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AGACEMENT

AGALACtiE.

lement des dififérences essentielles dans l'emploi de ce moyen qui , nous le répétons, n'a qu'une propriété relative d'excitation ou de sédation.

Nous avons dit que l'eau employée aux affusions devait avoir une température de 10 à 15o Réaumur, mais Cette température n'est pas de rigueur fixe. Il est quelquefois nécessaire d'employer une eau plus froide, comme il conviendrait aussi d'en élever la température si le malade était trop faible oi^ trop susceptible. Peut-être même serait-il convenable , dans la majorité des cas , de commencer l'affusion par quelques ondées d'eau tiède ou dégourdie.

Il est de même impossible de limiter d'une manière générale le temps que doit durer l'opération. Ce temps ne peut être déterminé que par les effets que produisent les affusions , et ces effets sont subordonnés eux-mêmes à la susceptibilité du malade , à l'intensité de la maladie et à la force de réaction de l'individu. Quelquefois huit ou dix effusions suffisent, d'autres fois vingt ou trente sont nécessaires , et il peut être indispensable d'y revenir encore.

Pour recevoir une affusion, le malade sera placé dans une baignoire vide ou ne contenant que fort peu d'eau, si l'affusion a lieu sur le tronc ou sur toute la surface du corps; remplie aux deux tiers environ , si c'est sur la tête ou sur les parties supérieures qu'on la pratique. Dans quelques circonstances , il sera bon que l'eau contenue dans la baignoire soit d'une température plus élevée pour joindre ainsi une sorte de dérivation à l'effet sédatif des affusions. C'est surtout dans les affections cérébrales que cette précaution peut être utile. Dans les affusions locales , les parties que l'on veut préserver de l'action du liquide devront être garanties au moyen de taffetas ciré. L'appareil étant disposé , on prend l'eau dans un vase à large ouverture, capable d'en contenir plusieurs livres, et on la verse d'abord lentement , ensuite plus promptemeiit sur la partie.

On doit avoir soin de ne mettre que le moindre intervalle possible entre une affusion et celle qui doit la suivre , car il est important de ne pas laisser , dans cet intervalle, se reproduire les phénomènes de réaction et d'exacerbation.

Après l'opération, le malade sera essuyé avec des linges chauds, et replacé dans son lit.

Il nous resterait à parler des affusions chaudes , mais les détails relatifs à cet objet trouveront plus naturellement leur place aux articles Bain d'ondée , Bain EN HAPPE, Douche, Lotion , etc. (Fojrez ces mots.)

Les auteurs qui ont traité spécialement des affusions et que le lecteur pourra consulter avec le plus de fruit , sont les suivans :

Hippocrate. De licjuid. usu. Edit. Foesio , sect. 4.

Athill. Dissert; atque observ. quœdam de usu aquze frigidae externo , Edimb., 1778. . Byam. Disserl. de usu aquae frigidœ exterao, Edimb. , 1778. Wriglit. London Médical Journal, 1786.

Grundeler. Diss. de aqufe frigidae usu medico-extern. , 1788. Valentiru. Journal général de Médecine , lome 40 , 1795.

Currie. Traité des AjFusions , Liverpool, 1798; et Médical reports, on the elTects of water , etc. , vol. 2 , 1804. Les praticiens trouveront dans cet important ouvrage des préceptes et des faits propres i les éclairer sur l'emploi des affusions.

Pavet de CourteUle. Emploi des affusious froides , tbèse , 1813.

Voucet. Nouv. Bibliothèq. médical, vol. l«r, 1828. (P. JOLLY.)

AGACEMENT. De «xk^sc/, aiguiser. Ce mot, pris dans son acception la plus générale, exprime la sensation désagréable qu'éprouvent les sens à l'occasion de tout excitant capable d'accroître la susceptibilité , et de rompre en quelque sorte l'harmonie du système nerveux. L'agacement est un effet de la sensibilité moins intense que la douleur, mais plus vif que le chatouillement; c'est, suivant l'ingénieuse expression de Buffon, le dernier degré du plaisir.

Les individus mélancoliques , ceux qui sont aigris par des passions concentrées , telles que l'envie , la jalousie, la haine , l'ambition; ceux qui sont habituellement livrés à des méditations d'esprit, ceux qu'une éducation molle a rendus plus sensibles à toutes les causes physiques ou morales d'excitation y sont plus particulièrement disposés.

Tous les sens peuvent , dans leur exercice , éprouver les effets de l'agacement. La vue d'une architecture disparate , d'une composition vicieuse ou de mauvais goût; le bruit d'une scie , d'un corps métallique , le cri de la douleur, une voix : fausse ou fêlée ; le style haché , la poésie discordante d'un mauvais écrivain , le contact de vêlemens laineux ou incommodes , etc. , sont autant de causes d'agademenl.

, Toutefois , dans aucun de ces différens cas , l'agacement n'est incompatible avec la santé , bien qu'il indique une exagération de la sensibilité.

! Observé chez des individus souffrans, menacés de maladies aiguës ou atteints de maladies chroniques , l'agacement ne doit plus être considéré corûme un simple effet de l'impatience ou de l'irritabilité du sujet , mais bien comme un symptôme de maladie , et mérite sous ce rapport quelque attention de la part

1 du médecin. Les organes qui sont le siège d'un travail morbide quelconque, en ressentent plus particulièrement les effets. Il est difficile de se pei'suader , sans l'avoir éprouvé, jusqu'à quel point l'agacement se fait sentir dans l'appareil urinaire , chez les sujets atteints de catarrhe vésical ; je n'oublierai jamais non plus l'expression énergique échappée à l'impatience d'un malheureux phthisique

[ qui entendait le bruit d'un râteau de jardin sous ses fenêtres : Il me semble , disait-il , que cet homme promène les dents aiguës de son râteau sur les plaies vives de ma poitrine. Toutes les parties douloureuses externes, telles que les

! plaies, les ulcères , peuvent également éprouver les effets de l'agacement.

Les phénomènes physiologiques de l'agacement sont ceux d'une irritation nerveuse plus ou moins vive , tels que des horripilations de la peau , des hérissemens des cheveux, le froncement du front et des sourcils, des mouvemens brusques du corps et des membres , en un mot des actes spontanés d'excitation

I dont il importe de rechercher la cause dans l'état morbide des instrumens même de la sensibilité.

La volonté peut, jusqu'à un certain point, maîtriser cet effet d'une sensibilité exaltée, en détournant l'attention actuellement occupée d'une cause quelconque d'agacement , pour la reporter vers tout autre objet. La sollicitude du médecin et des personnes qui entourent l'individu qui l'éprouve , doivent également veiller à cette susceptibilité nerveuse qui y prédispose , et chercher à en prévenir les effets , par tous les moyens capables de le modérer.

Des boissons délayantes et rafraîchissantes, des bains ticdes ou froids, un régime végétal , une vie active et occupée qui puisse mettre en exercice les sens , et dépense pour ainsi dire au-dehors le surcroit de sensibilité dont ils sont doués , peuvent concourir à modérer les effets de l'agacement. On sent du reste que l'agacement coïncide avec un état pathologique qui exagère la sensibilité générale, ce doit être vers la cause elle-même qu'il convient de diriger les médi. cations. C'est sous ce rapport que l'agacement mérite plus d'attention que l'on n'en accorde généralement à cet état dans la pratique.

Agacement des devis iStupordentium. Indépendamment de la sensation désagréable , mais passagère , que produit sur les dents l'action des causes indiquées ci-dessus , le même effet peut être dii à une cause locale, persister plus ou moins long-temps après cette même cause , et constituer ainsi une sorte de maladie de l'appareil dentaire. Le plus ordinairement cet effet résulte de l'usage d'alimens acides, et particulièrement de ceux qui contiennent une certaine quantité d'acide oxalique , tels que l'oseille , la groseille , etc. On a pensé que , dans ce cas , l'agacement tient à un premier degré de ramollissement ou de dissolution de l'émail par des acides qui pénètrent ainsi jusqu'aux extrémités de la substance osseuse des dents qu'il irrite , qu'il agace ; mais il nous paraît beaucoup plus probable que l'action se passe sur l'émail même de la dent , que l'on a peut-être dépouillé un peu trop gratuitement de la vitalité.

Cet état a pour effet principal de faire éprouver une sensation désagréable sur l'arcade dentaire , lorsque l'air entre brusquement dans la bouche ou lorsque l'on e.xerce le mouvement de mastication.

Les moyens qui ont été proposés contre cette espèce d'agacement sont : les frictions sur les gencives avec du marc de café, l'application d'un fer chaud sur ces parties, la mastication des feuilles de pourpier, et surtout l'emploi des carbonates de chaux , comme propre à opérer la neutralisation du principe acide qui cause la maladie. Pour atteindre ce but, il suflirait encore de faire usage du fromage qui contient des principes alcalins.

Le plus ordinairement d'ailleurs celte incommodité se dissipe d'elle -même , lorsque la cause qui l'a provoquée a cessé. ( P. Jolly. )

AGALACTIE, agalactia. Absence du lait, suppression du lait. Elle est toujours supposée sous l'intlueuce de causes indépendantes de la femme, et c'est surtout ce qui distingue l'agalactie de l'ablactation , qui est une suppression provoquée, ou même l'acte par lequel on cherche à l'obtenir.

L'agalactie ne doit point être confondue avec la rétention du lait dans la mamelle , cause ou effet d'inflammation , et qu'on désigne vulgairement sous le nom de poil ( voyez Mastoïte ) ; mais il est souvent difficile de dire s'il y a sim* plement rétention ou suppression dans certains cas , peu importans à la vérité. Ainsi , il arrive souvent qu'un animal domestique ne fournit point de lait au trayage s'il est affecté par la présence d'un objet inaccoutumé , d'une personne dont il n'a pas l'habitude; de même aussi , une nourrice dont la pudeur est trèssusceptible , ou qui est naturellement fort timide, ne peut faire couler et encore moins jaillir son lait eu présence du médecin , quoiqu'elle le fasse aisément en toute autre circonstance. C'est un phénomène analogue à beaucoup d'autres que présentent les sécrétions et les excrétions dans l'économie animale , et qui n'est point du tout sous l'influence de la volonté. Cette agalactie , ordinairement passagère , peut devenir durable si l'affection morale est portée fort loin, une vive frayeur agit quelquefois ainsi ; il est douteux que le froid et la compression puissent produire de semblables effets. Ce sont là cependant les faits qu'on a regardés comme des exemples de métastase , dans lesquels le lait répercuté allait affecter morbifiquement des organes éloignés. Avant de discuter cette opinion , nous devons rappeler que la suppression du lait est aussi un effet naturel de la suspension ou de la nullité de l'allaitement, surtout si quelque moyen déplétif ou dérivatif est en même temps employé. ( Voyez Ablactation. )

Le plus souvent, disons-nous , l'agalactie est consécutive à une maladie plus ou moins grave; elle en est l'effet et non la cause. Une fièvre violente , quelle qu'en soit la nature , une inflammation considérable du péritoine , de la matrice, des plèvres, des poumons, du tissu cellulaire, de l'encéphale, entraînent presque inévitablement l'agalactie. On voit alors les mamelles ne point se tuméfier si le mal commence peu après la partiuition , s'affaisser si déjà la sécrétion du lait avait eu lieu , mais jamais pourtant au point de ne plus contenir de lait. Il y a résorption sans doute , mais cette résorption est peu de chose , et la flaccidité des mamelles tient surtout à ce que la sécrétion manque. Ce n'est donc pas le lait qui circide alors en réalité dans la masse du sang, c'est le sang qui est privé d'une espèce d'émonctoire , et c'est sous ce rapport que l'agalactie est un signe défavorable , une circonstance aggravante du mal principal.

Lorsque l'affection sous la dépendance de laquelle l'agalactie a paru commence à diminuer, le lait commence aussi d'ordinaire à remplir les seins; mais si la maladie a duré quelque temps, si elle a nécessité des saignées . et si l'on ne fait rien pour rappeler le lait , l'agalactie persiste pour l'ordinaire.

La grossesse n'est pas toujours une cause d'agalactie ; mais la proposition contraire ne doit pas non plus être adoptée strictement. On a vu des femmes enceintes nourrir un enfant de leur lait jusqu'au moment même de la parturition ; et nous en avons vu d'autres ne soupçonner une grossesse jiins ou moins avancée qu'à la suppression du lait qu'elles avaient jusque là abonilamment

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