ARTÈRES (MALADIES DES
tion qui a donné au tissu cellulaire une grande cohésion , est-elle singulièrement difficile , quelquefois presque impraticable.
3° Desflexuosités. — Par leurs flexuosités, les artères échappent aux éraillemens, aux déchirures, qui seraient inévitablement le résultat des mouvemens un peu étendus, des tractions exercées sur les membres ; d'une autre part , ces flexuosités ralentissant le cours du sang, la nature en'a été avare , et ne les a employées que dans une juste mesure. Si, sur un cadavre on met à découvert levaisseau principal d'un membre, l'artère axillaire ou l'artère fémorale, par exemple, et qu'on imprime à ce membre des mouvemens aussi étendus que possible, on voit les vaisseaux flexueux et lâches dans la flexion se distendre à la manière d'une corde dans l'extension; un degré de plus, et la rupture sera opérée ; mais ce degré n'arrive que dans la luxation. 11 y a bien long-temps qu'on a expliqué la fréquence des aaévrysmes du creux du jarret par les mouvemens forcés d'extension du genou et par le défaut de flexuosité de l'artère poplitée , et cette explication me paraît légitime.
4» Des anastomoses. — L'étude plus approfondie des anastomoses artérielles a inspiré aux chirurgiens cette heureuse audace qui les a portés à lier les plus gros troncs artériels. Fondé sur la persistance de la circulation après l'oblitération de l'aorte, Abernethy a placé une ligature sur l'aorte abdominale. Cette opération hardie n'a pas trouve d'imitateurs, non à cause de ses difficultés, car rien n'est difficile au praticien instruit et exercé , mais à cause des dangers de toute espèce dont elle est environnée. Le succès lui-même ne justifie pas toujours les entreprises téméraires.
5. Des connexions des artères. — A. Les connexions des artères avec les os permettent d'exercer sur ces vaisseaux une compression qui ralentit ou arrête complètement le cours du sang dans tout le membre ; et remarquez qu'à leur sortie du tronc toutes les artères principales répondent immédiatement aux os; d'où la possibilité d'amputer un membre sans héraorrhagie nota»ble , d'où la méthode du traitement des anévrysmes par compression ; l'aorte abdominale elle-même peut être comprimée sur la colonne lombaire : on connaît l'application qui vient d'être faite de cette donnée anatomique aux pertes utérines , qui ont été, dit-on , subitement et complètement arrêtées par la compression de l'aorte abdominale après avoir résisté à tous les moyens; ceci mérite néanmoins confirmation. On pourrait également pratiquer cette compression dans l'amputation de l'articulation coso-fémorale.
B. Les rapports des artères avec les articulations sont la source d'inductions pratiques de la plus haute importance. Les artères occupent toujours le sens de la flexion, elles sont par conséquentprotégéesparlasituation la plus habituelle et en quelque sorte instinctive de nos membres ; que serait-il arrivé si les artères principales avaient occupé le sens de l'extension? Mais le voisinage des articulations , le défaut de flexuosité des artères à leur niveau , expliquent leur déchirure par l'eff'et d'une luxation , et souvent aussi par les efforts exagérés de réduction. J'ai vu un anévrysme de l'axillaire être la suite de tractions violentes exercées sur le bras a l'aide de machines. Un praticien distingué veut réduire une luxation du bras qui datait d'un mois : des mouvemens sont imprimés en tous sens , des efforts énormes sont employés , le malade pâlit et meurt entre les mains de l'opérateur consterné. L'artère axillaire avait été rompue.
C. Les rapports des artères avec les veines expliquent l'anévrysme dit variqueux. Le danger de la phlébite motive la scrupuleuse attention avec laquelle les chirurgiens modernes séparent les veines de l'artère pour éviter de les comprendre dans la ligature.
D. Les rapports souvent immédiats des artères avec les nerfs , le danger de la ligature ou de la section incomplète de ces derniers , l'importance de quelques-uns, du pneumo-gastrique, par exemple, doivent sans cesse être présens à l'opérateur dans la ligature des artères. La douleur qui accompagne cette ligature vient des nerfs ganglionnaires et cérébraux qui forment un plexus à toutes les artères grosses et petites; plexus énorme pour les artères intestinales et qui explique le danger des ligatures appliquées sur les artères épiploïques et mésentériques. En outre les nerfs ont avec les artères des rapports constans, et la connaissance de ces rapports est le guide le plus sûr que le praticien puisse suivre dans la ligature des artères; tantôt plus superficiels ou antérieurs à l'artère, tantôt situés en dehors ou en dedans du vaisseau et impossibles à méconnaître à cause de leur blancheur , les nerfs permettent d'arriver de suite et sans tâtonnement sur ce vaisseau.
E. Les rapports des artères avec les muscles sont du plus grand intérêt. Les ^^^J muscles sont essentiellement les organes protecteurs des artères qu'ils séparent
de la peau : il est , pour chaque artère , un muscle qu'on pourrait appeler son satellite, et qui lui paraît essentiellement destiné. Ainsi le couturier est le muscle de l'artère fémorale ; le biceps brachial , le muscle de l'artère carotide primitive; le long supinateur, le muscle de l'artère radiale; le cubital antérieur, le muscle de l'artère cubitale , etc. La connaissance la plus minutieuse des rapports de ces muscles avec leurs artères respiratives est indispensable pour la pratique des opérations ; ils sont les régulateurs de la direction , de la longueur et de la profondeur des incisions dans l'opération de l'anévi'ysme ou de la ligature des artères.
F. Il est des artères qui sont sous-cutanées ou mieux sous-aponévrotiques dans quelque partie de leur étendue; telles la partie supérieure de l'artère fémorale , de l'artère carotide primitive, l'artère brachiale au pli du bras, etc.; c'est là qu'il faut comprimer les artères, c'est encore là qu'il faut pratiquer leur ligature.
G. Les artères sont contenues dans une gaîne aponévrotique , qui constitue l'une de leurs tuniques accessoires ; d'où la forme en fuseau que présentent beaucoup de poches auéyrysmales , et le défaut de progrès de ces poches dans