jusque sur le corps étranger, de manière à faire constater aussitôt sa présence. Elle manque assez souvent de le loucher, tantôt parce qu'il est très-petit, tantôt parce qu'il est logé ou retenu dans quelque région du réservoir de I urine peu accessible 'a l'instrument. Cependant, quelle que soit la situation du malade, le calcul tombe ordinairement dans la partie la plus déclive de la cavité
CYSTOTOMIE.
ç le renferme, et c'est là cfu'on doit l'aller chercher d'abonl. Lorsqu'on ne 1 rencontre pas, il faut multiplier les reclierches, et diversifier les procèdes £ xploration , de manière à ce que la vérité ne puisse que difficilement échap- H ". Pour cela, l'extrémité de l'als;alie doit être portée successivement , et avec n e grande attention , dans le bas-l'oiid , h la région pubienne, au sommet et >r les côtés de la vessie, afin de ne laisser aucun point de la cavité de cet orf le où elle ne vienne passer Ces recherches seront répétées , le malade étant ( iché ou debout, la vessie étant remplie d'urine, ou dans l'état de vacuité, ■<as l'espérance que le calcul, qui n'a pu d'abord être découvert, sera déplacé jir ces manœuvres, et auiené en contact avec l'algalie. On ferme ordinairei:nt, durant ces recherches , l'ouverture extérieure de celle-ci, pour éviter ]:ouleraent de l'urine et tenir la vessie distendue ; mais vers la fin de l'explo- 1 ion , il est souvent utile de laisser au contraire cet organe se vider , pendant (e l'instrument est tenu presque immobile, et qu'on cherche à sentir si le flot ( liquide n'amène pas le calcul contre son extrémité. Il convient, dans les cas (icurs, de revenir à plusieurs reprises sur l'exercice du caihétérisme exploicur,j[le le pratiquer à des époques variées, et avec des instrumens pleins ou eux, de dimensions et de courbures difrérentcs. La prudence défend même (elquefois, loisque tous les doutes ne sont pas encore dissipés, de s'en rap- ]rter à ses propres recherches. De quelque dextérité qu'on soit doué d'aillus, et quelque grande li.djitude qu'on ait acquise de s'y livrer, on se trouve I ivent bien de prier d'autres peisonnes de répéter à leur tour les mêmes ex- )jralions , afin de s'éclairer de leur expérience , et de corroborer par leur té- ; lignage le jugement qu'on a cru devoir porter.
Vlais enfin le corps étranger a été découvert , et il ne s'agit plus que d'appre'- (v les particularite's de volume, de densité, dénombre et de mobilité ou i dhe'rences qu'il présente.
jorsque, en frappant un calcul avec l'extrémité de la sonde ou du cathéter, l.nain en reçoit la sensation d'un choc sec et élastique, accompagné d'un son c ir, il est vraisemblable que l'on a afï'aire à une pierre, dont la surface au r ins est fort dure. Les pierres molles et friables donnent lieu à une percussion I ins vive et qui proiluit un son obscur et sourd.
Lorsque le calcul est difficile à rencontrer et qu'il échappe aisément à l'insument explorateur, son volume iloit être présume peu considérable. Les fisses piei-res, par opposition, non seulement se font sentir, malgré les dilations différentes qu'on imprime au cathéter , mais opposent , lorsqu'on les Dousse avec cet instrument, une résistance qui peut servira faire juger de 1 ir poids.
.lorsqu'il existe plusieurs concrétions, il est rare qu'elles soient volumi- T ises , et, par conséquent, bien qu'on les rencontre facilement , elles sont faces à déplacer, et ne produisent pas cette sensation de pesanteur à rinstrumcnt ci les percute.
^'expérience a démontré que les calculs uniques sont assez ordinairement rupîux h leur surface , tandis que les multiples, usés en quelque soite par le f Itctnent qu'ils exercent les uns sur les autres, sont presque toujours lisses Cpolis. La forme de ces derniers est le plus ordinairement irrégulière ; quel- (s(ûis ils présentent ties facettes, et semblent avoir été, pour ainsi dire, artii és ; tandis que les calculs isolés affectent plus spécialement une forme ova- I re , souvent alongée et aplatie sur deux faces.
^es calculs qui suivent les inclinaisons variées qu'on donne au bassin, ou qui s déplacent sous l'impulsion du cathéter, sont évidemment mobiU's; tandis ce ceux, au contraire, qu'on rencontre toujours au même endroit, q\ielque s lation que prenne le sujet , et qui laissent l'instrument frotter sur eux avec f ce, au lieu de céder à la pression qu'il exerce, sont manifestement retenus }: quelque disposition insolite des organes dans le lieu qu'ils occupent. Des citractions irregulières de la vessie, qui coiffe, entoure et retient le corps c anger; l'accroissement de ce dernier entre les saillies que forment les bann musculaires dans les vessies dites à colonne; les adhérences produites par 1 développement de fongosités sur le point où le calcul repose, et leur intro- (ction dans les inégalités de sa surface, telles sont les causes les plus ordi- I res de la fixité des pierres vésicales. Quelquefois, encore, contenues en partie c is l'urètre, à l'orifice duquel elles s'arrêtent, les concrétions ne font dans la \.3ie qu'une saillie peu marquée, qu'on rencontre constamment au bas-fond ( l'organe, et sur laquelle frotte le cathéter, sans qu il soit possible de les fie changer de place.
L'exploration par le rectum , le sujet étant couché sur le dos , et la main libre ( chirurgien déprimant la région hy pogasfrique , fournit dans certains cas ( 5 notions utiles , relativement au volume , à la pesanteur et à la situation du (cul, aussi bien qu'à l'état sain ou morbide de la prostate, et au degré de sqjlesse ou de racornissement de la vessie.
La facilité plus ou moins grande que l'on éprouve à mouvoir l'extrémité de Isonde dans la cavité de cet organe donne également une idée assez exacte < son ampleur, et par suite de ses degrés variés de dilatation ou de resserinent. La fréquence du besoin d'uriner, la quantité du liquide rendu à chaque icrétion , sa nature normale ou ses altérations diverses, viendront encore »!iuter à ces premières données , fournies par le cathétèrisme , et faire juger i qu'à quel point la membrane muqueuse vésicale est ou non altérée dans sa t:ture. {f^o)ez Cystite.)
[I. L'indication qui nait de la présence bien constatée d'un calcul urinaire, I d'un corps étranger venu du dehors dans la vessie, est toujours évidente. Ile consiste, ou à retirer ce co)-ps par les voies naturelles, en le saisissant iec des pinces à gaines , telles quecelles dites de Hunter,ou celles dont on fait ' âge durant la lithotrilie , ou à le réduire en fragmens et à le détruire au sein
CYSTOTOMIE.
même de l'organe , à l'aide de cette dernière opération , ou enfin à diviser les parties molles qui le séparent de l'extérieure et à s'ouvrir un chemin jusqu'à lui , afin de s'en emparer et de l'extraire. Il a été question à l'article Calcils des lithontriptiques administrés à l'intérieur ou injectés directement dans la vessie, et l'on a pu se convaincre de l'inutilité ou de l'extrême difficulté de leur emploi. Nous ne devons pas revenir sur ce point.
La cystolomie reste donc comme le moyen curalif le plus sûr et le plus généralement employé, lorsque des corps étrangers, non susceptibles d'être broyés ou de franchir les voies naturelles existent dans le réservoir de l'urine. Mais cette opération, que la nature du mal invile si souvent à pratiquer, et qui peut seule, dans les cas dont il s'agit, délivrer le sujet de la cause permanente des indispositions qu'il éprouve, et par lesquelles sa vie est plus ou moins prochainement menacée, la cystotomie , disons-nous, est une opéiation toujours grave , que diverses considérations peuvent même contre-indiquer, au point de rendre ses résultats trop hasardeux pour qu'il convienne de l'entrepiendre.
Les dangers attachés à cette opération dépendent de l'importance des pai ties intéressées par elle , de leur disposition à l'inflammation, et surtout des relations de voisinage ou de sym(ialhie qui les imissent aux principaux organes de l'économie. Parmi les individus qui succombent après l'avoir supportée, plus delà moitié ou près des trois cinquièmes périssent de phlegmasies, dont le plus granil nombre a son siège dans la vessie , dans le tissu cellulaire du bassin, dans les uretères, les reins, le rectum, l'intestin grêle et même l'estomac; dans le péritoine, le poumon, les plèvres ou le foie. Un quart environ périt d'Iiémorrhagie , de convulsions, ou d'autres accidens immédiats analogues. Le reste, enfin, est victime de malailies concomitantes ou accidentelles , comme d'affections vermineuses , de rougeoles, de varioles, de catarrhes, d'indigestions , etc.
Lorsque la phlogose qui succède à la cystotomie s'est propagée par la continuité des tissus et des organes , on trouve , à l'ouverture des cadavres , que les traces de cet état s'étendent sans interruption, depuis les environs et le trajet de la plaie, où il débute presque toujours, jusqu'aux parties les plus éloignées qu'il a atteintes. Des tissus sains, en plus ou moins grand nombre , séparent, au contraire, les uns des autres les organes malades, lorsqu'ils n'ont été secondairement affectés qu'à raison des relations vitales qui unissent entre eux tous les rouages de l'organisme. Chez beaucoup de sujets, surtout lorsque la vessie a été largement ouverte, dans son corp3 , ou à son col , au-delà des limites de la prostate , lurine s'est infiltrée dans le tissu cellulaire du bassin, autour du rectum, sous le péritone , et a déterminé des foyers purulens considérables , des fontes gangréneuses , ou d'autres désordres du même genre, dont les autopsies cadavériques font découvrir tout l'étendue.
H l'ésulle également de l'examen des parties après la mort, que les inflammations développées dans la vessie, autour d'elle et propagées à des distances variables, à la suite de la cystotomie, dépendent généralement, selon quelque méthode que l'on ait opéré, de l'une ou de l'autre des causes suivantes : l'étendue insuflisanle de la division faite aux parois vésicales, ou son excessive longueur. Ces deux écueils doivent être également évités dans la pratique. Dans le premier cas, on trouve les tissus divisés par une plaie dont les bords et le trajet, contus ou déchirés par le passage des instrumens et des calculs, sont ramollis , gangrenés, réduits en putiilage, et l'on voit que l'infl unmation s'est étendue de proche en proche de ces parties au tissu cellulaire du bassin , au rectum ou au péritone; dans le second cas, ou le bas-fond, ou le corps de la vessie, ou son col et la prostate, sont largement et nelteoient incisés; mais la section, s'étendant au loin dans le tissu cellulaire qui environne l'organe, a ouvert à l'urine une large voie , par laquelle elle s'est infiltrée dans la profondeur du bassin , et a produit les altérations qu'on y observe. Ce dernier genre d'accident est le plus frécjuent à la suite de la cystotomie sus-pubienne , à raison de la facilité avec laquelle la région hypogastrique se prête aux grandes incisions, et de la situation de la plaie au milieu du tissu cellulaire lui-même, dont on doit redouter l'envahissement par l'urine; les méihoiles périnales, au contraire, exposent davantagi; aux froissemens , aux contusions, et à leurs suites, par l'étroitesse de l'espace, qu'elles ouvrent pour pénétrer dans la vessie, et qui est telle qu'on ne peut rester dans les limites prescrites par la conformation des parties sans s'exposer à de grandes difficultés pour opérer l'extraction de la pierre, ou franchir ces limites sans introduire au centre du bassin une cause nouvelle et très-active d'inflammation , l'infiltration urineuse.
L'hémori h.igie , qui a sa source dans les vaisseaux artériels ouverts parles instrumens tranchans, peut être plus facilement évitée que l'irritation et la phlogose. La situation et le trajet des vaisseaux qu'il serait dangereux d'atteindre étant connue , le chirurgien peut , ou ne pas aller jusqu à eux en pratiquant les procédés qui exposent à leur lésion , ou , ce qui est plus sur encore , préférer les méthodes et les procédés par lesquels on attaque des parties où ils ne se rencontrent pas.
Relativement aux affections concomitantes , ou aux inflammations accidentelles des parties fort éloignées de l'appareil soumis à l'opération , il est sans doute, en beaucoup de cas, impossible de les prévoir, et par conséquent de s'opposer à leur développement; maison ne doit pas oublier que la fièvre traumatique, née de l'irritation d'un organe aussi important que la vessie, a pour effet d'açcroitre les dispositions morbides que les viscères peuvent recéler, et de faire éclore les maladies , qui, sans cette cause occasionclle , ne se seraient point manifislces. C'est ainsi que , chez les opérés de la cystotomie , on voit souvent les affections légères ou latentes des reins , des poumons, dos
CYSTOTOMIE.
plèvres , <le l'estomac. , du foie , de l'encéphale , acquérir tout à coup une grande violence et devenir mortelles; c'est ainsi encore que ces malades sont rendus plus accessibles qu'auparavant aux afTections régnantes, et qu'ils sont atteints de variole, de rhumatismes ou de fièvres de divers caractères , selon les saisons de l'année et les constitutions médicales des époques auxquelles on les opère.
Il importe donc, avant de pratiquer une opération aussi grave , d'explorer avec la plus minutieuse attention le jeu de toutes les fonctions, et de s'assurer de l'état de tous les organes. L'âge n'occupe alors qu'un rang secondaire parmi les contre indications auxquelles il convient d'avoir égaid.
On peut soumettre à la cystotomie, avec l'espoir fondé d'en obtenir d'heureux résultats, les sujets les plus avancés dans la vieillesse, lorsqu'ils ne présentent les symptômes d'aucune affection morbide autre que celle qui résulte de la présence tle la pierre elle-même. Mais la prudence conseille d'Iiésitcr et de faire connaîire aux parcns les chances défavorables àKaclices h l'opération, lorsque la vessie est déjà enflammée , que des matières muqueuses sont abondamment rendues avec l'ui ine, que des douleurs se font senlir dans les reins ^ ou que l'estomac et le foie ne remplissent pas parfaitement leuis fonctions. Il faut s'abstenir entièrement d'opérer , toutes les fois que la vessie est fortement et depuis long-temps revenue sur elle-même ; que l'urine , rendue fréquemment et en petite quantité à la fois, et trouble, sanguinolente ou purulente, ammoniacale et fétide ; que des douleurs permanentes et assez intenses pour éloigner le sommeil se font senlir dans le fond du bassin, le long d.es uretères, dans les lombes; que l'amaigrissement a fait de grandes progrès, que la coloralion de la peau est devenue jaunàtie; que le pouls est habituellement accéléré , l'appétit en grande partie pei clu , et la digestion devenue difficile ou imparfaite.
Entre ces trois états, de bonnes dispositions, de dispositions douteuses, et de dispositions absolument conlraire'S , i! existe de nombreuses nuances, que l'habitude, une longue expèiience . et un tact chirurgical exeicé peuvent seuls apprendre à distinguer. Tout consiste alors à s'assurer du siège et de l'importance des lésions qui compliquent la présence de la pierre , et à calculer avec exactitude les chances d'insuccès qu'elles sont susceptibles d'ajouter à l'opération. Si le résulta t de ces observations et de ces calculs semble favorable, il faut opérer; s'il est opposé, on doit s'abstenir. Quelque pénible cpi'il soit d'abandonner à une perte certaine un sujet dont la raalailie |)rincipale peut être détruite, il va^t mieux encore le laisser vivre durant quelques années ou quelqucg mois avec son inlîrraité , que précipiter sa mort par une opération dont les dangers sont évidemment trop multipliés.
Quant aux saisons les plus favorables à l'opération, bien que nous ayons renoncé à suivre l'exemple de nos prédécesseurs, qui ne taillait nt leurs malades, dans les hôpitaux de Paris, et sjîécialemeut à la Charité et à l'Hôtcl-Dieu , qu'au printemps et à l'automne, il importe ceptmdant de ne pratiquer la cystotomie qu'autant que les conditions relatives aux lieux, à la température et aux maladies régnantes ne sont pas de nature à laisser craindre que de fâcheuses complications s'ajoutent à ses résultats. Il est rare cjue l'indication d'opérer soit si pressante qu'on n'ait pas le temps 'l'attendre que des circonstances atmosphériques plus favorables aient succédé à celles dont on redoute l'influence.
III. Les résultats généraux de statistique, publiés par divers praticiens , afin d'établir les proportions des moits aux guèrisons , à la suite de l'opération de la cystotomie, différent trop les uns des autres pour qu'on doive attachera tous une égale confiance. Il n'est pas un homme éclairé , par exemple , qui ne relègue parmi les contes absurdes le récit des cures merveilleuses de Raw, quj aurait opéré , selon ses historiens, menteurs ou trop crédules, seize cent quarante sept malades sans en peidre un seul. La saine critique place également au rang des manœvres du charlatanisme , ou des illusions d'un amour-propre mal conseillé , les assertions de ces praticiens, c{ui chaque année prétendent, à l'exemple de Raw , que sur plusieurs centaines d'opérations, ils n ont eu aucun malade à regretter. 11 faudrait, pour croire à ces merveilles , que la nature intervertit pour quelques personnes sa marche ordinaire, et que, tandis que par une loi immuable, la mort frappe chaque jour quelques individus tians la population la plus florissante, elle épargnât ceux-là précisément qui sont soumis à des ch inees manifestes de maladie et à de graves dangers pendant tous le temps nécessaire à la guèrison des plaies qu'on leur a faites.
Il faut donc recourir à des appréciations moins exagérées , et par conséquent plus rapprochées de la vérité. Les chances de mortalité à la suite de la cystotomie seraient, selon Pouteau , dans la proportion de 1 à 40 ; d'après les cakuls partiels do Le Cat, comme 1 est à6, à 8 ou à 9; Cheselden les portait à 1 sur 10 ^ ; A. Marcet à 1 sur 7 ^ ; Douglass, Cheselden et Middleton à l sur 6, après la taille hypogaslrique , sans incision du )icrinée et du col de la vessie; frère CÔme à l sur 5 à la suite de la même opération, avec ilivision de ces parties. Quelques relevés faits par M. Sanson sur les opérations pratiquées dans les hôpitaux de Paris, porteraient encore au-dessous de ce dernier nombre la proportion des guèrisons aux morts, après lu cystotomie, sans distinction ni des méthodes ou des procédés employés, ni des conditions variées des saisons, des lieux, de 1 âge ou du sexe des individus.
Après avoir recueilli pendant dix ans, tant dans la pratique ]iiiblique que dans la pratique particulière des hommes les plus distingués de Paris et des environs , tous les cas, au nombre de 356, d'opérations de cystotomie qui sont parvenus à sa connaissance, un de nous, M. dupuyiren, est arrivé aux résultats suiyans.
TABLEAU du résultat de 356 opérations de la. pierre piatiquées à Paris o dans ses empirons dans l'espace dt: dix ans.