ET URINEUSE
Une diarrhée urémique avec concrétion de carbonate d'ammoniaque dans les selles sera traitée par les révulsifs cutanés, le vésicatoire sur l'abdomen. Le traitement général de l'urémie (V. ce mot) est peu efficace dans ces cas.
Des douleurs de reins vraies réclameront une application de sangsues sur la région des lombes ; des lambeaux membraneux rendus par la plaie et recouverts d'incrustations calcaires révèlent une cystite phlegmoneuse, une lésion analogue à la dysenterie (Morgagni, Dolbeau) : des injections émollientes sont utiles à employer dans ce cas.
Une infiltration urineuse sera traitée par les débridements multiples.
La plaie de la cystotomie se cicatrisant du fond vers l'extérieur, si la plaie vésicale ne se réunit pas, une fistule persiste ; pour la prévenir, on comprimera sur les bords de la plaie dès que l'urine commence à couler par l'urèthre (Tolet). Si la fistule persiste, on cautérisera, on nourrira les malades amaigris. Débrider la plaie (Dolbeau) est aussi bon que la cautérisation de la plaie au fer rouge (Dupuytren).
CALC
CALC
Si les malades taillés deviennent impuissants, il n'y a rien à faire.
2° Taille latérale. On peut aller à la recherche des petites pierres comme des corps étrangers peu volumineux par la taille latéralisée de F. Come et Cheseldcn. Le malade étant disposé comme pour les autres procédés de taille, on fait une incision qui commence sur le raphé périnéal à 3 centimètres en avant de l'anus et se termine à la partie moyenne d'une ligne étendue de l'anus à la tubérosité de l'ischion. Le doigt indicateur gauciie est placé dans la plaie, dirige la dissection, repousse le bulbe vers la ligne médiane, suit avec l'ongle la rainure du cathéter qu'il ne quitte plus ; on incise l'urèthre, on agrandit l'incision jusqu'au col. Le lithotome simple, dont on gradue l'ouverture de la lame sans dépasser le n° 11 de l'instrument et de façon à ne pas faire une incision de plus de 2 centimètres, est introduit.
Guidé par le cathéter, l'instrument pénètre de 3 centimètres dans la vessie, et est retourné de manière que sa concavité regarde le pubis ; on sectionne en bas (F, Come) ou mieux en dehors; si l'ouverture est trop petite on débride (Boycr). On introduit une tenette à écrasement, on brise le calcul et l'on en extrait les fragments. Cette pratique est celle de Giraldès pour les enfants et de Pope, du Missouri, qui a obtenu ainsi de beaux résultats.
On est exposé par cette opération à dos hémorrhagies que l'on traitera par la compression et la ligature, s'il est possible. La blessure du rectum est un inconvénient seulement parce qu'elle peut être l'occasion d'une fistule rectovésicale. V. Fistule recto-vésicale.
On prévient la. blessure du rectum en faisant tirer l'urèthre par le cathéter, de façon que ceui-ci colle le canal conlre le pubis (Pope, du Missouri).
?i° Tailles par des procédés mixtes. La taille médiane (Vacca Berlinghieri), la taille recto-vésicale avec section du sphincter anal (Vacca Berlinghieri), la taille recto-vésicale sans section du sphincter anal (Maisonneuve), la dernière surtout, ne sont pas de bonnes opérations, à moins que le calcul ne soit senti au devant de la paroi antérieure du rectum ; les calculs développés primitivement dans la prostate peuvent être enlevés par la taille rectale.
/i" Taille hypogastriquc. La taille hy]io,:;aslTique est jiresquc inévitablement mortelle, mieux vaut laisser les malades mourir de leur calcul, lorsque la taille combinée à la lithotrilie est inapplicable. Elle ne sera faite que dans les cas où existe un calcul trop volumineux ne pouvant être extrait par le périnée. l'our faire la taille hypogastrique, une sonde à dard est introduite dans la vessie et amenée au-dessus du pubis, on fait saillir le dard, on incise, ou ])ien on incise sur la sonde à dard en coupant couche par couche. Un crochet ou un gorgeret suspenseur doit maintenir le parallélisme de la plaie de la paroi abdominale et de celle de la vessie ; la pierre sera extraite ; si elle est trop grosse, on la fragmentera avec un gros brisepierre ou une tenette à forceps plutôt que de débrider sur les bords de la plaie, et une grosse sonde sera placée dans la plaie, une sonde à demeure étant maintenue dans la vessie par l'urèthre.
La taille hypogasirique réussit quelquefois (Franco, Leroy d'Etiolles), mais elle est ordinairement suivie d'une infiltration urineuso ou d'un vaste phlegmon urineux du bassin.
LrriKiTr.iTiE i'kiuniule (iJolbeau, Bouisson). — On associera la taille jiérinéale à la lithotritie lorsque la pierre est petite et lorscpie la lithotritie est reconnue impossible .
On pratique une boutonnière périnéale sur l;i ligne médiane comme pour la taille médiane, mais beaucoup plus petite (2 centimètres au plus); guidée par le cathéter, on ouvre la portion membraneuse de l'urèthre en suivant les procédés indiqués pour la taille latérale ; l'incision de la portion membraneuse de l'urèthre est prolongée jusque sur la prostate, ou bien on dilate, ce qui vaut mieux, suivant Dolbeau, l'incision pratiquée à la poilion membraneuse. On dilatera l'urèthre avec un dilalateur à six valves écartées par une boule centrale ; on l'introduit et l'on agrandit ainsi la portion prostatique de l'urèthre et le col vésical ; on passe dans la vessie un brise-pierre à pignon, dont la canule a 15 millimètres de diamètre, on brise la pierre et l'on en extrait les fragments. Une injection à grande eau est faite par l'ouverture périnéale (Dolbeau). On )ieut dilater la veille du jour où l'on brise le calcul.
On peut créer une fistule urinaire, dilater plus tard cette fistule et aller briser la pierre à travers la fistule dilatée (Bouisson).
Comme la nécessité a conduit plusieurs fois à faire la taille immédiatement après la lithotritie, chez les sujets à vessie irritable et raccornie, on pourra faire une séance do lithotritie pour fragmenter le calcul, puis on procédera à l'opération de la taille par la méthode latérale ou bilatérale. Dans ces conditions, l'incision faite au périnée et au col de la vessie pourra être petite, et l'on sera sûr de ne pas dépasser les limiles de la prostate. Une opération de ce genre a été pratiquée avec succès, et le malade a succombé seulement deux mois après à la suite d'un érysipèle et d'une suppuration du rein (A-. Després, 1(S65).
Soins consécutifs. Après l'opération de la pierre par la lithotritie ou par la taille, on évitera la récidive des calculs par le traitement des diathèses urique, oxalurique, phosphatique, etc. (V. Giuvelle). On traitera la cystite chronique (V. Cystite); les malades se sonderont chaque jour et feront des injections dans la vessie, les eaux et les douches sulfureuses répareront la santé des malades, on donnera à l'intérieur les amers, les ferrugineux, comme dans la dyspepsie et les anémies. Voy., pour les eaux minérales, Gravelle.
Traitement palliatif. Lorsqu'un malade ne pourra pas être opéré, ou quand l'opération paraît devoir entraîner une aggravation de la cysto-néphrite et de l'urémie , en même temps que par son volume le calcul commande de grands délabrements, lorsqu'un cancer ou un fongus de la vessie existent, on n'opérera pas. On se bornera à administrer de grands bains, à faire des injections dans la vessie. Les exercices un peu violents, les régimes excitants, les rapprochements sexuels, seront proscrits. On traitera les complications qui pourraient survenir du côté de la vessie ou des reins. On fera une ponction périnéale, et on laissera une canule à demeure (Avicenne) jusqu'à ce qu'une fistule vésicale soit établie; la boutonnière (Thevenin, Ledran) est la même opération. V. Uétention d'urine.
Taille chez la femme. — Les calcids volumineux, gros même comme un oeuf, peuvent être expulsés spontanément de la vessie d'une femme (Benedict, M. Donalus, Morand, Lecat), mais on ne doit pas attendre ce résultat. Seulement ces faits indiquent que la dilatation de l'urèthre et la litho tritie sont le traitement le plus rationnel.
On dilatera l'urèthre avec de l'éponge préparée ou d grosses sondes ou avec un dilatateur mécanique, mais faudra ne dilater que progressivement. Les dilalateu mécaniques sont en ce sens inférieurs à l'éponge pr Itarée.