‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 231 sur 234 · ÉRECTILE (TISSU · texte numérisé non relu

ÉRECTILE (TISSU

fait découvrir l'iode à l'état d'hydriodate de soude, et a justifié, jusqu'à un certain point, les tentatives des médecins qui avaient administré le charbon de cette substance contre le goitre et contre les scrofules , si tant est que les succès obtenus de l'iode offrent le degré convenable de certitude et d'authenticité. Voj. Iode. )

Quoi qu'il en soit , les éponges sont depuis long-temps employées comme objet de toilette , et offrent sous ce point de vue des avantages qu'on trouverait difficilement ailleurs ; en permettant d'arroser , d'une assez grande quantité d'eau , les parties qu'on ne peut pas toujours immerger, elles rafraîchissent et nettoient plus parfaitement la peau. Elles peuvent être , comme les vêtemens, et comme tout ce qui s'applique immédiatement à la surface de la peau et des membranes muqueuses , le véhicule de principes contagieux. Aussi doit-on les tenir avec la plus grande propreté, et se garder d'employer celles dont se seraient servies des personnes atteintes de maladies contagieuses. Néanmoins, si la prudence prescrit cette réserve, et si , dans la pratique, on est quelquefois obligé de croire , ou de sembler croire, que les infections vénériennes , par exemple, dépendent d'un changement d'éponge, l'expérience montre que, pour la syphilis , ce mode de transmission est au moins très-douteux. ( Voyez SrPHiLis.)

L'éponge sert également à faire de petits mamelons artificiels au moyen desquels ou fait sucer aux enfans, qu'on élève au biberon, le liquide qu'on leur administre , mais ce petit appareil demande à être fréquemment renouvelé , car le lait qui séjourne dans les cellules de l éponge, s'y altère, et contracte une odeur acide et putride , qui souvent empêche les enfans de prendre l'aliment qu'on lui présente. ( Voy. Allaitement artificiel , Biberon. )

Les chirurgiens font un grand usage des éponges : outre qu'ils s'en servent dans le cours des opérations pour absterger le sang et les divers liquides , ils les emploient encore comme moyen de compression, et dans les pansemens , en place de charpie. On a également proposé d'appliquer , au lieu de cataplasmes , des lames d'épongés imbibées de liquides émolliens , narcotiques ou autres. On conçoit sans peine que pour ces difFérens usages on doit choisir les éponges fines , et privées de tout corps étranger qui pourrait blesser.

L'éponge n'est pas moins utile comme corps dilatant , lorsqu'on veut donner plus de largeur à des conduits fistuleux ou à des orifices naturels , accidentellement rétrécis. Pour l'employer ainsi, on lui fait subir une préparation ayant pour objet de la condenser, en appliquant les unes contre les antres les parois des cellules qui la composent. Pour cela, on la trempe dans de la cire fondue, puis, après l'en avoir imprégnée, on la serre avec de la ficelle. C'est ce qu'on uommç éponge préparée à la cire. Quelquefois on se borne à la mouiller seulement avec de l'eau , à laquelle on pourrait ajouter un peu de gomme , et à la comprimer également avec de la ficelle bien serrée. Lorsqu'on veut s'en servir on en coupe un morceau , de volume et de forme adaptés à la cavité dans laquelle il doit être admis ; on l'y introduit avec précaution et on l'y fixe par les moyens convenables. La chaleur et l'humidité font reprendre à l'éponge le volume qui lui est naturel ; et par conséquent , les parois de la cavité qui la contiennent se trouvent mollement écartées.

L'emploi de l'éponge à l'intérieur remonte à une époque déjà fort ancienne ; c'est au célèbre Arnauld de Villeneuve qu'on attribue l'introduction dans la matière médicale de l'éponge calcinée ; car c'est seulement après l'avoir cliarbonnée, qu'on l'administre aux malades. On ignore complètement quelle expérience préliminaire a pu motiver cette application. Quoi qu'il en soit, c'est contre le goitre que le charbon d'épongés a été préconisé. Des guéiisons nombreuses , suivant quelques auteurs , ont été dues à ce moyen , que d'autres observateurs ont trouvé insuffisant. La présence même de l'iode dans le charbon d'épongés ne serait pas convaincante; car la spécificité de ce corps contre les engorgemens scrofuleux n'est pas suffisamment établie , malgré fous les eflPorts qu'on tente à ce sujet.

D'aille urs , dans l'état actuel des choses , il n'est plus permis d'employer un médicament complexe , et dont les proportions sont incertaines et variables. On aura donc recours à l'iode en substance, dosé suivant les besoins individuels; car on ne saurait admettre que le mélange de charbon animal ait plus d'efiicacité que l'iode, ou les sels qu'il forme. {Voy. Iode.) (F. Ratier.)

EPULIE, s. f.; epulis, de sur , et de cu>«v , gencive ; tumeur fongueuse née des gencives ou des portions des os maxillaires qu'elles recouvrent , et qui se développent dans la bouche.

Le tissu fibro-vasculaire des gencives jouit d'une disposition remarquable à la végétation. Des irritations répétées , des coups violens , suffisent , chez certains sujets , pour mettre en activité cêtte disposition , et pour occasioner le développement de tumeurs volumineuses , qui surviennent quelquefois sans cause externe appréciable , et par suite d'altérations profondes , quoique latentes, de la constitution des individus

La texture des tumeurs qui nous occupent est ordinairement molle ; spongieuse, vasculaire. Elles se gonflent et se durcissent sous l'influence des excitations buccales , puis s'affaisent et perdent de leur volume, lorsque le sang cesse d'être appelé dans leur tissu. D'autres fois, elles sont dures, fibreuses, incompressibles , composées d'un tissu serré , peu vasculaire , à lames résistantes et entrecroisées dans toutes les directions. J'ai enlevé tout récemment une tumeur de ce genre , placée au dessus de la canine et de la première petite molaire de la mâchoire supérieure du côté droit. Elle était globuleuse , avait le volume d'une petite noix , et contenait à son centre un noyau osseux très-compacte : le reste de sa substance présentait une substance fibro-cartilagineuse.

Le point de départ des tumeurs qui nous occupent est très-variable. Les épu-

lies molles et vasculaires sont presque toujours implantées dans les gencives elles-mêmes. Celles qui sont fibreuses ou fibro-cartilagineuses naissent plus souvent des parois alvéolaires. Lorsque ces végétations paraissent d'abord entre quelques dents , elles les déchaussent , les ébranlent , les repoussent au dehoj-s ; il est presque certain qu'elles proviennent du périoste dentaire et de l'intérieur d'une alvéole.

Les épulies sont rarement très-volumineuses. Elles ne dépassent presque jamais la grosseur d'une noisette ou d'une noix. On en a vu cependant qui , portées au dehors des arcades dentaires, soulevaient la joue et déformaient les traits du visage, ou qui, saillantes en dedans, occupaient une partie de la place de la langue , et , dans l'un comme dans l'autre cas , nuisaient singulièrement à la mastication ainsi qu'à l'articulation des sons. Leur base est tantôt étroite , fragile et pédiculée ; tantôt large , épaisse et résistante. Leur surface est, dans la plupart des cas, lisse, polie , recouverte par la pellicule membraneuse propre aux gencives. Celles qui sont dures et fibreuses n'occasionnent ordinairement aucune douleur. Chez d'autres sujets, au contraire, surtout lorsqu'elles ont été souvent irritées , ou qu'on a fait plusieurs tentatives pour les détruire à l'aide des caustiques , elles deviennent rouges , saignantes au moindre contact , se recouvrent d'une couche de matière sanieuse , fétide , et font éprouver des élancemens plus ou moins vifs et répétés. Ces épulies constituent de véritables cancers ; leur surface finit par s'éroder , et devient le point de départ d'un ulcère dévastateur , dont les progrès ne peuvent ensuite que très-difficilement être arrêtés.

Le pronostic des tumeurs fongueuses des gencives varie selon leur volume , leur consistance , le degré de profondeur auquel leurs racines sont implantées, et enfin selon leur état douloureux, ou indolent, ou déjà cancéreux. Elles ne rétrogradent jamais , à en juger du moins par celles que j'ai eu l'occasion d'observer, et il a fallu constamment, pour les détruire, avoir recours aux procédés chirurgicaux d'extirpation.

Chez un officier qui vint nous consulter, il y a quelques mois , au 'Val- de- Grâce , une épuiie du volume d'un œuf de pigeon , née du côté interne de la branche droite de l'os maxillaire inférieur , refoulait la langue , et s'opposait à ses mouvemens. En examinant la tumeur , je la trouvai supportée par un pédicule si étroit et si peu résistant . qu'avec mon doigt passé sous elle , et formant le crochet, je l'arrachai sans effort et la sortis de la bouche. Apres un écoulement peu considérable de sang, le malade sortit, et n'éprouva depuis lors aucune récidive. La ligature peut convenir lorsque la tumeur est jiédiculée ; mais l'arrachement, exécuté avec les doigts ou avec les pinces de Museux , est ordinairement préférable. Si l'épulie touche aux gencives par une base large et solide, l'exc ision avec le bistouri réussit beaucoup mieux que les caustiques, dont on a préconisé alors l'emploi , et qui présentent l'inconvénient d'être difficiles à appliquer , en même temps qu'ils déterminent aisément la dégénérescence cancéreuse de la tumeur. Les épulies nées de l'intérieur des alvéoles et du périoste alvéolaire, nécessitent l'arrachement des dents, qui sont en contact avec la partie malade , et ensuite l'extirpation de la tumeur elle-même. Presque toujours alors, afin de prévenir une repullulation qui n'est que trop à craindre, on doit porter sur les racines de l'épulie , et au fond de l'alvéole atrectée , un cautère en roseau , avec lequel on désorganise les points qui lui donnaient naissance. Enfin, les épulies devenues cancéreuses doivent être détruites jusqu'à leur base , à l'aide de l'excision et de la cautérisation , avec autant d'exactitude que les autres "cancers. Ce moyen rigoureux est le seul qui puisse s'opposer à la reproduction d'un mal toujours d'autant prompt dans ses ravages qu'il a été plus souvent combattu sans succès. ( L.-J. Bégin. )

ERECTILE , adj. , erecdlis , susceptible d'érection; nom que MM. Dupuytren et Ruilier ont donné à un tissu spongieux et vasculaire , qu'on rencontre dans quelques-unes de nos parties , et dont l'existence, anormale en d'autres endroits, donne lieu à des tumeurs plus ou moins volumineuses , souvent trèsgraves.

Le tissu érectilenormal est assez abondamment répandu dans l'organisme; on l'observe aux mamelons , aux lèvres, peut-être à l'iris, au pourtour du vagin , il constitue presque en entier la verge et le clitoris. Tantôt il est libre, et pour ainsi dire sur-ajouté à la surface des parties , comme dans les premiers de ces organes , tantôt , au contraire , il est enveloppé, comme dans les derniers, d'une tunique fibreuse, épaisse , résistante , qui borne son expansion , et qui lui assure une forme, ainsi que des dimensions déterminées. Dans tous les cas , il se présente , dans l'état de repos et de vacuité , sous l'aspect d'une substance molle, spongieuse , rougeâtre , formée d'un lacis inextricable de vaisseaux sanguins, ramifiés à l'infini , sur un canevas celluleux , lâche et rare. Des recherches anatomiques fort exactes semblent démontrer que les ramifications veineuses y prédominent sur les capillaires artériels , et qu'elles offrent , comme à la rate , des porosités latérales, à l'aide desquelles le sang peut s'épancher dans les aréoles celluleuses, et rentrer ensuite dans le torrent circulatoire. Un grand nombre de nerfs se distribuent toujours aux organes érectiles , et leur communiquent une sensibilité exquise , qui préside aux phénomènes dont ils sont le siège.

Sous l'empire des titillations les plus légères , des excitans les moins actifs , et souvent par la seule influence de l'imagination , cette sensibilité est mise en activité. Alors le sang est appelé dans la substance érectile; les artères du voisinage battent avec un surcroit de force et de rapidité ; elle se gonfle , se durcit , et acquiert un volume hors de proportion , en beaucoup de cas , avec celui qu'elle présentait dans l'état de flaccidité. La stimulation agit manifestement alors sur le système artériel ; lui seul apporte le liquide dans l'organe excité à l'érection. Mais le sang reste-t-il dans les capillaires de ce système? passe-t-il

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