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EMBARRAS GASTRIQUE

EMBA.RRAS GASTRIQUE.

C'est dans ,1e même système qu'a été conçu l'appareil inventé par un nommé Robert , ouvrier mineur dans une houillère d'Angleterre , et qui servit aux expériences faites à Manchester sous les yeux de M. Henri , et à Paris sous ceux des trois savans nommés plus haut. Cet appareil , qui a particulièrement pour but de préserver de la fumée dans les lieux incendiés , peut très-bien être employé contre les gaz délétères. 11 se compose d'un bonnet ou capuchon présentant , au devant des yeux , deux orilices garnis chacun d'une glace ôpaisse ou d'une lame de mica. De ce capuclion, dont la partie inféi ieure est iixée autour du col , part , au niveau du nez, un tuyau de cuir , ayant de 3 à 4 pieds de long, et tenu constamment ouvert au moyen d'une spirale en fer. L'extrémité inférieure de celte espèce de trompe, qui touche presque à terre, est enveloppée d un morceau d'une étoffe grossière de laine et remplie d'une éponge mouillée. Nous n'entrerons pas dans le détail des expériences tentées avec cet appareil dans des atmosphères chargées de fumée et de vapeurs acides j il nous suffira de dire qu'elles ont réussi. Seulement la chaleur excessive que l'on éprouve soùs la coiffe de Robert et la constriction qu'elle exerce autour du col ont engagé les pompiers qui avaient pratiqué ces essais à lui faire subir des modifications importantes. Dans leurs mains elle s'est trouvée réduite à un véritable masque qui embrasse la moitié antérieure de la tète et s'y applique hermétiquement. La trompe a été reraidacée par une sorte de cage bourrée d'éponge et recouverte de fulaine. Les expériences tentées avec ce masque ont laissé moins à désirer.

13. Rendre rhomme insensible ou moins sensible à l'influence des émanations. — Un fait qui frappe par sa généralité, quand on parcourt les relations d'épidémies causées par les émanations , c'est que les indivdus dont la constitution a été détériorée par un mauvais régime, par les fatigues, la misère, les passions tristes, les maladies, toutes les causes enfin qui sont capables de lui porter dommage, sont plus spécialement et plus gravement atteints parles émanations morbifiquesque ceux dont la constitution se présente avec des conditions contraires. De ce fait important découle une des règles principales pour résister à l'influence des miasmes : elle consiste à éviter avec le soin le plus attentif, quand on sait qu'on sera, qu'on pourra être ou que déjà l'on est en rapport avec ces derniers, toutes les causes capables d'affaiblir, d'altérer la constitution, et, par contre, à user de tout ce qui est susceptible d'accroître sa vigueur ; enfin , à éloigner ou à rapprocher de l'homme toutes les causes de détérioration et de perfectionnement physiques. Ce n'est pas ici le lieu d'exposer les règles pour alteindie ce but : il faudrait pa.'-ser en revue la plus grande partie de l'hygiène ; nous ne le devons pas.

Un second fait non moins général , non moins important comporte aussi une règle d'une haute importance. On a remarqué qu'en temps d'épidémie, et que généralement partout où des foyers ont vicié l'atmosphère , toutes les causes sans distinction qui peuvent troubler la santé, ont bien \i\us de prise sur elle qu'ailleurs ou dans les temps ordinaires , et provoquent la maladie résinante , presque e.\Glusiveraent à toute autre. Qu'on fouille les historiens de la fièvre jaune, de la peste, du choléra-morbus , des typhus, des fièvres pernicieuses et généralement des maladies produites par les émanations , on trouvera dans tous l'expression du fait que je viens de signaler : tous fourniront la même liste des causes occasionelles àe \a maladie dont ils se sont occupés. On y verra un refroidissement, un accès de colère , une mauvaise digestion, une chute , une blessure , l'ennui , etc., toutes causes qui amènent ordinairement des affections différentes, être suivies du développement de celle que tendent à provoquer les miasmes. De là résulte cette loi générale , qu'en temps. d'épidémie , et généralement quand par la profession ou autrement l'on est sujet à respirer dans une almosiihère viciée , le meilleur moyen de se soustraire à ses effets est non pas d'éviter telle ou telle cause de maladie , mais de les éviter toutes. Or, comme il est positif que le régime pour conserver sa santé n'est jamais que relatif , qu'il diffère non-seulement suivant les individus , mais encore selon une foule d'autres circonstances et particulièrement les climats et les habitudes, on concevra combien est vaine l indicalion détaillée d'un régime applicable à tous les individus exposés aux émanations morbifères. Aussi n'entreprendrai-je pas davantage pour la santé que je ne l'ai fait tout à l'heure pour la constitution, d exposer une série de règles qui seraient déplacées ici.

Il est un troisième fait d'où sortent aussi des règles pleines de valeur : c'est l'insensibilité acquise contre les miasmes par les individus soumis depuis long temps à leur action. 11 est d'observation que les corroyeurs, les tanneurs, les fabricans de chandelle , et généralement tous ceux qui respirent habituellement un air chargé d'émanations, sont moins aptes à contracter la peste , la lièvre jaune, etc., que les autres individus. Les ouvriers du clos de Montfaucon et les femmes qui dans le voisinage travaillent à la poudrelte ont tous clé exempts de l'épidémie qui ravagea Pantin et La Villette , il y a un certain nombre d'années. M. Bourdois de La Motte, ayant été envoyé au village d'Anières pour une épidémie attribuée avec beaucoup de fondement à une mare qui recevait un grand nombre de cadavres d'animaux , observa que les ouvriers d'une boyauderie voisine avaient été exempts de l'infection. Je pourrais multiplier à l'infini ces faits, mais on en trouvera le complément et les règles qui eu découlent , aux mots Acclimatement et Habitudes ( f^ojez aus^i PoussiiiREs.) ( L. Deslandks.)

EMB A.RRAS GASTRIQUE ; sabuj-re de l'estomac , sahurre des premières voies , plénitude de l'estomac , gastricilé ; coUuvies gastrica , inj'arctus gustricus.

On parlait beaucoup de l'embarras gastrique il y a une vingtaine d'années; c'était la plus fréquente des maladies, la complication presque inévitable des blessures un peu graves , et principalement des plaies de la tète, l'accident le

plus fréquent à la suite des grandes opérations,, le proslrônw onlinaire dej» }^\u^axl àes fièvres bilieuse, muqueuse, adjnamique, typhoïde, enfin le mas(fns qui déguisait aux yeux des médecins la nature d'une foule d'affections , et qu'il leur fallait alors écarter pour pouvoir Icsreconnaitre. Il se développait sous l'influence des grandes chaleurs; sous celle des émanations délétères qui s'exhalent dans tous les endroits marécageux , dans les prisons , les hôpitaux, les vaisseaux, et à la suite des emportemens décolère, des chagrins violens, des veille» trop prolongées, des grandes fatigues , des travaux excessifs de cabinet, surtout chez les personnes qui s'y livraient immédiatement après leur repas,; enfin , dans les circonstances les plus variées. Mais de toutes les causes qui pouvaient le provoquer, les plus puissantes, outre les blessures et les opérations graves dont nous avons déjà parlé , appartenaient aux excitans de l'estomac , aux agens et aux actes propres à troubler les fonctions de cet organe , tels que les excès de table, l'abus des liqueurs spiritueuses, les viandes salées, fumées, les alimens de mauvaise qualité , l'usage prolongé et trop exclusif des substances grasses et huileuses, celui des végétaux aqueux, l'alimentation trop abondante , de même que l'alimentation insuffisante , l'usage des boissons chaudes, des eaux séléniteuses , de celles qui proviennent de la fonte des neiges , les préparations mercurielles , etc. , etc. Il consistait dans l'amas et le séjour dans l'estomac d'une quantité plus ou moins considérable de matières morbifiques , formées par de la bile , du mucus et du suc gastrique altérés; et suivant que la bile ou le mucus prédominait , ou que ces deux produits de sécrétion étaient mélangés en proportion à peu près égale, l'embarras gastrique prenait les épithètes de bilieux , muqneux et bilioso-muqueux. Les symptômes de la première variété étaient les suivans : perte d'appétit , amertume de la bouche , enduit jaunâtre de la langue , rapports nidoreux, nausées, vomissemeiis de matières jaunes , verdâtres et amères , soif et appétence des boissons acides , dégoût des substances animales , teinte jaunâtre de la conjonclive , des ailes du nez et du pourtour des lèvres, sensibilité vive de la région épigastrique, céphalalgie sus orbitaire , brisement des membres , urines épaisses , foncées et jaunâtres. On assignait pour symptômes à la seconde variété : la perte d'ap-. petit, mais sans dégoût, une bouche pâteuse, l'enduit muqueux, blanc ou blanchâtre de la langue , l'odeur acide de l'haleine , des rôts insipides, des nausées et des vomissemcns , surtout à jeûu, de matières muqueuses, filantes, blanches, plus ou moins épaisses , l'absence de soif, un sentiment de pesanteur à l'épigastre après l'ingestion des alimens, des digestions lentes et paresseu>e , la pâleur de la face , et des urines blanches , abondantes et déposant un sédiment muqueux; enfin , .les symptômes de la troisième variété étaient un mélange de ceux lies autres. Ces trois formes de l'embarras gastrique pouvaient être idiopathiques , symptomatiques , sporadiques, endémiques et épidémiques. Ce n'était jamais une maladie mortelle, mais elle précédait, accompagnait ou compliquait souvent les fièvres graves. La principale, et pour ainsi dire l'unique indicalion qu'il y eût à i-emplir dans son traitement consistait dans l'évacuation des saburres; on y satisfaisait au moyen des vomitifs ou des purgatifs. On devait cependant s'abstenir des vomitifs lorsque l'affection était légère et commençante, et l'on se bornait alors à l'emploi des boissons acidulés et de la diète. On s'en abstenait encore, quel que fût le degré d'intensité de la.maladie, chez les émoptysiques , les anévrysmatiques , les individus affectéside hernies, les sujets très-irritables , et les femmes grosses.

Or, cet embarras gastrique, dont les exemples étaient si fréquens , semble aujourd'hui avoir disparu du nombre des maladies qui affligent l'humanité , cl tandis que dans les recueils cliniques que l'on publiait il y a quinze ans encore, on lisait à peine une observation dans laquelle il ne fût pour quelque chose, on en publie au contraire à peine une aujourd'hui dans laquelle il soit. question de cet état morbide. Serait-ce donc qu'il aurait cessé de se maniferter? Serait-ce, comme l'affirment quelques praticiens, que la constitution médicale aurait changé? Rien de cela n'est arrivé. Le prétendu embarras gastrique continue d'être aussi commun; la constitution médicale est restée la même. Mais les progrès rècens de la science ont appris que ces amas de bile et de mucus dans l'estomac , lesquels d'ailleurs ne sont jamais aussi considérables que se l'imaginent les échos de Stoll , résultent d'un accroissement de sécrétion de l'estomac et du foie, que cette super-sécrétion est l'effet d'une excitation trop vive do ces organes, et enfin que tous les symptômes attribués à la présence de ces matières expriment au contraire l'irritation ou l'inflammation de la membrane mu([ueuse gastro-duodéuale plus ou moins partagée par le foie. L embarras gastrique , mieux connu dans sa nature , a donc seulement changé do nom; c'est aujourd'hui une des formes ou un des degrés de la gnslrite , delà Juodénite, île Vlupatile, ou de ces inflammations combinées, {f'ofez ces mots.)

Mon intention n'est pas de faire ici l'exposé des preuves qui établissent les propositions précédentes; d'une part , elles sont assez gcnéralement connues , et de l'autre , l'esprit pratique de ce dictionnaire s'oppose aux longs dcveloppemens théoriques. Déjà, d'ailleurs, aux articles Bilieux, Bilieuse, j'ai appuyé des faits et des raisonnemens qui m'ont paru les plus probans , les opinions que je viens de produire. Je me borneimi donc à prier le lecteur de comparer Immème les causes et les symptômes assignés à l'embarras gastrique par tous les auteurs, avec les causes et les symptômes des inflammations gastro-duodénale et hépatique, il sera bientôt convaincu, s'il ne l'est déjà, de la parfaite identité de ces affections.

Mais on combattait et l'on guérisait , disait-on , les embarras gastriques par des vomitifs et des purgatifs. Comment concilier ces succès avec la nature inflammatoire de la maladie? Pourquoi ne la traite-t-on plus par les mêmes moyens, si leur efficacité était réelle .' Leur emploi ofl'rait-il des incouvéuieus.

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