‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 84 sur 234 · ATAXIE · texte numérisé non relu

ATAXIE

Cousin. Novam astlima , novis signis , nov.im causam arguentiLas. Paris , 1673.

J. Floyer. Traité de l'astlinje, contenant la description , les causes et le traitement de celle maladie , traduit de l'anglais par Jau. Paris , iD-I2 , 1761 .

Cet ouvrage , qui parut pour la première fois en 1698 , jouit encore d'un grand crédit en Angleterre.

Observations on llie aslhma, etc., by Jolin Millar. London , 1769. Meyer. De asllimate ejusque speciebus. Golt., 1779. Ploucquet. Art. Dyspn^a.

Mich. Ryan. Observations on the liistory and cure of tlie aslhma, etc. London, 1793. A. Franseri. Mémoire sur une difficulté de respirer, soumise i l'influence de la lune sur le corps bumain (^Magasin encyclopédique , tome Is^jannée 1798).

Aubert. Dissertation sur l'astbme, considéré comme maladie nerveuse. Paris, 1809. Marcohy Zalloni. Traité de l'asthme. Paris, 1809.

II. Rostart. Mémoire sur celle question: L'asthme des vieillards est-il une affection nerveuse? Paris, 1818.

L.-J. Bégin. RéQexions physiologiques et pathologiques sur l'aslhme {Journal complémentaire, vol. 5. 1829).

A. Colson. Observations et Réflexions .sur l'aslhme convulsif (,7o;/rna.' universel, yo\. 16, pag. 330).

Robert Brêe, Recherches pratiques sur les désordres de la respiration , distinguant spécialementles espèces d'asthme convulsif, leurs causes , etc., traduites de l'anglais sur la 5^ édition, avec addition de noies et observations, par Th. Ducamp. 1819,

D. Pozzo di Borgo. Lellera clinico-palologica sopra un asma felicemente terminato , in-8 °. Ajacio, 1823.

N. Martroy. Dissertation sur l'aslhme spasmodique. Paris, 1824;

B. -T.-H. Laennec. Traité de l'auscultation médiale, etc. Paris, 1819 et 1826. Jf^ilson. Mémoire sur l'asthme nerveux et spasmodique, et sur l'application du galvanisme

dans le traitement de celte maladie {Ann. de chim. et de pliys., tome 3, page 217).

J. Bouillaud. Snnt-ne aslhma et angina pecloris syraplomatica ? Sunl-ne essenlialia? in-4<'? Paris, 1826. (P. Jolly.)

ASTRINGENS , astringentia^ On a longuement écrit sur cette classe de médicamens ; cependant il est facile de résumer en peu de mots tout ce qu'il importe de savoir à ce sujet. A n'en juger que par l'effet sensible , tout médicament qui arrête un flux, soit sanguin, soit muqueux , mériterait le nom d'astringent ; mais évidemment, il ne l'est qu'à raison des circonstances dans lesquelles il est administré. Il est néanmoins certains médicamens qui , appliqués sur les parties vivantes , les font pâlir , semblent en rétrécir les vaisseaux , en condenser en quelque sorte le tissu , et en dessécher les surfaces exhalantes et sécrétoires. Ces substances , dont le sulfate acide d'alumine et le tannin présentent le type, sont celles auxquelles appartient justement le nom d'astringens. Encore faut-il ajouter , pour être exact, que la différence des tissus affectés, qu'un état inflammatoire des parties sur lesquelles sont appliquées ces divers médicamens , en modifient puissamment l'action , et les font rentrer dans la classe des irritans ordinaires.

Ce n'est donc qu'en faisant l'histoire particulière des agens médicamenteux appelés astringens , que nous en exposerons avec détail les propriétés. Les applications appartiennent aux articles de thérapeutique spéciale. 11 nous suffira d'indiquer comme les principaux et les plus usités, l'alun, la bistorte, Técorce de grenade, le froid, le tannin, la tormentille, la gomme kino, le ratanhia , les sulfates de fer et de zinc , l'acétate de plomb , les acides.

Remarquons en passant que la limite qui sépare les astringens , des toniques et des excitans, est bien arbitrairement placée. Nous n'en voulons pas d'autre preuve que l'embarras et l'incertitude oi\ se trouvent les auteurs de matière médicale , chargés de la déterminer, et que la présence du même médicament dans les trois classes que nous venons de citer. D'ailleurs , les restrictions continuelles qu'ils mettent dans leur emploi , montrent combien sont peu précisés les cas auxquels ils conviennent, et combien sont rares les maladies auxquelles ils peuvent remédier.

Comme tous les autres médicamens , les astringens sont susceptibles d'une application médiate ou immédiate : celle-ci est le plus évidemment efficace, et les résultats de l'autre sont presque toujours équivoques ou inconstans. Le point le plus difficile dans l'emploi des astringens est à coup sûr l'appréciation du moment où l'on peut les appliquer. L'état auquel on veut remédier parleur moyen est voisin de l'inflammation; trop tôt administrés ils la provoquent , et l'on voit augmenter alors les sécrétions ou les exhalations morbides qu'on désire supprimer. Il est impossible de fixer de règle certaine sur ce point , et , il faut l'avouer , c'est , dans la plupart des cas, en tâtonnant avec prudence qu'on arrive à un résultat favorable. Quant aux astringens qu'on emploie contre les hémorrhagies traumatiques , ils sont le plus souvent associés à la compression; d'ailleurs ils favorisent le resserrement des vaisseaux et la formation du caillot.

(F. Ratier.)

ATAXIE , s. f., ataxia , ctTu^ix, de « privatif, etraf;;, ordre ; désordre, irrégularité. Quelques auteurs désignent par le nom d'ataxie , un état de désordre dans les phénomènes morbides de certaines maladies, que les anciens appelaient malignité. Mais ce désordre n'est qu'apparent. A mesure que la connaissance des maladies devient plus parfaite , on voit diminuer le nombre de celles dans lesquelles les symptômes paraissent ne pas bien s'enchaîner entre eux et semblent dans une désharmonie complète. Déjà même on peut contester qu'il existe une seule maladie dont on ne puisse aisément lier entre eux tous les phénomènes morbides. C'est qu'en effet, ce prétendu désaccord ne saurait exister , et quand il frappe les yeux, en examinant plus attentivement, on finit presque toujours par découvrir de l'ordre et de l'enchaînement là où l'on n'apercevait d'abord que désordre et confusion. Le mot ataxie doit donc disparaître du vocabulaire médical , ou n'y trouver place que dans le but de faciliter l'intelligence des auteurs qui s'en sont servis depuis Sydenham.

(L.-Ch. Roche.)

ATHEROME.

ATHEROME.

ATAXIQTJE , adj., atactus ; sj-mptômes , état , fièvre ataxiques. On donne communément le nom (Vataxiqnes à quelques symptômes cérébraux, tels que le délire , le pressentiment d'une mort prochaine, la brusquerie et la rudesse dans les réponses, les soubresauts des tendons , la carphologie, etc.; on nomme état alaxique l'ensemble de ces symptômes ; enfin, depuis Selle, on appelle Jièvres ataxiqnes les maladies que les anciens nommaient Jièvres malignes , Jièvres nerveuses , Jièvres lentes nerveuses. Pinel a tracé les caractères de ces fièvres dans les termes suivans :

Désordre dans les rapports qu'ont entre elles les diverses fonctions en général , et les différentes parties d'un même système ou d'un même appareil d'organes en particulier ; langue nette ou recouverte d'un enduit blanchâtre , humide ou sec ; soif nulle ou trcs-grande ; quelquefois horreurde l'eau; déglutition gênée ou même impossible , et parfois sentiment de strangulation; vomissement spontané ou provoqué par la cause la plus légère ; diarrhée ou constipation opiniâtre ; pouls variable dans chaque re'giou , et souvent alternativement, dans la même artère , grand et petit, fort et faible, fréquent et lent, régulier et irrégulier, ou intermittent ; lipothymies ou syncopes , apparences fugaces de congestions locales; pâleur et rougeur de la peau momentane'es , alternes et distribuées d'une manière irregulière; respiration alternativement facile et difficile , fréquente et lente, grande et petite, continue et entrecoupée ; parfois toux, hoquet, éternuement, soupirs et rire involontaires; chaleur souvent entremêlée de frissons fugaces, moindre ou plus élevée que dans l'état de santé, inégalement répartie, et alternativement augmentée et diminuée; changemens prompts et souvent alternes des sécrétions et des exhalations; transpiration cutanée supprimée ou augmentée , souvent partielle , visqueuse ou ténue ; excrétion de l'urine suspendue, difficile et douloureuse , ou très-abondante ; urine ordinairement limpide, quelquefois sédimenteuse , sans la moindre rémission des symptômes ; larmoiement involontaire , ou sécheresse de la conjonctive ; état obtus ou sensibilité excessive des organes des sens; vue égarée, insomnie ou somnolence, vertiges, coma , délire ou intégrité de l'entendement ; nulle connaissance de ses proches et de l'état de gravité de sa maladie; indifférence extrême sur ce point , ou inquiétude continuelle , tristesse, terreur ou désespoir; réponses brusques et dures, voix aiguë, bégaiement ou aphonie ; douleur à l'occiput , au dos, dans les membres, les hypocondres , ou insensibilité totale ; agitation, carphologie , prostration des forces sans évacuations abondantes, tremblement général au local ; soubresauts des tendons ; convulsions , ou paralysie universelle ou partielle ; symptômes du tétanos , de la catalepsie, de l'épilepsie , etc. { Nosographie philosophique , tom. I .)

Je n'aurai pas besoin, je pense, de beaucoup insister pour prouver au lecteur que cette description prétendue philosophique , n'est qu'un amas confus de symptômes qui s'excluent mutuellement pour la plupart , et qu'elle n'a pas de modèle dans la nature. Tout est artificiel dans ce tableau , comme le dit avec raison le savant auteur de la Pjrétologie phjsiologique; c'est une longue chaîne d'antithèses, ajoute-t-il, qui offre et les symptômes du plus mauvais augure , et les symptômes les plus insignifians, disposés deux à deux sans aucune méthode. Pour former ce tableau , les nosographes ont pris dans toutes les maladies les phénomènes insolites qu'ils out vu se manifester , puis les isolant de ces maladies elles-mêmes et les rassemblant ensuite , ils ont ainsi composé de toutes pièces l'être imaginaire auquel ils ont donnéle nom de Jièvre ataxique. Nous serions donc fort embarrassé s'il nous fallait dire d'une manière précise ce que c'est que la fièvre ataxique des auteurs. C'est l'inflammation des méninges, dirions-nous; c'est l'inflammation des voies digestives réagissant sur le cerveau ou ses enveloppes; c'est la phlegmasie très-aiguè du foie, du péricarde , etc., avec symptômes cérébraux. Mais non, ce n'est rien de tout cela : c'est un mauvais logogriphe dont le mot est introuvable; ce serait folie que de perdre davantage notre temps à le chercher. (L.-Ch. Roche.)

ATHlîROME , s. m., atheroma , (iS-rifMit.a. (de «$«^«, espèce de bouillie.) Tumeur enkystée, indolente, renfermant une matière épaisse, blanchâtre, assez semblable à des grumeaux de bouillie.

Cette affection, connue dès long temps et bien définie par les anciens, est rangée par Celse dans la classe des tubercules indolens. On la confond vulgairement sous le nom général de loupes, avec des affections qui en sont essentiellement distinctes , telles que le Lipome, le Stéatôme , etc. [vojez ces mots). Quant au mélicéris, les différences sont , au contraire , bien moins tranchées , toujours difficiles à établir par l'examen extérieur ; aussi ce que nous dirons de l'athérômc s'applique, en partie, à cette autre variété des tumeurs enkystées.

L'athérôme peut se développer sur tous les points de la superficie du corps ; mais il affecte spécialement le cuir chevelu. Là , en raison de la densité des tissus, il prend plutôt une forme alongée que globuleuse; et les anciens chirurgiens , attentifs à ces différences minutieuses , lui donnaient le nom de taupe ou de tortue, selon qu'il était plus élevé ou plus aplati.

Caractères anatomiques . — Placé immédiatement au-dessous du derme, le kyste qui contient la matière pultacée adhère fortement à cette membrane par sa partie supérieure, et au tissu cellulaire sous-dermique, mais moins fortement, par sa partie inférieure. Cette enveloppe, de formes diverses, d'une grosseur cjui varie entre celle d'un pois et celle d'un œuf de poule, a une texture grenue, une épaisseur toujours plus grande que celle des autres genres de tumeurs enkystées , et semble quelquefois, lorsque la tumeur est très-ancienne, s'être transformée en un tissu demi-cartilagineux ; néanmoins elle est toujours fragile ; sa couleur, quelquefois pâle à l'extérieur, est rougeàtre à la face interne, où elle est lisse et analogue à ces pseudo-membranes qui recouvrent les séreuses enflammées. Quand la tumeur est petite, ou lui donne le nom de taoKe; et

l'on aperçoit manifestement un orifice en forme de goulot, par lequel on peut , à l'aide de la pression , faire sortir la matière contenue. Quand la tumeur est plus volumineuse , l'orifice ordinairement n'est plus apparent Mais si l'on fend la peau et le kyste sur le milieu de la tumeur, on peut suivre l'épiderme se réfléchissant de la surface du derme pour tapisser la cavité du kyste. La matière contenue est tantôt bien manifestement pultacée , tantôt plus sèche et comme transformée en petits grains de pâte ^Jarinosa congeries inveniiur , dit Végère (de Re veteri, 1. 2 , c. 30) . Quelquefois, au milieu de celte matière grasse, se trouvent depoils plus ou moinsdeveloppésdontlaformationabienembarrasséceux qui voulaient voir dans les athérômes des productions entièrement nouvelles, mais qui se trouve facilement expliquée dans l'opinion que nous adoptons : nous pensons , en effet , avec Béclard, que l'athérôme et le mélicéris ne sont autre chose que le développement insolite d'un de ces follicules sébacés placés autour des bulbes des poils, développement qui aurait pour cause la rétention et l'accumulation de la matière sécrétée par suite de l'oblitération du goulot da follicule ; la matière que contiennent ces loupes , quoique altérée , est , en effet , analogue à celle de ces follicules de manière à être reconnaissable. Si l'on a dit avoir rencontré des athérômes situés beaucoup plus profondément, on aura probablement pris pour tels des tumeurs d'une autre nature. On n'y suit ni nerfs , ni vaisseaux. La cause qui préside à la formation de ces tumeurs est peu connue ; peut-être la pression y contribue-t-elle quelquefois ; nous en avons vu un grand nombre sur la tête d'un garçon maçon , habitué à porter sur cette partie une auge remplie de plâtre : mais combien de fois est-il impossible d'avoir recours à de semblables suppositions!

La marche que suivent lus athérômes dans leur développement est en général assez lente ; ils sont ordinairement plusieurs années avant d'avoir pris ua accroissement gênant pour l'individu qui en est affecté; quelquefois, cependant , ils croissent avec plus de rapidité , surtout lorsqu'ils ont déjà acquis un certain volume. Quelques sujets présentent une singulière prédisposition à ces tumeurs. Dans certains cas, les athérômes du cuir chevelu se développent avec force , et , bridés supérieurement par la peau ferme et serrée qui les couvre, compriment assez le muscle occipito-frontal pour l'atrophier et le transformer en un tissu analogue au leur; c'est dans cet état qu'ayant ainsi augmenté leurs parois , ils contractent des adhérences avec le périoste. On dit en avoir vu qui déprimaient les os du crâne.

Les athérômes, abandonnés à eux-mêmes, persistent les uns pendant toute la vie, en ne causant qu'une gêne accompagnée assez souvent de céphalalgie ; d'autres finissent par s'abcéder j et après avoir suppuré plus ou moins longtemps , ils se vident et laissent une cicatrice difforme. Mais s'ils ont pénétré jusqu'au péricràne , il peut s'ensuivre une dénudation et une carie de l'os.

L'athérôme se distingue assez aisément de la loupe graisseuse , parce que cgtle dernière occupe le plus souvent un siège différent, et présente plus de mobilité ; dans l'athérôme, au contraire ( et cette remarque est de Celse ), la peau est plus tendue et la tumeur semble presque adhérente. Quant aux distinctions établies entre le mélicéris et l'athérôme, et qui consistent, selon Ambroise Paré, en ce que le mélicéris est plus difïïuent et reprend plus aisément sa forme après avoir été comprimé , tandis que l'athérôme conserve long-temps l'empreinte des doigts , elles ne sont point toujours évidentes, et je dirai volontiers avec Celse : Quid iniàs habeant, ut conjectui-d presagiri polest, sic ex lolo cognosci, nisi cùm éjecta sunt, non potest.

J'ai dit que le diagnostic de l'athérôme était assez facile : toutefois , à l'hôpital Beaujon , j'en ai vu un qui s'était développé dans un des follicules de la lèvre inférieure , et qui fit croire pendant quelque temps à l'existence d'un cancer de cette partie. La lèvre, en effet, était gonflée , douloureuse et dure dans un point; le traitement antiphlogistique ayant été employé, il apparut une petite ouverture qui, agrandie avec le bistouri , donna passage à de la matière pultacée, et laissa voir l'intérieur du kyste; j en excitai les parois avec du nitrate d'argent, et le malade guérit rapidement.

Le pronostic est ordinairement peu grave , par rapport à l'affection ellemême ; mais l'opération qu'elle réclame devant être pratiquée le plus souvent à la tête, on doit craindre quelques accidens , même si la tumeur est peu volumineuse ; et si l'athérôme était considérable et fort ancien, peut-être vaudrait-il mieux n'en point débarrasser le malade.

Traitement. — Les athérômes ne peuvent se guérir que par l'expulsion de la matière pultacée qu'ils contiennent et delà destruction des parois de leur kyste; quant à la résolution espérée autrefois par quelques chirurgiens, elle me parait impossible en raison de la densité du kyste et de sa nature peu vivante. Les seuls moyens de guérison qui me paraissent devoir être admis sont l'emploi des cautiques, l'extirpation et l'amputation.

On doit faire peu de cas des injections irritantes par lesquelles Chopart dit avoir guéri des athérômes; on comprend difficilement , en effet, qu'il soit parvenu ,°à l'aide d'une ponction, même en dilatant l'orifice, à faire sortir la matière contenue. Le caustique employé est ordinairement la potasse , que l'on applique sur le sommet de la tumeur. On obtient ainsi une escarre qui comprend la peau , une partie du kyste, et provoque la suppuration de ce dermer. Ce moyen, quoique préconisé par quelques chirurgiens , me semble pourtant devoir être rejeté; en eff"et , outre la cicatrice difi-Qrme qui en résulte , sur le crâne en particulier , il donne lieu à une suppuration souvent prolongée, et dangereuse au voisinage des méninges.

L'extirpation est, certes, la méthode la plus sûre et la plus expeditive; pour la pratiquer, après avoir rasé lescheveux ou les poils aux environs de la tumeur, on fait une incision cruciale qui , autant que possible, comprend seulement la peau; puis , avec le bistouri on dissèque avec le plus grand soin le kyste adhe-

ATROPHIE

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renl aux lambeaux , et dès qu'on est parvenu K le séparer dans une certaine 'étendue , on emploie pour achever l'isolement la partie élargie d'une spatule , iavec laquelle on exerce un simple raclage sur les parties sous-jacentes. Quand Ion se sert de la pince, on est bien pkis exposé à briser cette enveloppe cassante, jet à ne l'enlever que par morceaux; ce qui expose à en laisser des débris et iralentit l'opération. L'incision cruciale me semble aussi préférable à une seule jincision faite dans le grand diamètre de la tumeur ; car, pour peu que l'atliérôme soit étendu, il arrive fréquemment, sans parler de la difficulté de bien enlever la poche, que du pus séjourne sous l'angle des lèvres de la plaie, et Iqu'on est obligé d'en venir à de nouvelles incisions. Après l'opération on rapche les lambeaux ; on tient appliquées sur la plaie simplement des com-

êtrè , pendant le premier jour, soumis à la diète , et maintenu dans un repos absolu.

Si le fond du kyste se trouvait fortement adhérent au péricrâne , à quelque gros vaisseau ou à quelque tronc nerveux, on serait obligé alors de recourir à la guérison par suppuration, en laissant la partie profonde du kyste et remplissant de charpie la plaie qui résulterait de l'opération; c'est ainsi qu'en a agi M. le professeur Boyer. à l'occasion d'un kyste placé dans le creux poplilé. Chopart, au contraire , dans un cas analogue, emporta la tumeur près de sa base avec la .peau qui la recouvrait; mais il est trop avantageux de conserver la peau, pour Ipivoir recours à un procédé semblable.

' Celsus- De re meiticâ, lit), 7, cap 6.

M.-A, Seferinits. De recondila aLscessum natura, lib. 8. Lugd. Batav. 1724, in-4°- Çhopai t. Essai sur les loupes, 1767. Prix de l'académie de chirurgie, tom. 4, 1'" partie.

(Ph.-F. BlANDIK. )

ATMOSPHÈRE. Fojez Air.

ATONIE, s. f. , atoiiia, défaut du ton. Ce mot, que l'on emploie habituelement comme synonyme iVasthénie , a cependant une valeur un peu différente. Il exprime cet état de relâchement des tissus, dans lequel ils ne peuvent dIus réagir sur les fluides qui les pénètrent; tandis que le mol asthénie s'apilique plus particulièrement à l'abolitionou à l'affaiblissement de leurs fonctions. élonie, c'est la diminution ou la perte de Vélusticilé des tissus; asthénie , c'est ia diminution ou la perte de \e.av irriiabilité. Un vitaliste ajouterait que r«<o;22e ;st une lésion de propriété physique, et asthénie une lésion de propriété vitale.

Cette distinction et sans doute d'une faible importance. Je ferai remarquer, ;ependant, que c'est principalement dans Vatonie des tissus qu'on retire de jons effets des substances qui contiennent du tannin , et des styptiques et des îstringens , tels que le quinquina, l'écorce du marronnier , du chêne , le simaouba , l'angusture , la cannelle , tous les fruits acerbes , certains sels , comme es sulfates de fer , de zinc , de cuivre , et de potasse ou d'ammoniaque , etc. ; igens dont l'efTet évident est de condenser, de resserrer et de ralTermir les issus sur lesquels on les applique, de leur rendre par conséquent l'élasticité (u'ils avaient perdue. L'action de ces médicamens n'est ni aussi évidente ni lussi certaine dans les asthénies. (L.-Ch. Roche.)

ATROPHIE. Dans l'état actuel de la science , on donne le nom d'atrophie 1 cet état dans lequel un organe a perdu notablement de sa masse naturelle. ]ette définition est purement anatomique. Poui- définir physiologiquement 'atrophie, il faudrait dire qu'elle consiste dans une diminution de la nutrition les organes. Nous ne devons pas décrire dans cet article l'atrophie de chacun les organes dont se compose le corps , mais seulement présenter les considéations générales qui se déduisent naturellement du rapprochement de ces liverses espèces d'atrophie. Pour remplir cette tâche , nous étudierons l'atroihie en général , sous le quadruple rapport de ses caractères anatomiques , de es caractères physiologiques , de son étiologie et de sa thérapeutique. Nous racerons en terminant un tableau indicatif des principales espèces d'atrophie.

§. I. Caractères anatomiques de l'atrophie. — L'atrophie a pour caractère natomiquc essentiel celui que nous avons indiqué dans la définition de cette .laladie , savoir , une diminution notable dans la masse d'un ou de plusieurs rganes. L'atrophie est générale, lorsque cette diminution a lieu dans tous les rganes ; ce qui est rare : elle est partielle , Cfuand elle n'occupe qu'un seul rgane , ou même encore qu'un certain nombre d'organes. Le tronc , les memres , les diverses cavités splanchniques et les viscères qu'elles renferment, les lémens anatomiqtjes variés ou tissus générateurs qui concourent à leur comosition, toutes les parties, en un mot, tant extérieures qu'intéi-ieures, peuvent tre affectées d'atrophie. Entre le premier degré de cette maladie et son derier, qui touche à la disparition complète de l'organe qui en est le siège, il y n grand nombre de degrés interméiliaires. On a remarqué que , dans la lupart de cas où quelqu'un de nos organes vient à s'atrophier, il change en lême temps de consistance ; qu'il se flétrit et se ride pour ainsi dire. Sous ce oint de vue , les caractères de l'atrophie peuvent être comparés aux change- 'lens qui surviennent dans les organes par l'effet de la vieillesse ; on pourrait lême dire que , sous quelques rapports , la vieillesse est une sorte d'atrophie aturelle. C'est ici le lieu de mentionner l'atrophie dont certaines organes deiennent le siège, soit pendant le cours de la vie intr'a-utéi nie , soit immédiaement après la naissance; tels sont, parmi ces organes, la vésicule ombilicale, î thymus, les capsules surrénales , etc. On dirait que ces parties sont des spèces d'organes provisoires dont la nature n'a besoin que pour un certain smps; ce temps expiré, ils vieillissent en quelque sorte, se flétrissent, et, omme frappés d'une mort anticipée , finissent par disparaître du monde orgaique dont ils faisaient partie. S'il nous était permis de faire quelque excursion ans les vastes domaines de l'anatomie comparée , nous y trouverions de nom-

breux exemples de l'espèce d'atrophie dont il vient d'être question. Conientons-nous de signaler l'atrophie qui s'opère dans la queue du têtard à l'époque où, conformément aux lois de son évolution, il va se transformer en grenouille. L'atrophie d'une partie consiste, avons-nous dit, en une diminution notable de la masse de celle-ci. Cette condition essentielle ne suppose pas toujours une diminution dans le volume apparent de la partie atrophiée. C'est ainsi , par exemple , que , chez les vieillards , l'atrophie des vésicules pulmonaires coïncide souvent avec leur dilatation; c'est ainsi qu'il n'est pas rare de rencontrer une atrophie du cœur et de plusieurs autres organes creux , en même temps qu'une augmentation de leur capacité normale. Dans tous ces cas, les parois des organes sont amincies dans un rapport supérieur à celui de leur dilatation, de telle sorte que , malgré l'augmentation du volume de l'organe , la masse totale de sa substance n'égale pas celle qu'il avait dans son état normal. Sans celte circonstance , il n'existerait pas d'atrophie, à parler rigoureusement, puisqu'un organe creux qui perdrait exactement en épaisseur ce qu'il gagnerait en étendue , conserverait toujours la même base. Au reste, si les organes creux nous offrent quelquefois des exemples d'atrophie coïncidant avec une dilatation de leurs parois , il n'est pas rare non plus de les rencontrer à la fois atrophiés et rétrécis. Dans le premier cas, leurs parois sont flasques , molles, comme la peau chez les vieillards; dans le second, ces parois sont ridées, flétries, comme certains fi-uits que l'on a cueillis depuis un peu de temps : privées d'une portion des liquides qui les abreuvaient, les parties molles en s'atro])hiant s'endurcissent et deviennent en quelque sorte coriaces. Le ramollissement, proprement dit , ne me paraît pas se rattacher nécessairement à l'atrophie; il doit être regardé, quand il a lieu, moins comme caractère naturel de l'atrophie , que comme le résultat d'une complication. Les parties qui s'atrophient, par cela même qu'elles sont moins abreuvées de sang, perdent de leur coloration normale, pâlissent d'une manière notable. Les muscles atrophiés nous offrent un remarquable exemple de celte décoloration. Les parties dures, les os en particulier, deviennent friables en même temps qu'ils s'atrophient. M. Andral est, je crois, le premier qui ait annoncé qu'en même temps qu'un organe s'atrophie, on voit souvent se déposer autour de lui une quantité surabondante de graisse , comme si l'antivité de la sécrétion de cette dernière substance s'opérait en raison inverse de celle qui préside au développement de l'organe. M. Andral avait tiré de ce fait une théorie nouvelle , d'après laquelle l'atrophie aurait pu être considérée comme une sorte de rétrogradation , plutôt qu'une diminution ou une suspension complète de la nutrition. Celte idée, émise dans la Clinique médicale , ne se retrouvant pas dans le Précis d'Anatomie pathologique que vient de publier M. Andral , il est probable que son auteur Fa abandonnée. Elle me parait, en effet, plus ingénieuse que solide. J'ajouterai que la production d'une quantité surabondante de graisse autour d'un organe qui s'airophie est loin d'être un phénomène constant; qu'au contraire on voit souvent les masses graisseuses qui environnent certains organes , diminuer , s'atrophier en môme temps que ceux-ci ; et qu'enfin l'hypertrophie de ces organes coïncident fréquemment avec celle des masses graisseuses environnantes. J'ai vu, entre autres exemples une énorme quantité de graisse envelopper le gros intestin , dans plusieurs cas où ses parois étaient considérablement épaisses et hypertrophiées , à la suite de longues phlegmasies. Je pense donc que le développement d'une certaine quantité de graisse autour d'un organe atrophié ne doit pas être considéré comme un effet nécessaire et constant de cette atrophie ; atrophie qu'il faut bien se garder de confondre avec cet autre état- pathologique désigné sous le nom de dégénérescence graisseuse.

M. Andral pense que des ulcérations et des perforations peuvent être le résultat de l'atrophie ( Précis d'Jnat. pathol. , tom I). Considérer l'atrophie sous ce point de vue , c'est lui faire jouer le rôle de cause , et la convertir d'un pur effet anatomique en une opération de physiologie pathologique. Partant de ce principe y M. Andral en conclut que toute ulcération ou perforation ne reconnaît pas une irritation comme cause unique et nécessaire. Cette conclusion est rigoureusement juste ; reste à savoir si le principe dont elle est une conséquence légitime est lui-même incontestable. Que l'atrophie et l'ulcération ne soient, dans certains cas , que deux formes d'un seul et même état morbide, c'est ce qu'il ne me paraît pas impossible de soutenir ; mais que l'ulcération ou la perforation soit tantôt le résultat de l'atrophie, et tantôt celui de l'inflammation, c'est ce que l'on ne peut admettre qu'en établissant entre l'atrophie et l'inflammation une espèce d'affinité qui ne me semble pas encore démontrée. Je crois qu'il convient ici d'écarter un tel rapprochement ; mais s'il est vrai que l'atrophie ne soit, dans certains cas , qu'une forme d'ulcération, on conçoit comment elle peut être rangée parmi les suites de l'inflammation. Ajoutons, d'ailleurs, que ni l'ulcération, ni l'atrophie, ne constituent des caractères essentiels de l'irritation, puisque celle-ci, du moins à un certain degré, peut exister sans elles ; il ne faut pas confondre les suites possibles de l'irritation avec cette irritation elle-même, considérée dans sa nature intime.

§. II. Caractères physiologiques de l'atrophie. — J'entends par caractères physiologiques de l'atrophie les modifications fonctionnelles qui surviennent dans les organes affectés de cette maladie. Or , tout ce que l'on peut dire de général à cet égard , c'est que les fonctions d'un organe atrophié s'affaiblissent en proportion de l'étendue de l'atrophie. Cette diminution dans la force des fonctions est surtout évidente, quand ce sont des appareils musculaires qui se trouvent atrophiés. Il est également bien reconnu qu'un organe sécréteur quelconque sécrète d'autant moins abondamment, toutes choses égales d'ailleurs, qu'il est moins développé. Enfin, pour citer un troisième exemple, les fonctions sensoriales et intellectuelles elles-mêmes perdent constamment plus ou moins de

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