ANTHRAX
liait nécessaire dans les cas où ils auraient pu échapper à l'empoisonnement tenté sur eux, se rétablir et continuer leurs ravages.
Plusieurs moyens ont été vantés comme anlhelmintiques , parmi lesquels on remarque que le plus grand nombre a été proposé contre les tœnias , qui sont les plus opiniâtres de tous. Les ascarides lombricoïdes et vermiculaires, outre qu'ils produisent rarement des accidens graves , sont en général faciles à expulser. Tous ces remèdes rentrent dans la théorie exposée plus haut , et se composent de spécifiques, ou supposés tels, ayant une action spéciale et vénéneuse sur les animaux parasites , et de purgatifs. Ces deux ordres de moyens, combinés de mille manières, se trouvent constamment dans tous les [traitemens proposés jusqu'à ce jour , et se trouveront nécessairement dans ceux qu'on pourra proposer à l'avenir. Il est une pratique qui se représente jdans plusieurs méthodes et dont le motif n'est pas expliqué ; elle consiste à ijadministrer, avant le remède , certains alimens, une panade par exemple, jll nous semblerait plus rationnel de mettre pendant quelques jours les malades jà la diète , afin de vider le canal alimentaire de tout ce qui pourrait annuler jou affaiblir la vertu du médicament.
Les anlhelmintiques les plus connus sont l'ail, la cévadille, la mousse de Corse, la fougère, l'écorce de grenadier, l'huile animale , l'huile essentielle de téréhenthine, l'huile de ricin. La plupart des amers jouissent de la propriété vermifuge. Les huiles fixes, qui asphyxient les vers en bouchant leurs braur jchies , partagent cette propriété , et l'huile de ricin présente , sous ce rapport, jun double avantage. Les purgatifs acres peuvent également entraîner au-dehors les vers intestinaux , et peut-être aussi les tuer à raison des principes irritans qu'ils renferment. Le vin , l'alcohol et l'éther agissent aussi d'une manière ïtrès-utile. On a vanté l'étain granulé et divers autres remèdes dont l'eliicacité lest beaucoup moins certaine. On connaît les divers remèdes proposés contre le tœnia, celui de madame Nouffer , qui consiste dans l'emploi de la poudre [|de fougère et des purgatifs ; celui de Bourdier, plus rationnel, se compose 'd'un mélange d'huile de ricin et d'èlher sulfurique aduiinistrés simultanément par la bouche et par l'anus, de façon que les vers ne puissent échapper à l'action du remède; celui d'Alston, enfin , qu'il n'est autre que l'étain réduit ;en poudre et en élecluaire, et donné de concert avec des bols purgatifs. (Voir ^es articles Ail , Cévadille , Etain , Fougère , Grenadier , Mousse de Corse ÎToEKiA , Vers, etc. ) ( F- Ratier. )
ANTHRAX, s. m., de «vê^a?, charbon. Tumeur inflammatoire du genre de celles que l'on a nommées perpendiculaires de la peau , accompagnée d'une douleur brûlante , et qui se termine toujours par gangrène. Ces deux circonstances, la sensation d'une douleur brûlante , et la nécessité de la mortiîîcalion des parties enflammées , se rencontrant encore dans les tumeurs pestilentielles et dans certains phlegmons essentiellement gangreneux, les auteurs U sont crus autorisés à leur appliquer aussi la dénomination d'anthrax. Seulement, comme ils sont accompagnés de symptômes beaucoup plus alarmans , ion les a appelés du ijom d'anthrax malin par opposition à la maladie qui nous joccupe et que l'on a nommée anthrax bénin. M. Dupuytren le premier a fait voir que ces affections n'ont entre elles qu'une fausse analogie, et que tandis [que la gangrène dans les tumeura charbonneuses et pestilentielles est une suite lecessaire de la nature du mal , elle ne dépend dans l'anthrax bénin que de ia texture des parties affectées. Il est donc nécessaire de ne plus confondre ians une même appellation des affections si différentes : en conséquence, les •umeurs essentiellement gangreneuses seront décrites au mot Charbom. Dans J;et article il ne sera question que de celles auxquelles ou doit réserver le nom a'anthrax proprement dit.
I L'anthrax consiste dans l'inflammation de plusieurs des prolongemens que |e tissu cellulaire sous-cutané envoie dans les aréoles fibreuses du derme, pour kccompaguer les vaisseaux et les nerfs qui se portent de la face profonde à la l'ace superficielle de celui-ci , où ils concourent à former lu couche nervoso- Banguine de la peau. Cette tumeur ne diffère du furoncle qu'en ce que celui-ci est le résultat de l'inflammation d'un seul de ces prolongemens celiuleu.K dont 1 vient d'être question , tandis que dans l'anthrax l'irritation infljmmatoire hn attaque en même temps un groupe plus ou moins considérable. Dans les leu.x cas ,-la maladie se termine par la formation et la chute d'une escan e , ou bourbillon , formée, d'une part, aux dépens du tissu cellulaire enflauimé , et [l'autre part, aux dépens des cloisons fibreuses qui séparent les aréoles du [ierme : la mortification du premier est le résultat de la résistance qu'oppose le [issu fibreux du chorion à ce qu'il puisse se gonfler en liberté , et par consé- ]aent de la compression et de Yélranglement qu'il éprouve ; la mortification les parois des aréoles du derme dépend au contraire de la distension à laquelle 'lies sont soumises par le tissu cellulaire qui fait effort pour se gonfler; il y a [angrène^ar compression des parties contenues, et gangrène par distension des )arties contenantes.
De même que le furoncle, l'anthrax affecte de préférence les lieux où la peau i le plus d'épaisseur, c'est-à-dire la nuque , le dos , les fesses, le ventre , les lisselles, les aines et les cuisses. Ordinairement il n'en existe qu'un seuljpluieurs peuvent cependant se développer en même temps : j'ai vu un malade qui :n était tout couvert, et qui a succombé à la maladie. Le volume de l'anthrax Mrie ; les plus petits se confondent avec les gros fiironcles. J'en ai vu un qui [Couvrait presque tout le dos et qui formait une saillie de six à huit pouces à lion sommet.
Causes. — Les causes de l'anthrax se trouvent dans tout ce qui peut irriter !a peau. Ainsi, l'application et le séjour sur cet organe de corps gras qui meuvent s'y rancir,rusage des onguens gras etirritans appliqués ou administres jja frictions j l'irritation entretenue par la présence long-temps prolongée d'un
vésicatoire, d'un séton, d'un cautère , d'une plaie, d'un ulcère , de la gale ou de dartres ; et surtout la malpropreté et une nuance' particulière d'irritation gastrique , sont les causes qui déterminent ordinairement son invasion.
M. Dupuytren a divisé la marche de l'anthrax en quatre périodes , qu'il appelle périodes d'im'asion , de suppuration , de détersion , et de cicatrisation.
La première période est assez souvent annoncée par l'inappétence , la soif, l'enduit muqueux ou jaunâtre de la langue , avec ou saris rougeur de sa pointe et de ses bords , un malaise général, quelquefois une tlouleur épigastrique , la chaleur de la peau , l'accélération du pouls et les autres signes d'embarras ou d'irritation gastrique. Dans d'autres cas, la tuDieur apparait sans que ces signes aient précédé. Elle est circonscrite , hémisphérique , dûre , tendue , d'un rouge livide et luisant , et elle est accompagnée d'une douleur vive et brûlante et d'un sentiment de tension considérable. L'inflammation fait des progrès pendant huit à dix jours , et lorsqu'elle acquiert un certain degré d'intensité elle réagit sur les organes intérieurs. D'où résulte l'exaspéralion des symptômes gastriques , où leur manifestation s'ils n'existaient déjà.
La seconde période s'étend du dixième au vingtième jour environ. Pendant sa durée la suppuration s'établit , et les parties celluleuses et fibreuses enflammées sont frappées de gangrène. La couche iiervoso-vasculaire de la peau , enflammée et amincie , se perfore du dedans au dehors d'un plus ou moins grand nombre de petites ouvertures dont chacune correspond au sommet d'une des aréoles pyramidales du derme , et par lesquelles on fait sortir en comprimant l'anthrax sur les côtés autant de gouttelettes de pus, qui se réunissent ensuite pour former une nappe continue. Bientôt ces ouvertures s'agrandissent , les intervalles qui les séparent dis|)araissent , et elles finissent par se confondre en une seule qui occupe la place de la presque totalité du corps ]iapillaire adhérent à la tumeur. On voit alors à découvert l'escarre résultant de la mortification des flocons celluleux et des cloisons fibreuses des aréoles du derme ; elle est mollasse , grisâtre, épaisse, baignée et impj-égnée de pus, et elle exhale une odeur fétide particulière. Vers la fin de cette période , la douleur , la chaleur générale, l'accélération du pouls , la soif et le malaise général diminuent , h moins que d'autres tumeurs du même genre ne menacent de se développer.
La troisième période s'étend du vingtième au trentième jour environ. La suppuration devient de plus en plus abandante. La pression exprime le pus qui baigne l'escarre, et qui sort principalement du pourtour et du fond de l'ulcère; enfin , l'escarre se cerne, se détache par lambeaux, et tombe, en laissant à découvert une large plaie avec perte de substance , au fond de laquelle on voit quelquefois les aponévroses dénudées , ou même percées d'ouvertures qui conduisent à des clapiers situés au-dessous , et par lesquelles s'échappe du pus. La peau qui forme les bords de l'ulcère est livide, bleuâtre, décollée, quelquefois tellement amincie qu'elle n'est plus susceptible de se réunir au.x parties sous-jacentes.
La quatrième période n'a pas de durée fixe ; elle dépend de l'étendue de la perte de substance éprouvée par la peau. Lorsque les bords sont tellement amincis qu'Us ne peuvent se recoller, la cicati'isalion est iuipossible, et il faut ramener ia solution de continuité à des conditions meilleures, (/^oj-es Ulcères.) Dans le plus grand nombre des cas la peau se recolle et se réunit auxbourgeons celluleux et vasculaires qui s'élèvent du fond, et la cicatrice s'opère, tant par le rapprochemei t des bords de la solution de continuité, que par formation d'un tissu cutané nouveau.
Le proguostic de l'anthrax dépend du volume et du nombre de ces tumeurs. Quand il n'y en a qu'une et qu'elle est peu volumineuse , il u'est pas gi ave en général ; mais quand il en existe un grand nombre , ou qu'une seule existant, elle est très-volumineuse, la vie du malade peut être compromise, soit immédiatemment, par l'effet de la violence de la gastro-entérite qui précède ou accompagne la phlegmasie cutanée et qui l'augmente ou est augmentée par elle, soit consécutivement, par suite de l'épuisement amené par une suppuration abondante et interminable.
On doit se proposer pour but dans le traitement de l'anthrax, de faire avorter l'inflammation pour prévenir la gangrène et la destruction des parties, quand on est appelé à traiter la maladie dès son début. Les sangsues appliquées en grand nombre et dont on laisse long-temps saigner la piqûre, l'usage des catasplasmes émoUiens , et les bains de même nature, secondés d'un régiuie approprié, ont quelquefois réusssi , mais il faut en général peu compter sur ces moyens. Le plus sûr consiste h débrider la tumeur à l'aide d'incisions qui la divisent de son sommet à sa base. Le nombre de ces incisions varie comme le volume de la tumeur : le plus petit anthrax doit être divisé par une incision cruciale; à mesure que le volume en devient plus considérable, ou multijdie les incisions qui toutes doivent se croiser à son centre et la diviser en étoile; on peut ainsi en faire jusqu'à six ou huit. Ces incisions constituent de véritables débridemens qui font cesser l'étranglement , en même temps que l'écoulement de sang qu'elles provoquent diminue l'inflammation ; elles facilitent la sortie du pus déjà formé, et la chute des flocons celluleux déjà frappés de mort; elles préviennent la gangrène de la peau ; elles font cesser très-jirompteraent la douleur locale et les accidens sympathiques, et elles abrègent singulièrement la durée do la cure.
Les soins consécutifs consistent à faire , pendai;t les premiers jours qui suivent l'opération, des pressions méthodiques qui expulsent le pus et les bourbillons détachés, et à recouvrir la partie malade de plumasseaux de charpi« enduits de quelque onguent détersif, comme le digesiif simple ou le styrax , ou
ANTIMOINE
imbibés de quelque liqueur tonique ou antiseptique, par-dessus lesquels on place un cataplasme émollient. Le même traitement convient, moins les incisions, lorsque l'on n'a été appelé qu'après les premières périodes de la maladie. Dans ces cas, on peut encore retirer un grand avantage de l'usage du chlorure d'oxide de sodium.
Quoi qu'il en soit, quand la plaie est complètement détergée , on la panse cumuie une plaie simple avec perle de substance. Le traitement interne varie.
Quand l'anthrax a précédé le développement de l'irritation gastro-intestinale, celle-ci cesseen général avec l'inflammation locale, et il ne faut que tenirlemalade à uu régime un peu tenu, età l'usage des boissons délayantes et acidulées.
Lorsqu'au début de la maladie, la langue, sans être rouge à sa pointe et à son limbe, est recouverte d'un enduit jaune ou muqueux, que la bouche est amère, qu'il y a de l'inappétence, des nausées, qu'en même temps il n'existe ni soif, ni douleur épigastrique, ni fréquence du pouls, ni chaleur considérable à la peau , on peut administrer avec avantage un vomitif seul ou suivi d'un purgatif doux : mais quand , soit au début , soit pendant le cours de la maladie, la langue devient rouge à sa pointe et à ses bords, qu'elle est sèche, qu'il y a de la soif, de la sensibilité à l'épigastre, de la chaleur à la peau, de la fréquence et de la dureté dans le pouls , il faut préférer à ces moyens l'abstinence complète des alimens, les boissons délayantes acidulées ou gommées, les lavemens émolliens, auxquels même on doit joindre , dans quelques cas, l'emploi des saignées épigastriques , et il faut continuer ce traitement pendant tout le temps qu'il existe des symptômes d'irritation gastro-intestinale.
( L.-J. Sahsok. )
ANTHROPOPHAGIE. Fojez Ahésation mentale.
ANTI , dea'vTi, contre. Placée au-devant des adjectifs tirés du nom des maladies , la préposition a/ju' sert à désigner les médicamens appropriés au traitement de ces maladies. C'est ainsi , par exemple , qu'on appelle aiiiiphlogisti- (fues les moyens par lesquels ou combat les maladies inflammatoires. Sous ce rapport, le mot anti est vj'aimcut synonyme de remèdes, ou médicamens , ou agens thérapeutiques ( vojez ces mots ). L'expression anti est quelquefois employée pour indiquer des remèdes qui ont une vertu constante et spéciBque , contre telle on telle maladie, ou même contre le type des maladies. C'est dans ce sens qu'il faut entendre, par exemple, les mots anticancéreux , antidartretix , antisrphilitiques , antipériodiques, etc. On exposera , à l'article Spécifiques, ce qu'il faut penser des médicamens si nombreux auxquels on avait accordé la propriété de guérir les maladies, en neutralisant pour ainsi dire leur cause productrice. Une expérience et une observation éclairées ont singulièrement diminué le nombre des médicamens de celte catégorie ; mais elles ont consacré les vertus de quelques-uns d'entre eux. C'est de la connaissance plus positive de la nature intime des maladies , qu'il faut attendre une réforme salutaire dans la nomenclature et la classification des médicamens en général.
( J. BOUILLAI'D. )
ANTI-APHRODISIAQITES, ou Aktaphrodisiaques , adjectif pris substantivement. Les anciens donnaient ce nom à des médicamens qu'ils considéraient comme propres à diminuer l'énergie génilale, soit qu'elle se trouvât acridentelleraent accrue par suite d'affection morbide, soit qu'elle fût naturellement développée au point de nuire à l'individu. Plusieurs substances passaient pour être douées de celle propriété spéciale , et notamment le camphre et le nénuphar; mais, malgré toutes les assertions consignées dans les traités de matière médicale , rien n'est moins prouvé que ce fait. On ne peut guère modifier les organes de la génération que d'une manière indirecte, soit qu'il s'agisse de les exciter, ou bien au contraire de les réprimer; car les applications locales n'ont pas une bien grande eflicacité ni dans un sen.s , ni dans l'autre. C'est par les débililans généraux, par les saignées abondantes, l'abstinence ou un régime peu substantiel, les bains tièdes , et le violent exercice des organes musculaires, qu'on parvient h éteindre le feu de la chair. Ces moyens doivent être employés d'une manière d'autant plus énergique que l'exaltation de la sensibilité génitale se lie à un état morbide. ( Voyez Suljrriasis, Fureur utérine.
Il n'y a donc point d'antiaphrodisiaques à proprement parler, pas plus que d'aphrodisiaques ; c'est-à-dire, de moyens propres à exciter ou à réprimer direcment et d'une manière spécifique l'activité des organes génitaux. Ce n'est que par les moyens généraux que fournissent l'hygiène et la thérapeutique qu'on peut parvenir à leur imprimer les modifications désirables. ( F. Ratier. )
ANTIDOTE. Fojez Poison.
ANTILAITEUX. Fojez Ablactation.
ANTIMOINE. RÉGCLE d'antimoine, n/j«('moniwn ou stibium. (Chimie pharmac .) L'antimoine est un métal d'un blanc bleuâtre, très-éclalant, lamelleux et cassant. Le culot entier offre ordinairement h sa surface une cristallisation ébauchée , disposée en étoiles ou en feuilles de fougère. Il pèse 6,70, se fond à la chaleur rouge , et cristallise facilement par le refroidissement.
L'antimoine , exposé à une forte chaleur dans un creuset recouvert d'un autre renversé et percé à son fond , se volatilise peu à peu , s'oxide et se condense dans le creuset supérieur en une poussière blanche ou en cristaux aiguillés, que l'on nommait autrefois Jleui s argentines d'anlinimnc. Cet oxide est fusible au feu , volatil lorsqu'il a le contact de l'air, un peusolidjle dans l'eau, et vomitif.
L'antimoine traité à chaud par l'acide sulfurique concentré , se convertit en un sous-sulfate qui perd tout son oxide par une forte chaleur cl se change en un simple oxide semblable à celui dont il vient d'ctre question (protoxide ). Traité par l'acide nitrique, il se convertit en un deutoxide blanc, insoluble dans cet acide. Il est inattaquable parl'acide bydrochlorique, à moins qu'il n'ait en même temps le contact de l'air.
272) ANTIMOINE. '
L'antimoine peut former un troisième oxide encore plus oxigéné , étantj | chauffé dans un creuset avec un excès de nitrate de potasse. L'acide nitrique i cède son oxigène à l'antimoine , et l'oxide formé, que M. Berzelius nommeactrfe; i antimonique , reste combiné à la potasse; on peut l'en séparer par les lavages ài i l'eau et ensuite par l'intermédiaire d'un acide. -Il est blanc, non volatil , mais| I susceptible de perdre une partie de son oxigène au feu et de se changer en deu-j j toxide. i L'antimoine se combine à la plupart des autres corps simples non métalliques! ) ou métalliques; de ces composés, le chlorure et le sulfure sont les seuls) j usités en médecine ; mais il en existe beaucoup d'autres d'ime nature plus coin-> i pliquée , tels que le verre d'antimoine { oxisulfure d'antimoine vitreux ), lé ] crocus (oxisulfure d'antimoine opaque), le kermès minéral { sous-hydrosulfale J d'antimoine), le soufre doré d'antimoine (sous hydrosulfate sulfuré d'anli- i moine ), le tartre émétique ( tartrate de potasse et d'antimoine ), etc., qui ont joui d'une grand réputation médicale, que quelques-uns conservent encore. Nous I les rangerons ici,àla suite du métal qui leur imprime à tous une propriété éme'- j tique ou tirastique plus ou moins marquée. Quant à l'antimoine lui-même, il est I .banni delà thérapeutique moderne. Autrefois on en formait des espèces de ( balles , dites pilules perpétuelles , auxquelles on attribuait la propriété de pur- i ger les humeurs, mais que l'on rendait telles qu'on les avait prises. On en for- ! mait aussi des tasses dans lesquelles on laissait séjourner du vin que l'on prenait ; ensuite comme émétique ou purgatif. Il est facile de concevoir que l'in-^ I fidélité d'une pareille préparation en ait fait abandonner l'usage. j
( GUIBOURT. ) I
ANTIMOINE { chlorure d'). Ce composé , nommé autrefois beurre d'anti- \ moine , est solide , blanc , transparent, fusible à une légère chaleur et Irès-vola | j til; on le distille avec facilité dans des vases de verre. Il attire avec une grandtj i force l'humidité de l'air , qui le convertit en un liquide oléagineux et très-caus-J I tique. Lui-même est d'une causticité extrême, désorganise sur-le champ les ma.: ] tières animales et charbonne les substances végétales. Une grande quanlitiji d'eau le décompose instantanément en hydrochlorate très-acide d'antimoine qu j ' reste dissous , et en oxi-chlorure d'antimoine qui se précipite. Cet oxi-chloi i rare, qui est d'un blanc parfait, étant bien lavé , forme ce qu'on nommait autre i fois la poudre d'algaroth ou le mercure de vie. C'est un émétique violent quj ! n'est plus usité. j !
Pour préparer le chlorure d'antimoine, on fait un mélange de trois partiel i de deuto-chlorure de mercure et d'une partie d'antimoine métallique pulvérisé ( On introduit ce mélange dans une cornue de grès à laquelle on adapte un réci i pient, et l'on chauffe graduellement dans un fourneau à réverbère, de manier i à faire distiller le chlorure d'antimoine, qui vient se solidifier dans le réci i pient. Le mercure reste dans la cornue. On purifie le chlorure par une second j '. distillation. j.;
Le chlorure d'antimoine est usité surtout pour cautériser les plaies qui résu! i I lent de la morsure des animaux enragés. ( Voyez Caustiques.) (Guibourt.) j ;
ANTIMOINE {foie d ). Composé anomal obtenu en faisant détoner, dan: ( un creuset , des qtiantites égales de sulfure d'antimoine et de nitrate de potasse i ( alors , par la décomposition de l'acide nitrique , il se forme de l'acide sulfuriqu ! ': qui s'unit à la potasse, du deutoxide d'antimoine qui se combine au mêm] i alcali, du protoxide d'antimoine qui s'unit au sulfure non décomposé ; enfi: j \ une partie de soufre s'unit à du potassium réduit, et constitue du sulfure dij polassiiMii. Le foie d'antimoine est donc un mélange de sulfate de potasse , d ' sulfure de potassium, d'antimonite de potasse et d'oxi-sulfure d'antimoine. Olj , l'employait autrefois dans la préparation d'un grand nombre de composé j i< pharmaceutiques, et notamment dans celle du vin d'antimoine et du taHr \ \ émétique ; on conçoit sans peine combien ces médicamens , ainsi préparés | e devaient offrir de variations dans leurs effets; aussi les obtient-on aujourd'hi; I d'une tout autre manière. (Guibourt.) |,
ANTIMOINE (oxides d' ). Ainsi que nous l'avons dit à l'article Antimoibi; i ce métal est susceptible de trois degrés d'oxidation bien déterminés. Le pce | ^ mier ou le protoxide peut s'obtenir par sublimation (/leurs d'antimoine) , o| en calcinant le sulfate au feu , ou en décomposant le chlorure d'antimoine pa-l i l'eau et les alcalis. C'est ce même oxide qui existe dans le verre d'antimoine ] i combiné au sulfure; dans la poudre d'algaroth, combinée au chlorure ; dans)' ii kermès minéral^ uni à l'acide hydrosulfmique ; dans l'émétique , etc. j i
Le deutoxide s'obtient en oxidant l'antimoine ou le chlorure d'antimoine pal 1 l'acide nitrique. On l'employait autrefois en médecine sous le nom de bezoar\ >, misera/; il est tout-h-fait inusité aujourd'hui.
Le triloxide ou acide antimonique , s'obtient en décomposant l'antimonial 1 de potasse par un acide. Il était autrefois nommé matière perlée de Aerkrif l '
gius. (GUIBCJRT.) i I
ANTIMOINE (oxi-sulfures d'). On nomme ainsi des corps qui résultentd J la combinaison, en diverses proportions, du protoxide et du sulfure d'aoti ! i moine ; les deux principaux sont le verre d antimoine et le crocus des véltj * rinaires. ' '
Le verre d'antimoine s'obtient en faisant fondre dans un creuset le mélanj ( gris d'oxide et de sulfure , qui provient du grillage du sulfure d'antimoine ni i turel ; par la fusion et le contact prolongé de l'air , la plus grande partie du su ( fure qui avait échappé au grillage se convertit en oxide ; et, de plus, celui-ci j en raison de l'élévation de température , attaque le creuset et en dissout la sili< I qui lui donne la propriété de rester transparent lorsqu'il se refroidit. Quand o i s'aperçoit qu'il a acquis cette propriété , on le coule sur une plaque de pien " ou de fonte. En définitive , le verre d'antimoine contient beaucoup d'oxif I d'antimoine, peu de sulfure , une certaine quantité de silice , un peu d'alumir i\