‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 180 sur 234 · DOUCHE · texte numérisé non relu

DOUCHE

rables a la contagion que celles que l'on trouve réunies chez les élèves en médecine qui soignent leur camarade malade de fièvre typhoïde? Renfermés <lans une chambre ordinairement peu spacieuse , ils lui prodiguent jour et nuit les soins les plus assidus comme les plus dévoués. Si la maladie était contagieuse, presque tous devraient la contracter; et cependant nous ne nous rappelons pas avoir vu une seule fois la maladie naître cliez un individu sain. Plusieurs fois , nous nous sommes informé si le lit ou la chambre qu'occupait un élève actuellement malade, l'avaient été récemment par d'autres qui avaient eu aussi la dolhinenlérie , et nous avons vu qu il n'en avait élé ainsi que dans des cas trcsrares; de telle sorte qu'il était alors permis de penser que, si dans un même lieu s'étaient succédé deux individus atloinis d'une même espèce de maladie, ce n'était là qu'un simple hasard. » {Clinique médicale, tome 3, page 449-51; 2« édition. )

On voit, par le passage précédent, que M. Andral n'admet pas, avec M. Eretonneau, que la dothinentérie est contagieuse à Paris, que nulle part elle n'est plus contagieuse qu'à Paris. Un autre observateur , dont l'attention et la sagacité sont assez généralement connues , ]\]. le docteur Louis, ne dit pas un seul mot sur la propriété contagieuse de la dothinentérie. Or c'est un ])oint qu'il se serait bien gardé de passer sous silence, si un seul des faits qu'il a recueillis l'eût porté à concevoir le moindre soupçon à cet égard ( ^)oJez le tome 2 de ses Recherches sur I affection typhoïde, page 451 et suiv. )

Que l'on parcoure les traités les plus récens de médecine, tels que ceux de MM. Roche et Sanson , de M. Eostan , de M. Boisseau , et l'on verra que dans aucun il n'est question du caraclère contagieux de la dolhinenlérie.

S'il est avéré que, comme le souiient M. Brctonneau, la dodiinentérie ne soit nulle pari plus contagieuse qu'à Paris, il est donc permis à tout le monde de se rassurer à cet égard. En tout cas, nous faisons des vœux pour qu'il en soit ainsi à Tours et partout ailleurs ; et s'ils se réalisent , par une heureuse et consolante palinodie, M. Brelonneuu pourra désormais s'écrier : Non , la dolhinenlei ie n'est pas contagieuse à Tours; nulle part elle n'est moins contagieuse qu'à Tours !

Telles sont les considérations que j'ai cru devoir présenter sur la dolhinentérie. S il était iraposbible d'omettre dans notre Dictionnaire le nouveau mot créé par M. Brelonneau , et de glisser sans rien dire sur les raisons qu il a alléguées pour faire une e.^pèce nouvelle de la maladie qu il a désignée sous ce nom, on conçoit aussi que de plus amples développemens m'auraient forcé d'anticiper sur ce qui sera exposé dans d'autres articles de cet ouvrage (vojez au mot Ektériïe , les diverses formes dont cette |>hlegmasie est suscepiible , et les différences qu'elle présente selon la spcc jiciié de son siège, soit dans telle ou telle portion du tube intestinal, soit dans tel ou tel des élémens anatomiques de cet organe. )

Lesser. Die eiilzunclung unrl veiscIiwaïuDg der scUleimliaut des vei'd.iuungskanales. Berlin, 1H30, in-i" , et atlas in-4°, 6;;. coloriées.

tT. Cruveilhier, Analoniie |iall]oIo.;i(jue <)u corps liuniain, Paris, in-fol., avec de U'è.s-belles plaiiclies coloriées. — La luiitième livraison, sous le litre d'enlérite lolliculeiise, olFre les diverses formes de la Dolliinentcrile.

( J. BOL'ILLAUD. )

DOUCK-AMÈRE. Foj-ez Mokelle.

DOUCHE , Ducia. On donne le nom de douche à une colonne de liquide ou de vapeur qui vient frapper d une manière conlinue une partie quelconque du corps soumise à son action dans un but thérapeutique.

Les douches sont dites ascendantes, descendantes et latérales, suivant qu'elles sont diiigèes de bas en haut , de haut en bas ou de côté. L'appareil à l'aide duquel on les administre se compose d'un réservoir placé à une hauteur qui varie ordinairement entre trois et douze pieds, et d'où l'eau s'échappe par son [jropre poitls dans un tuyau flexible, le plus communément fait de cuir, d'une longueur proporlionnée à la hauteur à laquelle est situé le réservoir, et d'un diamètre variable entre deux à douze lignes. Ce tuyau , qui prend naissance à la partie inférieure du réservoir , est garni à son extrémité d'un robinet terminé par un ajutage auquel s'adapte, soit un bout à origne simple ou multiple , soit une pomme d'arrosoir, afin d'avoir une colonne de liquide plus ou moins divisée , selon que la partie doit être soumise à une percussion pl us ou moins forte.

L'eau ou la vapeur destinée à la douche peut être simjile ou chargée de principes médicamenteux; quelquefois on se sert d'eaux minérales , soit naturelles, soit factices. La température, le choix du liquide, sont subordonnés aux indications que l'on veut remplir, et ne peuvent êlre déterminés d'une manière rigoureuse. Ce qu'il nous importe surtout d'apprécier ici, c'est le mode d'action des douches : ce mode d'action une fois bien déterminé, nous arriveions aisément à la connaissance des maladies dans lesquelles les douches peuvent convenir.

L'on peut poser en principe que les douches, chaudes ou froides, d'eau simi>le ou médicamenteuse , et à plus forte raison les douihes de vapeur, en raison de leur température élevée qui peut même produire la brûlure, ont toujours une action stimulante , mais à des degrés diffèrens , suivant la hauteur du réservoir, le diamètre de l'ouverture par laquelle s'échappe la douche, la nature du liquide et sa température. On a pensé , on a prétendu même qu'en prolongeant pendant un certain temps (de quinze à vingt minutes par exemple) la durée des douches froides, on pouvait les rcntire sédatives. C'est dans ce but qu'on les a surtout employées contre les maladies cérébrales, mais c'est encore une erreur que depuis des siècles l'on a fait payer bien cher aux mallieiireux aliénés. Il n'en est pas de ces douches comme des afTusions froides. Celles-ci n'agissent qu'en raison de leur température ; dans les douches froides au contraire, indépendamment de l'effet dû à leur température, la colonne de liquide

qui constitue la douche produit par son choc continuel sur nos parties uni stimulation énerj^ique, ainsi que le feraient de petites percussions renouvelé^ sans interruption pendant un certain temps, celui de la durée de la douclvi par exemple.

Si, maintenant, nous examinons ce qui arrive à une partie exposée au choj d'une douche, chaude ou froitle,nous retrouverons encore des preuves de lij stimulation ([u'elle y excite. Nous voyons cette partie éprouver d'abord un dépression subordonnée à l'énergie du choc de la colonne de liquide; puis,u[ cercle rougeâtre se développer peu à peu autour de cette dépression , et s'éteii dre de plus en plus , jusqu'à une certaine distance. Si le liquide est froid, celt rougeur, celte réaction , ne se développe que consécutivement; on la remai que , au contraire , dès les premiers instans , si la température de la douche e élevée; elle est presque instantanée, elle est portée au plus haut point dans le douches de vapeur. Enfin, lorsque l'opération est terminée et que le malatl est replacé dans son lit , la peau de la partie qui a reçu la douche ne larde à devenir le siège d'une transpiration insolite, d'autant |)lus abondante et d'au tant plus prompte que la douche a été plus chaude et qu'on y a employé d l'eau ou de la vapeur plus stimulante.

Il est donc bien clair que les tlouches, qui fournissent au médecin un stimii lant local plus ou moins énergique, ne conviendront nullement dans les affec lions aiguës, et qu'elles seront utiles, au contraire , toutes les fois qu'il faiidr ranimer l aclion organique ou vitale languissante dans une partie. Elles poui ront encore , parfois , et toujours en excitant fortement la peau et les tissu sousjacens, agir comme révulsives. Aussi voyons-nous que c'est surtoute presque exclusivement dans des afi'eclions chroniques qu'on a préconisé le bons effets des douches; tels sont les engorgemens lymphatiques anciens, le phlegmasies chroniques des visrèi es abcloaiinuux , les leucorrhées anciennes les douleurs articLilaires non inflammatoires, certaines p;iralysies des membres des organes génitaux , les ankyloses incomplètes , les roiileurs musculaires qu succèdent aux blessures ; les maladies chroniques de la peau , certaines affec

tions qui paraissent dépendre d'une lésion de l'innervation, telles que la chorce' ' "

* I ail

1 epilepsie , etc.

Des douches froides ont parfois réussi à calmer, à dissiper certaines névrose |" jusque là combattues sans succès. Appliquées au traitement des maladies men. talcs, ainsi qu'on le pratique encore dans les hôpitaux et les maisons de sanl j.. où sont reçus les aliénés , elles sont pourtant loin de répondre à la propriét' sédative qu'on leur suppose. Presque constamment, au contraire, elles son! '°° suivies d'une exaspération physique et morale , qui aurait dû, depuis long' temps , rendre les médecins plus réservés dans leur emploi. Ceux qui d'aprè' cette expérience, se contentent de faire usage des douches comme moyeu di' correction chez les aliénés, ont au moins le tort d'oublier ou de méconnaîtr,| que les aliénés , sont des malades qui ont des droits à notre commisération ! "'" et que nous ne pouvons torturer sans mépriser les lois les plus sacrées di'™° l'humanité. ' ''P

Enfin, on a encore ersayé l'emjiloi des douches dans les inflammations di I '? péritoine passées à l'état chronique. On sent tous les dangers que peut entraîne. 'I"î le choc d'une colonne de liquide un peu pesante, sur ces organes délicats. El' général, les douches à courant volumineux doivent èti e dirigées presque exclu ! * sivement sur les membres; tout au plus pourrait-on les faire porter surit!"* partie postérieure du tronc, qui se trouve garnie d'une épaisse couche dt! muscles. j

Les douches ascendantes et latérales , qu'il est aisé de remplacer par de sim* pies injections plus ou moins rapides . plus ou moins volumineuses, n'ont pasj d'action spéciale autre que les précédentes ; elles sont employées et ont parloisl amené des résultats heureux , dans les prolapsus de la matrice, du vagin et du' rectum, les abcès , les ulcères et fistules de ces parties et du périnée, la métritc! chronique , etc. , etc.

On peut joindre à l'effet excitant de la ilouche l'action médicamenteuse des eaux minérales, soit salines , soit sulfureuses, soit ferrugineuses. Dansée cas on fait ordinairement précéder le bain de la douche , de telle sorte que l'eauj % qui a servi à l'cmiploi de la douche puisse servir à celle du bain. \ "m

Après avoir exposé dans tpiels cas on doit recourir à l'emploi des douches, '| Iti disons t[uelques mots sur leur mode d'administration. Le malade, pour rece-l Ue voir une douche, doit être placé dans une baignoire , qui sera vide si la dou-) 4( che est chaude, parce que l'on est dans l'habitude de le maintenir ensuite j pendant quelque temps baigné dans l'eau qui a servi à la douche ; si celle-ci,! au contraire, doit être froide, le malade est plongé dans un bain d'eau tiède,! h, et enveloppé de telle sorte cjue l'eau froide ne puisse pénétrer dans la baignoire,| i\\ la partie sur laquelle on veut agir étant seule ex|)0i.ée au choc du liquide. I îu

Celte habitude de plonger les malades dans un bain tiède, à moins qu'il nej \^ soit lui-même stimulant, n'est-elle pas un contre-sens ? Si les douches constl-1 ^ tuent dans tous les cas une médication stimulante , il nous semble qu'un bain j |( tiède , après leur administration, ne peut qu'agir dans un sens opposé , et con- | j, séquemment contre balancer , par son action sédative, l'effet excitant des dou- \ ches.ll vautirait donc mieux, selon nous, favoriser au lieu d'annuler en quelque | sorte la stimulation qui doit suivre les douches : car c'est d'elle que parait dé- 1 pendre le succès de ce moyen. Nous voudrions que dans aucun cas le malade i ne fût placé dans un bain , et surtout dans un bain tiède, soit pendant , soil | après l'adminislration des douches : on ne pourrait s'y placer que dans les cal j où l'on voudrait modérer leur action trop stimulanle. I

Quant aux douches de vapeur, le malade , pour les recevoir , sera couché j dans son lit, ou assis sur un siège, selon la partie sur laquelle on devra agir, et | enveloppé de telle sorte que cette partie soit seule exposée à la douche, et eu

ilies

DOULÈUR.

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