ENTORSE
ceux que nous avons conseillés contre les deux formes précédentes de l'entérite.
Burdin aîné , praticien distingué de la ca]iitale , qui a vu un grand nombre de ces ruahulies, et qui a essaye dillérenles niélhodcsde traitement, a bien voidu me communiquer les résultats tle son cxpérieiite. Il regarde Tentérite speudoniembranensc chronique comme étant d'une guérison très-difficile; il s'est convaincu qu'elle était presque toujours exaspérée par les irritans , et qu'au contraire, le régime adoucissant, les saignées locales, les cataplasmes, les bains et les lavemens éraolliens , diminuaient toujours les accidens et quelquelois même guérissaient complètement la maladie; il a remarqué cependant qu'il fallait faire un choix paimi ces moyens ; que les boissons mucilagineuses et délayantes , par exemple , étaient en général mal supportées par les malades et presque toujours plus nuisibles qu'utiles, et qu'on devait leur prélérer h;s légères infusions améres , aromatiques, on anii spasmodiques. ÎNIon expérience propre est toul-à-fait d'accord avec celle démon honorable confrère ; j'ajouterai seulement (pie j'ai vu le lait et les fécides ne pouvoir être digérés par la plupart des malades; que, d'un autre côté, la daine soumise en ce moment à mon observation , et dont j'ai déjà parlé, ne peut supporter le plus léger stimidant, même de la nature de ceux que je viens d indiquer. Enfin, j'ai vu une malade guérir par un traitement aiiliplilogihtitiue sévère, tandis que j'en connais qui , après m'avoir quitté , se sont guéries elles-mêmes par des drasli(|ue3. Les frictions sèches, les vélemens de flanelle sur la peau , l'exercice et la distraction m'ont toujours paru seconder d'une manièj e puissante les bons eifets des antiphlogisliques dans celte maladie.
Enléi itp. intennUlcrile. — Dans tout ce ([ui précède, il n'a été question que de l'entérite continue; mais nous avons dit en commençant ([ue cette phleguiasie se montrait aussi sous forme intermittente, ce serait doue maintenant le moment de la di crire sous celte tlci nière forme Je ne le ferai pas cependant. Ce que je dirais ici trouvera mieux sa place, ce me semble, à 1 article cjui sera consacré, dans ce Dictionnaire , aux maladies intermittentes en général ; j'y renvoie par conséquent les lecteurs. ( Fojez IsTEniiiTTENTEs (maladies , tièvres) .)
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( E.-Ch. Roche, )
ENTÉROCiîLE. royez Heemies.
ENTORSE , s. f. , distorsio. Toute action qui a pour effet d'exagérer, dans un sens quelconque, les raouveraens qu'exécute ordinairement une articulalion, '
DlCT. DE MÉDECI^■E ET DE CuiBURClE PliATlQUCS.
OU qui tend à lui faire exécuter quelque mouvement dans un sens où sa conformation s'oppose à ce qu'elle en exécute, tend à éloigner les surfaces articulaires, et produit , d'abord, le tiraillement ou même la rupture des ligamens qui assujettissent les os entre eux, et, ensuite, l'éloignement permanent de ces os.
Le premier de ces effets constitue ['entorse, qui consiste donc dans le tiraillement ou la rupture des ligamens c[ui fixent une articulation, sans déplacement permanent des os, c'est-à-dire, avec retour subit el spontané de ces os quand ils ont été éloignés par la violence extérieure. Lorsque ce déplacemi nt persiste, il y a luxation et non entorse. Sous ce rapport, l'entorse peut, être considérée comme le premier degré de la Luxation.
Les auteurs ont regardé comme une variété de ce qu'ils ont appelé diasUisis , les tiraillemens des ligamens qui assujétissent les articulations latérales par lesquelles deux os parallèles s'articulent entre eux; mais ou sent que de pareilles distinctions ne peuvent conduire à rien d'utile, et qu'elles doivent, par conséquent, être rejetées.
C'est une erreur de croire que les articulations ginglymoïdales soient seule; exposées à l'entorse; toutes les articulations peuvent l'éprouver, les orljicuUurts comme les autres ; la douleur vive que l'on éprouve dans l'aine, par 1 effet d'une violente abduction de la cuisse et cfue le vulgaire désigne sous le nom d'écart; celle de l'épaule qui est le résultat d'un grand mouvement des bras e.i arrière, lorsqu'il a été mis préalablement dans l'abduction et dans une situation horizontale , dépendent d'une véritable entorse, c'est- à-dire, d un lirauiCnient îles ligamens i\m fixent les articulations coxo-fémorale et scapulo-huinerale; mais ce qu'il y a de vrai , c'est que l'entorse est beaucoup plus commune et plus fréquente dans les articulations dont les inouvemcns ne s exécutent que dans deux sens opposés, et dans celles où ils sont très-obscufs , que dans les autres. La facilité des mouvemens des articulations orbiculaires , el la manière dont les muscles puissans qui les environnent concourent à leur «olidilé , tandis que celle des autres est tout entière confiée aux ligamens qui supportent seuls tous les efforts exercés sur elles, donnent suffisamment raison de cette dilféi cncc.
L'articulation du pied , <à cause de sa structure et do ses fondions, est celle où l'on remarque le plus fréi[tiemment l'accident qui nous occupe. Viennent ensuite pour la fréquence, les articulations du tarse, du poignet, des phalanges des doigts et surtout du pouce, celles des vertèbres, et, eiilin , les articulations orbiculaires de la cuisse et de 1 épaule.
Un faux pas ou une chute d'un lieu élevé, le pied portant à faux , et se renversant du côté opposé , avec plus ou moins de violence; une chute sur la maiii renversée dans le sens de l'extension, de la flexion, île labdtii iion ou de 1 auduction ; un mouvement brusque de rotation de la Itte , le choc du doigt ou du pouce étendu contre un corps très-résistant, les efforts qui tendent h fléchir sur les cotés les articulations du genou ou du coude, les grantls mouvemens des articulations en fronde, etc., sont les causes les plus ortliuaires tle l'entorsi;.
Une douleur Ircs-vive est le premier effet de tous les accitlens de ce genre. A cette douleur, qui est renouvelée par les mouvemens , qu'elle rend très-diflicilcs, succèdent bientôt du gonflement el une ecchymose consiiiérable , qui les rendent tout à-fait impossibles. L'observation de ces accidens, joiule à la connaissance de la cause qui les a déterminés, suffisent pour établir le diagnostic. Le gonflement et l'ecchymose présentent cela de particulier, dans les articulations ginglymoidales , qu'ils ne se manifestent pas seulement du côté de l'articulation qui a été tiraillée , mais encore du côlé opposé ; parce que les parties articulaires correspondantes à ce côté sont quelijuefois refoulées et confuses par les os , qui se rapprochent dans ce sens , pendant qu'ils s'éloignent dans l'autre.
Dans les entorses qui résultent d'une forte abtUiction du pied, et dans lesquelles les ligamens internes sont tiraillés et quehjuefois rompus , on voit souvent, outre le gonflement et l'ecchymose qui se manifestent de ce côlé , une ecchymose très-ajqDarente au-dessous de la malléole externe, et qui dépend du refoulement et de la contusion des parties molles entre le calcaneum el l'extrémité inférieure du péroné, 11 y a plus : dans les entorses violentes du poignet, produites par des chutes sur la paume de la main, et dans les([uelies tout le liraïUemenl est supporté par les hgamens de la partie antérieure de l'articuL.tion , c'est souvent vers le dos de la luain que se manifeste le gonflement le plus prononcé.
Lorsque le sujet est sain d'ailleurs , l'entorse légère et le traitement convenablement dirigé , la douleur se calme en peu de jours; le gonflement, qui ordinairement a atteint son plus haut degré au bout de vingt-quatre heures, diminue peu h peu; l'ecchymose s étend au loin, en présentant tous les changemens et toutes les dégradations de couleur ordinaires à ce genre d'affection; et, après trois semaines ou un mois , la guérison est complète.
Mais, si l'entorse est très-considérable, l'amélioration tarde davantage à paraitre. Si le malade continue à mouvoir l'articulalion lésée, el souvent lors même qu'il garde le repos le plus absolu, la douleur et le gonflement reparaissent, ils coutinuenl d'augmenter fréquemment; celui-ci revêt les caractères inflammatoires; et alors il peut se terminer par la suppuration des parties articulaires , l'exloliation des ligamens , la nécrose ou la carie des os, ou passer à 1 état d'arlhrite chronique; et, dans tous ces cas, la maladie peut nécessiter l'amputation du membre.
La cause la pltis ordinaire de ces terminaisons fâcheuses est moins la violence de l'entorse que l'irritation produite par l'exercice prématuré de l'articulation. Au bout d un certain temps , en effet , il arrive toujours que la douleur, nulle quand le malade tient l'articulation en repos , mais réveillée par les premiers mouvemens qu'il veut lui faire exécuter , se calme après quelque exercice ; de sorte qu'il se trouvt; ainsi encouragé à se servir de son membre , et à reprendre
ENTOZO AIRES.
ENTOZ.OAIRES.
ses travaux avant que le désottlre intérieua: att été complètement réparé.
Cette pratiqme imprudente ne tarde pas à faire renaître une ioflammatiovi quelquefois aiguë, mais ordinairement moins vive que l'inflammalion primjtive^ et plus dangereus« , car-, quelle que soit l.i eonslitulion du- sujet, elle passe à. Fétat chronique et détemarne souvent la cai-ie de l"articulatioB. On; conçoit cependant que ces suites fâcheuses seront d'autant plus à craindre que l'entorse aura été plus forte , que le malade sera plus indocile y et qu'il sera plus exposé par sa constitution aux inflammations chroniques ou seroCuleuses.
Toutefois , il est une amtre suite des entorses considérables » et qui tient pro- Lablement à ce que les ligamens rompus ne se sont cicatrisés, qu'impart^itfrraent; c'est une grande faiblesse de l'articulation, qwi la rend incapable de supporter aucune fatigue et qui rend plus Êieile la production de nouvelles entorses.
Prévenir l'afllux du sang dans la parlie> quand ai» est appelé à tem.ps; eom- ])attre cet afflux et l'engorgement inflammatoire lorsqu'ils sont formés ^favoriser la réunion des li.gamens déchirés ; et enfin, combattre la faiblesse consécutive de l'articulatioin , telles soiriit les indications curatives qiMt p/réseiatent les entorses..
Le meilleur moyen de prévenir l'engorgemeitt de la partie est l'application convenablement faite des réfi-igérans.
L*eau à la glace , ou , à son défaut, l'eau de puits, dans laquelle on plonge la partie afTectée, et que l'on renouvelle à mesure qu'elle se met en équilibre cie température avec le corps du malade ,sont les topiques que l'on emploie le plus souvent pour atteindre ce but. Mais , pour que ces moyens soient véritablement efficaces et utiles , il faut que leur action soit continuée sans interruption pendant assez de temps pour que l'appel des liquides ait complètement cessé dans la p.u'tie, c'est-à-dire pendant six ,huit ou dix heures; car, l'expérience a prouvé que, sans cette précaution^ la réaction qui suit la soustraction du froid détermine ensuite nn afflux plus considérable que celui auquel on voulait primitivement s'opposer.
Mais ce moyen ne peut s'employer chez tous les sujets. On ne saurait, en efl"et, sans danger, le mettre en usage sur des individus affectés de maladies de poitrine ou sur des femmes ayant actuellement leurs règles; d'un autre côté, souvent on est appelé , lorsque déjà l'engorgement a commencé de s'établir; enfin ,, lors même que l'on a employé convenablement les réfrigérans , il faut ensuite employer des moyens propres à achever en queli[ue sorte ce qu'ils ont commencé.
Dans tous ces cas , on emploie avec avantage les applications résolutives sur la partie, et, parmi celles-ci, les fomentations avec leau blanchie par l'acétate de plomb tiennent, sans contredit, le premier rang, surtout lorsqu'elles sont aidées par un bandage qui exerce une compression modéiée. On a employé aussi , dans le même but, des applications fortement opiacées; on peut les rendre en même temps astringentes : un mélange de suie de cheminée, d'alun, d'opium , et de blancs d œufs battus , remplit toutes ces conditions.
L'articulation devra être maintenue dans 1 état le plus parfait d'immobilité , afiu de la soustraire à une cause de douleur et d'irritation sans cesse renaissante, et pour permettre aux ligamens déchirés de se cicatriser.
Si l'entorse a été très-violente, ou si l'engorgement revêt les caractères de linflammation phlegmoneuse , il faut mettre eu usage les saignées locales, ou même générales, répétées autant de fois que l'état de la maladie le requiert,, et entourer la partie de cataplasmes arrosés d'eau blanche , ou simplement émolliens , et saupoudrés de safran. Si la douleur est très-vive, on peut, avec avantage , les rendre narcotiques eu faisant bouillir la farine de graine de lin, dont ils sont composés, dans une décoction de têtes de pavots ou de feuilles de mauve, ou en les arrosant de laudanum seul ou associé à l'eau blanche.
Ces moyens seront continués jusqu'à ce que la douleur et lirritation soient complètement dissipées. Alors, s'il reste de la faiblesse dans les tissus, on cherchera à la combattre par des topiques à la fois toniques et résolutifs. Les cataplasmes de plantes aromatiques cuites dans du gros vin, le vin aromatique lui-même, les fomentations avec l'eau-de-vie camphrée, les douches d'eaux alcalines ou hydro-sulfureuses , etc. , pourront alors être employés avec utilité.
Enfin, lorsque l'articulation est de celles qui fatiguent beaucoup comme celle du pied ou du poignet , il faut , avant de la laisser reprendre ses fonctions et pour la soutenir et la préserver de nouvelles entorses , l'entourer pendant quelque temps d'un bandage compressif. Autour de celle du pied , un bas lacé, de toile , ou mieux , de peau de chien, ou un brodequin , devront être mis en usage de prcfOrcuce. La compression est encore utile pour combattre l'engorgement œdémateux, qui persiste quelquefois pendant long-temps dans le tissu cellulaire environnant une articulation atTectée d'entorse.
Lorsque l'articulation , au lieu d'être relâchée , est au contraire aff'ectée de rigidité ou d'ankylose, il faut combattre cesaccideus par tous les moyens indiqués au mot Akkylosb. ( L..j. Sanson. )
EINTOZOAIRES. Parmi les nombreux produits accidentels qui se développent au sein de l'organisme , il n'en est aucun qui mérite de fixer davantage l'attention du médecin et du physiologiste que les produits organisés, vivant d'une vie propre, véritables parasites intérieurs, ne demandant à l'animal porteur que le lieu , la chaleur et des matériaux nutritifs. Ces produits orga- .lisés et vivans ne prennent le nom A'entozoaires que lorsqu'ils sont libres, dans une cavité naturelle ou accidentelle, qu'ils soient pourvus ou non d'organes de nutrition, d'une bouche et de suçoirs : les autres protluits accidentels vivant d'une vie propre, indépcnt'iante , niais adhéreus soit par un des points de leur surface, soit par toute leur surface, ont reçu diflerens noms : ceux de kjsles ,
polypes., tumeurs fibreuses , canears ^ etc. ^vojez ces mots). Chaque espèce animak a ses entozoaires ou pacasites intérieurs propres, de même qu'elle a s«s ectozoaires ou parasites extérieurs. Le nombre des espèces d'entozoaires est donc considérable, et leur étude constitue une branche importante de U zoologie. Dans cet article, nous ne devons nous o<-cuper que des entozoaitça particuliers à l'espèce humaine ; et envisageant de suite notre sujet sous le point de vue pratique, nous les diviserons , avec LinuiEus,, d'après leur siège , en ceux qui se développent dans des cavités qui communiquent avec l'air extérieur ( uer/nei intestinales)^ et en ceux qui se développent dans lépaisscur même des otganes.(ve7v/jei viscérales). Cette division, toute naturelle, est bien préférable pour le médecin à celle de Rudolphi , qui distingue plus scientifiquement les eutozoaires d'après leur forme , en némalodes , acaiiUiocéphales , Irématodcs , cesioïiles et cfsioïdes, et à celle de M. Cuvier qui les partage, d'après leur structure , en cauiiaires et en parenclij-mateux . Pour nous , le lieu de leur développement sera le caractère dominant, et nous servira à établir les classes et les ordres ; les caractères zoologiques nous fourniront seulement les genres et les espèces. Or , les eutozoaires des cavités qui communiquent avec l'aii' extérieur se réduisent, à proprement parler , à ceux des voies alimentaires. Les eutozoaires viscéraux appartiennent tous au tissu cellulaire ; mais les uns se développent dans le tissu cellulaire libre, les autres dans le tissu cellulaire qui sert de trame aux organes d'une texture plus ou moins compliquée.
Il n'est pas besoin de dire qu'il ne doit être ici question ni de ces animaus extérieurs (ectozoaires ) qui s'attachent à la surface du corps des animaux à la manière des mousses et des lichens , ou qui vivent, sans s'y attacher, aux dépens de leur substance , ni de ces corps étrangers vivans qui s'insinuent dans l'épaisseur de la peau, ou qui pénètrent plus ou moins profondément dans l'intérieur de nos corps par quelque ouverture naturelle ( voy ez Cobbs étban- GERs ) , ni enfin de& helminthes autres que ceux qui appartiennent à l'espèce humaine.