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tueut, sont soumises à la même règle : elles e'closent, se développent, déclinent et meurent. L'époque de la vie la plus brillante est celle où il existe le plus grand nombre possible d'organes qui exercent à la fois les fonctions qui leur sont départies, avec énergie et facilité.
Aucun intervalle, aucun repos réel ne sépare, dans les corps vivans , la période d'accroissement de celle du déclin de l'organisation ; rien ne s'arrête en eux, chaque jour apporte dans leurs organes quelques modifications dont le physiologiste et le praticien doivent également tenir compte. Mais le mouvement ascensionnel ou de développement et de perfection, commencé avec rapidité, diminue graduellement depuis la fécondation jusqu'à l'âge mûr j tandis que le mouvement de déclin , de dégradation et de faiblesse , d'abord peu marqué , s'accélère au contraire de plus en plus jusqu'à la fin de la vie. Le milieu de celle-ci est donc l'époque où l'économie animale change avec le plus de lenteur ; aux yeux des observateurs vulgaires , elle semble même demeurer alors entièrement immobile j mais cette illusion ne saurait être partagée par aucun esprit judicieux. Il est bien vrai que dans la première période de la vie, le développement des organes ne marche pas constamment d'un pas égal, et qu'il y a, ainsi que nous l'avons noté, dans l'évolution générale des parties , des instans d'accélération et des momens de ralentissement très-distincts ; mais la marche générale de ce mouvement ascendant n'est pas moins , à. ces inégalités près, celle qui vient d'être décrite.
Chez les enfans et chez les adolescens, la plupart des lésions attachées au développement des organes dépendent de la distribution anormale des actions organiques et de l'excitation prépondérante de certaines parties aux dépens des autres. Ainsi, lorsque l'encéphale est trop constamment stimulé, et que sa nutrition devient trop active, on voit cet organe dominer le reste de l'économie , la tête grossir outre mesure, et se développer des dispositions favorables aux convulsions , à l'hydrocéphalie , etc., etc. Que cette centralisation des excitations vitales ait lieu sous l'abdomen , et bientôt vous verrez cette cavité augmenter d'ampleur, l'intestin et l'estomac s'irriter, les ganglions mésentériques acquérir un volume énorme et se désorganiser. Quel médecin ne connaît les efTets déplorables d'une excitabilité exagérée , et d'une évolution trop précoce des organes génitaux ? Qui n'a observé les stimulations anormales du cœur, liéesdurant la jeunesse à la sur-activité de cet organe, et qui simulent si bien les dilatations anévrismales de sa cavité , auxquelles elles conduisent d'ailleurs si souvent ?
En même temps que certaines parties sont le siège de ces actions trop intenses , et concentrent sur elles toute la puissance du développement de l'organisme , les autres sont laissées en arrière , ne s'accroissent pas convenablement , et demeurent dans un état remarquable de langueur et de faiblesse. Dans tous les cas dont nous venons de parler, les membres restent grêles, les muscles peu énergiques, les chairs molles, la peau pâle, les articulations volumineuses, les os peu consistans et disposés à se courber sous le poids du corps ou par les efforts les moins considérables. La poitrine surtout n'acquiert ordinairement que peu d'ampleur ; de telle sorte que les poumons ne pouvant suffire à donner passage à la masse sanguine mise en mouvement par le cœur, et à l'élaborer convenablement, redoublent d'efforts, deviennent de plus en plus excitables, et contractent avec une grande facilité les irritations aiguës les plus graves , ou se désorganisent lentement sous l'influence de ces stimulations exagérées dont ils sont le siège.
Régulariser l'accroissement, veiller à ce que tous les organes jouissent à leur tour du degré d'activité et d'énergie vitale marqué par la nature, telle est, ainsi que nous l'avons déjà dit, la base fondamentale de l'hygiène appliquée aux premiers âges de la vie. Éloignez de l'organe qui tend à devenir prépondérant les excitations qu'il semble appeler de toutes parts , condamnez le à un repos plus ou moins grand, et faites en même temps exercer les parties faibles , de manière à ménager, à développer, et à augmenter graduellement leurs forces, cette conduite fera bientôt cesser l'inégale répartition de l'activité organique ; et si la force exagérée du point prédominant ne diminue pas , les autres s'élevant au même degré d'énergie , l'équilibre sera encore rétabli.
Dans tous les temps de la vie, et spécialement dans l'âge adulte, la sagesse conseille de n'user des choses extérieures qu'avec modération , et sans jamais outrepasser les bornes de l'activité des organes, il convient de les accoutumer à supporter les doses de stimulations à l'influence desquelles oune peutespérer de les soustraire toujours. Sans cette précaution, l'individu courrait à chaque instant le danger d'être atteint de lésions plus ou moins graves , par cela seul que des excitations insolites , auxquelles il serait demeuré étranger , agiraient tout à coup inopinémentsurlui.La privation et l'excès sont, dans ces cas, également contraires à l'organisme : le juste milieu consiste à stimuler les tissus vivans assez pour développer toute la force , toute l'énergie dont ils sont susceptibles, sans jamais aller jusqu'au point de les sur-exciter, de les phlogoser ou d'altérer leur texture.
Au declm de l'âge, d'autres règles plus sévères , et dont l'inobservance serait plus dangereuse , doivent diriger les hommes. Il importe alors de ménager, de préserver d'excitations vives et de mouvemens intenses ou prolongés les organes que l'exercice de leurs fonctions ont le plus fatigués. Le cerveau menace-t-il de devenir le siège de congestions sanguines par suite d'un travail intellectuel trop actit? allégez ou cessez ce travail , exercez les muscles , prenez d'agréables distractions. Le poumon ou le cœur sont-ils fatigués, irrités, atteints d'altérations de substance plus ou moins graves? condamnez le sujet au silence , défendezlui les exercices vioJens , éloignez de son esprit tout ce qui pourrait exciter de violentes passions. Il faudrait agir d'après les mêmes principes si les viscères a'gesti^s , l appareil génital, les organes sécréteurs de la bile ou de l'urine , les
DlCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
muscles, les articulations ou les os étaient spécialement affectés. En un mot , plus la vie approche de son terme , et plus il faut être attentif à en conserver les restes, en ménageant et en laissant se reposer le plus possible les inslrumens qui l'entretiennent encore.
Si de ces préceptes d'hygiène nous passons à ceux de la thérapeutique , qui se modifie aussi selon les âges des sujets soumis à son influence , d'autres considérations non moins importantes se présentent. Plus le sujet est jeune , et plus les organes délicats et frêles réclament de précautions et de prudence. A peine commencée, la vie chancelle encore, pour ainsi dire, dans l'organisme. Il importe d'épargner au jeune âge ces médications violentes , auxquelles des machines plus solides résistent quelquefois , mais qui lui seraient presque certainement funestes. Les médecins habiles savent que les maladies de l'enfance peuvent, dans la très-grande majorité des cas , être combattues à l'aide de moyens simples , tels que l'abstinence , les boissons délayantes , les bains, quelques évacuations sanguines , quelques applications révulsives , en proportionnant la durée et l'énergie de ces médications à la débilité et à la susceptibilité nerveuse des sujets.
A mesure que l'organisme animal se développe , la vie s'affermit en lui , ses divers ravages deviennent plus résistans, et l'on peut , durant les maladies, agir sur eux avec plus de vigueur et de hardiesse. Les causes morbides font naître d'ailleurs alors des symptômes plus violens, les réactions sont plus intenses, les mouvemens vitaux s'élèvent à de plus hauts degrés d'exaspération , et dès lors les désordres qui se manifestent ne peuvent être détruits qu'à l'aide de médications énergiques , en rapport avec la vigueur des sujets , et continués ou réitérés selon le besoin. C'est d'ailleurs sur les personnes adultes , dont la constitution a acquis toute sa force , et qui n'ont souffert encore les atteintes d'aucune lésion chronique , que les moyens empiriques et violens produisent les effets les moins funestes. Si le mal n'est pas d'une extrême intensité ,'ils y résistent, et ils supportent assez fréquemment encore, sans y succomber, les médications incendiaires qu'on y ajoute.
Plus la vieillesse approche, et plus l'état des divers organes doit exciter l'attention du praticien. Il est rare qu'ils n'aient pas été une ou plusieurs fois malades ; il est plus rare encore qu'ils ne conservent , à la suite de ces maladies , aucun reste de lésion , ou que l'exercice même des fonctions ne les ait pas altérés. On doit tenir compte de toutes ces circonstances , et ne pas s'obstiner , en combattant une affection récente, à vouloir rendre aux parties malades un état normal qui leur est depuis long-temps étranger. 11 ne faut redouter alors , ni les évacuations sanguines , ni l'abstinence, ni les révulsifs; mais on doit proportionner l'énergie de ces moyens thérapeutiques, d'une part, à la violence de la maladie; et de l'autre, au degré de faiblesse ou d'épuisement du sujet, ainsi qu'à la facilité plus ou moins grande avec laquelle la nutrition s'exerce encore chez lui , et peut réparer les pertes qu'il doit supporter. A la fin de sa carrière, l'homme devient chaque jour moins impressionnable, moins susceptible de réaction et moins prompt à remplacer les matériaux nutritifs dont on le prive ; il importe donc, tout en combattant les lésions dont ses organes peuvent être atteints, de respecter ce qui lui reste de forces , et^l'éviter de compromettre, par des médications trop actives, le faible souffle de vie qui l'anime encore.
Parmi les nombreux écrits publiés sur les âges , les suivans nous paraissent les plus dignes d'être consultés :
Stahl. De Morborum ïelatum fundamenLis patliologico-tUeiapeuUcis , Hall.. 1698 , in^".
Celte dissertation , une des plus remarquables <le celles que publia l'illustre chel des Animistes modernes, bien que portant l'empreinte des théories de cette école, présente sur les phénomènes et le traitement des maladies occasionées par les révolutions des âges , des détails fort intéressans.
Hoffmann (Frédéric). De jEtatis mutatione morborum causa et remedio, Hall. ,1728, in-4'*.
Cet opuscule n'est pas moins remarquable que le précédent, et peut donner une juste idée de la différente portée des deux théories de leurs auteurs.
Jiich ( Henri Paul ). Theoria aetatum physiologico-pathologica, Erf. , 1733 , in-4o.
Buchner ( André Elie ). De Varia medicinae methodo pro œtatum diversitate, Hall. , 1752 , in.4''.
Cette Dissertation est une des plus remarquables qu'on ait publiées sur ce sujet.
Esparion (P. J. B.'). Essai sur les âges de Thomme , Paris , an VI , in-8».
Plus remarquable sous le rapport physiologique que sous celui de la pathoK sie et de la thérapeutique, cette Dissertation est cependant consultée avec fruit.
Honlet (L.). De Morbis cuique œtati maxime peculiaribus, etc., etc., Paris, 1807, in-40.
Joly ( Fr. Et. ). Aperçu physiologique et médical sur les premiers âges de la vie humaine , Paris , 1816, in-4o.
Ce travail porte , à chaque page , l'empreinte d'un excelloat esprit et renferme des considérations physiologiques et pathologiques d'un grand intérêt.
Simon. Traité d'Hygiène appliquée à l'éducation de la jeunesse , Paris , 182" , in-fi». Daus ce livre , l'auteur déduit de la considération du changement que la succession des premiers âges entraîne dans l'organisme les règles les plus justes, les préceptes les plus importans, pour conserver la santé, détruire les dispositions morbides, et améliorer la constitution des jeunes sujets. ^ (l. j bégin. )
AGE (Médecine légale). Les questions d'identité , celles qui se rattachent à l'avortement, à l'infanticide , au vfol , à la mort violente par quelcfue cause que
ce soit , peuvent entraîner nécessairement ou accessoirement cette question déterminer l'âge de tel ou tel sujet. L'étude des indices à l'aide desquels on peut reconnaître l'âge d'un individu est donc de la plus haute importance pour le médecin ; car si les magistrats ont, dans certains cas, deux ordres de moyens de s'éclairer, les connaissances médicales et les preuves testimoniales, ils ne possèdent dans d'autres qu'une seule source de lumières, les connaissances médicales.
La vie parcourt ses périotles dans l'utérus et hors de l'utérus ; les diverses phases de la vie intra-utérine ne peuvent être constatées que par le développe-
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ment relatif des organes qu'elle a mis en jeu ; tandis que celles de la vie extrautérine se déduisent non-seulement de cet ordre de preuves, mais encore de re.xercice des fonctions de relation qui a donné lieu à un grand nombre d'actes dont beaucoup d'individus ont pu être tétnoins ; de là les deux ordres de preuves dont nous avons fait mention. C'est surtout aux travaux de Béclard , Chaussier, Lobstein , Mcckel et Oken , et surtout de Meckel , que l'on doit les principaux caractères à l'aide desquels on peut déterminer l'âge d'un fœtus à telle ou telle époque de la vie intra-utérine. Tout récemment, M. Velpeau a rassemblé un grand nombre de fœtus âgés de moins de trois mois , et examiné avec beaucoup de soin le mode de développement des organes. Il nous a communiqué quelques faits importans relatifs à l'histoire des âges, et l'on peut y ajouter d'autant plus de confiance, que les observations ont été multipliées , et que M. Velpeaa est parvenu à se procurer des types certains de développement auprès des femmes qui pouvaient reconnaître le moment de leur fécondation.
Moyens de déterminer l'âge du foelus pendant les dwerses époques de la vie intra-utérine. — Ou sait qu'il existe de grandes variétés d'opinion sur l'époque de la fécondation à laquelle on peut trouver l'embryon dans la matrice. En médecine légale où les conclusions doivent reposer sur des faits positifs, on ne peut constater l'existence de la grossesse que dans les cas où l'on trouve un fœtus assez bien conformé pour permettre de prononcer avec certitude de cause ; aussi commencerons-nous l'histoire des âges par l'exposition des signes à l'aide desquels on peut reconnaître un fœtus d'un mois.
Fœtus âgé d'un mois. — Sept à huit lignes de longueur; pesant dix-neuf grains environ. Tête visible, formant la moitié du corps; membres supérieurs sous forme de deux petites palettes; membres inférieurs analogues aux supérieurs , peut-être un peu moins développés ; ils sont placés au voisinage de l'extrémité inférieure du fœtus. Les os ne présentent pas encore de points d'ossification. Les yeux forment deux petits points noirs arrondis , placés latéralement et à une certaine distance l'un de l'autre ; ils sont environne's d'un petit cercle membraneux qui représente les paupières, en sorte qu'ils semblent enchâssés dans celles-ci. La bouche offre une ouverture que l'on a dite triangulaire , et qui présente le plus ordinairement une fente transversale. On distingue très-bien la langue dans son intérieur sous la forme d'un petit mamelon. Une fente quadrangulaire , placée au-dessous et en arrière de la mâchoire inférieure , constitue l'oritice externe de l'ouïe. Le cerveau est représenté par une petite masse de substance grise ; la moelle est distincte dans toute sa longueur. Le cœur ne peut être distingué. Le foie paraît remplir la presque totalité de l'abdomen. Les membranes du fœtus offrent des caractères importans : la membrane caduque a beaucoup d'analogie avec une vessie remplie d'un liquide albuminiforme ayant la consistance et l'aspect d'une fausse membrane un peu cohérente. L'aranios , trcs-mou , forme un petit sac a parois très-minces , adhérent à la fiice interne du chorion par un de ses points. Quant au chorion, il est épais , hérisse, dans les deux tiers de sa surface , de filamens granuleux. Le placenta ne consiste que dans la portion des filamens granuleux du chorion qui restent en contact avec la surface interne de l'utérus. Le cordon ombilical a sept ou huit lignes; il est gros , demi -transparent , et présente deux ou trois bosselures sur sa longueur. La vésicule ombilicale et les vaisseaux omphalo-mésentériques sont très-apparens.
Fœtus âgé de deux mois. — Deux pouces environ de longueur; une once à une once et demie en poids. Tète très-grosse, formant presque la moitié du corps entier ; bras, avant-bras , cuisses et jambes très-visibles; doigts et orteils très-distincts , non réunis par une membrane intermédiaire ainsi qu'on l'a avancé. Points d'ossification dans les os suivans : clavicule , os maxillaires supérieurs, cubitus, radius, tibia, côtes, ilium , occipital et frontal. Yeux trèssaillans , fermés en partie par les paupières ; nez encore fermé , très-distinct et très-saillant; pavillon de l'oreille très-bien conformé dans toutes ses parties; estomac sous forme d'un renflement distinct; poumons et cœur très-visibles, ainsi que l'artère pulmonaire et quelques-unes de ses ramifications. Les reins sont formés par une foule de petits mamelons réunis ; les testicules sont placés immédiatement au-dessous des reins ; l'utérus est très-reconnaissable ; la verge ou le clitoris sont très-visibles ; la membrane caduque offre deux feuillets ; l'amnios remplit le chorion ; le placenta est circonscrit; le cordon ombilical un peu moins gros commence à se tordre ; la vésicule ombilicale est vide et atrophiée.
Fœtus âgé de trois mois. — Long de quatre pouces; pesant deux onces et demie à trois onces. Tête plus pesante que le reste du corps; consistance de la peau , apparence fibreuse ; pupilles fermées par la membrane pupillaire ; yeux recouverts par les paupières dont les bords libres sont accolés; voûte palatine complètement fermée; bouche très -grande, ses lèvres bien conformées se touchent par leur bord libre. Point d'ossification de l'ischium; valvule iléocœcale visible; intestins complètement rentrés dans l'abdomen. On peut reconnaître les cerceaux cartilajineux des bronches. Les deux ventricules du cœur sont diblincts ; on aperçoit les deux renflemens auriculaires. Le cordon ombilical inséré prés du pubis est légèrement tordu; le placenta est très-apparent. On ne rencontre plus la vésicule ombilicale ni les vaisseaux omphalo-mésentériques.
Fœtus âgé de quatre mois. — Environ cinq à six pouces de longueur ; cinq à sept onces en poids. Peau rosée, assez dense; membrane pupillaire trèsvisible; méconium un peu coloré, placé dans le commencement de l'intestin grêle; cerveau présentant le sillon infcerlobaire ; ossification des osselets de l'ouïe, des cornets inférieurs; commencement d'ossification des vertèbres du sacrum ; reins très-volumineux , formés par quinze à dix-huit lobes ; les capsules surrénales aussi grandes que les reins ; la moitié du corps correspond à plusieurs centimètres au-ckesus de l'ombilic.
Fœtus dgé de cinq mois. — Huit pouces environ de longueur; une livre en
poids ; tête recouverte de cheveux courts , rares et argentins ; peau sans enduit sébacé , d'un rouge pourpre; apparence de graisse sous - cutanée , ongles trèsdistincts ; un point d'ossification à la première pièce du sternum , au pubis, au calcanéum. Le cercle du tympan est complètement ossifié. Poumons trèspetits; cœur très-volumineux; oreillettes aussi grandes que les ventricules; canal artériel et les deux branches de l'artère pulmonaire égaux en développement ; poumons très-petits ; vésicule biliaire assez distincte ; méconium jaunâtre dans l'intestin grêle ; les muscles commencent à prendre leur structure fibreuse.
Fœtus âgé de six mois. — Longueur de dix à onze pouces ; poids de deux livres. Peau présentant quelques apparences de fibres dermoïdes ; paupières encore adhérentes ; points d'ossification dans les trois ou quatre portions du sternum ; méconium de couleur plus foncée , placé dans le cœcum ; apparences de bosselures du colon; poumons petits et rougeâtres; bronches distinctes; foie d'un rouge foncé ; vésicule contenant un fluide séreux , incolore , sans amertume ; testicules s'éloignant un peu des reins; ces derniers présentent l'apparence de la substance corticale. Le cerveau ne consiste encore que dans une masse de substance grise.
Fœtus âgé de sept mois. — Longueur de treize à quatorze pouces ; poids de trois à quatre livres. Peau rosée , fibreuse , épaisse ; commencement d'enduit sébacé ; ongles n'arrivant pas encore à l'extrémité des doigts; les paupières ne sont plus adhérentes ; la membrane pupillaire est moins sensible. Il existe un point d'ossification pour l'astragale ; le méconium occupe la presque totalité du gros intestin ; on commence à apercevoir des valvules conniventes ; le cœcum est placé dans la fosse iliaque droite; le lobe gauche du foie est presque aussi gros que le lobe droit; la vésicule contient de la bile ; le cerveau est plus consistant ; il ne renferme pas encore de substance blanche. Les testicules sont éloignés des reins.
Fœtus âgé de huit mois. — Quinze à seize pouces de longueur , pesant quatre à cinq livres. Peau recouverte d'un enduit sébacé plus marqué; ongles arrivant à l'extrémité des doigts ; la membrane pupillaire commence à s'effacer vers la fin de ce mois ; il existe un point d'ossification à la dernière vertèbre du sacrum; le cartilage qui forme l'extrémité inférieure du fémur ne présente point encore de point osseux. Le cerveau offre l'apparence de circonvolutions, mais il n'existe pas encore de substance blanche. Les testicules s'engagent dans l'anneau sus-pubien.
Fœtus âgé de neuf mois ou à terme. — Seize à dix-huit pouces de longueur ; six livres et un quart , terme moyen. La moitié du corps correspond un peu au-deisus de l'ombilic. La tête présente les diamètres suivans : occipito-frontal, quatre pouces trois lignes; occipito-mentonnier , cinq pouces; fronto-mentonnier, trois pouces six lignes; bi-pariétal et sphéno-bregmatique , trois pouces quatre lignes ; temporal, trois pouces une ligne ; grande circonférence , quatorze pouces; circonférence transversale , dix pouces six lignes. La tête est recouverte de cheveux en plus ou moins grande quantité; leur longueur est de neuf à douze lignes. On sentira facilement combien les diamètres de la tête sorvt susceptibles de varier. La peau est recouverte d'un enduit blanchâtre en général assez abondant ; les membres thoraciques , mesurés du creux de l'aisselle à l'extrémité des doigts , sont plus longs que les membres inférieurs mesurés du pli de l'aine au talon. Cette manière d'établir une comparaison entre les membres supérieurs et les membres inférieurs , par rapport à leur développement relatif, a conduit à une conséquence fausse puisqu'on en a inféré que les membres inférieurs se développaient beaucoup plus tard que les membres supérieurs ; opinion qui est loin d'être d'accord avec la vérité. Les pieds forment le sixième de la longueur totale du corps. La membrane pupillaire n'existe plus. Le comluit auditif externe est entièrement cartilagineux ; les quatre portions de l'os occipital sont encore distinctes; l'os hyoïde n'est pas ossifié. Il existe un point d'ossification au centre du cartilage de l'extrémité inférieure du fémur; c'est le seul os long qui ait un commencement d'ossification épiphysaire. Le cerveau présente quelqu'apparence de substance blanche. Le foie descend jusqu'à l'ombilic. Les testicules ont dépassé l'anneau inguinal, et peuvent même se rencontrer dans le scrotum. Le cordon ombilical est inséré à peu près au milieu du corps.
Les notions que nous venons de fournir pour déterminer l'âge d'un fœtus sont loin d'être d'une exactitude rigoureuse. Nul doute qu'il reste encore beaucoup à faire sur cette matière importante. Nous ferons remarquer,, par exemple, que l'appréciation du poids du fœtus est peut-être un peu forcée dans les premiers temps de son développement ; que sa longueur aux diverses époques n'est pas tout-à-fait rigoureuse ; mais nous pensons nous être approches de la vérité en diminuant les proportions qui étaient indiquées pour les trois premiers mois de la vie intra-utérine.
Le médecin-juré doit apporter , dans la recherche des notions propres à faire connaître l'âge du fœtus , une marche régulière que nous croyons d'autant plus i important d'indiquer que de l'observation rigoureuse de cette marche dépend le succès de ses recherches. Il doit constater en premier lieu l'état des annexes du tpetus : lo le placenta , en observer les dimensions , la consistance ; 2° les membranes ; 3° la vésicule ombilicale et ses vaisseaux; s'il en reste quelques rudimens ; 4° le cordon ombilical , sa longueur ; examiner son degré de torsion. En second lieu celui du fœtus lui-même , eu égard à tous les organes qui le constituent : 1° peser le fœtus ; 2° le mesurer du sommet de la tête aux talons ; 3° rechercher à quel point correspond la moitié de sa longueur totale , et noter avec soin le lieu où s'insère l'ombilic; 4oprocéder à l'examen de la peau, eu égard à sa couleur sa consistance , son enduit ; 5» examiner les ongles , leur longueur, leur consistance ; 6o les yeux et leurs paupières ; noter l'existence ou l'absence
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de la membrane pupillaire ; le nez , avoir égard à locclusion ou l'ouverture des narines ; 8" la bouche ; 9» les oreilles , faire mention de la conformation de ses parties externes; 10» l'abdomen, le tube digestif sous le rapport de sa longueur, de son volume , de ses bosselures , de la situation du cœcum, de ses valvules conniventes , et du méconium qu'il renferme dans tel ou tel point de son étendue; 11» le foie , sa vésicule ; 12° les reins et leurs capsules; 13° les testicules ou l'utérus; 14» le cœur, le développement relatif de ses cavités, les artères qui en partent, le canal artériel , son volume , les poumons , la trachéeartère et les bronches ; 15" le tissu musculaire ; 16o le système osseux en procédant du haut en bas; 17° les membres, eu égard au développement de chacune de leurs parties.
Des âges pendant la vie extra-utérine. — Si la détermination de l'âge pendant la vie intra-utérine offre des difficultés , à plus forte raison celle de l'âge pendant la vie extra-utérine peut-elle en présenter., Dans le premier cas , le sujet est presque toujours mort , et les recherches peuvent s'étendre beaucoup plus loin ; le développement des organes a lieu avec une rapidité extrême et amène des changemens plus appréciables. Dans le second cas au contraire , outre que l'individu peut être vivant , il arrive une époque de la vie qui ne laisse de trace de son passage que sur l'ensemble de l'individu , et dont les indices deviennent d'autant moins faciles à'saisir qu'ils sont plus disséminés.
On a divisé la vie extra-utérine en plusieurs époques : lo la première enfance , elle finit à la septième année ; 2" la deuxième enfance; elle se termine à la dou. zième année pour les filles et à la quinzième pour les garçons; l'adolescence dont la limite est vingt-cinq ans d'âge; 4» l'âge adulte qui se prolonge jusqu'à soixante ans , époque à laquelle commence la vieillesse. On distingue trois époques dans la première période : 1° de la naissance à sept mois ; 2» de sept mois à deux ans ; 3° de deux ans 'a sept ans. M. Orfila a fait sentir avec raison, clans ses leçons de médecine légale, l'importance que l'on devait attacher à la détermination de l'âge d'un enfant nouveau-né pour les questions qui se rattachent à l'histoire de l'infanticide ; aussi allons-nous tracer avec soin les conséquences auxquelles ont conduit les travaux récens de MM. Denis et Billard sur cette matière. Tous deux, à même par leur position d'observer les phénomènes qui accompagnent et qui suivent la chute du cordon ombilical , les ont exposés à ipeu près de la même manière. Chez l'enfant qui vient de naître le cordon est frais , ferme , bleuâtre , arrondi ; il est gras ou maigre , c'est-à-dire qu'il contient de la gélatine de Warton en plus ou moins grande quantité. Ses vaisseaux renferment encore du sang. On appelle base du cordon le point de son insertion à l'ombilic; on nomme sommet son extrémité placentaire ou celle sur laquelle est posée la ligature.
Premier phénomène. — Flétrissure du cordon. — Elle a lieu du sommet à la base du cordon; elle peut commencer immédiatement à la naissance ou quelques heures après ; elle est toujours effectuée au bout de tî-ente heures ou deux fours au plus. Le cordon est alors mollasse, et fréquemment il se développe une [injection assez prononcée du pourtour de l'anneau ombilical.
Second phénomène. — Dessiccation du cordon. — Le cordon brunit de son sommet à sa base , devient demi-transparent et perd la gélatine de Warton -qu'il renfermait. Ses vaisseaux se distinguent alors parfaitement; ils sont aplatis et ne contiennent qu'un peu de sang coagulé; le plus souvent ils sont presque oblitérés. La dessiccation commence le premier ou le second jour; elle est comjplète au bout de trois jours. Elle peut s'opérer pendant la vie et pendant la mort, mais lorsqu'elle s'opère pendant la mort, le cordon devient grisâtre, son enveloppe forme une pellicule desséchée et comme insufflée; le cordon n'est pas vrillé ainsi que le fait observer M. Billard, et le calibre de ses vaisseaux ;n'a pas diminué d'une manière bien sensible. Suivant M. Denis, dans la dessic- I cation opérée pendant la vie , la base du cordon est baignée par un fluide muqueux sécrété par l'anneau cutané temporaire, à la suite de la phlegmasie qu'entraîne nécessairement la chute du cordon, tandis que M. Billard établit lune distinction entre les cordons maigres ou pourvus de peu de gélatine et les { cordons gras ; la chute des premiers ne donne presque jamais lieu à une phlegmasie, tandis que celle des seconds estpresque toujours accompagnée d'mflammatiou. En cas d'ouverture du corps, l'absence du méconium et de l'urine in- I dique quelque temps d'existence.
! Troisième phénomène. — Chute du cordon. — Elle s'opère du quatrième au \sixième jour. La base du cordon s'érode peu à peu, les artères ombilicales se rompent; la veine persiste plus long-temps. Lorsque ces phénomènes sont accompagnés de phlegmasie de l'ombilic avec suintement séro-purulent de la Ibase du cordon, les traces d'inflammation persistent jusqu'au dixième ou douzième jour At la naissance , époque à la quelle la cicatrisation s'opère.
Quatrième phénomène. — Cicatrisation de l'ombilic. — Pour les cordons maigres, elle a lieu avant dix jours et ne laisse aucun suintement; pour les cordons gras , elle ne s'effectue presque jamais avant douze jours et souvent plus tard. Suivant M. Denis, l'anneau cutané temporaire se renverse , en laissant entre lui et l'extrémité des artères et de la veine ombilicale un petit espace au fond duquel se trouvent ces vaisseaux, la veine en haut, les deux artères en bas. Cet espace prend une organisation analogue à celle des membranes muqueuses, et constitue un véritable sac muqueux ou cicatrice ombilicale temporaire. Les vaisseaux communiquent avec le sac par une ouvprture très-libre et dont on peut s'assurer à l'aide de l'insufflation.
A cette même époque on commence à apercevoir un fendillement de l'épiderme , et même aux environs des glandes mammaires un soulèvement de cette partie de la peau.
Cinquième ordre de phénomènes. — Occlusion des vaisseaux , resserrement du sac muqueux Ces phénomènes ont lieu du douzième au trentième jour
après la naissance. Les artères ombilicales perdent leur tunique moyenne et se réduisent en un cordon iibreux. 11 en est de même de la veine ombilicale , mais l'oblitération en est plus longue. Le sac muqueux s'est rétréci et ne sécrète plus de fluide. L'épiderme s'est soulevé peu à peu dans presque toutes les parties du corps ; il s'est détaché au tronc , mais il existe encore sur les membres.
Sixième ordre de phénomènes. — Disparition complète du sac muqueux , cicatrice ombilicale permanente . — Ce n'est qu'au quarantième jour que ces phénomènes ont eu lieu. Alors le stylet cherche en vain le point où s'abouchaient les vaisseaux, et les lèvres du cercle cutané sont tellement rapprochées qu'il est impossible d'apercevoir des traces de l'espace qui existait entre elles. A cette époque la chute de l'épiderme est à peu près complète aux extrémités, et, comme elle a lieu du tronc aux membre?, on peut juger approximativement combien de jours l'enfant a vécu.
Il paraît résulter des recherches faites sur ce siijot par ]MM. Orfila et Thierry, auxquels nous avons emprunté les détails relalifs à la chute de l'épiderme, que les enfans qui ne viennent pas à terme, ou que ceux qui meurent d'induration du tissu cellulaire , ne présentent pas de desquamation de l'épiderme.
A dater du quarante-cinquième jour de la naissance jusqu'à la seconde enfance, il est difficile de préciser l'âge du foetus. Il paraît que vers le cinquième mois on trouve un point d'ossification dans l'os cuboïde du tarse. L'habitude d'obseri^er de jeunes enfans peut seule faire établir approximativement leur âge , mais ces indices découlent de caractères fugaces susceptibles de grandes variations; telle est la facilité avec laquelle on fixe l'attention de l'enfant, sa force , son intelligence, la durée de son sommeil, l'attrait plus ou moins grand qu'ont pour lui les corps qui l'environnent , etc. ; encore ces faibles preuves sont-elles tout à-fait impossibles à acquérir lorsque les recherches doivent être faites sur un enfant mort.
L'éruption des dents, et quelques particularités que l'on observe dans l'accroissement du système osseux , peuvent répandre des lumières sur l'âge du sujet dans la seconde enfance ; c'est communément vers le septième ou huitième mois que paraissent les premières dents incisives , et dans l'ordre suivant : les moyennes inférieures; les incisives moyennes supérieures , latérales de la mâchoire inférieure et celles de la mâchoire supérieure ; les premières molaires sortent du quinzième au dix-huitième mois; viennent ensuite les canines , et enfin les deuxièmes molaires ; la réunion de ces vingt dents constitue les dents de lait , et leur éruption est le plus souvent terminée à deux ans et demi. Il est facile de reconnaître ces dents à leur conformation, en ayant égard aux circonstances suivantes : 1° elles ont toutes une couleur blanche-bleuâtre qui leur donne un aspect demi-transparent ; 2° les incisives sont très-petites, figurant un coin, mais dont le tranchant est mousse; les premières molaires infantiles ont quatre tubercules à leur couronne ; celles de la seconde dentition n'en ont que deux; les racines des premières sont percées d'un trou assez large à leur sommet; celles des secondes ne présentent pas le même caractère. Quant aux secondes molaires de la première dentition , elles ont cinq tubercules à leur couronne , tandis que celles de la seconde n'en ont que deu.x.
D'après Béclard , on trouve, à l'âge d'u7i an , un point d'ossification dans les cartilages de l'extrémité inférieure de l'humérus et du cubitus , dans le grand os et l'os crochu, dans les têtes de l'humérus , du fémur, et dans l'extrémité supérieure du tibia. L'arc postérieur des vertèbres est complété par la réunion des lames vertébrales dans la région du cou et du dos; cependant cette disposition n'existe pas dans les deux premières vertèbres du cou. A deux ans , il existe un point osseux dans l'extrémité inférieure du radius, du tibia et du péroné , ainsi que dans la portion du cartilage qui doit former la partie externe de la poulie de l'humérus. A deux ans et demi , ossification de la grosse tubérosité de l'humérus, de la rotule et de l'extrémité inférieure des quatre derniers os du métacarpe ; canal vertébral complété. A trois ans , un point d'ossification dans le grand trochanter et dans l'os pyramidal du carpe. A quatre ans , noyau osseux dans le deuxième et le troisième os cunéiforme du tarse. A quatre ans et demi , la petite tubérosité de l'humérus et l'extrémité supérieure du péroné s'ossifient; à peu près à la même époque, paraissent les troisièmes dents molaires. A cinq ans, le trapèze et l'os semi-lunaire ainsi que le scaphoide du tarse, deviennent osseux. A six ans, la branche descendante du pubis et celle ascendante de l'ischion se rencontrent. A sept ans , on distingue une épiphyse sous la tubérosité interne de l'humérus; à dater de cette époque la chute des dents s'effectue, mais d'une manière fort lente ; elle constitue principalement les caractères de la deuxième enfance; les dents tombent à peu près dans le même ordre de leur développement. La quatrième dent molaire paraît entre huit et neuf ans ; c'est à cette époque que l'on trouve un point osseux dans le schaphoïde du carpe. A neuf ans , les trois portions de l'os des îles se réunissent au fond de la cavité cotylo'ide ; les dents incisives , canines , les premières et deuxièmes molaires de la deuxième dentition sont ordinairement sorties. A douze ans, l'os pisiforme s'ossifie. Enfin de treize a. quatorze ans, les trois portions de l'os des îles sont complètement réunies ; la petite tubérosité de la tête du fémur et le col de cet os sont ossifiés A quinze ans , l'apophyse coracoïde de l'omoplate est soudée avec le scapulum. La jonction de l'olécrane au cubitus s'effectue entre quinze et seize ans. A seize ans , il existe un point d'ossification dans la tubérosité externe de l'humérus ; a dix-huit ans , réunion des trois épiphyses de l'extrémité supérieure du fémur au corps de cet os. De dix-huit à dix-neuf ans, cette réunion s'opère à l'égard des épiphyses des extrémités aptérieures des quatre derniers os métatarsiens. Aznngt ans , les épiphyses du péroné e réunissent à l'os, et, quelques années après, celles de