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ECCHYMOSE

tages pécuniaires qui en furent le produit suscitèrent une concurrence qui lourna au profit de la science et de 1 humanité; car la rivalité , qui était inéviliible entre ceux qui débitaient en bouteilles les eaux minérales naturelles , et ceux qui les imitaient par les moyens chimiques , fit dire , de part et d'autre, lies vérités , qui, bien que sortant d'une source un peu suspecte , l'intérêt personnel, n'en ont pas moins porté des fruits que nous recueillons mainten^mt.

Les fabricans d'eaux minérales factices ont avancé que leurs eaux étaient égales , pour la plupart du temps , et souvent supérieures en vertus aux eaux naturelles transportées loin des sources; qu'en effet, celles ci perdaient d'abord leur température, et laissaient évaporer ou précipiter une portion plus ou moins consiilérable des substances qu'elles tenaient en dissolution ou en sus- ])ension ; que les eaux factices , au contraire, pouvant être préparées extemporanément , et modifiées à volonté pour la nature et la proportion de leurs élémens , présentaient des médicamens plus certains dans leurs résultats.

11 faut convenir que, dans cette discussion , le bon côté n'était pas pour les champions des eaux naturelles. Ils n'avançaient, sans autre moyen de défense , que des croyances ridicules et surannées contre des adversaires appuyés sur les sciences exactes . et devant un siècle essentiellement observateur et positit. En vain prétendaient ils que les eaux naturelles perdaient moins vite leur calorique que les eaux artificielles ; l'impitoyable expérience les démentait, et le bon sens reprenait à sou tour que cet avantage, eût-il été réel , devenait nul lorsqu'on ne prenait pas les eaux h la source même. Venaient-ils à vouloir établir que les eaux minérales thermales agissaient plus doucement sur les parties vivantes , et même sur les substances mortes , et que les malades les supportaient , en bains et en boisson , à une tem|)crature plus élevée qu'ils ne pourraient le faire de l'eau échauffée à un foyer ; qu'une rose trempée dans une eau thermale bouillante en sort fraîche et vermeille, tandis que la fleur plongée dans l'eau échauffée sur le feu, y est en un instant flétrie et cuite. On leur faisait lire dans le mcaie ouvrage , quelques pages plus loin, que les œufs cuisent en cinq minutes dans ces sources, et que les bouchers s'en servent pour ochauder leurs viandes ; et on les sommait de rendre compte de semblables contradictions , et de motiver leurs croyances sur des faits au moins plus vraisemblables.

Mais si les partisans des eaux artificielles ont eu raison dans ce qui précède , ils ont eu le tort de vouloir présenter leurs produits comme pouvant remplacer les eaux minérales prises à la source. En effet , et la vérité importante qui jaillit de cette lutte entre deux intérêts opposés, est presque aussi funeste aux uns qu'aux autres ; en effet, disons-nous, les eaux factices peuvent bien purger les malades , provoquer les sécrétions unnaires ou cutanées ; mais elles ne leur procureront jamais les résultats du voyage, de l'e.xercice à pied et à cheval , du calme de l'esprit, et de la distraction qu'on trouve à Bourbonne, à Bagnères, à Bade ou à Vichy. Croit-on qu'un bain sulfureux ait besoin, pourètre salutaire, de renfermer exactement les proportions qui constituent les eaux de Barèges. Peut-on penser qu'il existe une différence réelle pour les effets entre une bouteille d'eau de Sdiz naturelle ou artificielle, et ce que les Anglais appellent soda w.Her, c'est-à dire dans une solution de sous-cai bonate , ou mieux de bicarbonate alcalin , qu'on décompose par l'acide citrique ou acétique, de manière à en dégager l'acide carbonicjue?

Telles sont les raisons qui , jointes à beaucoup d'autres, que le lecteur suppléera facilement s'il veut étudier la matière avec quelque attention , doivent rendre difficile dans le choix des preuves , et ramener sans cesse à l'examen sévère du bon sens éclairé par les progrès des sciences ph}'siques, les faits qui s'écartent des lois connues de la nature. Aussi , les médecins éclairés, qui ne s'en laissent point imposer par des noms ou par des mots, pen^cut-ils géiiéialement :

fo. Qu'on est parvenu à l'imitation assez exacte des principales eaux minérales connues, et qu'il serait facile d'imiter toutes celles que l'on jugerait utile de préparer artificiellement ;

2°. Que les eaux minérales factices peuvent, non seulement remplacer les eaux naturelles transportées loin des sources , mais que même elles leur sont préférables, parce qu'elles n'ont pas à subir comme elles les altérations provenant du refroidissement et du transport, et qu'en outre, elles sont moins chères : circonstances qui ne devrait influer en rien s'il y avait quelque différence réelle dans les propriétés;

4". Qu'elles ne peuvent pas remplacer les eaux minérales naturelles prises à la source, parce qu'il leur manque ces conditions appelées accessoires ; mais qui, pour tout médecin qui réfléchit, sont considérées comme principales ; qu'elles auraient les mêmes résultats si elles étaient prises de la même manière, mais bien réellement de la .nême manière ;

Que l'imitation minutieuse des nombreuses eaux minérales que l'on connaît , serait une véritable supeifliiilc, un travail perdu. Que même l'imitation servile de celles qui jouissent de la plus grande faveur n'est pas véritablement d'un grand a\ anlage ;

6°. Enfin , que si les médecins éclairés, pour qui la pratique n'est pas de la routine , emploient peu les eaux naturelles , et prescrivent sans détour aux malades un voyage qu'ils croient riécessaiie à leur santé, ils prescrivent encore moins les eaux artificielles et se bornent à faire préparer extemporanéraent les solutions de sels , ou d'autres substances dont ils croient pouvoir tirer parti, soit en boissons , soit en bains. Car ils ne voient dans les eaux , tant naturelles que factices, que ce qu'on y peut voir eflTeetivement lorsqu'on regarde sans prévention et sans intérêt personnel , sa\oir des solutions tle sels, dtf substances minérales, de gaz, etc.; en un mot, véritables composés médicamenteux qui ne sont en rien supérieurs à ceux que l'on prépare dans les oflicines de pharmaciens.

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( Akdral et F. R.iTiiîR. )

ECCHYMOSE , s. f. ; de cz;^j//co7f5 ; de fx, deliors , et x'-'/^'^i lumeur ; infiltration de sang dans les aréoles du tissu cellulaire. Ce n'est pas là , comme on voit racceplion étymologique tout entière de ce mot; mais enfin c'est celle que l'usage a consacrée dans la science , et force nous est bien de nous y conformer ici.

L'ecchymose siège plus ou moins profondément, suivant l'intensité variable de la cause qui lui a donné naissance , et sui\ ant les tissus affectés.

Des influences nombreuses et variées donnent naissance aux ecchymoses; les unes sont évidemment le résultat île l'action d'ime violence extérieure sur nos organes et sur les vaisseaux qui les arrosent , les autres , au contraire , sont le produit de causes internes , c'est-à-dire dont l'essence nous échajipe complètement. Dans la première classe nous devons ranger : les ecchymoses produites par les coups , les chutes, les compressions exercées sur la surface du corps , le vide fait sur un point de la peau , soit à l'aide de la machine pneumatique, soit à l'aide de la bouche, comme dans la succion ; celles qui résultent de certaines opérations chirurgicales, telles que la cataracte , la taille , les saignées générale ou locale , etc. A la seconde classe , au contraire , se rapportent les ecchymoses ipii surviennent chez les individus débilites par les fièvres graves , le scorbut , le séjour dans des lieux bas et huinides; celles qui surviennent au loin chez les individus affectés de phlébites ; et enfin quehpies autres dont l'origine est encore enveloppée île la plus profonde obscurité, ecchymoses dont MM. Rieux et Baumes ont rapporté quelques exemples; les premières sont presque toutes les produits de ruptures ou de sections vasculaires ; par conséquent , il est facile de concevoir comment dans ces cas le sang s'épanche hors des vaisseaux, et s'infiltre au dehors; les secondes paraissent consister en une exhalation ou transsiulation du fluide nutritif à travers les porosités vasculaires. Deux circonstances bien dissemblables , et fort importantes à noter, peuvent causer la transsudalion sanguinolente que je vieiis de signaler : l 'Ic vide fait sur les vaisseaux, le sang conservant ses qualités physiques j 2" une

lÉCLAMPSIÈ.

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