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DOULEUR

B^ine temps souslraite , par le moyen d'un taffetas gommé , au contact de l'air jxlérieur. A cet égard, les nouveaux appareils portatifs , pour les douches et es fiimigalions en général , ne laissent rien à désirer. ( Voyez Bains d'étuves ;t Fumigations.) . Jolly.)

DOULEUR, M.4lLADIES DOULOUREUSES. Le mot douleur, considéré QHS le rapport patiiologique, e.tprime toute seutation morbide on accideuelle, ayant pour siège immédiat la filji e nerveuse sensilive ; pour cause directe u indirecte, actuelle ou commémorative , une stimulation insolite de cette bre ; et pour elFets locaux ou sympatliiques tous les phénomènes qin peuvent aître d'une irritation portée sur un organe actuellement en rapport avec le entre sensifif. Cette définition, qui reid'erme les principaux éléraens de la loiileur, énonce a.«sez l'ordre dans lequel il coiivieulde l'étudier.

I. C')niiiléralions p/ii siolo^itiiies. — Il n'est pas douteux que les nerfs ne pient les instrumens nécessaires delà douleur; plus un organe reçoit de neifs, t plus sa sensibilité se montre vive et énergiipie. Tout organe où 1 on ne renontre pus de nerts ne jouit ([ue d'une sensibilité fort obscure ou uiêuie nulle ,

moins que l'état morbide n'y ail développé la sensibilité et ne l'ait mis dans ; cas de .sympathiser. avec le centre sensitif-, comme il arrive dans Tiuflaraniaon des tissus fibreux , cartilagineux et osseux : il est donc évident que c'est ans le système nerveux que s'opère la douleur; toutefois il est remai'C[uable lie ni les nerfs, ni le cerveau , ne jouissent par eux mêmes de la jiropiiété de

ntir.

Ualler , Bichat , Legallois , et tout récemment M Flonreiis . ont constaté par n grand nombre d'expériences que les nerfs ne sont ipie les conilucteurs des intalions iiainrelles ou accidentelles , sans être sensibles par eux-mêmes. De leme la substance cérébrale ne paraît nullement apte h ressentir la douleur , ien qu'elle soit chargée exclusivement de la percevoir. De nombreuses expéences répétées par plusieurs physiologistes , et notamment par Fodérà , ne issent auctm doute à cet égard. Il résulte de là (pie la douleur suppose iiécesiirement le concours siuiultané des nerfs et du cerveau ; des nerfs , comme mdilion matérielle de l'impression, de la transmission et de la manifestation 3 la sensation ; et du cerveau , comme centre ou organe de perception. Pour remplir de telles fonctions, les nerfs et le cerveau exigent certaines i)ndilions anatomiques et physiologiques sans lesquelles elles ne pourraient lbccom|)lir. Ces conditions sont l'intégrité d'organisation et la liberté d'action es tissus composant le. cercle nerveux que doit pai courir la sensation Si ! ou ten ompt par une section ou si l'on comprime le tronc ou l'origine d'un i ci f li se distribue à une partie aetuelleuient douloureuse, on fait cesser aussitôt la nsation de la douleur. De même toute compression du centre de perception it iaire la douleur, alors même que les nerfs de telle partie douloureuse conrveut toute leur intégrité normale. La sensation de la douleur exige en outre ' la part ilu cerveau une certaine liberté d'action dans l'exercice du moi; ainsi n'y a pas perception de ilouleur dans le délire , la manie , le sommeil , dans î passions violentes , l'extase, etc. Les dilférens actes que suppose la produc- )u de la douleur de la part des nerfs et du cerveau sont donc tout aussi néssaires à la réalisation de cette sensation qu'à celle de toutes les autres sentions, soit générales , soit spéciales.

Il est également digne de remarque que la douleur, aussi bien que toute tre sensation, peut se manifester sans l'intervention actuelle d'impression sur i organes îles sens La spontanéité des actes sensitifs, locomoteurs etinl. llecels de la part du cerveau, est un des laits physiologiques les mieux constatés; r cela même qu'il n'est aucune sensation qui ne puisse s'accomplir dans le u veau indépendamment de l'exercice actuel des sens, celle de la douleur peut : réaliser dans le centre de perception sans le concours actuel d'aucune imcssion externe; et comme la vue perçoit des objets, l'ouiedes bruits , le gout is saveurs , l'odorat des odeurs qui n'existent pas , de même il peut se mani- I ter des sensations quelconques , naturelles ou douloureuses , externes ou in- I nés , sans aucune cause physique et partie simples actes de perception. On lirouve la sensation du froid ou de la chaleur, le besoin de la faim ou de la ! f, celui de la défécation, etc. , sans que les organes auxquels sont rapportées sensations aient reçu aucune modification organique. On rêve que l'on iiffre , et le sentiment de la douleur, même pendant le sommeil, peut être : ez vif pour réveiller l'individu qui l'éprouve; un maniaque se plaint d'avoir l u des coups , d'avoir le corps tout meurtri de contusions ; il accuse la mal- \ llance de certaines personnes, et offre aux regards de ceux qui l'entourent (; blessures qui n'existent pas. Tel individu rapporte à un membre dont il est 1 vé depuis long-temps la même douleur qu'il y éprouvait avant d'avoir soufft aucune mutilation. Ce qui prouve jusqu'à l'évidence que toutes les sensat ns , même celles de la douleur, peuvent s'exercer spontanément, c est-à-dire de simples souveuirrou j)ar des actes de perception indépendans de l actioii lisitive des excitans extérieurs.

aurait tort toutefois de conclure de ce fait que la douleur qui a eu lieu lis ce cas soit purement imaginaire , c'est-à-dire l'effet d'une simple illusion. Ile n'est rien moins que réelle , toute aussi réelle que celle qui témoigne une Won physique ; elle n'est pas même , comme le dit Bichat , une aberration de l'^ensibililé : elle résulte d'une loi de physiologie aussi générale que celle de Ipensibilité , c'est-à-dire que comme sensation elle existe dans la perception Jillement, parce que sa cause ne s'exerce que sur d'anciens souvenirs ou d'anej^nes impressions; et comme dans aucun cas le cerveau ne sent par luin[pae, ainsi que nous l'avons dit, mais bien par les yeux , les oreilles, les 'B^ines, et par tous les organes périphériques de l'économie, il faut nécessaire- Ii|iit qu'il rapporte les sensations qu'il éprouve aux organes avec lesquels il ïnpathise naturellement ou accidentellement. Qui sait niême si beaucoup de

DiCT. DE jVIÉDEClKE ET DE CHIRURGIE PHATIÇIES.

douleurs qui ne se manifestent par aucun signe sensible , qui ne reconnaissent aucune cause matérielle , certaines névralgies par exemple, n'ont pas pour cause unique une modification de la faculté perceptive , une irritation de la fibre sensitive cérébrale? Quelque singulière et paradoxale que semble une pareille idée, elle n'en est pas moins digne de la sollicitude du physiologiste et du médecin.

Telle est, en peu de mots, toute la théorie de la douleur en général, théorie qu'il nous a paru utile d'exposer d'abord pour mieux faire sentir et le mode d'action des causes de la douleur, et la valeur des moyens de traitement qu'il convient de lui opposer.

II. Causes de la douleur. — Il n'est peut-être aucune des influences physiques, chimiques, mécaniques , physiologiques ou pathologiques, qui ne puisse donner lieu à la douleur. Il suffit pour cela que leur action s'exerce d'une manière insolite sur un organe doué de sensibilité percevante. Ainsi, indépendamment des agens hygiéniques les plus nécessaires même à l'entretien de la vie, dont l'action soudaine ou exagérée peut devenir irritante , exalter la sensibilité au point de la transformer en douleur , on conçoit que les coups , les chutes, les piqûres, les plaies, les fractures, les luxations, les corps étrangers, en un mot toutes les causes d'irritation, puissent devenir autant de causes de douleur.

La douleur entre^aussi comme élément nécessaire dans pres([ue fous les états morbides. Elle constitue le caractère dominant de la plupart des névroses, et surtout des névroses du système cérébro-spinal ; souvent même elle est le seul phénomène sensible que le médecin puisse apprécier ( voyez Névralgie). Elle est presque inséparable de l'état inflammatoire , mais elle varie à l'infini en intensité et en caractère , suivant que la phlcgmasie est aiguë ou chronique , suivant qu'elle affecte telle ou telle espèce de tissu ; elle est en général trcsvive dans les inflammations aiguës , et plus ou moins obscure dans les inflammations chroniques ; son intensité est également subordonnée aux degrés variables de sensibilité normale des parties enflammées ; elle est d'autant plus vive qu'elle affecte des organes auxquels se rendent un plus grand nombre d'extrémités nerveuses cérébro spinales. Ainsi la peau , les organes des sens , la glande mammaire, le testicule, etc. , sont éminemment doués de sensibilité percevante. Les artères, les veines, les membranes séreuses, synoviales, les glandes, les os, les cartilages, sont au contraire presque insensibles dans l'état normal, et n'acquièrent un certain degré de sensibilité que dans I ctat morbide. Les nerfs ganglionnaires et les organes qui se trouvent sous leur depentlance sont dans le même cas : le cœur, le poumon, le foie, la rate, tous les organes qui reçoivent leur sensibilité de cet ordre de nerfs ne témoignent en général qu'une sensibilité fort obscure, même dans l'état morbide ; et lorsque cette sensibilité se manifeste, elle est presque toujours rajiportée aux organes doués de sensibilité percevante qui leur sont eontiguës ou avec les([uelles ils sympathisent de vitalité : c'est ainsi que la douleur du cœur et du poumon s'e.xprime plutôt sur les parois thoraciques que dans la profondeur des organes affectés, que le foie manifeste ses souffrances à l'épaule, l'estomac et l'intestin sur les parois abdominales, les reins au scrotum, les gros intestins aux lombes , la vessie à l'extrémité de l'urètre, etc. De même le cerveau qui, comme nous l'avons dit, ne parait pas jouir de la propriété de sentir, rapporte ses souffrances aux tégumens et autres tissus superficiels du crâne. (Voyez Céphalalgie.)

La douleur varie aussi en intensité suivant l'âge , le sexe, la susceptibilité du sujet. Ou aurait tort de penser qu'elle puisse être la même chez deux individus qui ont été exposés au.x mêmes causes. Chaque individu a, comme chaque organe , comme chaque tissu , sa manière de sentir et de soulfrir ; les femmes , les enfans , les personnes dites nerveuses et celles qui sont accouliiniées à une vie molle et somptueuse éprouvent davantage les effets de la douleur. Les idiots, les hommes livrés h-ibiluellement à des travaux pénibles, sont généralement dans le cas contraire.

Relativement à sa marche et à son caractère, la douleur offre une foule de nuances ou de modifications qui paraissent tenir tout à la fois et à la texturede l'organe qui la ressent , c'est-à-dire à la combinaison des nerfs et des tissus qui s'y rendent, et à la nature des causes qui la déterminent, et au rapport de ces causes avec le degré ou le mode de sensibilité de cette partie. De là des douleurs continues ou intermittentes, suivant que les causes sont permanentes ou passagères; de là aussi les douleurs tensive , gravative, pulsative, pongitive des anciens, auxquelles les modernes ont ajouté les douleurs prurigineuse , mordicanle , déchirante , térébrante, corrosive, etc., mais que l'on pourrait multiplier à l'infini si la langue fournissait assez de mots pour les exprimer toutes. 11 importe peu d'ailleurs àe s'attacher à établir les modifications extrêmement variées que peut affecter la douleur. Mais ce qu'il importe bien de noter, c'est que les différentes causes de douleur n'ont pas toutes le même mode d'action, ne s'exercent pas tontes de la même manière ; ainsi les unes ont une action directe sur les extrémités nerveuses qui en vertu du commerce intime qu'elles entretiennent avec le cerveau , lui transmettent les impressions qu'elles reçoivent; d'autres agissent immédiatement sur le centre sensitif qui, n'étant pas apte à sentir mais seulement à juger les impressions qu'il a conçues, les rapporte aux organes périphériques qu'il tient sous sa dépendance et qui sont plus habiles que d'autres à en éprouver les effets.

De cette différence dans la manière dont agissent les causes de la douleur, résultent deux principales variétés de cette sensation : savoir des douleurs spontanées ou sans impression physique, et des douleurs provoquées ou avec impression physique ; distinction qui est de la plus haute importance pour étaîslir un traitement rationnel de la doidcur.

m Tr iitemunl de la douleur. — Si la douleur suppose constamment et né-

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