‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 76 sur 234 · ARSENICALE (PATE · texte numérisé non relu

ARSENICALE (PATE

arsenieux dans l'eau. Cette dose fut répétée quinze minutes après, et l'animal mourut au bout de trente-cinq minutes. On fit mordre un autre chien sous le nombril ; et sur-le-champ ou lui fit avaler un quart de grain d'acide arsénieux dissous dans un mucilage. Au bout de quinze minutes, on répéta la dose et on assure quesix heures après l'animal était encore en vie. [Journal d'Edimhourgi tom. 18 , pag. 231. ) Mais on a objecté que le coluher carinatus dont il est parlé dans les observations de M. Ireland, était regardé par quelques naturalistes , comme non vénéneux, et que les expériences de M. Ranken, peu nombreuses et non concluantes, étaient tout au plus de nature à provoquer de nouvelles recherches. Déjà J. Hunter avait assuré, d'après une médecin anglais (Moodic), que l'acide arsénieux, seul ou associé au datura stramonium, était employé depuis long-temps , avec succès, dans les Indes orientales , contre Vliydrnpliobie et la morsure des serpens ; et d'après cette tradition , il avait conseillé d'administrer cet acide, dans la rage, à dose double de celle qu'on emploie ordinairement dans les fièvres intermittentes. Zinke a cherché à examiner cette question par la voie de l'expérience. Il prit de la salive d'un chien enragé , et après l'avoir mélangée avec une forte solution d'acide arsénieux , il l'introduisit dans trois plaies qu'il pratiqua sur un chien ; deux heures après celle insertion , les plaies furent humectées avec la solution arsenicale. L'animal n'éprouva par la suite aucun sj^mptcime de rage. Zinke assure en outre , qu'ayant été appelé à traiter cinqpersonnes mordues par un chien enragé, il a appliqué, avec succès, sur les plaies, une pommade arsenicale en même temps qu'il a fait prendre le phosphore à l'intérieur. Le D'' Lofller, de Vitepsk, a également conseillé les lotious avec une solution d'acide arsénieu.x , moyen que rejette , comme dangereux , M. Ch. Mayer. Tant que les résultats de ces expériences n'auront pas été confirmés par de nouvelles tentatives faites sur les animaux , la cautérisation ou Yablation des parties infectées par la salive doit être préférée à une pratique aussi incertaine,

§. XVIII. L'arsenic , suivant Harles , peut être utile dans Xhydropisie asthénique , invétérée et sans fièvre, surtout si elle est consécutive à une fièvre intermittente. Un berger, âgé de vingt-sept ans, était alteint d'une fièvre tierce, d'obstruction dans les viscères abdominaux , d'une leucophl egmatie générale avec des taches scorbutiques, et ne pouvait plus ni se lever ni prendre d'aliœens solides. M. Fodéré ordonna l'arséniate de soude à la dose de 3/8 de grain par jour; dans peu de jours les urines coulèrent abondamment, la Jièvre et l'enflure disparurent , et en moins de trois mois le malade fut parfaitement guéri. M. Fodéréa traité avec le même succès et par le même remède un homme replet, affecté A" œdème aux membres inférieurs , et d'un asthme suffocant. Un habile apothicaire de Narbonne, cité par M. Desgranges, assure qu'on vendait , dans son pays , des pilules composées d'un tiers à un demi-grain d'oxide d'arsenic blanc , et d'un demi-grain de verre d'antimoine , avec six grains d'extrait de coloquinte, et qu'elles étaient employées, avec succès , dans les hydropisies ascites. Elles faisaient rendre, en moins d'un quartd'heure, sans causer aucune douleur ni colique, desselles extrêmement abondantes de matières fécales , délayées dans beaucoup de liquide. Dans le traitement de l'hydropisie , on a également employé en frictions l'arsenic uni à du savon, et on l'a appliqué dans la paume de la main, incorporé dans un emplâtre. Je n'ai pas répété ces tentatives : mais Harles , grand partisan des préparations arsenicales , a expérimenté l'acide arsénieux dans trois cas , et sans succès. Le premier était un jeune homme de vingt ans atteint d'une ascite , et chez lequel l'acide arsénieux à la dose de 1/7 et de 1/8 de grain , continué pendant cinq à six jours, ne produisit d'autre effet que quelques évacuations al vines ; le second était celui d'une pauvre femme enceinte , atteinte d'ascite et d'hydrothorax , chez laquelle on fut obligé de suspendre le remèdeaprès trois ou quatre doses de 1/15 etde I/I3 de grain d'arsenic , ob dolores colicos grai'iores cum auxie.tate et f rigore fere sjncopiicos. Fodéré, Desgranges, Loi-dat et Hccker ont rapporté plusieurs exemples de guérisons d'hydropisie obtenues par l'acide arsénieux combiné avec les amers et les purgatifs; la plupart de ces hydropisies étaient survenues à la suite de fièvres d'accès. Les hydropisies sont des maladies si rebelles que je conçois qu'on essaie quelquefois de les combattre par un remède aussi dangereux; mais je crois devoir rappeler ici un précepte donné par ceux qui en ont préconisé les effets : c'est qu'il ne faut pas persister long-temps dans son usage , lorsqu'il ne détermine ni flux d'urine , ni évacuations alvines , suivies de soulagement. J'ajouterai même que F. L. Bang, a rapporté une observation de liydrope ingesto arsenico ( Soc. med. Hafniensis , coUect. 1 , pag. 307) , et que John Aslbury a publié un fait analogue dans le Journal de médecine d'Édimbourg, tom. 15, pag. 415.

^. XIX. Ce que j'ai dit, comme ce qui va suivre, prouve que la plupart des expérimentateurs qui ont fait usage des préparations arsenicales, se sont attachés à les essayer dans des maladies qui, par leur gravité, semblaient réclamer les remèdes les plus énergiques. On assure que dans la peste de Londres , on portait sur le cœur des amulettes d'arsenic pour se préserver de l'infection , et que des accidens graves résultèrent , chez plusieurs individus , de l'absorption de celte substance. Papon rapporte que dans la peste de Marseille, ou fit dans les maisons des fumigations avec l'acide arsénieux, mais que Chirac les fît cesser en en démontrant les dangers. Dans l'Amérique septentrionale, on a même traité ]a phthisie pulmonaire avec la solution de Fowler. Girdiestone ne craint pas d'avancer que ce remède, loin de provoquer la phthisie , et de faire naître la consomption , peut au contraire la prévenir , lorsqu'il est donné à doses convenables. Beddoës assure avoir préservé , pendant six à sept ans , les restes d'une famille atteinte de cette maladie, en leur faisant prendre la solution de Fowler; deux sœurs étaient mortes de la phthisie , et les autres enfans en éprouvaient déjà les symptômes. Ces essais ont été peu goûtés, elle succès de Beddoés a

compté bien des incrédules. Pour mon compte , je n'ai point osé répéter cetti! expérience , dans le crainte de hâter le développement de l'entérite qui sur vient presque toujours dans le cours de la phthisie, ou de l'aggraver lorsqu'elle existait. Le docteur Physick assure avoir guéri , à l'aide de ces préparations un mal de hanche scrofuleux et ulcéré. Sir Hans Loane en vante aussi les bons effets dans de semblables conditions, et le docteur Otto publia, on 1805. trois observations sur les avantages de la solution de Fowler, dans le traiteraen des ulcères de mauvaise nature ; enfin Girdiestone l'a recommandée pour dé-', truire les ascarides , et expulser le r/er solitaire.

En résumé , il résulte des recherches et des expériences auxquelles je me sui; livré : 1» que les préparations arsenicales sont des remèdes énergiques dont l'action porte surtout sur les organes digestifs et le système nerveux, comme le démontrent incontestablement la plupart des observations publiées en faveur de ces remèdes , et comme il conste surtout du tableau que Fowler a présenté de leurs operative effects ; 2° que les préparations arsenicales doivent être! données d'abord , à l'iniérieur, à très-petite dose : à celle d'un 1/16 de grain , | par exemple, pris en une ou deux doses , pour un adulte; 3° que cette dose ! peut être portée graduellement jusqu'à 1/4, 1/6, ou 1 /8 de grain , mais trèsrarement au-delà , quoiqu'on en ait donné jusqu'à un grain , dose à laquelle il peut agir à la manière des poisons; 4° qu'avant d'employer de tels remèdes , il faut être bien certain que les organes digestifs sont dans un état d'intégrité parfaite, et non disposés à s'affecter d'une manière permanente, sous l'influence d'une médication stimulante, surtout si elle doit être prolongée; 5» que la prudence exige quelquefois qu'on administre soi-même ces médicamens, ou de j n'en confier aux malades que de petites doses à la fois ; 6° que leurs effets sur j les organes digestifs et le système nerveux doivent être tous les jours scrupuleusement surveillés; 7° que , pour peu qu'ils déterminent d'accidens , il faut i en diminuer la dose, ou en suspendre momentanément l'usage, et qu'il faut' renoncer à leur emploi , lorsqu'elles ocasionnent à la fois plusieurs accidens , tels que la constriction du gosier, des angoisses précordiales, des spasmes , j des vomissemens , de la diarrhée , etc. ; 8° que ce parti est préférable à celui i qu'on a conseillé , lorsqu'on a recommandé de chercher à combattre ces symp- j tômes par les narcotiques ; 9"> que la découverte du sulfate de quinine doit ' rendre leur emploi extrêmement rare dans les fièvres d'c(.ccès elles névralgies ^ intermittentes ; 10° que dans le traitement des maladies chroniques de la peau , i il ne faut y recourir que dans le petit nombre de conditions que j'ai indiquées ■ §. XII, et sans jamais perdre de vue que les opeiative effects de ces préparations, | d'abord sourds et lents, peuvent acquérir plus d'intensité, et provoquer le j développement des lésions plus ou moins graves; 12° enfin , que leurs effets , ; dans le cancer, les rhumatismes chroniques , les scrofules, la rage , la chorée , j le tic douloureux , Yangine de poitrine , Vépilepsie , la sj-philis ancienne, etc., ont été vagues , incertains , rarement avantageux , et quelquefois déplorables ; | et que s'il est permis de tout essayer avec prudence contre des maladies aussi ' rebelles , il y aurait témérité blâmable à persévérer long-temps dans l'emploi de remèdes aussi énergiques et aussi dangereux. :

TA. Fowler. Médical reports of ihe effects of arsenic in tlie cure of agues, rémittents fevers,^ ! and periodicUeadachs, in-8°. London , 1786. ]

Fodth-é. Recherches expérimentales sur la valeur des différens remèdes substitués au quinijuina , etc. , in-S". 1809. — Autres observations du même auteur, sur les préparations i ' arsenicales. (Journal complémentaire.)

C.-P. Harles. De arsenici usu in raedic, in-S". Bonn ., 1811. — Voyez aussi J.-!?. Gmelin. Apparatus medic, tom. 1, pag. 250-278 ; le Repertorium commentatunum de J,-D. Reuss [Mat. med , pag. 232 et suiv.). et les tomes 5 et 6 de VEdimburg medic. , and. sitrg: journal, j

(P. Rater.) 1

ARSENICALE (Pâte). On fait la pâte arsenicale avec les poudres du même j nom , parmi lesquelles les plus usitées sont celle du frère Cosme , celle de ! Pluncquet , et surtout celle de Rousselot , la seule presque qui soit maintenant ! en usage. ( /^o/ez Poudre. ) On délaie la poudre de Pluncquet avec un blanc d'œuf , et celles de frère Cosme et de Rousselot avec de la salive , ou mieux de de l'eau. Cette préparation ne doit êlre faite qu'au moment de l'application.

Il est nécessaire que la partie sur laquelle on veut appliquer la pâte arsenicale présente une silrface nue et unie : pour cela , on fera tomber les croûtes , qui, quelquefois , la recouvrent , soit par le moyen d'un cataplasme émollient qu'on y laisse séjourner pendant quelques heures, et qui les ramollit et les détache, soit en les soulevant pas leurs bords et en les arrachant avec une feuille de myrte ; ou l'on emportera d'un coup de ciseaux les végétations qui pourraient s'y trouver.

Le procédé suivant lequel on applique la pâte arsenicale est des plus simples. Il consiste à l'étendre uniformément, à l'aide d'une spatule, sur toute la surface à cautériser , de manière à en former une couche dont l'épaisseur varie depuis une demi-ligne jusqu'à une ligne et demie , et qui empiète légèrement sur la circonférence de cette surface. On recouvre cette couche avec une toile d'araignée, que l'on humecte légèrement afin qu'elle y adhère de toutes parts ainsi qu'à la peau. Celle substance contient le caustique et l'empêche de se répandre sur les parties voisines. Quand l'application est faite sur une partie qui n'est exposée à aucun frottement , comme à la face , par exemple , ce moyen simple suffit; dans le cas contraire, on préserve la couche de caustique des dérangemens qui pourraient être occasionés par le frottement des vêtemens , en plaçant par-dessus la toile d'araignée un plumasseau de charpie, une compresse et une bande.

L'action de la pâte arsenicale n'est pas la même chez tous les sujets. Dans la plupart des cas elle produit une douleur brûlante, accompagnée d'une fluxion inflammatoire assez considérable ; mais quelquefois il ne se fait séntir dans la

ARSENIQUE (ACIDE),

ARTERES (MALADIES DES).

partie qu'une espèce de fourmillement, et le gonflement est à peine marqué. Quoi qu'il en soit, la mortification des tissus s'opère eu général dans l'espace de quelques jours , mais l'escarre se détache au bout d'un temps variable. Tantôt elle tombe du dixième au vingtième ou au trentième jour, et laisse a .découvert une plaie ordinairement disposée à se cicatriser promptement. Le plus souvent, quand surtout l'on n'a pas été obligé d'employer d'autre contentif que la toile d'araignée , celle-ci, la pâte arsenicale, l'escarre, et les sucs desséchés qui se sont écoulés de la partie, forment une croûte épaisse , à la chute de laquelle on trouve la partie cautérisée recouverte d'une cicatrice de bonne nature.

Les soins consécutifs à l'application se bornent à empêcher que le caustique ne se déplace , et à la recommencer si , à la chute de celui-ci , on s'aperçoit que toute la maladie n'a pas été détruite.

L'emploi de la pâte arsenicale offre des avantages marqués sur celui de l'instrument tranchant; car souvent une seule application suffît pour déterminer la guérison , sans qu'il soit besoin de recourir à aucun pansement, et, quand , à la chute de l'escarre, on trouve une plaie d'un aspect tel qu'il ne soit point nécessaii-e de recommencer, cette plaie a une telle tendance à se cicatriser , qu'en quelques jours , et à l'aide de moyens fort simples , elle se trouve guérie ; enfin la cicatrice qui résulte de l'action de ce caustique est blanche , ferme , solide, épaisse, et beaucoup moins apparente que celle qui résulterait de l'ablation des tissus affectés.

Mais il est de la plus haute importance de distinguer les cas dans lesquels l'emploi de ce moyen est indiqué, sar son application intempestive peut avoir les inconvéniens les plus graves. C'est pour en avoir fait pendant long-temps usage sans discernement , que nos précédesseurs avaient jugé dangereuse l'application de la pâte arsenicale, et qu'ils avaient fini par la frapper d'une proscription qui a duré jusqu'à ce que, dans ces derniers temps , Sabaticr et MM. Dubois et Dupuyiren l'aient eu réhabilitée , en faisant connaître les cas où elle est spécialement applicable. On pense maintenant assez généralement qu'on doit s'abstenir de son emploi , toutes les fois que la surface que l'on veut cautériser repose sur un engorgement trop profond pour pouvoir être détruit en une, deux ou trois applications , au plus, et toutes les fois que cette surface est étendue ; parce que , dans le premier cas , elle partage avec tous les caustiques l'inconvénient d'exaspérer le mal qu'elle ne détruit pas promptement, et que, dans le second, il en faut mettre une quantité trop considérable en contact avec les bouches absoibantes , qui peuvent porter la substance vénéneuse dans les voies' circulatoires, et, par conséquent, dans l'économie, où elle détermine des accidens graves et même mortels. M. Roux a vu périr une jeune fille des suites d'un empoisonnement résultant de l'application de la poudre arsenicale sur une plaie d'un pouce à un pouce et demi de diamètre. On pense, au contraire, que cette préparation doit être employée pour arrêter les progrès de certains ulcères carcinomateux , de certains ulcères dartreux phagédéniques , et de certains ulcères stati onnaires , principalement de ceux qui , d'origine syphilitique , ont résisté au traitement approprié , et dont il est nécessaire de renouveler la surface ; mais il est de précepte de ne l'employer, même dans ces cas, que lorsque la maladie ne dépasse pas en profondeur l'épaisseur de la peau , et lorsque la surface que l'on veut cautériser a moins d'un pouce de diamètre , surtout si le malade est un de ceux chez lesquels l'absorption paraît fort active. Patrijc. L'arl d'employer la pâte arsenicale, in-S^. Paris , 1816.

, (L.-J. Sanson. )

ARSENIEUX (Acidè). Cet acide porte vulgairement le nom d'arsenic blanc ou même A'arsenic, tandis que le véritable arsenic prend ceux de cobalt ou de mort aux-mouùhes. Plusieurs chimistes aussi lui contestent son rang parmi les acides, et le nomment oxide blanc d'arsenic. Quoi qu'il en soit, ce corps, qui résulte de la combinaison de trois atomes d'oxigène avec un atome d'arsenic (24 du premier sur 76 du second), n'existe qu'en petite quantité dans le voisinage de certaines mines arsenicales, et tout celui du commerce provient du grillage des mines de cobalt arsenical , dans des fourneaux terminés par une longue cheminée horizontale. {Fojez Arsenic.) On le sublime une seconde fois dans des cucurbifes de fonte, surmontées d'un chapiteau de même matière.

L'acide arsénieux nouvellement fabriqué est sous forme de masses vitreuses et transparentes , incolores ou d'un jaune pale. Exposé à l'air , il ne tarde pas à devenir opaque , d'abord superficiellement, puis peu à peu jusqu'au centre , et alors l'acide, tout en conservant uif éclat vitreux, a pris la blancheur et l'opacité du lait; quelquefois aussi il devient tout-à-fait mat , friable et pulvérulent.

La cause de cette altération n'est pas encore parfaitement connue; mais elle influe d'une manière très-marquée sur quelques-unes des propriétés de l'acide arsénieux.

Cet acide, transparent, pèse 3,739; il est soluble à la température de 15 degrés centigrades dans 103 parties d'eau ; il se dissout dans 9 parties, 33 d'eau bouillante; son dissoluté rougit faiblement la teinture du tournesol.

L'oxide d'arsenic devenu opaque ne pèse que 3,695 ; il se dissout dans 80 parties d'eau à 15 degrés , et dans 7 p. 72 d'eau bouillante. Son dissoluté rétablit la couleur bleue du tournesol rougi par un acide.

Du reste cet acide , mis sur des charbons ardens, se volatilise en répandant une vapeur blanche d'une forte odeur alliacée , et peut se condenser, dans un entonnoir de verre, en une poussière blanche, soluble dans l'eau, dont le soluté forme avec l'acide hydrosulfurique un précipité jaune qui disparaît par l'ammoniaque; avec le sulfate de cuivre ammoniacal un précipité vertpié, et avec l'eau de chaux un précipité blanc. (Guibocrt.)

ARSENIOUE (Acide). Ce corps, formé par la combinaison de 5 atomes

d'oxigène avec l'alomed'arsenic, contient, sur 100 parties, 34,7 d'oxigène et 65,3 d'arsenic. Il est solide, blanc, très-soluble dans l'eau, avec laquelle il forme un soluté incolore , très-dense, rougissant fortement le tournesol. Il n'est pas précipité par l'acide hydrosulfurique , ce qui le distingue de l'acide arsénieux ; projeté sur les charbons ardens , il se réduit , partie à l'état d'acide arsénieux , partie à l'état d'arsenic métallique , et se volatilise en exhalant l'odeur alliacée de ce dernier.

On obtient l'acide arsénique en distillant dans une cornue de verre un mélange de 1 partie d'acide arsénieux, 2 parties d'acide hydrochlorique et 4 parties d'acide nitrique. L'acide arsénieux , dissous par l'acide hydrochlorique et oxigéné par l'acide nitrique, reste seul dans la cornue; on chauffe graduellement jusqu'au rouge, et on laisse refroidir. On renferme l'acide arsénique dans un vase bouché en cristal, en raison de sa déliquescence à l'air. (Gdibourt.)

ARSENITES. Corps résultant de la combinaison de l'acide arsénieux avec les alcalis ; un seul est employé en médecine , à l'état liquide , et sous le nom de liqueur arsenicale de Fowler ; on le prépare de la manière suivante. On fait bouillir dans un matras de verre 64 grains d'acide arsénieux, autant de carbonate de potasse pur et 16 onces d'eau. Lorsque la dissolution est complète, on la laisse refroidir, on l'aromatise avec une demi-once d'alcoholat de lavande , et l'on filtre.

Cette liqueur contient un 144c fie son poids d'acide arsénieux, ou 4 grains par once,-ou un demi-grain par gros. (Guibodrt.)

ARTÈRES (Maladie des). Destiné à porter le sang du cœur aux diverses parties du corps, le grand arbre artériel se présente au physiologiste comme une série non interrompue et décroissante de conduits passifs , extensibles , élastiques, dont la résistance est en raison directe de l'impulsion que le sang a reçue des ventricules. Dans l'état normal , il existe une admirable proportion entre la résistance et l'élasticité du système artériel et le choc qu'il reçoit ; et la différence d'épaisseur qui existe entre l'aorte et l'artère pulmonaire mesure exactement la différence d'épaisseur et de force contractile des ventricules gauche et droit; mais , dans beaucoup de cas, cet équilibre est troublé soit par un vice de conformation, soit par une altération organique; de là une foule de désordres. Si le système artériel est relativement trop faible , il y a diathèse anévrysmale; des dilatations auront lieu dans un grand nombre d'artères; si le système artériel est relativement trop fort, il y aura résistance insolite, dilatation, hypertrophie du cœur. Ce que je dis de la résistance s'applique également à la capacité : un système artériel trop vaste, relativement à la capacité du cœur, n'a pas moins d'inconvéniens qu'un système artériel trop rétréci. Mais ces vices de conformation congéniaux sont fort rares, comme tous ceux qui résultent d'un défaut de proportion et d'harmonie ; il arrive bien plus souvent qu'ils sont acquis.

Te me propose dans cet article de résumer 1" quelques-unes des conséquences pratiques qui découlent des formes et des connexions des artères ; 2o les principales lésions physiques et organiques des artères que je rapprocherai- de leur texture.

§. ï. Conséquences pratiques qui découlent des Jormes et des connexions des artères. — l" Des variétés anatomiques. — Aucun système d'organes n'est plus sujet aux variétés anatomiques que les artères, et bien que ces variétés portent en général sur l'origine plutôt que sur la distribution, il arrive néanmoins des cas où ces variétés trompent toutes les prévisions de l'homme de l'art et entraînent de graves accidens. Telle est l'origine des artères obturatrice et épigastrique par un tronc commun qui dépasse de huit à dix lignes de longueur pour l'opération de la hernie crurale; l'artère obturatrice est alors presque nécessairement coupée. Heureux l'homme de l'art si, à l'exemple de M. Boyer, il pouvait toujours arrêter l'hémorrhagie par une forte compression ! J'ai vu le tronc de la honteuse interne remplacer l'artère superficielle du périné. Lorsque j'étais élève, j'ai été sur le point d'ouvrir l'artère cubitale immédiatement sous-cutanée poui' la veine du même nom. J'ai vu l'artère et la veine sousclavière , accolées , passer au-devant du muscles scalène antérieur. On peut être appelé à lier l'artère fémorale chez un sujet qui présente la bifurcation de cette artère immédiatement au-dessous de l'arcade fémorale. Quelquefois les deux artères radiales manquent à la fois. Une erreur de diagnostic bien singulière est résultée , en ma présence, de celte disposition anatomique ; d'autres fois l'une etl'autre sont excessivement grêles; enfin, l'une est très-grêle , etl'autre d'un volume naturel.

2» De la forme cylindrique des artères et de la laxité du tissu cellulaire ambiant. — La forme cylindrique des artères , la laxité du tissu cellulaire qui les environne, leur permettent d'échapper à une foule de lésions. Combien, sans cette disposition, les déchirures ou ruptures d'artères ne seraient-elles pas plus fréquentes ! mais on conçoit que l'axillaire, la fémorale, doivent glisser sur les côtés delà tête de l'humérus ou du fémur qui se déplace ; l'artère brachiale est nécessairement rompue dans la luxation en avant de l'extrémité inférieure de l'humérus , avec déchirure des parties molles.

C'est par la même raison que les artères échappent si souvent , comme par miracle, à l'instrument piquant ou tranchant; enfin la laxité du tissu cellulaire ambiant a permis aux praticiens d'isoler complètement l'artère, non à l'aide d'instrumens tranchants, mais à l'aide d'instrumens mousses et inoffensifs. De ce grand perfectionnement apporté à la ligature des artères, il résulte qu'affranchi du précepte de ne lier une artère que lorsqu'une compression efficace pouvait être exercéé au-dessus d'elle, le praticien va poser ses ligatures jusque dans l'intérieur des cavités, partout où son doigt peut atteindre. La perte de la laxité du tissu cellulaire qui entoure une artère mérite d'être prise en grande considération. Aussi la ligature appliquée sur une artère, à la suite d'une inflamma-

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