DÉCOCTION
prolongée, l'inaction, les saignées générales ou locales, les suppuratiT)ns abondantes, tous les médicamens qui accroissent les sécrétions , tels que les vomitifs , les purgatifs , les diurétiques , les sudorifiques , ceux qui sont doués de propriétés éraollientes , les narcotiques, enfin certains agens, tels que la digitale, l'acide hydrocyanique , etc., sont autant de causes débilitantes. La plupart débilitent tout l'organisme ; quelqus-unes cependant , lorsqu'elles exercent leur action d'une manière locale, n'affaiblissent que la partie sur laquelle on les applique : les émoUiens , les narcotiques et les stupéfians sont principalement dans ce cas.
Toutes les considérations générales auxquelles nous pourrions pour livrer sur la manière d'agir des débilitans , sur les effets tant locaux que généraux qu'ils produisent , sur la manière d'administrer ceux qui font partie du domaine de la thérapeutique , et sur les précautions à prendre dans leur emploi, seraient nécessairement trop vagues pour recevoir des applications directes et utiles dans la pratique. C'est aux mots Émolliens , Narcotiques, Régime, Saignée, etc., que ces considérations trouveront tout naturellement leur place , et c'est là seulement qu'il sera possible d'en déduire des conséquences thérapeutiques un peu plus précises. ( L. -Ch. Roche. )
DÉBILITÉ, s. f., débilitas. Ce mot est presque synonyme t\e faiblesse , et par conséquent s'applique plus particulièrement à la faiblesse musculaire. Il dit cependant plus que ce dernier; la débililé est une grande yà/i/es^e, elle suppose la diminution, l'épuisement des forces vitales ; Amis \a faiblesse , au contraire , il n'y a souvent qu'enchaînement momentané de ces J'orces ; la débiiité est nn état morbide, la faiblesse ne l'est jamais; elle n'est en général qu'un symptôme. Pour remédier à la débililé , il faut ordinairement un régime nourrissant : des vinsjgénéreux , des médicamens toniques , etc. Lafaiblesse se dissipe avec la maladie qui l'entretient , et souvent par des moyens qui paraissent devoir l'accroître : les saignées, par exemple.
Sauvages avait formé une classe de maladies sous le nom de débilités. ( Vojr. Asthénie.) ( L. -Ch. Roche. )
DÉBRIDEMEWT , s. m., opération à laquelle on a recours toutes les fois qu'il s'agit de diviser soit une ou plusieurs brides, soit un ou plusieurs plans fibreux ou aponévrotiques qui serrent d'autres tissus ety gênent la circulation, ou les empêchent de se gonfler convenablement lorsqu'ils sont affectés d'inflammation.
Le débridement est donc le remède spécial de l'étranglement des parties, et se présente comme une indication des plus importantes à remplir dans toutes les affections qui sont compliquées de cet accident. C'est ainsi que l'on fait cesser par des débridemens convenables l'étranglement des flocons de tissu cellulaire affectés d'inflammation dans le furoncle et l'anthrax; que l'on incise longuement les aponévroses de la jambe, de la cuisse, des doigts, delà paume de la main , de l'avant-bras , du bras et de la partie supérieure de la tète , pour permettre au tissu cellulaire qu'elles entourent ou qu'elles recouvrent de se dilater, lorsqu'il est affecté d'inflammation phlegmoneuse ou érysipélateuse ; que l'on coupe la bride formée par l'ouverture trop étroite du prépuce, porté en arrière du gland ; dans le paraphymosis ; que l'on divise le rebord des ouvertures aponévrotiques, ou celui du collet du sac herniaire devenu fibreux , pour remédier à la constriction qu'il opère sur les viscères contenus dans une tumeur herniaire , etc. Quelquefois même on n'attend pas , pour opérer le débridement , que l'étranglement soit survenu. Il est d'usage d'inciser en plusieurs sens les orifices et le trajet des plaies d'armes à feu qui traversent des parties environnées de fortes aponévroses, afin de permettre à ces parties de se développer en liberté lors de l'afflux considérable de liquides qu'y appellera l'irritation toujours très-considérable qui accompagne ces sortes de blessures ; on en agit quelquefois encore de même à l'occasion de certaines plaies par instruniens piquans.
On peut détruire les parties qui en étranglent d'autres à l'aide des caustiquûs ou du cautère; mais ces moyens sont aujourd'hui généralement abandonnés, et l'instrumenl tranchant est le seul qui soit en usage.
Le débridement n'est donc , à proprement parler, qu'une incision, que l'on fait soit avec le bistouri ou les ciseaux seuls , soit avec le bistouri ou les ciseaux guidés par des conducteurs. Mais comme l'étranglement est un accident commun à beaucoup de maladies qui ne se ressemblent pas , etqui exigent un mode de débridement particulier, nous nous abstiendrons de déciire ici cette opération, son histoire devant être beaucoup mieux placée à l'occasion des maladies qui la réclament, et dans la description générale de l'incision.
F oyez Abcès , Érysypèle phlegmoneux , Étranglement , Heknie, Incision, Panaris, Phlegmon, Plaie , Paraphymosis , Phymosis. (L.-J, Sahsos.)
DÉCHAUSSEMENT. Fojez Dent.
DÉCOCTÉ , decocluin , decoclura {pharmacie'). Produit liquide de la décoction , médicament préparé par décoction. ( Guibourt. )
DECOCTION , decoctio {pharmacie). Opération qui consiste à faire bouillir des drogues dans un liquide , afin de parvenir à l'extraction de leurs principes solubles. I! y a peu de temps encore que cette opération était recommandée , presque toutes les fois que l'on devait traiter par l'eau des substances non aromatiques ; persuadé que l'on était que la décoction ne leur faisait rien perdre , et qu'elle fournissait d'ailleurs des liquides plus chargés de principes fixes médicamenteux. Mais l'expérience a constaté que dans presque tous les cas , la décoction donne des produits inférieurs en qualité et en quantité à ceux de l'infusion , et quelquefois à ceux de la macération ; de sorte qu'aujourd'hui, la décoction parait devoir être réservée presque exclusivement pour les dccoctcs de substances animales , dits bouillons médicinaux, et pour ceux purement mucilagincux destinés aux usages extérieurs. Je ne connais guère d'exception à
BELIYANS.
i>:elire.
la règle précédente que le bois de gayac qui fournit, par décoction, un extrait plus abondant et d'une odeur balsamique beaucoup plus marquée que celui préparé par infusion. (Guibobrt.)
BEFLORATION, dcfloralio , de\'irginilatio , vilialio; action de déflorer une fille. Cette action est tellement liée à celle du viol qu'il n'en sera traité qu'à ce mot. ( Voyez Viol.) (Alph. Devergie.)
DÉLâYAWS. Par ce nom , emprunté à une théorie physique et encore usité dans le langage médical, les anciens auteurs de thérapeutique désignaient les médicamens qu'ils considéraient comme propres à délayer, à atténuer les humeurs, et par conséquent à en favoriser le cours , ainsi qu'à en empêcher la stagnation et l'épaisissemcnt dans les vaisseaux. L'eau et les boissons aqueuses, mêlées d'un peu de mucilage, de gélatine, d'albumine, de sucre et d autres substances douces et peu actives, tenaient le premier rang parmi les délayans. Pour en obtenir les résultats désirés, il fallait les administrer en grande abondance , et alors on voyait le liquide introduit en grande quantité être évacué, soit directement par les intestins, comme cela s'observe lorsqu'on boit coup sur coup une grande quantité de bouillon aux herbes, soit après avoir traversé les voies de la circulation par les reins , ou plus rarement peut-être par la peau.
Si l'on examine les effets les plus sensibles des délayans, on voit qu'ils modifient la composition des fluides excrétés, en étendant leurs principes constilùans dans une grande portion de véhicule. Ainsi les urines s'écoulent incolores et peu sapides lorsqu'on a beaucoup bu d'orgeat, de décoction de graine de lin, et alors elles passent inaperçues sur des surfaces enflammées, qui ne pouvaient les supporter sans douleur. Généralement, l'usage des délayans amène une diminution de la chaleur fébrile et de la soif, mais ce phénomène ne saurait toujours leur être rapporté, au moins exclusivement.
Quanta la théorie de leur action , les uns prétendent qu'ils agissent, ainsi que l'exprime leur nom, en introduisant dans le sang une certaine proportion d'eau qui en diminue la consistance , et même l'âcreté. D'autres, se fondant sur la rapidité avec laquelle ils passent par les voies de l'exhalation et des sécrétions, pensent qu'ils ne font que traverser l'économie, sans subir d'assimilation. Il est assez probable que l'opinion moyenne est la plus juste, et jusqu'à oe que des expériences directes aient démontré ce que devenait le volume introduit , on peut penser qu'il ne circule pas avec le sang et les humeurs , sans exercer sur ces liquides une influence quelconque , sans leur laisser quelques molécules aqueuses , sans entraîner quelques parties solubles , qui , sans son intervention, seraient restées dans la masse.
D'ailleurs, les faits restent en dépit des explications, et l'influence des délayans dans les maladies est incontestable. On sait que dans les inflammations aiguës, et principalement dans celles des organes urinaires , les boissons aqueuses , les lavemens , sont d'une utilité bien évidente , et que les malades , appréciant le soulagement qu'ils en obtiennent, le réclament avec instance. Us ne sont pas moins utiles dans les affections cutanées frébiles , et dans les gastro-entérites , où la soif est vive, et où les malades , guidés par un salutaire instinct, demandent à grands cris de l'eau fraîche, que souvent ils ont bien de la peine à obtenir. C'est une vérité que des praticiens voudraient eu vain méconnaître , car elle viendrait k chaque pas se placer devant eux.
L'eau pure, en boissons, en bains , en lavemens, est le délayant par excellence ; on pourrait même dire l'unique délayant , puisque c'est elle qui forme la base essentielle de ce qu'on désigne par ce nom. Mais comme il est bien rare qu'on veuille s'en tenir à la vérité seule, il est bien rare aussi qu'on administre l'eau pure; et pour complaire aux malades, et peut-être aussi pour les engager à prendre une plus grande abondance de boisson, on ajoute à l'eau du sucre, du miel, du mucilage, de la gomme , des acides végétaux, de la gélatine , substances qui possèdent elles-mêmes quelques propi'iétés médicales , et qui par leur variété empêchent le dégoût.
La principale condition de succès dans l'emploi des délayans , c'est de les employer en abondance. Quelques cuillerées d'eau de gomme ou de limonade sont insignifiantes ; il faut , pour en tirer quelque parti , en boire un verre tous les quarts d'heure ou toutes les demi-heures. C'est à une température moyenne qu'on doit les administrer. Froides ou chaudes elles agissent plus sur l'estomac, et le fatiguent. Le plus généralement, les malades les préfèrent à la température de l atmosphère , et qu'on appelle fraîches ; et il est probable que la soustraction de calorique qu'elles opèrent entre pour quelque chose dans leurs bons effets.
Ou a dit d'une manière beaucoup trop absolue que les délayans ne convenaient pas aux constitutions molles , lymphatiques et énervées , et surtout , cédant à un préjugé vulgaire, on range trop légèrement dans cette catégorie des sujets qui ne dévi aient pas y figurer. Dans les cas où l'usage des délayans est vraiment indiqué, les sujets lymphatiques s'en trouvent aussi bien que les autres; seulement c'est au médecin à en régler l'emploi, car il n'est rien dont l'abus ne soit nuisible; et il est très-vrai de dire que l'usage immodéré ou intempestif des délayans fatigue l'estomac et dérange les digestions ; mais aussi est-il vrai que ces accidens sont peu graves et de courte durée , et que, pour les voir finir, il suffit presque toujours de suspendre l'emploi de ce qui les a causés. Rarement il est nécessaire de recourir aux toniques pour remédier aux désordres produits par les délayans. (F. Ratier.)
DELIPiE , s. m. , désordre des facultés intellectuelles, avec ou sans perversion des qualités morales.
Le délire varie trop pour que nous puissions le définir d'une manière moins vague et plus satisfaisante. Ce désordre des facultés intellectuelles s'offre sous la forme continue ou intermittente. Ses causes varient assez pour que nous
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soyons forcés d'établir plusieurs espèces de délire ; quant 'a sa cause prochaiii efficiente , quant à l'organe du dérangement duquel il dépend , il ne peut ét autre que le cerveau, et nous croyons pouvoir ici, sans qu'on nous le conlest avouer, par anticipation à ce que nous dirons en parlant des désordres cad vériques , que le délire est dû à une modification quelconque, durable ou pa sagère , dans la manière d'être normale du cerveau ; ainsi le délire survie quand trop de sang excite cet organe, quand trop peu de sang n'y déterrai qu'une excitation insuffisante, quand le cerveau éprouve une excitation insol de l'introduction dans le fluide sanguin de substances étrangères qui s'y tro vent accidentellement mêlées, comme les alcoholiques , la belladone, 1' pium , etc. , quand le cerveau reçoit une excitation sympathique d'un viscè important, gravement malade.
Il est difficile de concevoir qe.e trop peu d'excitation du cerveau puisse do ner lieu au délire, car dans les abstinences les plus prolongées, dans les m niens qui précèdent la mort occasionée par défaut d alimens , il y a toujoii excitation du cerveau produite par la souffrance, par le désespoir, par la colè ou par toute autre cause. Le peu de sang qui reste dans l'économie fait irru tion vers le cerveau dans les derniers instans de la vie. Cependant il est desc dans lesquels on ne peut attribuer à cet organe trop d'excitation, dans lesqut on est au contraire forcé de reconnaître qu'il en manque, et dans lesquels pou tant on observe une sorte de prodrome de délire; par exemple, n'y a-t-il p une rêvasserie , une sorte de délire , dans le passage de la veille au sommei ' à l'instant où le cerveau va cesser d'être excité par les impressions extérieures
Le délire ne se manifeste guère qu'api ès l'âge de cinq ans ; avant cette ép ' que , le cerveau a trop peu d'idée, et en exprime trop peu , pour qu'on y trou' un dérangement apparent ; aussi l'altération des fonctions cérébrales ne se mi nifeste alors chez l'homme, ainsi que chez les animaux, que par de l'abattemeii de la tristesse , des cris , de la fureur, de l'agitation pendant le sommeil , etc mais il n'y a point encore manifestation véritable de ce que l'on est convei d'appeler déUre.
On peut établir trois ordres principaux de délire : 1° délire de la folie, cor prenant le délire général de la manie et les délires partiels des divers mon* manies; 2° délire qu'on observe dans les affections très-intenses des organe j et qu'on appelle délire fébrile; 3° délires momentanés, causés par ringesti(' de quelque substance vireuse.
Il est utile d'indiquer les caractères propres à reconnaître chacun des ordrl de délire, car il y aurait autant d'inconvénient à envoyer dans une maison di liénés un malade atteint de délire fébrile, ou de délire causé par une substani vireuse , qu'il y en aurait à garder dans une maison particulière un malai atteint d'aliénation mentale , et cet inconvénient , pour le premier, ne seti pas seulement relatif à l'individu, il le serait encore à ses proches. Le pl court séjour dans une maison d'aliénés déconsidère un homme jusque dans s enfans. Ces distinctions , au reste, sont extrêmement faciles.
Le délire de la folie peut exister et existe souvent avec un état parfait d'i tégrité des fonctions nutritives. Dans le délire fébrile il existe toujours du trouh Bits dans ces fonctions. Si , dans le début de la folie , le délire est accompagné chaleur et de sécheresse de la peau , de dérangement dans la circulation, ( perte d'appétit, de soif, de sécheresse de la langue, ces troubles ne sont moins ni profonds ni durables , le pouls reprend son état naturel , quelquefo même il devient moins fréquent que dans l'état de santé, les symptômes ga triques se dissipent d'eux-mêmes ou sous l'influence du traitement le plus sii 'ûd pie, les malades mangent et digèrent parfaitement. Souvent après les quin; BenI nremiers jours de l'invasion delà folie, les maniaques mangent et digèrent ( ^it ce proportion des dépenses énormes qu'ils font en mouvemens et en vocifération' (tîte souvent on voit, chez les idiots , les fonctions organiques présenter un surcro d'énergie remarquable ; enfin presque tous les fous arrivés à la démence ont ui disposition à l'obésité.
L'état des fonctions de relation présente aussi des différences chez les fou.'i j chez les fébricitans en délire. Les sensations externes sont ordinairen^ent chi! les premiers dans l'état normal ; chez les seconds elles sont plus ou moins alti rées. Les mouvemens volontaires et la parole sont dans l'état naturel chez ui grande partie des fous; ces deux fonctions sont plus ou moins perverties ch( les fébricitans en délire. t
Chez les fous le désordre de l'intelligence est , ou borné aux idées , sentimei i et actes qui rentrent dans la sphère d'une faculté (monomanie), ous'étei); sans limites à touteS les facultés ( manie ) , mais celles-ci n'arrivent à une obi , tération complète que dans les derniers degrés de la démence. Chez la phipa des délirans, au contraire, l'intelligence parait éteinte , tant il e.\iste peu d connaissance, peu de souvenir, tant le malade est étranger à tout ce qi l'entoure.
L'invasion du délire fébrile est rapide. L'aliéné , au contraire, a presque toi jours offert de longue date des changemens dans son caractère ; il e.st deveii d'une susceptibité extrême avec ses amis , ses parens ; il a pris du dégoût poi tout ce qui l'intéressait, de l'aversion pour les objets de ses affections ; il i éprouvé des accès de colère pour les causes les plus Icgères ; on l a vu souver rechercher la solitude, et quelquefois il s'est aperçu lui-même et a annoncl que sa tête déménageait.
L'afl'ection d'où dépend le délire fébrile est presque toujours de courte dure presque toujours grave; la folie est presque toujours de longue durée; cl présente rarement un danger imminent. !
Le traitement de ces deux ordres de délire diffère comme les symptômes c'est-à-dire, difTere, si non de nature , du moins d'activité.
Les différences que nous venons d'énoncer ne sont peut-être que celles q
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