‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 31 sur 234 · TIQUE · texte numérisé non relu

TIQUE

S'il existe une diminution très-notable dans le poids de l'air, comme cel , arrive à l'homme qui s'élève à quelques mille toises au-dessus du niveau de. mers, la respiration devient fréquente, pressée , pénible , haletante ; le poul s'accélère ; on ressent un malaise générale joint à une extrême débilité.

Les effets qu'éprouve le reste de l'organisme dépendent de la moindre com pression qu'exerce sur les fluides du corps l'air qui l'environne de toutes part; Ces effets sont , de la part des fluides de l'économie, une tendance à s'échappe • hors des vaisseaux qui les contiennent, et souvent des hémorrhagies véritablt par le nez , les oreilles , etc.

Si la colonne d'air est encore moins considérable , alors la vie doit cesse; par défaut d'aliment respirable ou par rupture de nos vaisseaux, occasionc par la dilatation des fluides qui ne trouvent plus une résistance assez forte. L diminution de la hauteur de la colonne d'air n'est pas la seule cause qui ren la résistance moindre; il faut encore tenir compte de la rareté, de la moindi densité de l'air, dans les lieux élevés; car, comme ce fluide est susceptib, d'occuper parla compression un espace moindre, il en résulte que les couche supérieures qui sont les moins comprimées ont, sous un même volume , nioii de masse, sont moins denses que les couches inférieures dans lesquelles noi '

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sommes destinés à vivre , et qui, supportant le poids des couches supérieures, sont par cela même plus comprimées qu'elles , et par conséquent plus denses.

Il faut, pour que les effets énoncés aient lieu, qu'on s'élève à de très-grandes distances. J'ai gravi les pics les plus élevés des Pyrénées sans éprouver autre chose qu'un froid excessif.

M. Gay-Lussac , en 1804 , s'est élevé , dans un aérostat , à la hauteur de trois mille six cents toises au-dessus du niveau de la mer, sans éprouver autre chose qu'une accélération du pouls et de la respiration. Les végétaux néanmoins ne sauraient plus vivre à cette hauteur, qui est, je crois, la plus considérable k laquelle on soit parvenu. A deux mille toises même, on ne rencontre qu'un gazon maigre et bas ; et à trois mille trois cents toises , on ne rencontre aucune trace de végétation. '

La pesanteur de l'air varie sans qu'on gravisse de montagnes , d'abord par l'introduction de la vapeur d'eau dans l'air , comme nous le verrons plus loin , ensuite par des causes inconnues qui , dans certains climats ( sous les tropiques, par exemple) , agissent avec régularité et sont indépendantes d'aucune circonstance atmosphérique , comme la pluie, le beau temps , le vent elles tempêtes. C'est cette variation qui fait que les habitants des plaines sont exposés , sans gravir de montagnes , aux effets d'une diminution dans le poids de l'air. Chaque jour on a une preuve de ce fait, lorsque le baromètre descend; on éprouve alors de la gêne, de la fatigue à la suite du moindre mouvement. On accuse le temps d'être lourde quoique, dans ce cas, l'air soit infiniment plus rare, moins pesant , et qu'il n'y ait que nous de lourds , c'est-à-dire de moins propres au mouvement. Les liquides du corps tendent à se dilater, font effort contre les parois de leurs vaisseaux; les veines sont gonflées; on sue à l'occasion du moindre mouvement; enfin, Duhamel a remarqué qu'au mois de décembre le baromètre ayant baissé, en moins de deu.x jours, d'un pouce quatre lignes, ce qui produisait pour l'homme quatre cents livres de moins dans le poids de l'air, il y eut beaucoup de morts subites.

La pesanteur de l'air la plus convenable à l'entretien de la santé et à la durée de la vie ne doit donc pas faire monter de beaucoup moins de vingt huit pouces le mercure du baromètre, et l'élévation de deux mille soixante-quinze mètres au-dessus du niveau de la mer n'est déjà plus favorable à la santé.

C'est seulement en changeant d'habitation qu'on peut se mettre à l'abri des effets d'une trop grande légèreté de l'air.

Les habitations situées sur des hauteurs assez considérables pour déterminer une légère accélération des mouvemens respiratoires et circulatoires seront convenables aux tempèraraens lymphatiques, aux personnes dont la peau a besoin d'être excitée , aux scrophuleux , etc. L'habitation de ces lieux sera contraire aux tempéramens sanguins, aux bilieux, aux personnes disposées aux anévrismes et aux irritations du poumon. Tous ces individus devront de préférence habiter le« plaines el les vallées, qui conviennent peu aux premiers. Les |>ersonnes disposées aux congestions cérébrales devront , dans les grands abaissemens barométriques , éviter tout ce qui pourrait apporter des obstacles à la circulation, comme des vêtemens trop éti'oits, une trop grande réplétion de l'estomac , des efforts musculaires , etc.

Article ii. — Effets de la fluidité de l'air'. — C'est à sa fluidité que l'air doit les mouvemens dont il est agité; c'est en vertu de cetle propriété physique qu'il est susceptible de changer autour de nous à chaque instant et de se renouveler avec une grande promptitude. Les mouvemens de l'air, qui constituent les vents, paraissent principalement dus aux changemens de température. Nous voyons chaque jour, sous nos yeux , que lorsque le calorique dilate une couche d'air , cette couche plus légère gagne le point le plus élevé du lieu où le phénomène se passe, et est remplacée de suite par une autre couche plus froide , conséquemment plus pesante , qui se précipite à la place de la première. Ce qui se passe en petit dans nos appartemens se passe en grand dans l'atmosphère. Cette théorie sert à expliquer le renouvellement de l'air au moyen du feu. Si une foule de vents semble naître sans changemens de température, ou si celle-ci change sans qu'on voie survenir des mouvemens dans l'air, c'est que ce n'est pas dans le lieu même où la température change que ces mouvemens sont sensibles.

Les effets des vents sur l'économie animale sont dus aux modifications que ceux-ci apportent dans la température; à celles qu'ils déterminent dans les qualités hygrométriques de l'atmosphère , lorsqu'après avoir balayé les vapeurs des mers et les avoir rassemblées en nuages, ils distribuent ceux-ci aux diverses régions de la terre ; à l'influence nuisible ou utile qu'ils exercent en apportant ou en dispersant des émanations délétères.

Article m. — Effets des diverses températures de l'air et de ses qualités liygromèlriques. — L'atmosphère est d'autant plus chaude que les raj'ons du soleil arrivent plus perpendiculairement à la terre , et que la surface de celle-ci est plus propre à les réfléchir. Les régions du globe qui sont calcaires et sablonneuses sont celles qui ont le moins de capacité pour le calorique , qui réfléchissent le mieux les rayons solaires et contribuent le plus à l'élévation de la température.

La température décroît à mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer.

Sous une même latitude et dans les zones tempérées ou froides , l'inclinaison des terrains , suivant qu'elle est dirigée vers l'équateur ou vers les pôles, influe sur la température.

L'évaporation des eaux diminue la température des lieux qu'elles avoisinent; amsi la température ne s'élèvera jamais autant dans une île que dans un continent, quand même l'une et l'autre seraient sous la même latitude et à la même élévation au-dessus du niveau des mers. Enfin , les vents font varier la température de l'atmosphère, soit qu'ils se chargent du calorique des région* équatoriales, soit qu'ils cèdent le leur aux neiges et aux glaces sur lesquelles ils passent.

DiCT. DE MÉDECINE ET DE ChIRCRGIE PRATIQUES.

Bien qu'une des lois du calorique soit de rayonner , afin d'établir toujours un équilibre de température entre les corps inégalement échauffés , le corps humain , cependant , comme tous les corps doués de vie , n'en conserve pas moins une ' chaleur vitale , qui est à peu près la même , quelles que soient les variations de température. Le calorique est donc , pour le corps de l'homme, un agent particulier, qui ne se combine pas avec ses organes, mais se borne à déterminer sur les surfaces de ceux-ci , sur la membrane muqueuse du poumon , sur la peau , sur la conjonctive , etc. , des impressions différentes , impressions qui n'en sont pas moins perçues par le cerveau , et répétées dans les viscères et les membres. Pour bien concevoir les effets directs de la température sur l'appareil respiratoire, il ne faut pas oublier que l'air, comme tous les corps , se dilate par la chaleur; celte dilatation est à peu près, pour l'air comme pour tous les gaz, de ^-i-g 2- de son volume à zéro , par chaque degré du thermomètre centigrade. Il résulte d'expériences faites à peu près dans le même temps par M. Dation , en Angleterre, et par M. Gay-Lussac , à Paris, que la dilatation de l'air, depuis la température de la glace fondante jusqu'à celle de l'eau bouillante, est de -\ du volume que la masse avait à la première température. Voyons maintenant les effets des diverses températures.

1". Température chaude et sèche. — L'air chaud ne nous paraît sec , comme nous allons le dire bientôt , que parce que l'eau qu'il contient est parfaitement combinée avec lui et n'excède pas sa faculté dissolvante. C'est donc de l'air qui ne manifeste aucune humidité sensible que nous parlons. Le premier effet, sur le poumon , de la chaleur sèche est de fournir à cet organe un air plus dilaté , un air qui , sous un volume donné , est plus rare , plus léger , et contient moins de matériaux respirables que l'air froid , qui est plus rapproché , plus dense et spécifiquement plus pesant.

Quand la température n'est pas montée à un haut degré , ce n'est guères sur les fonctions du poumon que l'air chaud et sec fait sentir ses effets d'une manière apercevable ; il agit beaucoup plus par voié de sensation ; il détermine sur les nerfs de la peau une impression excitante, agréablement perçue par le cerveau. Cependant la légère accélération des fonctions respiratoire et circulatoire peut tenir aussi à ce que le poumon , recevant , à chaque inspiration , un aliment raréfié et insuflisant, se trouve obligé de répéter plus souvent le mouvement inspiratoire , pour recouvrer , par la multiplicité de ses actes , ce qu'il perd par leur peu d'étendue.

Les effets d'une température de 15 à 20 degi'és sont donc , pour l'habitant de nos climats , une augmentation de l'activité de nos organes, une accélération de tous les mouvemens , une exécution plus prompte et plus facile de toutes les fonctions : ce sont là les effets qu'on observe au retour du printemps , après un hiver froid et humide.

Si la chaleur est plus considérable, qu'elle arrive, par exemple, à 30° -+-0 R. , l'air se trouve considérablement raréfié ; il survient une diminution très-notable dans la quantité des principes propres à la respiration : or , comme la sensation du besoin de respirer est la plus impérieuse de l'économie, l'homme est en proie à la souffrance , parce que le sens pulmonaire ne trouve pas dans la masse atmosphérique la quantité d'aliment qui lui est nécessaire ; il multiplie les inspirations , il élève fortement la tête , comme pour donner accès à un volume plus considérable d'air , il s'inquiète , s'agite , éprouve en partie l'angoisse de l'animal qui , rapidement privé d'air, se débat sous le récipient de la machine pneumatique. Cet état est d'autant plus déchirant, qu'à la souffrance du sens pulmonaire se joint l'exaspération du cerveau , le désespoir de trouver autre part l'air qui manque dans le lieu où l'on est.

Une température de 25 à 30 -i- 0 produit, sur l'homme qui n'y est pas habitué , un état de pléthore factice; les liquides animaux , moins comprimés par lin air trop raréfié , paraissent entrer en expansion ; les veines sont gonflées , les congestions cérébrales imminentes , les maux de tête fréquens.

Si le calorique est encore plus abondamment répandu dans l'atmosphère , l'homme éprouve une véritable asphyxie , et meurt par défaut d'air.

Il est assez rare que les choses arrivent à ce point, à moins que l'homme ne soit subitement soumis à une haute élévation de température , à laquelle il n'est pas habitué. On voit dans les années très-chaudes des moissonneurs tomber morts de chaleur; mais ces morts subites sont-elles dues à l'asphyxie ou à une congestion cérébrale : c'est ce qu'il faudrait constater. On a vu dernièrement à Paris (22 juin 1828), et on y voit, je crois , encore, un Espagnol de l'Andalousie , âgé de quarante-trois ans , s'exposer dans un four à la chaleur de 100 degrés R. , y rester quatorze minutes , y manger et y boire , présenter en sortant de ce gouffre un pouls de deux cents pulsations par minute , se précipiter dans un bain froid et se retrouver dans l'état naturel après deux minutes de cette immersion. Le plus ordinairement , sous l'influence d'une haute température habituelle , les besoins des poumons diminuent peu à peu ; ces organes semblent se rétrécir , devenir moins vivans ; le thorax perd de sa largeur , et l'homme s'habitue à respirer un air moins riche de principes respirables.

Georget prétend que la diflîculté de respirer et l'étouffement qui surviennent dans une température chaude ne doivent pas être attribués à la raréfaction de l'air, mais à l'affaiblissement des muscles inspirateurs. Les effets de la chaleur sont, pour ce physiologiste, des effets cérébraux déterminés par la perception d'impressions transmises par les extrémités nerveuses cutanées. Les phénomènes cités plus haut peuvent bien reconnaître , en partie , pour cause une action énervante ; mais la dilatation de l'air nous a semblé y participer.

Les effets de la chaleur de l'atmosphère sur les autres organes paraissent résulter, plus que les précédens, de l'impression qui frappe la peau. Ces

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effets sont les suivans : faiblesse musculaire, oppression des facultés intellectuelles ; quelquefois , surtout pendant les nuits , excitation cérébrale portée au point de produire l'insomnie; exhalation cutanée abondante ; urine plus rare et plus colorée ;• renouvellement fréquent de la soif ; répugnance pour les alimens tirés du règne animal ; préférence marquée pour les végétaux , pour les fruits acides, pour les boissons fraîches et aigrelettes ; appétit moins vif ; action assimilatrice de l'estomac moins énergique ; disposition aux affections gastro hépaliques et intestinales; diminution de l'embonpoint.

Si la température de l'air est continuellement Irès-élevée , comme cela a lieu dans les climats très-chauds, le cerveau et les autres organes perdent leur énergie; on devient indolent, paresseux, peu propre aux travaux de l'esprit et aux exercices du corps ; l'épuisement du système nerveux commande le sommeil, même au milieu du jour ; la force assimilatrice de l'estomac, considérablement affaiblie , ne peut plus supporter que les végétaux et les boissons. Une autre cause d'affaiblissement est la déperdition excessive des fluides perspiratoircs. Cette cause, néanmoins, n'entre pas pour autant qu'on le pense , et peut-être n'entre pas du tout dans la production de l'accablement, de la stupeur , de l'abattement que fait éprouver une température embrasée; car cet abattement existe quand on ne transpire pas, existe à un moindre degré quand on transpire beaucoup , n'existe pas après des sueurs abondamment provoquées pendant un temps froid; enfin, on ressent cet abattement avant que l'effet des déperditions perspiratoircs ait pu se faire sentir.

Les effets énervans attribués à une haute température, tant chez les personnes qui n'y sont point habituées que chez celles qui y sont continuellement exposées, ne sont pas toujours aussi prononcés. Lorsque le ciel est parfaitement pur, lorsqu'il ne s'y rencontre aucun nuage, lorsque l'atmosphère est aussi privée que possible d'électricité, on peut conserver, malgré vnc très-haute température , beaucoup d'éneirgie et d'activité ; nous pouvons quelquefois vérifier cette observation dans nos climats , et tout le monde sait qu'il est des pays dans lesquels la température est continuellement très-élevée et dont les habitans sont très-forts, très-audacieux et trés-actifs; mais ils sont soumis à la triple influence d'un air pur, quoique brûlant, d'une lumière vive (voj-ez Lumière) et d'exercices dangereux joints à une extrême sobriété.

Une température chaude a pour résultat de compliquer de symptômes cérébraux la plupart des maladies , de favoriser la gangrène des plaies , les irritations gastro-hépatiques et intestinales, les irritations cutanées, telles que la lèpre, les épidémies de petite-vérole; d'aggraver considérablement et de multiplier les accès des hystériques et des épileptiques.

Le passage d'une température moyenne à une température t'ievée favorise le développement de la folie et de l'hypochondrie.

Une température chaude et sèche , ayant pour résultat de développer cette constitution sèche qui fait un des attributs du tempérament bilieux , convient donc aux tempéramens lymphatiques, aux personnes affectées de scrophulcs et de douleurs rhumatismales; elle est éminemment nuisible aux tempéramens bilieux secs , aux personnes irritables , surtout lorsqu'elles sont habituées à vivre dans des climats froids.

On conseille journellement aux personnes affectées de maladies de poitrine l'habitation des pays chauds ; mais il suflit de s'observer , pendant l'été , dans un pays chaud , pour être convaincu que l'accélération de la respiration n'est propre qu'à hâter la terminaison funeste de la maladie du poumon. L'habitation des pays chauds n'est convenable que pendant l'hiver ; mais dans l'été il est nécessaire de faire quitter aux malades les pays chauds , où ils trouveraient la mort, pour des pays tempérés qui n'accélèrent pas les actes du poumon et rendent la respiration plus lente.

On se procure artificiellement un air chaud et sec, en chauffant les appartemens. {f^oyez Habitation.)

On diminue la chaleur : |o en empêchant les rayons du soleil de pénétrer dans les appartemens , par de fréquentes irrigations d'eau très-froide faites sur le sol, sur les murs, et même à l'extérieur de l'habitation; par des jets d'eau établis au milieu dtfs salles spacieuses : par ces moyens, la température est abaissée de tout le calorique que l'eau enlève à l'air pour passer à l'état de vapeur; 2° en établissant des communications avec des caves : on sait que dans nos climats la température de celles-ci se maintient à peu près à 14» -h 0 R. , quelle que soit la chaleur du dehors ; 3" enfin en usant de la ventilation , si la température de l'atmosphère est au-dessous de celle du corps humain. Par ce moyen, qui, sans abaisser réellement la température, nous communique pourtant une sensation de fraîcheur trcs-réelle , la couche d'air qui nous touche immé;liatement est assez souvcntenlevéepourn'avoirpasletempsdes'éleverau niveau de la température de notre corps ; ce qui aurait lieu si cette couche d'air séjournait autour de lui quelques instans. Si la température de l'atmosphère est plus élevée que celle du corps, la ventilation change d'air sans communiquer aucune fraîcheur.

On diminue la production de la chaleur animale en évitant toutes les causes qui activent la circulation. On n'a besoin, pour cela, que d'écouter les sensations de l'organisme. On s'abstient donc de tous les modificateurs gastriques qui développent beaucoup d'excitation , tels que les alimens tirés du règne animal , les boissons spiritueuses , etc.

On facilite l'expulsion du calorique animal : 1° en satisfaisant la soif, à l'aide de boissons rafraîchissantes abondantes; elles fournissent des matériaux à l'évaporation cutanée et pulmonaire , sécrétions qui ont principalement pour usage de débarrasser l'économie de l'excès de calorique qu'elle peut contenir ; 2° en prenant un peu d'exercice musculaire : il agit à peu près de la même ma-

nière ; 3" en usant de bains , en portant des vêtemens légers et d'une couleur ' claire. ( Voyez Bains , Natation , Vêtemens. )

2°. Température chaude et humide. — Sur tous les points du globe , les masses r d'eau cèdent insensiblement à l'atmosphère, qui les leur rend d'une autre ma- ( nière , une plus ou moins grande quantité des molécules qui les composent. Ce I phénomène se nomme é^'aporation ; il dépend du calorique , qui met en expansion les molécules de l'eau et les rend spécifiquement plus légères que l'air. Il , n'est point dû, comme on le croyait, à la faculté qu'a ce fluide de dissoudre ; l'eau, puisque l'évaporation a lieu dans le vide bien plus promptement que j dans l'air. j L'évaporation est d'autant plus considérable que l'air est plus chaud, plus , agité , et en contact avec des surfaces d'eau plus étendues.

L'eau en vapeur augmente le volume de l'air et diminue sa pesanteur spé- i cifique. \ Quand l'air est très-chaud , il peut se saturer d'une très-grande quantité^ d'eau, sans que celle-ci soit sensible à nos instrumens hygrométriques ;■ dans ce cas , l'air parait chaud et sec ; l'eau est alors à l'état latent , vésiculaire. \ Mais si l'air reçoit plus d'eau de la surface des mers qu'il n'en peut contenir ' à cet état latent , ou bien si la température de l'air sec diminue et n'est plusj assez considérable pour conserver la vapeur dont il s'était emparé ; en un mot,^ si une cause quelconque fait que la quantité de vapeur s urpasse la capacité de,^ saturation de l'air, cette vapeur se condense , devient sensible à l'hygromètre;] alors il existe ce qu'on appelle humidité de l'air , c'est-à-dire présence sensiblede l'eau dans ce fluide ; ensuite , suivant son degré de condensation, cette eau,| ou reste suspendue dans l'air , et se montre sous la forme de brouillards , dei nuages ; ou , se condensant davantage et reprenant l'état liquide, se précipité^ sous la forme de pluie , de grêle ou de neige. *( L'air chaud est donc celui qui peut contenir le plus d'eau. Il en contient,! même lorsqu'il est sec , encore plus que l'air très-froid et humide. L'air froid et| sec est celui qui contient le moins d'eau, et qui est le plus dense. Celui donlj nous allons examiner les effets est le plus chargé d'eau , puisque la quantité dC; ce liquide excède la saturation de l'air chaud ,' celui qui peut en contenir Iffl plus. La conséquence que nous devons tirer de ce qui précède, c'est qu'une^ température chaude et humide est celle qui contient le moins d'air respirablcj Les effets de cette température sont donc sur le poumon les mêmes que ceu» de la précédente , seulement ces effets sont beaucoup plus prononcés : sou3 cette température , la plus débilitante qu'on puisse imaginer, Thomme respire; avec peine; tous les organes sont jetés dans une langueur excessive; le sang| artériel est moins vivifiant , ou n'est pas sufilsamment renouvelé ; le système nerveux est comme frappé de stupeur. Aussi le moindre mouvement est péniblej souvent on éprouve dans les oreilles des bourdonnemens semblables à ceux qu^ précèdent une syncope. L'habitant du nord de la France, transporté sur le| côtes de la Méditerranée, à Montpellier par exemple, pendant le mois d'août j" y peut éprouver ces effets , quand le veut qu'on appelle le mai in vient à régner.' L'air perd un peu de sa transparence; les vêtemens, surtout le feutre de^ chapeaux, deviennent mous; la chaleur est accablante , et les habitans du pays prétendent qu'il n'est pas sans danger, h cause du voisinage des étangs qui fournissent les vapeurs, de sortir, par celte température, le matin ou lesoir. «

Comme l'air chaud et humide est la condition la plus favorable à la décomposition des substances végétales et animales, et qu'en même temps cet air est le plus propre à se charger des émanations putrescentes qui en résultent, il est, sinon la cause déterminante , du moins la cause prédisposante la plus puissante de deux redoutables affections, la fièvre jaune et la peste; c'est aussi sous son influence que se développent les fièvres intermittentes, et beaucoup de maladies épidémiques et contagieuses.

La température chaude et humide ne convient plus , comme la température chaude et sèche , aux tempéramens Ij-^mphatiques; elle paraît même développer ce tempérament chez les hommes qui mènent ime vie sédentaire. Cette température peut être avantageuse aux personnes d'une constitution sèche dont les organes sont irritables , aux personnes atteintes de phlegmasies aiguës. I On produit artificiellement une température chaude et humide , en vaporii sant de l'eau dans les appartemens. On ne se soustrait complètement aux effets de cette température qu'en changeant de pays. 1 On peut, en médecine pratique, tirer parti d'une température chaude ei humide dans les bronchites ^et les pneumoniles. Elle paraît nuisible dans leii uévroges delà poitrine; du moins elle ne paraît fournir qu'un aliment insulHsani à la respiration des asthmatique?, qui dans leurs attaques éprouvent tous uri vif besoin d'air frais.

3o. Température Jt-oide et sèche. — Dans le climat de Paris où le thermomètrei qui s'élève quelquefois à l'ombre jusqu'à 28° -t-0 R., n'est jamais descendu au| dessous de 16" — 0 R., on peut regarder l'air comme étant froid et sec, lorsquij son calorique libre ne fait pas monter le mercure au-delà de zéro, et que l'eai) qu'il contient n'est pas sensible aux instrumens hygrométriques. Certainement cette température ne pourrait pas être regardée comme froide au Kamtschatki ni même en Sibérie, où Gmelin, le 5 janvier 1735, à Jenisseisk, observa, depuijj six heures du matin jusqu'à huit heures, un froid correspondant à 67 degrés .^1 de notre thermomètre , et où la température ordinaire correspond à 38 degrés'i Nous supposons ici la température depuis 0 jusqu'à 8 degrés au-dessous I parce que nous devons d'abord parler du froid modéré. I Les effets de cette température sur le poumon sont, j)our riiabitaut de no! climats , opposés à ceux que nous venons d'énoncer, et se rapprochent de ceii;l que nous avons exposés en parlant de la pesanteur de l'air. Le froid condensan' donc l'air que dilatait le calorique, fournit, lorsqu'il ne contient pas d'humidité [

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