EAU , 387 LIVRES
EAU, 1 livre.
EAU
l KILOCRAM.
grains .
Sidfate de soude cristallisé. . 402 Carbonate de soude sec. ... 115
Matière organique grasse. . . Id.
firain.s.
gramme.'.,
Du grand nombre d-'expériences que renferme le mémoire de Bayen , je ne citerai que celles qui achèveront de déterminer la nature de l'eau de la grotte de Luchon : I» cette eau distillée dans un alambic de verre , ne dégage qu'iuie quantité imperceptible d'hydrogène sulfuré; 2° une ]iàrtie de l'alcali minéral s'y trouve non carbonaté et combiné, d'une part au soufre, de l'autre à la matière grasse; 3° l'eau ne contient pas de sels terreux, et leur présence est impossible en raison de la quantité d'alcali libre et carbonaté qui s'y trouve. Ces résultats sont opposés à ceux plus récens de M. Save, qui a cru reconnaître que les eaux de Bagnères de Luchon devaient exclusivement leur qualité sulfureuse à Vacide hydrosulfurique et à ceux de M. Poumier, qui en a retiré de l'acide hydrosulfurique et de l'acide caibonique, de l'hydrochlorate et du sulfate de magnésie, du sulfate et du carbonate de chaux , etc. Ces derniers résultats ont été condamnés d'avance par Bayen , comme on vient de le voir; et quant à l'assertion de M. Save , je ferai remarquer que c'est un peu disputer sur les mots que de prétendre que le soufre se trouve dans les eaux, de Luchon à l'état d'acide hydrosulfurique et non sous celui de sulfure ; car dès que ces eaux sont manifestement alcalines , comme M. Save l'a reconnu lui-même , il est difficile
EAVX MINIÉRALES.
EAUX MINléRALES.
d'imaginer que Tacide hydrosulfuriqne n'y soit pas saturé par l'alcali et à l'état d'hydrosulfale ; or il n'y a aucune différence entre l'hydrosulfate de soude et le sulfure de sodium dissous , et les expériences de M. Save conviennent tout autant au second qu'au premier. Il est du reste évident que l'analyse de Bayen demande à être refaite , afin de déterminer la quantité d iiydrosulfate de soude et celle de la matière organique , dont les propriétés n'ont été aussi que vaguement indiquées.
Bagnoles, village du département de l'Orne, près de Domfront, à cinquante lieues de Paris. Ou y trouve une eau faiblement sulfureuse, d une température de 26 à 28 degrés centigrades qui dégage continuellement une grande quantité d'azote mêlé d'acide carbonique, et dans laquelle iMM. Vauquelin et Thierry ont trouvé du sel marin et des quantités presque insensibles de sulfate de chaux et d'hydrochloratcs de chaux et de magnésie {Bulletin de pluirm., t 6, p. 72). On trouve également à Bagnoles des sources froides d eau gazeuse ferrugineuse.
Bacmols , village du département de la Lozère , à deux lieues de Meiidc. Les eaux sont sulfureuses et chaudes de 43 degrés. On y a trouvé de l'acide hydrosulfuriqne en grande proportion, du sulfate de chaux . de l'hydroohlorate de magnésie, de 1 hydrosulfate de fer et surtout une substance organique azotée qui s'y trouve combinée avec le carbonate de soude.
Nota. De même que dans les eaux de Luchon , la présence du carbonate de soude semble devoir exclure la présence des sels calcaires et magnésiens solubles.
Bains , bourg du département des Vosges, à trois lieues de Plombières, et dont les eaux salines et thermales offrent beaucoup de ressemblance avec celle de cette dernière ville, il y en a plusieurs sources dont la température varie de 23 à 66 degrés. De même que pour les eaux de Luchon , c'est la source la plus chaude qui doit être prise pour type des eaux des bains , les autres devant provenir du mélange de la première avec des eaux superficielles d'une composition commune.
11 y a un autre bourg du même nom dans le département des Pyrénées Orientales , qui offre aussi des eaux minérales ; remarquons d'ailleurs que les noms précédens de Bad , Bngnols ou Bagnoles et Bagnères , ne signifient autre chose que bain , de même que Acqui , Aix , Ax , Dax , sont des dérivés A'aqua.
Balari'c, bourg du département de l'Hérault , à quatre lieues au sud de IMontpellier, qui offre des eaux salines thermales d'une température de 47 degrés. Plusieurs chimistes également recommandables en ont fait des analyses assez différentes , sinon sous le rapport de la nature des élémens , au moins sous celui de leur quantité , ce qui peut s'expliquer par la diversité des sources analysées ; ne pouvant décider la question, nous nous bornons à offrir le tableau des résultats obtenus.
riGUIER.
BIIONGWIART.
ST.-PIEllBE.
pouct;s cubes.
pouces cubes.
Hydrochlorate de magnésie. . . .
de chaux
grammes.
7,417 0,903 1,375 0,092 1,167 0,700 quant, inap.
grammes, 6,25
Barèges, village du département des Hautes-Pyrénées , situé au milieu des montagnes, dans un pays triste et qui n'est habitable que pendant queltpies mois de l'année; onycoaipte trois sources principales sullurenses , dont la température varie de 30 à 45 degrés centigrades , et qui fournissent de l'eau à plusieurs établissemens de bains. Quoiqu'elles aient été analysées par un grand nombre de chimistes , la composition n'en est pas encore parfaitement connue, en raison de la discordance que l'on observe entre leurs résultats. Voici , par exemple, ceux de l'analyse faite par M. Poumier (Ânn. de cliim., t. 92, p. 324): Eau de Barèges , 1 kilogramme.
gra mmes.
Sulfate de chaux 0,1115
— de magnésie 0,0690
Carbonate de chaux. . . . • 0,0478
Chlorure de sodium 0,0292
Hydrochlorate de magnésie 0,0266
Silice 0,U106
Soufre 0,0080
Matière organique azotée quantité inapprée.
Perte 0,0106
Ces résultats sont exacts , au moins quant à la petite quantité de matière fixe qu'ils indiquent dans l'eau de Barèges; mais il est à remarquer que M. Poumier a retiré de la presque totalité des eaux sulfureuses qu'il a examinées des quantités considérables de sulfate de chaux; de sulfate et d'hy drochlorate de magnésie, etc.; de sorte qu'il est possible que quelque cause d'erreur se soit glissée dans ses opérations. M. Borgella, médecin des eaux de Barèges, d'après
des résultats communiqués à M. Alibert, y avait trouvé, antérieurement, ainsi que l'avait fait Bayen pour les eaux de Luchon, du sulfure et du chlorure de sodium , du carbonate de soude , une terre et une substance grasse. Ces résultats sont plus conformes à ceux qui ont été obtenus par M. Lougchamp , car ce chimiste a retiré du protluit des eaux de Barèges évaporées, du carbonate, de l'hyposulfite, de l'hydrochlorate et du sulfate de soude, plus des quantités minimes de carbonates de chaux et de magnésie , un peu de silice et quelques atomes d'une matière animale nommée Bai é^ine ; mais ce que nous ne pouvons accorder à M. Longchamp , c'est que le carbonate de soude obtenu soit un produit de l'évaporation , et que toute la soude du carbonate soit à l'étal caustique dans l'eau de Barèges (voyez les Annales de Chimie el Physique j t. 19, p.. 188 et t. 22, p. 156). Il nous semble au contraire que M. Anglada a prouvé sans réplique l'existence du carbonate de soude dans l'eau de Barèges (voyez mêmes Annales, t. 20, p. 252 ).
Bath, ville d'Angleterre dans le Sommersetshire, à quarante quatre lieues ouest de Londres. Ses eaux thermales sont très-anciennement connues et trèsfréquente'es. Leur température est d'environ quarante-six degrés. Voici le résultat de leur analyse, faite par M. Philips, avec la correction indiquée par M. J. Murray ( Annales Chiniic/ues , t. 96, p. 268 ). Afin de rendre cette analyse comparable aux autres , nous l'avons réduite au kilogramme et au gramme.
EAU DE BATH, l KILOGRAMME.
d'après M. PHILIPS.
d'après M. MURRAY.
litres.
I lires,
grammes .
grammes.
i f i in
La première colonne de chiffres donne les résultats de l'analyse, tels que M. Philips les a obtenus ; mais M. Murray ayant observé : 1" que la plupart du temps les sels ainsi obtenus sont produits par l'analyse et en quantité variable, suivant les proceilés mis en usage; 2° que ce sont en général les sels les plus insolubles qui puissent se former entre les diverses combinaisons des acides et des bases contenues dans l'eau minérale ; 3° enfin, que ces sels sont peu propres à expliquer les propriétés souvent très-actives des eaux minérales ; il a pensé qu'on représenterait bien mieux la véritable composition de ces eaux en com-' binant les acides et les bases de manière à remplacer les sels insolubles par de» sels solubles. Par exemple , M. Philips a trouvé dans l'eau de Balli un gramme 2317 de sulfate de chaux, dont 0.5200 ont pu être produits , ainsi que Ies0,4516 de chlorure de sodium, pendant l'évaporation à siccité, parla réaction deO,42'i3 de chlorure de calcium, sel existant primitivement dans l'eau minérale, sur 0,5474 de sulfate de soude. Or , il est certain que cette quantité de sulfate de soude jointe à celle trouvée par l'analyse, et le chlorure de calcium, sont plus propres à justifier les qualités purgatives el fondantes de l'eau de Bath que le sulfate de chaux et le sel marin. Tout nous porte donc à croire que telle est en effet la composition naturelle de l'eau de Balh.
Bonnes, petit village à 7 lieues de Pau, |)rès la vallée d'Ossan , département des Basses r'yrtnées. Ses eaux sulfureusees marquent de 26 à 37 degrés centigrades. Elles ont été analysées par M. Poumier, sur les lieux mêmes, et par M. O. Henri, à Paris, ce qui peut expliquer en partie la différence des résultats obtenus par ces deux ex|)érimeiitateurs. Voici le tableau comparatif de ces deux analyses. {Journal de l'harmacie , t. 1 , p. 233 , et t. 12 , p. 285. )