DYSURIE
EAU
B. On cite des cas de brièvelé extrême (2 ponces) du cordon ombilical; nous l'avons vu nous-mème adhérer aux membranes dans une partie de la circonférence du placenta. Une pareille disposition rentre absolument dans ce que nous venons de dire des adhérences anormales ; un cordon ombilical de longueur ordinaire , mais tourne plusieurs fois autour du cou , du tronc ou des membres de l'enfant , pourra (aire le même effet qu'un cordon trop court. Dans l'un comme dans l'autre cas , dès que le fœtus aura commencé à franchir rorifice utérin, ou bien il sera retenu par la tension du cordon ombilical , ou bien ce cordon tirera le placenta, le décollera prématurément, ou même , si celui-ci est fort adhérent, renversera l'utérus. A ces trois effets on en ajoute deux autres, si la brièveté n'est due qu'à l'entortillement du cordon : la strangulation par la constriction qu'il exerce sur le cou de l'enfant; l'asphyxie qui résulte de la gêne du cours du sang dans le cordon lendu , aplati, coraprimé. De tous ces inconve'niens le dernier est le plus réel ; mais il n'a lieu que dans le moment même de la naissance, et alors on peut le reconnaître et y remédier comme nous Talions dire. Si c'est une brièveté réelle qui arrête le lœtus , il faut l'amener au dehors par des tractions ménagées et couper le cordon qui apparaît à la vulve si on le trouve fortement tendu , s'il est seulement tourné une ou plusieurs fois autour du cou, après quelque résistance la fêle sort de la vulve, le cordon devient visible et accessible aux doigts : on cherche alors h attirer le bout qui offre le moins de résistance, à élargir l anse qu'il forme et à la faire descendre sous la tête pour l'en dégager, comme nous l'avons fait quelquefois. On a conseillé aussi d'élargir sufiisaniment cette anse pour que le corps put la traverser en sortant (Smith) ; mais cet élargissement devrait être, ce me semble, à peu près aussi considérable que pour produire une anse capable de passer au delà du vertex. Une fois nous avons trouvé le cordon tellement lendu ( deux circulaires autour du cou) , que nous avons pris le parti de le couper et d'achever promptement l'extraction du fœtus cjui n eut pas le temps de perdre assez de sang pour en souffrir; au contraire même , en pareil cas, une petite perte est utile , vu l'état d'asphyxie pléthorique dans laquelle la compression du cordon ou la constriction du cou ont souvent jeté l'enfant.
Madame Lachapelle . Pralii(ue (les accoucliemens , ou inémoii es et ohservalions sur les
points les plus impoilans de l'art, publiée par A. Dugès. Paris , 1821-182,'), 3 vol. in-S".
Cinquième mcnioire sur les positions de l'épaule. — Dixième nwmoiie sur les obstacles dépendant des parties molles.
Herhiniaux . Traité sur divers accoucliemens laborieux. Bruxelles, 1791, 2 vol, in-S".
Zievret. Observations sur les causes et 1p.s aociilens de jilusieurs accoucbemens laborieux avec une Suite publiée séparénieul. Paris , 1751-1762 , in-8''.
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(Ant. DccÈs.)
DYSURIE , s. f , dysuria ; de cTy,-, dlfTicilement, et de c-jpn, urine ; excrétion dilTicile , incomplète , douloureuse de riirinc. La dysurie ne doit plus être considérée comme une maladie : elle est le résultat, le symptôme de lésions diverses de l'uretère, de la pioslate du col ou du corps de la vessie et même des urètres et des reins. L'analomie pathologique détruit incessamment ces entités morbides, créées par l'ignorance des anciens, et renouvelle ainsi lelantra-re aussi bien que le fond de la science. Fojez les articles Ctstite , Rétrécissement de i'lrètre , et tous ceux qui se rapportent aux lésions des voies urinaires susceptibles d'apporter quelque obstacle à l'exci'étion de l'urine.
( J,-L. CiciN.)
E.\.U , aqtia. Les détails physiques et chimiques de l'eau ayant été exposés ailleurs ( t'Osez Boissons), nous n'avons à nous occuper ici que des effets de l'eau sur l'économie animale, soit dans l'état de santé, soit dans l'état de maladie; et il est à peine nécessaire d'ajouter qu'il n'est question ici, au moins pour ce qui concerne son usage intérieur , que de l'eau pure , de celle que l'on désigne sous le nom iVr/tu ]>oiable.
L'eau s'emploie tant h l'intérieur qu'à l'extérieur, soit en santé', soit dans le cours des maladies , sous les trois formes que lui donneni le plus ou le raoinsi de calorique interposé entre ses molécules; savoir : h 1 état de glace, d'eaii liquide et de vapeur. Pour la première , nous renverrons aux articles Glace et Froid, pour la dernière, aux articles Bain, Calorique, Fumigation , nous occupant seulement ici de l'eau liquide.
C'est la boisson la plus répandue , celle à laquelle l'homme est borné dans l'état sauvage ; car , à peine a-t-il reçu les premiers élémens tie la civilisation, qu'il s'exerce à préparer des boissons spiritueuses , dont l'usage et l'abus commencent en même temps. L'observation et le raisonnement ont conduit à penser que l'eau , soit pure, soit addilioiniée de principes qui en altèrent peu les propriétés (boissons aqueuses ) , est la boisson dont l'usage habituel soit plus convenable et le plus projire à entretenir le lihre exercice de toutes les fonctions. C'est une règle générale qui soi'.ffre de nombreuses exceptions , auxquelles le praticien doit avoir égard. Aussi un médecin éclairé ne pi escrira-t-il jamais d une manière uniforme et absolue, l'abstinence de toute boisson autre! que l'eau pure , ainsi que l'ont fait quelques esprits exclusifs. ( Voyez les arti des Boissons et Rfgime )
Pour l'usage extéiieiir de l'eau dans l'état de santé, on trouvera des dctaihil sufîisans aux ai ticles Lotions et Bains.
Considérée comme moyen thérapeutique, l'eau est d'une application trèsfrc'qucnte, et d'une efllcacité incontestable. C'est souvent à elle seule que sont dues des gtiérisons dont ou fait honneur à toute autre chose. L'eau à la température de l'atmosphère , prise à l'intérieur en quantité i)lus ou moins consi-l dérable , étanche la soif et diminue la chaleur fébrile ; elle active les sécrétions' elles exhalations , et en modifie évidemment les produits, ainsi qu'il est facile! de le constater par l'examen le plus superficiel de ces liquides , des urines pat' exemple. 11 est bien rare que l'on administre l'eau pure. Peu de médecins lai prescrivent : et d'ailleurs même , s'ils la prescrivaient, il est assez peu probable,' que leur intention fût remplie; tant les préjugés repoussent tout ce qui esH simple et sans apprêt! Il faut convenir cependant que , dans un trcs-grantl' nombre de c<is , les adilitions que l'on a fait à l'eau sont bien insignifiantes; el ' que ce ne sont pas quelques atomes de sucre , de fécule, de matière exIractive.J d'huile volatile qui en inodifi nt sensiblement les propriétés. C'est donc à peu, jjrès comme de l'eau pure que doivent être considérées ces infusions ou décoctions de fleurs , de feuilles ou de fruits, et ces solutions légères de sels ou d'acides végétaux, qu'on emploie dans la pratique sous le nom de tisanes. On eu! excepte celles qui sont composées de substances actives et en proportion tanli soit peu considérable. Il y aurait de l'avantage à ce que les médecins répan-ii di.'iscnl dans le public ces idées, et à ce qu'ils ne prescrivissent pas, en ayanll l'air d'y attacher une grande importance, des tisanes auxquelles ils ne recon-' naissent eux-mêmes aucune efficacité. Il faudrait que l'on ne refusât pas , ainsi que l'on a souvent occasion de le voir, un verre d'eau pure et fraîche à un ma-l ladc qui le sollicite instamment pour apaiser la soif qui le dévore ; car souvenll l'instinct des malades les guide mieux que les théories des médecins. En r'fTet.' on voit des cas dans lesquels l'estomac irrite ne peut non seulement admettre 1 aucune substance excitante , mais où il repousse même des boissons sucrées el j mucilagineuses ; c'est alors que l'eau fraîche et pure est seule en rapport aved sa sensibilité exaltée; et quand l'eau pure est aussi rejetée, il est certain qu'aucune autre ne pourra être conservée. Alors , pour le dire en passant, le meilleur moyen d'arrêter le vomissement consiste à laisser pendant plusieurs heure.' 1 l'estomac dans un état de vacuité absolue. '
La température est une circonstance qui influe peut-être plus sur les effet! i de l'eau que les diverses substances sucrées extractives ou féculentes qu'elle i peut contenir. L'eau froide, ou même la glace , se donne avec avantage à 1 in- ' térieur; elle agit comme excitante et tonique, et porte son impression principalement sur les parois de l'estomac. C'est un moyen salutaire dans divers ca; de gastralgie et même de gastrite aiguë ou chrouiqiie. Dans L-s affections connues sous le nom de fièvres graves , les malades que torture une soif ardente ' éprouvent un grand soulagement , lorsqu'on leur donne de petits morceaux (l( glace , qu'ils laissent fondre dans leur bouche, et dont ils avalent le produi ■ liquide.
L'eau tiède est vomitive : c'est un moyen aussi certain qu'aucun autre d( . provoquer le vomissement, lorsqu'on l'administre en abondance et coup sui coup; on se trouverait bien d'y avoir recours plus souvent lorsqu'on a desseic de faire vomir les malades, excepté lorsqu'il s'agit de sujets qui ne penveni avaler que peu de liquide à la fois. D'ailleurs même , ne sait-on pas que l'eai tiède, prise en certaine quantité , constitue un auxiliaire utile et même iudis pensable dans les circonstances où l'on a eu recours à radmiiiistration de émétiques? Les contractions de l'estomac , quand ce viscère est vide , sont es trèmement pénibles et douloureuses ; au contraire, le vomissement a lieu près que sans efïbrt quand l'estomac est distendu par un certain volume d'eau qu fournit un point d'appui à ses parois. On a cherché à savoir si i eau licde jouis
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it d'une propriété vomitive , ou bien si elle agissait seulement en distendant estomac. La dernière opinion paraît la plus probable; car, si l'oau tiède, au ornent même où on la boit , produit quelques nausées, elle ne ilétermine , en siiéral, des vomisseuiens que quand elle est ingérée eu quanlité considérable; souvent mcine est-on obligé , pour arriver à ce résultat , d'avoir recours a la tiilation de la luette. On devrait donc employer 1 eau tiède, de préférence, jns les cas où I on croit avoir besoin de provoquer le vomissement, les iulesns étant en mauvais élat, parce qu'alors on n'a pas à craindre l'acliou ulléeure du médicament qui a provoqué les contractions de Testomac. Lorsqu'on boit de l'eau chaude en grande quanlité et dans un court délai , ,1 en éprouve des effets laxatifs qu'on peut expliquer d'une manière toute écanique. En effet, la colonne d'eau qui remplit le canal digestif étant trop insidérable pour être absorbée, pousse devant elle les raatii'res fécales, j même temps qu'elle les délaie; et c'est ainsi qu'elle en favorise l'expulsion. ||Un peu plus que tiède , l'eau agit comme relâchante ; et c est dans cet état l'on l'administre le plus souvent dans les affections inflammatoires des orgas de la respiration et même de la digestion; parce qu'on a remarqué que au froide augmentait en général les incommotlités des malades, et que nomment elle rendait la toux plus fréquente.
jA une haute température, l'eau est encore d'un utile emploi ; c'est un moyen licace pour calmer presque instantanément les coliques stomacales et intesliles. Mais il est rare ([u'on l'administre seule en pareille circonstance. On it cependant quel bien fait un verre d'eau sucrée bien chaude. Elle n'est pas )ins utile pour accélérer les digestions laborieuses : et il est probable qu'a- •s elle agit chimiquement, en favorisant la dissolution des substances alintaires. D'ailleurs , l'ingestion d'une grande quantité d'eau chaude, lors- 'en même temps le sujet est tenu bien couvert et dans une température vée , est le moyen le plus certani qu'on ])ossède pour activer l'exhalation tanée. Parmi les sudorifiques les plus vantés , il n'y en a pas un seul qui ait s effets aussi constans et aussi faciles à vérifier, ar la même raison, l'eau froide administrée dans les circonstances oppos, c'est-à-dire, le malade étant dans une température basse, agit d'une ^nière très-énergique sur les organes de la sécrétion urinaire , et est prompicnt évacuée par celte voie, après avoir traversé le iorrent de la circulation, rs les matières salines qui sont renfermées dans les urines se trouvent distes dans une plus grande quantité de liquide , et conséquemment elles font impression moins vive et sur les organes qui les contiennent et sur ceux li les émettent au dehors. Aussi l'usage des boissons aqueuses est-il recomndé avec raison dans toutes les affections inflammatoires de la vessie et de être.
enons maintenant à l'application spéciale qu'on a faite de l'eau employée (jtnme unique remède au traitement de quelques maladies. Car, comme toutes (pses au monde, l'eau n'a pas manqué d'aveugles et fanatiques partisans, qui
Ïieii de se borner à montrer les bous effets que peut produire l'usage abont de l'eau pure, ont prétendu lui attribuer des vertus spécifiques. L'expéice les dément ; ce n'est pas l'eau, comme médicament , qui guérit, c'est i||)stinence prolongée à laquelle sont soumis les malades, en même temps que J| excrétions et les exhalations, étant activées, accélèrent l'absorption interstil|le , et changent la composition des fluides circulans et des divers tissus. Jssi , ce n'est pas en quelques jours qu'on est parvenu à guérir quelques canws ; cela est matériellement impossible : ce n'est que par un usage prolongé ijinon interrompu. Assurément, on obtiendrait plus de succès de l'eau dans le t itement de la goutte , si , au lieu de faire prendre quarante verres d'eau dans i délai si court que peu de personnes ont pu parvenir à les avaler, on assuitissait les malades pendant deux mois à l'usage de l'eau pour toute boisson , mu pain pour toute nourriture. Cadet de Vaux , qui proposa ce bizarre traitient, voulait que les malades prissent de quart d'heure en quart d'heure un ^ re de six onces d'eau chaude; ce qui fait dix-huit livres d'eau environ en iize heures. Dans le petit nombre de ceux qui tentèrent l'expérience, et qui l|-ent la pousser un peu loin , il se manifesta des accidens graves , tels que i syncopes, des convulsions , et une paralysie générale. Pour les médecins «aires et de bonne foi , il est évident que l'usage abondant et soutenu de Im peut avoir une grande influence dans le traitement des maladies chroniles, en imprimant à toute l'économie une profonde modification, surtout Ijsqu'on y joint un exercice actif, un régime sévère, des bains , des narcoti- (es, etc.; c'est-àdire, lorsque l'on combine des moyens thérapeutiques de tnière à ce que , en même temps qu'on sollicite d'abondantes évacuations par Ibeau et par les organes de la sacrétion urinaire , on n'introduit dans l'orgaime qu'une très-petite quantité de substance réparatrice, qu'on le soustrait J|influence des excitans dont on abuse si souvent dans l'état de santé et dans 1 at de mal-aise; enfin, qu'on tient le système nerveux dans un. état de calme <jde sédation continus. C'est ainsi que , en mettant de coté les déclamations ikquelles il serait si facile de s'abandonner, on peut donner l'explication ipiologique des résultats obtenus; et, loin de rien ôter aux véritables resspces de la thérapeutique , lui donner au contraire plus de certitude et d'ut'té. Si l'on voulait prolonger cet article , il n'y aurait qu'à citer et à discuter l|tes les opinions des anciens sur les propriétés qu'a l'eau de dissoudre l'atra- 1!^, sur ses vertus dans les fièvres intermittentes rebelles, accompagnées <|bstructions ; vertus qu'ils condéraient comme spécifiques. Ces détails ne Ifsentant aucune utilité, nous avons cru devoir les supprimer tout-à-fait. |)n peut dire sans exagération qn'il est peu de maladies dont l'eau employée <|ivenablement ne puisse être le remède, ou dans lesquelles elle ne puisse ij^ourir puissamment à la guérisou , ou plutôt qu'il n'est pas d'indication
DlCT. D£ MÉDECINE ET DE ClilRUfiGIE PRATIQUES.
qu'on ne puisse remplir par son moyen. Résumons-les rapidement. L'eau à 1 état de glace agit comme astringente , répercussive , tonique, résolutive; et l'eau froide est rafraîchissante, calmante et diurétique. L'eau tiède est relâchante , calmante et vomitive , suivant le cas ; l'eau chaude est excitante, sudorifique, expectorante, et l'eau bouillante est rubéfiante, vésieante et même escarrhotique au besoin. Nous nous exprimons ainsi, pour abréger les médications diverses que l'on peut exercer avec l'eau à diverses températures ; nous n'avons d'ailleurs indiqué que les principales, laissant de côté une foule de nuances intermédiaires, dont le praticien peut cependant disposer au besoin.
. Quant à son application extérieure dans les maladies , nous ne reviendrons pas sur ce qui est relatif aux bains, aux fomentations , aux lotions : nous nous contenterons de rappeler que dans les cataplasmes , c'est i'eau qui agit principalement; dans les cataplasmes émolliens, au moins; et que les pulpes , les farines, etc., ne sont que des moyens de solidifier ce liquide, en quelque sorte, pour le retenir à la surface des parties. Nous renverrons à l'arlicle iKjECTioîf et à l'article Kage pour ce qui est relatif à l'introduction de l'eau dans les vaisseaux; au mot Irrigation pour l'usage de la sonde à double courant , dans les cas de calculs urinaires et de catharres de la vessie ; enfin , au mot Empoisonnement pour ce qui concerne l'eau comme moyen de remédier aux accidens produits par l'ingestion des substances vénéneuses. (F. Katier.)
EAU (Emploi chirurgical de 1'). Répandue partout , l'eau a dû êire le premier remède que les hommes aient opposé aux maladies dont ils ont été atteints. Pour ne parler ici que de son emploi chirurgical , il est im possible que les premiers hommes n'aient pas songé à s'en servir pour laver leurs blessures et pour y apaiserl'inflammation; aussi en voit-on l'usage recommandé dès la plus haute antiquité; et, de nos jours , l'eau forme encore le principal et quelquefois l'unique ingrédient des coLLyres , àits gargarismes, des lotions. Ans bains , des ajf'usions , des Jomen/ations , des injections , des douches , et même des cataplasmes. (Foyez ces mois.)
On emploie très rarement aujourd'hui l'eau pure. Une sorte de répugnance semble éloigner l'homme de ce qui est simple et naturel , et à mesure que la matière médicale s'est enrichie ou compliquée des acquisitions que lui ont fournies les trois règnes de la nature , on crut devoir charger l'eau de diverses substances de propriétés diverses et plus ou moins énergiques , mais dont l'activité a toujours été modifiée par elle; et si dans les pr#fhiers temps qui ont suivi la découverte de la poudre à canon et le premier emploi des armes à feu, l'eau a été préconisée contre les plaies d'arquebusades , elle n'a souvent du la confiance dont elle a joui qu'aux pratiques superstitieuses dont elle a été l'objet, et qui, sans rien changer à ses propriétés, ont servi du moins à lui acquérir une faveur que seule elle n'eût point obtenue.
Toutefois, l'eau n'est point tombée graduellement dans l'espèce d'abandon où elle semble être aujourd'hui, au moins en France; peu de moyens ont eu au contraire plus de vicissitudes, de fayeur et d'oubli.
En grand crédit auprès d Hippocrate , elle fut presque oubliée jusqu'au quatorzième siècle, bien que Celse et Avicenne l'eussent recommandée pour quelques cas.
Du temps d'Ambroise Paré ou en faisait assez fréquemment usage; mais alors, ainsi que je l'ai dit, on la conjurait par des paroles magiques, et ce célèbre chirurgien, par scrupule religieux , refusa de s'en servir, jusqu'à ce que , vaincu par les exemples de succès dont on le rendit témoin , il finit par faire usage de i'eau simple , en blâmant les paroles mystérieuses et la prali((ue peu chrétienne dont on entourait l'usage d'un médicament qui n'avait besoin que de sa simpLcilé. Cependant, malgré l'autorité d'un si grand nom , qui , il faut le dire, n'adopta l'usage de l'eau qu'avec une sorte de prévention, malgré les éloges de Blondi, deFallope, de Palazzo, de Joubert,de Martel , qui tous firent usage de l'eau simple , et se moquèrent des pratiques superstiiieuïes par lesquelles quelques charlatans ou quelques esprits crédules de leurs temps croyaient la rendre plus eflicace , l'usage de l'eau simple ne s'était guère conservé d'une manière un peu continue qu'en Italie; lorsque, en 1732, Lamorier chercha, mais en vain , à la réhabiliter en France. Il paraît que vers ce même temps elle était un peu tombée en discrédit, même en Italie , car Sancassini publia un Mémoire pour faire connaître son efficacité dans le traitement des plaies. De leur côté, les allemands Boenneken , Schmueker, Theden, et surtout vers la fin du siècle dernier Dauter , en vantèrent l'utilité ; et ce dernier donna de bons préceptes sur la manière de l'employer.
Mais ces éloges n'avaient encore acquis à l'eau que peu de partisans ; car Lombard , Kern et Percy ont été , de nos jours , obligés de la retirer de nouveau de l'oubli dans lequel elle semblait être tombée.
On pourra voir dans l'excellent article cjue ce dernier a donné sur ce sujet, dans le grand Dictionnaire des Sciences médicales , un historique beaucoup plus détaillé que la nature de celui-ci ne le comporte des vicissitudes que l'eau a éprouvées dans la faveur dont elle a joui à différentes époques.
Cependant , il ne parait pas que ces travaux , même les derniers , aient réussi à donner à l'eau le degré d'importance qu'elle doit obtenir dans la thérapeutique chirurgicale; car, maintenant , peu de praticiens l'emploient, au moins convenablement et de manière à en obtenir de bons effets.
J'ai beaucoup employé 1 eau, et je ferai connaître les résultats que j'ai obtenus de son emploi.
Toutefois, il n'est pas, ainsi qu'on le pense bien, de mon sujet, d'examiner toutes les propriétés que l'on peut communiquer à l'eau par l'addition de substances étrangères. C'est aux articles Injection, Caiaplasme, etc., c[ue l'on devra trouver tout ce qui a trait aux qualités médicamenteuses qu'elle peut ac-
ÊAtî.
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quérir, et aux modes d'aJaiinistration dont elle est susceptible sous ces (liïïel entes formes. Je ne dois ici parler que de l'emploi chirurgical de l'eau à l'état simple ; et comme, d'un autre côté, on a lait connaître à l'article Bain et à l'article Douche l'action de l'eau ap])liquée en grande masse à la sui face du corps ou percutant avec plus ou moins de force un point quelconr|ue de cette surface, il ne me reste à considérer ce liquide que comme topique ou objet de pansement.
Ou ne peut guère séparer l'action proprement dite de l'eau de celle de sa température.
Cependant, considérée en général, l'eau appliquée aux tissus vivans les amollit , les détend , en les humectant et en se laissant absorber ; elle est donc essentiellement émoUiente, et propre à combattre l'irritation, la rigidité et la sécheresse. Elle produit ces effets d'autant plus facilement que les tissus sont plus perméables, c'est-à-dire plus facilement chez les individus jeunes, à peau blanche , d'un tempérament sanguin , et chez les femmes, que chez ceux qui sont dans des conditions opposées. Elle agit aussi d'autant plus efficacement, ainsi que l'ont prouvé des expérience de Percj , qu'elle est plus pure et plus lé"ère. Ainsi, au premier rang se trouve l'eau distillée, puis, viennent l'eau de pluie , de source et de rivière , et enfin l'eau de puits et celle de mer.
Mais à ces qualités s'en joignent d'autres qui sont différentes, selon le degré de température à laquelle elle se trouve élevte.
L'eau li'ede jouit surtout de la propriété émolliente au plus haut degré; appliquée aux tissus sains elle est prompteraent absorbée par eux , les gonfle et les amollit sans y appeler le sang , de sorte qu'ils restent pàlcs et décolorés; appliquée aux tissus enflammés, elle les relâche, et, en facilitant peut-être la circulation du sang qui s'y trouve accumulée , elle calme la douleur et hâte la résolution. Elle agit comme les cataplasmes , ou plutôt, ainsi que l'ont fait remarquer les fauteurs de l'eau , les cataplasmes n'agissent guère que par l'eau qu'ils contiennent, et elle a sur eux l'avantage d'être plus facile à absorber, puisqu'elle ne forme pas sur la peau une couche mucilagineuse qui nuit à l'absorption ; elle ne s'altère pas ; elle est moins pesante , moins chère , se trouve partout, et n'a sur les cataplasmes que l'inconvénient d'avoir besoin d'être renouvelée plus souvent.
L'eau chaude est stimulante ; appliquée aux tissus sains, elle les gonfle et les humecte, mais en même temps elle y appelle le sang et les rougit : appliquée aux tissus enflammés , elle les gonfle , les rougit , y appelle le sang et hâte la suppuration.
L'eau bouillante produit sur-le-champ la vésication et même la mortification des tissus.
L'eau fraîche , c'est-à-dire , h la température de l'atmosphère, est sédative. Appliquée aux tissus sains , elle les pénètre ; mais elle les resserre et en chasse le sang, et prévient l'abord de celui qu'une cause irritante pourrait y appeler. Appliquée aux tissus affectés d'une inflammation superficielle et ne tendant point à la suppuration, elle détermine promptement la résolution ; et si la maladie est accompagnée d'un sentiment de prurit ou de chaleur acre , elle soulage efficj cernent la souffrance du malade. Mise en contact avec des tissus affectés d'une inflammation profonde et phlegmoneuse , elle enlève l'irritation , prévient la suppuration, mais elle facilite souvent l'induration.
L'eau très-froide, la glace et la neige, emj)loyées avec tant de succès par Assaliiii , Nannoni et d'autres, agissent de la même manière, mais avec plus d'énergie. Au reste , on sent que, pour obtenir les effets dépendant de la température de l'eau, il faut la renouveler souvent; car elle ne tarde pas à se mettre en équilibre avec la température de l'air extérieur et avec celle de la partie sur laquelle elle est appliquée , et n'agit plus alors que comme humectant.
L'eau a été employée contre beaucoup d'affection; on l'a même présentée comme une espèce de panacée. Sans lui attribuer des vertus miraculeuses , il est facile, d'après ce qui vient d'être dit de sa manière d agir sur les tissus vivans , sains et malades, de voir qu'elle peut offrir un moyen thérapeutique précieux dans beaucoup de cas.
L'eau chaude ou tiède est peu employée comme topique , parce qu'il est trop difficile de la maintenir au même degré de température. On ne s'en sert guère que pour laver les parties et les environs des plaies ou des ulcères, chaque fois que l'on renouvelle le pansement; on la remplace par les cataplasmes qui se dessèchent moins vite et conservent mieux leur température élevée ; et cependant il est facile de voir quel avantage l'eau chaude aurait sur ceux-ci, si elle était convenablement employée. Hippocrate et C'.else la recommanilcnt surtout contre les inflammation^ avec fièvre, les démangeaisons vives, les ulcères secs et à bords durs ; le dernier la vante contre les plaies qui s'enflamment , et sont peu disposées à se réunir.
L'eau bouillante n'est employée que comme un violent réi'uls'f, et jamais comme moyen de pansement.
Mais c'est surtout de l'eau à la température ordinaire de l'atmosphère , ou plus fraîche , qu'on a vanté les bons effets. On connaît l'cflicacité dont joidssent les affusions froides employées comme astringent dans les hernies engouées et dans les hémorrhagies capillaires , soit qu'on les applique directement sur les surfaces qui fournissent le sang, soit qu'on les applicjue sur des parties éloignées , comme , par exemple , sur le ventre et les cuisses , pour remédier aux liémorrhagies utérines; au dos ou au scrolum, ainsi que Van Swieten en a donné le conseil , pour arrêter certains èinslaxis , etc.
Les Grecs l'ont conseillée contre les inflammations larges et superficielles qui ne tendent point à suppuration ; telles que les couperoses, l'érysipèle, l'ophllialmic ; et, en effet , elle peut être fort utile; cependant son emploi exige de
la prudence lorsque la maladie, comme l'érysipèle, par exemple , peut facile ment se terminer par une métastase funeste.
Percy a vu un malade qui n'était soulagé des douleurs cuisantes de la goull(j que quand il avait les pieds dans des bottes toutes remplies d'eau , et avec les quelles il pouvait encore se transporter dans les diverses parties de son appar tenient. L'eau froide appliquée sur les testicules a souvent réussi , au début di la maladie , à faire disparaître promptement l'engorgement inflammatoire qu accompagne si souvent l'urétrite. Dans ces cas, l'eau fraîche ou froide agi évidemment comme répercussif; mais c'est surtout dans les cas où il s'agit d' prévenir la fluxion inflammatoire qu'elle jouit d'une grande efiicacité.
Hippocrate y avait une grande confiance lorsqu'il s'agissait de prévenir l'en gorgement déterminé par les entorses , les luxations etles fractures ; et A. Par a fait remarquer qu'après l'usage de ce moyen dans le traitement de ces der nières, les articulations restent plus souples , et que les muscles sont beaucouj moins aplatis et moins atrophiés. Celse , plus éclairé qu'on ne le fut depuis puisque, il y a soixante ans, on redoutait encore de l'employer dans ces cas conseillait les affusions froides pour prévenir celui qui accompagne si souveri les plaies de tête.
Percy , et les autres chirurgiens dont il a été parlé , en ont surtout vanté le effets contre les plaies déchirées et contuses des pieds et des mains, compli quées de dénudation des tendons , et dans tous les cas de plaies d'armes à fei en général.
J'ai été témoin de son cflicacité dans ces cas , et je puis affirmer qu'il n'es pas de meilleur moyen de prévenir les inflammations traumatiques que Icsirri gâtions souvent renouvelées d'eau fraîche.
Avec ce moyen, j'ai vu guérir par première intention des plaies contuse plus ou moins déchirées et étendues ; j'ai pu préserver la plupart des indi vidus auxquels j'ai pratiqué des amputations ou d'autres opérations graves, d| la fièvre dite traumatique; enfin, j'ai pu guérir sans amputation , et mêrni sans inflammation vive et sans suppuration abondante, plusieurs individu: affectés de fracture d'un membre compliquée de plaie et de saillie de fraginei. au dehors.
C'est surtout dans ces cas que j'ai vu de bons effets de l'emploi de l'ea fraîche. J'ai moins étudié ces effets dans ceux où une inflammation est établie mais je pense, avec les praticiens qui en ont parlé , qu'utile dans les inflait. malions superficielles c(ui ne tendent point à suppuration, elle doit être pei efficace ou nuisible dans les autres ; qu elle facilite, par exemple, l'induratio des inflammations phlegmoneuseo , etc. Nannoni et d autres chirurgiens italiei ont employé la neige et la glace dans les mêmes circonstances et avec succès, mais dans nos climats ces moyens sont rarement employés , et le cas où on If ' met le plus ordinairement en usage en chirurgie est l'emploi de la méthode d 'Valsalva dans le traitement de l'anévrysme.
Mais si l'eau froide appliquée d'une manière continue est utile comme moye répercussif ou sédatif, l'application momentanée de ce liquide peut, en d( i terminant une réaction salutaire, être employée comme moyen de redonner certaines parties le ton qu'elles ont perdu. C'est ainsi que l'on en a retiré d bons effets dans les cas d'entorses anciennes et de tumeurs blanches, ou niêm.| de luxations spontanées commençantes. |
Enfin , par cela même que l'eau fraîche repousse le sang des eapillairesij tandis que l'eau chaude l'y attire , ou a depuis long-temps pensé à les appl \ quer simultanément sur diverses parties du corps, afin de détourner unefluxio dangereuse d'un organe important et d'appeler le sang dans des parties où soi accumulation ne pourra être nuisible. C'est ainsi que dans les cas de plaies Oi de contusions de la tête, on fait des applications ou des affusions froides sur front, tandis que les pieds sont plongés dans un bain chaud. Le même moye a réussi à plusieurs praticiens , pour guérir des amauroses dépendantes d'uni congestion cérébrale, etc.
De tout ce qui précède , il résulte que l'eau , soit comme émollient sinipl* soit comme maturatif , soit surtout comme répercussif et astringent , peut offr de grandes ressources à la chirurgie.
Mais son emploi n'est pas toujours possible ni exempt d'inconvéniens. i> pense que ce moyen si précieux perd beaucoup de ses avantages et les vc même remplacer par des inconvéïiiens dans l'hiver ou dans les climats froid Dans ces circonstances, l'eau chaude se refroidit trop vite et laisse la part exposée à tous les inconvéniens des vicissitudes brusques delà lempératiin . bien que l'on ait la précaution d'envelopper les parties avec une flanelle ou i morceau de taffetas ciré. L'eau froide ajoute encore à l'étal de mal-aise génér i dans lequel le corps se trouve jeté par une température rigoureuse, et soum ' les malades à tous les inconvéniens du froid uni à l'humidité. Il faut être dai un climat chaud ou dans une saison chaude pour su|q3orter sans inconvéuie un froid local et pour en être soulagé; dans ces circonstances les applicalioii froides reprennent tous leurs avantages. '
Il est aussi reconnu qu'elles cessent d'être utiles , et peuvent même deven nuisibles, en boursoufflant les chairs, et en les rendant blafardes etdouloi. reuses , lorsque la suppuration est établie dans les plaies. Quelquefois, auss | elles empêchent tout-à-fait l'inflammation de se développer, au point qu'apr j douze ou quinze jours la plaie se trouve à j)eu près dans le même état qu; moment de l'accident.
Enfin, quelques malades semblent peu disposés à les supporter.
J'ai vu une femme chez laquelle une brûlure superficielle semblait indiqU' les applications fraîches, et qui fut prise du tétanos peu de temps après qi l'ont eut commencé à mettre ce moyen en usage. J'ai vu aussi plusieurs bless par armes à feu chez lesquels l'eau froide produisit des douleurs intolérable
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EAUX DISTILLEES.
EAUX MINÉRALES
: qui forçaient d'en suspenilre remploi; mais ces cas sont des cas exceptionnels. Quant aux modes cl"applications , ils sont fort simples. Ils consistent à mettre sous la partie une toile cirée qui préserve le lit du malade, et à l'arroser assez souvent pour qu'elle soit toujours linmide et qu'elle éprouve toujours le même degré de température, excepté dans les cas où l'ont veut obtenir une réaction.
Les Landes et les compresses de molleton et de flanelle , qui conservent fort long-temps leur humidité et leur température , sont les meilleures substances dont on puisse se servir pour construire les appareils destinés à de semblables irrigations. Mais un très-bon moyen consiste à tenir toujours sur ceux-ci une Éponge fortement imbibée. ( l'oj-ez Plaies et Fractures. )
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^ ( L.-J. Sakson. )
EAUX BISTILLEES. ( P/i^TZ-TO. ) Les eaux distillées, ou, comme on les nomme maintenant, les hydroLats , sont des médicamens composés d eau et de •riucipes volatils qui s'y sont unis par la distillation. Ces principes, presque sclusivement tirés des végétaux, sont souvent des huiles volatiles ou oléules , lont la solution dans l'eau est facilitée par quelque autre matière indéterminée ; :ar jamais, en agitant de l'eau simple avec une huile volatile, on ne parvient à 'en charger comme par la distillation de la plante elle-même. Souvent aussi les végétaux absolument inodores , tels que la chicorée , la petite centaurée, la iaitue, etc., donnent des hydrolats très-sapid'3s cl odorans, sans qu on se soit ssuré jusqu'à présent à quelle sorte de substance sont dues ces propriétés; aais en général , ces derniers hydrolats sont moins actifs que les premiers, leaucoup plus altérables et moins constans dans leurs effets.
On préparait autrefois deux espèces d'hydrolats; les uns, nommés eaux esmtielles , étaient obtenus en quantité très-minime par la distillalion au bainlarie des plantes récentes, et sans addition d eau. Ils ne sont plus usités. Les utres , nommés proprement eaux dislillées, se préparaient à feu nu , avec atlition d'eau , ou de suc exprimé de la même plante. Aujourd'hui l'addition de uc est également inusitée, bien qu'on pût lemployer jiour augmenter la force es hydrolats de quelques plantes très-succulentes, telles que la laitue. IjCs ydrolals se préparent donc à feu nu , dans un alambic ordinaire , mais il faut voir soin de placer à une petite distance du fond de la cucurbiteun diaphragme iercé de trous, qui empêche la plante d'être soumise à l'action trop immédiate u feu. Il vaut encore mieux renfermer celle-ci dans un bain-marie percé, ui prévient tout contact de la plante avec la paroi de la cucurbite. |i Les premiers produits de la ilistillation sont toujours plus forts et plus Ipargés d huile volatile que ceux qui les suivent. On cesse avant que la liqueur ioit devenue insipide et inodore , et de manière que le poids de tout l'hydrolat
fit à celui delà substance employée dans un rapport simple , comme ceux , 1 , 2 ou 3 à I . On mêle tous les produits , et on les conserve dans un lieu scur, qui soit tout autant h l'abri de la gelée que de la chaleur. Beaucoup de pharmaciens sont encore dans la persuasion que les eaux dis- Ilées doivent être conservées dans des vases non bouchés, el couverts seulelent d'un cornet de papier, d'un parchemin, ou d'un pot renversé ; mais il y long-temps déj.î que l'expérience nous a fait connaître que les hydrolats lacés dans de pareilles circonstances , perdraient très-promptement une partie e leur arôme ; nous avons vu également que la meilleure manière de les conjrver , avec toute leur force , était de les renfermer dans des vases de verre èt on de grès , parfaitement pleins, bouchés en liège fin, goudronnés, et placés ebout dans une cave. Il ne faut couvrir d'un carton ou d'une capsule rensrsce , que ceux qui sont destinés au détail , et dont les bouteilles sont en viange; car alors un bouchon de liège leur communique avec une grande facilité ne odeur de moisi.
Plusieurs eaux distillées dont le commerce est considérable , et surtout îlle de fleur d'oranger, sont envoyées du midi delà France, renfermées jns des vases de cuivre étamé , nommés estagnons ; mais comme il n'est >8 rare que ces eaux contiennent un peu d'acide acétique libre qui agit sur
métal oxidé , les pharmaciens doivent éviter d'employer les liquides ainsi vnservés.
] Quelques exemples feront connaître la préparation des eaux distillées les j[us usitées.
\ Eau distillée d'anis. Prenez : fruit d'anis sec 1 livre; eau 4 livres; mettez ms la cucurbite d'un alambic, et distillez hydrolat 2 livres. On prépare de ^ême les hydrolats de fruits de carvi , de coriandre, de fenouil, de piment ima'ique , etc.
Eau disiiUce de cannelle. Cannelle fine 3 livres; alcohol à 35 degrés 1 livre; ia24 livres ; laissez macérer pendant trois jours et distillez 12 livres de liqueur ■ni est laiteuse , aromatique et sucrée.
Remarque. Lorsqu'on distille de la cannelle avec de l'eau , on obtient un hydrolat trouble et laiteux comtne un décocté d'orge perlé. Cet effet est dû à la suspension prolongée de l'huile volatile dont la pesanteur spécifique surpasse à peine celle de l'eau , et k la présence de l'acide benzoïque qui sert d'intermède a l'union des deux corps; mais au bout de quelque temps cette union se trouve détruite, l'huile se déposant au fond du flacon , et l'acide cristallisant contre ses parois.
Pour parer à cet inconvénient, les anciens distillaient la cannelle avec un decocte d'orge préalablement fermenté, ou avec du vin blanc. Dans les deux cas il se produisait une certaine quantité d'alcohol qui rendait la suspension de 1 huile permanente. On a pensé quon atteindrait ce même but en ajoutant à l'eau une dose déterminée d'alcohol rectifié ; et comme cette addition d'ailleurs n'est pas contraire aux propriétés toniques de l'hydrolat de cannelle , nous l'avons adoptée.
Eau disiillée de fleur d oranger. Prenez : fleur d'oranger récente 10 livres , eau 30 livres; distillez 20 livres. On fait au sujet de cet hydrolat une observation qui est à peu près générale pour tous : c'est qu'il y a de l'avantage à plonger les fleurs dans l'eau bouillante, au lieu de les mettre dans l'eau froide, et deles chauff-er graduellement jusqu'à l ébullition dans l'alambic fermé ; par le premier procédé , le produit est plus suave , plus transparent , et de plus longue conservation. On nomme l'eau obtenue avec les proportions indiquées , eau de fleur d'oranger double, bien qu'elle ne soit que d'une force convenable, et qu'il soit possible d'en obtenir une beaucoup plus aromatique en ne retirant que la moitié du produit. Celle-ci, qui ne devrait réellement porter que le surnom de double, est désignée par l'épithète de cjunJruple.
Eau distillée de lailue. La laitue cultivée est une plante tellement aqueuse , qu'il est presque inutile d'y ajouter de l'eau pour la distiller , et que son propre suc suffit pour fournir au produit et au résidu de l'opération. Pour y procéder, on met au fond de la cucurbite d'un alambic 5 litres d'eau , par exemple; on lait chaufler, et lorsque l'eau est prête à bouillir on y ajoute de la laitue parfaitement mondée et nettoyée, et on la tasse avec une spatule, en ajoutant de nouvelle plante jusqu'à ce que la cucurbite en soit presque remplie. On peut en ajouter ainsi 30 ou 40 livres; on couvre la cucurbite du chapiteau; on adapte le serpentin , et l'on distille la moitié autant d'hydrolat qu'on a employé de plante. Cet hydrolat jouit d'une odeur forte et vireuse , et est employé comme calmant. Il contient du nitrate d'ammoniaque qui est un des sels constituansdcla laitue et des autres plantes cultivées dans les terres fumées, avec les débris organiques des grandes villes. MM. Ader et Quesneville ont examiné dernièrement une eau distillée de laitue qui avait été préparée par quatre cobobations successives, et qui contenait du nitrate de plomb proven.int de la décomposition du nitrate d'ammoniaque par le (jlomb oxidé du serpentin. Ce fait, peu favorable au procédé de ces cohobations, montre d'ailleurs la nécessité d avoir des vases distillatoires en dtain aussi pur que possible , et celle de s'assurer par les hydrosidfutes , de l'absence de toute substance métallique dans les eaux (lislillces.
Eau distillée de laurier-cerise. Prenez : feuilles récentes et mondées de laurier-ecrise 1 livre, eau 4 livres; distillez I livre de produit. ^<?rMCsT7r
Les feuilles de laurier-cerise contiennent un principe vpiam^4rtîaTôgiiè~i celui des amandes amères, qui passe à la distillalion avec ^eE^et tombe au fond du produit distillé, comme le ferait une huile volatile \tin€-p]iLS gtaB^ pesanteur spécifique. Mais ce qui distingue cette substance d*HH& v.éi'itaWè ÎHiile volatile, c'est que si on la laisse, du jour au lendemain, séjourner au fond de l'eau distillée, elle s'y dissout à la manière d'un sel en lui communiquant une grande densité, et la dissolution devient complète 'par l'agitation. Lorsqu on désire se procurer ce composé , qui possède des propriétés éminemment délétères, il faut donc le séparer de l'eau presque aussitôt la distillation terminée; mais lorsqu'il s'agit d'obtenir l'eau distillée, nous pensons qu'afin d'obtenir un médicament constant dans sa composition, il convient de redissoudre la totalité de l'huile dans le produit distillé. Ainsi, pour préparer l'eau distillée de laurier-cerise, nous distillons autant d'eau en poids que nous avons employé de feuilles , et nous redissolvons dans l'hydrolat toute I huile produite. Cette composition contient alors , comme on le sait, une grande quantité d'acide hydro-cyanique formé par l'action réciproque des deux liquides ; aussi doit elle être administrée avee beaucoup de prudence.
Eau distillée de menthe poii'rée. Prenez : sommités fleuries de menthe poivrée 10 livres, eau 40 livres; distillez 20 livres. On obtient une eau de menthe poivrée double et beaucoup plus forte en se bornant à retirer 10 livres d'hydrolat.
On prépare de même les hydrolats d'absinthe, d'hysope , de matricaire , de tanaisie et de thym.
Eau distillée d'opium. Prenez: opium brut choisi 1 livre, eau 6 livres; distillez I livre d'hydrolat qui offre une odeur très-forte d'opium et qui paraît jouir de propriétés actives et même délétères ; mais on a fait peu d'essais pour les constater.
Eau distillée de roses. Prenez : roses dites des quatre saisons 20 livres, eau 40 livres ; distillez 20 livres d'hydrolat.
On prépare de même l'hydrolat de tilleul, et ceux, moins usités, de fleurs d'acacia, de muguet, de nénuphar, d'œillets , de tilleul, etc.
, (GniBouhT.)
EAUX MINERALES {Descrip. et analj 'ses). On donne le nom d'eaux minérales à des eaux naturelles qui sortent du sein de la terre chargées d'un certain nombre de principes qu'elles y ont puisés, et auxquelles on a reconnu des propriétés médicinales. On les divise en cinq classes principales, fondées
EAUX MINERALES.
sur la nature des substances qui leur communiquent leurs qualités les plus sensibles : ce sont les eaux acides non gazeuses, les eaux acidulés gazeuses, les eaux salines , les eaux ferrugineuses et les eaux sulfureuses . On dislingue , en outre, dans chaque classe les eaux dont ia température ne diffère pas sensiblement de celle de ratmospliére , que Ton noiumey/o/^/ti , de celles dont la température est évidemment plus élevée. Ces dernières, qui s'élèvent (jnelquefois jusqu'au degré de l'eau bouillante, portent la dénomination A'eaux t liermales .
Comme on peut bien le penser, la division précédente des eaux minérales en cinq classes n'est pas absolue et n'est que relative à la prédominence de tel ou tel principe sur les autres. Ainsi I , les eaux acides non gazeuses sont celles qui contiennent une quantité marquée d'un acide non effervescent, à l'état de liberté; telles sont l'eau du cralère-lac du mont Idienne, dans l'ile de Java , qui contient de l'acide sulfurique uni 'a une pelile quantité d'acide hydrochlorique ,. à du sulfate de soude et à du sulfate d'alumine , et celles du Rio vmagra de Popayan dans la Colombie , dans lequel on a trouvé, par litre , 1,080 grani. d'acide sulfurique, 0 gr., 184 d'acide bytlrochlorique , de l'alumine , de la chaux et des indices de fer. (Ann. chim. phjs., t. 27, p. 113). 11 faut comprendre dans la même classe les eaux des lagunes de Toscane , qui doivent leur acidité peu marcjuée à l'acide borique libre qu'on en extrait depuis quelques années pour les besoins du commerce.
II. Les eaux acidulés gazeuses sont celles qui contiennent une grande quantité d'acide carbonique libre , indépendamment des sels qui peuvent s'y trouver, et en supposant que ces sels ne soient pas ferrugineux ; car alors la saveur et les propriétés marquées de ces sortes de composés les font considérer comme eaux ferrugineuses. Ces eaux ont surtout pour propriétés de mousser et de pétiller par l'agitation , et de former avec l'eau de chaux un précipité blanc soluble avec effervescence dans les acides. Telles sont les eaux de Seltz et d'Alfter.
III. On nomme eaux salines celles qui contiennent beaucoup de sels non ferrugineux et non sulfureux, et abstraction faite de la faible proportion d'acide carbonique qu'elles peuvent tenir en dissolution. On distingue dans les eaux salines :
1°. Les eaux gypseuses qui sont saturées de sulfate de chaux ; elles ont un gaiit fade , précipitent abondamment le savon et durcissent les légumes par la cuisson ; telles sont les eaux des puits de Paris.
2<^. Les eaux magnésiennes , qui doivent leur propriété araère et purgative à la présence du sulfate et de l'hydrochlorate de magnésie; telles sont les eaux de Sedlitz, de Seydschulz et d'Égra eu Bohême, et celle d Epsom en Angleterre.
i". Les eaux salées , dans lesquelles domine le sel marin ou chlorure de sodium ; telles sont l'eau de la mer , les eaux de nos salines de l'est, celles de )3ourbonue les Hains , de Balaruc, etc.
4". Les eaux alcalines, qui offrent "a l'analyse une quantité assez forte de carbonate de soude , telles sont les eaux de Tœplitz, de Biliii et de Carlsbad en Bohême , et celles de "Vichy en France. 11 est à remarquer que ces eaux, qui contiennent assez de carbonate de soude pour qu'il fût avantageux de 1 en retirer par un travail en grand, sont toujours trés-chargées d'acide carbonique , et méritent autant de compter parmi les eaux gazeuses qu'au nombre des eaux salines.
5". Les eaux calcaires ou incrustantes , dans lesquelles il entre une si grande quantité de carbonate de chaux qu'elles recouvrent d'une croûte solide , en fort peu de temps, les objets qui s'y trouvent plongés; comme le carbonate de chaux ne peut être dissous dans ces eaux qu h l'aide d'un d'acide carbonique , il est encore certain qu'elles pourraient, jusqu'à un certain point , être comprises parmi les eaux gazeuses.
IV. On range au nombre des eaux ferrugineuses celles qui contiennent une quantité de fer sensible au goût et appréciable à l'analyse. Le fer s'y trouve ou à l'état de sulfate , comme dans l'eau de Passy sous Paris , ou à l'état de carbonate et dissous dans un excès d'acide carbonique, comme dans l'eau minérale de Provins. Ces eaux ont pour propriétés particulières de former un précipité bleu par le prussiate de potasse, de noircir par la teinture de noix de galle et d'offrir une saveur plus ou moins ferrugineuse.
V. Eutin , on nomme eaux sulfureuses celles qui contiennent de l'acide hydrosulfurique libre ou combiné , telles sont les eaux d'Engliien , d'Aix-la-Chapelle et de Barèges. Cgs eaux présentent une odeur et une saveur d'œufs gâtés et noircissent les tlissolutions de plomb et d'argent.
Nous dii ons peu de choses touchant l'origine des eaux minérales. L'opinion la plus probable veut qu'on les attribue à l'eau atmosphérique qui se précipite presque continuellement sur les montagnes sous forme de [)luie, de brouillards ou de rosée. Une partie de ce fluide coule à leur surface , ou sort de leurs flancs sous forme de sources et de ruisseaux; et cette eau, qui n'a parcouru qu'un faible trajet à travers les couches supérieures du terrain, n'a pu dissoudre ni un grand nombre ni une grande quantité de substances minérales : mais une autre partie de l'eau condensée sur les hauteurs tombe dans les fissures du sol et s'enfonce à des profondeurs d'autant plus grandes que, continuellement pressée par une colonne très-élevée de liquide, elle ne s'arrête que lorsqu'elle ne trouve plus aucun moyen de pénétrer plus avant. Tout nous porte a croire même que cette eau peut parvenir jusqu'aux couches incandesceutees du globe, et que c'est à sa vaporisation instantanée et à son action chimique sur les corps non oxidés cjui se trouvent à cette profondeur, qu'il faut attribuer les trembleuiens de (erre elles éruptions volcaniques. Lors([ue . par la nature compacte des couches intermédiaires, ou par suite de bouleversemciis qui ont obstrué
( ^"G ) EAUX MINÉRALES.'
les conduits primitifs , soit encore à cause du refroidissement lent et progressif du globe, l'eau ne parvient plus jusqu'à des couches d'une température assez forte pour la volatiliser avec effort et surmonter l'obstacle de la masse superposée, alors celte eau, seulement, mais fortement échauffée, et toujours pressée par la colonne qui pèse sur elle, remonte par d'autres conduits vers des points de la surface moins élevés que ceux d'où elle est partie , et en sort sous forme de sources chaudes , toujours plus ou moins chargée de substances minérales. Il est d'ailleurs facile de concevoir que la nature diverse des couches traversées, et la profondeur plus ou moins grande à laquelle parviennent les eaux avant de retourner vers la surface du globe, déterminent leur teuipérature variable et leur composition.
Ne jugeant pas que ce soit ici le lieu de nous étendre sur ces idées générales, nous passons à la description succinte des eaux minérales les plus usitées.
AcQui, ville du Piémont, sur la rive septentrionale de la Bormida , à dix lieues de Gènes et six d'Alexandrie. Ses eaux thermales étaient connues des Romains {Aquœ Statiellœ); elles forment plusieurs sources, dont l'une , située au milieu de la ville, offre une température presque constante de 75 degrés centigrades ; elle est faiblement sulfureuse , présente une pesanteur spécifique un peu supérieure à l'eau distillée ( 1001 : 1000) , et contient , d'après l'analyse de M. Mojon , pour chaque kilogramme d'eau :
grammes.
Chlorure de sodium 1,420
Hydrochlorate de chaux 0,314
Hydrosulfate de chaux 0,303
Les autres sources sont situées à cinq cents toises environ de la ville, sur le penchant d'une colline nommée ]e mont Strégone ; leur température n'est que de 38 à 50 degrés , et leur pesanteur spécifique est de 1000,9; du reste, ellesi diffèrent peu de la première. A queique distance d'Acqui se trouve encoreij l'eau froide de Ravanasco , située près du petit torrent de ce nom. Elle est beaucoup plus chargée d'hydrosulfate et paraît devoir mériter la préférence comme boisson dans la plupart des affections du système dermoide, tandis que les premièi-es, en raison de leur température naturelle , sont plus utilemenl employées sous forme de douches et de bains, non seulement contre ces maladies, mais encore dans le traitement des rhumatismes chroniques, des ankyloses , des douleurs articulaires, etc.
Aix , en Savoie ; petite ville située au pied du mont Revel , à deux lieues de Chambéry. La construction de ces bains remonte au temps des Romains. On y i distingue deux sources principales connues sous les noms d'eaux de soufre et d'eaux d'alun , quoique cette dernière ne contienne aucune particule de ce sel.
D'après une analyse de M. Socquet, les eaux desoufre contiennent beaucoup ' d'acide hydrosulfurique , de l'acide carbonique libre du chlorure de sodium, des carbonates de chaux et de magnésie, des sulfates de chaux, de magnésie' et de soude , de I hydrochlorate de magnésie et une matière organique azotée. Suivant le même chimiste , les eaux dites d'alun contiennent moins d acide hydrosulfurique et plus d'acide carbonique libre ; suivant d'autres observateurs, ces dernières contiendraient de l'acide sulfurique libre, ou , du moins , en formeraient dans l'atmosphère qui les entoure , par suite de l'action de l'oxigène sur les principes sulfureux qui s'en exhalent; mais cette assertion manque encore de preuves suffisantes [Journ. pharm. , tome 14, page 340). Ces eaux sont employées aux mêmes usages que les précédentes.
Aix-la-Chapelle, Jquœ Grani , très-ancienne et considérable ville de l'ancien tiépartement de la Roër, située à huit lieues de Spa et à ilouze de Cologne. Elle est célèbre pour avoir été la principale résidence de Charlemague , qui fit restaurer et embellir ses bains. La source principale de ses eaux , située au milieu de I hotel dit Bain de l' Empereur, marque 570, 3 au ihermoiuètre centigrade. Elles sont a la fois sulfureuses , salées , alcalines , et dégagent une assez grande quantité de gaz azote , de même que la plupart des eaux sulfureuses thermales. MM. Reumont et Mouhein ont obtenu d'un kilogramme de cette eau ;
grammes.
Chlorure de sodium 2,9697
Carbonate de soude 0,5444
Sulfate de soude 0,2637
Carbonate de chaux 0,1304
— — — de magnésie 0,0440
Silice 0,0705
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Les substances gazeuses contenues dans cette même quantité d'eau ne forment pas moins de 46,6 pouces cubiques; les auteurs avaient cru d'abord y trouver une combinaison particulière d'azote et de soufre ; mais ils ont ensuite reconnu qu'elles étaient composées de ;
ponc. ciib.
Azote 23,883
Acide carbonique 13,169
— — hydrosulfurique 9,548
D'après M. Lansberg, l'eau d'Aix-la-Chapelle contiendrait une proportion de gaz beaucoup moins considérable , et, comme d'ailleurs les autres résultats obtenus par ce pharmacienne s'accordent pas avec les précédens , il serait a désirer que l'on s'occupât de nouveau de l'analyse de ces eaux thermales. Al X en Provence , y-Zc/un; 6'ea;7m' , ancienne capitale de la Provence, fondie
lue
EAUX MIKERA.LES,
EAUX MINÉRALES
121 ans avant J.-C. , par C. Sextius Calvinus, proconsul romain. Il la bâtit clans un lieu rempli de sources chaudes, après avoir battu les Salies, peuples de la Liguric qui habitaient ces contrées. Les eaux surgissent aujourd'hui dans le local de Mayne ou Mayenne, où se trouve la maison des bains ; leur température varie de 32 à 34 degrés ; elles diffèrent peu de l'eau pure par leur densité, leur limpidité et leur défaut d'odeur et de saveur particulières ; elles n'offrent à l'analyse , par kilogramme de liquide , que :
Oxigène quantité indéterminée.
Carbonate de magnésie 0,4557
— ~ — de chaux 0,2604
Sulfate de chaux 0,1519
Matière organique onctueuse des traces.
L'analyse ne fait pas mention d'acide carbonique libre qui cependant doit y exister pour tenir les carbonates en dissolution. Cette eau ne contient ni sels alcalins, ni fer, ni soufre ( Annales chiin. , tom. 88 , p. 214. )
Alfteh, voyez Roisdorff.
Arles, petit village sur le Tec, à trois quarts de lieue d'Arles, département (les Pyrénées-Orientales. Ses eaux ont une température de 40 à 63 degrés. On dit qu'elles ne contiennent que de l'acide hydrosulfiirique, sans matières salines.
AuDiNAC , domaine situé h quatre kilomètres nord-ouest de Saint-Girons, ;départenient de l'Arriége. Les eaux qui s'y trouvent ont été analysées par |MM. Lafond , docteur en médecine , et Magnes , pharmacien à Toulouse. Elles ||niarquaient 20 degrés au thermomètre centigrade, l'air étant à 18,75. Elles ont [donné pour un kilogramme :
Acide hydrosulfurique quantité inappréciable.
grammes .
— — carbonique 0,020 1
Sulfate de chaux 0,7232
— — de magnésie 0,6510
Muriate de magnésie 0,3613
ï Carbonate de chaux 0,5263
— — — de fer ; . 0,0743
Bitume 0,0363
l; Perte 0,0649
Ax, ville située dans le département de l'Arriége, à quatre lieues de Tairascon. Oh y compte jusqu'à cinquante-trois sources d'eaux thermales sulfu- ^•euses, jaillissant des montagnes graniteuses qui environnent la ville. En 1200, pn y avait établi une léproserie qui n'existe plus. Il y a aujourd'hui trois ctablisseracnl de bains connus sous les noms du Coulouhrct , du Tcix et du Breil, dont les eaux ont été analysées par MM. Magnes Lahens et Dispan [Journal pharm. , tom. 9, p. 3 19.)
Voici les résultats de ces analyses qui s'accordent peu avec ceux obtenus précédemment par M. Pilhes , de sorte qu'il serait peut-être nécessaire de soumettre les eaux d'Ax à un nouvel examen.
Acide hydrosulfurique
Chlorure de sodium. . ......
Carbonate de soude desséché. . .
Matière organique azotée
Silice dissoluble
Silice non dissoute
Carbonate de chaux
Oxide de manganèse
Alumine ,
Fer et alumine
Magnésie
Eau et perte
Produit de l'évaporation à siccité.
EAU
EAU