TIQUE
On ouvrira l'abcès du rein lorsqu'il sera bien formé (Ile vin). Une ponction exploratrice étant faite, on incise couche par couche, ou si la fluctuation est évidente et s'il y a des adhérences à la peau, on incise par ponction simple, comme un abcès. Si la tumeur est saillante en avant, on ouvrira avec le cautère actuel (Murait, Rousset, Riolan), avec le caustique (Chalmet, Lafittc, Rivière, Miquel d'Amboise). Lorsque la tumeur est ouverte, le doigt introduit dans la plaie explore sa cavité : si une pierre est trouvée libre, on l'exti'ait avec des tenettes ou le doigt recourbé en crochet. On fait ensuite des lavages à l'eau tiède et avec de l'eau iodée.
Si l'on ne peut pas extraire la pierre fixée dans les tissus, on attendra qu'elle se mobihse (Rayer, Velpeau); mais on ne fera pas de débridement ; on tiendra seulement la fistule toujours ouverte. Des corps dilatants, tels que l'éponge préparée, seront placés dans son ouverture dès qu'elle tendra à se rétrécir.
Calculs salivaîres. Ordinairement formés dans les conduits salivaires (Scherer, 1737), très-rarement dans les glandes elles-mêmes (A. Cooper), plus rarement encore dans une grenouillette (A. Paré), les calculs salivaires observés pour la première fois sous la langue (Avenzoar) sont composés de phosphate et de carbonate de chaux et d'une matière protéique précipitée par l'ammoniaque et insoluble dans les acides.
Par ordre de fréquence, le canal de Wharton, le canal de Sténon, les conduits glandulaires de la glande parotide et de la glande sous maxillaire sont le siège des calculs salivaires, et c'est dans les glandes même seulement qu'on a observé des calculs multiples (Plater).
En général, les canaux ne sont pas oblitérés complètement (Th. de Closmadeuc) ; une grenouillette (A. Paré), n'est pas un résultat nécessaire de la présence des calculs salivaires. Le canal se dilate en arrière de ceux-ci, mais il n'y a pas oblitération. La cavité qui loge le calcul suppure. Il s'écoule du pus mêlé à la salive par les orifices des conduits de Wharton et de Sténon. Une fistule salivaire est ordinaire à la suite de calculs du canal de Sténon. Les calculs qui siègent dans les glandes déterminent aussi une fistule; en tous cas, il y a toujours une augmentation de volume de la glande, une sorte d'hypertrophie par ralentissement de l'écoulement de la salive.
S'il n'y a pas de fistule, on reconnaît le calcul à une tumeur très-dure sur le trajet d'un conduit ou sur un lobe d'une glande. Lecathétérisme des canaux de Wharton et de Sténon, avec un stylet fin, celui qu'on emploie pour les conduits lacrymaux, donnant un choc caractéristique, révélera l'existence de la pierre. S'il y aune fistule on explorera successivement par la fistule et par le canal.
Afin de ne pas prendre une dent surnuméraire ou déviée qui a donné naissance à une fistule, pour un calcul, o explorera les arcades alvéolaires : si une dent a (oujour manqué, si la tumeur fait corps avec l'os, ce n'est pas un calcul salivaire. Une carie dentaire ou osseuse, qui r donné naissance à une fistule, est plus profonde que cell qui résulte d'un calcul salivaire ; si le corps solide senti
CALC
CALC
si mobile sur les os avec les téguments ou les parties nolles,il s'agit d'un calcul.
Théra'peutique. — A l'aide d'une curette, d'une pince ou l'une aiguille à cataracte, ou extrairales calculs au moyen l une incision sur le kyste qui les renferme, ou bienàtra- .'crs les fistules qui existeraient, et alors on débridera du l ôté de la muqueuse si cela est nécessaire. On fera des avages avec l'eau iodée, et l'on traitera consécutivement .a fistule, qui tend à se former ou qui était antérieurement ptablie, V. Fistules salivaires.
Lorsqu'il y a des calculs multiples dans la glande parotide et qu'il s'est formé un abcès, on l'ouvrira, les calculs seront éliminés peu à peu avec la suppuration ; on cautérisera la plaie lorsque la suppuration se tarira, afin de prérenirla formation d'une lislule.
Calculs du sac lacrymal (Lacbmund, Schmucker, Krinser, Leramier).
C'est en traitant une fistule lacrymale que les calculs de phosphate calcaire ont été trouvés; l'existence d'un corps dur résonnant sous un stylet et sa mobilité ont permis d'établir le diagnostic. Un os nécrosé peut en imposer pour un calcul, mais le traitement est le même.
Thérapeutique. — On extraira les calculs avec une pince à dents de souris, et l'on débridera s'il est nécessaire ; Ipour cela on devra inciser en dedans, en se rapprochant de la racine du nez.
Calculs de l'utérus. Outre les dépôts crétacés etossiformes autour de corps fibreux (Roux), on trouve dans la matrice des concrétions calcaires, petites en général, comme les calculs prostatiques, qui se révèlent par des douleurs utérines irrégulières et analogues à celles qui existent pendant l'accouchement, par la pesanteur au périnée, et quelquefois par une difficulté d'uriner due à une antéversion.
On constate l'existence des calculs de l'utérus par l'exploration de la cavité avec une sonde de Simpson ou un stylet qui perçoit un choc.
On a vu des corps crétacés de l'utérus qui se sont frayé un chemin vers le rectum et ont produit une fistule utérovagino-rectale (Boyer),
Un gros calcul de l'utérus détermine le ramollissement de l'utérus, une métrite chronique parencbymateuse et la mort.
Les concrétions calcaires de l'utérus semblent presque toujours se former dans les glandules du col.
Thérapeutique. — Si les petits calculs sortent seuls, il n'y a rien à faire qu'à traiter les inflammations du col utérin, V. MÉTRITE.
Si le calcul est gros et si l'on peut le circonscrire avec un stylet, on tentera de l'enlever après avoir dilaté le col par des applications de belladone et surtout par un cylindre d' éponge préparé. De fréquentes injections vaginales seront faites pour prévenir l'inflammation du col.
Si le calcul est très-gros, on excisera le col avec des ciseaux tranchants en dehors (Louis) , comme les ciseaux de Smellie, mais des débridements avec le bistouri boutonné suffiront. On extraira le corps avec une pince à pansement, on combattra les hémorrhagies graves qui apparaîtront par un tampon de charpie imbibée de perchlorure defer ; on donnera à l'intérieur 2 grammes de seigle ergoté en deux paquets pris à une demi-heure d'intervalle. Les injections d'eau glacée préviendront le retour des hémorrhagies.
Calculs vcsicaux. Un gravier du rein, descendu dans
la vessie et accru par l'apposition de nouvelles couches calcaires, quelquefois un calcul de la prostate ayant fait saillie dans la vessie où il est devenu libre et a augmenté de volume, un dépôt de matières calcaires, organiques ou terreuses, autour d'un amas de mucus, d'un caillot sanguin ou d'un corps étranger, se rencontrent dans la vessie, où ils prennent le nom de calculs vésicaux ou de pierre.
Au point de vue de la composition chimique, les calculs sont simples lorsqu'ils ne renferment que de l'acide urique ou de l'oxalate de chaux, ou de l'acide xanthique, ou de la cystine, ou du phosphate de chaux, ou du phosphate ammoniaco-magnésien.
Les calculs sont composés lorsqu'ils contiennent à la fois un noyau d'acide uinque et de couches superposées de phosphate de chaux, par exemple, ou du phosphate de chaux et du phosphate de magnésie.
Les calculs d'acide urique, d'oxalate de chaux, de phosphate de chaux, de phosphate ammoniaco-magnésien, sont les calculs les plus durs ; les calculs de phosphate do chaux, de carbonate de magnésie, sont les moins résistants.
Certains calculs sont formés par un noyau central tel qu'un corps étranger introduit dans la vessie ou un petit calcul d'acide urique, descendu du rein, et par des couches concentriques superposées. D'autres calculs n'ont pas de noyau et sont composés par des cristaux agrégés.
Les calculs vésicaux peuvent être multiples ou uniques; ils sont lisses ou rugueux, leur forme est arrondie, ovoïde; quelquefois annulaire, et leur volume peut atteindre celui d'un œuf d'autruche.
Les calculs sont libres ou enchatonnés dans une lose de la vessie. Quelquefois le calcul est logé entre deux colonnes de la vessie hypertrophiée, et alors il est presque toujours placé dans le voisinage des uretères.
Un état général de l'économie, caractérisé par des dépôts de sels organiques dans l'urine, est la cause habituelle de la formation de calculs dans le rein ou même dans la vessie; les cystites chroniques franches, rarement les fongosités de la vessie, rendent l'urine alcaline dans son réservoir, et quelquefois consécutivement il se forme des calculs, qui, dans ce cas, sont composés de phosphate et de carbonate de chaux.
Dans le cas d'une diathèse calculeuse avec altération de la fonction de l'excrétion urinaire, des calculs successifs peuvent exister; les récidives des calculs consécutifs aune inflammation des organes urinaires sont assez fréquentes. Ainsi les calculs phosphaliques sont ceux qui sont le plus souvent suivis de récidive. Après que l'on a extrait un calcul d'acide urique, il se forme parfois une seconde pierre constituée par du phosphate de chaux. Cela tient à ce que le calcul d'acide urique engendre une cystite chronique qui à son tour a engendré un calcul phosphatique.
Les calculs du rein coexistent assez fréquemment avec ceux de la vessie (Covillard).
Si l'hérédité joue un rôle dans la formation des calculs, c'est à titre de diathèse ou tempérament que la maladie est transmise par voie de mutation des manifestations de la diathèse. Ainsi un goutteux peut engendrer des enfants qui auront la pierre.
La bonne chère, les excitants, la vie sédentaire et la position assise favorisent le développement des calculs urinaires, et en particulier de la pierre dans la vessie, soit parce que la constitution du sang et l'excrétion urinaire sont modifiées, soit parce qu'il survient une lésion inflammatoire des voies urinaires.