II. — Applications thérapeutiques
j Conclusions. — 1° L'hyoscyamine et la daturine sont ES principes actifs de la jusquiame et du datura.
2° Ces deux alcalo'ides ont des propriétés analogues à elles de l'atropine et peuvent lui servir de succédanés.
3° La daturine ne doit être employée qu'avec de granes précautions, au lieu que l'hyoscyamine peut être majiée sans inconvénient, avantage qu'elle possède égale- Inent sur l'alcaloïde de la belladone, n 4° Dans l'administration de ces nsédicaments, il faut I fresque toujours se servir de doses faibles, et éviter les k hénomènes toxiques, qui sont au moins inutiles. I 5° Leur action mydriasiqiie peut être utilisée dans tous lis cas où la belladone a été recommandée et ne présente I as d'indication spéciale.
I 6° L'influence que ces alcaloïdes exercent sur le sys- I ;me musculaire lisse, quand ils sont administrés à petite
[ose, peut èire utilisée dans les cas d'incontinence d'u-
iine, de constipation, etc.
7° L'usage de ces alcaloïdes pour combattre les inflam-
lations et pour arrêter les hémonhagies ne saurait être
ecommandé.
8° L'hyoscyamine et la daturine seront employées avec vantage lorsqu'on voudra diminuer des sécrétions exaérées.
^ 9° Ces alcaloïdes, et surtout l'hyoscyamine, combattent 'une façon très-efficace les névroses douloureuses.
10° Par les modifications qu'ils impriment à la circulaion des centres nerveux, ils peuvent rendre des services ans le traitement des névroses convulsives, des affections pasmodiques et des affections congestives delà moelle, lorsu'il n'y a pas encore d'altération organique avancée.
KÉLO 773
KARABÉ OU SIJCCIT\ OU AMBRE JAUIV^E. Résine fossile qui renferme une huile odorante, de l'acide succinique et de la résine. Elle sert à faire des colliers d'ambre pour les enfants, réputés parle vulgaire comme préservatifs des convulsions. Cette substance sert à préparer un sirop antispasmodique et sédatif qui renferme une petite quantité d'opium.
Le sirop de karabé s'emploie à la dose de 30 à ZiO gr. pur ou dans un julep, et peut remplacer le sirop diacode ou le sirop de pavots [3-
KARLSRAD (Bohême). Eaux minérales sulfatées sodidi(iues, gazeuses, d'une température de 35° à 70°, employées comme boisson purgative, sept ou huit verres par jour dans la constipation et dans les obstructions abdominales, dans le catarrhe de l'intestin, dans la diarrhée chronique, dans les maladies du foie et dans les calculs biliaires, dans la gravelle et dans la goutte (3-
KÉLOinE ou CHÉLOIDE (Retz). L'hypertrophie des éléments de la peau et la production de tissu de cicatrice, indépendamment de toute plaie, constituent la kéloïde spontanée. La kéloïde spontanée se montre d'ordinaire autour d'une papule ou d'une pustule existant depuis quelque temps.
Le développement dans le tissu cicatriciel d'éléments embryoplastiques et la persistance d'éléments fibro-plastiques constituent la kéloïde cicatricielle. V. Cuiatrices.
Le molluscum est une lésion du même ordre que la kéloïde (Alibert). V. Molluscum.
Les kéloïdes spontanées forment des tumeurs recouvertes d'un épidémie luisant, quelquefois ridé : elles sont régulières, assez bien circonscrites, implantées par un large pédicule, résistantes, indolentes et non sensibles à la pression. On les voit recouvertes de poils et d'ouvertures de glandes sudoripares, ce qui indique que la peau a conservé sa structure malgré l'existence de la tumeur.
Quelquefois les kélo'ides sont constituées par des tubercules isolés. Il y a des kéloïdes développées sur des cicatrices de chancre de la face, de plaques muqueuses et de syphilides.
Line kélo'ide peut rester stationnaire, elle peut gagner en étendue, elle est susceptible de prendre les caractères du cancer fibro-plastique, et c'est dans ces cas que la tumeur présente quelquefois des élancements spontanés et des picotements.
Les kéloïdes spontanées s'observent plus souvent chez les femmes que chez les hommes, et elles augmentent parfois de volume aux époques menstruelles.
Thérapeutique. — La kéloïde ne disparaît point, à moins qu'il ne s'agisse d'une cicatrice hypertrophiée. On peut appliquer des vésicatoires et détruire la kéloïde avec le caustique au chlorure de zinc appliqué sur le derme dénudé. L'ablation avec le bistouri est une opération à laquelle on peut avoir recours. Cicatrices.
Les frictions avec les pommades à l'iodure de potassium, 1 gramme pour 30 d'axonge ; la pommade à l'iodure de plomb, 1 à 2 grammes pour 30 grammes ; les douches sulfureuses, les badigeonnages avec la teinture d'iode, ne sont pas d'une efficacité réelle. Il ne faut pas compter davan- 1 tage sur le mercure et la ciguë à l'intérieur.
KERA
KÉLOIDE CICATRICIELLE. V. PLAIES.
KÉLOTOltllE. V. Hernies.
KÉKATiTE^ (Inflammations de la cornée). Les kératites sont des lésions de nutrition des cellules de la cornée (Hiss, Virchow) ; ce sont des variétés d'inflammation par irritation cellulaire.
I. Kératite vasculaire svperficieUe. La kératite vasculaire est la conséquence d'une conjonctivite et de granulations conjonclivales. La cornée se dépolit, est légèrement et superficiellement infiltrée. Des réseaux de vaisseaux s'y développent de la périphérie au centre (pannus tennis) et forment parfois de véritables membranes vasculaires (jjrwinus crassus, imimus sarcomateux). On trouve dans ces derniers du tissu conjonctif, des cellules épilhéliales hypertrophiées, quelquefois du pigment. La cornée prend ensuite une coloration d'un gris sale.
Les vascularisalions de la cornée envahissent non-seulement la membrane de Bowmann ou membrane épilhéliale de la cornée, mais encore les couches superficielles de cette membrane. A ce degré le mal est souvent incurable.
Fig. 3GC. — Kératite consécutive à Jes granulations. — B. Granulations. — a, a, a. Vaisseaux de la conjonctive passant sur la cornée. — 'j. Bifurcation d'un des vaisseaux sur la cornée, — D. Anastomoses des vaisseaux.
Les kératites vasculaires ont toujours une marche chronique, surtout lorsqu'elles existent avec les granulations conjonctivales et à la suite de kératites et de conjonctivites pustuleuses qui sont sous la dépendance de la scrofule, ou encore à la suite de l'entropion et du trichiasis.
Les pannus conduisent quelquefois au ramollissement de la cornée, à sa perforation et à la xérophthalmie [V; Conjonctive (lésùms delà)]. Les iMtmus tennis qui suivent la kératite guérissent quelquefois seuls, mais ils récidivent.
Théraimitique. — Traiter les granulations de la conjonctive, le blépharophimosis, etc., par les moyens appropriés. V. C0N.10NCTIVE {Granulations de la).
Contre les pannus tennis, cautériser tous les deux ou trois jours la surface de la cornée avec le collyre au nitrate d'argent au vingtième. Ou porte le collyre sur les vaisseaux à l'aide d'un pinceau.
On prescrit plus tard le collyre ;
Eau distillée 15 à 20 srammes.
Sulfate de enivre ou sulfate de zinc. ... 15 centigrammes.
Ou la pommade :
Suin.tL. de cuivre. . 5 20 eentigr.
10 id.
Mêlez ensuite- avec une goutte d'huile.
2 grounnes.
(Desmarres.)
KÉRA
Quand ces moyens auront échoué, on sectionnera les vaisseaux qui arrivent sur la cornée avec une pince à griffes et avec des ciseaux fins (Desmarres).
Si l'on a affaire à un pannus sarcomateux, on excisera la conjonctive et le tissu sous-conjonctival jusqu'à la sclérotique, autour de la cornée, au niveau du pannus sarcomateux, et l'on cautérisera ensuite (Furnari) ; mais cette dernière opération n'est pas toujours nécessaire. L'abrasion de la cornée (Kuchler), l'inoculation du pus d'une conjonctivite purulente ou du pus blennorrhagique (Jaeger, Van Roosbroeck, Varlomont), ont réussi; mais, en principe, à cause de leurs dangers, ces opérations ne doivent être employées que dans les pannus très-i^ebelles.
IL Kératite superficielle. — Une opacité de couleur grisâtre, due à une altération de l'épithélium, en partie éliminée, avec une injection sous-conjonctivale, caractérise la kératite superficielle; les malades éprouvent des douleurs ciliaires intenses, de la photophobie. Chez les enfants et les adolescents, où elle se rencontre le plus souvent, la kératite superficielle passe inaperçue, à cause de la difficulté de l'examen auquel s'oppose la photophobie ; mais la photophobie elle-même est l'élément du diagnostic.
La kératite superficielle est une manifestation ordinaire de la diathèse scrofuleuse. Elle peut se transformer en une kératite plastique et une kératite ulcéreuse. 11 n'est pas rare de voir succéder une tache à la kératite superficielle. Des vaisseaux se développent quelquefois sur la cornée et constituent un pannus tenuis.
Thérapeutique. — On doit traiter l'état général de la kératite par les médications antiscroiuleuses (V. Scrofule). Le sulfate de quinine (école allemande) a été recommandé, 20 centigrammes plusieurs jours de suite. Les sangsues aux tempes et derrière les oreilles ne sont imliquées que quand il y a une injection périkératique très- prononcée.
Un purgatif avec le calomel, 40 à 50 centigrammes, ou avec 30 grammes d'huile de ricin, ou avec 60 grammes de sulfate de soude, sont de bons moyens. Le calomel à dose fractionnée est peut-être moins avantageux, car il ne produit qu'une amélioration passagère.
Couvrir l'œil avec un morceau de toile imbibé delà pommade suivante :
Glycérolé d'amidon 30 grammes.
Sulfate neutre d'atropine 15 centigranunes.
(Wecker.)
l'uis on serre modérément l'œil.
Ou bien, on instille chaque jour deux fois quelques gouttes du collyre suivant :
Sulfate d'atropine 3 centigrammes.
Kau distillée 30 grammes.
Et ensuite quelques gouttes de cet autre collyre :
Eau distillée 30 grammes.
Laudanum 1 id.
Sulfate de zinc 5 à 10 uentigr.
Contre les douleurs ciliaires, frictions sur la tempe avec l'onguent mercuriel belladone :
Miel blanc 10 grammes.
Extrait de belladone )
(Desmarres.)
Badigeonner le porteur de l'orbite avec de la teinture d'iode.
Dans les kératites rebelles, le vésicatoire sur les patijiières (Velpeau) est quelquefois utile. \
KERA
En cas de vascularisation et surtout crulcéralion do la cornée, il faudra prescrire des insufflations de poudre de Kalomel et de sucre à parties égales (Dupuytren), ou de la poudre suivante :
KERA
Précipité rougo.
Agaric blanc. . , Sucre
2 grammes.
2 id.
30 id.
(De Graefe.)
Ou placer entre les paupières gros comme une tète l'épingle de la pommade suivante :
... 8 grammes, 1 id.
(Pagenstecher.)
Ou bien :
Cold-cream ou glycérolé d'amidon
Bioxyde de mercure hydraté ol)tenu par précipitation
Onguent rosat. .
Précipité rûuge.
1 id.
(Pommade de Lyon.)
Ou bien
Bioxyde de mercure, . .
ï.auilanum de Sydenliam
Ou bien
Axonge
Piécipité rouge.
'25 grammes.
2 id.
5 id.
(Weller.)
g-rammos.
■120 fentii;rammes.
(Sichel.)
Lorsqu'il y a une photophobie intense, et même dans cours du traitement de la kératite, on lavera le.i yeux, ans l'intervalle des applications de collyre et de pommade ec la décoction suivante :
Racine de ratanhia
grammes, id.
(Quadri,
On instillera le collyre
Racine de ratanliia.
Eau
Faites bouiUir, filtrez et ajoutez
jrammes.
id.
Eau de rose
Laudanum
Mncilage de gomme.
15 grammes.
12 gouttes.
2 id.
(Desmarres.)
Harley dit s'être bien trouvé du suc de ciguë à l'inté- 3ur, 2 à 12 grammes donnés de trois en trois heures irès le repas à intervalles de quelques jours.
On a aussi fait des injections d'atropine, des onctions srcurielles belladonées sur la tempe et employé les inhalons de chloroforme. On pourrait peut-être employer le omure de potassium.
On administrera en même temps à l'intérieur les prérations antiscrofuleuses, s'il y a des signes de scrofule,
enverra les enfants sur les bords de la mer, là où il y a que des galets et non du sable, car sur les plages blonneuses la poussière est très-irritsnte pour les yeux.
Scrofule.
III. Kératite vésiculeuse. — Dans certains cas, chez les jdividus débilités et scrofuleux, la kératite superficielle lit constituée par une vésicule blanchâtre, développée auissous de l'épilhélium et au-dessus des lames les plus
iperficielles de la cornée (fig. 367).
Ilcs symptômes de la kératite vésiculeuse sont les meus que ceux de la kératite superficielle, les vésicules rompent spontanément et les malades se trouvent
soulagés, puis la maladie se transforme en une kératite ulcéreuse.
Fig. 367. — Kératite conjonctivale pustuleuse, — a, h, c. Pustules de la cornée et vaisseaux se rendant aux pustules, (Desmarres.)
Il y a souvent des pustules sur la conjonctive et sur la cornée à la fois (fig. 368).
Fig. .SCiS. — Kératite vésiculeuse ou pustuleuse. — a, a, a. Pustule sur la conjonctive et sur le limbe de la cornée. — B, B. Vaisseaux développés autour des pustnles. (Desmarres.)
Thérapeutique. — .Avant de recourir aux traitements qui conviennent dans la kératite superficielle, on excisera avec des ciseaux courbes, fins, lapartie saillante de la vésicule, et l'on recouvrira l'œil de compresses d'eau tiède. Les ponctions avec une aiguifie sont insuffisantes. Lorsque la vésicule sera transformée en ulcère, on la traitera comme la kératite ulcéreuse.
En instillant du calomel à la vapeur entre les paupières, et le portant avec un pinceau très-sec sur les points où il y a des pustules, on prévient les récidives (Donders).
Lorsqu'il y a des ulcères, cette méthode est inutile (Wecker) ; mais si ce traitement est irritant, il est capable de guérir promptement, à condition que, en même temps que l'on insuffle du calomel, on fasse usage dans la journée du collyre opiacé dont voici la formule :
Eau 20 grammes.
Teinture d'opium 4 id.
Ou du collyre au sulfate de zinc faible :
Eau distillée 30 grammes.
Sulfate de zine 5 centigrammes.
Laudanum 10 gouttes.
Lorsque les pustules, petites et nombreuses, tendent à s'organiser, on appliquera dans le cul-de-sac interne de la conjonctive et sur la paupière inférieure renversée gros comme une tête d'épingle de la pommade :
Bioxyde de mercure hydraté 1 gramme.
Cold-cream ou glycérolé d'amidon 8 id.
(Wecker.)
Ou bien le glycérolé suivant :
chlorhydrate de quinine 1 gramme.
Glycérolé d'amidon 4 id.
A mettre dans le cul-de-sac interne de la conjonctive (Nagel ; Flarer). La même substance peut être employée en collyre.
KÉRA
KÉRA
On ordonnera en outre un régime tonique et nourrissant; les enfants feront de Texercice à l'intérieur des habitations, et l'huile de foie de morue et le sirop d'iodure de fer seront donnés alternativement.
IV. Kératite postérieure. — Kératite ponctuée. — Kératite par altération de la membrane de Bescemet. — Dans !a kératite ponctuée, caractérisée par des taches de la face postérieure de la cornée, que l'on distingue nettement par l'éclairage latéral (Laugier), on voit la mendirano de Descemet s'exfolier (Coccius) et la face postérieure de la cornée se recouvrir de membranes vitreuses supplémentaires (Hasall, Henle, Donders). Cet état delà cornée n'est pas rare dans la vieillesse.
Seule, la kératite ponctuée ne se révèle ([ue par un aspect terne de la cornée, avec conservation du poli de sa surface. S'il y a une iritis séreuse en même temps que la kératite, les symptômes changent quelquefois, et les symptômes de la première maladie sont masqués par une kératite diffuse qui survient.
Thérapeutique. — Contre la kératite ponctuée, on emploiera le collyre au sulfate d'atropine et les purgatifs comme pour la kératite superficielle
S'il y a une iritis avec kératite diffuse, on aura recours aux moyens appropriés aux maladies.
V. Kératite diffuse, disséminée, parenchymateuse, interstitielle, en fusée (A. Bérard). — Dans la kératite parenchymateuse, la cornée devient opaque, sa face antérieure perd son poli, la membrane augmente d'épaisseur, se ramollit et devient quelquefois conique.
Lakératite diffuse s'accompagne d'une périconjonclivite peu prononcée, et ce n'est que quand la maladie est déjà bien avancée qu'il se développe des vaisseaux sur la cornée.
Les douleurs sont peu vives et la photopliobie peu marquée. Les malades atteints des deux yeux sont généralement abattus, mais on doit attribuer cet élat au chagrin qu'ils éprouvent de perdre la vue (Wecker) plutôt qu'à un état général grave.
Les kératites diffuses atteignent souvent les deux yeux à la fois ; il n'est pas fréquent que la maladie se transforme en kératite ulcéreuse ou en kératite suppuralive, il est rare qu'il reste un leucome. V. Cornée (Opacités de la).
Les opacités de la cornée se résorbent ordinairement facilement, à moins que l'on ait eu recours à des cautérisations intempestives.
La kératite diffuse a été mise sur le compte de la syphilis et surtout de la syphilis héréditaire (Hutchinson) .
Thérapeutique. — On appliquera des compresses d'eau chaude sur les paupières fermées (Mackensie, Lawrence).
On fera des insufflations de poudre de calomel, des applications de pommade au bioxyde de mercure (V. Kératite S'jpERiaciiïi.LE), mais on s'arrêtera si les opacités de la cornée prennent une coloration jaunâtre.
On instillera le collyre au sulfate d'atropine comme dans les autres kératites.
^ En cas d'inflammation vive, ce ipie l'on reconnaît à l'injection de la conjonctive, suspendre les compresses chaudes, faire des frictions mercurielles sur le front et les tempes ; les purgatifs, le calomel à dose fractionnée, sont moins efficaces. Quand la lumière sera supportée, les malades ne feront pas usage des yeux et porteront des lunettes colorées de verre simple.
VL Kératite suppurative. — Kératite purulente. — Abcès de la cornée. — Kératite fraumatique. — Infiltration purulente de la cornée. — La kératite suppurative débute par injection périkératique intense, et la cornée se ramollit autour d'un point contus, autour d'une brûlure ou d'un ramollissement et d'une exulcération consécutive à une conjonctivite purulente. Dans d'autres cas, la cornée s'inliltre de pus sans réaction inflammatoire (deGraefe), et il y a kératite purulente chronique.
Les abcès aigus débutent par des douleurs ciliaires extrêmement vives, de la pholophobie, du larmoiement et de l'injection périkératique. plusieurs points affectés ne lardent pas à se réunir, ou bien un lambeau de cornée blessé se ramollit et un abcès se forme dans son épaisseur en s'entourant d'un cercle grisâtre. La cornée perd son poli au bout de peu de temps ; ses différentes couches s'infdtrenl de pus. On voit aussi quelquefois des ulcères succéder à un abcès.
Les abcès aigus se compliquent d'un épanchement de pus dans la chambre antérieure, augmentent incessamment et s'ouvrent une voie à Texlérieur à travers un point ramolli d» la cornée. — Une iritis, une irido-choro'idite, une inflammation du cristallin, sont quelquefois la suite delà kératite purulente. 'J
En règle générale, les abcès de la cornée qui en occupent les ïames superficielles ont une coloration bleuâtre; ceux qui sont situés profondément ont une coloration blanche,
Les abcès indolents manquent de réaction inflammatoire; ils existent chez les jeunes enfants ou les sujets affaiblis. Les couches profondes de la cornée se détruisent insensiblement, un hypopyon apparaît avec une iritis; quelquefois l'injection périkératique révèle cette complication et il n'y a pas d'ordinaire de douleurs vives. C'est aux abcès indolents qu'il faut rapporter la kératite névroparalytique consécutive à la névralgie de la cinquième paire ou à sa section, mais ici l'influence ja plus marquée est celle du défaut de résistance aux agents extérieurs. Si l'œil est fermé et recouvert de compresses tièdes, il n'y a pas de ramollissement. Il est probable que la destruction de la cornée chez les chiens nourris avec du sucre est une variété d'abcès chronique de la cornée (Cl. Bernard, Longet).
La kératite suppurative aiguë se termine par l'ouverture de l'abcès au dehors ou par une kératite vasculaire, avec ulcère de la cornée, ou bien l'œil se vide après un hypopyon et une iritis.
La kératite suppurative chronique donne lieu quelquefois à des ulcères rebelles, à des leucomes ; elle est suivie des mêmes accidents que la kératite suppurative aiguë, mais dans ce cas ceux-ci ont une marche plus lente.
Thérapeutique. — Si la kératite purulente aiguë est due à un traumatisme, des sangsues devront être appliquées au moment de l'accident, et il est inutile d'y recourir lorsque l'inflammation est confirmée, à moins que les malades n'éprouvent des douleurs extrêmement vives, et, dans ce cas, on pourra répéter les émissions sanguines locales. On fera des frictions avec l'onguent mercuriel belladoné sur les tempes ; on administrera le calomel, deux fois par jour, à la dose de 20 centigrammes. S'il y a iritis, on la traitera parles moyens appropriés. V. Inrris.
Ce traitement ne doit être appliqué que pour les kératites avec phénomènes inflanunatoires intenses. Lorsque ceux-ci sont calmés, ou dans le cas de kératite suppuralive chronique, on appliquera sur les paupières des compresses d'eau tiède ou des, compresses jmbibces d'eau de plantain
KERA
d'eau de fleurs de sureau. On cessera les compresses d'eau de dès qu'il se développera des vaisseaux sur la cornée. Les collyres astringents au tannin, au nilrale d'argent, sulfate de zinc, sont d'un emploi dangereux. La ponction de la cornée, pour vider l'humeur aqueuse, t indiquée quand l'abcès est large et quand un liypopyon bute. On doit ponctionner la cornée obliquement et au niau de l'abcès. Ou renouvellera les ponctions (Sperino). Quand les abcès restent stationnaires, les paracentèses ijront renouvelées ou au moins on réouvrira la plaie de la rnée avec un stylet fin tous les jours et l'on comprimera jèrementle globe oculaire avec une petite pièce de toile,
(couverte de charpie et serrée par un ruban de fil (de aefe, Wecker). Je préfère renouveler la ponction. Dès que la convalescence commencera, les malades poront des lunettes de verre simple, bleu ; les yeux seront us au repos absolu.
On administrera, surtout pour les kératites suppurativcs roniques, un traitement et un régime toniques. On traitera les opacités consécutives par les moyens (Jinaires. V. Cornée {Opacités de la).
VII. Kératite ulcéreuse ouulcère de la cornée. — La kéra- 3 ulcéreuse est une des phases des kératites ; tantôt l'ule a une marche aiguë, tantôt il a une marche chronique. Les ulcères de la cornée peuvent se montrer : à la suite développement d'une pustule variolique sur la cornée ; a suite dé la propagation de l'inflammation d'une conictivite purulente, et à la suite d'une plaie de la cornée Ivie d'inflammation ; ils sont aussi le résultat d'une desclion des lames de la cornée à la suite d'une kératite erficielle ou parenchymateuse, et, dans cette dernière riété de kératite ulcéreuse, il y a souvent complication lypopyon.
Les ulcères de la cornée atïectent des formes variables, Icére •pointillé, Vulcére en cupule, Vulcére à facettes, Icère en coup d'ongle ; leurs bords, taillés à pics ou
ondis, sont quelquefois entourés d'un cercle grisâtre;
Is les ulcères à facettes ont conservé le poli et le bril-
t de la cornée, et on ne les reconnaît souvent que par Iclairage latéral ou en regardant la cornée de profil.
Les ulcères de la cornée présentent, à des degrés va- ,bles, les troubles fonctionnels des kératites, la pho-
hobie, le larmoiement et les douleurs ciliaires ; parmi X, l'ulcère superficiel et l'ulcère à facettes sont ceux qui > causent le plus. — On a attribué la photophobie à
ction dê la lumière ou de l'air sur les nerfs de la core, ou sur les lames de la cornée dénudées (Castorani), :iis c'est là certainement un seul des côtés de la question.
Bérard pensait que les contractions douloureuses de l'iris us l'influence de la lumière causaient la pholophobie.
Il n'est pas rare que les culs-de-sacs conjonctivaux s'cnimment après les ulcérations de la cornée.
Les ulcères profonds de la cornée s'accompagnent à la ngue de complications du côté de l'iris, d'augmentation i pression dans la chandire antérieure, de perforation de
cornée et de hernie de l'iris.
La kératite ulcéreuse superficielle est longue à se répa- !r, mais elle peut guérir sans laisser de trace, tandis que s ulcères profonds qui se cicatrisent sont ordinairement nvis d'un albugo. V. Cornée [Opacités de la).
Complications des kératites ulcéreuses. — Lorsque la )rnée est perforée à son centre par un ulcère, une Asie s'établit, la cornée alors s'applique contre le cristal- ■\, et une cataracte capsulaire qui persiste après la cicaisalion de la fistule peut être la suite de cette nouvelle
KERA 777
disposition des membranes ; une liypérémie de l'iris et de la sclérotique est la conséquence de la fistule, celle-ci à son tour cause une diminution de la pression intra-oculaire. Une grande perforation centrale de la cornée peut donner lieu à la hernie du cristallin. Lorsque la cornée pi'ésente une petite perforation à sa circonférence, l'iris s'accole à la plaie et il s'en décolle quelquefois ensuite, mais le plus souvent il reste une synéchie antérieure.
Quand la perforation de la cornée à la périphérie est large et s'est produite lentement, l'iris s'engage dans la plaie et l'oblitère, puis la portion d'iris engagée se distend, se rompt, et se cicatrise jusqu'à ce que le prolapsus irien ait acquis la solidité d'une véritable cicatrice ; — une tache noire élevée au-dessus du niveau de coui'bure de la cornée, au milieu d'un u]cère, indique toujours une hernie de l'iris ; la déformation de la pupille confirme le diagnostic. Le prolapsus irien devient une synéchie ou bien donne naissance à un slaphylôme partiel.
Lorsqu'une large perte de substance a lieu, et quand il n'y a pas de prolapsus irien par suite d'adhérence de l'iris au cristallin, la pupille se rétrécit, toute la portion d'iris découverte se recouvre de bourgeons charnus et l'œil s'atrophie, ou bien l'iris, adhérant en partie au cristallin, forme des hernies multiples : c'est le staphylôme en grappe; ou bien l'iris étant mis à nu dans sa totalité, une fausse mendjrane oblitère la pupille, des liquides s'amassent entre le cristallin et la face postérieure de la cornée, et il y a un staphylôme irien ou staphylôme rameux.
Thérapeutique. — La kératite ulcéreuse réclame le traitement des kératites qui sont le point de départ de l'ulcère. V. KÉrtATlTE VÉSICULEUSE, KÉRATITE SUPI'URATIVE.
Lorsqu'un ulcère existe, on appliquera des compresses d'eau chaude sur les paupières; on instillera, deux fois par jour, le collyre au sulfate d'atropine comme dans les autres kératites. — Les malades se trouvent bien de l'emploi d'un bandage compressif qui sert à empêcher le clignotement. — S'il y a un excès de pression intra-oculaire, on fera une paracentèse de la cornée. Après cette petite opération, le soulagement est ordinairement immédiat, et la guérison de l'ulcère est hâtée. On ne doit cependant avoir recours à la ponction que dans les cas rebelles.
En môme temps on traitera l'état général par les agents antiscrofuleux et antisyphililiques, par les amers et les toniques.
Contre les ulcèresqui restent stationnaires et qui sont longs à se cicatriser, on emploiera le collyre au sulfate de zinc.
Eau distillée 30 grammes.
Sulfate de zinc 10 centigrammes.
Une goutte dans l'œd, six à huit fois dans la journée, et en même temps on insufflera tous les matins une fois le collyre sec ;
Culomel 50 centigrammes.
Sucre caiiili en poudre 1 gramme.
Insufflez au moyen d'un tuyau de plume.
Les pommades au calomel, au précipité blanc, au précipité rouge (V. les autres kéi'atites), ne sont pas plus avantageuses que le traitement précédent.
Pour éviter les rechutes, on placera les malades dans de bonnes conditions hygiéniques, dans un lieu aéré,, et on les nourrira bien. Ils ne feront pas usage de leurs yeux Dour travailler à quoi que ce soit et porteront des conserves.
Lorsque l'inflammation s'est propagée aux culs-de-sac conjonctivaux, on cautérisera les points enflammés avec le nitrate d'argent, et l'on neutralisera l'excès du caustique par les lotions salées aussitôt après la cautérisation.
KERM
KOTJS
La cautérisation des ulcères avec le nitrate d'argent n'est pas bonne. Le collyre au nitrate d'argent et le collyre au sous-acétate de plomb doivent être proscrits.
S'il y a un hypopyon, on n'hésitera pas à faii'o une large paracentèse de la cornée avec le couteau lancéolaire ; on a fait l'irideclomie à titre de moyen anliphlogistiquc, et l'on a de préférence fait porter l'excision de l'iris sur la partie interne do cette membrane (de Graete).
Lorsque l'ulcère reste stationnaire et né présente pas de complications^ on stimulera l'ulcère avec les collyres secs. La poudre de sucre et le calomel, mêlés à portions égales, et les pommades et les collyres employés pour la kératite superficielle sont de bons topiques. V. ce mot.
Pour éviter la perforation de la cornée, il faut répéter les paracentèses de cette partie. Si la cornée néanmoins menace de se perforer, on n' administrera-plus de collyre au sulfate d'atropine, et l'on exposera les malades à une lumière assez vive (Stellwag), afin que l'iris serve, au moins momentanément, à oblitérer la perforation de la cornée ; mais ce dernier moyen a aussi un inconvénient, qui est celui de favoriser le prolapsus irien.
Pour les ulcères périphériques, le collyre au sulfate d'atropine n'est jamais contre-indiqué. Jl est toujours bon de comprimer modérément l'œil malade et de fermer l'œil sain, afin d'éviler tout effort d'accommodation dans l'œil malade.
Lorsqu'avec une ulcération de la cornée il y a prolapsus de l'iris, on tentera de le réduire en faisant des instillations de collyre au sulfate d'atropine et l'on comprimera l'œil avec le bandeau compressif. Si le prolapsus irien se distend, on en fera la ponction ou l'excision et l'on comprimera de nouveau.
S'il se forme un staphylôme, on usera d'abord de la compression, et plus tard on opérera. V. Staphylôme.
Si le cristallin est saillant et luxé en partie, si une irritation locale existe avec une ulcération étendue de la cornée, on extraira le cristallin et l'on comprimera l'œil.
Cautériser le prolapsus irien (Mackenzie) pour prévenir le staphylôme est un moyen douteux.
Si la cornée a été entièrement détruite par un ulcère, il est puéril de compter sur une réparation. Il vaut mieux extraire le cristallin et évacuer un peu de l'humeur vitrée pour provoquer une atrophie de l'œil ; on évitera ainsi une opération que nécessiterait fatalement plus tard un staphylôme iridien.
Dans ces cas, si, à la suite de la maladie de l'œil, l'autre œil était atteint d'irido-choroïdite sympathique, on n'hésiterait pas à enlever un o'il privé de cornée, c'est-à-dire un œil perdu.
Kermès minéral. V. SULFUUE d' ANTIMOINE et ANTI- MOINE.
KUMATE."!*. Sels formés par la combinaison de l'acide quinique avec les bases. V. Quinquina.
KII\ÉSITUÉRi%PIE. Méthode thérapeutique apparienanl à la gymnastique dans laquelle on fait contracter les muscles en même temps qu'on s'oppose à l'effet de cette contraction en tirant les membres. V. Gymnastique.
MSi\l<{lTE. V. Quinquina.
KiliVO. Suc desséché de diverses plantes des légumineuses [Pterocarpus eriiiaœus) , des myrtacées [Eucalyptus resinifera), des polygonées (Coccolobu uvifera), des rubiacées {Nauclea gambir), etc. Il renferme beaucoup de tannin, comme le cachou, et comme lui il sert d'astringenl interne à la dose de 25 centigr. à 1 gr., en potion [+]. On le donne alors dans la diarrhée chronique, dans la dysenterie, et on l'associe à la craie ou au sous-nitrate de bis-
HER/tTOPLJlSTIE.
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