‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 96 sur 234 · BETTE · texte numérisé non relu

BETTE

progrès des traitemens opposés aux lésions cérébrales ou autres qui se modifiaient, et du retour de ces parties à l'état de santé.

Comme les appétits, les besoins sont donc modifiés parle plus grand nombre j des alTections morbides , puisqu'il n'en est presque pas , au moins à un certain degré de gravité , qui ne modifient l'état des viscères , aussi bien que celui du cerveau. Plusieurs d'entre eux se prononcent souvent alors avec exagération, tandis que d'autres cessent d'être perçus , et l'attention du médecin doit s'attacher à l'une comme à l'autre de ces circonstances. Ainsi, la soif intense , le désir de se couvrir chaudement, ou d'éprouver le contact d'un air frais, sont des besoins morbides qu'il faut ordinairement satisfaire, à moins que des raisons importantes ne s'y opposent. Et alors encore convient-il presque toujours de les tromper, comme la soif, par exemple, afin de ne pas ajouter de nouvelles agitations au trouble que la maladie détermine déjà. Dans d'autres occasions, les besoins de la défécation ou de l'expulsion de l'urine n'étant plus sentis par l'encéphale irrité ou accablé sous le poids d'une congestion intense, il convient d explorer le rectum et la vessie , et de provoquer la sortie des matières qu'ils renferment, afiu que le malaise, résultat de leur réplétion,ne vienne pas compliquer l'afFeclion principale.

Les besoins habituels et impérieux durant l'état de santé ne doivent pas être négligés pendant les malatlies, et il importe généralement de les prendre en considération. Un homme , habitué aux excès du vin, ne devra, par exemple, en être complètement privé que dans des occasions très-graves; et presque toujours on se trouvera bien d'en ajouter quelque peu à ses boissons, aussitôt que la chute de la première violence des maladies le permettra. Les hommes du Nord , chez lesquels le besoin desalimens solides et stimuians est porté fort loin, peuvent impunément , dans le cours des affections les plus graves., s'écar- ' ter de la sévérité de l'abstinence à laquelle il est indispensable de soumettre les sujets dont les organes gastriques sont moins vivement sollicités à l'action.

Une dernière remarque doit être fuite ici concernant les besoins. C'est que les sensations qui les concernent se manifestent quelquefois avec une vivacité plus grande que ne le comporte l'état des organes destinés à la satisfaire. Il convient donc d'épier l'apparition des premiers besoins, afin de les modérer et ! de les contenir , jusqu'à ce que les organes dont ils expriment la tendance à l'action aient acquis l'énergie nécessaire pour supporter la fatigue que cette action entraîne. Ainsi, le jeune sujet que trop d'ardeur entraîne , sera retenu dans de justes limites, soit qu'il s'agisse de la satisfaction de besoins intellec. tuels, ou de celui du mouvement, soit qu'il ressente les premières impulsions du besoin génital. La satisfaction immodérée de ces besoins naissans entraine presque toujours , ou une prédominance fâcheuse des organes exercés trop tôt et avec trop peu Je mesure , ou leur épuisement prématuré et la perte des facultés dont ils étaient le siège.

Durant les convalescences , le retour des besoins, assoupis pendant le cours ■des maladies, doit être également l'objet de l'attentive sollicitude du médecin. Chez la plupart des sujets , les organes prives depuis un temps plus ou moins long de leurs stimuians naturels, déterminent d'abord des sensations exagérées de besoins qu'il serait dangereux de satisfaire dans toute leur plénitude. Le désir des alimens , par exemple, qui est porté si loin à la suite des maladies graves , doit être modéré chez presque tous les convalescens ; il ne faut pas surveiller avec moins d'activité chez les jeunes gens les premiers retours de l'excitabilité génitale; la masturbation, favorisée d'ailleurs par le séjour au lit, ou les excès du coit, perpétue fréquemment chez eux la faiblesse générale, s'oppose au retour de l'embonpoint, et, dans un trop grand nombre de circonstances , les conduit k un épuisement de plus en plus profond et au marasme.

]Xous devons borner ici ces considérations générales, dont on trouvera les applications particulières aux articles dans lesquels il est traité des dérangeniens des organes d'où les divers besoins émanent , ou qui exercent quelque influence sur leur manifestation. ( Bégin et Londe. )

BETOINE, ieforaicaq^cm.Didynamiegymnospermie ,Linn. ; labiées , Ji;ss.

Cette plante, bien qu'appartenant à la famille des labiées , dont presque toutes les espèces sont plus ou moins abondamment pourvues d huile volatile et d'autres principes actifs, ne possède cependant que des qualités fort médiocres, et se trouve eiTectivement fort au-dessous de la grande réputation dont elle a longtemps joui, et qui a été telle, qu'elle a été le sujet de traités ex professa, dans lesquels on la vante contre un grand nombre de maladies. Cet exemple, qui n'est pas unique, doit inspirer une sage défiance et le désir d'examiner par soi-même les effets des médicamens.

La bétoine croît en abondance dans les bois; elle offre une odeuraromatique et une faveur amère assez faibles; sa racine est un peu acre et nauséabonde, mais aucune de ses parties ne fournit à l'analyse d'élémens actifs , et ses effets sur l'économie animale sont à peine appréciables. Elle n'est point vomitive comme on l'a avancé sans preuves, car il en faudrait une dose très-considèrable pour provoquer le vomissement, qui n'aurait lieu alors que par suite de la fatigue qu'occasione l'ingestion d'une grande quantité ou d'un liquide tiède, ou d'une poudre peu digestible. La purgation , si elle avait lieu, ne saurait s'expliquer que delà même manière. Quant aux autres propriétés qu'on lui suppose, ou elles ne sont pas mieux établies que les précédentes , ou elles rentrent dans les effets locaux ou généraux assez faibles , qu'on a droit d'en attendre d'après sa composition connue. Quelques médecins l'emploient encore comme sternutatoire , ou la font fumer dans une pipe comme sialogogue. 11 serait facile de Irouver, pour remplir ces indications, une foule de médicamens plus actifs que la bétoine, dont les doses n'ont pas même besoin d'être fixées. (F. Ratier.;

BETTE, bcta vulgai-is. Cjcla, poiree ; pentandrie digynie, Likk. ; chénopouées , Jcss.

DlCT. DE MiDEClKB ET DB ChIRCECIE PRATIQUES.

Page 1