BIBERON
Cette plante, que tout le monde connaît , est plutôt alimentaire que médicamenteuse , et contient beaucoup d'eau et de mucilage. Elle est fade et sans odeur. Elle a été employée en médecine, et Galien lui attribuait des vertus trèsremarquables, que l'observation n'a pas confirmées. Elle peut être utilement employée à faire des cataplasmes, adoucissaris et des décoctions qu'on applique en fomentations, ou qu'on fait prendre en lavemens et même en boissons. Mais son usage le plus habituel est de servir au pansement des vésicatoires ; et la feuille de poirée dont on a écrasé les cotes saillantes, et qu'on a chargée de beurre, de cérat, ou de pommade épispastique, est le premier appareil que prépare et applique l'élève auquel on confie un pansement. Cependant cette méthode tie panser les vésicatoires n'est pas sans inconvénient ; en effet, la feuille de poirée, desséchée par la chaleur de la plaie, s'y ap|)!ique et s'y colle de telle sorte qu'on a souvent de la peine à l'enlever, ce qui ajoute a la durée et à la douleur de l'opération. Ue plus, il arrive très-souvent que, dans les mouveraens qu'exécute le malade , elle se déchire ou se déplace , et laisse à nu la surface excoriée , à laquelle s'attachent les compresses qui maintiennent la feuille. Ces considérations ont déterminé beaucoup de praticiens à substituer à la poirée du linge fin, ou même du papier enduit d'une légère couche d'onguentdiachylon gommé, et sur lequel on étend les corps gras destinés à entretenir la suppuration des vésicatoires. (F. IUtier.)
BEURRE DE CACAO. /^oj-ez Cacao.
BIBEBON. On donne le nom de biberon à un appareil destiné à présenter les boissons aux malades qui ne peuvent pas se lever pour boire à la manière ordinaire , ou qui ont la face enveloppée de bandages, ou bien qui , par une cause quelconque, ne peuvent prendre un verre entre leurs lèvres. Dansée cas, le biberon est un petit vase de porcelaine , de verre ou de métal, pourvu d'un tube comme celui d'une théière , mais plus long et plus droit et qu'on introduit dans la bouche après l'avoir rempli du liquide qu'on veut administrer. Ce vase est fort commode , et épargne aux malades beaucoup de dèplacemens et de fatigues.
C'est également sous le nom de biberon que sont désignés des appareils de formes variées, qui ont été successivement employés dans l'allaitement artificiel, pour faire téter aux enfans le lait qu'on substituait à celui de la mère ou d'une nourrice. Tout le monde sait que , chez les enfans à la mamelle , la succion est l'équivalant de la mastication chez l'adulte, que , pendant cette opération , les alimens sont mêlés de salive, et que plus la substance qu'on présente à l'enfant est différente de celle qui lui est primitivement destinée, plus il convient qu'elle lui soit offerte, autant que possible , d'une manière analogue à celle que la nature emploie pour la lui présenter. C'est d'après ce principe que sont construits les divers biberons qu'on met en usage.
Le plus simple de tous , celui qu'on se procure le plus facilement, est formé d'une petite fiole à médecine surmontée d'un morceau d'éponge fine, taillé en long.el recouvert d'un linge fin fixé autour du goulot, et qui a pour objet d'empêcher que l'éponge n'en sorte, et ne laisse couler le lait sur les vêtemens du nourrisson. Il serait préférable à tous les autres à cause de la facilité avec laquelle on le confectionne, si le lait qui s'accumule dans les cellules de l'éponge et qui s'y altère , ne prenait pas un goût et une odeur insupportables , qui dégoûtent les enfans, et qui même peut occasioiier des inûammations de la membrane muqueuse de la bouche. Lorsqu'on est obligé d'employer cet appareil, il faut le tenir avec une propreté minutieuse, et changer très-fréquemment l'éponge qui sert de mamelon. C'est ce que nous avons eu l'occasion de constater dans les nombreux essais que nous avons fait faire sous nos yeux.
On évite cet inconvénient en substituant à l'éponge un mamelon artificiel en gomme élastique, ou un pis de vache préparé ; mais comme ils s'adaptent mal sur une fiole ordinaire, on a etéobligé Je construiredes vasesspécialeraent destinés k cet usage , et qui , par leur forme, leur capacilé et leur disposition particulière, étaient plus ou moins propres à remplir les diverses indications qui se présentent dans l'allai^emenl artificiel. Nous ne nous arrêterons pas k la description minutieuse de tous ceuxqui ont été successivement mis en usage et abandonnés pour de plus parfaits, à commencer par la corne de vache garnie à sa petite extrémité d'un trayon de l'animal , et que les paysans de l'Ukraine présentent aux enfans , jusqu'aux appareils qui de nos jours semblent réunir les suffrages de tous ceux qui les ont essayés. Toutefois , nous rappellerons les principes généraux d'après lesquels ils doivent être construits : il faut qu'ils soient d'une matière qui ne puisse communicjuer au lait qu'on y renferme aucune odeur ni saveur désagréables, moins encore y iritroduire aucune substance vénéneuse ; qu'ils aientune capacité telle que l'enfant puisse y trouver un repas suffisant; une forme qui se prête k une préhension facile, et qui permette l'cnlrce de l'air dans la cavité, afin que la succion ne soit pas fatigante pour le nourrisson; enfin qu'ils soient très-faciles k nettoyer.
Ces avantages s« trouvent réunis dans les biberons inventés par madame Breton , maîtresse sage-femme de 1 école de Paris, et dont nous allons tlonner la description. Ils se composent d'un flacon de cristal , contenant à peu près six onces de liquide, et percé sur la partie moyenne d'un trou capable d'admettre une forte épingle et destiné .i permettre l'entrée de l'air, et d'un bouchon également de cristal k l'émeri , qui présente une saillie conoïde munie d'une double rainure sur laquelle ou fixe un pis de vache préparé ( voyez Mamelon artificiel), que l'on pourrait remplacer au besoin par un bout de sein en gomme élastique ; le bouchon offre dans sa longueur un étroit canal par lequel le lait arrive dans la bouche de l'enfant.
Lorsqu'on veut se servir de ce biberon , on remplit le flacon du liquide qu'on désire administrer ; on place le bouchon de manière k ce qu'il tienne bien , puis on le présente a l'eiifaut en plaçant le bout du doigt sur l'ouverture laté-