ANKYLOSE
sillon qui doit séparer les paupières; avec cet instrument, on soulève, autant que possible, ce sillon, et on achève l'opération en glissant le bistouri sur la cannelure de l'instrument. On peut aussi se servir de ciseaux boutonnés , alors on n"a pas besoin de la sonde. Enfin, on peut encore exécuter cette opération par le procédé suivant : un aide fait un pli à la peau de la paupière supérieure qu il soulève ainsi en l'éloignant du globe oculaire ; l'opérateur en fait un semblable à la paupière inférieure qu'il soulève de la même manière , après quoi il introduit par l'ouverture un bistouri à lame très-étroite et à pointe mousse, ou boulounée , à l'aide diiquel il sépare les deux paupières en le conduisant lentement vers les commissures , et en ayant soin de ne pas intéresser les bords libres des voiles membraneux. Lorsque l'adhérence est établie au moyen d'une membrane intermédiaire , il faut d'abord procéder comme il vient d'être dit, mais en ayant le soin de raser le bord libre de l'une des paupières , après quoi on saisit avec des pinces et on retranche avec des ciseaux la membrane qui est restée adhérente à l'autre. Enfin , lorsque l'adhérence des bords des paupières entre eux s'étend à toute leur longueur , il faut les soulever ainsi qu'il a été dit, faire à l'extrémité interne du sillon qui les sépare, tout prés de leur commissure interne, une petite ouverture avec la pointe d'nn bistouri, et profiter ensuite de cette ouverture pour terminer l'opération de l'une ou de l'autre des manières qui ont été indiquées.
L'opération faite, il ne reste plus qu'à s'opposer à la reproduction de l'adhérence. On recommande au malade de remuer les paupières ; on lave la plaie avec un liquide astringent, tel que l'eau de rose contenant de l'acétate de plomb ; on enduit les bords des deux paupières de quelque corps gias. Mais , il faut le dire, ces moyens , trés-efficaces quand l'adhérence a son siège vers le milieu de la marge des paupières, échouent souvent, au moins en partie, quand elle a son siège vers l'une ou l'autre des commissures, et il n'est pas rare que, dans ce cas, on soit contraint de recommencer l'opération plusieurs fois.
Il est inutile de dire que si l'ankyloblépharon est compliqué d'un symblépharon opérable , il faut faire immédiatement succéder à l'opération qui vient d'être décrite celle qui est indiquée pour remédier à ce genre d'adhérence.
{ L.-J. SàKSON.)
ANKYLOSE , s. f. , de àj/.xi).-ij , lien , moyen d'union , ou de àyy.xilci, courbé , coudé. État d'une articulation ordinairement mobile , qui a perdu la faculté d'exécuter des mouvemens. |
Plus commune dans les articulations ginglymo'idales que dans les autres , l'antylose peut cependant affecter toutes les articulations mobiles; ordinairement on ne l'observe que dans une seule articulation sur le même sujet : cependant elle peut en affecter plusieurs, et dans quelques cas rares , on a vu toutes les articulations du corps en même temps atteintes d'aniiylose.
L'ankylose considérée en elle-même n'est point, à proprement parler, une maladie, elle n'est qu'un effet ou qu'une suite d'autres affections, et elle peut succéder à toutes celles qui détruisent quelqu'une des conditions sans lesquelles une articulation ne peut se mouvoir.
Ainsi elle reconnaît peur cause immédiate une soudure des extrémités articulaires entre elles, ou une adhérence totale ou partielle des feuillets opposés de la synoviale , ou une simple sécheresse de cette membrane , ou seulement une rigidité des parties molles voisines ou des muscles qui meuvent les pièces j dont se compose l'articulation affectée. De là, la distinction établie par les auteurs entre l'ankylose vraie el l'ankylose fausse : la première étant consti-. tuée par la soudure des surfaces articulaires; la seconde, reconnaissant pour cause l'adhésion simple de ces sui faces, ou les autres altérations dont il a été question.
Quoi qu'il en soit, les causes de l'ankylose sont nombreuses , puisque tout ce qui peut altérer le poli des surfaces articulaires , faire cesser la sécrétion de la synovie, diminuer la souplesse des ligamcns ou des parties molles qui environnent une articulation , gêner les mouvemens des tendons ou des muscles, etc , peut, ou empêcher tout-à-fait les surfaces articulaires de glisser l'une sur l'autre, ou tout au moins apporter une gène considérable dans leurs mouvemens.
Une circonstance importante à la formation de l'ankylose, et sans laquelle elle ne peut en général s'établir, est l'immobilité de la partie. Cette condition est même tellement puissante . (ju'elle seule peut déterminer la maladie. On en n un exemple dans ce qui arrive aux fakirs iiidieus qui , dit-on , se condamnent, par esprit de pénitence , à rester immobiles dans certaines attitudes, quelquefois pendant plusieurs années , et dont les membres se trouvent au bout de ce temps , ankylosés dans la position où ils ont été maintenus. Dans nos climats , on a souvent des preuves de l'eTicacité de celte cause , chez les personnnes atteintes de fractures aux membres. Par l'effet de l'immobilité dans laquelle on tient la partie , et qui est nécessaire à la consolidation . les bourses synoviales sécrètent moins, les capsules fibreuses et les ligamcns qui assujettissent l'articulation acquièrent une rigidité à laquelle participe le tissu cellulaire ambiant, les gaines des tendons se dessèchent , et toutes ces causes opposent aux contractions des muscles , affaiblis eux-mêmes par une longue inaction, une résistance qu'ils ne peuvent quelquefois plus surmonter. Si , dans ces cas , on essaie de faire exécuter de force quelques mouvemens aux surfaces articulaires et de vaincre ainsi l'obitacle qu'opposent aux mouvemens la rigidité et la sécheresse des parties , on l'on échoue, ou l'on n'y parvient qu'en provoquant intérieurement un craquement profond , indice de quekjiie rupture ou tout au moins de la rudesse des frotlcmens , et , dans les deux cas , on détermine les douleurs les plus aiguës. Toutes les causes qui s'opposent pendant long-temps aux mouvemens d'une articulation , peuvent avoir le même rcrultal. C'est ainsi qu'on voit quelquefois 1