AMIDON
l'opinion la plus générale , qu'une médication trop acide excite l'amertume et! peut aggraver les fièvres dites bilieuses en augmentant l'action des organes oùj s'opère la sécrétion de la bile.
L'amertume peut être aussi l'effet d'une simple anomalie de la sensibilité gustative, exempte d'aucun trouble de la sécrétion biliaire, et en tout compa-i rable à ces anomalies dont les sensations externes nous offrent tant d'exemples.,; Telle est l'amertume qu'éprouvent les personnes en proie à des douleurs pliyT ^ siques et morales, celle qui résulte d'une diète sévère ou d'une abstinence pro-i: longée , celle dont se plaignent beaucoup de femmes grosses , quelques femmes ; hystériques , certains aliénés, et la plupart des individus affectés de maladies' convulsives. Dans ce cas, le phénomène de l'amertume a évidemment pourj siège le système nerveux qui préside au sens du goût, et peut être le centre; sensitif lui-même , sans que nous puissions saisir la cause intime d'une telle j anomalie, pas plus que celle des saveurs salée, acide , métallique , etc., qui| ont lieu dans une foule de circonstances sans autre lésion appréciable de l'or-,; ganisme, ( Voyez Sensations accidentelles. )
Quelle que soit la cause de l'amertume, on voit que, dans aucun cas, elle'! ne peut fournir une indication spéciale à l'emploi des évacuans comme beau-J coup de praticiens le pensent. Si elle a quelquefois disparu après une médicar] tien vomitive ou purgative , on ne peut toutefois s'autoriser de ce fait pour y* avoir recours en ce qu'elle s'est bien plus souvent manifestée ou accrue sous ! l'influence de ce moyen. On pourrait tout au plus tenter l'emploi des évacuans j lorsque l'amertume ne se trouve liée à aucun autre symptôme d'irritation'; gastro-hépatique; mais dans ce cas même, comme dans celui où l'amertume-j paraît dépendre uniquement d'une perversion de la sensibilité gustative, les] bains tièdes, des lavemens émolliens, des boissons délayantes et légèrement I acidulées ou antispasmodiques pourraient les remplacer avec avantage. J'ai vu | plusieurs fois ce phénomène céder à l'emploi des substances les plus améres j i comme si une sensation physiologique remplaçait alors, pour disparaître aveci la cause qui la fait naître , la sensation pathologique qui constitue l'amertume. ; Nous savons aussi qu'un praticien distingué de Paris a souvent fait cesser i l'amertume au moyen d'un collutoire chloruré, et nous avons eu nous-mêmes! deux fois occasion de vérifier ce fait. ( P. Jollt. ) .i
AMIANTACi; , ^E , adj., amiantaceus , qui a l'aspect de l'amiante. M. Ali-t bert a désigné sous le nom de teigne amiantacêe un état morbide du cuiri, chevelu, principalement caractérisé par des écailles luisantes , argentines, qui,| par leur concrétion enduisent et unissent les cheveux dans toute leur longueur , i sous forme de petites masses dont l'aspect soyeux et chatoyant rappelle celui i de l'amiante. Cet état squammeuxet amiantacé peut être consécutif à plusieurs j inflammations du cuir chevelu ou en représenter un des degrés les plus graves; j mais il ne constitue ni une espèce, ni une variété de maladies cutanées. Une femme de l'hôpital Saint-Antoine , atteinte d'un pityriasis rubra général, nous a offert un exemple fort remarquable de cette disposition des cheveux et de l'épiderme. J'ai aussi observé cette affection squammeuse .'de la peau sur plu- ; sieurs malades affectés d'eczéma chroniques anciens et rebelles. Trois observations de teigne amiantacêe , rapportées par M. Alibert , me paraissent des i cas d'eczéma. On a aussi donné le nom de teigne amiantacêe à des cas de lèpre ï et de psoriasis invétérés du cuir chevelu. ( Fojez Pityriasis , Psoriasis , Tei- j GRE, etc. ) (P. Rater.) .
AMIDON , amjlum. L'amidon, ou fécule amilacée , est une substance blanche, pulvérulente, insipide et inodore, que l'on rencontre dans un grand nombre de végétaux alimentaires , et principalement dans les semences des J graminées et des légumineuses , dans les marrons et les châtaignes, dans \éL gland, la pomme de terre, les bulbes iVorchis , la tige de plusieurs pal- i miers, etc. Il existe aussi dans une infinité d'autres végétaux, mais mélangé à J des principes amers , acres ou vénéneux, dont on ne parvient pas toujours à j le priver assez exactement pour qu'on puisse l'appliquer à la nourriture de l'homme.
Dans les laboratoires on obtient assez généralement l'amidon en délayant de la farine de froment dans l'eau , de manière à en former une pâte ferme , et en malaxant cette pâte sous un filet d'eau , et au-dessus d'un tamis de soie. De I cette manière le gluten , qui est un autre principe de la farine de froment , el i qui jouit d'une grande ténacité lorsqu'il est humecté , reste dans la main , tandis i que l'amidon est entraîné par l'eau et passe à travers le tamis. On laisse déposci j l'eau de lavage, on la décante , on lave le précipité et on le fait sécher.
On suit un autre procédé dans les arts , fondé sur ce qu'en faisant fermenter j avec de l'eau, des recoupettes de blé ou de l'orge grossièrement moulu, oii altère assez le gluten pour qu'il ne puisse plus s'opposer à la précipitation de l'amidon ; mais ce mode d'extraction , qui donne lieu à des émanations infectes se trouvant cité partout, nous préférons décrire et recommander celui dt M. Guin , amidonnier à Marseille. Ce procédé consiste à faire macérer le graii dans l'eau, pendant le temps nécessaire pour le gonfler et le ramollir. Alor. on le verse dans une auge, ou bassin circulaire assez profond, dans leque tourne une meule verticale qui écrase le grain , tandis qu'un filet d'eau l'imbib* peu à peu et délaie la fécule. Cette eau devient laiteuse et s'élève dans le bassin, jusqu'à un tuyau de décharge qui la verse dans un vase où l'amidon se précipite ■ Quand l'eau cesse d'être laiteuse, on arrête la meule, et l'on trouve dessous 1( gluten et le son, sous forme d'une pâte grise, élastique. L'amidon déposé es lavé de nouveau et séché. '
Rien n'est plus facile que d'extraire l'amidon ou la fécule , de la pomme d< ' terre et des autres racines qui le contiennent. Il suffit de râper ces racines , d< ' délayer la pulpe dans l'eau et de jeter le tout sur un tamis de crin. L'eau pass* avec la fécule , que l'on obtient plus pure en la repassant à travers un tamis d<