‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 41 sur 234 · ALLELUIA · texte numérisé non relu

ALLELUIA

ALOES

SCS qualités excitantes qu'à la difficulté de la digestion. Aussi le plus souvent , lorsqu'on emploie ce lait ou celui de vache pour pratiquer l'allaitenient artificiel , le mêle-t-on à une certaine quantité d'eau d'orge; à parties égales , par exemple, dans les premiers temps, en quantité de moins en moins considérable, à mesure que l'enfant devient plus fort ; alors aussi on ajoute , comme dans l'allaitement maternel , quelques alimens plus solides à celui qui doit toujours faire la base de l'alimentation du nouveau-né. Peut-être le lait d'ànesse et celui de jument, recommandé par quelques auteurs comme plus rapproché par sa composition de celui de la femme, pourrait-il être donné pur avec moins d'inconvéniens; mais la facilité qu'on trouve à se procurer ceux dont nous parlions tout à l'heure , leur fera toujours donner la préférence.

Quelle que soit la substance liquide qu'on veut administrer ainsi comme nourriture , il est diverses façons d'en faciliter l'usage. Le gobelet, la cuiller peuvent fort bien réussir ; mais le biberon , vase terminé par un tuyau étroit , est plus commode , et l'on ne voit pas comment il pourrait occasioner les flatuosités qu'on lui a reproché de faire naître. On peut encore se servir avec avantage d'une éponge taillée en forme de mamelon, et dont on se sert pour boucher une fiole remplie du breuvage préparé pour l'enfant; il suce cette éponge comme un mamelon naturel, et ce procédé est surtout avantageux lorsque l'enfant est encore en bas âge ou très-faible , et par conséquent peu apte à exécuter facilement la déglutition d'un liquide affluant dans la bouche avec trop d'abondance.

Scèvole c?e 5'<e-ilfartAe. Paedotroptia , seu de puerorum DUtritione liliri très, Paris, 1587, in-8o.

H. G. Meyer. De Officio malris prolem lactandi , 1752 , in-S".

Th. Baron- An prolem lactare matrîbus saluterrimum ? Paris, 1741 , in-4o.

G. F. De Pré. De Officio lactantium, Erford , 1723, in-4'>.

G. Z. Platner. De Victu el regiminc lactantium, Lipsiœ , 1741 , in-4''.

G. A. Langguth. De Officio malris prolem lactandi , Lipsiœ, 1752, \a-k°.

Idem. De Regimine lactantium , Lipsiœ , 1752, in-4''.

A. W^estphal. De Matre infantem suura non lactante huic et siLi nonas insignes inferente , 1763, in-4''.

C. F. Nuernberger. De Juslâ feminarum lactatione, magao sanitalis praesidio , Vitebergae i 1787, in^".

Idem. De Damnis ex lactatione nimis protactâ. Idem. De Virtute lactationis llierapeulicâ. Idem. De Matrum lactatione soLoIi salulari.

F. A- Veleurye. La Mère selon l'ordre de la nature, etc., Paris, 1772, in-12.

P/i. Baldini. Manière d'allaiter les enfans à la main; traduit de l'italien, Paris, 1786, in-8".

C. Linnée. La Nourrice marâtre; traduit du latin , avec une Dissertation du traducteur sur la dépopulation causée par les nourrices mercenaires.

Lemoine. De l'Allaitement maternel. Dissertation insérée dans la traduction française de l'Avis aux femmes enceintes, etc. ; par AVliile , Paris , 1774, in-12.

Nicolas. Le Cri de la nature en faveur des enfans nouveau-nés , etc.

Gardane. Détail de la nouvelle direction du bureau des nourrices à Paris , etc. , Paris, 1775. Q jp y erdier-Heurtin. Discours et Essai aphoristique sur l'allaitement et l'éducation physique des enfans , Paris, 1804, in-8<>.

G. P. Harmand de Montgarny , Félébriologie ou Dissertation sur l'allaitement , etc. , Clialons-sur-Marne , 1806 , in-S".

On peut citer encore : Huquet , de l'Obligation aux mères de nourrir leurs enfans.

Gauthier de Claiibrj, nouvel Avis aux mères qui veulent nourrir. — Madame Le Rebours,

Avis aux mères. — Rose de L'Espinoy , Avis aux mères , etc. , etc. — Presque tous les traités d'accouchement ont d'ailleurs consacré un cbapitreplus ou moins étendu, quelquefois même une longue discussion au sujet qui nous occupe. II a fourni aussi matière à de nombreuses dissertations , soutenues dans les facultés de Paris et de Montpellier. Nous en citerons quelques-unes qui nous ont paru plus complètes.

JE. P. J. Pinçon. Dissertation sur l'utilité de l'allaitement maternel, etc., Paris, 1806, in-40.

Clément Lapeyrière. Dissertation sur l'allarlemeut , Paris , 1809 , in-4''.

S. Dartignes. Essai sur la fonction de l'allaitement , Paris , 1823 , in-4o.

l'h. N. Figayrolles . Essai sur les avantages de l'allaitement maternel , Montpellier , 1827.

(Anl. DuGÈs.)

ALLANTOIQUE (acide). Cet acide quaternaire a été découvert en 1800 , par MM. Vauquelin et Biiuiva , en faisant l'analyse d'un liquide qu'ils croyaient être celui de l'amnios de la vache , mais qui , d'après un travail plus récent de M. Lassaigne , aurait été celui de l'allantoïde , le liquide de l'amnios ne paraissant pas en contenir. Il en résulte que cet acide , nommé d'abord acide amniotique , doit s'appeler aujourd'hui acide allantoïque : du reste , en voici les propriétés physiques et chimiques :

Il est blanc , peu sapide, inaltérable à l'air , soluble dans quatre cents parties d'eau froide et dans trente parties d'eau bouillante. 11 cristallise en belles aiguilles prismatiques et divergentes ; il est également soluble dans l'alcool.

Sa solution aqueuse ne précipite aucune dissolution de chaux , de bary t»», de strontiane , d'argent , de mercure ou de plomb ; il forme avec la potasse et la soude des sels très-solubles , qui , dissous et concentrés , le laissent précipiter sous forme pulvérulente par l'addition des acides minéraux ; l'acide nitrique le convertit en une matière jaune , gommeuse et acide, nullement amère; chauffé dans une cornue , il ne se fond pas, mais il noircit, dégage du carbonate d'ammoniaque et donne tous les produits des matières organiques azotées. Il est sans usages. {Annales de Chimie , tome 33 , p. 269; Annales de Chimie et de Physique , tome 17 , p. 295. ) (Gcibocrt. )

ALLÉLUIA (pain à coucou), oxalis. Plante herbacée, fort analogue à l'oseille, et qui paraît contenir une grande quantité d'oxaiate de potasse. Elle est à feuilles menues , cordiformes , ayant une saveur acide très-marquée. Ce sont ces feuilles qu'on emploie en médecine aux mêmes usages que celles de l'oseille , à laquelle cependant il n'est pas de raison de la préférer , comme le

veulent quelques auteurs anciens. Dire comme Schulze qu'elle n'est pas inutile aux phthisiques , ce serait répéter une phrase insignifiante.

L'alléluia est à peu près tombé en désuétude ; les ouvrages modernes n'en ' parlent pas ; il ne mérite pas cependant cet abandon autant à beaucoup près \ qu'une foule de substances conservées dans la matière médicale. L'acide oxaliqtie ; (vojez ce mot) qui s'y trouve en abondance en fait un médicament assez recom- * mandable, et la facilité avec laquelle on peut se le procurer doit être un titre ' auprès de ceux qui estiment les choses ce qu'elles valent plutôt que ce qu'elles I coûtent.

Cette plante peut être employée utilement à faire des bouillons rafraîchi,s- i sans , des limonades. En décoction un peu rapprochée , elle peut produire des < effets pur gatifs. Mais en reconnaissant les qualités qu'elle possède effectivement, on doit dire que c'est sans aucun fondement qu'on lui a attribué des vertus , spécifiqites contre telle ou telle maladie. (F. Ratier. )

ALOÈS. On désigne sous le nom générique A'aloès diverses asphodélées (hexandrie , monogynie) , qui forment un groupe appartenant à la famille dei/ liliacées ; quelques botanistes ont même fait des asphodèles une famille séparée, i On emploie plus communément en médecine le moi aloès lorsqu'on parle du suc épaissi de ces plantes. On range ce suc parmi les gommes-résines ; onen-i distingue , ou du moins on en a distingué quatre espèces : l'aloès lucide , l'aloès j succotrin , l'aloès hépatique et l'aloès caballin. \

I". Aloès lucide [aXocs du Cap), aloe lucida, pellucida, capensis ; en allemand, ] glœnzende aloe , durchsichtige aloe , rothe aloe. ''i

L'espèce d'aloès très-anciennement connue sous ce nom exsudait des feuilles '; par incision ; aussi avait-il la forme de petites larmes rouges ( Guibourt); ' Suivant M. Jourdan , il était en masses d'un jaune rougeâtre , cassantes, à j cassure brillante ; réduit en poussière , il est d'un jaune très-brillant. Sa saveur s est extrêmement amère; il paraît n'être qu'une variété plus pure de Taloèsi succotrin. (Pharmacopée universelle , par Jourdan , Y" vol. , pag. 6. ) I

2o. Aloès succotrin ou socotrin , chicotin ; aloe socotrina. s. socoterinaÀ s. socotorina , s. succotrina ; en allemand, socotrinische aloe, socotrausche^ aloe , yeine aloe , sukotrin aloe ; en anglais , socotrine aloes. ;

Officinal , on le reçoit en morceaux volumineux , d'une couleur brun-foncé ; | il est brillant , très-fragile , à cassure vitreuse ; il paraît rouge et transparent, | lorsqu'on le réduit en lames de quelques lignes d'épaisseur. Sa poudre est , d'un beau jaune-doré; sa saveur est excessivement amère; il a une odeuri aromatique qui lui est propre et qui n'est pas désagréable. Lorsqu'on triture 1 sa poudre dans un mortier avec de l'eau , elle dégage une odeur très-forte, se i réduit en une masse molle , résineuse , sur laquelle l'eau a peu d'action , et I donne , par suite de cela , une dissolution d'un jaune peu foncé. ( Histoire \ abrégée des drogues simples , par Guibourt, 2» édition, tome 2, pag. 234 et 1 suivantes. ) j

3". Aloès hépatique, aloès des Barbades , aloe hepatica , s. barbadensis ; en| allemand, leber aloe, leberfarbige aloe , gemeine aloe; en anglais , hepati/ii aloes , barbadoes aloes. }

11 se reconnaît à la couleur rouge-foncée, qui se rapproche de celle du foieîj à sa texture plus ferme, à sa cassure plus terne , et à son odeur forte , qui sel rapproche de celle de la myrrhe. Sa poudre est d'un jaune rougeâtre. ':

On connaît deux espèces d'aloès hépatique; l'une venant des Indes orien-l taies , l'autre de la Barbade. L'aloès de la Barbade n'est pas aussi clair ni aussi i| brillant que l'aloès de l'Inde. i

Le meilleur aloès hépatique de la Barbade vient dans de grosses gourdes ; j et une qualité inférieure , qui est ordinairement molle , est apportée en barils.ij

Dans son Histoire des drogues simples , M. Guibourt a consacré un article^, particulier à l'aloès de l'Inde ou musamhrun. Nous ferons observer que cetj dernier nom n'est donné qu'à une qualité très-inférieure d'aloès de l'Inde.

4». Aloes caballin; en allemand, ross aloe; en anglais, caballine aloes, \ horse aloes. j

Cette espèce d'aloès est très-impure. Elle est d'une couleur noire tout-à-fait i opaque, à cassure rude et d'une odeur désagréable et fétide. Elle est assez j difficile à pulvériser par trituration, et paraît gommeuse sous le pilon. Elle' donne une poudre verdàtre qui se délaie facilement dans l'eau et forme avec elle une dissolution brune. On falsifie souvent cet aloès avec le suc de réglisse, j Il n'est employé que dans la médecine vétérinaire.

Des espèces quijournissent l'aloès. — Linnée avait pensé que les trois qualités j d'aloès que l'on trouve dans le commerce étaient fournies par des variétés de i Yaloe perfoliata. Ainsi l'aloès succotrin était , disait-on , retiré de Valoe perfo- j liata succotrina , l'aloès hépatique de Yaloe vulgaris , l'aloès caballin de Yaloe guineensis caballina. Aujourd'hui, d'après le témoignage des voyageurs , et, entre autres , de M. Whitelaw-Ainslie , il paraît que la plus grande quantité d'aloès succotrin des Indes est retirée de Yaloe spicata. Il ne parle point de Yaloe linguœjhrmis . Il y a dans les bazars de l'Inde deux qualités inférieures de l'aloès , l'une qui ressemble à celui que l'on connaît en Europe sous le nom d'aloès des Barbades ; elle est d'une couleur plus foncée que l'aloès succotrin ; on l'apporte de Y Yémen, province d'Arabie , et on la retire probablement, dit M. Ainslie, de Yaloe perfoliata. La mauvaise qualité d'aloès, appelée dans l'Inde musambrun , également commune dans les bazars, es! peut-être retirée de la même plante ; le mode d'extraction du suc influe \ surtout sur sa qualité.

Caractères botaniques de ces plantes. — L'aZoe spicata , Yaloe linguce/brmù I et Yaloe perfoliata sont des plantes vivaces qui croissent dans les pays chauds ; en Afrique, dans l'ile de Soccotora, au cap de Bonne-Espérance; en Asie : aux. Indes orientales ; en Amérique , aux Barbades , à la Jamaïque, etc.

A.LOÈS. ' • ( 155 ) ALOÈS.

Aloe petfoliata. — Cette plante, ainsi que ses congénères, a une tige ou hampe fibreuse recouverte d'écaillés dressées et pointues , haute de plusieurs pieds, des feuilles épaisses, succulentes, pointues, longues de huit à dix pouces , larges de trois à quatre et dentées sur les bords , d'une couleur vertglauque , rassemblées en rosette à la base de la tige ; fleurs rouges , en épis aloDgés, dressées avant la floraison, pendantes durant cette période; six ètamines un peu plus longues qu€ le calice , attachées à sa base ; style terminé par un stigmate trilobé ; capsule alongée , ovoïde , triloculaire et marquée de ! trois sillons longitudinaux, selon M. Whitelaw - Ainslie. La tige de Yaloe \spicata a environ trois pouces anglais de diamètre; elle s'élève de trois a quatre pieds ; ses feuilles "s'étalent, ont environ deux pieds de long ; elles sont a peu jprès disposées en verticilles réguliers ; elles se terminent graduellement en jpointe avec des dents éloignées. Toute la plante est d'une teinte foncée. Lorsjqu'on la coupe il s'en échappe un suc visqueux, d'un jaune d'ambre, qui a peaucoup du goût et de l'odeur de l'aloès succotrin.

L'aZoe spicata croit en abondance dans l'île de Soccotora, qui appartient imaintenant aux princes d'Hadramant, province d'Arabie conliguë à l'Yémen , fet dans beaucoup de parties méridionales de l'Afrique, telles que le royaume Me Melinda. C'est de ce pays que vient la plus grande partie de l'aloès que ï'on nomme succotrin.

Ualoe perfoliata s'élève jusqu'à la hauteur de dix à douze pieds anglais [ Ainslie ) ; il a des feuilles étroites d'un vert d'eau de mer ; il est très-charnu.

la aloe vulgaris dont les fleurs sont jaunes, les feuilles très-succulentes , uniformes et dentées ; Yaloe elongata et Yaloe fruticosa fournissent aussi un suc épaissi qui passe dans le commerce sous le nom d'aloès.

Manière dont on prépare l'aloès. — Thunberg a décrit , dans les Transactions de la société physiographique de Suède , la manière dont on recueille l'aloès; mais le docteur Sparrmann a donné des détails plus étendus ( Voyage au cap de Bonne-Espérance et autour du monde , avec le capitaine Cook , par André Sparrmann, docteur en médecine, etc., traduction de Letourneur , tom. 3 , pag. 254 et suivantes ). Voici le procédé tel qu'il le rapporte et qu'on remploie au cap de Bonne-Espérance.

« On met autant de feuilles qu'on peut en placer dans une position oblique sur la concavité d'une autre feuille d'aloès qui sert de récipient à toutes les autres et recueille le suc qu'elles distillent. Après , on fait bouillir tout le suc contenu dans ces réservoirs jusqu''à le réduire à peu près au tiers , alors on le verse dans des boîtes ou caisses , où on le laisse se coaguler et se durcir.

» D'autres se contentent de ratisser légèrement et plusieurs fois les bords des plantes nouvellement coupées et fraîches contre les bords d'un vase de marbre, DÛ , par ce moyen , il s'amasse un peu de suc qu'ils font bouillir.

« Ensuivant ces deux méthodes, qui probablement ne sont pas les meilleures qu'on puisse imaginer, on ne tire de chaque feuille que quelques gouttes de suc , ce qu'il en pourrait tenir dans un dé à coudre , ou tout au plus dans deux. Les ouvriers qui touchent les feuilles sont sujets à se blesser les mains , et ceux qui font bouillir le suc, opération qui se fait en plein air, à être rôtis par les rayons d'un soleil brûlant. Ajoutez à cela que ceux qui achètent au Cap la gomme-aloès ne la paient aux fabricans que deux ou trois stixers la livre. Il fn'est pas étonnant alors que les fermiers du Cap ne se donnent pas la peine de [préparer cette gomme , à moins qu'ils n'aient des jeunes gens ou d'autres servi- |teurs incapables d'autres fonctions plus utiles. « Dans l'hiver (quaade-mousson), j)> les feuilles d'aloès sont, dit-on, plus succulentes. Aussi choisit-on de préféi» rence cette saison pour faire la gomme , et surtout les journées belles et cal- •1 mes ; car , dans la saison des vents , le suc se coagule ti'op tôt et sort diffîp cilement des feuilles. « ( Voyez la relation que le professeur Thunberg a idonnée dans le recueil cité ci-dessus. )

>> La gomme préparée de cette manière, lorsqu'elle est pulvérisée, a une couleur jaune , comme tout autre aloès en poudre , mais les parcelles minces de cette gomme et les bords des morceaux les plus grands sont transparens et ressemblent à des morceaux de verre d'un brun jaunâtre. Elle n'a conséquemfment rien de cette couleur opaque , tirant sur le vert obscur, qu'on remarque |aux autres aloès que les apothicaires vendent sous les dénominations d'aloès sucjjcotrin et hépatique. Cette c'ouleur foncée qu'on voit dans quantité d'aloès pro- - jvient sans doute d'une différence d'apprêt , peut-être de ce que les feuilles ont e'té écrasées et pressées, moyen par lequel on obtient beaucoup plus de suc, imais il est alors rempli de sédiment.

1» Il est pourtant vrai que j'ai souvent fait usage en médecine de la gommealoès du Cap, et je n'ai trouvé aucune raison de la préférer à l'aloès opaque. I Comme j'étais curieux d'examiner cette drogue sous plusieurs rapports , j'engageai M. J.E. Julien, apothicaire à New-Corceby , à séparer dans les gommes-aloès du Cap les parties résineuses des parties gommeuses , et je trouvai qu'elle contenait ces deux principes en quantités égales. » s L'aloès du Cap était connu dans le pays , à l'époque du voyage de Sparrmann, f sous le nom de gorebosh. Pendant les quatre premières années que le cap de Bonne-Espérance a été au pouvoir des Anglais, plus de trois cent milles livres : pesant d'aloès, produit de cet établissement , ont été importées en Angleterre; ! I cette quantité est de beaucoup supérieure aux besoins de la médecine, aussi esti il reconnu aujourd'hui , comme le fait remarquer M. Barrow, que la consom- I mation principale en a été faite par les brasseurs de Londres, pour mettre dans le porter. {Nout^eau Dispensaire d'Edimbourg, par André Duncau, tom. 1er, , 1 1826, pag. 170.)

I I Le procédé qu'emploient les habitans de l'île de Soccotora est le même que celui qu'on met en usage au cap de Bonne-Espérance ; mais c'est à une autre ' époque de l'année , car d'Herbelot, dans la Bibliothèque orientale, dit que c'est

au mois de juillet et non en hiver , et qu'après avoir fait bouillir le suc on le met dans des outres et on le fait sécher au soleil pendant les jours caniculaires.

Il paraît que la saison où on recueille le suc en fait varier la quantité. Au printemps il est beaucoup plus abondant qu'en été; mais il est beaucoup plus noir. Mais bien que l'époque de la récolte , le climat et beaucoup de circonstances influent sur la quantité de suc d'aloès , les principales difl"érences tiennent à la manière de le recueillir. La feuille entière de l'aloès ne participe point aux propriétés du suc. Ce dernier est contenu dans des vaisseaux particuliers. Son amertume est extrême , tandis que la pulpe de l'intérieur de la feuille est mucilagineuse et inerte. On cite dans les meilleurs ouvrages de matière médicale , Murray comme ayant fait le premier ces observations ; il les a tout au plus répétées , car le célèbre Fabio Colonna , qui vivait , comme on le sait , au xvi'' siècle , avait fait des expériences exactes à ce sujet. Voici le passage dans lequel il en rend compte : « Domi igitur nostrce quùm plures adessent hujus )> plantœ , in sedis summo soli imbribusque aperto loco , ut moris est neapoli- « tanis œdibus ; extirpatis aliquibus foliis , experimentum tentantibus in men- « tem venit idem nobis in verae œtraclylidis observatione accidisse, sanguineum- » que succum non ex carne sed venis exire. Quapropter per ohliquum folii venas n inuenire ausi sumus. Sic abruplè recenter ab radice folii succi parùm luteiex » singularum venarum oris exire animadvertimus , atque deindè simàl concurti rere guttasque decidere vidimus , non sine animi nostri gaudio. Atque novi- » tate exultantes alia atque alla, data operâ , folia è radice extirpavimus atque 11 certissimum , ex nerfulis, rieluti^lamentis , sii'e venis intra Jolii carnem per- » longum ductis, detentum luteum succum elici debere comperimus. Supposito » dein lato figulino vase vitreato , multa suprà illud sic ab radice statim evulsa » folia appendimus , atque ex illis spontaneum succum descendere sinebamus , n manibus postremo etiam deorsùm versùs comprimendo folia, atque quodsicn cis foliorum oris congruerat, radendo. » (Foj^ez chapitre 11", pag. 41 de l'ouvrage intitulé : Minus cognitarum rariorumque nostro cœlo orientium stirpium EK<I>PA2I2 , Rome , 1606, in-40.)

Voici maintenant le procédé qu'on met en usage à la Barbade pour extraire l'aloès; il est rapporté par Duncan dans le Dispensaire d'Edimbourg : On arrache la plante a/ec les racines, on la nettoie et on la coupe par morceaux ; on la met, ainsi divisée, dans des paniers ou filets qu'on place dans de grandes chaudières en fer avec de l'eau qu'on fait bouillir pendant dix minutes ; alors on enlève les paniers et on remet de nouvelles matières , jusqu'à ce que la liqueur soit épaisse et noire; ensuite on la passe, et elle est reçue dans un cuvier profond et rétréci vers le fond , où on la laisse refroidir et déposer ses parties féculentes. Le lendemain, la liqueur claire est soutirée par un robinet; on la met de nouveau dans une chaudière de fer. On la fait d'abord bouillir vivement, mais vers la fin de l'opération on n'évapore que lentement, et l'on agite constamment la masse pour l'empêcher de brûler. Quand la matière a acquis une consistance de miel, on la verse dans des gourdes ou calebasses; pour être livrée au commerce, et elle durcit avec le temps.

On voit que les procédés employés au Cap et à Soccotora, pour extraire l'aloès , diff'èrenl de celui employé aux Barbades , et peuvent, jusqu'à un certain point , rendre compte de la différence de qualité des aloés qu'on tire de ces pays. On a attribué à une autre cause ces différences. Ainsi lorsqu'on a réduit le suc d'aloès à consistance d'extrait , on le laisse refroidir dans des vases ou baquets. Les couches supérieures les plus pures fournissent, a-t-on dit, l'aloès succotrin , les moyennes l'aloès hépatique , les inférieures l'aloès noir ou caballin.

Analyses de l'aloès. — Les chimistes ne sont pas d'accord sur la nature de l'aloès et de ses principes constituans. On le range cependant communément parmi les gommes-résines. Voici le résumé des derniers essais chimiques auxquels ce suc a été soumis.

La plus ancienne analyse est de Neumaun ; suivant cet auteur , 1000 parties d'aloès ne contiennent qu'environ 7,8 solubles dans l'eau ou de matière analogue à la gomme ; 94 solubles dans l'alcool seul ou de matière résineuse ; 895 solubles à la fois dans l'eau et dans l'alcool ou d'extractif. (Noui'eau Dispensaire d'Edimbourg , par André Duncan, traduction de Pelouze , tom. l'^''^ pag. 170 , Paris, 1826, in-8«. )

Spielmann (Institutiones materiœ medicœ , Argentorati, 1774, in -8", pag. 326) d'après le docteur Lewis, indique les proportions suivantes des principes résineux et de l'extrait aqueux dans les diverses espèces d'aloès : Aloès succotrin J de résine ; 5 d'extrait aqueux. Aloès hépatique i de résine d'extrait aqueux. Aloès [caballin i de résine ; | d'extrait aqueux.

Cartheuser a obtenu , sur une once d'aloès , cinq gros de principes gommeux et trois de principes résineux ; il n'y eut que quelques grains de résidu. (Matière médicale, tiaduction française, Paris, 1755, in-12 , section 9, pag. 110.)

Boulduc a retiré de l'aloès succotrin -i- de résine et dans l'aloès hépatique i.

D'après MM. Bouillon-Lagrange et Vogel , l'aloès est composé de deux substances bien distinctes : l'une , qui se rapproche beaucoup des résines ; l'autre , qui est soluble dans l'eau et qui ne diffère de l'extractif que par quelques nuances.

M. Tromrasdorff s'en fait une autre idée (Annal, de Chimie , tom. 63, pag. 11). Selon lui l'aloès succotrin est formé sur 100 parties de :

Principe savonneux amer

Acide gallique : . . . . une trace.

Résiné '

ALOES

L'aloès hépatique est formé de :

Principe savonneux 81,25

Acide gallique une trace.

Résine 6,25

Albumine 12,50

ALOES

IUU,UO

D'après MM. Bouillon-Lagrange et Vogel {Annal, de Chimie, tom. 68, pag. 155) le premier de ces aloès est composé de :

E.ïtractif 68

Résine 32

Et l'aloès hépatique de :

Extractif 52

Résine 42

Matière insoluble ou

Albumine coagulée de Trommsdorff. 6

M. Braconnot regarde l'aloès comme formé d'une seule substance résinoïde, qu'il propose àe nommer résino-amer , et qui est analogue à celle du quinquina, de l'absinthe, des centaurées, etc. Cette substance étant plus soluble dans l'eau chaude qu'à froid , elle se précipite en partie par le refroidissement. Ce même principe est soluble dans l'éther, et surtout dans l'alcool , dans les alcalis , etc.

On a fait encore beaucoup d'expériences assez récentes pour déterminer la nature de l'aloès.

M. Pfaff a remarqué qu'une solution aqueuse d'aloès reste long-temps sans passer à la fermentation acide.

M. Braconnot a trouvé qu'une pareille solution , laissée en repos pendant deux mois et demi, devenait plus épaisse, et qu'alors elle précipitait assez abondamment par une infusion de noix de galle.

Meissner a prétendu avoir retiré de l'aloès un principe amer alcaloïde qu'il a nommé aloine.

Ce chimiste précipitait l'extrait aqueux d'aloès par l'acétate de plomb, évaporait la solution acétique, dégageait l'acide acétique par le moyen de l'acide sulfurique, et obtenait un sel en cristaux brunâtres , soluble dans l'eau, ayant l'odeur et la saveur amère de l'aloès. Par l'addition de l'eau de baryte ce sel donnait une solution brune, ayant une réaction alcaline sur le papier de tournesol. Cette solution devait contenir Valoïne. {Trommsdorff nêues Jahrbuch der Pharmacie , tome 4 , h« partie , page 274. )

Des expériences plus récentes ont encore été faites par le docteur Winller ( Geiger's Magazin der Pharmacie, tome 13 , mars 1826, page 274). Il eu résulte que l'aloès pourrait être considéré comme un sel vége'tal neutre, composé d'une résine non amère, d'un principe colorant non amer, jouant le rôle d'acide, et d'une substance particulière , peu amère , servant de base; mais cette dernière substance neutraliste diflicilement les acides et est assez analogue par sa nature à la gomme ou à l'amidon. Ce principe n'est nullement semblable à Valoïne de Meissner.

Suivant M. Winkler , l'extrait aqueux de l'aloès est une combinaison de l'amer d'aloès avec un peu de résine.

L'extrait d'aloès obtenu par l'éther est une combinaison particulière qui contient les trois principes constituans de l'aloès, mais dans des proportions (lifTérentes.

M. Winkler a observe' que l'acétate de plomb produit toujours dans l'amer d'aloès , c'est-à-dire dans la solution aqueuse privée de résine, un précipité qui est le résultat de la combin.iison de la matière colorante avec l'oxyde de plomb.

La combinaison de l'oxyde de plomb avec le principe colorant est si intime qu'on ne peut l'en séparer par l'acide hydrosulfurique.

Enfin M. Leibig {Annal, de Chimie et de Physique , février 1828) a annoncé que l'amer de l'aloès (acide aloétique de M. Braconnot) était une combinaison de l'acide carbazotique et d'une substance résineuse.

Propriétés médicales. — Le mode d'action de d'aloès varie suivant la dose à laquelle on le prescrit : à petites doses , il agit comme tonique ; à doses plus élevées, c'est un purgatif drastique, mais dont l'action se porte particnlicl ement sur le gros intestin , vers lequel il détermine une fluxion sanguine. Aussi a-t-on conseillé l'aloès pour rappeler le flux hémorrhoïdal et comme cmménagogue. On doit, par la même raison , en éviter l'emploi comme purgatif, dans les cas d'hémorrhoïdcs. On lui a attribué des propriétés vermifuges.

Plusieurs médecins regardaient le principe résineux comme purgatif; mais l'expérience a prouvé que la résine pure n'est que peu ou point purgative, et que la partie extractive, séparée de la résine , agit plus puissamment que l'aloès brut. AnAri: 'Gwncan {Dispensaire d'Edimbourg , \n loc. cit.) fait observer, à l'appui de celte dernière opinion, que lorsque l'aloès a subi une longue coction pour la préparation de l'extrait gommeux, il perd de ses propriétés purgatives, non pas à cause de la séparation de la résine, mais par suite de l'altération de l'extractif par l'action de la chaleur. D'après les analyses que nous avons rapportées , on a vu que l'aloès succotrin contient plus d'extractif et moins de résine que l'aloès hépatique; c'est aussi à cette raison qu'on attribue son action purgative plus énergique et l'irritation plus vive qu'il produit. C'est pour cette raison que Duncan conseille d'employer l'aloès hépatique comme purgatif ordinaire , et de n'employer l'aloès succotrin que lorsqu'on veut produire une vive irritation vers les vaisseaux hémorrhoïdaux , pour exciter ou rappeler le flux menstruel ou hémorrhoïdal.

Le professeur Geiger dit , dans une note jointe au Mémoire de M. Witil^ler^ cité ci-dessus, que l'extrait d'aloès par l'éther est le plus actif de tons ceux' qu'on obtient : un grain de cette substance produit une forte action purgative j Nous donnerons ici l'extrait d'un Mémoire intéressant , que M. le baron dej Wedekind a publié dans Vlsis, en 1825 {Bulletin des sciences médicales,] tome 12, art. 57), sur la manière d'agir et sur l'emploi de l'extrait aqueux* d'aloès. Il résulte, suivant cet auteur, d'un grand nombre d'expériences, que: reff"et de l'aloès ne dépend pas , comme celle des autres cathartiques , d'iinej augmentation dans la sécrétion intestinale et d'une stimulation immédiate des,* fibres contractiles des intestins. Cette substance est absorbée , portée dans le» torrent circulatoire , sécrétée ensuite en grande partie par le foie dont elle: augmente l'activité , et rejetée enfin du corps par suite d'un effet purgatif qui! n'est que secondaire. Voici les principaux faits sur lesquels repose cette] manière d'envisager ces phénomènes. L'eff"et purgatif par l'aloès n'a lieu ordi-| nairemcnt que huit et même douze heures après qu'il a été administré , quelle; que soit la dose qui ait été prise. Les individus chez lesquels la sécrétion de Is^"* bile est facilement augmentée sont ceux que l'aloès purge le plus fortement.j Une excitation de tout le système avec accélération du pouls, chaleutj désagréable dans l'abdomen , sécheresse de la bouche , etc., succèdent à l'admi'^ nistration de l'aloès. Ces efi'ets augmentent d'intensité, lorsque ce médicamenf est continué pendant quelques jours. Quelquefois l'aloès donne lieu à de»j accidens hémorrhoïdaires ou à des hémorrhagies. Les mêmes résultats ont lieu,l lorsque le remède est donné à l'intérieur ou appliqué sur des ulcères , des cariesJ L'onguent d'arihanita de Mesué, qui contient de l'aloès, purge lorsqu'il esK employé à l'extérieur. Des expériences faites sur des personnes en santé , efe des observations recueillies sur les malades, ont appris à M. de WedeliindS qu'un purgatif qui agit promptement , comme, par exemple, quatre onces de^ l'infusion laxalive de la pharmacopée de Vienne, avec une once de sulfate de^ soude, donné avec deux grains d'aloès, n'agit pas différemment que s'il avaiti été pris seul; mais si l'aloès est donné deux heures avant celte potion, il ne' commence à purger que lorsque l'effet de la potion a déjà cessé depuis quelqueSj heures; et à la suite de cette seconde purgation, l'aspect et l'odeur des matières, diffèrent beaucoup. Lorsqu'au contraire , l'aloès est donné six à huit heures^ avant la potion , les effets des deux moyens coïncident, et l'évacuation devient ordinairement très-abondante. '

M. de Wedekind pense donc que l'aloès n'exerce pas une action spéciale etj primitive sur le gros intestin et surtout sur le rectum , comme on le dit commu-; nément. Suivant lui, les matières que provoque l'aloès ne sont pas séreuses,) mais bilieuses , féculentes , et ont une odeur particulière. ^ Du reste , les faits rapportés plus haut ne sont pas les seuls que ce médecinj invoque à l'appui de son opinion. Ayant eu souvent occasion d'observer des cas' d'ictère dans les hôpitaux militaires pendant les dernières guerres, il employai l'aloès avec un succès aussi prompt que censlant. Tant que les évacuations^ alvines étaient blanches ou grisâtres , le médicament, même à grandes doseffi (jusqu'à une once par jour), ne purgeait pas; l'effet purgatif avait, aa; contraire , lieu dès que les matières fécales commençaient à contenir de la bilejj preuve, dit M. de Wedekind , que la présence de la bile dans le canal intestinat| est une condition nécessaire de l'effet purgatif de l'aloès. On courrait les risquesi) de provoquer une violente diarrhée bilieuse , si on donnait de fortes doses de'i cette substance lorsque les matières fécales sont teintes par la bile. Il est encore] un fait que cite M. de Wedekind pour prouver que l'action de l'aloès sur lei gros intestin n'est pas primitive; c'est que les lavemens d'eau tiède avec deux: gros à une demi-once d'extrait d'aloès, n'irritent pas plus que les lavemensi d'eau simple , et purgent seulement dans les cas où ils ne sont pas rendus tropj tôt, au bout de sept ou huit heures que le médicament a été absorbé et qu'il ai' traversé le torrent circulatoire. Ce n'est qu'alors que son action sur le grosi intestin se manifeste.

M. de Wedekind tire de ce qui précède les indications pratiques suivantes :i l'aloès est principalement utile lorsque la sécrétion biliaire est insuflisante, ou^ lorsqu'il y a un état d'atonie du colon ou du rectum; dans l'ictère qu'on peut^ attriljuer à l'atonie du foie, et contre les ascarides qui ont leur séjour principall dans le rectum. Il faut employer avec beaucoup de précaution ce moyen, chez*' les personnes irritables et chez lesquelles la sécrétion bilieuse est abondante, ; et dans les divers étals fébriles. L'emploi de l'aloès est contre-indiqué dansij l'ictère avec état inflammatoire du foie, dans les cas de calculs biliaires, dans ! ceux d'obstruction du foie avec hydropisie , dans ceux de pléthore abdominale 'i avec disposition aux hémorrhoïdes. j

Il est inutile de donner l'aloès avec des sels neutres et d'autres purgatifs qui agissent promptement , à moins qu'on ne se propose d'exciter en même temps la sécrétion intestinale et celle du foie ; mais alors il faut donner l'aloès plusieurs heures avant les autres médicamens.

Pour augmenter simultanément les sécrétions pancréatique et hépatique , or pourrait essayer un composé d'aloès et de calomcl. Il est peu convenable el même nuisible d'associer l'aloès avec les substances aromatiques , comme on 1( trouve dans beaucoup de préparations pharmaceutiques. En résumé, M. d( Wedekind conclut que l'aloès est absorbé , agit primitivement sur le foie , e compare cette action à celle du mercure sur les glandes saliv'aires , ou dei cautharidcs sur les reins.

Doses et mode d'administration. ■ — On donne l'aloès en poudre comm« j t onique , à la dose d'un à quatre grains ; comme purgatif, à celle de six grain à un scrupule.

L'extrait aqueux est administré à la dose de six à douze grains en pilules.

La teinture d'aloès , composée dans la proportion d'une partie d'aloès et di ■

ALOPÉCIE.

ALOPÉCIE.

d'alcool , est donnée à la dose de dix gouttes à un demi-gros dans une tien.

Il y a une autre teinture d'aloès dans les pharmacopées de Londres , de blin et d'Éditnbourg. On la désigne sous le nom de tinctura aloes aquosa. Je est préparée avec une partie d'aloès succotrin, extrait de réglisse trois, eau ;nte-deux , et alcool huit. On la prescrit à la dose d'une demi-once à une ice , dans un véhicule convenable. Nous ne rapporterons point ici les formules is teintures avec Téther , le safran, l'ammoniaque , îa myrrhe , etc : elles trouvent toutes dans la Pharmacopée universelle que vient de publier . Jourdan.

Le vin d'aloès est préparé avec quatre parties d'aloès succotrin ; une de nnelle ; vin d'Espagne, quarante-huit , et alcool , seize. La formule d'Édimurg est différente. On met huit parties d'aloès ; petit cardamome et gingembre , 3 chaque une partie ; vin d'Espagne, cent quatre-vingt-douze. On le donne )mme tonique , à la dose d'un à deux gros , et comme purgatif à celle d'une deux onces. L'aloès est aussi employé à l'extérieur comme tonique; il entre ins la préparation de l'onguent d'arthanita , aujourd'hui inusité. On trouve ns la pharmacopée batave une formule d'un onguent préparé avec l'aloès le pétrole , et une autre avec la térébenthine , dans la pharmacopée de ologne.

Il est, du reste , une foule de préparations dont l'aloès fait partie ; les plus

nnues sont les pilules d'aloès et de savon , celles de Rufus , les pilules bénites e Fuller, hydragogucs de Bontius, l'électuaire Hiera picra , l'élixir de ropriété de Paracelse , etc. (Ma.gekdie. )

ALOPECIE, s. f., «Xwir.-x/a , alopecia , chute des cheveux {àlio^it? , renard), arce que cet animal est souvent affecté, dit-on, dans sa vieillesse, d'une maladie e peau qui entraîne la chute des poils. Quoi qu'il en soit , on donne le nom 'alopécie à la chute sénile , accidentelle ou prématurée , partielle ou totale des cils , et même au défaut de développement de ces appendices sur les parties ui en sont ordinairement pourvues. Ces états pathologiques des poils doivent tre distingués de la chute du duvet soyeux et incolore, qu'on observe sur le prps des fœtus , et qui tombe , en partie , avant et après la naissance , et de la aue ou chute périodique des poils qu'on observe chez quelques animaux.

L'alopécie attaque le plus ordinairement le cuir chevelu et le menton chez honime ; les parties génitales , les aisselles , les sourcils et les bords libres des laupières chez les deux sexes , peuvent en être affectés d'une manière générale )u partielle.

L'absence congéniale et le défaut de développement ultérieur deS poils sont in phénomène assez rare que j'ai cependant plusieurs fois observé. Tel était le cas du nommé François Beauvais, âgé de trente-deux ans , que plusieurs lèves ont pu voir l'année dernière à l'hôpital de la Charité , dans le service de M. Lerminier , dont j'étais momentanément chargé. La peau du crâne paraissait complètement dépourvue de cheveux ; cependant , en l'examinant avec plus de soin , et de très-près , on apercevait à sa surface un assez grand nombre de petits poils très-fins , décolorés et semblables au léger duvet qui couvre la peau des bnfans. Çà et là , sur les tempes , existaient quelques petits points noirs , coi-respondans à des poils que le malade avait rasés. La place des sourcils était indiquée par quelques poils très-fins et très-courts ; le bord libre des paupières étai* dépourvu de cils ; cependant le bulbe de chacun d'eux était indiqué par un petit ipoint décoloré. Sur les lèvres , les joues et le menton , la barbe était si rare que cet homme ne la coupait que toutes les trois semaines. Sur la poitrine et le pubis , quelques poils rares se voyaient comme chez les jeunes gens , aux approches de la puberté. Il en existait à peine sous les aisselles , mais ils étaient plus nombreux à la partie interne des jambes. La voix avait le timbre et la force de celle d'unliomme adulte et bien constitué. Beauvais est au reste d'un caractère méticuleux; assez adonné aux plaisirs de l'amour, il a déjà contracté deux maladies vénériennes. Il observe que ses deux sœurs et sa mère ont d'assez beaux cheveux , tandis que son père a présenté un semblable défaut du développement des poils.

La chute sénile des cheveux ( Calvitie ) s'opère d'une manière lente et progressive , sans altération appréciable du cuir chevelu. Chez les hommes , la calvitie s'étend fréquemment à toute la partie supérieure et antérieure du crâne , en sorte qu'il ne reste plus qu'un demi-cercle de cheveux d'une tempe à l'autre. Chez les femmes , les cheveux blanchissent ; mais ils ne tombent pas aussi souvent que chez les hommes. Bichat remarque qu'avant la chute des poils, la cavité de leurs bulbes diminue graduellement chez les vieillards , et que le petit canal qui loge la racine de cet appendice finit par disparaître. H y a aussi destruction des follicules dans certaines alopécies partielles déterminées par des tumeurs sous-cutanées. D'un autre côté , Bichat a vu sur le cadavre d'un homme devenu presque chauve , à la suite d'une fièvre qu'il nomme putride , tous les conduits des cheveux dans leur intégrité , et dans leur fond de petits cheveux naissans. Il y a donc une différence entre la chute des poils des vieillards et celle qui est amenée par certaines maladies. Tout meurt chez les premiers, tandis que dans les autres la tige du poil seule est détachée.

Les alopécies partielles peuvent être le résultat de diverses altérations des follicules pileux.

1". Les unes surviennent dans la convalescence des maladies aiguës , et paraissent avoir été souvent précédées d'un léger érythème ou d'un phtyriasis du cuir chevelu. Cette chute des cheveux est accompagnée d'une desquamation furfuracée assez abondante. Le peigne détache une quantité considérable de pellicules épidermiques qui se renouvellent avec une très-grande promptitude , et au-dessous desquelles la peau est ordinairement crylliémateuse. Dans celte variété de l'alopécie, les poils se détachent d'une manière successive , sur toute

DiCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

la surface du cuir chevelu. Les premiers cheveux sont maigres , secs et cassans.

2". D'autres fois la chute des poils coïncide avec une sécrétion morbide des follicules sébacés. (Voyez Follicules.)

30. L'alopécie est quelquefois aussi la suite d'une inflammation des follicnles pileux , déterminée par le développement antérieur d'une teigne faveuse , d'un impétigo , d'uii eczéma chronique. J'ai vu, chez une jeune femme atteinte d'un impétigo épars sur toute la surface du corps , la chute des cheveux coïncider avec celle des ongles et de l'épiderme.

4". Mais une des variétés les plus remarquables de l'alopécie est celle que Bateman a désignée sous le nom impropre de Tpomgodecah'ans.'Le cuir chevelu ou la peau du menton des personnes qui en sont affectées présente une ou plusieurs taches circulaires , entièrement dégarnies de poils et environnées d'une aussi grande quantité de cheveux que dans l'état naturel. La peau est lisse, sans rougeur, souvent même d'une blancheur remarquable. Les aires des taches circulaires dépourvues de cheveux s'agrandissent progressivement. Lorsqu'il en existe plusieurs, à peu près contigués, elles finissent par se réunir, et si l'on abandonne la maladie à elle-même, elle peut dépouiller de poils une grande partie du cuir chevelu. Batemau a supposé que, dans cette maladie , de petites pustules se formaient à la racine des cheveux, mais il avoue qu'il n'en a jamais vu. Pour moi, j'ignore de quelle nature est l'affection des follicules pileux qui détermine cette alopécie; mais je puis assurer qu'il n'existe à la surface du cuir chevelu, ni vésicules, ni pustules, ni autres formes phlegmasiques; et que le porrigo decalvans n'est pas, ainsi que l'ont avancé récemment des personnes qui ne paraissent pas l'avoir observé, une suite fréquente des inflammations qu'on avait autrefois groupées sous le nom de teignes ou de porrigo.

Les premiers cheveux reproduits à la surface de ces aires dont la peau parait ordinairement un peu décolorée , ont en général une contexture plus fine et une couleur moins prononcée que les cheveux sains qui les entourent. J'ai observé cette maladie chez les enfans et les adultes ; j'ignore les causes qui donnent lieu à son développement.

5°. Enfin quelques pathologistes pensent que l'alopécie peut être un symptôme de la syphilis. Ces alopécies mentionnées par Rangon, Fallope, Massa , Fracastor , distinctes de la chute des poils déterminée par le développement de tubercules, par des ulcères syphilitiques, en ce que, dans le premiers cas . la peau ne paraît point altérée , etc., sont très-rares en France. Les exemples qu'on en a rapportés manquent de détails nécessaires pour en établir le caractère spécifique, la coïncidence d'autres symptômes de syphilis n'étant point une preuve concluante. {Voyez Alopécie syphilitique.)

6°. L'existence d'alopécies mercurielles est au moins aussi équivoque. J'ai observé dans nos hôpitaux un assez grand nombre de doreurs sur métaux et de miroitiers atteints de tremblemens et de paralysie, et chez aucun d'eux le cerveau n'avait exercé d'influence remarquable sur le système pileux. L'arsenic paraît avoir une action plus directe sur les follicules des poils ; aussi entre-t-il dans la composition de plusieurs Dépilatoires. ( Voyez ce mot. )

La barbe peut être affectée de toutes ces variétés de l'alopécie et même du porrigo decalvans; on observe plus rarement la chute passagère ou permanente des poils sur le tronc et les membres.

On a vu l'alopécie ne se développer que sur un des côtés du corps ; tel est le cas rapporté par Ravaton , d'un homme qui , après une violente commotion , fut atteint d'une amaurose de l'œil droit, d'une incoloration, et de la chute des cheveux, des sourcils et des cils du même côté.

Enfin l'alopécie peut être générale ; alors la chute des cheveux , des sourcils , des poils des aisselles , du pénis , etc., s'opère d'une manière successive. Un homme , après quelques mois d'une superpurgation , vit tomber tous ses poils. Au bout d'un an il n'en était point encore paru sur le tronc. La barbe , qui avait été épaisse , l'était fort peu, et les cheveux se trouvaient aussi nombreux et plus fins qu'auparavant ( Léraery ).

Nous venons de voir, dit P. Frank, un homme , jeune , atteint d'une alopécie générale. A part une maladie vénérienne dont il est guéri depuis treize ans , il n'a jamais été malade , et aujourd'hui sa santé ne parait nullement altérée. Cependant , il y a déjà deux mois qu'il a entièrement perdu la barbe , presque tous les cheveux, les cils et les poils du pubis ; les ongles sont privés de vie et rongés par une sorte de boue sèche. Dans cet état , le malade n"éprouve aucune diflicuUé à remplir les devoirs conjugaux ; la voix ne présente pas la moindre altération : tout annonce chez lui une santé parfaite, excepté un sentiment de faiblesse dont il ne se plaint que depuis quelques jours.

L'alopécie sénile est incurable ; l'alopécie congéniale est ordinairement la suite d'un retard de développement des cheveux qui se montrent vers la fin de la première ou de la deuxième année, et dans quelques cas plus rares , où cette alopécie est permanente, de l'absence des follicules. Le traitement de l'alopécie accidentelle est aussi varié que celui des conditions qui la produisent. Lorsque l'alopécie est déterminée par un eczéma, un impétigo , une teigne faveuse, etc., elle ne réclame pas d'autres médications que celles employées ordinairement contre ces maladies. Les cheveux repoussent ensuite naturellement lorsque les follicules n'ont point été profondément altérés, et ne peuvent renaître , malgré l'emploi des pommades trichogènes , lorsque leur organe producteur a été détruit. Enfin, lorsque la peau est sèche, tendue, furfuracée, il convient de raser les parties affectées et de les oindre avec des huiles et des corps gras.

Dans le porrigo decalvans , et dans toutes les alopécies qui ne paraissent pas être accompagnées d'inflammation de la peau ou des follicules pileux , on reccmmandc généralement d'exciter les parties affectées avec les décoctions

ALOPÉCIE SYPHILITIQUE.

ALTÉRANS.

de feuilles de noyer, de morelle, de petite centaurée, de farine de moutarde, ou avec les vins ou les alcoolats aromatiques plus ou moins étendus d'eau j de pratiquer des embrocations avec les huiles de laurier , de lavande , de guimauve , de camomille; mais je n'oserais affirmer jusqu'à quel point ces médicamens peuvent déterminer ou augmenter le développement de la tige des poils, les ayant employés , sans avantage bien marqué, dans plusieurs cas de porrigo deçalvans. ( P. Rater. )

ALOPECIE SYPHILITIQUE. Les premiers médecins qui ont écrit sur la syphilis ne font aucune mention de la chute des cheveux et des poils , comme symptôme syphilitique. Il faut descendre jusqu'à l'année 1538 pour en trouver l'indication. Rangon , Fracastor , Fallope, Massa, Brassavole, en ont parlé comme d'un symptôme nouveau. Ou cette affection n'existait pas avant cette époque , ou , ce qui est plus à croire , elle n'avait pas fixé l'attention au milieu des graves symptômes qui signalaient la syphilis dans les premiers temps. Pendant la dernière moitié du xvi« siècle, l'alopécie était fort commune ; d'après les auteurs on la rencontre assez fréquemment encore dans les pays méridionaux. Un certain nombre de faits que j'ai observés et recueillis m'autorisent à penser qu'elle existe moins rarement qu'où ue le croit dans nos climats tempérés.

Dans la description de l'alopécie , les auteurs ne me semblent pas avoir fait assez d'attention à l'état morbide de la peau ; les uns ont considéré vaguement la dépilation comme un symptôme de syphilis invétérée ; les autres se sont bornés à dire que dans cette affection la base des cheveux était le siège d'une desquamation plus ou moins considérable. Je crois qu'on doit distinguer deux variétés de l'alopécie syphilitique ou réputée telle : l'une, fort rare, existe sans altération appréciable du tissu cutané ; l'autre se rencontre avec une lésion inflammatoire du réseau capillaire de la peau , et paraît en être l'effet. La première variété existe-t-elle réellement ? Le virus syphilitique peut-il porter directement sou action sur les bulbes des cheveux et des poils , et faire cesser la sécrétion naturelle , nécessaire à l'entretien de la vie dans ces productions? Il faut convenir que les observations relatives à cet objet sont trop incomplètes pour fixer l'opinion sur ce point. De nouvelles recherches me semblent nécessaires , et j'avoue , pour mon compte, que je suis disposé à mettre en doute ce mode de dépilation comme symptôme syphilitique : tant de causes en effet déterminent la chute des cheveux {-voyez plus haut ) qu'il est difficile de distinguer si telle alopécie de ce genre est ou n'est pas syphilitique.

L'autre variété , celle dans laquelle la peau est le siège d'une inflammation plus ou moins considérable, est la véritable alopécie, d'après la comparaison' établie entre elle et la chute des poils qui a lieu chez les renards, à la suite de la maladie pustuleuse à laquelle ils sont sujets dans leur vieillesse. Dans cette variété , les cheveux et les poils se détachent et tombent par l'effet des progrès de l'inflammation, laquelle détermine sans doute dans les bulbes une sécrétion vicieuse , nuisible à la production pileuse , ou suspend cette sécrétion; mais la chute des cheveux n'est pas la conséquence inévitable de l'inflammation syphilitique du cuir chevelu ; les cheveux restent quelquefois adhérens , quoique l'inflammation soit très-intense. Tous les modes inflammatoires syphilitiques de la peau ne déterminent pas également l'alopécie : j'ai cru remarquer que l'inflammation érythémateuse, celle en plaques et la squammeuse la produisaient principalement.

L'alopécie syphilitique est ordinairement partielle ; je ne l'ai jamais vue complète. Le cuir chevelu présente , dans les parties affectées, des places dégarnies , plus ou moins multipliées, plus ou moins circonscrites , autour desquelles les cheveux sont dans l'état naturel. Du temps de Fracastor et de Fallope , où l'on avait l'usage de la barbe longue, le menton, les sourcils se dégarnissaient par places, comme la tête, et présentaient des aires plus ou moins larges. Les hommes qui étaient ainsi affectés semblaient extraordinaires, et, selon ces auteurs, avaient un aspect bizarre et ridicule. La chute des poils, autres que ceux de la tête , s'observe peu de nos jours.

Toutes les parties de la tête ne sont pas également attaquées ; le plus communément c'est le vertex et les tempes. J'ai vu tout récemment deux cas dans lesquels c'était la région occipitale seule qui était atteinte d'alopécie.

S'il est reconnu que le virus syphilitique peut être une cause d'alopécie, celleci peut-elle être quelquefois produite par l'abus du mercure? A l'époque où cette affection était fréquente, elle fut attribuée, par quelques médecins, à l'action de ce médicament ; d'autres nièrent cette assertion. La même question a plusieurs fois été débattue depuis et soutenue en sens inverse. Pour la résoudre, il faut observer avec soin les faits et les exposer avec bonne foi. Eu voici un que j'ai recueilli depuis peu et que je présente tel qu'il est, sans réflexions. Le 3 mai 1828, le nommé B..., peintre et vitrier, âgé de vingt-six ans, petit, mais bien constitué , se présenta à l'hôpital des Vénériens pour y être traité d'un bubon pour lequel il avait fait un traitement incomplet peu de semaines auparavant au même hôpital. Dans le courant du mois de mars dernier, il avait employé environ une once d'onguent mercuriel en moins de huit jours, eu frictions sur les aines; des douleurs inguinales et céphaliques qui survinrent lui firent interrompre ces frictions. Huit jours après, ces cheveux commencèrent à tomber, et il eût, disait-il. été bientôt complètement chauve s'il n'avait pris le parti de se faire raser la tête à plusieurs reprises , et de soutenir l'action du rasoir par des onctions avec une pommade aromatique à la moelle de bœuf. A la fin de mai il laissait croître ses cheveux; ceux-ci étaient assez nourris, mais moins nombreux qu'avant l'affection. Je dois ajouter, pour ne laisser ignorer aucune circonstance, que, un mois avant défaire un usage aussi imprudent du mercure , le malade avait éprouvé une céphalée intense que l'on avait com-

battue avec succès au moyen des sangsues et des applications vinaigrées sur k i tête. I

Les hommes sont plus sujets à l'alopécie que les femmes. En mai 1828, sur ! , environ cent quatre-vingts malades , hommes , soumis en même temps à mes ! observations à l'hôpital , il y en avait cinq affectés d'alopécie ; il n'y avait aucune \ femme sur plus de deux cents. Les enfans chez lesquels on a observé l'alopécie i congéniale présentent très-rarement celle qu'on nomme syphilitique. Les auteurs même les plus récens n'en font aucune mention. Voici un fait qui vient de se présenter à moi : un enfant du sexe masculin , âgé de treize mois , né d'un père infecté de syphilis , et d'une mère saine, a été atteint, peu de semaines après sa naissance, d'une inflammation de la membrane muqueuse nasale , dè rougeurs , de gerçures aux plis des cuisses et des fesses ; un peu plus tard des plaques cuivreuses se sont manifestées au tronc et à la tête. Allaité et bien I soigné par sa mère , cet enfant a pu être conservé ; mais ses cheveux sont ( tombés dans les endroits qui ont été le siège de l'inflammation.

On distinguera l'alopécie de cause syphilitique , par les circonstances conco- 1 mitantes : ainsi lorsque en même temps qu'il existe des plaques, des squammes i ou des pustules au cuir chevelu , des symptômes analogues , ou d'autres phéno- 1 mènes reconnus syphilitiques se font remarquer à différentes parties du corps, on doit naturellement supposer que la dépilation est syphilitique. 11 est fort diflicile d'apprécier au juste la nature de la maladie lorsque la chute des' cheveux a lieu sans inflammation locale.

Le jugement à porter sur l'alopécie syphilitique est principalement relatif à f l'intensité de la cause locale et à l'âge du sujet. Lorsque l'inflammation cutanée i est très-étendue , la chute des cheveux et des poils est plus considérable que i lorsqu'elle est bornée. Si le malade est jeune, si l'inflammation s'est terminée I sans que les bulbes pileux aient été altérés ou frappés de mort, les poils i peuvent se reproduire ; si l'individu affecté est dans un âge avancé , si l'organe i sécréteur est détruit, la calvitie est définitive.

La thérapeutique de l'alopécie syphilitique consiste dans l'emploi des moyens j propres à en combattre la cause; ces moyens sont les anti-syphilitiques admi- li nistrés avec méthode. Le traitement local a pour but de faire cesser le plusii promptement possible l'état inflammatoire de la peau. Ainsi on doit de suiteï recourir aux bains simples, aux bains de vapeur aqueuse, aux applicationsi émollientes sous forme de cataplasme, de fomentations; on doit souteniri l'action de ces remèdes par un régime sévère en rapport, du reste, avec lai gravité du mal local et la multiplicité des symptômes concomitans. A mesurel que l'inflammation cutanée diminue , la chute des cheveux s'arrête , mais onl doit, aussitôt que l'état du cuir chevelu et de la peau le permet, raser la tête,! les sourcils, les poils. Cette opération est le moyen le plus efficace d'arrêter! promptement l'alopécie syphilitique ; on l'a mise en pratique de tous temps % contre cette affection en général; on la réitère plus ou moins souvent : Cehti conseillait de la faire tous les jours ; mais il suffit de la répéter une ou deux foisli chaque semaine. Au bout d'un mois , lorsque la peau est revenue à son élati naturel, on peut laisser croître les cheveux. Ils sont peu consistans d'abord ;j ils reprennent peu à peu assez de vigueur pour remplacer ceux qui sontj tombés. Pendant le travail de la reproduction , on peut employer avecl avantage différens moyens, tels qu'une eau légèrement savonneuse, une) pommade ou un alcoolat aromatique , etc. On a recommandé pour l'alopéciej de cause syphilitique tous les remèdes conseillés dans les autres espèces : ainsi! les graisses de différens animaux, les huiles simples ou aromatisées, des' infusions , des décoctions émollientes ou toniques , selon l'état de rigidité ou de laxité du tissu cutané. Tous ces moyens , au reste, ne sont que d'une importance secondaire ; c'est ia cause qu'il faut combattre. \

Il importe de couvrir la tête d'une coiffure artificielle pendant le temps j employé pour l'abrasion des cheveux , dans la vue de prévenir les accidensj qui peuvent résulter de l'absence de ces productions et qu'on a quelquefois; observés, tels que la céphalée, les fluxions inflammatoires sur les yeux, les] oreilles , etc., etc. La perruque prévient ces accidens, en même temps qu'elle^ remédie à une espèce de difformité temporaire. (Cdllerier.) j

ALPHOS, ou ALPHUS,s. m., de «Xjx!?, iZanc. Les médecins] grecs dési-< gnent sous ce nom une variété de la lèpre ; l'alphos forme une des trois maladies ; auxquelles Celse a donné le nom de vitiligo. Enfin Willau et Bateman pensent] que ces descriptions vagues, obscures et incomplètes des anciens, peuvent! être rattachées à l'inflammation cutanée et squammeuse qu'ils ont décrite, J et que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Lèpre. {Voyez Lèpre, V

(P. Rates.) i

ALTÉRAIS ( Thérap eutique) , ou plutôt médication altérante. ;

Jadis on avait distingué les médicamens en évacuans et en altérans, suivantj qu'ils provoquaient des évacuations ou qu'ils n'en déterminaient pas. A cette) division d'autres ont succédé qui sont loin d'avoir levé toutes les difficultés,! fixé toutes les incertitudes; mais le mot d'altérant est resté dans le langage médical, où, comme tant d'autres, il sert à marquer l'impossibilité où nous ( sommes de donner une explication exacte des phénomènes qui se passent sousi nos yeux. Lors donc qu'après avoir administré un médicament qui , à raison del sa nature ou de la dose à laquelle on le donne , ne détermine aucun phénomène immédiat appréciable , on voit les symptômes morbides diminuer plus ou" moins rapidement et disparaître , on dit qu'il agit comme ait érant ; on veut dire" par là qu'il atteint directement la cause du mal, et qu'il l'anéantit sans toucher, sensiblement au moins , les parties organiques , et sans susciter aucun troublci dans leurs fonctions. C'est de cette manière qu'agissent ou que sont censés agifl une foule de médicamens dontle plus grand mérite est souvent l'inertie absolue ou relative. Ces remèdes d'ailleurs, il faut insister sur ce point, ne sont suivis'

A.LTHÉINE.

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