BILIEUX
Ce qui pre'cède s'applique aux pneumonies bilieuses de certains auteurs , aux ophthalmies bilieuses de ^\^^e\^a<is autres , aux érjsipèles bilieux, etc., en un mot, à toutes les théories dans lesquelles on fait intervenir la bile, altérée ou non , comme principal agent des maladies. Et qu'on ne nous accuse pas de dissimuler quelques-uns des argumens que font valoir les partisans de ces théories : nous en avons vainement cherché, dans leurs écrits, d'autres que ceux que nous avons fuit connaître. Car nous n'avons pas dû considérer comme telles ces interrogations dont ils se montrent si prodigues à défaut de faits précis : Pourquoi la bile ne produirait-elle pas des maladies ? qui pourrait affirmer k contraire ? ne peut-elle pas se dépraver ? ne peut-elle pas enflammer et ulcérer les intestins par son contact et son séjour prolongé ? absorbée et mêlée au sang , ne peut- elle pas faire naître de graves accidens ? la phjrsiologie vépugne-t-elle à admettre toutes ces possibilités ? et cent autres questions tout aussi instructives , que tant de gens prennent pour de bonnes raisons , et à l'aide desquelles ceux qui les adressent se donnent à si bon marché cette apparence de liberté d'opinion qui leur vaut le surnom d'éclectiques. Nous n'avons pas dû davantage r egarder comme des argumens les citations empruntées à Galien, Sylvius , Hoffmann, Huxham , Stoll , etc., qui prouvent bien que ces auteurs partageaient l'opinion qu'on défend , mais qui ont beaucoup moins de poids que n'en aurait un seul fait dans la discussion.
Mais la bile altérée est-elle donc sans influence sur les organes avec lesquels elle est en contact ? Nous sommes loin de le prétendre ; mais nous avons voulu prouver qu'on ne sait rien de positif sur la nature et le degré de cette influence . et que , par conséquent , toute explication des phénomènes d'une maladie quelconque qui repose sur l'action prétendue de ce liquide est entièrement hypothétique. Voici donc ce que , dans l'état actuel de la science, il nous paraît raisonnable d'admettre : !<> la bile est susceptible de s'altérer; secondairement el primitivement aux désordres de l'organe ; secondairement , cela n'a pas besoin de preuves ; primitivement, l'analogie de ce qui arrive pour le lait, et l'action évidente qu'exercent indirectement certaines affections morales sur le foie , permettent à peine d'en douter ; 2" la bile altérée peut irriter , enflammer même les organes avec lesquels elle se trouve immédiatement en contact; <i plus forte raison peut-elle en accroître l'inflammation , lorsque déjà ils en sont atteints. IMais , hors de là, tout est mystère; on ignore la nature intime des altérations de la bile; on ne possède au'^un signe qui puisse les faire soupçonner lorsqu'elles existent, et lorsque, par le rejet d'une certaine quantité de ce liquide, on peut apprécier les qualités physiques, et juger ainsi, d'une manière approximative, la nature de son altération, on reste dans l'incertitude de savoir si cette altération est cause ou effet de la maladie , aucun symptôme ne mettant à même de le décider; enfin on ne sait pas les moyens de remédier à ces altérations; et la principale , presque la seule indication thérapeutique qu'on ait su trouver, celle de chasser au dehors la bile altérée , n'est pas toujours çemplie avec une pleine sécurité, même par les plus habiles : on s'expose , par cette médication ,à accroître la maladie, daiis le cas où l'altération bilieuse en est l'effet; ou s'y expose dans le plus grand nombre des cas encore, lorsque la présence d'une bile altérée a fait naître tous les accidens , puisqu'on expulse une cause d'irritation par un agent non moins irritant qu'ellô>'°
Il nous reste encore quelques mots à ajouter pour compléter l'histoire pathologique de la bile. Nous avons dit que ce liquide avait, entre autres fonctions , celle de stimuler le tube intestinal , d'en provoquer le mouvement périsfaltique , et de faciliter ainsi la progression du résidu alimentaire à travers les circonvolutions de l'intestin. Lors donc que la sécrétion en est diminuée, peutêtre aussi lorsqu'il ne possède pas de qualités assez excitantes , enfin dans tous les cas où un obstacle s'oppose plus ou moins complètement à son arrivée dans le duodénum , une constipation opiniâtre se manifeste , et , dans le dernier cas , les matières excrétées sont blanchâtres, couleur de terre glaise, et non colorées par la bile. En général , on remédie à cette constipation par des purgatifs; mais l'effet en est presque toujours passager, et, pour obtenir un résultat durable, il faut pouvoir enlever la cause qui diminue la sécrétion de la bile, la prive de ses qualités excitantes , ou s'oppose à son excrétion, ce qui n'est pas toujours facile. (V oyez Calculs biliaires , Cakcer du foie, Cyurhose, Hépatite; en un mot, toutes les maladies de l'appareil sécréteur de la bile.
( L Ch. Roche. )
BILIEUSE ( fièvre). Voyez Rilieux et Fièvres.
BILIEUX, adj. biliosus , qui annonce la prédominance de la bile: tempérament, teint , symptômes bilieux ; constitution épidémique , maladies , fièvres, complications bilieuses. On mettait autrefois au nombre des maladies bilieuses y embarras gastrique, Vembarras intestinal , \e choléra- morbus, la fèvrebilieuse rémittente, la fièvre bilieuse intermittente ,\e causus ou fièvre ardente , Y ictère et la fièvre putride. C'est en traitant de chacune de ces maladies en particulier qu'on examinera jusqu'à quel point est fondée l'opinion qui les fait dépendre d'une surabondance de la bile. Nous avons déjà d'ailleurs exprimé notre pensée sur les théories bilieuses à l'article Bile : nous nous occuperons done spécialement ici de la fièvre bilieuse , telle que Pinel l'a décrite , et à laquelld il a donné le nom de fièvre méningo-gastrique. Voici le tableau qu'il eu a tràcé dans sa Nosographie philosophique. .'ivni ni
a Amertume de la bouche, enduit jaunâtre de la langue, qui' est d^abai d; humide, et se sèche plus ou moins durant le cours de 1^ dialadife^ ■sdif'intensé'',' désir des boissons acidulées et froides ; perte d'appétit ^'déigoùt pour les stfbJ stances animales; sentiment de douleur que-'ldlstertnine la: pt'ésêiorl de répi-J gaslre , constipation ou diarrhée; pouls ''fort et 'fréquent j'èhaktrr â'erè et; brûlante au toucher ; suppression! 'do la itiPâfrts|ii<-atioiiii'lsi!cen'est'à'ra findéS' paroxysmes et des accèo , ou vôi's répoq^'é-de la'^éJ-l^ïnaiSDM'dela fflâlàdîè^i.