V. DÉRIVATION
L'eau froide, momentanément appliquée sur kt peau, agit sur les nerfs vaso-moteurs, fait contracter puis dilater le système capillaire, et augmente ainsi la température de la peau. On produit de cette façon par l'eau froide ce que l'hiver les enfants se font eux-mêmes dans leurs jeux, en se frottant les mains avec la neige.
De l'action exercée sur le système nerveux par le froid et de la réaction opérée dans le système îles vaisseaux capillaires dépendent les bons résultats de l'hydrothérapie, car ceux qui n'ont pas de réaction ou qui réagissent mal ne tirent rien de bon de celle méthode curative.
La plupart des maladies chroniques sont améliorées ou guéries par l'hydrothérapie.
Ouand on veut bien faire l'hydrothérapie, il ne faut se servir que d'eau froide à 10 ou 12 degrés centigrades, sans cela pas d'action ni de réaction suffisante.
Les séances d'hydrothérapie doivent être trèscourtes et ne pas dépasser une minute.
L'hydrothérapie se fait simplement sans appareds spéciaux par l'immersion dans l'eau à 12 degrés; par une simple affusion, par l'enveloppement dans un drap mouillé ou au moyen d'appareils qui permettent d'associer la percussion de l'eau à l'effet de la basse temj)ératiu'e. Celte dernière forme d'hydrothérapie ne peut se faire que dans des établissements particuliers et sous la direction de médecins spéciaux.
AffuMoiu — La plus simple des pratiques d'hydrothérapie peut se faire à domicile. Le malade étant assis dans une baignoire vide reçoit sur les épaules et sur le corps le contenu d'un seau d'eau froide, puis il s'essuie rn|ml('ment, fait une course rapide pendant un quart d'Iieuir pour amener la réaction et revient déjeuner.
Drap mouillé. — Au sortir du lit, un domestique envclojipe rapidement le corps chaud du malade avec un drai» mouillé préalablement tordu, et il frotte le dos, la poitrine,
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s fesses elles membres avec la main à plat pendant trois quatre minutes. Quand le drap commence cà s'échauffer, le retire, le remplace par un drap sec de grosse toile, commence vigoureusement la friction et ne s'arrête que 'sque l'individu est bien essuyé et bien réchauffé. Comme ffusion à domicile, ce moyen est excellent, si l'on obtient réaction.
Maillot humide. — Sur un lit garni d'une couverture laine on étend un drap mouillé suffisamment exprimé, l'on enveloppe le corps nu du malade en le recouvrant trois ou quatre couvertures de laine et d'un édredon. land le corps est réchauffé, ce qui exige un temps variaon le démaillote et on lui administre l'espèce de Liche nécessaire ou on le met à la piscine.
Maillot sec. — Le maillot sec se fait comme le maillot rhide, sans drap mouillé, avec deux couvertures de laine, le corps est ensuite chargé de trois couvertures, avec redon, pendant un temps variable, jusqu'à transpiration, conduit ensuite le malade à la douche ou à la piscine, moyen est fatigant, énervant et peu employé. 11 vaut sux le remplacer par un bain d'étuve sèche (Fleury)
Douches. — Quand le malade est échauffé par un bain tuve sèche, par l'enveloppement dans le maillot sec, on conduit à la douche en pluie, qui tombe pendant une lute sur les épaules et sur le corps, la tête étant recoute d'une serviette ployée en plusieurs doubles pour pro- [er l'encéphale.
Pendant le temps que dure la douche en pluie on se sert la douche en jet latéral pour frapper sur les jambes et les pieds. Si l'on veut agir sur le foie et sur la rate, 5t sur ces régions que la douche devra être appliquée. I y a aussi les douches en cercle, qui se donnent au yen d'un appareil spécial dans lequel se place le mae. A l'instant voulu, des milliers de petits jets d'eau centriques, échappés de canaux circulaires ou cercles erposés, frappent sur le corps et y opèrent une action ulsive considérable.
jes douches en lame s'administrent dans une piscine le malade vient recevoir une énorme quantité d'eau s forme de lame projetée avec force sur le dos ou sur reins. Ici comme en beaucoup d'autres procédés d'hyihérapie, la percussion du corps par la douche vient outer à l'action de l'eau froide, dont elle augmente la sance.
6 bain de siège à eau courante est un bain de siège |cé à l'intérieur d'une myriade de petits trous par uels s'échappent autant de jets d'eau concentriques Itinés à frapper sur les fesses, la partie supérieure des ^ses et sur les parties génitales. C'est le procédé d'hyhérapie convenable pour les affections chroniques de ;rus.
louche vaginale. — H y a une douche d'un demi-centijètre à 1 centimètre d'orifice qu'on administre dans le V. in pendant cinq à dix minutes. C'est un excellent moyen a mployer dans les leucorrhées chroniques, dans les névlgies et dans les abaissements de l'utérus. V. Douche.
Douche rectale ascendante. — Au moven d'un appareil S]cial en forme de chaise percée, l'hydrothérapie lance dis le rectum un jet d'eau considérable à 12 ou 20 des centigrades, qui s'élève dans le côlon, le remplitjusqiau CEecum, en chasse toutes les matières et ranime la dtractilité éteinte de ces parties. C'est un excellent iriiyen à employer deux ou trois fois la semaine pendant dit minutes, dans certaines dyspepsies et dans certains cas dJconstipation. V. Douche, Constipation.
L'eau utilisée comme moyen curatif ne doit pas seulement être employée à l'extérieur sous forme de douches et de bains comme le font ceux qui, dans un intérêt privé, dirigent des établissements de bains où ils administrent eux-mêmes des douches savantes à leurs malades. Elle doit encore être administrée à l'intérieur dans certains cas déterminés.
L'eau pure doit être bue en abondance dans les exanthèmes chroniques et remplacer le vin au moment des repas. Elle peut être donnée au début des exanthèmes fébriles, dans les inflammations aiguës du poumon, de la plèvre, du foie, du péritoine, dans les maladies chroniques et surtout dans la cystite chronique, dans la gastralgie, dans la constipation, dans les fièvres continues et intermittentes, dans l'hypochondrie, dans l'hystérie, dans la goutte, dans les calculs urinaires, etc.
HYDROTIIORAX. L'hydrothorax, ou épanchement de sérosité dans la cavité pleurale, dépend de l'inflammation des plèvres, d'un obstacle à la circulation du cœur et des poumons, de certaines altérations du sang dans les cachexies, enfin de métastases dartreuses, rhumatismales et goutteuses.
Dans l'hydrothorax, il y a au milieu de la plèvre de la sérosité limpide en quantité plus ou moins considérable, et sur la séreuse quelques fausses membranes plus ou moins épaisses, mais ces productions se remarquent sur tout dans l'état inflammatoire.
La quantité de sérosité observée dans l'hydrothorax varie de un à plusieurs litres.
Un petit hydrothorax engendre une toux sèche avec peu d'expectoration, de la dyspnée, et donne lieu à la dilatation de la poitrine, à de la matité dans le point correspondant au liquide épanché, à de la résonnance sous la clavicule, à l'affaiblissement dumurmure respiratoire vésiculaire, à du souffle vers la racine des bronches, enfin à une égophonie très-prononcée (Laennec, Landouzy).
Dans l'hydrothorax qui remplit toute la cavité pleurale, le côté malade est dilaté, fluctuant sur l'espace intercostal, donne un son mat dans toute son étendue, ne communique plus à la main les vibrations de la voix et ne laisse plus entendre de bruit respiratoire, si ce n'est du souffle et de l'égophonie vers le bord spinal de l'omoplate.
La dilatation et la fluctuation des espaces" intercostaux annoncent un épanchement liquide très-considérable dans la plèvre (Laennec).
Dans les hydrothorax les vibi'ations thoraciques normales produites par la voix cessent de se faire sentir à la main, tandis qu'au contraire elles sont augmentées par la pneumonie.
La dilatation d'un côté du thorax et l'immobilité des côtes pendant la respiration annoncent un énorme hydrothorax.
Matité d'un côté du thorax et résonnance tympanique sous-claviculaire, absence de murmure respiratoire, souffle à la racine des bronches, égophonie, tels sont les signes physiques d'un épanchement de sérosité dans la plèvre.
L'hydrothorax du côté gauche refoule le cœur â droite sous le sternum, déplace le siège de ses battements et empêche de voir le choc de la pointe au-dessous du mamelon gauche.
Par le déplacement du cœur à droite, l'hydrodiorax abondant du côté gauche est infiniment plus grave que l'hydrothorax droit, car il expose à la mort subite (Monneret).
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Les battenieiits du cœur sous l'appendice xiplioïde et une malité sternale antérieure dépassant à droite le Ijord de cet os annoncent souvent un hydrothorax gauche.
L'hydrothorax peu abondant guérit presque toujours par résorption.
Un énorme hydrothorax remplissant toute la plèvre disparaît rarement par résorption et fait presque toujours périr les malades par étouffement ou par syncope.
Un hydrothorax peut se déplacer et envahir l'autre côté de la poitrine ou la tête, alors il est de nature goutteuse.
On a vu le liquide des hydrothorax se frayer un chemin au dehors en formant des fistules pulmonaires bronchiques et des fistules cutanées, niais cela est rare.
L'hydrothorax ne produit qu'un petit nomlire de phénomènes généraux et, sauf la loux, un peu d'essoufflement, el une fièvre ordinairement peu intense, il n'engendre qu'une faible réaction.
Thérapeutique. — Dans l'hydrothorax, le malade doit garder la chambre, quelquefois le lit, et ne prendre que peu de nourriture. S'il a de la fièvre, on emploiera en outre les diurétiques, les révulsifs gastriques ou cutanés, les boissons acides et enfin la thoracocentèse.
Révulsifs cutanés. — Larges vésicatoires volants sur le thorax, pointes de feu souvent répétées, — moxas, — cautères, — séton, — onctions avec la pommade stibiée ou avec l'huile de crotou liglium.
Révulsifs de l'intestin. — Purgatifs salins, et dans quelques cas les drastiques.
Tisanes acidulées ou diurétiques, avec la scille, la digitale, le nitrate et l'acétate de potasse, etc., aux doses ordinaires.
Thoracocentèse. — Si l'épanchement de sérosité depuis longtemps stationnaire remplit la plèvre et menace d'amener la suffocation, il faut faire la ponction du thorax avec un trocart garni de baudruche mouillée, pour éviter l'entrée de l'air dans la poitrine. (Reybard.)
Il faut faire la ponction au milieu du sixième et du septième espace intercostal compté de la première côte et sur le point d'intersection d'une verticale descendant de l'aisselle. — Le malade est assis sur son séant. On se sert d'un trocart de moyen volume, garni d'un cylindre de baudruche mouillée et pénétrant sur le bord supérieur de la côte pour éviter les vaisseaux qui sont au bord inférieur de la côte précédente. On fait un pli à la peau, puis une ponction à la peau avec une lancette et l'on ferme le trocart horizontalement. — Une sensation de résistance vaincue annonce l'entrée dans le thorax et l'on ôte le dard. — Le liquide s'écoule et la baudruche, faisant l'office de soupape, ferme l'ouverture du trocart à chaque inspiration, de manière à empêcher l'air d'entrer dans la plèvre. Quand on a retiré la moitié du liquide, on retire subitement le trocart en appuyant le doigt sur la piqûre de la peau qui ne correspond plus à celle de la plèvre en raison du pli fait à la peau, et l'on ferme avec du taffetas d'yVngleterre et une large bande de sparadrap faisant le tour du corps.
L'opération peut être répétée trois jours après dans un endroit voisin et autant de fois que cela est nécessaire. V. Thoracocentèse.
On la fait aujourd'hui avec ponction capillaire et succion par la seringue aspiratrice de Dieulafoy. — Un peiit trocart capillaire est introduit à l'endroit voulu et, s'il est dans la cavité iileurale remplie de liquide, on y ajuste la seringue de verre dan;, laquelle le vide a été fait et l'on
ouvre le robinet. Aussitôt, le liquide remplit le corps de seringue, on le vide et l'on recommence une seconde, puis une troisième fois l'aspiration, jusqu'à ce que l'épanchement soit évacué.
1IYGRO:tia. Inflammation de certaines heures séreuses. V. Bourses séreuses.
IIYGROn,% HYO-TIIYROIDIEIM. La bourse muqueuse hyo-thyroïdienne est parfois atteinte d'hygroma (Boyer). Il en résulte une petite tumeur semblable à un abcès froid qui s'ouvre seule et qui est suivie de la production d'une fistule extrêmement rebelle, parfois incurable (Malgaigne) .
On reconnaît l'hygroma hyo-thyroïdien à une tumeur arrondie, fluctuante, sans changement de coloration à la peau, tenant par une base large à la région hyoïdienne et ne causant aucune douleur. V. pour le diagnostic. Glandes sous-MAMLLAiRES {Maladies des).
Thérapeutique. — Lorsque la tumeur n'est pas ouverte, on la traitera comme les autres liygromas (V. Bourses séreuses]. Détruire le trajet par les injections iodées, parla cautérisation avec la pâte au chlorure de zinc, ce n'est que pallier. Mieux vaut enlever avec le bistouri le trajet fistu. leux, mettre à nu le foyer de l'hygroma, et le cautériser à plusieurs reprises avec la pâte au chlorure de zinc.
(Nélaton.)
HYMEiv (Imperforation de l'). V. Atrésie de la