AGGLUTINATIF
l'exU cmilé inférieure du fémur se joignent au corps du même os. A vingt-cinq ans, l'épiphysede la crête de l"os des îles et celle de l'extrémité interne de la clavicule se confondent avec le corps de cet os. C'est de dix-huit à vingt ans que paraît la dent de sagesse. On peut consulter pour plus de détails sur l'ostéogénie , un Mémoire publié par Béclard, dans le Nouveau journal de Médecine , année 1819. Il est impossible de fournir pour les autres âges de la vie des indices assez certains pour les exposer ici. Certes il existe des différences marquées entre les organes d'un adulte et ceux d'un vieillard ; mais elles s'établissent d'une manière tellement gradue'e qu'il serait difficile d'assurer l'époque précise de leur développement ; aussi préférons-nous ne pas nous y arrêter; d'ailleurs , à ces diverses époques de la vie , l'âge des sujets se détermine plutôt pas des preuves testimoniales que par suite de recherches médicales. , (A. Devergie.)
AGÉNÉSIE, s. f. , agenesis , de « privatif, et yh:sii, génération. Dans le langage ordinaire , ce mot est employé comme synonyme d'impuissance et de stérilité ( voyez ces termes ) ; mais quelques médecins ont étendu sa signification , et en ont usé pour exprimer les vices de conformation dont on peut attribuer l'origine à un arrêt de développement. Dans cette acception , l'absence du cœur chez les acéphales est une agénésie de cet organe.
L'agénésie présente un grand nombre de degrés ; tantôt, en effet, c'est une partie du corps très-étendue qui ne s'est point développée , tantôt c'est un organe seulement, ou même une partie assez limitée de celui-ci.
Les causes de l'agénésie sont peu connues, comme celles des monstruosités en général. M. Serres et M. Geoffroy Saint-Hilaire pensent que l'agénésie a pour principe un obstacle à la circulation, soit qu'il tienne à quelque compression extérieure , à quelques adhérences normales , soit qu'il dépende au contraire d'une absence primitive des artères de la partie non formée. Béclard attribuait l'agénésie à des imperfections du système nerveux central. Cet habile professeur enseignait que les nerfs ne se forment qu'autant que leurs centres cérébro-spinaux se sont eux-mêmes formés primitivement, et que les organes ensuite n'apparaissent qu'à la condition de l'existence antérieure de leurs nerfs. Ainsi , dans les cas d'absence de toute la moelle cervicale , point de nerfs brachiaux , point de membres thoraciques ; mais c'était seulement reculer la difficulté , car on se demande quelle est la cause de l'agénésie des centres ; ces explications sont peut-être encore prématurées; on leur a d'ailleurs opposé que les organes se forment d'abord , incomplètement il est vrai , et que les nerfs et les vaisseaux en procèdent et se prolongent vers leurs centres communs pour former les systèmes vasculaire et nerveux ; il vaut sans doute mieux avouer que nous ignorons encore la véritable cause de l'agénésie. Ce qui est bien plus certain, c'est que certaines agénésies sont primitives et d'autres secondaires et subordonnées aux premières. ( Fr. Blandin. )
AGGLUTINATI F , agglutinons , de agglutinave , coller à , adjectif que l'on prend quelquefois substantivement.
Toute substance qui peut se coller à la peau, etpar conséquent tout emplâtre, est un agglutinatif ; mais on nomme plus spécialement ainsi certains objets de pansement dont on se sert pour maintenir rapprochées les lèvres des solutions de continuité.
Le taffetas gommé , dit d'Angleterre, la gomme ammoniaque dissoute avec le vinaigre, l'emplâtre d'André de la Croix, le diachylum gommé, l'emplâtre diapalme avec addition d'un septième de poix blanche, étendus sur de la toile , sont les agglutinatifs dont on fait le plus fréquent usage.
Pourvu que le tissu du taffetas soit solide et qu'il soit revêtu d'une couche de gomme suffisamment épaisse, il présente les qualités requises , et ces qualités sont faciles à rencontrer.
Il est plus difficile de se procurer, parmi les sparadraps, un bon agglutinatif, cl cependant on les emploie plus ordinairement que le taffetas d'Angleterre, parce que celui-ci , à cause de son peu de ténacité, n'est propre qu'à maintenir en contact les bords des plaies les moins étendues. La toile sur laquelle on étend la substance agglutineuse doit être solide , point assez fine pour se laisser traverser par cette substance , point assez grosse pour perdre de sa souplesse, jioint calandrée, mais au contraire un peu toraenteuse pour que cette substance .«'y attache fortement. La couche emplastique qui revêt cette toile doit être assez épaisse pour se coller fortement à la peau, mais point assez pour, en se ramollissant, laisser glisser les lèvres de la plaie sous l'emplâtre. Enfin, celui-ci, prêt à être employé , doit être souple, facile à ramollir à une chaleur douce, et ne point s'écailler lorsqu'on le plie en divers sens.
On donne aux agglutinatifs diverses formes. La plus anciennement usitée, et ([ui est à peu près abandonnée aujourd'hui, est celle d'emplâtre. Il y avait plusieurs manières de les préparer. Tantôt on prenait un morceau de sparadrap agglutinatif, d'une largeur égale à la longueur de la plaie, et d'une longueur proj)ortionnée à l'étendue de la partie et à la mobilité des tégumens. On donnait à cet emplâtre la forme d'une espèce de grille en lui faisant, dans le sens de sa longueur, des pertes de substance ou fenêtres rhomboïdales ou ellipsoïdes, qui laissaient entre elles des lanières plus étroites à leur partie moyenne qu'à leur extrémité. Le milieu, c'est-à-dire la plus large de ces ouvertures, correspondait à la partie moyenne de l'emplâtre, de sorte que celui-ci étant placé en travers de la plaie , on pouvait sans le déranger, suivre de l'œil les progrès que celle-ci faisait vers' la guérison, et les liquides qu'elle fournissait trouvaient un libre écoulement.
D'autres fois , on appliquait sur chaque bord de la division , et à la distance convenable, un emplâtre dont le bord correspondant à la solution de continuité était dentelé. On passait avec une aiguille un fil dans le sommet des dentelures correspondantes des deux emplâtres, après quoi on nouait ensemble
les fils, ce que l'on ne pouvait faire sans que les emplâtres et par conséquent les bords de la plaie fussent rapprochés.
Dans d'autres cas, on collait sur chaque lèvre de la plaie une bande plus ou moins large de sparadrap, au bord de laquelle étaient attachés des fils que l'on j nouait avec ceux de la bande opposée. 1
La seconde forme sous laquelle ou emploie les agglutinatifs, la seule, ou à I peu prés, qui soit usitée maintenant, est la forme de bandelettes séparées.
La longueur de celles-ci est proportionnée à l'effort qu'elles doivent soutenirjl elles doivent être plus larges à leur extrémité qu'à leur milieu.
La partie sur laquelle on veut apposer des agglutinatifs doit être rasée, pour que cèux-ci prennent immédiatement sur la peau , et pour éviter les douleurs qui résulteraient de révulsion des poils, quand on retirerait les emplâtres ou les bandelettes; elle doit de plus être lavée, puis essuyée et desséchée avec soin, car l'humidité empêcherait l'agglutination. Le taffetas gommé doit être humecté; les sparadraps doivent être légèrement chauffés, immédiatement avant leur application.
Voici comment on doit procéder à celle ci : les lèvres de la plaie étant' rapprochées et maintenues en contact par un aide , on applique une moitié de la longueur de la bandelette sur la lèvre la moins mobile; on l'y fait adhérer exactement; on applique dessus les doigts de la main correspondante dont le pouce-, étendu sur la lèvre opposée , la rapproche de la première; et l'on colle la seconde moitié de la bandelette snr la lèvre la plus mobile. On place, de la même manière et en procédant du point vers lequel l'écartement est le plus grand , vers les autres, autant de bandelettes qu'il en faut pour maintenir les lèvres de la plaie exactement en contact. Pour qu'elles agissent efficacement, il est nécessaire que les bandelettes agglutinatives soient toujours appliquées perpendiculairement à la direction de la solution de continuité. Lorsque' celle ci est dirigée suivant une ligne droite, on peut et l'on doit les dispose! parallèlement et de manière qu'elles n'empiètent pas les unes sur les autres , parce qu'alors on se réserve la facilité de les renouveler isolément; mais quand la plaie est courbe ou irrégulière , elles doivent nécessairement se croiser dans divers sens.
Les bandelettes sont d'autant plus tendues que les parties qu'acnés rapprot chent ont une tendance plus grande à s'écarter. La tension qu'elles éprouvent n'a aucun inconvénient quand elles sont appliquées sur une surface plane; i! n'en est pas de même quand elles passent sur une saillie. Dans ce cas , en effet, leur partie moyenne s'applique avec force sur les lèvres de la plaie, la comprime et la soumet à un véritable étranglement. C'est ainsi que quand, dans une amputation de jambe, par exemple, on n'a point conservé assez d( peau pour que les lèvres de la plaie se mettent en contact sans efforts , et qu( l'on veut les y ramener et les y maintenir par le moyeu des bandelettes agglutinatives, il arrive presque toujours que la peau se retirant sur les côtés e en traînant avec elle les chefs des bandelettes, le milieu de celles-ci comprima les tégumens sur les os qui font saillie à l'extrémité du moignon , et détermin( la formation d'escarres qui dessinent exactement son trajet. Le même incon , vénient se représente quand on veut réunir une plaie située près de la crêti du tibia. On peut dans quelques cas l'éviter , au moyen de compresses épaisse que l'on place sur les côtés de la saillie, qu'elles doivent un peu dépasser, Alors, par exemple, qu'il s'agit de réunir une plaie située au-devant de 1; jambe, on place de chaque côté du membre et de la plaie une compress( graduée qui dépasse en devant le niveau de la crête du tibia; et les lèvres d( la solution de continuité étant rapprochées, on applique les bandelettes. Li partie moyenne de celles-ci , au lieu de décrire une ligne courbe, s'étend ei' ligne directe d'une compresse à l'autre, tend à les rapprocher, et, par leu moyen, maintient la plaie réunie sans y toucher. Cet exemple suffit pour fainj sentir tout le parti que l'on peut tirer de cet auxiliaire. j
En général, on doit laisser les bandelettes agglutinatives en place tant qu'elle ' ne se détachent pas, à moins qu'elles ne déterminent sur la partie une compre;, sion douloureuse. Quand on veut les enlever, il faut commencer par souteni ■ les bords de la plaie avec le pouce et l'indicateur de la main gauche , détache . ensuite une des moitiés de la bandelette , en commençant par son extrémil , jusqu'à peu de distance de la solution de continuité; détacher l'autre moitié d la même manière; saisir ensuite les deux bouts et les soulever perpendiculai rement à la surface de la partie, jusqu'à ce que la bandelette soit complète j ment décollée. Si la plaie est réunie, il faut enlever de la même manièr ' toutes les bandelettes. Dans le cas contraire, on renouvelle à mesure celle que l'on détache; cette pratique est beaucoup plus convenable que celle qu consisterait à les détacher toutes pour les renouveler ensuite.
Les agglutinatifs sont un des quatre moyens que l'on emploie pour favorise la réunion des plaies, Leur emploi constitue ce que nos prédécesseurs appelaien la suture sèche; mais comme ils n'agissent que sur la peau, ils ne convienner que dans les cas où la division ne pénètre pas au-delà du tissu cellulaire sous cutané, ou dans ceux où elle n'a intéressé que des muscles qui, comme 1 peaussier, par exemple, suivent les mouvemens des tégumens. Les plaies ré' sultant des amputations font seules, par des raisons qu'il est facile de sentir exception à celte règle. Il est aussi nécessaire que les lèvres de la plaie soiec soutenues par un plan solide. On applique avec avantage les bandelettes non-seulement aux incisions , mais encore aux plaies avec perte de substanc c[ui sont dans les conditions indiquées , et aux ulcères , parce que , dans ces cas en rapprochant les lèvres delà solution de continuité, lors même qu'elles n, les mettent pas en contact , elles diminuent l'étendue de la cicatrice et abrégée la durée de la cure. Mais, dans tous ces cas, et surtout lorsque la plaie quelque étendue et quelque tendance à se rouvrir , leur action a besoin d'clr