BA.I1V
BAIN
méable par dessus laquelle on place une couverture de laine. Si le malade ne peut se tenir assis, il est couché sur un lit de sangles garni de son matelas , des toiles imperméables , d'une corbeille , d'une couverture, etc. Ces objets ainsi disposés, on introduit dans la chambrette l'extrémité du tuyau surmontée de la cassolette, et en un instant le malade se trouve environné de vapeurs. On peut en augmenter ou en diminuera volonté le passage, et conséquemment élever ou abaisser instantanément la température de la chambrette en ouvrant ou en fermant un robinet situé à l'extrémité du tuyau conducteur près du sphéroïde. On peut aussi diriger la cassolette du côté où l'on désire que l'action de la vapeur soit le plus directe.
Après avoir pris le bain, dont la durée est communément de 25 à 40 minutes, le malade est enveloppé dans une couverture de laine, et y reste plusieurs heures , afin de compléter les effets du bain, et surtout afin de ne pas supprimer brusquement l'écoulement des liquides perspiratoires que verse avec profusion l'économie pour se débarrasser du calorique.
Examinons maintenant les effets des diverses sortes d'étuves. Pour préciser ces effets, tenons d'abord compte de ceux qui sont produits parle baind'étuve, qui n'agit immédiatement que sur la peau seule et nullement sur le poumon. 11 nous sera facile ensuite de réunir ceux qui sont le résultat de l'étuve frappant à la fois les surfaces cutanée et pulmonaire.
Les effets des étuves dans lesquelles le corps est plongé jusqu'au cou, qu'elles soient sèches ou humides, sont ceux du bain chaud , moins ceux que déterminent la pression et la densité. Or, comme la pression et la densité rendent plus prononcés les effets déterminés par une température quelconque, il en résulte qu'on peut supporter l'étuve à une température h laquelle on ne supporterait pas le bain , et que, pour produire les effets du bain, il faut que l'étuve lui soit de beaucoup supérieure en température. Parla même raison, on résiste davantage à une tempéra lure quelconque, dans une étuve sèche , qu'à la même température dans une étude humide. Aucun individu, certainement, ne supportera dans une étuve humide , à plus forte raison dans un bain , l'excessive température de 128 degrés Réaumur, supportée pendant douze minutes , dans une étuve sèche, par la jeune fille dont parlent Tillet et Duhamel, ou la température de 100 degrés Réaumur , supportée par l'Espagnol qui se donnait en spectacle à Paris en 1828. La température ordinaire observée sur 3,000 bains de vapeurs fournis depuis deux ans par l'établissement de la rue Montmartre , est de 35 k 40 degrés Réaumur.
Quant aux rapports qui existent entre les divers bains, on peut, je crois, établir les suivans: la température de l'étuve humide , chauffée à 30 degrés Réaumur, m'a paru répondre à la chaleur du bain d'eau de 25 degrés. La température de la même étuve, chauffée à 40 degrés , m'a fait éprouver une sensation de chaleur égale à celle d'un bain d'eau à 30 degrés. Voici , du reste, les effets que j'ai ressentis en prenant, assis sur une chaise, le bain de vapeur avec l'appareil de M. Monroy; à mon entrée dans la chambrette (c'était dans le mois de janvier ) , mon pouls présente 70 pulsations. Après 5 minutes de séjour ( le thermomètre, tenu sur mes genoux, marque 30" -+- 0 R.) : la sensation éprouvée est celle d'une chaleur douce comme celle que donne le bain tiède ; nul changement dans le pouls. Après un quart d'heure, le thermomètre marque 40o -t- OR.; cuisson à la face antérieure des cuisses et auxmamelons, pouls à 100 pulsations, exhalation de la sueur sur le front. Après une demi-heure d'immersion, thermomètre à 43° -h 0 R., pouls à 120 pulsations , respiration accélérée , sentiment d'oppression , palpitations ; enfin l'oppression va en augmentant ; ma main n'est plus assez sûre pour que je puisse apprécier les pulsations de mon pouls. Le thermomètre monte à 45" -t-0 R. ; alors impossibilité de rester plus long-temps exp»sé à la vapeur; sortie après trois quarts d'heure d'immersion, station difficile, battement très-prononcé des artères carotides , sifflement des oreilles , etc. ; une demi-heure après la sortie du bain , le pouls marque encore 100 pulsations à la minute , la sueur continue de couler abondamment ; une heure après, il marque 95 pulsations ; enfin il revient peu à peu à l'état naturel. Ce sont là, à peu de variations près, les phénomènes que j'ai éprouvés toutes les fois que j'ai pris le bain de vapeurs étant assis sur une chaise ; ce sont là ceux que j'ai observés sur les sujets auxquels j'ai prescrit de le prendre de la même manière , pour quelque affection qui n'intéressait aucun viscère et ne diminuait pasles forces.
Les effets du bain de vapeurs , pris dans une position horizontale , la tête légèrement élevée , sont un peu différens. Pour les recueillir d'une manière aussi exacte que possible, j'ai prié MM. Bégin et Lachaise de m'accorder leur présence pendant un de ces bains. M. Bégin a bien voulu prendre note des phénomènes suivans : h l'instant où je me place sur le lit, mon pouls offre 78 pulsations ( c'était dans le mois de mars). Après dix minutes le thermomètre, tenu entre mes mains placées sur ma poitrine , s'élève à 30° -h 0 R. ; le pouls n'offre aucun changement. Après 15 minutes , le thermomètre marque 45° -t- 0 R. ; le pouls donne 92 pulsations; la chaleur est vive aux orteils, aux genoux et aux mains, parties qui se trouvent un peu plus élevées que le reste du corps. Après 23 minutes , le thermomètre marque .'>4'' 0 R. ; le pouls présente 98 pulsations, la sensation de la chaleur augmente beaucoup, mais seulement aux mêmes parties. Après 30 minutes , le thermomètre marque 58° -H 0 R. ; le pouls offre 104 pulsations ; la chaleur est si vive , que si une partie du corps est un peu élevée au-dessus du plan horizontal qu'il présente, cette partie semble plongée dans le feu. Après 35 minutes , le thermomètre marque 60» -I-O R. ; le pouls présente 1 12 pulsations. Mes confrèi-cs peuvent à peine passer la main dans la chambrette pour le toucher, tant la chaleur leur paraît vive. Alors seulement j'éprouve quelques batlemens de cœur assez violens ; du reste je ne ressens aucune pesanteur de tête ni aucune espèce de faiblesse. (J'avais le matin
même pris un bain d'eau chaude dont la température avait été graduellement élevée à 36o -H 0 R. ) On ferme le passage de la vapeur ; 8 minutes après être débarrassé de l'appareil, le pouls offre 94 pulsations; la sueur coule modérément.
Si maintenant, à ces effets produits parle bain d'étuve humide n'agissant que sur la peau , on réunit l'action de l'étuve sur les voies aériennes , on aura des résultats plus prononcés, plus prompts et étendus à plus de parties : ainsi Sanchez , médecin de l'impératrice de Russie, avance, dans son Mémoire sur les bains , qu'il suait excessivement dans une étuve humide qui n'était chauffée qu'à 29O-+-0 R.; et Martin , médecin suédois, ne fixe qu'à 36 et 40° -t- G R. , U chaleur ordinaire des étuves humides russes, citées comme excessivement chaudes, et auxquelles il faut, dit-on, être habitué pour pouvoir les supporterainsi le sentiment de chaleur brûlante que, dans l'appareil moderne, on n'éprouverait qu'à la peau, est, dans un appartement rempli de vapeurs , ressenti aux yeux, aux narines, etc.
En renonçant, et avec raison , à ces chambres fortement chauffées sans vapeur aqueuse , où l'on suait de compagnie dans une atmosphère insalubre , ou aurait peut-être dû adopter , pour remplacer cette étuve sèche , un moyen analogue à celui qui est mis en usage pour obvier à l'inconvénient des appartemens d'étuve humide. Un appareil propre à entourer le corps d'une chaleur sèche, sans s'opposer à la respiration de l'air extérieur , remplacerait peut-être avec avantage le bain de sable et tous les moyens proposés contre l'excessif développement du système lymphatique, contre les maladies dans lesquelles surabondent en quelque sorte les fluides blancs, contre l'asphyxie par submersion , etc. Nous avons dit que l'étuve sèche , à température égale ; fait éprouver une sensation de chaleur moins forte que l'étuve humide, mais elle agit autrement encore ; dans l'étuve sèche , la peau ne s'humecte que par la sueur , et ne peut s'humecter de suite, puisque l'air sec facilite l'évaporation de la transpiration ; dans l'étuve humide , au contraire , la peau est de suite humectée par la vapeur d'eau qui vient se condenser à la surface du corps , de sorte que ces deux étuves, tout en déterminant une abondante exhalation, peuvent, la première, porter à un état d'éréthisme plus ou moins durable l'extrémité des vaisseaux capillaires; la seconde, disposer de suite, ou du moins plus promptement à l'exhalation , de sorte que l'on pourrait employer l'étuve sèche dans les cas où il s'agit plutôt d'irriter la peau que de déterminer beaucoup de pertes , et l'étuve humide dans les cas opposés.
Nous ne rapportons ici ni les expériences de Blagden ni celles de MM. Berger et de Laroche, qui tous ont tenu compte, jusqu'à un demi-grain près, de la différence de poids de leur corps à l'entrée et à la sortie des différentes étuves, parce que ces expériences ont été faites dans des étuves où le corps entier était plongé , et où , conséquemment , la respiration de l'air chargé de vapeurs changeait les phénomènes éprouvés , tandis que ce que nous venons d'exposer ne s'applique qu'aux étuves perfectionnées , telles qu'on les prend aujourd'hui} mais des calculs réunis de ces médecins, nous tirerons celte conséquence applicable aux étuves modernes , que les pertes faites par les vaisseaux exhalans , de même que l'intensité des autres phénomènes , sont en raison de la densité des milieux. Ces phénomènes cependant peuvent varier suivant les matières plus ou moins stimulantes , aromatiques , acides, alcooliques, etc. , qui peuvent être vaporisées , et qui constituent les étuves médicamenteuses.
S'il était possible de tolérer, comme moyen hygiénique , les bains d'étuves , soit secs, soit humides, nous dirions qu'on peut employer les premiers, dans les pays froids et humides, chez les personnes qui, dans l'impossibilité de se livrer à l'exercice musculaire, sont opprimées par une pléthore lymphatique considérable ; qu'on peut employer les seconds à une tempéra tui-e très-basse, . comme celle , par exemple , de 30 à 36» h- 0 R., chez des individus irritable» qui, à raison d'une grande susceptibilité cpigastrique, ne peuvent, quoique sains d'ailleurs , supporter la pression exercée par la densité de l'eau ; qu'on peut les employer à un degré un peu plus élevé chez les femmes qui viennent d'accoucher et ne nourrissent pas.
Quant aux étuves considérées comme moyen thérapeutique , elles sont d'un emploi fréquent. On en use dans tous les cas où l'on veut exciter fortement la peau pour obtenir un effet dérivatif, et même dans ceux où la peau est ellemême malade. Ainsi on fait usage des étuves dans les douleurs rhumatismales, dans les sciatiques , les péritonites , les douleurs des articulations et dans celles , des os. On ne doit guère faire usage de l'étuve dans ces aflections que lorsqu'elles sont passées à l'état chronique, et qu'on a usé sans succès des antiphlogistiques. Il faut renoncer de suite à ce moyen, si l'on s'aperçoit que l'irritation de la peau, loin d'être dérivative des irritations intérieures , vienne , au contraire, à reporter celles-ci à l'état aigu.
On peut employer les étuves pour exciter les exhalans de la peau dans les cas d'hydropisie et d'œdème. Les pertes alors qui se font par cette membrane , et la stimulation qu'elle éprouve, doivent faciliter la résorption des liquide» épanchés ou infiltrés dans l'économie. On use encore des étuves à la suite des rougeoles , et même pendant beaucoup d'affections cutanées anciennes. Enfin on les a employées avec succès dans les cas d'asphyxie par submersion.
Art. IV. Bains pai-tiels. — Comme les bains dans lesquels le corps est plongé dans l'eau jusqu'au cou ont été appelés bains entiers, on entend par bains partiels les demi-bains , c'est-à-dire ceux où l'eau n'arrive qu'à l'ombilic ; les hams de sié«e, c'est-à-dire ceux où le bassin et la partie supérieure des cuisses plongent dans l'eau , tandis que le reste du corps se trouve hors du liquide ; les pédiluves et les manuluves , c'est-à-dire l'immersion dans l'eau des pieds et des mains. Le demi-bain et le bain de siège sont les seuls de ces bains qui soient employés comme moyen hygiénique ; ils produisent sur une partie du corps l'effet que les bains entiers produisent sur la totalité. Le demi-bain est employé
BALANITE. (^15) BALANITE.
pour faciliter les fonctions de la peau par les personnes que le bain entier gêne et oppresse trop. Le bain de siège est employé pour faciliter l'établissement de l'exbalation menstruelle ; dans ce cas, on l'emploie ou très-froid, et alors on compte sur son effet secondaire , la réaction ; ou bien très-chaud , et alors il agit par son effet immédiat, qui est d'attirer directement le sang vers les parties sexuelles. Si on l'emploie froid, on doit, quad cela est possible, le prendre dans les rivières , ou, mieux encore, dans la mer. La stimulation qui le suit dans ces cas , et surtout dans le'dernier , est plus prompte et plus durable. Les autres bains partiels ne sont point employés comme moyen hygiénique , car c'est d'une lotion , plutôt que d"un pédiluve ou d'un mauuluve , que Ton use lorsqu'on nettoie ses pieds ou ses mains.
Quant à leur emploi thérapeutique, les bains partiels sont d'une ressource fréquente. Les bains de siège froids et chauds sont employés dans les affections des organes de la génération , tant chez l'homme que chez la femme ; les premiers sont utiles dans bien peu de cas : on s'en sert quelquefois avec succès , pour arrêter une liémorrhagie utérine ; mais ce moyen n'est pas sans danger. Les seconds sont d'un emploi fréquent dans toutes les phlegmasies aiguës et chroniques des organes pi écités. Les pédiluves et les manuluves sont également employés froids ou chauds. Ou les emploie froids, dans le même cas que le précédent, pour empêcher le développement d'une inflammation dans les cas d'entorse , dans le début d'un panaris , etc. Dans ces circonstances , comme ce n'est pas l'effet stimulant, mais bien l'effet répercussif que l'on cherche à obtenir , on ne doit pas se contenter d'un pédiluve ou d'un mauuluve de quelques minutes ; les parties doivent rester plongées dans l'eau pendant plusieurs heures et même pendant tout une journée ; l'eau doit être renouvelée assez souvent , pour que sa température n'ait pas le temps de s'élever. Sans ces précautions la réaction survient, l'effet répercussif du bain est annulé, et l'inflammation qu'on avait pour but de faire avorter ne s'en développe qu'avec plus d'énergie. Ces bains employés chez la femme pendant le cours des règles peuvent supprimer tout à coup cette évacuation , et causer des accidens plus graves que ne le seraient ceux de la maladie qu'on avait pour but d'arrêter. Les pédiluves froids ne doivent donc pas être emplôyés pendant cette époque , ni pendant une exhalation cutanée considérable. Une phlegmasie de la peau , un flux d'hémorrhoïdes , une inflammation intérieure , surtout des organes thoraciques , devront également en contre-indiquer l'emploi. Le pédiluve ou le manuluve très-chaud, est un révulsif fréquemment employé ; s'il n'est que tiède , son effet dérivatif cesse , il n'est plus qu'un relâchant partiel. Dans le premier cas, on en fait usage contre une série de symptômes encéphaliques , tels que les éblouissemens , les céphalalgies , les tintemens d'oreilles , etc. ; contre les phlegmasies des yeux , de la gorge, etc.; contre l'imminence de suffocation, qui survient dans l'asthme convulsif ; enfin dans tous les cas où l'on veut diminuer parla révulsion une irritation quelconque.
Il nous resterait à traiter des bains médicamenteux; mais ces bains n'agissant, d'une part, qu'à raison des propriétés générales que nous venons d'examiner, et de l'autre, que parles qualités spéciales des substances qui entrent dans leur composition, nous croyons devoir renvoyer leur histoire aux articles relatifs , soit aux matières médicamenteuses d'où ils tirent leur efficacité , soit aux maladies qui réclament leur emploi , et à l'occasion desquelles seront discutés les avantages et les inconvéniens qu'elles présentent, ainsi que les divers modes d'administration dont ils sont susceptibles.
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BALANITE, de /îk'Xkvo; , gland. La balanite est une inflammation de la membrane muqueuse qui revêt le gland et la face interne du prépuce, et qui s'accompagne le plus ordinairement d'un suintement mucoso-purulent : ce qui lui a valu le nom de gonorrhée ou chaude-pisse bâtarde , échauffement, blennorrhée du gland. C'est vouloir multiplieu inutileinent les divisions que de distinguer l'inflammation du prépuce (posthite) de la balanite , puisque , dans la plupart des cas, ces deux affections existent simultanément, et que le même traitement s'applique aussi bien à l'une qu'à l'autre.
La balanite reconnaît pour causes prédisposantes le phymosis naturel complet ou incomplot , la longueur excessive du prépuce ; et pour causes déterminantes , toutes les violences extérieures , par exemple le frottement violent et la constriction plus ou moins douloureuse qui a lieu dans le coït, lorsqu'il y a dispro-
portion entre les parties de l'homme et celles de la femme ; la masturbation excessive; l'application de substances acres, comme cela s'observe chez ceux qui ont eu commerce avec des femmes affectées d'écoulement leucorrhoïque , lochial ou menstruel , et qui ,, négligeant les soins de propreté , laissent les matières sécrétées subir une décomposition putride, signaléed'ailleurs par l'odeur qu'elles répandent. La plupart des auteurs disent que chez les hommes dont l'orifice préputial est fort étroit, la matière sébacée que sécrètent les follicules situées à la base du gland s'accumule en certaine quantité, s'échauffe , irrite les parties avec lesquelles elle se trouve en contact, et y provoque une sécrétion anormale.
Cependant on ne s'explique pas bien pourquoi dans l'état ordinaire , et malgré la disposition anatomique dont il vient d'être parlé , cette matière sébacée peutimpunément s'amasser entre le prépuce et le gland, sans provoquer la plus légère inflammation , ainsi que nous avons l'occasion de le constater chaque jour chez les hommes du peuple qui négligent totalement les soins de propreté; et comment, dans d'autres circonstances, il se développe une phlegmasie plus ou moins intense du prépuce et du gland. Si celte cause a produit quelquefois la balanite , elle n'est pas à beaucoup près la plus commune , et , en général , celte affection a lieu après un coït plus ou moins renouvelé, et dans lequel les malades, comme ils le disent eux-mêmes , se sont échauffés , et surtout lorsque les excès vénériens ont été accompagnés d'écarts de régime , et de l'omission des soins de propreté. Tel était au moins l'état des choses dans le plus grand nombre des cas qui se sont présentés à nous. Plusieurs fois nous avons vu des sujets chez lesquels l'orifice du prépuce était fort étroit, notamment un jeune homme chez lequel on avait peine à introduire dans cette ouverture un stylet boutonné, et qui, par conséquent, ne pouvait pas nettoyer le gland du smegma déposé à sa surface, et nous n'avons pas vu qu'ils eussent de balanite sans s'être livrés au coït. Nous n'avons pas non plus remarqué que , comme le dit le docteur Jourdan , celle affection fût plus commune chez les enfans que chez les adultes ; nous croyons avoir des raisons suflisantes pour penser le contraire : néanmoins nous avons eu l'occasion de la voir chez de jeunes garçons.
11 faut quelque chose de plus que l'accumulation de la matière sébacée à l'élat physiologique , pour produire la balanite; il faut que cette matière, en vertu de conditions qu'il ne nous est pas encore permis d'apprécier, ait acquis des qualités irritantes. Ce n'est pas, d'ailleurs, la seule circonstance où des produits de sécrétion acquièrent une âcreté qui les rend propres à enflammer les membranes sur lesquelles ils sont déposés ; et, de même que le mucus fourni parle vagin dans la leucorrhée , ou à la suite des couches , peut amener la balanite, de même l'écoulement puriforme, qui se fait par l'orifice du prépuce, peut enflammer la membrane muqueuse de la vulve et du vagin , sans qu'on soit autorisé à croire à l'existence d'un virus. (V oyez Vmus. )
La balanite est donc une véritable inflammation de cause externe , produite par des irritans mécaniques et chimiques , et entretenue par la disposition des parties sur lesquelles elle a son siège. C'est presque toujours une affection de peu d'importance, et qui se dissipe, soit spontanément, soit par de simples précautions hygiéniques. Dans quelques cas seulement elle oblige les malades à invoquer les secours de la médecine.
Les symptômes qui, ordinairement, annoncent l'existence de la balanite sont un écoulement plus ou moins abondant, et de consistance variable qui a lieu par l'orifice du prépuce. Le malade sent aussi un peu de chaleur et de démangeaison au gland , et sur le repli cutané dont il est recouvert ; et , si l'inflammation est très-considérable , il peut y avoir un léger engorgement des ganglions de l'aine et même des testicules; mais ces cas sont excessivement rares. Il est plus fréquent devoir survenir un phymosis ou un paraphymosis ( voyez ce mot) qui ajoutent à la gravité de la maladie , et nécessitent des moyens particuliers pour le traitement.
Lorsqu'on examine les parties malades, on voit, si le prépuce peut être relevé, le gland plus ou moins tuméfié , rouge et baigné d'un mucus purulent, dont l'odeur forte ressemble à celle du vieux fromage , et dont la couleur et la consistance sont variables. L'épithélium qui recouvre la membrane du gland et du prépuce est détaché par places ; là aussi la membrane est d'un rouge plus vif, et, si on l'examine avec une loupe , on aperçoit à nu les papilles qui forment sa surface ; mais ce ne sont que de simples excoriations, il n'y a pas de véritables ulcérations. Les follicules sébacés qui sont placés à la couronne du gland , sont aussi plus développés ; leur orifice est plus béant, et le produit de leur sécrétion plus abondant et plus liquide.
La douleur est peu considérable , si ce n'est quand l'orifice du prépuce étant fort resserré par l'inflammation , se trouve baigné par l'urine; c'est plutôt de la démangeaison que les malades ont coutume d'accuser. Cependant la sensibilité est manifestement accrue , et la pression des parties malades y suscite une douleur momentanée; il eu est de même de la marche et de tous les mouvcmens un peu réitérés.
La marche de cette maladie est le plus ordinairement aiguë , et pour peu qu'on y donne de soins , elle dure fort peu de temps. Ce n'est que dans des cas assez rares qu'elle passe à l'état chronique et qu'elle résiste aux secours de l'art. On voit cependant des malades chez lesquels , sans que les parties présentent ni rougeur ni gonflement, la sécrétion folliculaire est altérée dans sa quantité comme dans sa nature , de sorte qu'il en résulte une incommodité fort désagréable , et qui n'est pas toujours facile à guérir. Pour peu que les sujets qui en sont atteints s'échauffent ou se fatiguent, cette phlegmasie repasse promptement à l'état aigu , notamment dans les cas de phymosis complet ou incomplet , et de longueur excessive du prépuce , et les oblige à un traitement qui n'empêche pas des récidives plus ou moins réitérées. Quand la balanite occupe le prépuce,
BALARITE.
qu'elle s'est renouvelée plusieurs fois, et qu'elle a passé à l'état chronique, elle peut amener l'épaississement et l'induration de ce repli membraneux. Quand cet état se prolonge, la sécrétion morbide se continue , la membrane muqueuse s'hypertrophie, et il s'établit des adhérences plus ou moins étendues et intimes entre le prépuce et le gland. Nous avons plusieurs fois observé ce phénomène , et nous savons, par expérience, qu'il est difficile de détruire ces adhérences anormales qui entravent l'exercice des fonctions du pénis. Aussi sommes-nous portés à les considérer, avec M. Roux et M. Hey, comme une <lcs causesdu cancer de la verge, à cause des tiraillemens continuels qu'elles occasionent.
Le diagnostic de la balanite est généralement facile, surtout quand il n'y a pas de phymosis , et l'on ne saurait guère la confondre avec une autre maladie ; mais lorsque l'orifice du prépuce est fort resserré, soit naturellement, soit accidentellement, on peut méconnaître la véritable source de l'écoulement, et croire à l'existence de l'uréthrite. Cette erreur, qui est facile à éviter avec un examen un peu attentif, a cependant été commise plus d'une fois par des praticiens d'ailleurs très-recommandables. Indépendamment de l'absence des signes qui caractérisent l'uréthrite , il suffit d'une légère précaution pour constater que le mucus puriforme vient du pourtour du gland; elle consiste à mettre en vue l'orifice uréthral et à presser légèrement l'extrémité de la verge : on voit alors que la matière sécrétée ne sort pas du canal.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, on ne saurait considérer la balanite simple comme une affection grave, et elle est simple dans le plus grand nombre des cas. Aucun auteur n'a émis l'opinion qu'elle pût donner lieu à des accidens syphilitiques secondaires ou constitutionnels; aucun, surtout, n'a cité de faits authentiques propres à le faire croire. Pour nous, nous ne pensons pas qu'elle puisse être vénérienne, et nous la regardons comme une affection non virulente, et incapable d'aucune conséquence. Aussi ne pensons-nous pas qu'elle puisse obliger à aucun traitement antivénérien , si faible qu'il soit, et quelque idée qu'on ait à ce sujet, sur lequel nous reviendrons plus tard. Mais il est bien entendu qu'il ne s'agit ici que de la simple balanite , à laquelle les véritables ulcérations sont tout-à-fait étrangères , et qui ne s'accompagne que d'excoriations , c'est-à-dire d'un soulèvement de l'épithélium , sans solution de continuité de la membrane muqueuse du gland ou du prépuce.
La balanite peut quelquefois coexister avec des sympti^mes vénériens plus ou moins évidens, mais alors même le traitement spécial est dirigé contre ces symptômes et non contre la balanite. Il en est de même du phymosis et du paraphymosis, ils prolongent la durée de la maladie, mais sous une autre forme qui ne lui appartient pas essentiellement. Il est fort rare que la balanite simple soit accompagnée d'abcès dans l'épaisseur du prépuce; cet accident s'observe plutôt dans les cas de chancres. Une remarque qui n'est pas sans quelque intérêt, c'est que chez les sujets qui ont eu des balanites chroniques, on observe fréquemment des végétations. (^ot'Vz ce mot.) Il est aussi d'observation qu'une première balanite dispose à de fréquentes récidives, et il est tel sujet qui ne peut exercer le co'it sans en être immédiatement affecté , bien que n'ayant commerce qu'avec une femme parfaitement saine. On voit quelquefois une uréthrite succéder à la suppression d'une balanite, de même que la balanite remplace, dans certains cas, uneîréthrite qui cesse spontanément, ou par suite du traitement employé.
Souvent des soins de propreté un peu plus minutieu.'s que de coutume suffisent pour dissiper la balanite; des lotions et des bains locaux avec l'eau de guimauve, l'application, entre le prépuce et le gland, de charpj^ imbibée d'un liquide adoucissant et faiblement narcotique, lorsque le prépuce peut être relevé, et, dans le cas contraire, les injections faites avec le même liquide , sont quelquefois nécessaires. Il peut être bon aussi d'y joindre l'usage de boissons tempérantes, de bains tièdes, et l'abstinence d'excitans de toute espèce ; mais nous avons vu rarement cette afl'ection présenter assez de gravité pour qu'on eûtbesoin de recourir aux saignées locales ou générales. Quandia balanite a passé à l'état chronique, et que l'exhalation puriforme continue par une sorte d'habitude, les lotions froides et astringentes sont fort avantageuses. Mais ce qui nous a paru surtout fort utile, c'est le soin de tenir habituellement entre le prépuce et le gland un plumasscau de charpie destiné à absorber les fluides à mesure qu'ils sont exhalés , et, plutôt encore, à empêcher les parties enflammées de se trouver en contact. Lorsque la maladie est très-opiniâtre, on emploie avec avantage la cautérisation superficielle, et plus ou moins réitérée, avec le nitrate d'argent fondu, en y joignant la précaution que nous venons d'indiquer. Enfin, chez les sujets chez lesquels un phymosis naturel ou accidentel met un obstacle à l'usage des moyens hygiéniques et à l'application des agens thérapeutiques, le débridement de ce repli membraneux, et même son excision partielle ou totale, forment un moyen auquel on est obligé de recourir dans certains cas, mais qu'on ne doit employer cependant qu'après avoir reconnu l'inefficacité des autres. Tels sont les moyens curalifs que nous conseillons contre la balanite, et nous ne recommandons aucun traitement particulier dans la vue de prévenir des accidens ultérieurs. Nous ferons observer que, supposé même que la balanite puisse être vénérienne dans quelques cas, il n'existe aucun moyen de s'en assurer; (]ue la transmission même par le coït ne serait pas une preuve suffisante, puisque toute matière acre organique ou inorganique peut enflammer les membranes muqueuses ; que par conséquent l'administration de qîielci'ias closes de préparations mercurielles est toute irrationnelle. Eu effet, dans l'opinion même de ceux qui soutiennent la spécificité du mercure, elle estinsuffisante si la maladie est vénérienne, et superflue si ce n'est qu'une affection simple et locale. Toutefois, en faisant ressortir ce que celte manière de procéder présente d'inconséquent, nous ne prétendons rien établir relativement au traitement de la syphilis et à l'emploi du mercure , et nous renvoyons à l'article Syphilis.
BANDAGE
Les auteurs ont, pour la plupart, traité de la balanite d'une manière trèssuperficielle; les dictionnaires de médecine qui ont précédé celui-ci n'ont pas même consacré d'article à cette maladie, qui, bien qu'elle soit ordinairement légère , n'est pas cependant indigne d'attention. (CtLLERiER et Ratibb.) .
BA.LBITTIEMENT. Fojez Bégaiemebt.
BALLONNEMENT, s. m., injlatio, tjmpanitis , gonflement; distension de l'abdomen par une accumulation de gaz dans le canal intestinal ou dans la cavité du péritoine. Le ballonnement du ventre est un des symptômes ordinaires de l'hystérie et de l'hypochondrie ; il survient fréquemment chez les individus dont les digestions sont habituellement pénibles et laborieuses; l'ingestion de certains légumes , tels que le choux, le haricot , le navet, le déterminent chez beaucoup de personnes; c'est l'état habituel des enfans qui ont une grande quantité d'ascarides lombricoidcs ; on l'ol^serve encore comme symptôme dans beaucoup d'entérites chroniques, principalement chez les enfans nourris de farineux, ou dont le sevrage n'a pas été bien ménagé. Enfin, ou le voit se manifester tout à cou p à la fin des péritonites dont l'issue va devenir funeste, et lorsqu'il s'opère une perforation intestinale. Dans ces deux derniers cas , le ballonnement du ventre est un symptôme mortel , ou, pour parler plus exactement, il annonce que la maladie a fait des progrès funestes; danstoutes les autres circonstances, il n'a qu'une très-faible valeur séméiotique.
Il n'y a rien à faire au ballonnement qui survient dans une péritonite ou après une perforation intestinale , et ce n'est pas un phénomène assez grave dans les autres cas pour qu'il soit bien nécessaire de s'en occuper; il cède en général aux moyens dirigés contre la maladie dont il est le symptôme. Cependant, je l'ai vu disparaître assez promptement sous l'influence des frictions sur l'abdomen avec l'huile de camomille camphrée, pour croire que celiniment est le meilleur moyeu de le combattre, et pour conseiller aux praticiens d'y avoir recours dans tous les cas où une inflammation trop vive n'en contre-indique pas l'emploi. ( f^oy ez Tympakite. ) ( L.-Ch. Roche. )
BALLOTTEMENT. Fojrez Accouchemekt.
BALSAMIQUE. Vojez Baume.
BANDAGE, s. m., deligatio, s. î.,fascia, on désigne par ce nom, tantôt une simple pièce d'appareil; tantôt de véritables appareils plus ou moins compliqués, mais essentiellement formés débandes ou de morceaux de toile ou de flanelle ; tantôt enfin de véritables machmes dans la composition desquelles entrent des ressorts, des lacs, etc., de diverses natures.
Les bandages de cette dernière classe, qui agissent plus spécialement par leur élasticité, par leur grande résistance , ou ^ la manière des leviers, ont été généralement désignés sous le nom de bandages mécaniques; ils constituent les brayers, les tourniquets , les compresseurs j la plupart des agens de YorthopéUie, et sont spécialementapplicables aux Aernjeij aux kémorrhagiesj aux difformités ^ et aux vices de conformation ( vojez ces mots). Je ne m'en occuperai pas ici pour des raisons qu'il est facile de sentir.
Les usages des autres bandages sont aussi très-variés.
Dans beaucoup de cas , ils servent seulement à maintenir en place les diverses pièces d'un pansement , et portent alors le nom de bandages simples ou conlentijs ; ou bien ils contiennerit les fragmens d'un os fracturé, ou les viscères qui ont formé une hernie, après qu'ils ont été réduits, et alors ils sont dits encore contentij's ou rélentifs.
D'autres fois ils servent à maintenir en contact les lèvres d'une solution de continuité des parties molles , et on les nomme incarnatijs, ou mieux bandages unissans ; dans d'autres circonstances ils éloignent au contraire les parties qui tendent à se réunir, et constituent les bandages divisifs.
Quelques bandages ont pour usage d'exprimer le pus qui séjourne dans le fond de certains clapiers ; ils sont dits expulsijs.
D'autres servent , soit à exercer une couipressionautour des parties qui s'engorgent ou se laissent dilater par les fluides que l'atTaiblissement de leur ressort ne leur permet pas de chasser, soit à retenir le sang qui s'échappe des vaisseaux divisés, etc. ; ce sont les bandages compressifs.
Il y en a qui ont pour but de soutenir les parties, pour les soulager de la douleur occasionée par le tiraillement que leur propre pesanteur leur fait éprouver ; tels sont les snspensoirs/les écliarpes.
Quelques-uns , enfin, alongent les parties qui tendent à se raccourcir ; on les nomme exiens'fs
La forme des bandages est en rapport et avec les indications différentes qu'ils doivent remplir, et avec les variétés de configuration des parties sur lesquelles ils doivent être appliqués. Considérés sous ce rapport, ils constituent :
lo Le bandage roulé, quand il est formé avec une bande ; et celui-ci se subdivise à son tour en :
a. Bandage rampant ou en spirale, quand il décrit, autour d'une partie cylindrique, une spirale ascendante ou descendante, dont les pas ne se touchent pas par leurs bords.
b. Bandage circulaire, quaml les tours de bande se recouvrant dans leur entier, sont disposés circulairemeiit autour d uue partie.
c. Bandage eu duloire, quand les jets du bandage en spirale se recouvrent mutuellement dans une partie de leur largeur.
d. Bandage renversé , quand la bande dans son trajet est changée brusquement de direction, de manière que son bord inférieur devienne supérieur, ou qu'après avoir recouvert une partie derai-spliérique, comme la tète, par exemple , elle est ramenée brusquement à son point de départ en sens inverse à celui qu'elle vient de suivre.
e. bandage en huit de chffre (xiastre ou spica ), quand les jets de bande dé-