CAUTÈRES
L'amadou employé dans les usages domestiques n'est autre chose que laj substance du bolet, préparée ainsi qu'il a été dit plus haut, et qu'on a fait< bouillir dans une dissolution de nitrate de potasse , afin de rendre son ignitionj plus facile. Cette addition du salpêtre ne s'oppose pas à l'emploi de l'amadou commun en chirurgie ; peut-être même qu'en lui donnant quelque propriété, irritante et styptique, elle aiderait à son action.
Quant à l'agaric du mélèze ( boletus purgans) , connu dans la pharmacie | sous le nom d'agaric blanc ( agaricus albus) , il est actuellement abandonné. i
{ L. J. BÉGIK. ) il
AGE, s. m., cetas {Physiol. path. ), mot consacré pour désigner les! époques ou périodes en lesquelles on a divisé la vie de l'homme. Depuis; l'instant de leur formation jusqu'à celui de leur mort , les êtres vivans éprouvent^ dans leur structure, et par suite dans l'exercice de leurs principales fonctions,! des changemens successifs dont l'observation a servi de base à la déterminatioal du nombre et de la durée des âges. Que le sujet soit encore renfermé dans le' sein maternel, et qu'il s'y nourrisse et s'y accroisse en silence, à l'aide desj matériaux tout élaborés que lui envoie le placenta, les âges n'en ont pas moinsi commencé pour lui , et il doit être soumis aux considérations que présente! leur étude. Les transformations à l'aide desquelles le fœtus humain participe: aux caractères organiques des grandes divisions animales placées au-dessous; de son espèce, unissent intimement la vie intra-utérine à la vie extérieure,! La connaissance de l'une prépare à l'intelligence des actes qui signalent U'i durée de l'autre , et la science , en ne séparant pas ces deux sections distinctes; de phénomènes qui se succèdent et s'enchaînent sans interruption, suivra\tj avec beaucoup plus d'exactitude la marche adoptée parla nature elle-même. 1 Mais l'usage contraire a prévalu; on n'a tenu compte , dans l'examen des âges,] que des mutations dont la série commence et se termine sous les yeux dui physiologiste, pendant que l'individu, libre au-dehors, jouit d'une existencej indépendante et puise dans le monde extérieur les matériaux dont il a besoin.. Les phases multipliées qui signalent l'existence antérieure de l'individu appar-l tiennent à l'histoire de la vie fœtale ; il sera question à l'article Foetus , et dei leur succession , et des préceptes pratiques auxquels leur observation peutj donner lieu. Il nous suffit de signaler ici les rapports et la subordinatioal mutuelle qui existent entre ces deux portions du même sujet.
Les classifications établies par les auteurs, relativement aux âges, ont! singulièrement varié. Quelques-uns, considérant la vie dans son ensemble, l'ont partagée en trois sections, qu'ils ont désignées sous les noms d'âge d'accroisH sèment, d'âge stationnaire et d'âge de décroissement. D'autres, prenant pour ])oint de départ les fonctions génitales, ont distingué les périodes de la vie de l'homme en trois époques , selon qu'il ne jouit pas encore de la faculté reproi ductive, ou qu'elle existe chez lui dans toute son énergie, ou enfin qu'elle s'est complètement éteinte et a disparu. Fatigués du vague et de l'incertitude attachés à toutes ces distinctions , plusieurs écrivains ont cru devoir diviser la vie humaine en périodes de sept années , ou en septénaires, qui, considérées isolément ou groupées deux à deux ou trois à trois, leur paraissaient correspondre aux principaux changemens que le corps de l'homme éprouve pendani sa durée. C'est ainsi que la seconde dentition commence à sept ans, que l puberté débute à quatorze, que l'âge viril s'établit à vingt-un. Mais, d'un( part, les dernières portions de la vie ne s'adaptent pas aussi exactement que les premières à cette division numérique, et de l'autre l'évolution des organeii variant, sous le rapport de sa rapidité, selon les tempéramens, les lieu3( habités et les climats , cette classification, fondée sur les prétendues propriétéi des nombres , et que les anciens avaient introduite dans le calcul des jour.' critiques, ne pouvait devenir d'une application générale. Hallé a jeté sur ci point de la physiologie la clarté que les esprits justes répandent ordinairemen sur tous les sujets qu'ils traitent. Fondant sa classification sur les changemen matériels et appréciables aux sens que subit l'organisme dans les divers temp] de son existence, cet illustre hygiéniste a divisé la vie de l'homme en premièn et seconde ekfance, adolescence, âge adulte et vieillesse. C'est cette classi fication que nous avons adoptée , et nous renvoyons aux articles spéciau ' qu'elle comporte les détails relatifs à chacùn de ces âges , dont les généralité] doivent seules nous occuper ici. !
Durant les diverses périodes de son existence, le corps humain, commi' celui de tous les animaux, présente des oscillations, des balancemens di vitalité aussi remarquables, aussi utiles à connaître pour le médecin praticie^i que pour le physiologiste. Ces mutations spontanées, conformes aux lo i imposées par la nature à tout ce qui existe, consistent en ce que chacun d«^ principaux organes qui composent la machine animale fait, pour ainsi dircî à son tour son évolution, prend rang au milieu des autres parties, s'accro avec plus ou moins de rapidité, jouit pendant plus ou moins long-temps d'un activité prépondérante, puis semble demeurer stationnaire, et décline enfin jusqu'à ce que son excitabilité s'éteignant par degrés, il cesse de répondi aux slimulans et d'agir. Toutes les parties, comme l'ensemble qu'elles const