BARDA.NE
BARIUM.
plus efficace et la plus régulière possible , les tours de bande se recouvrent du tiers, de la moitié ou des deux tiers de leur largeur , et forment ainsi des doloires ouverts du côté opposé a celui vers lequel procède le bandage.
Il est de la plus haute importance que la constriction exercée par les tours de bande aille successivement en décroissant de la partie inférieure à la partie supérieure du membre , et que les jets de bande soient appliqués à plat , autant que faire se peut , afin qu'un de leurs bords ne comprime pas plus que l'autre. Si , au milieu du bandage , un jet de bande se trouve plus serré que les autres , ou si un jet débande , tournant autour d'une partie conique , forme , par un de ses bords , un godet , tandis que l'autre se trouve fortement tendu, il en résultera une pression douloureuse au point correspondant, du gonflement et delà douleur dépendant de la stase du sang dans les parties situées au-dessous : de là le précepte d'appliquer le bandage roulé le plus exactement possible, et même de commencer ce Jaandage vers la partie la plus inférieure du membre toutes les fois que, par des raisons quelconques , il devra être quelque peu serré : de là encore le précepte de faire disparaître les godets par des renversés. Pour faire ceux-ci , il faut avoir le soin de ne dérouler que très-peu de la bande, et, après avoir fixé avec l'indicateur de la main gauche le bord du jet, renverser le cylindre tenu de la main droite sur lui-même, de manière que la face profonde de la bande devienne superficielle et son bord supérieur inférieur, et vice versa. On continue ces renversés tant que la partie reste conique, de manière à ce qu'ils forment un spica régulier : ou doit seulement avoir le soin de faire cet épi vers la partie du membre opposée à la maladie, parce que, quelque précaution que l'on prenne , il exerce une pression moins égale que celle des tours de bande ordinaires.
Bandage en T. — On le fait avec deux bandes , dont l'une, qui est verticale, est cou3ue perpendiculairement par son extrémité à la partie moyenne de l'autre, qui est horizontale ; c'est ce qui constitue le T simple. Si la bande verticale est fendue en deux chefs , le T est double.
On applique les bandages en T sur plusieurs parties du corps :
1° A la tête, dans les maladies de l'oreille. Pour l'appliquer, on tourne en haut la bande verticale ; on applique le plein du bandage sur l'appareil , et on dirige en avant et en arrière, j usque vers l'oreille opposée , les deux chefs de la bande horizontale On conduit alors en haut les deux chefs de la bande verticale ; on les croise sur le sommet de la tête , et on les ramène jusqu'à la région auriculaire du côté opposé ; on croise alors sur eux les deux chefs de la bande horizontale ; pour les fixer, on les renverse de bas en haut pour les ramener vers leur point de départ , taudis que les chefs de la bande horizontale , ramenés vers le front et l'occiput jusque vers l'oreille malade, servent de nouveau à les fixer : on attache le tout avec des épingles.
T du nez. — On tourne en haut les chefs de la bande verticale ; on applique au-dessous du nez le plein de la. bande horizontale , dont les chefs sont conduits à la nuque en passant sous les oreilles ; on les croise en cet endroit sur les chefs de la bande verticale qui y ont été conduits après avoir été croisés sur la racine du nez , et après avoir passé sur les régions pariétales ; puis on les ramène , en passant par-dessus les oreilles , jusque sur le front, où on les fixe avec des épingles. Les chefs de la bande verticale , renversés d'avant en arrière, sont également ramenés vers le front et fixés delà même manière.
T du périnée. — On tourne en bas la bande verticale ; on applique le plein de la bande horizontale sur la partie supérieure de la région sacrée , et les chefs en sont noués autour du tronc. On ramène alors en avant les chefs de la bande verticale en les faisant passer de chaque côté du scrotum ; après quoi on les fixe à la bande qui sert de ceinture. ( L.-J. Sakson. )
BANDELETTES, ^ojrez Agglutikatif.
BARDANE. Herbe aux teigneux. Glouteron. Arctium lappa , Synanthérées , Jbss. Syngénésie égale, Linn. La bardane est une plante très-commune et qui croit spontanément dans les bois et les lieux incultes. Sa racine, qui est la partie la plus employée , est longue , cylindrique , rameuse , noire au-dehors et blanche en dedans. Coupée en travers , elle présente une structure spongieuse et une disposition orbiculée. Elle n'a ni odeur ni saveur bien marquée ; même dans beaucoup d'endroits on la fait cuire et l'on s'en sert comme d'aliment : et , remarquez que c'est la bardane sauvage telle qu'on l'emploie en matière médicale , qui est appliquée à ces usages économiques , et non pas la plante adoucie et modifiée dans sa composition au moyen de la culture. L'analyse chimique n'y révèle aucun principe actif, dont les propriétés physiques n'auraient pas indiqué l'existence ; ce qui d'ailleurs serait contraire à toute observation; car on n'a peut-être pas d'exemple d'une plante insipide et inodore.qui jouisse de propriétés énergiques. M. Guibourt, dont l'exactitude est connue, n'y a rien trouvé de plus que de l'amidon en grande quantité, de l'inuline , de l'extractif , des sels à base de potasse , et principalement du nitrate.
D'après ce qui précède , il est facile de concevoir que la bardane ne saurait avoir de grands effets sur l'économie animale, surtout lorsqu'on l'administre à faible dose , comme cela se fait d'ordinaire ; et l'expérience faite sans prévention vient confirmer cette idée. Comment donc s'expliquer les propriétés sudorifiques et diurétiques que lui attribuent les auteurs anciens , et les effets merveilleux qu'ils en obtenaient dans les maladies de la peau , où , jusqu'à nos jours, elle a été conseillée et prescrite avec un respect religieux pour les traditions? Cependant, à différentes époques , les bons esprits s'élevèrent contre cette fâcheuse crédulité , et prouvèrent, par l'expérience et le raisonnement, que la bardane était une substance insignifiante, dont les bons effets apparens devaient être rapportés au temps , au régime et aux médications diverses dont on l'accompagnait. CuUennie positivement sa vertu sudorifique , de même que
Barbier d'Amiens : et tous deux attribuent la sueur , quand il s'en manifeste durant l'usage de la tisane de bardane , à l'ingestion d'une certaine quantité | d'eau chaude , ou ji l'élévation de la température ambiante. Ainsi , par exemple , en Pologne où l'on guérit la syphilis par ce seul moyen , ou y ajoute des j bains de fumier , qui ne sont pas sans une certaine efficacité , tant par la chaleur dont ils sont pourvus , que par les molécules ammoniacales qu'ils fournissent à l'absorption. Prise dans les mêmes circonstances, toute autre tisane amylacée et faiblement nitrée , et l'eau pure elle-même, ne pourraient-elles pas avoir le même résultat? C'est probablement de la même façon qu'elle a pu î être utile dans le traitement de la goutte et du rhumatisme , et mériter les | éloges que lui donne un médecin anglais , auquel elle a rendu des services J\ personnels.
On en peut dire autant de la propriété diurétique ; en la reconnaissant même au nitrate dépotasse, n'est-il pas évident, comme le dit M. Barbier qui partage en cela l'opinion de Desbois de Rochefort , que la très-petite quantité de ce sel, que peut céder à la décoction la racine de bardane, ne saurait avoir d'action ? A moins qu'on n'admette , avec quelques auteurs , que le nitre est d'autant plus diurétique qu'on l'administre à plus faible dose et dans ; un véhicule plus abondant ; ce qui signifie , en d'autres termes , qu'un véhicule '] aqueux abondant est la condition la plus favorable pour provoquer une super- ] sécrétion d'urine. |
Restent donc les vertus dépuratives, vantées contre les maladies de la peau, et qui ont valu à la bardane le nom d'herbe aux teigneux, M. Alibert dit n'en ' avoir tiré aucun avantage marqué , et la considère comme un moyen sur lequel | on doit peu compter; ce qui , d'ailleurs , confirme celte opinion , c'est ce qu'en . disent ses partisans , savoir , qu'elle n'agit que lentement. | Les semences un peu acres et amères , mais ayant d'ailleurs des propriétés 'j aussi peu prononcées que celles de la racine , ont été considérées comme pur- J gatives par Decandolle ; si elles le sont, c'est à un bien faible degré. Enfin , les j feuilles , pilées et appliquées en cataplasme , ne font qu'un cataplasme émoi- ; lient qui peut êti-e aussi utile qu'un autre , dans la teigne ou toute autre affec- ! tion cutanée , mais que tout autre peut remplacer sans qu'on ait à regretter i aucune action particulière. L'onguent que feu Percy préparait avec parties ! égales de suc exprimé de feuilles de bardane et d'huile , peut être apprécié de ' la même manière , et nous ne saurions croire que l'illustre professeur l'ait j jamais envisagé autrement. i Le mode d'administration delà racine de bardane est simple. C'est la décoc- | tion d'une à quatre onces dans un litre d'eau. C'est la méthode la plus usitée, i et peut-être même la seule qu'on emploie encore. On a renoncé à la poudre . dont on donnait -jadis depuis un scrupule jusqu'à un gros, à l'extrait aqueux | dont la dose était de quinze à trente-six grains, et qu'où aurait pu porter j quatre fois plus loin , sans avoir à redouter le plus léger accident. Quant aux ' semences et au suc exprimé des feuilles , ils sont encore plus complètement ; abandonnés. (F.Ratier.)
BARIUM et ses composés, envisagés sous le rapport médico-légal. — Le .; barium a été obtenu jusqu'alors en trop petite quantité pour être devenu la j source d'empoisonnemens. Il n'est pas vénéneuxpar lui-même, mais il Je devient : aussitôt qu'il a le contact de l'eau ou de l'air. Les composés qu'il fournit possè- ! dent tous des propriétés cnergiqu'es. j Barium. — Métal solide, très-brillant, très-ductile, s'oxidant à l'air en peu d'in- i - stans ; se transformant dans l'eau en hydrate dè protoxide de barium (baryte ). Baryte {protoxide de barium hydraté). — Solide , grise ou blanche, suivant i qu'elle n'est pas ou qu'elle est délitée ; soluble dans l'eau ; sa dissolution verdissant le sirop de violettes, précipitant en blanc par un courant carbonique ] (précipité de sous-carbonate de baryte , difficilement soluble dans un excès de ; cet acide ; soluble avec effervescence dans l'acide nitrique ). L'acide sulfurique, '; les sulfates de potasse ou de soude y font naître un dépôt de sulfate de baryte, insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique. Ce dépôt ne se dissout pas sensi- .j blement, quelle que soit la quantité d'eau qu'on y ajoute , ce qui distingue le sulfate, de baryte du sulfate de strontiane, et par conséquent les deux alcalis I l'un de l'autre. - La baryte solide , mêlée à du vin , le trouble et le décolore, si cet alcali a été ^ ajouté en assez grande quantité. La dissolution de baryte versée dans ce liquide * le trouble plus ou moins en raison des sulfates que le vin renferme ; elle le ,j décolore incomplètement. Dans les deux cas , le vin prend une teinte bleuâtre. ^ y^nalyse. — Filtrer le vin de matière à recueillir le dépôt ; décolorer la liqueur ' par le charbon animal, si elle renferme encore trop de matière colorante, et \ la traiter ensuite par l'acide carbonique , l'acide sulfurique et les sulfates j solubles , comme je l'ai dit à l'occasion de la baryte pure. Quant au dépôt, il ; faut calciner dans un creuset avec du charbon à une haute température; le | résidu ( sulfure de barium ) sera dissous dans l'eau , transformé en nitrate de j baryte par l'addition d'acide nitrique ; il se formera un dépôt de soufre et il se | dégagera de l'hydrogène sulfuré. La liqueur filtrée offrira tous les caractères 'i des sels de la baryte, et si on la fait cristalliser, les cristaux décomposés parla j chaleur seule fourniront de la baryte pure.
Baryte mêlée à du lait. —• Une dissolution concentrée de baryte versée dans I du lait le rend plus fluide , mais un pareil mélange peut encore être donné | pour du lait. II est difficile d'y constater la présence de ce poison si l'on ne s'est | débarrassé de la matière animale. L'alcool ne remplit qu'imparfaitement cet j objet , ainsi que je le démontrerai à l'article Eau de javelle. 11 n'en est pas de | même du moyen suivant, qui m'a toujours réussi, et que l'on peut appliquer i non-seulement à la baryte , mais encore à tous les alcalis, l» Constater que le j lait est alcalin , à l'aide du sirop de violettes, ou, mieux encore , avec un papier ;
BARIUM.
BARYTE.
jde tournesol, rougi par un acide faible; 2" élever un peu la température du lait; 3o y faire passer un courant de chlore gazeux. Au bout de quelques instans', la matière animale se coagule et forme des grumeaux qui nagent au milieu
I d'une liqueur très-limpide. C'est lorsque le mélange est arrivé à ce point qu'on le jette sur le filtre; le liquide passe avec une rapidité extrême; il est limpide, incolore, analogue, en un mot, à de l'eau distillée. On traite cette liqueur par l'acide sulfurique , les sulfates solubles , comme je l'ai dit à l'article Baryte, et l'on obtient les mêmes résultats. Je dois prévenir qu'un courant de gaz acide carbonique ne fait naître qu'un dépôt peu abondant et seulement après quelques instaus. Probablement la baryte est en partie transformée en hydrochlorale , surtout quand pour, obtenir le chlore, on se sert de peroxide de manganèse et
1 et d'acide hydrochlorique.
M. Orfila conseille , dans le cas dont il s'agit, de traiter la liqueur animale qui lient ce poison eu dissolution par du sôus-carbonate d'ammoniaque; de
|recueillir le précipité de sous-carbonate de baryte qui se forme et de le calciner
l'avec du charbon pour obtenir de la baryte.
Ce procédé employé pour le mélange de baryte et de lait présente les inconvéniens suivans : 1" lorsqu'on ajoute le sous-carbonate d'ammoniaque il ne se produit pas de précipité apparent, la liqueur prend seulement une couleur blanche plus intense ; 2" si on l'abandonne à elle-même, il ne s'y forme pas de dépôt bien sensible, même au bout de plusieurs heures , ce qui tient à ce que le sous-carbonate de baryte obtenu , étant très-divisé , est tenu en suspension par la matière animale du lait; 3° si l'on filtre la liqueur, elle passe très-lentement, et sur le filtre il reste du sous-carbonate de baryte mêlé à la matière caséeuse du lait; 4» vient-on à calciner ce précipité avec du charbon, ce n'est qu'au bout . d'un temps très-long et d'un feu soutenu que l'on opère la décomposition du i jcarbonate de baryte. Encore une partie plus ou moins considérable échappe-telle souvent à la décomposition , car le résidu de la calcjnation , épuisé d'abord ipar l'eau, puis traité par l'acide nitrique, fournit deux liqueurs qui toutes Il deux contiennent de la baryte.
a La marche que j'ai proposée pour découvrir la baryte mêlée à du lait devrait • être adoptée dans les cas où ce poison serait incorporé à toute autre liqueur 0 animale. Si ces liqueurs contenaient des dépôts blancs , soit de carbonate de jjbaryte , soit de sulfate, il faudrait les recueillir, les traiter par le charbon à 'i lune haute température , et agir sur le produit de la calcination , pour le cas où i|le dépôt serait un sulfate , comme je l'ai dit à l'article Bahyte mêlée à du vin ; Jijet pour celui où il serait un carbonate, comme l'a conseillé M. Orfila. Al Hydrochlorate de harjte. — Sel solide , blanc, cristallisé , ne verdissant pas f ile sirop de violettes , dégageant des vapeurs blanches épaisses quand on le traite tjà sec par l'acide sulfurique, soluble dans l'eau ; sa dissolution précipitant en J blanc le nitrate d'argent, précipité (chlorure d'argent), caillebotté, lourd, {linsoluble dans l'eau , dans l'acide nitrique , soluble dans l'ammoniaque. L'acide | sulfurique, les sulfates de soude et de potasse y font naître un dépôt blanc |l( sulfate de baryte), insoluble dans l'eau et l'acide nitrique. Une portion de
Ijliqueur, traitée par du sulfate de soude jusqu'à ce qu'elle ne se trouble plus ni ipar ce réactif, ni par l'acide sulfurique, ne fournit pas de précipité quand on jy ajoute du sous-carbonate de potasse. L'hydrochlorate de baryte ne se dissout pas dans l'alcool , et par conséquent ne colore pas en pourpre la flamme qui résulte de sa combusfion.
Ces caractères sont encore applicables à une dissolution fort étendue. Mêlé à du vin , l'hydrochlorate de baryte le trouble légèrement en raison des sulfates que le vin renferme. L'analyse en doit être faite comme je l'ai dit à l'article Baryte mêlée à du vin ; toutefois l'emploi du gaz acide carbonique devient un réactif inutile. Le nitrate d'argent doit au contraire être employé , mais il faut apporter la plus grande réserve , lorsqu'il s'agit de spécifier si c'est de la baryte ou de l'hydrochlorate de baryte qui a été mêle' à ce liquide, attendu que presque tous les vins précipitent par le nitrate d'argent , et que l'abondance du précipité peut seule établir des présomptions. Il importe peu d'ailleurs que ce soit l'un ou l'autre de ces poisons, ils agissent avec autant d'énergie; ce qui est nécessaire c'est d'établir qu'un composé de ce genre existait dans la liqueur.
Tout ce que j'ai dit à l'égard de la baryte mêlée à du lait ou à d'autres liqueurs animales peut être appliqué à l'hydrochlorate de baryte.
En résumé, lorsqu'il s'agit de constater la présence de la baryte ou de l'hydrochlorate de baryte contenu dans l'estomac, on recueille les liquides que ce viscère contient, on les met dans un vase transparent; on examine s'il se forme un dépôt; si la liqueur verdit le sirop de violettes ou rougit la teinture de tournesol; on lave les parois de l'estomac avec de l'eau distillée et on peut sans inconvénient réunir l'eau de lavage à la liqueur première. On filtre le tout, on traite la liqueur filtrée par les réactifs, si elle est limpide ; on y fait passer un courant de chlore dans le cas contraire, et l'on fait agir sur elle les x-éactifs ou de la baryte , ou de l'hydrochlorate de baryte ; que s'il s'était formé un dépôt ou devrait le calciner isolément avec du charbon , et alors on obtiendrait , soit de la baryte , si le dépôt était un carbonate , circonstance qui se rencontrera rarement, soit du sulfure de barium que l'on traitera par l'eau, puis par l'acide nitrique, afin d'obtenir un nitrate de baryte dont on constaterait les caractères. Si ces recherches avaient été infructueuses on pourrait calciner les parois de l'estomac comme l'a conseillé M. Orfila , et agir sur le résidu de la calcination comme ci-dessus, ou bien dissoudre les parois de cet organe dans une capsule de porcelaine en ajoutant sur elles, et portions par portions, de l'acide hydrochlorique. Lorsque la dissolution serait complète , on concentrerait la liqueur jusqu'à consistance sirupeuse et on l'étendrait d'eau. On y ferait passer ua courant de chlore pour enlever la matière animale , et on a girait
ensuite sur le liquide filtré à l'aide des réactifs de la baryte et de l'hydrochlorate de baryte. Je reviendrai, à l'article Cuivre, sur ce procédé qui m'a réussi dans la recherche de plusieurs poisons.
Toutes les préparations de barium sont vénéneuses , mais on ne connaît qu'un petit nombre d'exemples d'empoisonnemens par ces substances. Des expériences ont été faites par MM. Brodie et Orfila. 11 en résulte : que l'hydrochlorate de baryte , injecté dans les veines à la dose de quelques grains , donne la mort dans l'espace de cinq à six minutes; 2° qu'introduit dans l'estomac des chiens ou des lapins à la dose d'un gros , l'œsophage lié ou non lié , il les fait périr en moins d'une heure; S" qu'appliqué sur une plaie, ou injecté dans le tissu cellulaire, à la même dose, il donne la mort dans l'espace de deux à trois heures.
De quelque manière que l'empoisonnement ait eu lieu , on observe à peu près les mêmes symptômes. Ils peuvent être réduits aux suivans : aussitôt l'ingestion du poison dans l'estomac, nausées, vomissemens accompagnés de violens efforts, vertiges , insensibilité , état d'affaissement, puis mouvemens convulsifs partiels ou généraux ; les secousses sont souvent si fortes que Taniraal fait des sauts brusques que l'on a comparés à ceux des grenouilles soumises à l'action d'une forte pile galvanique. Ces convulsions cèdent pendant quelques secondes, pour reparaître avec plus d'intensité ; les battemens du cœur sont extrêmement fréquens ; la respiration est montanément suspendue ; les pupilles sont dilatées ; l'animal tombe bientôt dans un état complet d'immobilité et d'insensibilité, puis il succombe. Quelquefois des paralysies partielles se manifestent. On a constamment trouvé des traces d'une inflammation intense de la partie avec laquelle le poison a été mis en contact, mais jamais de lésions qui pussent annoncer qu'une action caustique avait eu lieu. Il eût été peut-être important de constater l'état des centres nerveux et de leurs enveloppes. On peut donc conclure de ces recherches que l'hydrochlorate de baryte agit comme irritant de la partie sur laquelle il est appliqué ; qu'il est absorbé et qu'il exerce une action excitante extrêmement vive sur le cerveau et principalement sur la moelle épinière; qu'il peut donner la mort à une dose très-faible de quelque manière qu'il ait été administré.
Quant à la baryte, elle a été donnée aux animaux à l'état solide et à la dose d'un demi-gros ou d'un gros ; elle a produit les mêmes accidens en agissant toutefois plus directement sur l'estomac , en vertu de ses propriétés caustiques. Le carbonate de baryte paraît produire les mêmes effets malgré son insolubilité.
Traitement. — M. Orfila, ayant égard à l'insolubilité du sulfate de baryte , a proposé les sulfates de potasse, de soude ou de magnésie, comme contrepoisons du barium et de ses composés. Il a expérimenté ces antidotes. Un chien qui avait avalé deux gros d'hydrochlorate de baryte ne succomba qu'au bout de trente-cinq heures, parce qu'on lui avait fait prendre deux onces de sulfate de soude ; dissous dans quatre onces d'eau. Son existence a été prolongée , puisqu'il eût évidemment péri au bout d'une heure. La grande quantité de sulfate de baryte qui s'est formée peut-elle être considérée comme n'ayant exercé aucune action sur l'animal en vertu de son insolubilité? Je ne le pense pas, car le sous-carbonate de baryte est plus insoluble , et il agit comme vénéneux, puisqu'il empoisonne les chiens à la dose d'un gros, et qu'il les fait périr en six heures. Mais c'est déjà une circonstance favorable pour un poison qui peut être absorbé , que de pouvoir le transformer en une substance insoluble. Les sulfates de potasse , de soude , de magnésie , l'eau de puits devront donc être employés ; mais il faudra surtout s'attacher à opérer le vomissement , afin d'évacuer et le poison , et le produit de sa décomposition. Les antiphlogistiques et les narcotiques seront ensuite employés pour calmer l'irritation générale et locale.
( Alph. Devekgie. }
BARYTE ( thérapeutique). On a essayé d'utiliser en médecine les propriétés très-énergiques de l'oxide et de l'hydrochlorate de baryte. Cependant , soit que des accidens graves aient plus que balancé les bons résultats qu'on en avait espérés , soit même , peut-être, qu'on n'en ait pas obtenu de succès bien constatés , les préparations de baryte , après avoir joui d'une vogue passagère , sont bientôt rentrées dans l'obscurité d'où le docteur Crawfort les avait tirées il y a quelques années , et ne sont plus autant en usage. C'est donc moins pour engager les praticiens à revenir à sou emploi, que pour signaler les dangers de la prévention et d'une expérimentation peu attentive, que nous allons nous en occuper ici.
L'oxide de barium est très-vénéneux de même que la plupart de ses composés ; il agit comme un caustique violent sur les tissus organiques avec lesquels il se trouve en contact, et, de plus, il s'introduit dans les vaisseaux , et détermine des accidens très-graves attestant une action funeste sur le système nerveux. Bien que cette manière d'agir dût peu engager à faire entrer cet agent dans là thérapeutique , on l'a proposé pour remplacer la pierre à cautère. On y a renoncé , avec raison, eu égard à ce qu'il est facilement absorbé; sans compter que la pierre à cautère, remplissant parfaitement bien le but qu'on s'en proposait, et n'étant ni rare ni chère, il était à peu près superflu de lui chercher un succédané. On a employé contre les dartres , et à l'extérieur , sa solution saturée mêlée à l'huile : mais , en supposant que ce moyen ait réussi , ne peut-on pas expliquer ses bons résultats par une cautérisation pratiquée à propos , et dont l'action était toute locale, parce que l'huile est peu favorable à l'absorption?
Divers sels de baryte ont été également introduits dans lamatière médicale ; ce sont le sous-carbonate, le nitratre et le méconate ; ce dernier a été conseillé par Bremser comme un puissant vermifuge ; mais celui de tous qui a été le plus usité c'est l'hydrochlorate; c'est aussi le plus vénéneux. Son action est des plus promptes et des plus énergiques ; il détermine les phénomènes propres aux empoisonnemens par les poisons acres; un sentiment de brûlure, des vomisse-
BASSIN
mens, des convulsions. Appliqué sur la peau, il la cautérise plus ou moins profondément. Après la mort on trouve le sang coagulé, et le cœur dépourvu de son irritabilité. Une dose légère de ce sel suffit pour produire tous ces désordres.
On concevrait qu'on ait trouvé dans ces résultats des motifs pour appliquer rhydrochlorate de baryte au traitement des maladies scrofuleuses , en les considérant comme atoniques et réclamantl'emploi de stimulans actifs. Il paraît d'ailleurs que c'est sa saveur très-amère qui l'a fait recommander dans ces affections , à une époque ou les amers y étaient fort employés et où l'on en cherchait sans cejse de plus actifs que ceux usités communément. On comprend bien qu'on l'ait signalé comme irritant, peut-être même comme résolutif, diaphorétique et diurétique ; mais , à coup sûr , on ne s'attendait pas à le voir indiquer comme réfrigérant. Il,y a do quoi être surpris en lisant la nomenclature des maladies contre lesquelles l 'hydrochlorate de baryte a été conseillé; et, lorsqu'on vient à lire les observations où sont consignées ses merveilleux effets , on trouve , tantôt des narrations incomplètes , et qui ne sauraient fournir aucune preuve pour ou contre l'emploi de ce médicament ; tantôt des histoires dans lesquelles les maladies sont vicieusement dénommées , et dans lesquelles il n'y avait aucun motif pour administrer ce médicament, au lieu de tout autre, ou bien dans lesquelles l'amélioration a été le résultat du temps et des médications concomitantes , parce que les doses de l'hydrochlorate de baryte étaient trop faibles pour avoirquelqueactiou.Plus souventenfin , on est k même deconstater des affections plus ou moins graves produites par l'usage du médicament.
Que sert-il de dire après cela que l'hydrochlorate de baryte a été essayé dans les scrofules et les affections qui s'y lient, tellesqueles ophtalmies, les ulcères ; dans le carreau , le rachitisme, le cancer , la phthisie pulmonaire , les affections muqueuses des poumons et de l'estomac , les obstructions du foie, la syphilis et les vers intestinaux? A quoi bon nommer les médecins qui, après l'avoir expérimenté , ont été détournés d'y avoir de nouveau recours , par les insuccès ou par les résultais malheureux qu'ils en ont obtenus? Toujours est-il que personne jusqu'à présentn'a trouvé , dans ce dangereux médicament , les qualités dont ses inventeurs l'avaient gratifié un peu trop légèrement. Il est bien rare , en effet, que ces brillantes espérances ne soient pas complètement déçues , et que le praticien qui attendait une nouvelle ressource contre une maladie dangereuse ne soit pas péniblement désabusé.
D'après la disposition générale des esprits , et l'éloignement qu'on témoigne pour ces poisons dont on a encombré la matière médicale , il est peu probable qu'on revienne à l'emploi de l'hydrochlorate de baryte. Cependant , si quelqu'un voulait expérimenter lui-même, et chercher s'il ne serait pas possible d évi-, ter les accidcns et d'arriver à d'heureuses applications, qu'il sache qu'une grande prudence est nécessaire pour manier cette substance ; qu'on ne doit la donner que suspendue dans un liquide muciiagineux, en ayant soin d'en fractionner beaucouples doses, et de neles augmenter que graduellement ; enfin, qu'on doit toujours avoir l'œil ouvert sur l'état des voies digestives et du système nerveux, pour suspendre avant qu'il n'ait pu survenir des accidens réels. Il faut éviter de le combiner avec d'autres médicamens, si l'on veut bien apprécier ses résultats; il faut également s'abstenir de le donner avec des substances propres à lui faire subir une décomposition chimique. Cette décomposition , d'ailleurs, ne ferait que ramener I hydrochiorate à l'état d'oxide métallique , substance Jion moins vénéneuse ; aussi cette observation n'e.«t-'elle faite que pour l'exactitude scientifique de l'expérience , afin qu'on n'attribue pas à l'hydrochlorate de baryte les résultats qui appartiendraient à l'oxide de barium. (F. Ratieh. )
BASILICUM. Voy-ez Onguekt basiliccm.
BASSIN , Pelvis , coxœ ( obstétrique) , cavité osseuse qui loge les organes génitaux internes , le rectum , la vessie , et livre passage , lors de l'accouchement, au produit de la conception.
Supporté par les membres inférieurs , le bassin sert de base au rachis : conoide , élargi en travers , sa partie la plus évasée, tournée à la fois en avant et en haut, forme les hanches ; sa partie la plus étroite, dirigée en bas et arrière, fait la croupe j et l'angle rentrant qu'elle compose avec la colonne lombaire, dirigée en seiis inverse, constitue la chute des reins. Cet angle, plus prononcé chez la femme , dont les hanches sont aussi plus larges que chez l'horamc, indique au premier coup d'œil une grande différence d'inclinaison et d'ampleur; mais nous ne pousserons pas plus loin ce parallèle, le bassin de l'homme ne devant point nous occuper ici.
Quatre os, les deux coxaux , le sacrum et le coccyx , composent le bassin et sont unis entre eux par des ligamens solides : de là , trois symphyses , deux latérales et postérieures ou sacro-iliaques j une médiane antérieure ou /)((ii'f7z/(e, auxquelles il faut joindre , pour compléter l'énoncé des articulations intrinsèques du bassin , ramphiarthrose qui unit le sacrum au coccyx , et les diverses pièces , ou fausses vertèbres , de ce dernier os, entre elles. Celles du sacrum sont soudées dans l'âge adulte, comme aussi les trois pièces principales qui constituent d'abord l'os coxal , et auxquelles on conserve souvent le nom pai liculier que les anciens avaient attaché à chacune d'elles : Vilium est la partie la plus large et la plus élevée ; le pubis , la plus antérieure; l'ischion , la plus basse.
Une plus ample description serait ici déplacée ; exposons seulement eu peu de mots les détails directement applicables à la pratique des accouchemens ; ils se rapportent tous à Vexcui-aiion pelvienne.
On nomuie ainsi la moitié inférieure du bassin , celle que composent les pubis ,. les ischions , le sacrum et le coccyx. Celte moitié, nommée aussi petit brissin, est une portion de cylindre courbe à concavité antérieure, et coupée fort obliquement à ses deux extrémités par deux plans qui convergeraient en avant l'un vers l'autre : d'où il résulte que la paroi antérieure est fort courte ,
) BASSIN. i
la postérieure beaucoup plus longue, et les latérales intermédiaires. En outre, l'excavation pelvienne est plus large d'un côté à l'autre dans sa partie supérieure, d'avant en arrière dans l'inférieure : il suit de là que la paroi antérieure et la postérieure s'écartent et que les latérales se rapprochent à mesure qu'elles descendent. En se rapprochant ainsi, les parois latérales séparent deux plans inclinés, un antérieur et un postérieur de chaque côté, plans dont l'épine sciatique est le point de départ et qui conduisent en avant dans l'arcade pubienne, en arrière dans la concavité du sacrum.
Les deux extrémités ou bords du petit bassin sont aussi dignes d'une attention spéciale; on les nomme délroits.
Le supérieucon abdominal sépare l'excavation du bassin supérieur ou gi-and bassin : il comprend, l^la saillie médiane du sacrum qui, réunie à celle du corps de la dernière vertèbre lombaire, donne l'angle ou promontoire sacro-verlébral ; 2° un pli saillant commencé sur les parties latérales de la base du sacrum , pro- i longé sur la face interne des os coxau.x et continus; 3" le bord supérieur des '> pubis. Ce détroit est à peu près elliptique, quelquefois presque circulaire, ' plus souvent en forme de cœur; mais toujours c'est en travers qu'il a les di- ■ mensions les plus grandes , même chez la plupart des filles d'un très-bas âge. |
Le détroit injlérieur ou périnéal est au contraire plus étendu dans le sens ' antéro-postérieur , pour peu que le coccyx , en raison de sa mobilité, soit rcr ' poussé en arrière. La pointe de cet os, les bords des ligamens sacro-sciatiques, ; les tubérosités de l'ischion, et enfin une grande échancrure demi-circulaire , à ■* bortls arqués, déjetés en dehors (arcade pubienne), et composée par les bran- ! elles réunies des ischions et des pubis, tel est l'ensemble du bord inférieur de j l'excavation pelvienne. j
Ces considérations anatomiques suffiront pour aider à l'intelligence du mé- \ canisme de l'accouchement^ énoncé dans un précédent article. Nous allons y ( joindre, avec leur application pratique, quelques détails principalement néces- 1 saires à l'appréciation des vices de conformation dont le petit bassin n'est que '. trop souvent affecté. , 'j
S 1er Vices de direction. ' |
A. De'troit supérieur. L'inclinaison de ce détroit est plus grand qu'elle n'a en | général été estimée par les anatomistes. A la vérité, elle est sujette à d'assez j grandes variations chez divers individus , et l'attitude même dans laquelle on : les observe influe beaucoup sur ces différences, autant du moins que le permet j la flexibilité de la colonne vertébrale. Pour avoir un terme moyen facile à retenir, nous avons estimé à 135 degrés l'angle ouvert eu avant et en haut entre j le |;lan du détroit abdominal et l'axe vertical du tronc ; c'est la moitié en sus j d'un angle droit. L'a.xe du même détroit forme donc sur celui du corps un angle ' de 4jo, ouvert aussi en haut et en avant; c'est dire assez que cet anneau osseu.\ regarde autant dans l'un que dans l'autre de ces deux sens. Suivantle professeur '; Naegelc, son abaissement serait de 10 à 15 degrés plus considérable que dans ' ' notre estimation.
Dans quelques cas c'est un vice réel de conformation qui élève ou abaisse le ■ plan du détroit au-delà des degrés normaux. On peut remarquer qu'en général, ^ si le bassin est rétréci d'avant en arrière, le détroit supérieur est moins inchné que de coutume; dans certains cas même son plan devient presque horizontal. . ^ Au contraire, est-il alongé dans le sens antéro-postérieur, il s'incline d'autant j plus en avant. La connaissance du mécanisme de la station directe explique la nécessité d'une pareille compensation; il faut, pour que l'équilibre se maintienne avec facilité, que le bassin appuie sur les fémurs un peu au-devant (lU , trop ni trop peu) de l'axe du rachis; les muscles tendent sans cesse à maintenir . ou à produire cet état de chose , et inclinent ou redressent à la longue tout ^ bassin dont la conformation tend à reculer ou à avancer outre mesure les li- .< mites de la base de sustentation.
En conséquence, pour ne parler que des cas les plus ordinaires et les plus | graves, dans tout rétrécissement antéro-postérieur qui permettra, quoique avee | peine, l'accouchement spontané, on pourra faciliter la parturition, 1" en relevant '| l'utérus pour rendre son axe parallèleà celui du détroit supérieur; 2= en tenant le sujet dans la supination horizontale, ou en lui donnant une attitude telle que j le tronc soit autant que possible renversé en arrière. On pourrait, par exemple, * placer la femme en travers sur sa couche, les lombes un peu soulevées , la tète | appuyée sur un simple oreiller, le bassin fort avancé sur le bord du lit, les 'j jambes fléchies et les pieds appuyés fort bas, afin de mettre les cuisses dans une n extension tant soit peu forcée. j
Une semblable disposition du détroit supérieur ne poui-rait que faciliter les | manœuvres en tel cas souvent nécessaires ; au contraire , l'inclinaison vicieuse- i ment augmentée ajouterait aux diflicultés de l'opération , puisque la direction ,^ à faire suivre à -la main ou aux instrumens (axe du détroit) deviendrait d'au- <^ tant plus oblique et d'autant plus contraire à la commodité de l'opérateur; il ^ pourrait devenir indispensable alors de donner à la patiente une attitude toute ; particulière, la pronation. {Toyez Fof.ceps, Vep.siok, etc.)
B. Dclroil inférieur. L'aire de ce détroit ne peut point être représentée par J un |dan uniforme, cartoutesles parties do son contour ne sontpas surle même j niveau; le coccyx et le sommet de l'arcade pubienne sont plus élevés que les ^ tubérosités sciatiques : de là les incertitudes , les variations des anatomi.tes. : Pour sortir de ce vague , il faut reconnaître au détroit périnéal deux parties à ' peu près égales, l'une antérieure, l'autre postérieure, réunies sur les tubérosités , sciatiques et offrant chacune un plan et un axe distincts. !
La moitié postérieure ou sacro-sciatique, en grande partie circonscrite par les ligamens de ce nom , aurait son plan , à )ieu de chose près , parallèle à celui du | détroit supérieur ; mais pendant la vie elle est fermée par les parties molles de
BASSIN
BASSIN
Tespace coccygio-anal et du périnée ; elle ne sert donc qu'à prolonger la paroi postérieure de l'excavalion pelvienne en faisant suite à la concavité sacro-coccygienne.
La moitié antérieure au contraire, en grande partie formée par l'arcade pul)ienne,fait avec la première un angle presque droit ou qu'on peut sans inconvénient supposer tel; son plan et son axe sont donc aussi perpendiculairement opposes à ceux du détroit ab(Jominal; c'est là le véritable détroit inférieur, celui dont il importe surtout de bien retenir la direction; son ouverture n'est complétée en arrière que par des parties molles (périnée); elle est donc susceptible de quelques variations dans son inclinaison et son ampleur; on peut ]a représenter par celle de la vulve dans un état modéré de dilatation , c'est-àdire qu'elle regarde à peu près autant en bas qu'en avant, la femme supposée ■debout. (Foyez Accouchemekt, pag. 45.)
Par cela même que la direction inférieure du véritable de'troit est susceptible de cliangemens selon les degrés d'arapliation et d'abaissement des parties molles qui le limitent eu arrière, il n'est guère susceptible d'inclinaison vicieuse bien réelle ; mais rien n'est plus facile à produire ou à dissiper que ces inclinaisons jipparenles; elles dépendent de celles du bassin en totalité et ne sont dues qu'à une attitude qu'il est facile de changer. C'est ainsi que l'élévation des épaules et l'abaissement des hanches, l'enfoncement des fesses dans un lit trop souple , ont quelquefois inquiété des accoucheurs novices, et gêné les explorations, empêché l'application de la main sur le périnée, inconvéniens qu'on évite en prenant les précautions que nous avons exposées ailleurs, {f^ojez pag. 49.) I C. Excafalion pelvienne. — La direction opposée des deux détroits qui la terminent et la courbure de ses parois indiquent assez qu'elle ne peut avoir ni un plan ni un a.xe identique pour toulesses parties ; l'inférieure a pour direction celle du déiroit périnéal , la supérieure celle de l'abdominal; une courbure parallèle à celle du sacrum , du coccyx et du périnée amène par degré la conversion que nécessite l'opposition des détroits. Il faut donc toujours se rappeler ■que c'est de haut en baset d'avant en arrière que tout corps volumineux devra traverser la partie la plus élevée du bassin ; que c'est de haut en bas et d'arrière en avant qu'il pourra seulement fi anchir la partie la plus basse.
La courbure de l'excavation pelvienne peut être altérée sans que les détroits aient changé leur situation respective : ainsi , 1° la rectitude presque complète du sacrum rend beaucoup moins facile la conversion graduelle qui doit accommoder la marche de la tête du foetus dans le bassin à la direction du détroit inférieur, après qu'elle a suivi celle du supérieur. Cette tête tend alors à descendre en arrière ; elle presse outre mesure sur l'anus et le périnée , qu'elle expose à une rupture presque inévitable. 2o La courbure excessive du même os aurait des inconvéniens fâcheux si elle n'était ordinairement accompagnée de ditTormités plus graves ( rétrécissement du détroit supérieur) et qui réclament les premiers soins du chirurgien. Celte courbure , quelquefois telle que les fausses vertèbres inferieuies font un angle droit avec la supérieure , ramène le coccyx en avant , et empêche que le périnée ne s'abaisse avec autant de facilité pour former au détroit inférieur les limites convenables à la direction que nous lui avons assignée.
§ n. Vices de dimensions.
A. Dii'ision. — Avant d'entrer en matière , nous rappellerons brièvementles mesures qu'on assigne comme normales aux diverses parties de l'excavation pelvienne et de ses deux ouvertures.
Détroit ( '^''""^'■''^ antéro-postérieur ou sacro-pubien , 4 pouces.
supérieur.
Détroit inférieur.
Excavation pelvienne.
— transverse ou bis-iliaque, 5 pouces.
oblique ou ilio-cotyloïdiens , 4 pouces \.
Environ 4 pouces en tous sens (dimension variable à cause
de la mobilité du coccyx et du périnée d'une part, et de l'autre
à cause de l'indétermination des points de la tubérosilé sciatique
qu'on donne pour limites au diamètre transverse).
, T^- ■ / Sacro-pubien , 5 pouces,
l» Diamètre pris vers ) „ , , . .
, .• M ''ansverse (entre les épines se), 4 noue
la partie moyenne. / ^, ,. ., , '
•' UJblique , extensible.
/Antérieure ou pubienne, I pouce i.
1° Hauteur des parois l Latérale ou ischiatique , 3 pouces i. sans en suivre les/ Postérieure ou sacro-coccygienne , 4 \ courbures. j à5 pouces, plus environ 2 pouces pour
l l'espace coccygio-aual et le périnée.
Ces dimensions peuvent être plus considérables ; il est fort commun, par' exemple , de trouver au diamètre sacro-pubien de quatre à six lignes de plus et de deux à trois aux obliques , sans qu'on ait pu observer les effets fâcheux que beaucoup d'écrivains attribuent à une trop grande ampleur du bassin , comme de disposer aux inclinaisons . aux prolapsus , au renversement de la matrice , ou aux mauvaises positions du fœtus, de rendre l'accouchement trop rapide et d'exposer ainsi aux héraorrhagies , etc.
Mais on ne peut malheureusement pas révoquer ainsi en doute l'importance de la disposition contraire, soit que la diminution d'étendue porte sur tout le bassin, soit qu'elle se borne à quelques points de l'excavatioa ou des détroits.
On n'observe guère de diminution générale et régulière portée au point de mettre obstacle à l'accouchement ; maisil est vrai de dire que tout bassin difForme est d'ordinaire plus petit qu'un bassin normal , et que , si certains diamètres n'ont pas perdu de leurs dimensions, du moins il est excessivement rare qu'ils en aient acquis de plus considérables comme on le répète tous les jours. C'est ce dont on peut se convaincre surtout par l'inspection du détroit supérieur qui est le siège le plus fréquent des déformations les plus fortes. Sous ce rapport,
DiCT. DE MÉDEClKE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
il méritera de fixer particulièrement notre attention qu'il réclame encore comme étant le premier passage osseux que le fœtus ait à franchir.
Nous dirons auparavant un mot des rétrécissemens du détroit inférieur et de l'excavation pelvienne. Quelques-uns de ceux qu'on a rapportés au premier doivent être attribués à la deu xieme ; la saillie des épines sciatiques, celle du coccyx en avant, appartiennent plutôt aux parois latérales ou postérieures de l'excavation qu'au déiroit périnéal; mais ces dispositions existent rarement seules, et quant à l'ankylose du coccyx, elle a peu d'importance si cet os est resté dans la ligne de direction du sacrum ; elle n'empêche point alors le périnée de s'abaisser ; aussi Smellie l'a-t-il vu deux fois ne mettre aucun obstacle à la sortie du fœtus.
C'est en travers que l'excavation et le détroit périnéal sont le plus souvent viciés d'une manière dangereuse ; le rapprochement des épines sciatiques rétrécit alors la première , et la deuxième est déformée par celui des branches ischiopubiennes ; si la tête du fœtus franchit le premier obstacle , elle ne peut s'engager clans l'arcade pubienne , il faut qu'elle sorte en arrière , en quelque sorte à travers la paroi postérieure de l'excavation , ou qu'elle en repousse fortement la portion la plus flexible ( périnée) qui ne peut manquer en pareil cas de courir les plus grands risques de rupture. Dans des cas bien constatés d'une disposition semblable, comme j'en ai sous les yeux un exemple, on devrait, malgré la bonne conformation du détroit supérieur, recourir à la section de la symphyse du pubis pour donner à l'arcade la largeur qui lui manque. (Pour les tumeurs qui rétrécissent quelquefois l'excavation du bassin, voyez Dystocie. )
Le détroit abdominal peut être resserré dans un ou plusieurs des trois sens qui déterminent ses diamètres , mais c'est d'avant'en arrière ou obliquement qu'il est le plus souvent vicié. Dans le premier cas , il peut être symétrique et sa figure est réniforme, parfois même semblable à celle d'un 8 de chiffre placé en travers. C'est surtout alors à l'avancement du sacrum , fortement incliné et parfois convexe d'un côté à l'autre : c'est encore à l'écrasement des pubis qu'est due cette déformation. Dans le deuxième cas, c'est la région cotyloïdienne qui s'est enfoncée vers le centre du bassin , soit des deux côtés en poussant en avant les pubis , comme on en peut citer cinq à six exemples (bassins trilobés), soit plus d'un côté que de l'autre, comme on le voit plus fréquemment. Alors aussi le sacrum est poussé de ce même côté , pour compenser quelque courbure latérale du racliis;le détroit est irrégulier, fort étroit du côté vicié, quelquefois, mais rarement, assez large du côté opposé pour que l'accouchement puisse s'opérer par les seuls efforts naturels.
B. Diagnostic. — Il est souvent important de préciser , chez la femme ou la jeune fille pubère , l'existence et même le degré de viciation dubassin , soit pour prohiber le mariage et prévenir une grossesse qui pourrait avoir des suites funestes, soit pour terminer le plus heureusement possible cette grossesse lorsqu'elle a lieu. Tous les moyens d'investigation ne sont pas indifféremment applicables dans fous les cas : le toucher, par exemple, n'est pas toujours praticable chez les vierges ; il est donc nécessaire d'y suppléer autant que possible et de mettre en usage toutes les autres ressources du diagnostic. De là l'utilité des détails qui vont suivre.
1° Les signes anamnestiquessont souvent utiles, sinon pourdonner des notions exactes , du moins pour mettre sur la voie. Il ne s'agit pas seulement ici de couches antécédentes et des diflicultés qui les ont accompagnées , il faut y ranger encore ce qui est relatif aux causes capables de déformer le bassin : ainsi, l'existence du rachitisme dans l'enfance (le sujet n'a marché qu'à l'âge de trois à quatre ans, ou plus tard, etc. ), l'amputation d'un des membres inférieurs , surtout avant la puberté , une luxation du fémur , une fracture des os du bassin, arrivée précédemment, doivent faire soupçonner une déformation qu'il faut chercher à constater d'une manière plus rigoureuse. La femme porte souvent des traces de l'action générale de l'une de ces causes , et ces traces parlent aux yeux sans qu'on ait besoin de recourir à d'autres informations ; telle est la distorsion de l'épine ( bosse ) ; mais ce signe n'a pas toujours , relativement à la forme du bassin, une égale valeur. On peut croire à un rachitisme du premier âge et une altération du bassin, quand à la bosse dorsale s'ajoutent la courbure et la brièveté des os longs , de ceux des cuisses en particulier , la brièveté des doigts, la grosseur des articulations, des stries transversales profondes sur les dents incisives et surtout l'avancement considérable de la mâchoire inférieure (menton de galoche ). Deux fois même nous avons vu cet ensemble de difformités coexister avec un resserrement considérable du bassin , quoique le rachis eût conservé ou recouvré une rectitude parfaite : seulement le bassin était alors symétrique , même dans sa viciation. Au contraire , si une femme bossue a conservé des membres droits, longs , efBlés , si la mâchoire supérieure est plus avancée que l'inférieure, le rachitis nedateguère que de l'époque de la puberté, et le bassin peut êtr'e resté à l'état normal.
2° Sur ces présomptions , on pourra, dans tous les cas , procéder à la mensuration extérieure. On l'exécute au moyen d'un compas d'épaisseur dont chaque Lranche est terminée par un bouton. Ces boutons doivent être appliqués presque à nu sur la peau ou du moins par-dessus un vêtement de simple toile. On le fixe sur les points osseux les plus superficiellement placés , et même, pour les pubis, on peut éviter l'épaisseur de la graisse qui les surmonte, en choisissant l'intervalle que laissent entre elles à leur naissance les deux grandes lèvres ( Desormeaux). Voici les mesures qu'on trouve en procédant ainsi sur un bassin bien fait.
De la région pubienne à la première épine du sacrum , environ sept pouces;
Du milieu d'une crête iliaque à l'autre, dix pouces environ;
Du milieu d'une crête iliaque à la tubérosité sciatique du même côté, sept poupes.
BASSIN
BASSIN
En comparant ces dimensions extérieures avec celles de l'excavation et du delroit supérieur, on peut conclure, 1" qu'il faut défalquer trois pouces de la mesure obtenue d'avant en arrière pour avoir celle du diamètre sacro-pubien du détroit ; 2° que pour son diamètre transverse et pour la hauteur de l'excavation , il faut prendre la moitié de la mesure donnée par le compas d'épaisseur.
Mais il ne faut pas s'en fier rigoureusement à ces résultats : quoi qu'en ait dit Baudelocque, le sacrum des bassins difformes n'a souvent que deux pouces et même moins d'épaisseur. Aussi n'obtient-on jamais , par celte méthode, que des données approximatives.
3° Si l'on peut s'en contenter dans quelques circonstances, il n'en est pas ainsi de beaucoup d'autres où heureusement le toucher et Y exploration intérieure sont praticables. Le doigt index est le plus sûr de tous les instrumens explorateurs : porté dans le vagin , soigneusement étendu et dirigé en haut et en arrière ( la femme debout) , il cherche l'angle sacro-vertébral , s'assure qu'il y est bien appliqué ; puis , ramenant sa base sous la symphyse des pubis, il l'y applique, et un doigt de l'autre main marque avec l'ongle le lieu de cette application. Le doigt extrait, on mesure l'étendue qui sépare cette marque de son extrémité , on en défalque six lignes, et l'on a , à très-peu de chose près, l'exacte mesure du diamètre sacro-pubien du détroit abdominal. Les six lignes à dé-duire compensent l'obliquité forcée du doigt introduit et l'accroissement de longueur qui en résulte pour le trajet qu'il mesure , depuis le haut du sacrum jusqu'au bas du pubis. Il arrive quelquefois (fort rarement , il est vrai ) qu'on commet ainsi des erreurs presque inévitables. Si , par exemple (et nous l'avons vu une fois ) , les pubis sont inclinés en avant dans leur partie inférieure , le détroit abdominal sera bien plus resserré que ne le ferait croire le calcul ci-dessus exposé. Peut-êtr'fe alors , l'extrémité du doigt promenée librement en divers sens rectiOerait-elle l'erreur si on la soupçonnait. Dans le cas que j'ai observé , on ne s'en aperçut qu'en introduisant la main à travers le bassin. C'est encore à cette exploration , un peu incertaine sans doute, qu'il faudrait recourir dans le cas de rétrécissement dans le sens transversal ou oblique; mais ici la mensuration extérieure devient d'un emploi moins douteux et plus profitable que pourles difformités les plus ordinaires, les resserremens antéro-postérieurs.
On a cru suppléer avantageusement au doigt par des instrumens nommés peli>imètres. Le doigt, à la vérité, n'atteint pas toujours l'angle sacro-vertébral, soit que ce promontoire se trouve trop loin du pubis , soit que le vagin se laisse trop peu aisément porter en arrière; mais, dans le premier cas, on n'a pas besoin de plus de précision que le doigt n'en donne , et , dans le deuxième , un instrument de fer ne produirait pas impunément la distension que le doigt ne peut opérer. Cette dernière réflexion s'appliquerait surtout aux pelvimètres dont on voulait apposer une branche sur le promontoire et l'autre derrière les pubis, toutes deux, par conséquent, à l'intérieur du vagin. Sous ce rapport, on ne peut trop louer l'idée simple et ingénieuse de madame Boivin. L'une des branches de son intro-pelvimèire , portée dans le rectum, apjiuie sur l'éminence sacrolombaire; l'autre , introduite dans le v.Tgin , s'applique derrière la symphyse pubienne. Mettant à profit celte modification, nous arriverions sans peine, même chez une jeune fille, à obtenir avec une précision presque mathématique la dimension antéro-postéricure du bassin ; pour y parvenir on prendrait d'abord exactement, avec le compas d'épaisseur ordinaire, la mesure extérieure dont nous avons parlé plus haut , puis avec un compas à branches minces et peu courbes, avec celui même de madame Boivin, on mesurerait séparément, l o par le rectum l'épaisseur de la base du sacrum , 2° par le vagin ou même par le canal de l'urètre celle de la région pubienne, et le produit de ces deux dernières explorations serait défalqué du résultat de la première; mais tout ceci n'est jusqu'à présent fondé que sur des probabilités.
C. Pronostic. Nous verrons bientôt que les vices du bassin nécessitent souvent des opérations graves et fâcheuses; mais, mettant à part cette partie du pronostic qui ne leur appartient qu'indirectement , disons un mot des accidens que les rétrécissemens du détroit supérieur peuvent amener par eux-mêmes , soit quand l'accouchement spontané est impossible et que l'art n'intervient en aucune façon , soit quand l'expulsion du fœtus s'effectue enfin à l'aide de violens efforts et d'un travail prolongé.
La fièvre, l'irritation excessive et la prédisposition la plus imminente à l'inflammation du péritoine et de la matrice, ne sont pas peut-être les accidens les plus redoutables auxquels la femme soit alors exposée ; la matrice , inégalement tendue peut se rompre avec d'autant plus de facilité qu'elle est souvent pressée violemment contre le rebord angulcuxdu détroit. Celte pression , si elle se prolonge au-delà d'un certain terme , d'une douzaine d'heures par exemple , et si elle est exercée par la partie la plus dure du fœtus , suffit du moins pour mortifier les points comprimés , et déleminer ainsi des fistules incurables lors de la chute des escarres. Dans certains cas, on a vu la vessie distendue outre mesure , en raison de l'obstruction de son conduit extérieur , se rompre et produire une péritonite mortelle , ou , dans des circonstances moins fâcheuses, rester plus ou moins long-temps paralysée après raccouchement.
L'enfant , de son côté , ne peut supporter une longue gêne dans sa circulation, une pression générale telle que celle de la matrice qui se constitue enfin dans un état de rigidité permanente , sans succomber à l'asphyxie pléthorique qui est l'effet direct de cet état de chose;. S'il traverse le détroit, bien souvent ce n'est qu'à l'aide d'une diminution forcée du volume de sa tête , d'une compression violente et universelle de l'encéphale , ou d'un enfoncement avec fracture des régions temporale ou frontale , qui passent pour l'ordinaire, surtout la dernière , sur la saillie sacro-verlébrale. Quoique ces fractures puissent guérir spontanément et les cnfoncemens se relever peu à peu, il est plus ordinaire qu'ils occasionent Véclampsie et la mort de l'enfant nouveau-né. De pareilles consé-
quences ne permettent point au chirurgien de s'en tenir à l'expectation ; il faut , au contraire, qu'il reconnaisse, le plus promptement possible, les indicatiousà remplir, et qu'il y satisfasse aussitôt que le travail aura amené les conditiom convenables.
D. Indications. Nous en avons dit assez pour faire sentir combien il est important, chez les enfans du sexe féminin, d'enrayer la marche du rachitis, et de prévenir ainsi les inconvéniens que ces ravages pourraient reproduire à une époque plus éloignée; mais ce serait sortir de notre sujet que d'entrer dans de plus longs détails sur ce traitement préservatif. Passons aux indications actuelles qu'établissent les vices du détroit supérieur à la fin de la grossesse.
1° Favoriser l'accouchement spontané par les moyens simples que nous avons exposés à l'article Accodchemekt (i^oj-ez page 43 ) ; cette indication n'existe que quand le resserrement est peu considérable , lorsqu'il a trois pouces et demi ou du moins trois pouces el un quart de diamètre sacro-pubien. Il faut excepter néanmoins de cette règle les cas où la tête du fœtus est très-]ietite ou très-réductible et ceux où elle est fort volumineuse. Malheureusement on ne peut former que des conjectures sur le volume de la tête lorsqu'elle est retenue au-dessous du petit bassin : le volume du ventre est peu concluant , et lorsque la grossesse est arrivée au terme normal, le plus prudent est de supposer l.es dimensions et la réductibilité ordinaire ( trois pouces un quart de diamètre bipariétal ) . Il faut alors attendre un peu et voir si la tête ne s'engagera point dans le détroit abdominal , avant de se«décider à employer quelque méthode plus énergique. Il est arrivé quelquefois qu'une tête volumineuse a offert assez de souplesse , quoique l'enfant fût vivant , pour passer à travers un bassin de deux pouces huit lignes (Boerhaa ve) . Quelquefois aussi un des côtés de l'aire du détroit a présenté assez de largeur pour le libre passage de l'enfant , quoique le diamètre sacro-pubien fût considérablement diminué. La mobilité accrue des symphyses du bassin a parfois procuré les mêmes avantages.
Si l'enfant est mort depuis long-temps et macéré , putréfié , la mollesse de la tête sera telle qu'elle s'accommodera à la forme d'un détroit à diu)ension fort réduites.
Si l'accouchement est prématuré , le fœtus , ayant d'autant moins de volume qu'il est plus jeune, pourra traverser un bassin qu'il n'aurait pu franchir au terme normal. Telle est la raison qui a déterminé maintes fois les accoucheurs anglais , allemand , italiens à provoquer, par la ponction de l'amnios , le travail puerpéral à une époque où le fœtus est déjà viable , mais bien moins développé qu'au terme ordinaire, au septième mois par exemple. La lenteur avec laquelle marche et s'établit en pareil cas le travail , le temps considérable pendant lequel un fœtus frôle et dçlicat doit être exposé immédiatement aux contractions utérines ( quelquefois quinze jours , dit Denman) , les dangers auxquels la mère est exposée par suite de cette lenteur même , etc. , ont , jusqu'ici , empêché les chirurgiens français de recourir à celte méthode. Peut- être serait-il permis de la mettre en pratique chez une femme déjà accouchée auparavant (passages faciles ) , et qui ofi'rirait quelques dispositions naturelles à l'accouchement prématuré. On pourrait alors espérer de voir naitre sans peine un enfant viable (septième mois révolu) par un détroit de ii-ois pouces moins un quart de petit diamètre.
Quelques praticiens n'ont pas craint même, à ce qu'il paraît, de provoquer l'expulsion d'un fœtus beaucoup plus jeune : c'est lui donner inévitablement la mort ; c'est se rendre coupable à'auorlement provoqué , manœuvre que la loi punit sévèrement en France.
2° Inapplication du forceps est indiquée toutes les fois que l'enfant présentant la tête à un bassin de trois pouces un quart , la nature ne suffit pas à son expulsion. La réduction de son volume est moindre ici sans doute que quand elle est graduelle comme dans l'accouchement spontané ; mais on y supplée par les tractions qu'on ajoute alors à l'impulsion utérine. Les cas dont il est ici question constituent la majeure partie des prétendus enclavemens . On est souvent forcé d'appliquer les cuillers sur les côtés du bassinet de saisir la tête, ou du front à l'occiput, ou du frontal à la région mastoïdienne opposée, soit qu'elle ait déjà franchi le détroit supérieur, soit qu'elle reste encore au-dessus ; les dimensions étroites du bassin d'avant en arrière, l'extrême courbure du sacrum et la saillie prononcée du promontoire empêchent presque toujours de placer le forceps autrement, et ceux qui soutiennent le contraire ont assurément manœuvré beaucoup plus souvent sur le mannequin ou sur des sujets à. belles proportions que sur des femmes mal conformées.
3° La version peut remplacer avantageusement l'application du forceps quand le travail ne dure pas depuis trop long-tems, que la tête est peu ou point engagée et la matrice peu contractée. Cette opération permet de diriger convenablement la tête pendant et après l'extraction du corps ; elle permet de l'extraire sans ajouter à son épaisseur et à sa solidité celle du forceps , etc. Aussi , à la Maternité de Paris , a-t-on extrait moins d'enfans vivans par l'emploi de l'instrument que par celui de la main seule. La version serait même admissible pour un détroit de trois pouces de petit diamètre , s'il était bien constaté qu'une de ces moitiés fût notablement plus large que l'autre ; c'est vers cette moitié qu'on chercherait alors à diriger la face.
4" La sjmphfséolomie doit être réservée pour les cas où, l'enfant vivant ou présumé tel, le détroit abdominal n'a , dans son petit diamètre , que trois pouces et demi au moins.
5o h'hj-scérotomie , ou opération césarienne, est nécessitée par un resserrement plus considérable que le précédent {deux pouces et un quart , dix-huit , quinze , douze lignes même, comme on l'a vu quelquefois) , pourvu que 1 enfant soit à terme et présumé vivant.
6° Si , au contraire, on a la certitude complète que l'enfant est mort , mais