‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 81 sur 234 · ASSA FOETIDA · texte numérisé non relu

ASSA FOETIDA

de submersion. l2o II existe de l'eau dans l'estomac , et quelquefois même dans les intestins : Cet éfat est le plus fréquent chez les noyés; l'eau pénètre dans l'estomac sous l'influence d'un phénomène vital , l'acte de la déglutition ; elle ne peut pas s'y nitroduire après la mort, ainsi que le démontrent les expériences de plusieurs médecins. Elle ne peut cependant pas prouver que l'individu était vivant au moment de l'immersion , car elle a pu y être introduite avant la mort par l'individu lui-même , ou après la mort par des assassins pour donner le change ; aussi M. Orflla a-t-il fait sentir que, pour que l'existence de l'eau dans l'estomac soit un signe certain de submersion , il faut 1° qu'elle soit de même nature que le milieu dans lequel l'individu est immergé ; 2» qu'elle n'ait pas été introduite après la mort ; 3° qu'elle n'ait pas été avalée avant la submersion. Or, on sentira combien il sera difficile , pour ne pas dire impossible, de constater ces trois circonstances essentielles. IS" M. Piorry a observé que, dans tous les cas de mort violente, il y a chez les chiens expulsion d'urine; que chez les chiens noyés, quoique la même expulsion ait lieu , on en trouve encore dans la vessie urinaire à cause de l'absorption de l'eau qui a lieu dans les bronches et qui détermine pendant les derniers temps de l'asphysie une nouvelle sécrétion d'urine qui remplit la vessie jusqu'au moment de la rigidité, époque à laquelle elle est expulsée. L'absence d'urine dans la vessie, dans un cas de mort violente et avant la rigidité cadavérique, serait donc un signe qu'il n'y avait pas eu submersion pendant la vie , tandis que sa présence , à la même époque , annoncerait le contraire. J'ai souvent rencontré de l'urine dans la vessie des noye's, et quelquefois même de l'urine sanguinolente ; mais fréquemment aussi je n'en n'ai pas observé.

De l'examen de chacun des signes propres à déterminer si un individu était vivant au moment de l'immersion, je crois devoir conclure : 1° que, pris isolément, il n'en est aucun qui démontre d'une manière rigoureuse que la submersion a eu lieu pendant la vie ; 2° que celui qui établit les plus fortes présomptions , c'est l'existence d'une écume non muqueuse placée à nu sur la membrane interne de la trachée parfaitement saine : ce signe acquiert d'autant plus de valeur que la situation de l'écume est plus voisine de la bouche; 3" que l'eau dansles voies aériennes est un signe de peu de valeur, car si elle peut pene'trer dans la trachée après la mort jusque dans les dernières ramifications bronchiques , ainsi que l'a annoncé M. Orfila, il devient presque nul; 4° que l'eau dans l'estomac est un des signes les plus constans ; mais sa valeur est bien diminuée par la difficulté de prouver son identité avec le liquide dans lequel le corps a été immergé ; 5° que si chaque signe pris isolément ne peut pas résoudre la question qui nous occupe , il n^en est pas de même de l'ensemble des signes. Aussi, quoique le médecin ne résolve pas toujours la question affirmativement ou négativement , pourra-t-il établir dans quelques cas de fortes présomptions ; elles se changeront quelquefois en certitude s'il a le soin d'y joindre les restrictions qui ont motivé ses doutes. •

Les magistrats adressent quelquefois aux médecins les questions suivantes : en supposant qu'il ait été reconnu que l'individu était vivant au moment de l'immersion, déterminer s'il s'est jeté à l'eau volontairement, ou s'il y a été jeté par quelqu'un , ou s'il y est tombé par accident. Les difficultés que le médecin éprouve dans la solution de la question précédente font assez pressentir l'impossibilité presque absolue de résoudre les dernières. Des circonstantes toutes particulières et fortuites peuvent seules lui fournir des données positives à ce sujet.

Des secours à donner aux noyés. — On doit porter des secours aux noyés tant que la rigidité cadavérique n'est pas survenue. A cet effet on commence à soustraire l'individu au froid si la saison est rigoureuse ; quelle que soit la saison, on doit transporter immédiatement le noyé dans le lieu où les secours peuvent lui être prodigués. On le déshabille , on l'essuie , on le pose sur un plan légèrement incliné ,1a tête en haut , et on le place sur le côté afin de faciliter la sortie des liquides ou des matières qui pourraient être contenues dans la bouche et dans la trachée. On exerce immédiatement des pressions sur la poitrine et l'abdomen , ainsi que nous l'avons dit dans le traitement général des asphyxiés. On fait en même temps des frictions sur la partie interne des membres avec de la laine , ou même avec la main. On excite la luette , les fosses nasales , la plante des pieds. On imprime même quelques secousses à la poitrine ; on prolonge pendant quelque temps l'emploi de ces moyens. S'ils ne réussisent pas, on pratique l'aspiration et l'insufllation pulmonaire, soit bouche à bouche, soit à l'aide d'une sonde introduite dans le larynx en même temps que l'on continue mécaniquement la respiration artificielle. On peut aussi essayer l'usage des lavemens de fumée de tabac , qui réussissent fréquemment , au rapport de beaucoup de médecins. Ces movens doivent être continués pendant trois, quatre ou six heures, à moins toutefois que la rigidité cadavérique ne soit survenue. Si l'on est assez heureux pour rappeler le noyé à la vie, et que des phénomènes d'excitation surviennent, on lui pratique une saignée. Lorsque la chaleur revient graduellement, on le place dans un lit chaud, on lui fait prendre quelques potions antispasmodiques , souvent même quelques liqueurs spiritueuses , mais toujours avec beaucoup de modération , et en ayant égard à l'état du cerveau.

Asphyxies par défaut d'air respirahle. — L'air trop raréfié , les gaz azote, hydrogène et le protoxide d'azote peuvent donner lieu à l'asphyxie. Ce serait peut-être ici le lieu de donner les propriétés physiques et chimiques de ces corps, les moyens d'analyser l'air vicié par l'un d'eux; de faire connaître l'action qu'ils exercent sur l'économie ; mais la liaison qui existe entre eux et les autres gaz , l'impossibilité où nous serions de faire ressortir les différences qui s'observent entre l'asphyxie produite par les gaz non délétères, et les gaz délétères, et peut-être l'étendue déjà trop considérable de cet article , m'en-

gage à renvoyer tout ce qui les concerne au mot Gaz. Je serai à même de fournir des moyens d'analyses généraux qui présenteront alors un ensemble plus complet.

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ASPHYXIE DES NOUVEAU-NES. rojez AccoucnEMEMT, art. 2,3, etc.

ASSA FOETIDA. Ferula assa fcetida. Stercus diaholi. Pentandrie digynie. LiNN. ombellifères Juss. L'assa fœtida est une substance assez complexe , que les recherches des chimistes ont rangée parmi les gommes résines , et qui nous vient de l'Orient. Comme tous les sucs gommo-résineux , elle découle, soit spontanément, soit à la suite d'incisions , du collet de la racine et de la tige de la plante connue sous le nom Ae. ferula assa fœtida. On en coimaît deux sortes, l'une appelée en et Vautre en sorte. Mais la première est celle qu'on

doit préférer pour l'usage médical; en effet c'est la plus purej qui a découlé spontanément, et s'est concrétée en larmes à la surface de l'écorce. C'est celle qui présente les diverses parties constituantes dans les proportions convenables, et exemptes de tout mélange de substances étrangères. On la trouve dans les officines sous la forme de masses peu volumineuses , formées de petits grains brillans , blanchâtres ou violacés; les plus estimées sont claires , d'une coideur rougeâtre et semées de larmes blanches et nombreuses. Quant à la seconde ou assa îœiida en sorte , elle est en masses plus considérables , formées de larmes brisées et agglomérées ensemble par une pâte brunâtre ; elle est évidemment formée des résidus de la récolte , et contient des matières étrangères qui s'y sont accidentellement introduites , ou qui, plus probablement, y ont été ajoutées pour en augmenter le volume et le poids. Il serait donc convenable ou de la bannir de la pratique, ou tout au moins de ne s'en servir qu'après l'avoir purifiée , afin de savoir h quoi s'en tenir sur les doses. On reconnaît celte falsification par un moyen assez facile, c'est la combustion. L'assa fœtida brûle avec flamme, tandis que les gommes qu'on y ajoute souvent, se charbonncnt ! sans s'enflammer. Les terres et les autres substances inertes qu'on y a mêlées sont plus faciles encore à reconnaître. Quelle que soit d'ailleurs l'espèce d'assa [ fœtida qu'on ait à sa disposition, on doit préférer celle qui est récente ; car en ■ vieillissant elle se dessèche par l'évaporalion de son huile volatile , et perd la plus grande partie de ses vertus.

Les propriétés physiques de l'assa fœtida sont très-prononcées ; elle a une odeur alliacée , piquante et fort désagréable ; une saveur acre, piquante et amère , qui justifient le nom de stercus diaboli qii'on lui avait donné, parle désoût et les nausées qu'elles font naître , et qui laissent croire à peine qu'on ait pu s'en servir jamais comme d'un assaisonnement délicat et recherché, ainsi cjue le rapportent des auteurs dignes de foi.

Il importe au médecin qui veut prescrire cette substance, de savoir qu'elle se dissout facilement dans le vinaigre, l'alcohol faible, le jaune d'œuf; que l'eau , sans la dissoudre , la tient en suspension pendant quelque temps; enfin que la chaleur la ramollit. L'addition du camphre dans la proportion d'un douzième , la convertit eu une masse molle , ductile et susceptible de s'étendre sur de la peau pour être appliquée en emphàtre. Le carbonate d'ammoniaque en favorise la pulvérisation; mais ce n'est qu'en facilitant la déperdition île l'huile volatile, et en la privant ainsi d'un de ses élémens les plus actifs.

L'analyse que M. Pelletier a faite de l'assa fœtida est la plus récente ef la plus exacte. Elle y a démontré la présence de résine G5: bassorine 11; gomme 19 ; huile volatile 3. Avant ces recherches on s'était déjà beaucoup occupé de cette substance, mais sans avoir de résultats aussi positifs.

On ne possède pas d'expériences directes et bien faites dans la vue de constater l'effet immédiat de l'assa fœtida sur l'économie animale ; en effet, c'est une précaution qui n'a guère été prise que pour les substances , qui, à raison de leurs propriétés très-énergiques, ne pourraient être de prime abord essayées sur l'homme. Mais si l'on s'en rapporte à ce qui a été observé dans les cas nombreux où elle a été donnée à dose plus ou moins considérable, son action

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