‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 22 sur 234 · AGARIC · texte numérisé non relu

AGARIC

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AGE

fourni. Quelquefois cette suppression se manifeste des le premier mois , d'autres fois elle n'a lieu que vers le septième, etc.

Il n'est pas toujours possible de rappeler la sécrétion du lait, surtout quand elle s'est supprimée graduellement et sans cause connue , comme on le voit chez certaines femmes à une époque plus ou moins éloignée de leur couche , malgré le soin qu'elles ont de présenter le sein à leur enfant. Ce soin est un des principaux à prendre pour prévenir l'accident dont nous parlons , et lorsque la mauvaise conformation des mamelons , des crevasses douloureuses , une mastoïte le rendent impraticable , il faut chercher à y suppléer par la succion artificielle, etc. (voyez Allaitemeht ). Aucun autre moyen ne jouit d'autant d'efficacité , et il existe des exemples authentiques de l'établissement d'une véritable sécrétion de lait chez des vierges, de vieilles femmes , des enfans, des hommes mêmes, à la suite de succions réitérées. Aussi ce seul procédé suffit- il presque toujoui-s pour rappeler le lait chez des nourrices qui ont sevré leur onfaut depuis plusieurs semaines.

On conseille généralement aux nourrices menacées d'agalactie , l'usage d'alimens substantiels , mais non exclusivement tirés du règne animal ou végétal, d'éviter les acides, etc. M. Desormeaux a vu quelquefois l'anis , le fenouil , les lentilles accroître la quantité du lait; la plupart des autres moyens dits galacto-poiéliques , galactophores , lactigènes, sont sans efficacité. On conçoit cependant que des frictions sur les mamelles, la chaleur excitée localement, etc., puissent aider au retour de la sécrétion du lait. Il serait difficile de dire jusqu'à quel point il en est ainsi de la ventouse appliquée sur toute la mamelle , à l'imitation d lîippocrate.

Quand Tagalactie résiste à tous les moyens, il faut bien se décider à sevrer l'enfant s'il en est susceptible, ou à lui procurer une autre nourrice , un autre mode d'allaitement. On ne doit même pas tarder beaucoup à y pourvoir; car, indépendamment de l'amaigrissement, des coliques, de la diarrhée de matières vertes qui indiquent le défaut ou la mauvaise qualité du lait , on voit fré- (fuemment se développer alors des aphthes qui deviennent promptement funestes si l'on ne se hâte d'y remédier.

Les nourrices mercenaires cachent souvent l'agalactie qui nuit à leurs inlérêts. L'état de l'enfant, tel qu'il vient d'être énonce, et auquel s'ajoutent bientôt la sécheresse et la chaleur de la peau , la fera d'abord soupçonner : on pourra facilement s'assurer alors que les mamelles de la nourrice ne se distendent point, comme de coutume, plusieurs fois par jour, et qu'elles ne fournissent que quelques gouttes d'un lait souvent clair et séreux , quelquefois :iussi , au contraire, épais et d'un blanc très-mat ou jaunâtre , mais alors moins abondant encore. ( Ant. Dugès. )

AGARIC, s. m., substance molle, spongieuse, préparée avec la chair fongueuse d'une espèce de champignons {boletus igniarius) , et dont on fait usane en chirurgie contre les effusions sanguines extérieures. Afin d'avoir le bon acraric, on écorce le champignon qui doit le fournir, on en coupe la substance intérieure par tranches , que l'on bat avec un maillet de bois , en les mouillant d'abord de temps à autre, puis h sec, jusqu'à ce qu'elle devienne douce, moelleuse, exempte de durillons, et susceptible d'absorber promptement les liquides.

Cette substance fut introduite en chirurgie comme moyen hémostatique vers le milieu du siècle dernier. Brossard, chirurgien de Chartres, crut avoir trouvé en elle un puissant astringent, ou plutôt une sorte de spécifique , susceptible d'arrêter ou de prévenir toutes les hémorrhagies produites par l'ouverture des ]ilus gros vaisseaux. Des expériences furent tentées ; des écoulemens sanguins furent arrêtés à l'aide de l'agaric , après quelques opérations de l'anévrisme , et même à la suite des amputations de l'avant-bras , du bras , de la jambe et de la cuisse. Mais de graves accidens vinrent bientôt interrompre ces succès et tromper la confiance des praticiens ; aloi's la chirurgie était encore timide , lés lirratures immédiates étaient rarement pratiquées, et les autres offraient une foule d'inconvéniens qui les faisaient redouter. C'est à ces conjonctures que l'af^aric est redevable de l'enthousiasme avec lequel il fut d'abord accueilli, et de la vogue surprenante autant que passagère dont il a joui.

Il est actuellement bien démontré, en effet, que cette substance n'exerce sur les tissus vivans aucune espèce d'astriction. Elle agit en absorbant avec assez de rapidité la partie la plus séreuse du sang, ainsi que l'humidité de la plaie , en se collant aux parties, et en aidant à la formation du caillot, auquel elle sert en quelque façon de base , en mêm'e temps qu'elle augmente sa .solidité. Mais pour que l'agaric soit efficace , il faut y ajouter une compiession exacte, proportionnée au volume du vaisseau par lequel le sang s'échappe, et soutenue pendant assez'long-temps pour que le travail de l'oblitération du canal artériel ne p(;rmette plus de craindre le renouvellement de l'hémorrhagie. Il est manifeste qu'ainsi employé et soutenu l'agaric n'entre que pour la partie la plus faible dans l'action compliquée qu'on exerce; une boulette de charpie pourrait fort bien le remplacer , et la compression presque seule produit les heureux effets qi'.e ses premiers partisans rapportaient à son application. Il n'est maintenant mis en usage que contre les écoulemens saijguius peu graves , produits par l'ouverture de très-petits vaisseaux , et qui ont lieu , comme on le ■ lit , en nappe, de manière à rendre les ligatures impraticables. C'est ainsi qu'on arrête le sang qui s'écoule à la suite de l'excision de certaines excroissances cutanées, qu'on tarit quelques suintcmens capillaires , qui ont lieu au fond de plaies situées dans des parties abondamment pourvues de tissu spongieux ; c'est ainsi surtout qu'on parvient ordinairement à se rendre maître de l'ccoulement fourni par les piqûres des sangsues.

Lorsqu'on fait usage de la substance qui nous occupe, il faut absorber d'abord l'humidité de la plaie avec une boulette de charpie, puis tenir celle-ci

appliquée d'une main sur les vaisseaux ouverts, jusqu'à ce que le morceau^ d'agaric tenu de l'autre main puisse la remplacer aussitôt qu'elle sera levée. peine la substance du bolet est-elle appliquée , que l'on doit la^soutenir à l'aide; de boulettes de charpie, de compresses épaisses, et d'un bandage convena-i blement serré; sans cette précaution, le sang la pénétrerait bientôt, la déta-; cberait des tissus, et continuerait à s'écouler. Malgré les soins les plus minu- ; tieux, cet effet a souvent lieu encore; les hémorrhagies se renouvellent,' et, malgré tout le désir que le praticien doit avoir d'employer des moyens'! plus doux, il faut qu'il ait recours à la ligature, aux caustiques ou aux.

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