‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 43 sur 234 · AMAIGRISSEMENT · texte numérisé non relu

AMAIGRISSEMENT

incorporé dans quelque décoction mucilagineiise , il est porte avec avnut^ige deux ou un plus grand nombre de fois par jour, à l'aide d'un pinceau, sur la partie aflectce. Ces applications déterminent assez souvent une détersion rapide des aphthes, et ensuite une entière cicatrisation. L'alun n'agit pas d'une manièie aussi favorable sur l'œil; cet organe jouit d'une trop vive sensibilité pour supporter facilement l'impression d'une substance aussi active. Il faut pour cela que l'almi soit dissous dans les collyres, en très-petite quantité , et qu'il e.\iste à la conjonctive , plutôt un engorgement variqueux et chronique des vaisseaux capillaii-es , qu'une inflammation réelle des parties principales de l'organe'.

On a pratiqué des insufflations d'alun en poudre dans rarrière-bouche , le pharynx, et même le larynx, chez les sujets atteints d'angine couenneuse et de croup; mais la discussion relative à l'opportunité ou aux inconvCniens attachés à cette médication , sera mieux placée à l'occasion des maladies dont il s'agit, qu'elie^e pourrait l'être dans cet article.

L'alun calciné au feu , et réduit en poudre fine, constitue un escarrotique léger, qu'on emploie avec avantage sur les plaies anciennes , recouvertes de bourgeons celluleux et vasculaires , mous, blafards, peu sensibles, et faciles à rendre saignans. On en saupoudre légèrement la solution de continuité , qui est ensuite recouverte de charpie sèche, et dont on éloigne les pansemens en proportion du peu d'abondance de la suppuration. Certaines végétations, molles , fongueuses , humides et peu considérables du gland , de la face interne du prépuce , ou des environs de l'anus, sont quelquefois desséchées , flétries et détruites par l'action de l'alun calciné en poudre , dont on les recouvre. Il est à remarquer, toutefois , que l'action ré[jressive et calhérétique de l'alun est trop faible pour que l'on puisse généralement compter sur son eflicacité, et qu'on doit presque toujours lui préférer, ou l'excision pratiquée à l'aide d» l'instrument tranchant, ou l'application de caustiques plus puissans, tels que les acides minéraux , le nitrate acide de mercure, ou le nitrate d'argent fondu.

(L. J. BÉGIN

AMAIGRISSEMENT, Maigreur {Phjsiol. pathol. ) . Le mot amaigrissement exprime la diminution graduelle du volume du corps par la déperdition progressive de la substance adipeuse et l'aff'aissement du tissu cellulaire des difîerentes parties de l'organisme , par suite d'un trouble quelconque dans les dilTércns actes nutritifs. Quelques nosologistes ont confondu par erreur l'amaigrissement, ou le passage de l'embonpoint à la maigreur, avec la maigreur ellemême, ou avec le marasme qui en est le terme. C'est également à tort que tics médecins confondent l'amaigrissement avec l'atrophie, qui nous semble devoir s'appliquer spécialement à la diminution partielle du volume du corps , soit d'un membre , soit d'un organe , soit d'un tissu. ( Voyez Atrophie. )

L'amaigrissement peut être l'effet de circonstances purement physiologiques ou résulter de causes pathologiques plus ou moins graves j ce qu'il importe essentiellement de distinguer dans la pratique.

L'époque de l'adolescence, ainsi que la période de décrépitude ; un accroissetnent rapide , des habitudes vicieuses , notamment celle de la masturbation ; des travaux mécaniques ou intellectuels excessifs ou trop long-temps soutenus ; certaines professions, telles que celles des mineurs, des fabricans de toile, de bas , etc. ; des affections morales profondes et concentrées , telles que la tristesse, l'envie, la haine, la jalousie, l'ambition, etc., sont autant tte causes qui peuvent amener l'amaigrissement, sans toutefois s'accompagner d'aucune lésion sensible d'organes. Une autre cause plus directe et, pour ainsi dire, immédiate de l'amaigrissement est l'inanition, cause d'autant plus active qu'elle opère ses effets chez des individus accoutumés à une alimentation plus abondante, ou, dont l'.ige , le sexe , le tempérament, la profession, etc., semblent exiger de plus fréquentes réparations. Il est également d'observation que l'usage long-temps prolongé des acides donne lieu à l'amaigrissement.

Indépendamment de ces causes d'amaigrissement , qui sont pour ainsi dire passagères , il en est de permanentes qui impriment à certains individus un état de maigreur habituelle ou constitutionnelle, et qui ne sont toutefois nullement incompatibles avec la santé : tels sont les tempéramens dits bilieux et nerveux. On rencontre , en effet , dans le monde un grand nombre d'individus qui joignent u une maigreur extrême tous les caractères de la santé ; seulement il est digne de remarque que ces individus sont beaucoup plus exposés que d'autres aux irritations locales, suivant la prédominance actuelle de vitalité des appareils organiques , d'après les différentes périodes de la vie. Que si la constitution change avec les progrès de l'âge, et que cette maigreur fasse place à l'embonpoint, comme il arrive à l'époque dite de la seconde puberté , c'est-à-dire de trente-cinq à quarante ans, on observe alors que les organes deviennent moins susceptioles ; et souvent ceux de la poitrine, en particulier, échappent aux inflammations chroniques , qui paraissaient les menacer jusqu'à celte époque ; ce qui semble justifier jusqu'à un certain point l'opinion vulgaire qui fait que l'ou se croit à l'abri de la phthisie pulmonaire après la quarantième année. ,

L'amaigrissement pathologique est beaucoup plus grave que le précédent, en ce qu'il se lie le plus ordinairement à une lésion d'organes plus ou moins profonde et plus ou moins réfractaire à tous les moyens de l'art. Le genre d'affection influe d'ailleurs d'une manière extrêmement remarquable sur ses progrès. Comme effet des maladies aiguës, il est d'autant plus rapide que la maladie affecte des organes plus spécialement chargés de concourir à l'accom- ])lissement de la nutrition. Sous ce rapport, ou pourrait établir une sorte d'échelle d'après laquelle les maladies organiques des intestins , du poumon , du foie, des reins, de la vessie, du cœur, des vaisseaux, du cerveau, etc., se rangeraient dans un ordre de gradation correspondant aux différens degrés

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