‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 129 sur 612 · CHAL · texte numérisé non relu

CHAL

CHAN

illards) ou d'une glande sébacée, le plus souvent conséulive à une inflammation légère de la paupière, est un halazion.

La tumeur formée par le chalazion est dure, globueuse, unique, faisant saillie sous la conjonctive ou sous 1 peau. Elle ne s'accroît pas au delà de la grosseur d'un

I'ois, et gène très-peu les malades; elle peut se résorber n grande partie et rester à l'état d'une petite induration isensible.

Thérapeutique. — On traitera d'abord l'inflammation ar les émollients ; les cautérisations superficielles sur la )eau avoc la teinture d'iode, le nitrate d'argent môme se-

'ig. 12P. — A. OiRvat'on de clialaziou, proct-Jé (le Desmairef. — B. l'ïnco lia Dcsmari'L'S. (Alpli. Guérin.)

'ont ensuite employés. Si après six mois la tumeur ne liminue pas, on pourra l'enlever.

Avec la pince de Desmarres (B, fig. 126) (pince à prcs- ;ion à vis, B, à mors larges, constitués, l'un par une jlàque de la grandeur d'une amande et de forme ellipiquc, l'autre par un anneau de même grandeur que la ilaque qui lui est opposée), on saisit la paupière en engareant la plaque -entre l'œil et la paupière ; la tumeur est )rise dans l'anneau de l'autre mors de la pince, serré sur e premier, de façon à arrêter la circulation dans la peau [ui enveloppe la tumeur; on confie la pince à un aide, on ncise la peau et l'on dissèque la petite tumeur qu'on enève en totalité. On pansera la plaie avec des compresses l'eau froide; on ne réunira que si la plaie a un peu d'éendue, et l'on pansera alors avec l'eau froide, le plus souvent possible.

Si le chalazion situé sous le cartilage fait saillie sous a conjonctive, on opérera en renversant la paupière (Celsc) )t en plaçant la pince en sens opposé à celui qui a été lit (A, fig. 126), quand la tumeur fait saillie sous la peau. Dans ce cas, l'occlusion de l'œil et les lotions tièdes doivent Hre tout le pansement, seulement on surveillera afin de prévenir la formation d'un bourgeon charnu saillant sur la plaie ; on cautérisera celle-ci si elle tardait à se cicatriser.

S'il s'agit d'un kyste sébacé, on fera sortir toute la inatière et l'on cautérisera la cavité avec he crayon de nitrate d'argent; puis on tiendra des compresses fraîches sur les paupières.

CIIitLnETTE (Lozère). Eau minérale saline, chlorurée, sodique.

CHALlËS (ancienne Savoie). Eau minéi'ale sulfureuse sodique froide, la plus sulfurée des eaux sulfufureuses connues, manjuant 180° de sulfuration. On l'emploie en boissons dans la scrofule [±], dans la syphi-

lis [3, dans le rhumatisme [±\, dans la goutte Q, dans le cancer Pl.

CIIALYBÉ. Remède qui contient du fer. 11 y a le vin chalijbé, fait par macération de 30 grammes de limaille de fer dans une bouteille de vin blanc. On passe, et le produit s'emploie comme tonique, emménagogue et antichlorotique, 50 à 100 grammes par jour [+ +\.

CaiAIUBRE AK'fÉRIEL'RE »E H/ŒIL (LÉSIONS DE la). La chambre antérieure de l'œil peut être dé formée par des adhérences de l'iris (V. Synéciue), par des tumeurs de l'iris. V. Iris {Tumeur de /').

VInjdropisie de la chambre antérieure est due à une irilis séreuse et révélée par une saillie de la cornée, connue sous le nom de liérato -connus, et slapliylôme jiellucide. V. Stapuylôme.

Les C0/7JS étrangers de la cliambrc antérieure sont visibles à l'œil nu; ce sont des grains de plomb, des fragments de capsule, des paillettes de fer', etc. Tous les corps étrangers qui ont pénétré dans la chambre antérieure tombent à la partie inférieure.

Le cancer Jibro-plasiique du bord adhérent de l'iris est un cancer à marche lente ; il se montre en arrière delà cornée, sous la forme d'un bourgeon charnu recouvert de petits vaisseaux; de là la tumeur gagne le fond de l'œ'il ou se fait jour à travers la cornée.

Thérapeutique. ■ — Les corps étrangers de la chambre antérieure seront extraits à l'aide d'une opération ; on fera, avec le couteau de Becr une incision en biseau sur le point d'union de la cornée et de la sclérotique. On amène le corps étranger avec une curette ou une pince à griffes.

Les cancers fibro-plastiques exigent tôt ou tard l'ablalion de l'œil.

ClIAinPOLÉOIV (Hautes-Alpes). Eau sulfureuse, calcique, froide, peu employée.

CMAIVCKE. Une ulcération produite par le contact ou l'inoculation d'un pus virulent engendré par une ulcération syphilitique ou même du sang fourni par un individu syphilitique, est un chancre.

La verge, l'anus, les lèvres, chez l'homme; les petites et les grandes lèvres, le vagin, le col utérin, les seins, chez la femme, sont le siège le plus fréquent des chancres. Mais on les rencontre exceptionnellement à la face, aux mains, et aux bras au niveau des piqûres de vaccin.

Il y a trois espèces de chancres : le chancre mou, le chancre induré et le chancre mixte.

Dans certains cas le pus virulent des ulcérations syphilitiques peut être absorbé par une plaie sans produire d'accident local, comme le pus, dans les piqûres anatomiques, donne lieu à l'infection purulente sans avoir occasionné d'angioleucite ou de phlébite, comme le curare placé sous la peau est résorbé avant d'avoir déterminé le moindre accident local ; — ailleurs il di'termine une inflammation locale, ulcéralive [chancre mou), dans laquelle •le virus se détruit avec les tissus qu'il a touchés (Petit-Radel) ; mais chez d'autres l'ulcération ne détruit pas toutes les parties contaminées et l'on a affaire alors à ce qui a été appelé le chancre mixte. Lorsqu'au contraire, aucune réaction inflammatoire n'apparaît après la contagion, une papule se forme tout autour du point contaminé, il y a une inflammation chronique ou plutôt une exsudation d'éléments anormaux, éléments anatomiques des gommes (Virchow), ou exsudation d'éléments normaux altérés, cytol)lastion (Robin), ou infiltration du derme (Michaelis), exsudation dans laquplle s'accomplit un travail de com-

CHAN

CHAN

position et de décomposition, ce qui conslilue le chancre induré.

Les conditions individuelles, au moment du coït infectant, sont sans doute la cause des différentes formes que présente le chancre (Ricord).

I.e chancre induré, chez l'homme, est, avec la plaque muqueuse, chez la femme (école de Saint-Louis, A. Guérin), et l'érosion chancreuse (Diday), la porte d'entrée la plus habituelle de la syphilis.

Tous les chancres sont susceptibles d'être suivis d'accidents généraux dus à l'infection du sang, c'est dire qu'il n'y a qu'un virus syphilitique (Hunter, Ricord, Calvo). V. Syphilis.

Chancre mou (Galien, Carmichaël, Bassereau), Chancre VÉNÉRIEN, Chancre non infectant, Chancroïde (Clerc), Chancrelle (Diday), Chancre simple.

Le chancre mou débute par une ulcération, si le pus a été déposé sur une écorchure ou sur une plaie, mais il succède ordinairement à une pustule ou une vésico-pustule, qui apparaît sans incubation peu de temps après le coït ou un contact infectant.

A la période d'état, le chancre mou est constitué par une ulcération profonde, dont le fond est rempli d'une espèce de détritus organique mêlé à du pus, et dont les bords sont taillés à pic et décollés.

Le chancre simple est quelquefois douloureux et circonscrit, dans des cas assez rares, par une induration inflammatoire, avec abcès de la verge ou de la vulve autour des vaisseaux lympiiatiques.

Des adénites qui tendent toujours à suppurer compliquent le chancre mou.

Le chancre mou est irrégulier dans sa marche et il se complique assez fréquemment de gangrène et dephagédénisme.

Le chancre mou est réinoculable au porteur, inoculable sur des individus sains et sur quelques espèces animales, par suite du transport du pus chancreux sous l'épiderme ou sur une plaie.

Suivant Langlebert, le chancre mou serait produit parle pus des ulcérations syphilitiques, quelles qu'elles soient, mais cela est très-douteux.

Le chancre mou naît du cliancre mou (Bassereau, Clerc, Fournier, Diday), et ne donne ordinairement pas lieu à une infection syphilitique. 11 peut exister à la tête ou dans le pharynx, comme à la verge, ù l'anus et à la vulve; mais cela est très-exceptionnel.

Chez les prostituées, le chancre mou finit quelquefois par se transformer en ulcération à bords irréguliers, un peu durs, à marciie lente ; ce qui fait qu'on peut le prendre pour un chancre induré, c'est le chancre chronique (Boys de LouryetCoslilhcs).

C'est ce que Huguier a appelé l'eslhiomène rongeant.

Le caractère «palhognomonique du chancre mou est l'auto inoculalion (Ricord, Bassereau, Clerc, Diday, Rollet, Nadcau dcslslets). Mais l'adénite suppurée, les phénomènes inflammatoires et la multiplicité des chancres sont aussi des caractères anatomiques dont il faut tenir compte pour établir le diagnostic (Ricord).

On no confondra pas l'ulcération des chancres mous avec r/(ti-i)C,s imi-putialis^ qui est formé des vésicules entourées d'une auréole inflammatoire et disparaissant en donnant lieu à la formation des squames épidermiques.

Chez l'homme le chancre mou de la verge se complique d'un excès d'inflammation, de (janyrcue, de diphthcrite

et de phagcclénisme ; chez quelques femmes ayant un chan- j cre mou à la vulve tournant au phagédénisme, il y a plus j souvent œdème et phlegtnatia alha des grandes lèvres. i

1° L'excès d'inflammation est constitué par une dureté j inflammatoire phlegmoneuse ; par un écoulement abondant de pus sanieux de l'ulcère qui est douloureux et saigne au , moindre contact. En même temps il y a de la fièvre et de \ l'embarras gastrique.

2° La gangrène est une inflammation portée à ses dernières limites, et qui est due à un coït ou à des excès de boissons qui ont irrité l'ulcère et altéré la santé générale.' Sur le pourtour et sur le fond de l'ulcère, existent des points noirs qui ne tardent pas à se réunir et forment une cschare dont la plaie se cicatrise en général assez vile.

3° La surface du chancre se recouvre quelquefois d'une couche pseudo-membraneuse, et d'une couche pultacée analogue à la pourriture d'hôpital, tantôt toute l'étendue de la plaie en est recouverte, tantôt il existe des petits points pseudo-membraneux isolés. i

h° Une ulcération qui tend à s'étendre en surface (phagédénisme serpigineux) ou en profondeur (phagédénisme t térébrant), pendant qu'elle se recouvre ou non de diphthérite et qu'il s'y développe des eschares, constitue le phagédénisme.

Le phagédénisme est beaucoup plus fréquent sur le chancre mou que sur le chancre induré (Ricord). Il ne se transmet pas par inoculation, comme ulcère phagédénique : (Sperino), il reproduit parfois un chancre mou, même : après six ou sept mois (Ricord).

De mauvaises conditions individuelles, la scrofule (Boerhaave), le défaut de soin, l'usage de l'alcool, l'usage in- , tempestif du mercure, favorisent le développement du phagédénisme dans les chancres phagédéniques cicatrisants l'inoculation des bords de l'ulcère, déchirés par la rétraction de la matrice, entretient le phagédénisme.

Une ulcération irrégulière, à bords décollés, taillés à pic, laissant écouler une sanie légèrement purulente, dont le fond est garni d'une couche pultacée, ou dans d'autres cas un ulcère rongeant, creusant en profondeur, détruisant les muscles et découvrant les nerfs, les vaisseaux et même les os, la tendance de l'ulcère à gagner de proche en proche, font reconnaître le phagédénisme. L^ilcèrequi gagne en surface a une marche lente. L'ulcère qui gagne en profondeur marche vite.

Dans le phagédénisme la santé générale n'est ordinairement pas altérée, mais à la longue les malades se tuberculisent.

Les abcès froids tuberculeux, les sypliilides tuberculoulcéreuses, ne seront pas confondus avec le phagédénisme, car en remontant à l'origine du mal, on trouve . qu'il a antérieurement existé un chancre, et de plus les abcès tuberculeux et les sypliilides sont rares à la verge et à l'aine. Les abcès tuberculeux sont successifs, et il y a souvent un ulcère en même temps qu'un autre abcès en voie de formation. La syphilide serpigineuse ou tuberculo-ulcéreuse présente j)lusicurs points ulcérés isolément; tandis que le chancre phagédénique, au contraire, forme une seule ulcération. Enfin l'épreuve de l'inoculation sur le malade du chancre phagédénique sera peutêtre un élément de diagnostic. V, Syphilide turerculeuse.

Sur la cicatrice d'un chancre mou, il n'est pas rare de voir naître un condylome.

CHAN

CHAN

Il y a un chancre phagédénique chronique que l'on confond souvent avec un cancroïde, c'est ce que l'on a appelé Testhiomène ulcéreuse de la vulve. Mais on arrive facilement au diagnostic, en considérant l'âge des malades, la durée du mal, son étendue généralement plus grande que celle des cancroïdes, et surtout l'absence de dureté, soit du fond, soit des bords de l'ulcère; du reste, les cautérisations légères modifient très-vite le chancre chronique et ne changent rien à un cancroïde.

Thérapeutique. — Chancre mou simple. Transformer l'ulcère virulent en une plaie simple, tel est le but du traitement du chancre mou.

Dans ce but, on cautérisera la plaie. Le nitrate d'argent appliqué immédiatement après le coït suspect sur une plaie prévient un chancre mou. Lorsque l'ulcération est complète, on cautérisera avec un disque de pâte au chlorure de zinc de la largeur de l'ulcère (École de Lyon). On laisse le disque douze à vingt-quatre heures en place. Si une eschare blanche n'est pas produite sur toute la surface de l'ulcère, on applique de la pâte sur tous les points qui auront échappé à la cautérisation.

L'amadou imbibé de la solution :

Kttii 100 grammes.

Clilonue de zinc 10 ii 20 ici.

Peut être substitué à la pâte de chlorure de zinc.

(A. Després.)

On place une rondelle d'amadou sur le chancre.

La solution saturée de chlorure de zinc est le meilleur caustique, parce qu'il ne brûle que les parties malades.

On pourra aussi cautériser avec le caustique sulfo-carbonique, car ce moyen est presque aussi efficace que la cautéris£|tion avec le chlorure de zinc.

Le fer rouge ne convient que s'il y a tendance au phagédénisme, encore agit-il moins que le chlorure de zinc.

Les caustiques ne seront employés que si le chancre est à découvert. Pour les chancres situés sous un pi'épuce rétréci, ou dans l'urèthre, on ne doit avoir recours qu'aux injections de nitrate d'argent ; une partie de nitrate pour quinze d'eau distillée.

La teinture d'iode pure, ou la solution de tartrate ferrico-potassique, 10 à 30 grammes, du sel dans 200grammes d'eau (Ricord), le perchlorure de fer à 30° sont de bons modificateurs des chancres mous.

Pour le chancre des muqueuses on se sert avec avantage de la poudre :

Culomel 1 gramme.

Sucre ea pondre 2 id.

Placée sur les ulcérations.

L'alcool de Guaco pur ou mélangé à l'eau (Pascal) n'est pas meilleur que les caustiques précédents.

Il est inutile de cautériser un chancre mou datant de plus de vingt jours (Diday).

On abrégera la durée du chancre situé au filet, au limbe du prépuce et aux petites lèvres, en coupant les replis qui portent le chancre, à l'aide d'une pince coupante (Diday).

Il est dangereux d'opérer le phimosis sur un individu atteint de chancres mous : les bords des plaies deviennent ordinairement chancreuses.

Il ne faut jamais panser les chancres avec l'onguent mercuriel.

Pour favoriser la cicatrisation, on emploiera la charpie imbibée de vin aromatique, le glyc jrolé au tannin, 1 h 3 grammes pour 10 grammes de véhicule :

Glycérine 10 parties.

Tannin. ■ . . , 1 jd.

Le pansement avec la décoction de quinquina, et mieux des pansements avec la charpie imbibée de teinture d'iode sont assez bons.

Pour les chancres du méat et de l'urèthre, on injectera du vin aromatique.

Contre les érections, on donnera :

Eau distillée lOPi crammes.

Sirop 30 id.

Bromure de potassium SO centigr. ù 2 gr.

Dans une potion à prendre par cuillerée à bouche dans les vingt-quatre heures.

Pour les chancres de l'anus, après avoir cautérisé les ulcères, on se servira de mèches enduites des liquides modificateurs. Ensuite on tiendra le ventre libre pour éviter les douleurs qui, dans le chancre de la marge de l'anus, comme dans la fissure simple, engendrent la constipation et quelquefois la contraction du sphincter. V. Fissure

A l'anus.

Jamais au chancre simple ne doit être traité par les mercuriaux à l'intérieur, à moins qu'il ne survienne une roséole et que le chancre ne s'indure, ce qui est assez exceptionnel. Le régime tonique des grands bains doivent conslituer tout le traitement général.

Si Y injlammation du pourtour de l'ulcération est forte, les bains locaux d'eau de guimauve ou de graine de lin ou des lotions opiacées, seront employés ; un cataplasme arrosé de laudanum enveloppera la verge. On purgera, et le malade sera mis à la diète. L'inflammation calmée, on traitera comme il a été dit plus haut.

Si une adénite apparaît, on aura recours au traitement du bubon. V. Bubon.

Contre la gangrène, on tiendra le malade à la diète, on le purgera avec des purgatifs salins, on pansera avec un mélange a parties égales de poudre de charbon et de poudre de quinquina. On retranchera les parties mortifiées â mesure qu'elles seront détachées, on arrêtera les hémorrhagies avec un tampon imbibé légèrement de perchlorure de fer au trentième.

Contre la diphthérite de la plaie, on cautérisera avec le fer rouge, ou, dans les cas peu graves, on appliquera l'eau phéniquée au IGOO"", le jus de citron, la poudre de tan et d'alun, mélangés à parties égales.

Dans le phagédénisme, tous les caustiques sont bons à. employer, mais les meilleurs sont : les caustiques au chlorure de zinc ou sulfo -carbonique, le fer rouge (RoUet).

La teinture d'iode pure, la solution de tartrate ferricopotassique, 10 à 20 grammes pour 200 grammes d'eau (Ricord), avec huile essentielle de lavande, 5 grammes ; l eau chlorurée ; la solution de coaltar saponiué au hO'^; d'acide phénique au 1000% la solution de chlorate de potasse, U grammes pour 50 grammes d'eau, sont assez utiles contre cette complication A la fin, on a avantage à toucher l'ulcère avec la teinture d'iode et le perchlorure de fer à 30°, ou 8 grammes de la solution pure pour 200 grammes d'eau.

L'irrigation continue et les compressions peuvent être tentées dans ce cas, quitte à recourir ensuite à la cautérisation.

Quoi que l'on emploie, il faut renouveler fréquemment les pansements.

L'opium à la dose de 60 à 80 centigrammes par jour en deux doses (Rodet) est bon chez les individus débiles.

La syphilisation, c'est-à-dire l'inoculation de chancres mous (Auzias-Turenne), est le pire et le plus infidèle des moyens thérapeutiques.

Si le malade est scrofuleux, on instituera le traitement 1 antiscrofuleux.

CHAN

CHAN

Un bon régime sera prescrit.

Le tartrate ferrico-potassique dans une potion (Ricord) n'est pas efficace -, le perchlorure de fer n'est pas d'une utilité démontrée. On peut donner :

Pcrc-lilorm-e de fer 4 grammes

Sirop de sucre 500 id.

(Deleau.)

Une cuillerée ou deux par jour.

Chîtiicrc Ëiulur»! (Benedict Massa, Jean de Vigo, Thierry de Iléry, A. Paré, Hunter, lUcord, Dassereau).

L'exsudation d'un chancre induré, le pus d'une plaque muqueuse et plus spécialement la sérosité des ulcérations syphilitiques, au dii'c de Lauglebert et de Bidenkap, appliqués sur une écorchure, l'inoculation du sang d'un syphilitique sur un sujet sain, engendrent un chancre induré, et avec d'autant plus de puissance que le sujet appartient à une race vierge de syphilis (Diday).

Vingt- cinq jours en moyenne après un coït suspect le chancre induré se produit. Il y a des chancres qui se produisent après une incubation longue , plusieurs mois même (Fournier). Ordinairement une écorchure méconnue se recouvre alors d'un produit grisâtre, contenant des globules de pus (Uobin) ; plus rarement une papule se forme, s'excorie à sa surface et se recouvre d'une fausse membrane. Une saillie rougeàtre s'élève autour de l'ulcère qui prend une disposition cupuliforme (Ricord), puis la base de l'ulcération s'indure dans le premier septénaire.

Dans les ulcères agrandis, l'induration est moins forte, elle est parcheminée (Ricord). Cette induration résulte peut-être de l'origine du chancre, telle que la contagion d'un accident secondaire (Diday, Lauglebert).

Un chancre induré ne sécrète pas du véritable pus (IL Lee), à moins qu'il n'y ait ce qu'on appelle chancre mixte.

L'induration peut durer Irès-longtemps ; d'ordinaire, elle prend une consistance gélatinifornie et se ramollit, se résorbe et laisse une tache violacée ou devient le siège d'une plaque muqueuse.

Le chancre induré est le plus souvent solitaire. Il existe surtout sur la peau ou sur les muqueuses découvertes, l'absence de pansement et les irritations sont pour beaucoup dans sa production.

Le chancre, chez la femme, n'est point une transformation d'une plaque muqueuse (Davasse, Deville), mais bien un véritable chancre induré qui change d'aspect parce que les parties génitales sont sans cesse baignées de mucosités (A. Guérin). Il siège chez l'homme sur la mu- ([ueuse du prépuce, le sillon glando-prépulial, le fourreau de la verge, et partout où il y a eu un contact; il siège chez la femme sur les grandes et les petites lèvres. Néaurnoins le chancre induré est très-rare chez la fenmie.

On a vu des chancres indurés sur les lèvres, sur l'aile du nez, aux paupières; à la face, du reste, le chancre est presque toujours accompagné d'induration.

Avec un chancre induré, il existe dans le voisinage une induralii n polyganglionnaire indolente. V. BuiiON.

Le chancre induré est de }>eaucoup moins fréquent que le chancre simple.

Ou ne peut pas inoculer le chancre infectant si ce n'est

tout à fait il son début (Clerc, de Ba'icnsprung, Lee,

Melih. lioheil, liollct), et ce f;iil ne s'observe que trèsexceplioiinellenient

Le phagédénisme et la gangrène ne s'observent que ra-j rement sur un chancre induré. i

On ne confondra pas le chancre mou avec le chancre» infectant, parce que dans cette dernière variété de chancre l'incubation est plus longue, l'ulcération est entourée' de bords réguliers durs, et le fond est couvert d'une; fausse membrane analogue à du frai de grenouille, e( ; fournil à peine de liquide, ce qui est oppose entièrement i aux caractères du chancre mou. On aura, du reste, la ressource de l'épreuve de l'inoculation, mais il vaut mieux s'en tenir aux caractères analomiques pour établir le dia- 1 gnostic. On se rappellera encore que la roséole existe souvent eu même temps qu'un chancre induré, et que le chancre induré n'est inoculable qu'à l'espèce humaine. Une plaque muqueuse n'étant jamais franchement indurée à son début et coïncidant avec une angine ne sera pas prise pour un chancre induré ; puis on trouve souvent dans les antécédents du malade le fait de l'existence j d'un chancre ou d'une érosion. Chez les femmes, le dia- [ gnostic repose sur lesmêmes considérations des symptômes, I mais il est difficile, surtout à cause de la rareté du chancre, '

A la verge, à la face, aux lèvres et aux paupières en particulier, un chancre induré simule quelquefois un can-i croïde. Il faut se rappeler que si longue que puisse être la î durée d'une induration syphilitique, elle l'est toujoup moins que celle d'un cancroïde. En général attendez : les symptômes successifs de la syphilis révéleront la nature diilli mal ; si la roséole était passée, donnez du mercure et de l'iodure de potassium et du biodure de mercure : naturam morborum ostendunt curationes. On reconnaîtra de mêmeii les ulcérations produites par la cautérisation intempestive'! d'un herpès. L'arsénite de cuivre qui produit des indurations (Follin) n'en produit pas qu'une seule et tout le diagnostic est là, car le chancre induré est généralement unique.

Pendant qu'un chancre induré s'établit, les individus deviennent anémiques, le chiffre des globules baisse, les ganglions s'engorgent.

L'infection de l'économie a une marche aiguë ou lente. V. Syphilis glnérale.

Il y a des syphilis galopantes, car on meurt quelquefoij rapidement après l'apparition d'un chancre induré, soB i l'influence des accidents d'une syphilis viscérale telle qu'une !■ cirrhose du foie, ou des gommes du poumon (Gubler, Vircliow), mais, dans ce cas, les individus sont sans doute prédisposés.

Un chancre iuduré met à l'abri d'un nouveau chancre»i induré et les chancres développés consécutivement sont mous : chancres des syphilitiques (Ricord), cltancrolde (Diday), mais il y a des infections doubles (Diday). J'ai fait publier un fait de chancre induré survenu deux mois après des plaques muqueuses {Union médicale, 1867).

Thérapeutique. — Dans les trois preniiers jours de l'apparition d'un chancre induré, on peut le cautériser avec quelque espoir d'éviter l'infection de l'économie ; passé ce temps, ou pansera simplement avec le vin aromatique ou l'onguent de la mère, ou le cérat styrax. On n'extirpera l'induration que quand elle aura persisté, encore n'est-ce pas nécessaire.

Lorsqu'il y a un chancre induré, quatre-vingt-dix fois sur cent la syphilis constitutionnelle existe (V. ce mot), on doit donc négliger le chancre pour traiter d'abord l'état général, les grands bains ou régime Ionique, les pilules de Vallet, le vin de quijujuina, seront administrés en même , temps que le mercure, ou sans le mercure (A. Desprès.)

GHAN

Page 1