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DEIN TITION

A. Fïèt're continue. — On la reconnaît plus aisément à la chaleur , à la séclie- ;sse de la peau , et à la chaleur de la bouche, à la suppression du plyalisme, l'aballcment , à l'iissoupissemeiit de l'enfant . qu'à l'état dci pouls , toujours

te et fréquent à cet âge. La fièvre continue est un des elTets les plus ordinaires 'line deiililion pénible , mais elle est souvent peu intense et de courte durée.

inappétence, si l'enfantest sevré, en est un symptôme constant, la soif existe resque toujours et c'est encoieà la fièvre, autant pour le moins qu'au contact line urine plus acre , de matières fécales plus liquide , qu'on doit attribuer ;s e'ru plions anormales . ces placpies rouges, ces éry thèmes papuleiix ( stro/ihus) qu'on nommeyriix de dents , et qui se voient surtout aux fesses, aux pares génitales, aux cuisses , mais quelquefois aussi aux joues et à diverses aues parlios du corps. Dans les cas graves, celte fièvre prend tous les caractèies ; ces fièvres caturriiales si souvent fâcheuses chez les adultes ; on voit de ême alors se montier des symptômes d'irrilalion vers toutes les membranes

jjiuqueuses à la fois, niai^ non pas paitout an même degré ; on voit également irvenir l'ataxie (soubresauts, raouvemens convulsifs , agitation, coma, etc. ), jdynamic et la mort.

Ces phénomènes redoutables cessent souvent presque instantanément, au ilieu de leur plus grande intensité, si les dents se font jour à tiavers la genve qui les retenait et comprimait leur pulpe dans le fond de l'alvéole ; de là le jrécepte de fendre cette barrière quand elle oppose une trop forte résistance, elle petite opération m'a plusieurs fois parfaitement réussi, el j'ai eu, en ;ielques cas , le regret de l'avoir employée trop lard ; j'ai vu deu.t fois les dents illir du jour au lendemain après une incision cruciale, l'élat morbide s'améprer, mais le mal , un moment suspendu, continuer ensuite ses progrès vers pe terminaison funeste. J ai vu aussi une incision prématurée ou intempestive I refermer sans aucun avantage pour l'enfant; alors seulement, sans doule, 1 pourrait dire avec M. Giiersent , que les dents ainsi mises à nu poussent plus ntement que les autres; mais il m'a aussi paru ipie cette opération avait favosé le développement de la carie, soit que les dents eussent été entamées parla [linte de l'instrument , soit qu elles eussent été mises à découvert avant la parte maturité de l'c'mail , si l'on peut se servir de cette expression. Il ne faut ne point en venir iacnnsidéiément à cetle pratique qui d'ailleurs effraie tonurs les parens ; il faut, avant de la metire en œuvre , èlre bien sûr de l'immince de l'éruption (vojez plus haut les sijnes qui rijuliqueul) et de la nécesé de l'accélérer encore. Dans le cas contraii e , on se contente de faire mâcher 'enfant quelijues corps de médiocre consistance ou d'un poli qui diminue le nger d'une pression violente ; une croûte de pain , une racine de réglisse on de imauve conviennent seules s'il y a rougeur et tuméfaction des gencives; les cliels de c'orail, d'ivoire, peuvent avoir des avantages si réruption est peu ochaine, la gencive eucore tranchante , ete. Les moyens généraux ne doivent is non plus être négligés ; l'abstinence d'alimens solides et surtout de substans animales serait souvent forcée par le dégoût que témoigne l'enfant pour ute autre substance que des liquides , quand même on ne trouverait pas ])ru- Jnt de s'en lenir à ceux-ci ; le lait, l'eau panée, la décoction d'orge perlé , s crèmes de riz , le pain , les fécules plus ou moins étentliies formeront à la is aliment et boisson, et ceci s'applique surtout aux climats chauds, aux sains brûlantes. Les bains lièdes, les lomentations générales et émollienies sont jcore d'une grande utilité. Ils deviennent indispensables si les symptiiuies sont lolens; alors même il est souvent nécessaire de suspendre toute alimenlalioii I de s'en tenir aux tisanes de fleurs de mauve, de feuilles de lailue, de paiiéiire fraîche, etc. Les lavemens simples , émolliens ou même laxatifs ne doivent re omis que f[uan(l le venli e est parfaitement libre , car la liberté du ventre t une circonstance avantageuse en pareil cas , et qu'il faut même chercher à itcnir par un peu d'huile d'amandes douces el de sirop de roses pâles, ou tout |tre médicament analogue, si les lavemens ne suffisent pas. Quant aux vésiijtoires, si souvent employés ici par quelques praticiens, ils ne conviennent le dans une prostration tléjà prononcée; alors du moins , s'ils sont fréquem- ^nt inefTcaces, ils ne sont [)as nuisibles comme dans une période moins avanie; et nous en dirons autant des toniques et des stimulans (préparations de na , etc.-) donnés à l'intérieur. Les sinapismes sont moins dangereux et conennent , ainsi que les pédiluves irritans , à une époque moins reculée , s'il y a s oscillations ataxiques bien marquées; mais on ne saurait être trop réservé , ! pareil cas même, sur l'usage îles antispasmodiques stimulans, du camphre, \ musc , etc., que l'on regardait, naguère encore , comme spécifiques ilans ces [•constances. Si même le coma est très prononcé, comme on l'observe souvent ez les enfans à grosse tèle, ceux qui sont menacés ou atteints d'Iiydiocépliat, il nefaut pas hésitera recourir aux fomentations émollientes lièdes ou fioiîs sur la téle , et même aux évacuations sanguines.

B. Fieurp errati^/ue. — Lor.îque des aecidens fébriles se développent dès les ■emiers effcn ts que fait la dent contre 'es obstacles qui lui sont opposés , il (t rare qu'ils aient une marche continue, et l'on observe quelquefois même ;s paroxysmes quotidiens assez réguliers pour être confonilus , par un pratien inattentif , avec une fièvre intermittente essentielle. C'est surtout à l'occa- [jn des molaires que nous avons rencontré ce genre d'nidisposition. Vers le jir, ou dans l'apiès-mitli , survenait de la morosité, puis un accès fébrile sans lisson préliminaire, mais dans lequel l'intensilc de la fièvre alLit croissant squ'à un point ortiinairement modéré ; la rougeur des joues ou d'une joue ulement, la salivation, etc., éclairaient suffisamment le diagnostic et posaient lie indication formelle , celle d'attendre en faisant la guerre aux .symptômes 'incipaux. Le régime est ici essentiel, et j"ai été une fois obligé de remettre [i sein un enfant sevré depuis plusieurs semaines. Par ce moyen on put se dis- Ipnser de tout médicament, et les alimens solides ne furent repris avec goût et

UiCT. DE Mi^DECI^E ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

avec avantage qu'après l'éruption de trois molaires , et deux mois environ de fièvre erratique.

C. Dèran^pment. des fonctions digestiues. — Je ne reviendrai pas sur le gonflement et l'inflammation îles gencives , qui se lient ordinairement à d'autres aecidens et ne posent guère d'indications spéciales; je renverrai h l'article Aphthes pour ceux que la denlilion détermine aussi quelquefois ; et je ne répéterai pas non plus ce que j'ai dit de l'inappélence dans les paragr aphes pré- ' cédens ; parlons des phénomènes plus sérieux et plus essentiels, le vomissement et la diarrhée.

Le vomissement n'est peut-être pas toujours ici l'indice d'une gastrite ; il prouve du moins une sur-excitation vive de l'estomac, et si, dans quelques cas ou l'absence de toute fièvre , de toute ciialeur à la bouche, de toute rougeur k la langue, etc., les amers m'ont bien réussi ( sirop de kina , etc) , il n'en serait pas de même dans des circonstances contraires. La diète est ici plus que jamais nécessaire; les alimens solides ne seraient point digérés, et si même les liquides sont rejelés, il faut en diminuer la quantité et les délayer davantage , faire boire peu et souvent, donner des boissons féculentes, émulsives , gommeuses , lactées, mais peu chargées et tout au plus légèrement aromatisées avec l'eau de fleur d'oranger, de tilleul , etc.

La diarrhée modérée procure une déplétion utile , et c'est une observation devenue vulgaire ; mais quanil elle arrive à un degré tel que les alimens et les boissons passent presque sans altération d'un bout du tube digestif à l'autre (lienteric), quand des matières très- liquides , vertes ou séreuses, sont fréquemment expulsées, quand surtout le vomi.sscment se joint à celte suraljondance des déjections alvines ; l'enfant ne tarde pas à s'affaiblir, et peut succomber proraptemeiit si l'on n'arrête cette fâcheuse complication, que j'ai plus particulièrement observée chez les enfans déjà sevrés que chez ceux qui sont encore à la mamelle.

Les bains lièdes , les cataplasmes , les l'omentalions sur le ventre , une à deux sangsues, même sur cette région, peuvent êlie indiqués si l'abdomen offre beaucoup de chaleur, de sensibilité , de tuméfaction , s'il y a beaucoup de fièvre .si l'enfant est robuste ; il y a probablement alors gastro-entérite décidée , quoique , après de pareils symptômes , l ouvi rlure du cadavre ne nous ait quelquefois montré que d(;s rougeurs vagues et peu étendues à la membrane muqueuse gastro-intestinale , et que la même remarque ait été faite par d'autres observateurs (Guersenl). Les boissons ci-dessus conseillées, les lavemens avec le lait, le jaune d'œuf tlélayé , la fécule , les mucilages et quelquefois un peu de diascordiuin (absence tie fièvre) , ou de décoction de pavot, seront, selon l'intensité des symptômes, employés comme auxiliaires ou bien comme succédanés des moyens plus puissans dont nous venons de parler.

D. Troubles dit sjrstème cérébral. — L'insomnie en est le premier degré, et si ce symptôme n'est pas l'efTet de quelque affection grave , s'il n'est dû qu'à la douleur, on peut le combattre directement par l'usage de l'eau de laitue, de la thridace , à la dose de quelques grains , du sirop de coquelicot dans les climats froids ou très-tempérés, d'une décoction légère de tète de pavot convenablement édulcorée et donnée par cuillerée à café jusqu'à concurrence de sept à huit dans une nuit.

L'éc;/a»2/)^^e, qu'il ne faut pas confondre avec les mouvemens ou les subresauts convulsifs, les réveils en sursaut qui ctuiiplirpient l'état fébrile ou même seulement l'agitation causée ]iar la ilouieur; l éelampsie, dont les symptômes offrent le tableau d'un accès d"é|)ilepiie jirolongé, est assez souvent l'effet d'une dentition difficile. Quoique rarement mortelle, quoique plus effrayante pour l'ordinaire qu elle n'est redoutable , elle réclame des soins attentifs et parfois des médications énergiques. Nous renvoj'ons au mot Éclampsie pour les détails qui concernent le diugiio.^tic , le pronostic, le traitement de cette affection , dont nous ne dirons ici que quelques mots. Nous l'avons vue devenir immédiatement mortelle, nous l'avons vue produire l'hémiplégie et laisser sans doute dans quelque extravasation de sang ou de sérosité à l'intérieur de l'encéphale un foyer de nouvelles attaques , terminées enfin à la longue par une apoplexie mortelle. Aussi ne faut-il pas se borner ici à l'emploi des antispasmodiques. Que la poudre de Guttète ou <le Carignan , l'huile animale de Dippel , l'oxide de zinc , le casforéum, la valériane, le camphre rénssis^ent chez des enfans nerveux, quand les accès sont courts et faibles et lorsque aucun symptôme de congestion sanguine bien prononcée vers la tête n'existe, il n'en serait pas ainsi quand la rougeur de la face, la sueur, la dilatation des pupilles , le coma indiquent un raptus violent vei s l'encéphale, quand les accès durent une ou plusieurs heures, etc. Les sangsues appliquées derrière les oreilles ou aux tempes, sont ici de rigueur, et les lavemens purgatifs, les pédiluves irritans les sinapismes, les vésicatoires ne conviennent qu'autant que le coma persisterait après l'accès et après l'elfet iminédial des évacuations sanguines. De légers antispasmodiques, comme le sirop de pivoine , l'eau de menthe ou de mélisse de tilleul , de laitue, etc., sont des accessoires avantageux alors. Le vésicafoire derrière les oreilles est recommandé à plus juste litre chez les enfans sujets à quelque éruption herpétiforme dans celte région.

E. Trouilles des organes respiratoires —Une toux, sans doute autant spasmodique que catarrhale , fatigue sans relâche quelques enfans pendant les trois à quatre jours qui précèdent l'éruption d'une dent ; elle est sèche, courte , et se répète par secousses isolées ou par saccades de peu de durée et non par quintes; elle est quelquefois assez opiniâtre pour troubler le sommeil; elle résiste souvent aux médicamens dits pectoraux, aux mucilages, aux émulsinns qui pourtant la diminuent aussi quelquefois ; mais elle cesse dès rjue sa cause a disparu. On dit avoir obtenu , en pareil cas , des succès par l'application d'un Uniment opiacé sur les bras, le cou, le thorax [Murât). Dans certains cas

DÉSINFECTION

BlésiNFECTION.

■cette toux , plus déciclément calarrhale , s'est même accompagnée de quelques signes indiquant une disposition au croup, et des sangsues au cou sont devenues nécessaires, mais aussi ont été prompteraent cflicaces. Il n'est pas impossible que le croup ait été lui-niêuie quelquefois décidé par la dentition, mais sans diirérer alors du croup proprement dit. [Foyez ce mot.)

F. Enfin nous avons aussi été témoin du développement léitéré d'une ophtalmie du côlé où se frayait issue une dent nouvelle, surtout s'il s'agissait de la mâchoire supérieure. Cette o|ihtahuie, nous l'avons vue plus intense lors de l'éruption d'une canine, et peut-être est-ce une pareille observation qui a valu à ces dents le nom à'œdlères que ie vulgaire leur donne. Ces canines au reste semblent causer plus d'accidens eu général que toute autre dent lors de leur sortie , probablement parce que, précédée par 1 incisive et la molaire entre lesquelles elle doit se placer , chaque canine éprouve de la part de celles-ci une résistance ilue à leur rapprochement antécédent.

L'ophtalmie dont nous venons de parler ne réclame aucun soin particulier : avec un peu de patience on la voit bientôt disjiaraître quand la couronne de la dent naissante a traversé la gencive.

§ IV. fliénomènes morbides de la deuxième denliiion. — On sait que l'âge auquel commence le renouvellement des premières dents est, jusqu'à un certain point, critique pour les enfans II semble que la grande période de l'accroissement après la naissance puisse se partager en trois parties égales, dont la deuxième dentition termine la première , la puberté la deuxième , et la virilité la troisièuie. Certaines maladies , aussi bien que certains ebangemens normaux dans la coustitulion , dans le moral même, signalent chacune de ces époques ; mais il serait au moins téméraire d'attribuer à la dentition les changemens normaux ou morbides que l'âge de sept ans amène. Aussi ne ferons-nous que mentionner ici et ces fièvres dites, avec quelque raison, fièvres de croissance , et les éruptions , les phlegmasies diverses des meuibranes muqueuses , des glandes Ij- m|)iiali([ues , etc. Si quelquefois des efFets locaux ou sympathiques seuiblables à ceux de la première dentition se développent, ils doivent donner lieu aux mêmes réflexions, établir les mêmes indications ; mais nous avons suffisamment expliqué plus haut (§ II) les raisons de la rareté de ces accideus , et ce n'est guère Cjue pour les grosses molaires qu'ils pourraient se reproduire. (Ant. DecÈs.)

DEPURATIFS , DF.rURATION, de depurare, purifier. Bicliat a dit, avec cette raison supérieure qui le caractérisait, que chaque système de médecine a imprimé son cacheta la thérapeutique, et a pour ainsi dire r/^ué sur elle. C'est à l'époque où l'humorisme reflua , pour nous servir de l'expression de Bichat, sur la théraprulique , que la méuicalion dépnraliue ou la dé|iuratiori fut mise en honneur. Quand le système exclusif du solidisme eut détrôné celui de l'humorisme , tout ce qui avait rapport à l'espèce de médication qui nous occupe , tout , ilis-je , jusqu'à son nom, fut banni du domaine de la thérapeutique. On reconnaît généralement , à l'époque actuelle, celte vérité déj.à émise par Bichat, tpie loui système exclusif dViumorisme on de solulisme est un véritable contre- sens patliotng ijue. Ainsi , le moment de réhabiliter la partie humorale de la thérapeutique est arrivé. Maisjusqu'à ce que nous soyons parvenus, d'une part, à distinguer entre elles les diverses formes dont les altérations des liquides ou des humeurs sont susccjitibles ,ct, d un autre côté, la nature des principes actifs des médicauiens, nous seront réduits à des tàtonnemens entièrement empiriques en ce qui concerne cette partie île la ihéiapeiitique ; et pour revenir aux dépuratifs, qui sont l'objet de cet article, nous le demandons aux praticiens de bonne loi , est-il quelque donnée rigoureuse et rationnelle cjui puisse présider à leur administration ? Quoi de plus vague qu'une semblable expression? A combien de substances essentiellement différentes ne l'a-t-on pas appliquée! d'après cela, comment dire quelque chose de général sur les dépuratifs?

Comme les moyens compris sous cette dénomination n'agissent pour la plupart qu'en augineulaiit certaines sécrétions, on trouvera les considérations qui les concernent aux articles Diapuorétiques , Didrktiqdes, PunoATirs , etc. Faisons seulement reraar(]uer ici que la médication dépuiative s'opère souvent par l'intervention pure et siui|)le de la nature , ce qui n'étonnera par les physiologistes , |)uisqu'ils n'ignorent point cpie , parmi nos diverses sécrétions, il en est quel(|ues-unes , la séciétion urinaire entre autres, qui ne constituent, en quelque .sorte, autre chose qu'une voie naturelle de dépuration. Au reste, nous ne saurions nous étendre davantage sur ce [loint de thérapeutique sans entrer dans une foule de discussions dont les praticiens ne retireraient aucun profit , et sans anticiper sur ce qui sera dit en traitant , dans des articles particuliers , lies diverses substances que les anciens humoristes avaient classées paunii les dépuratifs. (J. Bouillaud.)

DERIVATIF, adj. pris aussi substantivement, de denvare , détourner; moyen propre à détourner la cause morbide qui est fixée sur un organe. Ce mot est pour nous synonyme de reVu/i//", et comme celui-ci est plus généralement employé aujourd'hui, nous y renvoyons tout ce que nous avons à dire d'une manii re général sur les moyens qu'il désigne. (L.-Ch. R.J

DERIVATION, s. f. derivaiio-^ action par laquelle on détourne une cause morbide de l'orgauc qu'elle occupe; synonyme de Révulsion. [Foyez ce mot,)

(L.-Ch. R.)

DESINFECTION [ly 'gienc puhlicjue ) , opération par laquelle on enlève à l'air ou à un corps quelconque, des émanations qui peuvent être nuisibles à l'homme ou aux animaux. Depuis long-temps les chimistes ont cherché des agens propres à o|)èrer la désinfection, et des expériences nombreuses souvent suivies de succès ont démontré que , dans beaucoup de circonstances , ce but pouvait être atteint. Néanmoins il est encore des cas où les ressources de

iliiri |ie I ilfli'e

iiiîfi

l'homme deviennent tout-à-fait impuissantes , ce sont ceux-l'a Tjue nous che cherons à préciser, et nous donnerons à cet article un caractère de spéciali qui se rattache de préférence à la pratique de l'hygiène. Déjà un de nos coll: borateurs a traité en partie ce sujet à l arlicle Chlorure. Nous y renvoyons | lecteur.

L'air peut être spontanément vicié de plusieurs manières , de là ces consll tulions atmosphériques dill'érentes que nous ne sommes pas le plus souventj même d'apprécier et qui donnent naissance à des maladies épidémiques de dj verse nature. Ou peut établir en thèse générale que toutes les fois que ces altl rations ne reconnaissent pas pour cause un foyer d'infection , elles sont ail dessus de toutes les ressources de l'art. Lorsque l'air d'une ville est vicié p j les émanations qui s'échappent d'un foyer d'infection, tout moyen désinfectai! est encore sans efficacité L:i destruction seule du foyer peut arrêter lesprogn de la maladie que l'infection de l'air a fait naitre. Les feux que quelques auteui ont recommandé il'allumer ilans les rues, ne présentent qu'un secours dérisoii à côté de la grande quantité d'air qu'il s'agit de renouveler et de de]>lacer.

liCS moyens désinfectans ne commencent à être utiles que dans les cas où masse d'air est circonscrite à un espace habité, un vaisseau , une église, ni hôpital, une maison, etc., etc. Là alors on peut agir avec avantage ; or et altérations de l'air dans ces cas se rapportent presque toutes à des émanation provenant d'animaux vivans , d'animaux morts et en putréfaction , de produit d'animaux qui se putréfient. Dans ces trois cas , il paraît très-probable, d'aprè les expériences de Guntz sur la putréfaction , que la matière odorante est du à une substance animale, entraînée soit par la vapeur d'eau qui s échappe cil la peau des animaux, soit par les gazs humides qui se dégagent de la nia tière animale piKrétii'e. Guutz ayant exposé à une température de 26o u petit appareil consistant dans une cloche placée au dessus de portions de cad.i vre en putréfaction de manière à ce qu'elles eussent accès à l'air, eut l'idée cl refroidir subitement la cloche après un certain laps de temps. Il vit alors de 1 vapeur qui se rassemblait sous forme de gouttelettes sur les parois de l'appa reil. Ces gouttelettes répandaient l'odeur la plus forte de miasmes.

Toutes substances capables d'agir sur des matières animales très-divisées e d'en altérer la structure deviendront un moyen désinfectant, et il ne s'agir plus que de rechercher quel est celui qui agit le plus efficacement et quel esi son meilleur mode d'emploi.

Si de l'infection de l'air, on se reporte à celle des corps solides , vètemens ustensiles de diverse nature, murs des bàtimens , des étables et autres lieux on retrouve encore une seule et même cause susceptible de la produire : le' miasmes ou matières animales très divisées. L'agent désinfectant devra doni! toujours êlre le même. Seulement c'est sous une autre forme cju'il faudii l'employer.

Nous n'avons pas dii comprendre dans les causes d'infection le dégagemen de gazs essentiellement déic tères ; il en sera traité au mot Gazs délétères. Le effets qu'ils produisent sont alors de véritables empoisonnemens.

Les moyens désinfectans proposés juscju'alors sont pour l'air, 1" une foui de substances aromatiques que l'on y répand en les faisant volatiliser par I chaleur. Tels sont la résine de benjoin, le vinaigre, l'anis, 1 huile empyreumatique provenant de la décomposition du sucre, la poudre à canon, le camphre, des huiles essentielles, etc., toutes ces matières ne désinfectent pas, elles ajoutent à l'odeur de l'air une odeur nouvelle plus forte, moins désagréable, iwa; qui masque celle qui y est suspendue; 1° les acides nitrique et hydrocliloriqiie.i bIIi Ces substances agissent avec beaucoup d'efficacité. Toutes deux ont la pro-i flics priété de modifier chimiquement les matières animales et par conséquent dei -silile détruire la cause de l'infection. On les a employées avec le plus grand succès! lies t en Angleterre et en France pour purifier de vastes bàtimens, tels que les égli-| ttiJi ses; mais on ne peut en faire usage qu'autant que le lieu n'est pas habité ct| iJcIii qu'il ne contient pas de vètemens colorés ou divers ustensiles susceptibles d'ctre| «iH attaqués par ces substances énergiques; 3° le chlore ( acide muriatiqiie oxy-^ Iiiilts géné). D'abord proposé par Fourcroy en 1792 , son usage en fut étendu pari Ijiilr, Guy ton-Morvcau , qui par des expériences comparatives , démontra sa supé- lui riolé sur les moyens précédens. Il attaque en efl'et toutes les matières animales, iiid leur enlève l'hydrogène et les décompose. Les nombreux succès obtenus par iaiti cet agent ne permettent plus de mettre en doute sa supériorité sur tous les t iiljil moyens que l'on a employés juscju'alors ; 4" les chlorures de chaux , de soude il ijiil et de potasse, préconisés depuis quelques années par M. Labarraque; ils olTrent t im sur le chlore l'avantage de moins incommoder les personnes qui les eraployeut j nft; et de pouvoir désinfecter les lieux mêmes où résident habituellement des naa- | nim lades. Voyez Chlouures , Chimie méiiicale et Thérapeutique.) \ imlji

A ces agens directs il faut ajouter un moyen souvent plus puissant encore, | »es c'est celui qu'a pour résultat le renouvellement de l'air. Toutes les persoiiues | |!,e| qui s'occupent d'hygiène publique y ont même recours de préférence dans | toutes les circonstances où ils peuvent l'employer , ou au moins ils l'associent i aux moyens désinfectans. Ces données générales nous suflisent pour entrer dans ' ij les détails sur la manière d'opérer la désinfection et sur les précautions à pren- l dre dans certaines circonstances qui se représentent journellement et dont on | ■ [ n'a pas tenu assez de compte. Nous mettrons à profit les ouvrages et mémoires , récens qui ont été publiés sur la désinfection des égouls , de manière à pouvoir i ^ en opérer le curage , des fosses d'aisance , des ateliers où l'oii travaille des matières animales, des hôpitaux, et des maisons où a régné la petite vérole, des étables et écuries, des baquets à urine, des plombs où s'écoulent les caus de ménage , et aussi sur les précautions à prendre dans les exhumations faites soit en plein air, soit dans des caveaux d églises, etc. Nous mettrons à contribution ^ les travaux de MM. Darcet, Parent du Chàtelet, Chevalier et Labarraque, qui

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lit donné îles principes uliles à l'égard de la conduite à tenir dans ces )ératioiis difficiles où l'on peut compromeltre la s:inte de beaucoup d'individus. Jssninisseinent eL d-.rsinfeclion des égouts pendant leur curage. — Avant de •océder au curage d'un é},'out et à sa désinfection, il faut d'abord se procurer

plan détaillé de tous «es eaibraiicheiiiens ; établir des trous à sa voûle , s'il jjte entre deux regards une distance de cent cinquante à deux cents mètres, a s'assurera ensuite , à l'aide de Uimirres que l'on y fera pénétrer , du degré altération de l'air; ce que l'on déterminera d'après la manière dont la combus- 311 de la lampe aura lieu. Cette expérience est une des |)liis concluantes ; elle •cuve, quanil lu couibustiou s'eniretient , qu'il reste encoie assez d'oixgène ins l'air de l'égout, pour que la respiration continue à s'y etTectuer; mais elle ! démontre pas cependant l'absence de gazs capables de donner la mort, ême quand ils ne sont dans l'.iir que dans des proportions très-laibles; l acyde •Jrosulfiir que , par exeuiple : aussi est il nécessaire de prendre tl'autres prculions. On a conseillé tle faire pénétrer les ouvriers, après avoir enveloppé j.irtétede coiffes préservatrices, ou de masques, ou d'épongés, placés devant jS ouvertures du nez et de la bouche , de manière à absorber les gas ilélélères iaiit que l'air ne pénètre dans les organes de la respiration ; ces moyens ne luvent être bons que dans les cas où on s'est d'aborti assuré que l'air contient icz d oxigène [lour entretenir la vie; il est toiit-à-fait inutile lorsqu'il y a délit d'oxigène ; nous en dirons autant de l'emploi des chlorures , des funiigains de chlore qui ne peuvent rien pour cette circonstance : aussi peut-on jiblir en règle générale que la ventilation est de toutes les précautions à endie la nuilleure. On peut l'établir à l'aide du feu , et alors on place, auissus du regard le plus rapproché de celui par où s'opère le curage , une eminée de 1 mètre de largeur sur 5 mètres de hauteur; on la scelle herméti-

ement avec du mortier par la partie qui touche à l'ouverture du regard , et , y introduit un large fournei'u rem[(li de charbons ardens , sur lesquels on ^ite continuellement du bois fendu et bien sec , ou descend le foyer de raa- ^re à ce qu'il atteigne la voûte tle l'égout, mais jamais plus bas ; et afin que . [tirage s'elFcctue du regard où l'on va faire le cui age à celui où est placée la •ïeminée, on met un large morceau de toile à l'orilice du prolongement de igout, en le clouant sur la voûte et sur les côtés. Cette dernière opération '(vant même précéder le placement du foyer de tirage , il est nécessaire de Ire pénétrer un ouvrier pour l'cfTectuer; c'est alors qu'on ne saurait prendre \\p de précautions à son égard , et qu'il faudrait avoir eu le soin de s'assurer ][• des lampes si l'air est respii able , y avoir descendu un fourneau à plusieurs iprises, afin de le renouveler; peut-être fera-t-on même avec quelque avan- Ire des aspersions de chlorure, dans la supposition qu'il existerait dans l'air ( l'hydrogène sulfuré; mais mieux vaut encore le munir d'un masque à tuyau ijpirateur, et lui placer une corde autour du corps , de manici-e à le retirer sfmoidre indice qu'd pourrait donner des incommodités qu'il éprouve.

Le feu doit être allumé pendant tieux heures avant que les ouvriers commen- (it le curage, et entretenu pendant le temps qu'il tlure. On s'assure que le tage a bien lieu en mettant une lampe à l'origine de l'égout , où le curage «jtêtre opéré; la fl imme se dirige vers je prolongement de l'égout lorsque le tjige s'exerce bien. Quand l'espace qui sépare le regard d'extraction du fier ventilateur est complètement cuié, on établit le fourneau aspirateur à cît mètres plus loin, et l'on forme à l'aide d'un barrage la partie nettoyée. (| barrage peut être fait avec des bottes de foin saupoudré de chlorure de aux. Il est bon de jeter tout le long de l'égout nettoyé une grande quantité dj celte substance, parce que souvent il arrive que les pierres qui constituent l'j'ond de l'égout, étant poreuses, ont été imprégnées de matières putrides, et ^Ijelles exhalent pendant deux ou trois jours beaucoup d'hydrogène sulfuré ojd'hydro-sulfate d'ammoniaque , qui pourrait rendre l'air de cet espace ps délétère qu'il ne Tétait avant le curage, et incommoder les ouvriers qui ïfiient forcés d'y descench-e de nouveau.

foutes ces précautions s'appliquent au curage proprement dit; mais il en C d'autres qui concernent plus spécialement les ouvriers cjui l'opèrent.

1 faut les choisir robustes; établir à leur égard une certaine discipline , ne Il faire travailler que pendant un certain laps de temps; ne jamais permettre qils entrent dans l'égout lorsqu'ils sont ivres ou voisins de l'ivresse ; les vêtir d|[ibits de travail qu'ils quittent dans les momens de repos; leur donner, dis ou trois fois par jour, une ration d'eau-de-vic , et pendant la chaleur de l'Ié un mélange d'eau et d'eau de-vie dans la proportion d'un litre sur trente li^les d'eau. On débiliterait les ouvriers si pendant l'été on leur faisait boire de l u vinaigrée comme corps antiputride ; celte liqueur augmente la transpiratiji cutanée, et par conséquent l'absorption, ainsi que l'ont prouvé les exp'iences de M. Edwards ; elle énerve et affaiblit les individus qui en font U'ge , et comme elle rend acide la transpiration pulmonaire et cutanée, on 5|pose à décomposer à la surface de la pf-au l'hydrosulfate d'ammoniaque qui «dégage des matières en putréfaction, et à mettre à nu l'acide hy drosulfuriqj; dont l'absorption peut devenir plus funeste que celle de l'hydrosulfate dinmoniaque. A chaque entrée ou sortie de l'égout, l'ouvrier doit être placé aljibri de la chaleur excessive, du froid rigoureux ou île l'humidité. Il faut lui fiie laver ses mains et son visage avec de l'eau chlorurée, composée d'un kilograme de chlorure de chaux et de trente-neuf litres d'eau. 11 est même n,;essaire de mettre l'ouvrier qui travaille dans l'égout en contact continuel a|c le chlorure. Plusieurs essais faits par les chimistes dont nous avons parlé, C iuxquels nous empruntons ces détails, ont démontré que la seule manière d teindre ce but consiste à suspendre au col des ouvriers un flacon à large 0 erture contenant du chlorure de chaux sec , de manière que, placé au ttieu de la hauteur de la poitrine, il puisse éprouver les effets salutaires du

dégagement du chlore sans en être incommode'. Tout autre vase soit fait en cuir , soit en toile ou en osier , est bientôt corrodé et détruit par le chlore ; si ce n'est la matière même qui forme le sac , c'est le fil qui en constitue les coutures. Les aspersions de ciilorure sur les voûtes des égouts ont plusieurs iiiconvéniens. Leur action n'est qu'instantanée; elles incommodent souvent l'ouvrier qui les fait, en jaillissant quelquefois dans sa bouche , son nez et ses yeux. Elles dégouttent ensuite sur les vêteniens des ouvriers qui travaillent, et corrodent leurs liabils. Enfin on retire souvent de très-grands avantages de l'emploi des fumigations de ciilore , en ayant le soin de les faire dans les lieux, où l'ouvrier va travailler, surtout quand il existe une grande distance entre 'es foyers d'appel propres à établir un courant d'air. Ces fumigations quelquefois diminuent l'activité de la combustion des foyers et principalenunf de ceux que l'on entretient avec le coke. Quand elles sont faites en grantic abondance , elles incommodent les travailleurs ; mais elles sont toujours nécessaires dans les points où l'on n'a pas établi de courant d'air.

Enfin nous ne terminerons pas ce qui a rapport aux ouvriers sans parler des accidens et des maladies qui peuvent les affecter pendant ces sortes il'opérations. L'agitation de la matière en putréfaction quand un courant d'air n'est pas suffisamment établi , leur occasione de la faiblesse, iin état d'anéantissement, de mal-aise général ; ils sont menacés de syncope, et bientôt même ils tombent s'ils persistent à respirer le gaz infect qui s'en dégage. Plusieurs ou- ■ vriers furent fortement affectés de cette manière pendant le curage de l'égout Ainelot, à Paris; l'un d'eux fut même pris de convulsions violentes au moment où la respiration commença à se rétablir. A ces convulsions succéda un délire furieux qui persista pendant plusieurs heures. Des voniissemens suscités par l'administralion d un grain d'émétique le firent disparaître , et une évacuation sanguine hâta singulièrement la convalescence du malade. La mitte parait commune aux égoul tiers comme aux vidangeurs; mais elle acquiert chez les premiers peu d'intensité, et leur permet de continuer leurs travaux. Elle n'an'cctc jamais que les paupières, le globe oculaire conserve toute son intégrité. Dans les cas où elle ilevient un peu intense, on la guérit facilement par la cessation du travail et l'emploi de collyres légèrement astringens ; les éniolliens ne réussissent pas dans ces sortes de cas. Enfin, quelques ouvriers sont sujets à éprouver de la fatigue , des courbatures, de la cé[dialalgie , du mal-aise , des envies de vomir , en un mot, la plupart des symptômes qui caractérisent l'embarras gastrique.

Désinjection des hôpilnux. — La désinfection des hôpitaux peut s'effectaerde deux manières : ou l'hôpital a été évacué, et l'on n'a pas à craindre que les substances volatilisées incommodent ])ar leur action irritante ; ou, au contraire, il est encombré de malades, et il s'agit de détruire la mauvaise odeur et les miasmes qu'ils dégagent continuellement. Dans le premier cas , on peut avoir recours aux fumigations d'acide nitrique, hydro-chloriqiie. iiitreiix ou de chlore. Celles d'acide nitrique s'opèrent par la décomposition du nitrate de potasse par l'acide sulfurique On dégage l'acide h3'dro-clilorique en versant à - froid de l'acide sulfurique sui du sel marin (chlorure de sodium) ,])uis en élevant légèrement la tempérai ure pour faciliter et entretenir le dégagement de l'acide. Si l'on veut obtenir de l'acide nitrenx , il suffit de brûler du nitrate de potasse sur des charbons ardens. Ce genre de fumigations, attribué dernièrement à un Anglais, parait remontera une époque beaucoup plus éloignée; car on lit dans le Diclionnairehistoriijuc dt- la mèilecine, publié par Dczemeiis , ari\e\i: de Boissière , que l'Acadi mie de Dijon décerna un accessit à ce médecin , en 1767 ,pour avoir présenté un mémoire sur la désinfection des hôpitaux , dans lequel il conseille l'emploi du nitrate de potasse comme un des agcns les plus efficaces. Aujourd'hui le chlore parait devoir être préféré à tous ces moyens désinfectans. Voici comment on s'en sert : on place dans diverses terrines un mélange intime de une partie de peroxide de manganèse et de quatre parties de sel en poids ; on verse de temps en temps sur celte jioudre deux parties d'acide sulfurique , étendu de son poids d'eau , et l'on agite la masse. On met les terrines sur de la cendre chaude , et on les promène de temps en temps dans divers points de chaque salle. On entretient ces fumigations pendant plusieurs heures , et l'on ferme toutes les issues. Douze heures après, on établit des courans d'air, et en vingt-quatre ou trente-six heures on parvient ainsi à rendre habitable un lieu qui était infect auparavant. Cependant ces mesures ne sont bonnes qu'autant qu'il s'agit de désinfecter l'air : mais si les ijois de lit avaient été pendant long-temps exposés aux miasmes putrides, il est douteux que ces moyens pussent suffire. Il faudrait alors les faire précéder par des lavages réitérés à l'eau chlorurée , préparée comme il suit: on verse , sur une livre de chlorure de chaux sec, douze litres d'eau, on agite et on laisse se former un dépôt. On décante la liqueur , et on verse sur le dépôt huit nouveaux litres d'eau ; elle enlève le chlorure qui n'avait pas été dissous. On réunit ces eaux de dissolution aux premières , et l'on a un liquide propre à o]iérer la désinfection. Ce que nous disons des bois de lit, nous l'apjiliquons aux autres meubles en bois , principalement aux chaises percées. Souvent même on est obligé de pratiquer la même opération à l'égard des murs, des planchers et des plafonds. Pour ce qui est du linge, des robes des malades, des couvertures, etc., nous renvoyons à la désinfection des vêtemens. Toutes ces opérations se font avec une grande rapidité , et l'on rend ainsi , en peu de temps , tout-à-fait salubre un hôpital dans lequel il était dangereux de séjourner. Il est im|)ortant de recommander d'employer assez de monde pour agir sur presque toutes les salles à la fois , et de la partie inférieure des bàtimens à leur partie supérieure.

Ces moyens ne peuvent plus être employés quand il s'agit d'opérer la désinfection de salles encombrées de malades. On a , en effet , reproché à juste titre,

DÉSINFECTION

DESQUAMMATION.

aux fumigations de Gujton-Morveau , de provoquer de la toux , d'exciter l'appareil respiratoire , et de produire quelquefois des effets fâcheux dans les plilegmasies de la poitrine , la ventilation n'est pas sans inconvénieus , elle est d ailleurs presque impraticable ])eiidant les temps froids et humides. L'attention du médecin doit d'uhord se porter sur les moyens de propreté qui entourent le malade. Il faut ensuite qu'il fasse enlever des lits les rideaux en laine qui les entourent ordinairement, et qu'il les remplace par des rideaux en toile; cpi'il espace convenablement les lits s'il y a possibilité, et enfin qu'il agisse avec le désinfectant par excellence, le chlore. Mais ici, ce n'est plus en opérant son dégagement du sel marin, mais bien du chlorure de chaux. A cet eil'et, on place à des distances peu éloignées des vases contenant une dissolution concentrée de chlorure , et on les abandonne à l'air. On suspend même dans les parties les plus spacieuses de la salle des linges trempés dans ce liquide , on fait dans les salles des arrosemens avec du chlorure de chaux étendu de beaucoup d'eau (un litre de dissolution concentrée, mêlé à douze litres d'eau) ; et, en multipliant ces moyens , en observant la somme de chlore qu'ils produisent par l'odeur de l'air ambiant , on arrive , plus lentement , il est vrai , à une désinfection complète, mais on l'opère. Ces moyens devront être entretenus tout le temps qu'il y aura encombremens de malades ou maladie grave régnante. 11 faudra surtout agir avec énergie dans les latrines , laver au chlorure tous les vases des chaises percées, tous ceux qui servent aux pansemens; et c'est en employant une grande persévérance et une grantle ténacité dans l'exécution de ces précautions, que l on préservera de l'épidémie un grand nombre de malades, et que l'on diminuera considérablement et leur mortalité et celle des personnes qui leur donnent des soins.

Le dégagement du chlore humide qui s'opère graduellement n'a pas les inconvénieus du chlore des fumigations. 11 agit avec efficacité sur les phlhi.siques, sur toutes les plaies , et favorise ordinairement leur cicatéi isalion. Il ne provoque plus la toux , il facilite au contraire la guérison des catarrlies chroniques ; il excite l'appélit chez les personnes en bonne santé.

Le mode d'emploi tie chlorure de chaux que nous avons signalé pour les hôpitaux vides peut aussi s'appii(juer aux latrines, baquets à urine , fosses d'aisance , etc. On a plusieurs ordres de précautions à prendre dans la vidange des fosses d'aisances. Elles concernent les ouvriers et les personnes qui habitent la maison où elle est située , et comme souvent les appailemeus contiennent des objets en argenterie , en bronze, de beaucoup de valeur , ou bien des peintures à l'huile, elles doivent tendre aussi à préserver ces objets de l'action délétère des gazs qui peuvent s'en échapper. Avant de permettre l'ouverture d'une fosse, il est convenable de s'assurer quel est le degré de l altération de l'air qu'elle renferme et quel est le genre d'altération. L'odeur que dégagent les conduits peut établir de très-bonnes données à ce sujet. Il est facile de distinguer la présence de l'acide hydro-stdfurique ou de l'hydro-sulfate d'ammoniaque, gazs qui nécessitent l'emploi du même moyen. Mais il n'eu est pas de même à l'égard do l'azote ou de l'acide carbonique, gazs inodores ; aussi est-il convenable, quelle que soit même l'altération de l'air, de descendre , dans le tuyau qui part directement de la fosse , une lampe, a(in de savoir si la combustion s'y entretient. Si la lampe s y éteignait, il serait nécessaire d'y introduire successivement plusieurs foyers de charbon qu'on laisserait séjourner au voisinage de la fosse, jusqu'à ce que la combustion s'y opérât facilement. Il serait bon de soulever un peu la pierre de la fosse , pour établir un courant d'air plus prompt. Ces premières précautions prises , on ouvre largement la fosse, on y jette une solution contenant deux kilogrammes de chlorure de chaux, et l'on fait agiter la masse avec un ringard. On répète cette opération à plusieurs reprises, et on recommande à l'ouvrir de pénétrer de plus en plus avant dans la malière, de manière à agiter graduellement toute la masse. Le lendemain , on peut, sans aucun inconvénient , faire travailler les ouvriers. Mais une fois le curage opéré, il arrive souvent que les pierres qui ferment la fosse , étant poreuses , exhalent une énorme quaiitiié de gazs délélères, et que les o^açons qui descendent pour la réparer en é|)rouvent les accidens les plus funestes. On évite ces inconvéniens, en jetant dans la fosse vidée du chlorure de chaux , et en l'y laissant séjourner pendant vingt-quatre à quarante huit heures.

Les précautions à prendre pour abriter de l'action de l'hydrogène sulfuré les objets de luxe qui existent dans la maison , consistent principalement à intercepter toute communication entre les appartcmens et l'escalier où se trouve la fosse. A cet effet, on place , sous la partie inférieure de chaque porte des linges imbibés d'une dissolution de chlorure ; ou tend même devant la porte des draps humectés de cette matière , et quelquefois on on suspend dans les pièces où existent les objets que l'on veut préserver. Cependant , il ne faut les employer qu'avec une certaine mesure, attendu que le chlore, dégagé en grande quantité, pourrait attaquer les métaux.

Les exhumations ne peuvent offrir d'inconvéniens réels, que lorsqu'elles sont faites dans des quartiers et au voisinage de maisons habitées. Une opération de ce genre a été exécutée récemment par MM. Labarraque et Parent du Chàteiet, dans l'église St.-Eustache ; la relation exacte de cette opération , ayant été donnée dans le ninnéro des Annales d"hj-s;iène et de mc'lecmi- légrde pourle mon d'oclohre 1930, nous en extrairons les principaux détails. Quarante trois cadavres furent déposés dans les caveaux de l'église, après les journées des 27, 28 et 29 juillet; et quelques jours après une odeur infecte se manifesta dans cet édifice. Uu seul cadavre avait été enfermé dans un cercueil ; on avait conservé aux uns leurs vètemcns , et on en avait dépouillé les autres. Tous seulement avaient été couverts d'un peu de terre. Le Ifi août on procéda à l'opération. Les fenêtres de l'église furent largement ouvertes. On enleva des dalles dans deux points opposés des caveaux, afin d'établir un courant d'air. Eoux baquets conte-

nant une dissolution de chlorure do chaux furent placés auprès de chaque o verture,etun cinquième à la porte de l'église. La capacité de chacun d'ci était telle qu'ils pouvaient contenir cent cinquante litres d'eau. Douze kil. grammes de chlorure sec ont suffi pour fournir la dissolution. Un ouvrier fi chargé d'enlever la terre à coup de pioche pour pénétrer dans les caveaux; ; fur et à mesure qu'il se livrait à ce travail, on arrosait les parties découvert avec le chlorure. On pénétra dans les cave.iux sans autres précautions, pan que l'odeur ne paraissait pas très-fétide; mais avant d'opérer le déplaceme des corps, qui étaient extrêmement tuméfiés par des gazs, et tout-à fait vert on fit , avec une |)ompe en arrosoir , des aspei sions sur tous les murs et sur 1 cadavres eux-mêmes. On se procura autant de serpillières qu'il y avait de cor On plongea chaque serpillière dans l'eau chlorurée, et après 1 avoir tordue, la descendit dans le caveau. Là, des ouvriers l'élendaient à terre, faisaie rouler sur elle le cadavre et l'enveloppaient. Des ligatures étaient placées à tête, aux pieds et au milieu du corps , et le cadavre monté par une corde pri cipale dans l'église. De nouvelles aspersions y élaient faites , puis on le metl sur une voiture pour le conduire au cimetière. Chaque ouvrier qui était dai le caveau trem|iait fréquemment ses mains et ses bras dans l'eau chlorurée; son corps était attachée une corde tenue par un autre ouvrier placé da l'église, afin de pouvoir être facilement enlevé du caveau , dans le cas ou aurait éprouvé quelque incommodité. Cette opération dura tr ois heures. L' glise n'en fut nullement infectée, malgré la décomposition putride très-avance des cadavres. Cette narration présente tous les détails propres à faire entn! prendre une opération de cette nature quand il s'agit d'évacuer une fosse con mune , ou de faire une exhumation partielle; elle nous dispense de toi préceptes. 1

La désinfection des baquets à urine, et même des plombs, est toujours basi sur les même moyens; seulement il est des altérations de l'urine qui entraîne! le développement d'une odeur rjui ne cède pas à l'usage des chlorures : tel! et celle observée par M. Darcet chez les buveurs d'eau de Vichy. Cette eai qui a pour base le bi-carbonate de soude , rend l'urine très-alcaline , et lui fa. dégager une énorme quantité d'ammoniaque pendant son exposition à l'air. 0 peut alors euiployer les acides pour la détruire, mais il n'est pas sans inconvt nient de mettre des acides concentrés à la disposition de tout le mond M. Darcet s'est servi avec beaucoup d'avantage de l'alun , qui agit en vertu l'acide qu'il renferme ; l'ammoniaque et la soude de l'urine pouvant opérer la décomposition, deux à trois gros, placés au fond du vase de nui suffisent pour détruire toute espèce d'odeur.

Enfin, on détruit facilement, à l'aide d'un faible dégagement de chlore qij provient du chlorure de chaux exposé à l'air , certaines odeurs c[ue les habi et vêtemeiis de laine absorbent, soit dans les hôpitaux, soit dans les tabagie On met, ainsi que le conseille M. Chevalier, au fond d'une armoire à porti manteaux , deux assiettes contenant environ c}eux onces de chlorure sec ; on suspend les vêtemens et on ferme l'armoire ; en six heures l'odeur de la fum( de tabac est détruite. L'odeur de marée a été enlevée en huit heures , qiii qu'elle fût infecte. S'il s'agissait de vêlemens de pestiférés, ou de linges poiti par des individus atteints de maladies contagieuses , il serait nécessaire de l( passer à plusieurs reprises à l'eau chlorurée. Voyez , à ce sujet , les premièn expériences tentées par M. Darcet fils en Égypte , art. Chi-obcre.

( Alph. Dkvergie. \ ]

BESQITAMMATION, desquamado, Ae squama , écaille. Toutes les foi que la peau a subi un gonflement plus on moins considérable , soit partiel, so.l général, ré|iiderme, corps inorganique et sans élasticité , après avoir été sou| levé ne peut plus se réappliquer ; alors il se détache et tombe sous forim d'écaillés, dont la forme et la diuiensinn sont en raison de la nature des partiel qui les fournissent. C'est ce qui constitue la desqiiammation , phénomène pei' important en lui-même, bien qu'on ait voulu en déduire des divisions nos'olol giques, et même des inductions thérapeutiques. Les parties recouvertes parlj peau sont les seules où la desquammalion puisse avoir lieu. Elle s'observe erj core, mais d'une manière plus fugitive, et qui l'avait fait révoquer en dout' dans celles qui sont recouvertes seulement par les membranes muqueuses^ lorsque leur épithélium a été soulevé. ]

Par extension , le nom de desquammation a été donné à la chute des croûte qui succèdent à diverses affections pustuleuses aiguës ou chroniques. Mais là :j y a un double phénomène ; d'abord la desquammation proprement dite, quj s'opère au pourtour des pustules . puis la chute de la croûte formée par la des; siccalion des liquides qu'elles conlenaient.

Sous le rapport pratique, la desquammation est un f lit que l'observateu ' remarque, mais sans qu'il en tire de véritables lumières. Elle ne lui signale pa' le déclin de l'affection , puisqu'elle n'arrive que quand l'inflammation a dist paru plus ou moins définitivement, et que, le gonflement de la pcauayan' cessé, les lamelles épidermiques ne se trouvent plus dans un rapport conve nable avec les places qu'elles couvraient précédemment.

Provoquer la desquammalion avant que la nature la suscite spontanément est une pratique peu convenable; car, en exposant prématurément à l'impres sion de 1 air extérieur la peau encore enflammée, et qui commence à redeveni le siège d'une perspiration salutaire, on s'expose à susciter des accidens divers i surtout vers la poitrine et les voies gastro-intestinales.

Lors donc que la desquammalion se borne à une partie peu étendue, elle es I tout-à fait indifférente, et ne demande aucun soin particulier. Quand au coni traire l'épiderme se détache d'une partie considérable , ou de la totalité de I surface cutanée, comme dans les fièvres éruptives, quelques bains peuven ^ être salutaires en favorisant le rétablissement de la transpiration cutanée J mai

DETRONCATION.

DETRONCATION.

qlii importe suilout à cette période, c'est de garantir les malades de l'im- •ession du froid. {Foj~ez Épideume , Maladie de la Peau.)

( F. Ratier. )

DESSICCATIFS, dessiccantia, médicamens propres à dessécher. Ceux qui s premiers ont vu la surface d'une plaie baignée d'un flux siirabondunt de ppiu-ation , ont dû chercher à taiir cette humeur incommode, qu'ils voyaient ailleurs mettre des entraves à la marche naturelle et régulière de la cicatrition ; de là est venue l idce des dessiccatifs. Mais les anciens, trop peu soileux de remonter aux causes, et considérant le fait isolé d'une excrétion exujirante, s'efforçaient de remédier au mal, tanlôt en absorbant les liquides au 3ycn de substances pulvérulentes (vojcz Absorbams) , tantôt en a|)pliquant \s aslringens propres à resserrer les vaisseaux dont le i eldchcment laissait iouler trop facilement ce qu'ils contenaient. Plus tai d, on a reconnu que celte î'persécrétion était un phénomène ordinairement lié à une excitation trop vive ppl .ies, que des pansemcns réguliers et méthodiques étaient le plus sur loyen de le combattre ; et que les mé<licamens excitans ou autres ne réussisient pas sans eux , tandis qu'à eux seuls ils ramenaient presque constamment s choses à l'état normal. Cette manière d'envisager les faits a relégué, pro- Iblcraenl à jamais, la théorie des tlessiccatifs au nombre des erreurs delà pderine. ( F. Ratier. )

•[DETERSIFS, detcvgentia , expi-ession ancienne et presque abandonnée, jjeles médecins avaient créée pour représenter un fait qui s'était souvent offert jfeurs regards, comme nous le voyons encore passer sous nos yeux , bien que us en donnions une autre explication. Dans les plaies en suppuration, sount on voit la solution de continuité avoir un aspect sale et désagréable ; se uvrir de fongosités , d'exsudations couenueiises ; être baignée tl'un ichor saeux et fétide. Cet état fâcheux , qui retarde la cicatrisation, se manifeste ius 1 influence de circonstances diverses, et qu'on n'est pas toujours à même j^pprécier ; cependant on sait , en général , que des applications excitantes et s cautérisations superficielles en sont le remciie le [ilus oi-ilinaire ; souvent jssi, on doit le dire, les soins de propreté , la charpie sèche contribuent plus

i'-cacenicnt que toute autre chose à remettre les parlies affectées dans un état isfaisant, à les netloyer, à les déterger suivant l'idée des anciens. Ils emyaient rarement les moyens simples pour arriver à ce résultat ; les onguens, emplâtres dont les formules sont arrivées jusqu'à nous, étaient leurs ressourles plus usitées en pareils cas. D'ailleurs , non conlens d'attendre que Vétat dide se fût manifesté, el peu accoutimiés à se coiifier aux secours delà nature, 1 plaçaient les détersifs dans le traiteuient de toutes les plaies, comme ils y saient entrer les siippuralifs, les incarnatifs , et tout l'appareil des moyens as lesquels il semblait qu'une plaie ne piit arriver à la guérison. Ce n'était js seulement sous la forme d'onguens et d'emplâtres que les détersifs figuraient ns les formulaires et dans les oflicines , il y avait aussi des collyres, des inbtions , des lotions , des cataplasmes du même genre.

L'emploi de ces moyens eit maintenant réduit à dps limites raisonnables : xpéricnce ayant démontré leur inutilité dans le plus grand nombre des cas l'on avait coutume de les mettre en œuvre , et leurs mauvais effets dans d'aui?s circonstances. Les plaies cependant ne guérissent pas d'une manière plus lagueou moins solide qu'autrefois.

Le nombre des médicamens appelés détersifs était très-considérable , il y en ait d'internes et d'externes : et chacun vantait le sien comme le plus eflicace l 'on pût trouver. Il est à peine nécessaire de dire que les aggrégations et les [inbinaisons ne manquaient pas. En définitive , on y trouve tantôt des substans végétales renfermant du tannin, des huiles volatiles, des résines, des bau- ;s, etc., ou bien des oxides et des sels métalliques plus ou moins caustiques. jLorsque les plaies nous présentent cet étal qui chez les anciens motivait l ap- Ication des détersifs, nous avons égard à cette indication aussi bien qu'eux; lis nous la remplissons d'une manière plus simple et plus éclairée. Nous emjyons les mêmes agens, mais sans leur attribuer de vertu particulière. Aussi, -.j|is accorder de préférence absolue à tel ou tel d'entr'eux, savons-nous tirer |rti , par une application méthodique et raisonnée , de ceux qui se trouvent à jître disposition {f^oy. Plaies, Ulcères.) (F. Ratier.)

pÉTROWCATION. On entend par cette cxpressiorf l'arrachement du corps i m enfant, la tèle restant contenue dans les organes de la mère; c'est le conlire de la décollation ou arrachement de la tête , dont il sera parlé à l'article

ySTOCIE.

Ee nombreux exemples de détroncation sont cités par les observateurs , et ique toujours ils ont eu lieu entre les mains de personnes ignorantes, qui, lant suppléer au savoir et à l'habileté par la force , ont opéré des tractions olentes sur le corps d'un fœtus présenté par l'extrémité pelvienne et qu'on ait parvenu à exli aire jusqu'à la tète après avoir fait la version. Nul doute Bone que ces tractions inconsidérées n'ai'.'nt souvent dérangé la tète du fœtus , l'aient mise dans des relations défavorables avec le bassin , n'aient, par exeme, relevé le menton et mis le diamètre fronto-mentonnier, l'occipito menton- |er même en rapport avec le détroit supérieur, n'aient dirigé ces mêmes dial^tres d'avant en arrière , de manière à leur faire mesurer le sacro-pubien, à en mdre le passage impossible (Levret) , tandis que la nature seule eût, en fléiissant la tête sous l'efTort de l'utérus, en lui conservant la position latérale l'elle affecte d'ordinaire , mené toutes choses à une heureuse terminaison. |Des gens doués d une certaine habileté ont quelquefois arraché le tronc après joir opéré la version du fœtus, soit qu'ils n'aient point suivi à la lettre les pré- [ptes de l'art {v'^. Version), qu'ils n'aient pas conformé leurs manœuvres à (direction des axes du bassin , etc., soit que ce passage osseux fut rétréci et fforme, ou quelque autre obstacle s'opposât, delà part de la mère ou de celle

DlCT. DB MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATKJUES.

du fœtus, à une marche facile et régulière {vojez Dtstocie ), soit enfin que celui-ci , mort depuis long temps et ramolli par la putréfaction , n'offrit plus dans ses tissus une résistance sudisanle.

Enfin il s'est trouvé des praticiens assez mal avisés pour retrancher par l'instrument tranchant le corps d'un, fœtus dont la tête restait seule à extraire, s'imaginant être gênés par une continuité qui leur devait fournir au contraire les principaux moyens d extraction. ( SmelUe, t. 3, p. 394. )

Cet accident ne peut guère rester caché , et le diagnostic en est fait avant même que l'accoucheur appelé pour y remédier ait examiné la femme ; si pourtant on manquait d'informations antécédentes, l'état de l'ulérus réduit à un médiocre volume, mais d'une consistance très-ferme, le toucher à l'aide du doigt ou de la main entière , feraient bientôt reconnaître l'état des choses. Des désordres plus ou moins graves com|)liquent d'ailleurs pour l'ordinaire cette fâcheuse ■ circonstance , et ils dépendent souvent plus encore de la violence , de la répétition des manœuvres, que de la longueur du travail. A"part ces complications, dont le nombre, le caractère et l'intensité modifient, ou plutôt qualifient le pronostic, ce ne serait pas un événement bien redoutable pour la mère que la détroncation , si les passages étaient libres , le bassin bien conformé ; aussi celle, par exemple , qui dépend de la putréfaction du fœtus est elle de peu d'importance.

Les seuls efforts naturels ont plusieurs fois suffi 'a l'expulsion de la tète (Peu, p. 31 I), et quelquefois cela s'est fait avec beaucoup de promptidude ( Boër). D'autres fois il a fallu attendre plusieurs jours ( Asdrubali) ; mais dans le plus grand nombre des cas, il serait imprudent d'attendre ainsi une expulsion sonvent impossible, surtout si le bassin est difforme. Nous pouvons donc poser en principe la nécessité d'une extraction ariifieielle , toutes les fois que la femme éprouvera le moindre accident, et que l'expulsion ne paraîtra pas imniincnle. Mais avant de détailler les différentes méthodes qui peuvent conduire à ce but, rappelons en peu de mots les moyens de prévenir un accident qui serait déjà grave quand il n'aurait d'autre effet que de terrifier, de désoler la mère et «le révollei les assistans, comme un accoucheur célèbre en a acquis la triste preuve. On sait qu'un événement de ce genre servit de texte aux calomnies d'un vil pamplilétaire contre le respectable Baudelocque.

Proportionner les efforts 'a la consis lance, à la délicatesse du fœtus, diriger ces efforts selon les axas du bassin , tourner la face du fœtus sur un des côlés du détroit supérieur pour le traverser . puis abaisser la face dans l'excavation et la tourner alors en arrière , enfin exiraire la tète en tirant presque autant au moyen des doigts appuyés sur les côlés du nez que de ceux qui sont appliqués sur les épaules , voilà les précautions générales à l'aide desquelles on évitera, la détroncation.

11 faudra insister sur ces soins lorsque le fœtus offrira beaucoup de mollesse, lorsque déjà des efforts imprudens auront relâché, déchiré même les ligamens du rachis ; les tractions exercées sur le cou ne devront , en pareil cas, servir qu'à diriger la tète ; et ce sera encore un auxiliaire assez puissant aux moyens dont nous allons parler pour qu'on ne doive jamais négliger de le conserver autant que possible.

Les doigts ou la main entière, seule ou aidée de quelques inslrumcns portés jusqu'à la tète ou jusque dans la matrice , pourront servir à diriger convenablement la face, à pousser, à attirer la tète au dehors. Pour bien concevoir les diverses manières dont ils peuvent y parvenir, il faut se faire une juste idée de la différence qui existe entre une lêle isolée et celle qui adhère encore au tronc ou seulement même à une partie de la colonne vertébrale. Dans l'un et l'autre cas, c'est par sa base qu'elle se présente à l'orifice utérin; mais si cette base est encore conlinue au cou. elle ne peut sortir que d'après le mécanisme ordin.iire aux positions du pelvis ou en suivant la direction qu'on lui imprime dans la version régulière ( voy. Accouchement et Version ) ; au contraire , séparée du rachis , la tête pourra sortir, l'occiput le premier , avec autant de facililé que si le menton précède le reste. En conséquence , si surtout la face était tournée en avant, loon pourrait abaisser l'occiput, soit avec la main portée sur la région postérieure de la tête , soit avec le levier, soit encore avec le crochet aigu : celui-là appliqué sur le même point, celui-ci enfoncé dans la fontanelle postérieure ; on pourrait produire le même effet avec un doigt ou un crochet introduit dans le trou occipital. Si la face est en arrière, les doigts, le levier, le crochet aigu ou mousse , portés tanlôt sur elle, tantôt dans la bouche, et enfoncés le plus avant possible, abaisseront cette région, et le pouce, fortement appuyé sous le menton , leur servira de point d'appui pour achever l'extraction. IMais si la mâchoire inférieure a été arrachée, comme on l'a vu plus d'une fois, les doigts enfoncés dans les orbites pourront, mais rarement, suffire au même objet ; ])lus souvent le crochet aigu devra être appliqué sur la racine du nez, sur le front , sur la fontanelle antérieure même, s'il est possible.

Outre les règles générales que nous avons tracées à l'article Crochet pour l'application de cet instrument , il en est de particulières au cas qui nous occupe : 1" la tige de l'instrument doit êire assez fortement courbée du côlé même du crochet, afin d'embrasser plus aisément la convexité de la tête; 1° celle-ci sera, autant que possible, rendu immobile par les mains de ffuelques aides appliquées sur l'hypogastre; 3o une main de l'accoucheur, portée dans les passages aussi avant que faire se pourra , soutiendra aussi la lêle et opposera s "s efforts à celui du crochet qu'elle aura conduit, afin d'empêcher le crâne de rouler sous la pression de l'instrument avant d'être entamé par lui ; 4° celle main continuera à soutenir la tête à mesure que le crochet l'attirera au-deirors , el ne lui laissera épi-ouver d'autre mouvement de bascule ou de rotation que ceux absolument nécessaires à sa libre sortie selon le mécanisme normal.

Les différons filets (Amand) , lacs ou frondes ( Mauriceau , Smellie, Burton,

DIABETE.

Hcrbiniaux) simples ou réunis à une tige de baleine, au levier etc., sont ou trop difficiles a appli((iior , ou n'offrent pas une prise assez (ixe , ou bien ne permettent pas de diriger convenablement la tète pour accommoder ses diamètres à ceux du bassin.

Ce dernier inconvénient serait aussi reprocliable au lire lèle à trois branches de Levret, si d'ailleurs le lorceps ne pouvait le remplacer avec avantage. Ce dernier instrument suffira dans la majeure partie des cas où la tète sera déjà dans l'excavation pelvienne; mais l'ajiplication régulière en serait souvent difficile , impossible même si la tète était au détroit supérieur , surtout pour peu c]ue le bassin lut difforme; et c'est pour cela que nous n'avons parlé de son emploi rpi'aprcs celui de la main et du crochet aigu.

Les autres tire-têtes cjui entament les parois du crâne forment une classe à part et peuvent être réservés pour les cas graves où une difformité du bassin empêche la tête de sortir, à moins qu'on n'en diminue notablement les dimentions. Selon Simson , en quelques heures pourrait s'opérer un ramollissement tel que les os se séparent avec facilite' : le forceps par conséquent pourrait alors aplatir la tête et l'enlrainer; mais, outre que ce fait n"est pas très-positivement admissible, il faudrait encore que le forceps pût être introduit et appliqué , ce que la tlifformité du bassin ne permet pas toujours; autant peutêtre en faudrait il dire du céphaloiribe. Il faut donc recourir à la céphcilolon2ie ou cràniotomie opérée comme nous l'avons dit ailleurs , mais avec la précaution de fixer la tète pour empêcher l'instrument de glisser (perce-crâne ordinaire) ou de tourner sans effet (Icrebellum). Le crâne une fois ouvert et vide, le crochet aigu ou mousse remplace avantageusement tous les tire têtes possibles ; seulement le tarebellum pourrait faire ici l'office de l'un et de l'autre en restant fixé dans les os de la base du crâne, où l'on ne l'enfoncerait qu'à demi si un brisement plus considérable n'était pas jugé nécessaire. Cet instrument pourra toujours traverser le bassin le plus dilf'orme pour atteindre la tète; car les parties latérales du détroit supérieur lui offriront toujours un passage qu'elles refuseraient au forceps , au céphalotribe; aussi pensons-nous , à ^«o/'t seulement il est vrai , qu'il pourrait êti e d'un grand secours dans le plus granil nombre des cas qui nous occupent ici. En effet, nous l'avons dit ailleurs, le perce-cràne ordinaire attaquerait difiicilement la paroi inféiieure du crâne protégée en avant par la face . forQîce en arrière d'os durs et épais. Baudelocque l'a si bien senti qu'il donne le conseil, § 1953, de tourner alors le verte.K vers l'orifice de la matrice , pour le percer avec plus de facilité. Il est certain que cjuelquefois la tète a paru jouir dans l'utérus d'une grande mobilité, mais d'autres fois elle y était fortement serrée, l'orifice externe était aussi très-])eu dilaté, (Ue La Motte); et, dans tous les cas, elle offre trop peu de prise ])our qu'on puisse ainsi la tourner à son gré. 11 est donc fort douteux que ce conseil, donné spéculalivement par baudelocque et avant lui, mais très-dubitativement par Smeilie , t. 1 , p. 387 , puisse èlre mis à exécution aussi sûrement du moins qu'oii pourra implanter le terebelkim dans la base du crâne, dans le tiou occipital, dans la lace même, etc.

De La Malle. Trai!é des Ace, ol)S. 293 et 294. Smelîie. Oliservalions. Recueil 36.

T'^oigt Diss. inaug, de ca2>ite iuf>inlis abruplo, vaiiis <juc îllud ex ulero extraheiidi tnodis. Giesscn , 1743.

i^iwio/;. Description d'un anneau muni d'un scalpel, etc. [Essais de la Soc. de méd. d'Edimlioiirg, tom. 5.)

( Ant. DuGÈs. )

DÉVÎA.TION, dci'ialio, de de, hors, e\. via, voie; détour de son chemin, écart. Ce mot est employé en médecine au propre et au figuré. Il s'entend,

10 du jiassage du sang ou des produits des sécrétions par des voies différentes de celles que la nature leur a destinées : déi'iation des règles , du lait , de l'urine (voyez Lactation , Meksthuation , Séciiétion urikairf. , etc.) ; 2° des vices de directioji des solides, en particulier des os et des articulations : dét^iatiuii de La colonne vertébrale du pied, du genou , etc. (vo) eé ces mots); des anomalies de développeuienl des organes , plus ordinairement designées sous le nom de Monstruosités.

(Bouvier.)

DIA [noinencUil. p/iarm.) Particule grecque qui marque la cause, la manière ou le moyen de faire les choses. Elle était très-usitée dans l'ancienne nomenclature pour indiquer la base ou l'une des bases des médicamens composés: c'est ainsi que l'on trouve dans nos phai maeopées poudres dîuu eoi , diambrœ j dianiargarilum , diarrhodon ^ diati agac(inlhi;\ei élecluaires diacorliuimi , diacolocynlliidos , diaphœnix , diaprun simple et solutif, diascoi dium ; les emplâtres diithotanum , diacliylon , diapalme ^ diachnlciteos y \e sirop diacode , etc. La pliqiarl de ces médicamens sont inusités aujourd'hui ; on trouvera les autres sous leurs noms génériques respectifs Électoaires, Emplâtres , sirops, etc. , , ( Guibourt. )

DIABETE ou DIABÈTES , cJl:Kfi;-i)ç , de (fta&ivM., je passe à travers. On a donné ce nom h une maladie dont le principal symptôme consiste en un écoulement d'urine bi'aucoup plus considérable que dans l'état normal; et suivant que l'urine contient ou non une certaine^quanlitc de matière sucrée , on a divisé le diabète en diabète sucré et en diabète non sucré.

§ I^''. Sfmplôines du diabète. Le principal syuqitôme du diabète, celui d'où

11 tire son nom , c'est , comme nous venons de le dire, une excrétion immodérée des urines, de telle sorte cpi'en général la masse de ces dernières surpasse d'une quantité plus ou moins considérable celle des boissons prises par les malades , quelque abondantes que soient d'ailleurs ces dernières. On cite des cas où les urines ont été lelleu:ent copieuses qu'où se refuse presque k croire à des faits de ce genre : c'est ainsi que Fonseca dit avoir vu uu malade qui rendait deux

(734) DIABETE,

cents livres d'urine par vingt-quatre heures. Les malades, tourmentés par besoin continuel d'uriner et de boire , trouvent à peine quelques instans repos et de sommeil. L'urine est ordinairement limpide , sans odeur ni couleu elle offre le plus souvent une saveur sucrée.

Les analyses auxtpielles l'urine des diabétiques a été soumise ont donné 1 résultats suivans : d'après Nicolas et Gueudeville, qui publièrent leurs reche elles en 1803 , cette urine ne contient pas notablement tl'urée ni d'acide uriqu Les réaclifs les plus sensibles y font à peine découvrir des traces de sulfates de phosphates ; on ne peut y constater d'acide libre, tandis qu'on y troir (constamment suivant Nicolas et Gueudeville , et dans une espèce seule de di bète suivant il'autres) du sucre en plus ou moins grande quantité, et plus (j moins de miiriale de soude. La matière sucrée que contient l'urine des diabj tiques avait été jusqu'ici considérée comme semblable au sucre de raisin; c pendant récemment , M. Chevallier lui a trouve de l'analogie avec le sucre c canne. Chez un diabétique soumis à leur observation , MM. Thènard et Di puytren, en 18G6 , constatèrent les faits principaux déjà signalés par Nicol,' et Gueudeville. Des recherches récentes de M. Barruel aine tendent à prouve qu'une certaine quantité d'urée existe dans les urines des aliabétiques. Chfi quelques diabétiques, au contraire, on n'a pu constater aucun atome d'acii uri((ue , en sorte que le caractère chimique du diabète paraîtrait consister pU constamment dans l'absence de cet acide que dans celle de l'urée.

Quelques chimistes avaient avancé que la présence d'une matière sucn' dans l'urine supposait l'existence d'une semblable matière dans le sang. M. "Wo laston est de ce nombre , il dit cepentlant n'avoir pas trouvé dans le sang ii trentième du sucre qu'il a reconnu dans l'urine, à quantité égale de liquidi On est porté maintenant à croire que , quelle que soit la quantité de sucre ((i se trouve dans 1 urine, le sang n'en contient pas. C'est du moins ce que tendei à prouver des expériences récentes de Vauquelin et de M. Ségalas, qui ne pi rent parvenir à reconnaître l'existence d'aucun atôme de sucre dans le saii d'une femme diabétique, dont l'urine contenait sur sept parties une partie d sucre. Ce point de chimie animale pathologique réclame toutefois de nouvelle rechercln's. Au surplus, le mécanisme qui préside à la formation accidentell du sucre dans l'urine est un de ces mystères physiologiques qu'on n'est pas en eore parvenu à nous révéler d'une manière bien évidente. Vauquelin pensa, que chez les diabétiques le principe sucré des alimens et des boissons passe e partie indécomposé dans l'urine. S'il en était ainsi , il semblerait que la ehimi devrait constamment démontrer la présence de celte substance dans le sang, moins que, s'évacuant incessamment par les urines, il n'existe dans la niass sanguine en quantité tellement minime, qu'elle échappe aii.x réactifs. Dans 1 diabète non sucré , l'urine n'est presque exclusivement composée que d'ea > et d'une très-petite quantité de matière animale. ( Andral , AnaLomie paiJi. tom. 2 , pag, 657. )

Quoi qu'il en soit, après avoir fait connaître les changemens de quantilée de qualité qui constituent les phénomènes prétlominans et essi ntiels du diabète^ il importe de signaler quelques autres sym[)tômes de cette maladie. Nous avon déjà fait remarquer cju'une soif vive coïncidait avec le besoin presque continue de rendi'e les urines. En même temps , la bouche est sèche; il en est de mêim delà peau; il existe fréquemment un sentiment de chaleur intérieure , de 1; i pesanteur à l'épigastre; quelquefois ce sentiment de pesanteur , ou même une véritable douleur, se manifeste dans la région des lombes. Chez un bon nombre de diabétiques (et M. Dezeimeris a récemment insisté sur ce fait) on observe les symptômes d'une véritable phlegmasie chronique des voies digestivcs. Tou-. tefois cen'est là qu'une complication , et non un caractère constant, essentiebi du diabète. !

Lorsque le diabète se prolonge pendant un temps considérable, il compro-i met l existence même des malades. Épuisés parles pertes énormes qui se font) parles urines, ces malheureux maigrissent, se fondent, pour ainsi dire; lel sentiment d'ardeur intérieure qui les consume se complique parfois d'un mou-i vement fébrile analogue à celui de la fièvre hectique; plongés dans la tristesse et l'abattement, dans le dernier degré du marasme , ils finissent par s'éteindre , dévorés jusqu'au dernier moment de deux besoins qu'ils sont condamnés àiiei pouvoir jamais satisfaire , savoir le besoin de boire et celui d'uriner. !

La marche du diabète est le plus ordinairement lente et progressive. Si,! comme le prétendent quelques auteurs, les .symptômes qui caractérisent la j maladie se présentent dans toute leur intensité, d'une manière en quelque" sorte instantanée , ce n'est du moins que dans des cas fort rares.

Ainsi tlonc, en général, les accidens diabétiques se développent avec lenteur, et bien souvent ce n'est qu'après plusieurs années qu'ils atteignent leur maximum de gravité. Il est dés cas , trop rares à la vérité , où , restant comme stationnaire, le diabète persiste penilant toute la vie des malades, sans paraître i en avoir abrégé sensiblement la durée. Dans les autres cas, la mort arrive de i la manière que nous l'avons indiqué tout à l'heure. Arétée et Cullen, de même j qu'une foule d'autres observateurs , ont signalé cette funeste terminaison, iné- j vitable dans la majorité des cas , si les efforts de l'art ou les secours de la I nature ne parviennent pas à vaincre la maladie. I § II. Siège du diahèle ; ses carnclèrcs anatomiques et sa nature. — Le dia- | bêle étant une lésion de la sécrétion urinaire, et celle ci ayant les reins pour instrumcns, il est évident que c'est dans ces organes qu'il faut placer le siège du mal. Les ouvertures de cailavrcs , à la vérité encore peu nombreuses, qui ont été pratiquées dans les cas dont il s'agit, confirment les inductions de la physiologie. De toutes les lésions que les reins ont présentées chez les individus diabétiques dont on a fait l'ouverture, l'hypertrophie est la plus commune. Dans ses recherches sur la nature du diabète, insérées dans le tome g- des McmoircJ

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