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ALBUMINE

[ épais , d'un blanc bleuâtre lorsqu'il commence à se former. Ses bords ne se perdent point insensiblement , mais sont arrêtés et contrastent fortement avec la couleur de la cornée. Assez souvent on ne voit aucun vaisseau se rendre vers l'albugo. Quelquefois, au contraire, il présente des vaisseaux volumineux qui semblent s'enfoncer dans son épaisseur. Les effets que produit l'albugo sur la vision sont faciles à concevoir. Occupe-t-il sur le centre de la cornée un espace égal ou supérieur à l'ouverture de la pupille , la cécité est complète. Si la tache située en ce même lieu est petite, la vision s'exerce latéralement , et devient d'autant plus nette que la pupille est plus dilatée ; par conséquent elle s'exerce mieux dans un lieu faiblement éclairé. Si la tache ne correspond qu"à une partie de la pupille , le malgde peut encore distinguer les objets en dirigeant sa vue dans un sens opposé à l'albugo.

On distingue l'albugo du nuage par son opacité, du leucoma en ce que celui-ci présente une dépression , des pustules de la cornée en ce que celles-ci , au contraire , font saillie.

L'albugo récent se dissipe assez souvent sous l'influence des moyens qui sont employés contre l'ophthalmie. Les enfans surtout, chez qui le système absorbant est plus actif, présentent de fréquens exemples de guérisons; mais elles sont beaucoup plus rares chez les adultes et lorsque l'albugo est ancien; dans ce dernier cas , les individus qui en sont déjà affectés à un œil ont lieu de craindre qu'un nouveau ne vienne se développer à l'autre œil.

Cette affection se complique quelquefois d'ulcération h la cornée, surtout lorsque l'albugo est légèrement saillant , de staphylôme , et d'autres maladies graves du globe oculaire.

Le traitement, comme nous l'avons déjà indiqué, est dans le commencement le même que celui qui est dirigé contre l'ophthalmie , c'est-à-dire les moyens anliphlogistiques , les révulsifs et les exutoires puissans. Plus tard, les remèdes généraux ne peuvent suffire , à moins que quelque disposition générale ne fasse espérer la guérison par l'emploi du traitement propre à combattre les scrophules , la syphilis ou les dartres. On doit donc avoir recours aux topiques. Les anciens en ont proposé un grand nombre , et les ont généralement choisis parmi les excitans, tels que le fiel de brebis, de brochet, de barbeau , les différentes résines, etc. {vojez Pline , 1. xxxii , c. 7, 1. xxiv , c. 5, 1. xxix , c. 6, etc.). Ces divers médicamens ont été pour la plupart abandonnés. Les collyres secs, composés avec le sucre candi réduit en poudre et mêlé avec du nitrate de potasse ou de l'oxyde de zinc qu'on insuffle dans l'œil; l'oxyde de liismiitli , employé de la même manière et avec avantage par M. J. Cloquet ; un onguent recommandé par Scarpa (oxyde de zinc , 9 j; aloès , calomel , au gr. ij ; beurre frais , § 3 ]) ■> sont les médicamens les plus usités maintenant ; ils paraissent agir , et en usant la tache , et surtout en activant l'action absorbante. On y joint l'application d'un séton à la nuque et l'usage du calomel à l'intérieur. Ce traitement doit être continué au moins pendant trois ou quatre mois avant de perdre toute espérance de guérison.

Malheureusement ces moyens sont souvent sans résultat; aussi un grand nombre d'autres ont été proposés , tels que de racler les lames de la cornée , d'établir un ulcère artificiel sur l'albugo , d'y pratiquer des scarifications. Nous les croyons plus dangereux qu'utiles. Quand l'albugo s'étant étendu aux deux yeux, la cécité est complète, et qu'il reste néanmoins une partie de la cornée intacte, on peut essayer d'ouvrir une pupille artificielle, {f^oj-ez Pupille artificielle.) ( Fréd. Ph. Blandik. )

ALBUMINE , substance azotée très-répandue dans les .sécrétions animales, telles que le chyle, le sang , la lymphe, la synovie elValbumen de l'œuf, qui lui a donné son nom ; du reste , il n'est pas encore prouvé qu'elle soit de nature particulière et qu'elle ne doive pas se confondre avec quelque autre principe mieux défini.

Prenons pour exemple le blanc cl'œuf, dont les propriétés sont généralement données pour celles de l'albumine; nous y voyons un organe plutôt qu'un principe organique, partagé en plusieurs parties distinctes , et qui , abstraction faite des membranes qui le divisent, est encore composé de plusieurs principes immédiats; car il est manifestement alcalin ; il est sulfuré ; il contient des hydrochlorates , phosphates , etc.

Si nous voulons procéder à l'analyse de ce composé d'une manière analogue à celle qui nous sert à établir la spécialité des autres principes immédiats organiques , et n'employer que les agens les moins propres à l'altérer , nous commencerons par délayer le blanc d'œuf dans quatre à cinq fois son poids d'eau; nous filtrerons la liqueur au papier et nous l'étendrons de partie égale d'alcool rectifié, qui retiendra tous les sels en dissolution et en précipitera une matière blance , fibreuse , à laquelle le blanc d'œuf devait la propriété de se coaguler par la chaleur; car la liqueur évaporée n'offre plus rien de semblable.

'V^oilà donc la matière propre du blanc d'œuf obtenue, et c'est elle seule qui doit porter le nom d'albumine , s'il est vrai qu'elle soit distincte des autres principes immédiats déjà connus. Mais cette matière , plusieurs fois lavée avec de l'alcool , est blanche , fibreuse , un peu élastique , insoluble dans l'eau , soluble dans les alcalis , susceptible de combinaison avec les acides et les sels métalliques, et tous les composés qu'elle forme avec ces différens corps sont semblables à ceux produits par la fibrine du sang. La conséquence la plus simple qu'on puisse en tirer paraît être que l'albumine liquide est lay^ô/ine dissoute au moyen de l'alcalinité des liqueurs qui la contiennent, ou seulement par suite de l'influence vitale qui a présidé à sa formation ; soit que, dans cet état de dissolution, elle se trouve plus appropriée à la faiblesse des organes du jeune être qui doit se l'assimiler , ou que, dans l'adulte, elle soit destinée ànoui-nr certaines parties où la portion de fibrine qui est seulement suspendue dans !e sang, ne pourrait pénétrer.

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