CL.4VICULE
L'appareil de Mêlier peut être employé : il est formé par un ressort attaché à une ceinture et passant par-dessus l'épaule pour venir presser sur la clavicule luxée.
II. Luxation de l'extrémité externe de la cladcule. — 11 y a trois sortes de luxations de l'extrémité externe de la clavicule.
1° Luxation sus-acromiale. Une chute sur le moignon de l'épaule, une impulsion du tronc en avant (Morel-Lavallée), une pression sur Facromion, causent cette luxation. Elle peut être constituée par la seule rupture des ligaments acromio-claviculaires, et alors il y a une simple saillie de l'extrémité externe de la clavicule ou luxation imparfaite (Bouisson), ou bien les ligaments coraco-claviculaires sont divisés et le déplacement est beaucoup plus considérable, parce que le trapèze tire la clavicule fortement en haut (Sédillot, Devillc). La douleur, la saillie de l'exlrémilé externe de la clavicule, des mouvements pénibles, l'impossibilité ou la difficulté de porter la main à la tète, en l'absence de déformation de la clavicule et de la crépitation, font leconnaitre la luxation sus-acromiale. Une fracture de l'acroiuion [leut en imposer, mais il y a
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dans ce cas une ecchymose, du gonflement et de la donleur vive.
La luxation sus-acromiale peut être compliquée de fracture de l'acromion.
Thérapeutique. — Le bandage des fractures de la clavicule peut être appliqué (Boyer) ; mais si le déplacement est plus étendu, une simple écharpe est suffisante. Quand la luxation n'est pas réduite, il n'en résulte jamais de difformité sérieuse et même gênante (Hippocrate, Velpeau). Quoi qu'en ait dit A. Paré, le malade, après huit jours de repos, peut se servir de son bras (Velpeau).
Lorsque la luxation est accompagnée de ruptures des ligaments coraco-claviculaires, ce qu'on reconnaît au déplacement étendu et à la mobilité de la clavicule, on emploiera le tourniquet de J. L. Petit. La pelote pressera sur l'extrémité externe la clavicule ; la courroie passera sous le coude el un bandage de corps maintiendra le bras rapproché du tronc (Malgaigne, Laugier).
En cas de fracture de l'acromion, traiter d'abord la fracture. V, Fracture de la clavicule.
2° Luxât ion SQUs-acromiale (Mell, Tournel, Fieury, Morel- Lavallée), Des pressions, des chocs et des coups portés sur l'épaule causent la luxation sous-acromiale ; cette lésion est très-rare et peut être accompagnée de fractures dans
Fig. 407, — BanJagp spii-oïde de Velpeau. (Anger.)
certains cas (Morel-Lavallée) . L'aplatissement de la partie supérieure de l'épaule, la saillie de l'acromion, la mobilité de la clavicule, accompagnées de peu de gène des mouvements d'élévation du bras et des mouvements de l'articulation scapulo-humérale, révèlent la luxation sous-acromiale.
Thérapeutique. — Pour réduire, tirer l'épaule en arrière et en dehors, lorsque la clavicule est remontée, appliquer une compresse graduée en avant de la clavicule ; placer un spica dextriné de l'épaule un peu serré; fixer le bras
au tronc avec quelques circulaires. On peut aussi appliquer le bandage spiroïde.
3" Luxation sous-coracoklienne (Godemer, Pinjon, Morel- Lavallée). Celle luxation est rare et semble être due à un choc direct très-violent sur le moignon de l'épaule.
Les signes fonctionnels de toutes les luxations de l'extrémité externe de la clavicule existent, mais on suit le trajet de la clavicule jusque dans l'aisselle où l'on sent la saillie de l'extrémité de l'os.
Thérapeutique. — Les moyens rationnels pour réduire la luxation sous-coracoïdienne sont une traction sur l'extré mité supérieure de l'humérus, le coude étant rapproché du tronc; le chirurgien relève la clavicule par des pressions de bas en haut.
Pour contenir la luxation réduite, appliquer le bandage spiroïde. V. Fractures de la clavicule.
111. lAixation des deux extrémités de la clavicule (Riclierand et Gerdy, Morel-Lavallée). Lorsque toutes les attaches de la clavicule sont rompues, une tumeur oblongue, dure, mobile sous la peau et dont les deux extrémités sont saillantes , une difficulté d'exécution des mouvements de l'épaule existent, et font reconnaître cette luxation exceptionnelle.
Thérapeutique. — Pour réduire : tractions sur l'extrémité supérieure du bras rapproché du tronc et agissant comme un levier du troisième genre ; repousser la clavicule à sa place par des pressions directes.
Pour contcnii', appareil de Desault; pour les fractures de clavicule, avec coussin axillaire; ou bandage spiroïde. Des compresses graduées seront appliquées par-dessous le bandage, sur la clavicule remise on place.
luxation <lii coccyx. Les pièces du coccyx peuvent être luxées par une violence directe et peut-être pendant l'accouchement (J. L. Petit). Des douleurs vives pendant la toux, les efforts et la défécation, la difficulté pour s'asseoir, un vide à la place du coccyx révélé par le toucher rectal, sont les signes de la luxation du coccyx, et ils diffèrent peu de ceux de la fracture .
Thérapeutique. — La luxation du coccyx se réduit d'elle-même (Boyer) ; contre les douleurs, on emploiera les onctions sur la peau avec l'extrait de belladone ; puis les demi-lavements additionnés de huit gouttes de laudanum, et les malades s'asseyeront sur un coussin de laine, pour éviter les douleurs causées par la compression.
Ltixation des côtes. La séparation des côtes d'avec leur cartilage sternal prête aux mômes considérations que les fractures. — Les luxations de la tête des côtes sont problématiques, à moins de fracture des apophyses transverses. A la suite d'un traumatisme local on peut en concevoir la possibilité. Dans le seul fait qui existe, le malade présentait pour tout symptôme un épanchement sanguin où l'on sentait une crépitation et une tumeur de consistance osseuse. (Gr«;. méd., 1834.)
Thérapeutiqite. — Des compresses résolutives et un bandage de corps serré seraient le seul traitement proposable.
Luxation du coude ou luxation de l'avant-bras .
L Luxation des deux os de l'avant-bras en arriére. — C'est dans l'extension forcée que la luxation en arrière, sans fracture, se produit le plus souvent (Bichat) ; — un mouvement de torsion favorise le déplacement des surfaces articulaires (Malgaigne), — la luxation est complète quand l'apophyse coronoïde est dans la cavité olécrânienne de
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l'iiiimi'rus; olle est incomplète quand le bec de l'apophyse coronoïde csl serré contre la partie inférieure de la Irociilée.
La luxation complète permet un certain degré de Ilexion et des mouvements de latéralité tout à fait anormaux dans l'articulation du coude, ce qui est un caractère dislinctif de la plus grande valeur. — Pour produire ce mouvement de latéralité on embrasse à pleines mains l'extrémité inférieure de l'humérus et l'on porte l'avant-hras, tenu au niveau du poignet, dans l'adduction et l'abduction ; — ■ pour plus de sûreté , on comparera les mouvements anormaux du bras malade avec les mouvements normaux du bras sain. — ■ Lorsqu'il n'y a pas un gonflement énorme, on sent la saillie de l'olécràne au-dessus de la ligne qui réunit la saillie de l'épitrochlée et de l'épicondyle, l'avant-bras est raccourci par sa face antérieure.
La luxation incomplète permet des mouvements de latéralité moins étendus que la luxation complète, l'olécràne plus saillant est plus bas par rapport aux tubérosités de l'humérus que dans la luxation complète et le tendon du triceps contracture forme une corde sous la peau.
L'absence de crépitation et de mouvements de flexion, et la présence de mouvements de latéralité feront juger qu'il y a une luxation plutôt qu'une fracture.
La luxation du coude en arrière est rarement compliquée de fracture ; mais il peut se produire une rupture de l'artère humérale et des nerfs, puis des paralysies consécutives par suite de la distension des nerfs.
presses d'eau blanche et d'eau-de-vie camphrée, et maintenu dans une écharpe ou dans une gouttière pendant quinze jours.
On appliquera le traitement des anévrysmes traumatiques primitifs, si l'artère est blessée, et l'on électrisera s'il y a des paralysies consécutives.
[.iixîitlon (in coui]
(Xr'lnton.)
Fiî. i08. — >[aeUiae de .larwis. — A, G, D. Contre-extension vi'or la tige B et le bracelet D, qui font l'extension. —
Théraimitique. — Pour réduire par un procédé de douceur, le Ijras étant dans la flexion, autant qu'il sera possible, le chirurgien pressera sur l'olécràne avec les pouces pendant qu'il prendra point d'appui avec ses doigts sur la partie inférieure de la face antérieure du bras. (iNélaton.)
Pour réduire par le procédé de force :
Lorsque la luxation est incomplète, on peut réussir en plaçant le genou dans le pli du coude et en fléchissant forcément l'avant-bras (A. Cooper).
En cas de résistance, on applique les moufles, ou l'on met deux aides pour faire la contre-extension sur le bras et deux pour faire l'extension en tirant sur l'avant-bras ; le chirurgien coapte en fléchissant le coude. En général, il est bon de tirer sur le bras placé dans la demi-flexion.
Il arrive parfois que le ligament annulaire du radius est rompu et que le radius reste déplacé après la réduction de la luxation, on réduira infailliblement le radius en faisant exécuter à l'avant-bras des mouvements de pronation et de supination.
Le membre est placé dans la flexion, entouré de com-
Les luxations anciennes exigent l'emploi des moufles et une force de 150 kilogrammes; au delà de quatre mois, il serait imprudent de tenter la réduction.
On a employé pour réduire les luxations du coude, même anciennes, des machines (fig. ZiOB).
II. Luxation des deux os de V. avant-bras en avant (Colson, Leva). C'est seulement à la suite d'une chute sur le coude fortement fléchi (Malgaigne) que la luxation peut se produire; dans l'extension exagérée, la luxation peut encore avoir lieu, mais alors il y a presque toujours fracture de l'olécràne. Dans la luxation sans fracture , l'olécràne arc-boute contre la trochlée par son sommet. En général, dans la luxation en avant, le bras est allongé, on sent en avant la petite tête du radius et l'apophyse coronoïde ; les battements de l'artère humérale sont superficiels.
La luxation avec fracture de l'olécràne est accompagnée d'un gonflement énorme au bout de quelques heures, de mouvements de latéralité très-étendus et d'un raccourcissement de l'avant-bras; on sent l'olécràne à sa place et les battements de l'artère humérale sont superficiels (Richet).
Tliérapeutique. — Pour réduire par les procédés de douceur, chloroformiser le malade et fléchir le bras simplement en pressant avec la main dans le pli du coude. En cas de difficultés, recourir au procédé de force avec les aides ou les moufles, comme pour la luxation en arriére ; pansement avec les compresses d'eau blanche ; tenir le bras en écharpe pendant quinze jours.
Lorsqu'il y a luxation avec fracture, contre-extension par un aide sur le bras, extension sur l'avant-bras, fléchir fortement l'avant-bras. La luxation ayant de la tendance à se reproduire, on fera un bandage en huit de chiffre placé par-dessus un coussin embrassant le pli du coude ou par-dessus un moule de gutta-percha. On fera exécuter des mouvements du quinzième au vingtième jour.
On a employé pour les luxations anciennes et récentes du coude la machine de Jarwis (fig. 408).
IIL Luxation latérale des deux os de V avant -Iras (J. L. Petit, Boyer, Malgaigne, Denucé). Un choc sur le côté du coude, l'avant-bras étant dans la demi-flexion (Malgaigne), cause la luxation latérale ; la luxation dans
— E. Levier pour m!;nœ)' • G. Dynamomètre.
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quelques cas a pu êlre cVal)ord une luxation en aniriv (A. Cooper). La luxation est incomplète ou complète ; le déplacement a lieu en dedans et en dehors. Les luxalions incomplètes se dislingiienl par une saillie do roléoràne qui n'est plus au milieu des saillies de l'èpitrochlée et de Lépicondyle. Les mouvements de latéralité sont peu prononcés, mais l'axe de l'avant-bras paraît être en rotation par rapport à l'axe du bras.
La luxation complète en dehors, la seule bien connue aujourd'hui (Néla'ton), c'est-à-dire celle dans laquelle le culiitus n'est plus en rapport avec l'humérus que par une de ses faces latérales, est caractérisée par une saillie volumineuse de l'extrémité inférieure de l'humérus; à la place de l'olécràne, on sent une saillie considérable de la partie supérieure' du bord radial de l'avant-bras ; on seul l'èpitrochlée sous la peau. Des mouvements de latéralité peu prononcés, mais évidents, la pronation et la supination de l'avant-bras conservées, l'aspect tordu en avant et en dedans de l'avant-bras, complètent les signes diagnostiques. Le diamètre transversal du coude est augmenté (Malgaigne).
l'aviiiit-brns.
A priori, beaucoup de symptômes ont été donnés des autres luxations latérales du coude; on doit admettre que les saillies cl la déformation des luxalions latérales complètes en dedans seront disposées à l'inverse de la luxation en dehors
Thériq^eiitique. — Pour réduire, un aide embrasse avec les mains croisées l'extrémité inférieure de l'humérus, des tractions sont faites sur l'avant-bras, le chirurgien repousse les os déplacés en dehors ou en dedans suivant la luxation.
Placer après la réduction l'avant-bras en flexion sur le. bras, avec un bandage en huit de chiffre recouvert de compresses d'eau blanche et d'eau-de-vie camphrée. On commencera à faire exécuter des, mouvements seulement vers le quinzième jour.
IV. Luxiitioii ihi cuhilm en arrière (Diday, Brun, Sédillol). Une chute sur la paume de la main, l'avant-bras étant dans l'extension, une violence directe, causent la luxation du cubitus.
La luxation du cubitus en arrière est un déplacement par rotation.
Le diamètre anléro-poslèrieur de l'articulation du coude est augmenté, l'olécràne est remonté, on sent un peu la petite tête du radius en arrière, et le membre étendu ne forme plus, comme dans l'état normal, une ligne brisée en dehors ; la pronalion et la supination sont gênées, les mouvements de latéralité sont peu prononcés. On pourrait croire à une fracture de l'olécràne, mais dans la luxation oti sent la continuité de l'olécràne avec le bord postérieur du cubitus.
TItérapeutiquc . — On place le blessé sur une chaise; un aide fait l'extension sur le bras tenu rapproché du tronc; un aide tire suivant l'axe du bras dans la demi-flexion, et avec les pouces le chirurgien, embrassant à pleines mains le coude, poussera l'olécràne en bas et en avant ; puis on
place le membre dans la flexion (Sedillot), on le maintient avec un bandage en huit de chiffre.
Au bout de dix jours, on commencera à faire exécuter des mouvements.
V. Luxation dit radiati. Le radius peut être luxé en arrière, en avant et en dehors, c'est surtout chez les enfants que s'observe cette luxation.
1° Le radius est luxé en arrière par une pronalion forcée ou par une pression directe sur la partie supérieure de l'os. Alors le coude est déformé, on sent en arrière ime saillie formée par la petite tête du radins ; l'avant-bras est demi-fléchi, la main est en pronation, la flexion et l'extension de l'avant-bras sont bornées.
Tlièrapeutique. — Pour réduire : contre-extension sur le bras, extension sur l'avant-bras tourné forcément en supinalion; pression sur la tête du radius; pour contenir: compresse graduée sur la tête du radius, bandage en huit de chiffre, bras en écharpe ; — permetlre des mouvements au dixième jour.
2° Le radius se luxe en avant (Delpech, Gerdy) après une chute sur l'avant-bras étendu et en supination, ou après un coup porté en arrière. Il y a j peu de déformation, le bras est demi-fléchi, la m flexion est pénible, la tête du radius fait saillie en yll avant au pli du coude et se meut pendant les mou- JP vementsde pronation, l'olécràne est d'ailleurs à sa place normale.
Thérapeutique. — Pour réduire, l'extension et la contre-extension seront faites comme pour la luxation du radius, en arrière, le chirurgien poussera sur la tête de l'os en arrière et un peu en dehors. On pansera connue pour les autres luxations du coude.
3" Le radius se luxe en deliors, mais il y a toujours un certain degré de luxation en arrière, avec cette différence que le radius est senti au niveau de l'épicondyle. On a vu le radius luxé en dehors avec diverses fractures du cubitus, et c'est dans ce cas seulement que le déplacement est étendu.
Thérapeutique. — On réduira comme pour la luxation du l'adius, en arrière. L'avant bi as sera tiré dans l'axe du bras ou fléchi sur celui-ci à angle droit ; mais le chirurgien pressera sur la tèlc du radius pour la repousser en avant et en dedans.
VI. Luxation du cubitus en arrière et du radius en avant (Vidal, de Cassis, Dubruyn). Les mêmes causes qui produisent la luxation du coude en arrière causent la luxation simultanée du radius en avant et du cubitus en arrière. Mais une chute sur la paume de la main en supination forcée (Nélalon) en est la cause rationnelle. Dans celte luxation, on retrouve les signes de la luxation du coude incomplète en arrière, et en avant on sent la saillie de la tête du radius, c'est-à-dire le signe d'une luxation du radius en avant ; — le diamètre antéro postérieur du coude est li'ès-augmenté.
Thérapeutique. — On réduira d'abord la luxation en arrière parles procédés habituels (V. Lux.\tiun Du COUDE EN arrière), et l'on réduira ensuite la luxation du radius. Le malade étant chloroformisé, le chirurgien peut, tout eu pressant avec les pouces sur l'olécràne en arriére, presser avec les doigts sur le radius en avant.
VIL Subluxation du radius, déplacement du ligament interarliculaire (Goyrand, d'Aix), pincement de la synoviale (Bourgeois, d'Étampes), ou décollement incomplet des épiphyses.
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Chez les enfanis que l'on suspond par un l>i'ns ou qui ont fail une clmlG sur le coude, souvent le bras reste dans la pronation et ne peut l'être porté en supinalion, le coude est douloureux aux moindres mouvements ; il est rare qu'il y ait une ecchymose. C'est cet état qui a été désigné sous le nom de subluxation du radius.
Thérapeutique. — Les surfaces articulaires peuvent reprendre leurs rapports sans qu'il y ait eu des tentatives de réduction, si l'on applique un bandage roulé, arrosé d'eau blanche. Une extension et une flexion du bras peuvent favol iserla réduction. En cas de douleurs vives, un cataplasme sera appliqué pendant les quarante -huit premières heures et l'on réduira ensuite.
Lii.xation de la cuisse. Les luxations de la cuisse se produisent chez les jeunes gens et les adultes, très-rarement chez les vieillards, et elles sont le résultat d'une violence considérable, portée directement sur l'articulation, ou sur le bassin, les individus étant debout; elles sont causées indirectement par les mouvements forcés de l'arliculation dans une chute ou sous une pression énergique ; — la capsule articulaire se rompt, la tète du fémur sort et va au milieu des parties molles contuses se placer dans le voisinage de la cavité cotyloïde, en haut, en arrière, en bas ou en avant. Quelquefois elle reste sur le bord de cette cavité ; c'est la luxation incomplète. La tête du fémur ne sort pas nécessairement par une des échancrures normales du bord de la cavité cotyloïde.
11 y a quatre espèces de luxations du fénmr, classées d'après les rapports de la tête fémorale avec les saillies osseuses voisines. Ce sont les luxations: 1° ilio-iscbiatique; 2° ischiatique ; 3" ovalaire ou ischio-pubienue ; /i° iliopubienne.
Fig. 411. A. H. Ligne ficlivo éteuilue de répiue iliaque aiiti'rieui'e et siipélieine ù l'iscliiuii. Les lignes ponctuées C D indiijnent lu posiîion de la lèlcdu IV'mur dans la luxation ilio-iscliiatiqiie. (Nélaton.)
La luxation ilio-ischiatique est la plus fréquente de toutes, elles est reconnue à une saillie de la fesse, le grand trochanter est situé en arrière d'une ligne fictive, étendue de l'épine iliaque antérieure et supérieure à l'ischion ; il remonte plus ou moins haut, suivant l'étendue de la déchirure de la capsule, suivant que l'action vulnérante s'est prolongée ou non, et suivant les manœuvres exercées sur le membre à la suite de la production de la luxation. On sent la tête du fémur dans la fosse ihaque externe. Le
membre est dans la flexion, l'adduction, la rotation en dedans, et raccourci ; les mouvements communiqués sont possibles, sauf l'abduction et la relation en dehors (Pig. ^11).
Dans la luxation ischiatique les mêmes signes s'observent, à part que le'grand trociianter est plus rapproché de l'iscbion et moins en arrière de la ligne îictive étendue de l'épine diaque antéro-supérieure à l'ischion ; le membre est allongé dans l'extension et raccourci clans la flexion, et la saillie de la fesse est plus prononcée en bas. Cette luxation est très-rare. Elle paraît être une transformation de la luxation ilio-ischiatique.
La luxation ischio-puhienne est rare, la tête du fémur reposant dans la fosse ovale ; la saillie du grand tro chanter est peu prononcée, la fesse est aplatie, on sent In tète du fémur à la partie interne de la cuisse sous les muscles adducteurs ; le membre est lléchi el dans l'abduction ; l'adduction et la rotation en dedans par les mouvements communiqués sont impossibles.
Dans la luxation ilio-puhienne la téte du fémur est sentie dans l'aine, où elle forme une tumeur, l'artère crurale est plus en dedans que du côté opposé, le membre est dans l'extension, l'abduction et la rotation en dehors, il est un peu raccourci ; dans cette luxation on a vu de la rétention d'urine.
Une fracture du rebord de la cavité cotyloïde complique ([uelquefois la luxation ilio-ischiatique, quelquefois û y a fracture du bassin en même temps que luxation.
La fracture du col du fémur et la coxalgie ont été confondues, l'une avec la luxation récente, l'autre avec une luxation ancienne,
11 n'y a que les luxations ilio-pubienne et ilio-ischiatique qui puissent être confondues avec la fracture du col du fémur, mais dans la première on sent la tête du fémur dans l'aine, dans l'autre le pied est dans la rotation en dedans, tandis que, dans la fracture du col, le pied est dans la rotation en dehors.
La coxalgie ancienne et la luxation ancienne se reconnaissent aux antécédents. Dans le cas où les malades tromperaient par une narration qui laisserait des doutes, on se rappellera que dans les coxalgies anciennes il y a ensellure et que les os sont hypertrophiés.
Thérapeutique. — Lorsque la luxation fémorale est récente, il faut d'abord s'enquérir, autant que cela est possible, de la manière dont la luxation s'est produite, afin de savoir s'il y a un déplacement consécutif de la tête fémorale. Cette recherche établit la possibilité de l'existence d'une luxation complète ou incomplète du fémur (Malgaigne) ; elle enseigne quel a été le chemin parcouru par la tête et peut diriger le sens des tractions ou le choix du procédé de réduction.
Deux ordres de procédés conviennent pour réduire ces luxations : des procédés de douceur et un procédé de force.
a. Lorsqu'un malade est bien endormi à l'aide du chloroforme, on réduit facilement les luxations récentes. Deux aides fixent le bassin au moyen d'une alèze passée dans le pli génito-crural et sur l'ischion. Un ou deux aides tirent sur le pied, le chirurgien passe son bras autour de la cuisse et tire en dehors dans une direction perpendiculaire à l'axe delà cuisse. Quelle que soit la luxation, ce procédé de réduction est suffisant si le malade est bien endormi .
Les procédés de douceur sont : une association de mou-
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vpinenls en verlii desquels la lèle fémorale est déplacée et amenée dans tous les sens, jusqu'à ce qu'elle ait rencontré l'ouverture de la capsule (procédés de Pouteau et Després). Ils peuvent réussir, avec l'aide du chloroforme, dans plusieurs cas simples ; dans les cas plus compliqués, les mouvements exéculés peuvent avoir pour résultat, à défaut de réduction, de faciliter les efforts de. traction par les procédés de force.
Mais réciproquement les procédés de force ont pour effet, soit de mobiliser la tète du fémur, soit d'agrandir l'ouverture de la capsule et faciliter la réduction par le procédé de douceur, le malade étant complètement endormi.
6. Si l'on a recours au procédé de force, on doit fixer le bassin à un anneau scellé dans le mur, au moyen d'une alèze pliée en quatre, passant dans le pli génito-crural. Une alèze est appliquée autour du genou et fixée par une bande mouillée (Â. Cooper). La cuisse est placée de façon à faire un angle droit avec l'axe du corps. Après avoir endormi le malade jusqu'à résolution complète, les tractions sont opérées à l'aide de moufles tirant sur l'alèze qui embrasse le genou; la force employée doit être graduée avec un dynamomètre et ne pas dépasser 300 kilogr. La force de 200 kilogr. est souvent suffisante.
Pendant que la traction se fait, soit par des mouvements de rotation suivant l'axe du membre, soit par un changement de l'angle de flexion de la cuisse sur le tronc, le chirurgien peut, dans certains cas, favoriser la réduction de la luxation, et il reconnaît à la facilité de ces mouvements que la luxation est réduite quand le choc de la réductibn ne s'est point fait entendre. Il peut passer sous la cuisse une alèze pliée en anneau, puis soulever la cuisse en tirant en haut ou plutôt en dehors par rapport à l'axe du corps : la tète cesse de reposer sur le rebord de la cavité cotyloïde, qu'elle franchit. Aussi, on entend quelquefois le choc lorsqu'on se sert de ce procédé.
La rentrée de la tête du fémur dans la cavité cotyloïde s'opère généralement sans bruit, lorsque l'on emploie la force.
Pour les luxations ilio-ischiatiques, ischiatiques et ovalaires, ces procédés peuvent être employés. Dans la luxation ilio-pubienne, les tractions sur le membre étendu paraissent très-rationnelles, pourtant les moyens précédents ont réussi.
S'il y a fracture de la cavité cotyloïde, il faut après la réduction placer le membre dans l'extension et appliquer un appareil à extension continue pour maintenir la luxation réduite.
S'il y a fracture de cuisse en même temps que luxation, ce qui est rare, on peut placer un appareil deScultet sur la fracture et faire quelques tentatives de réduction, quelques jours après l'accident, alors que la fracture est moins douloureuse. Les procédés de force ici doivent être proscrits. L'emploi du chloroforme jusqu'à résolution complète pourra faire réussir un procédé de douceur.
En général, il faut tenter la réduction de la luxation le plus vite possible. Après la réduction, il faut appliquer des résolutifs sur la hanche, attacher les deux membres inférieurs ensemble et laisser le malade au repos une semaine.
On fera exécuter des mouvements au membre après ce temps ; mais le malade ne doit pas essayer de marcher avant quinze à vingt jours.
Quoique Pfaff ait vu réduire une luxation du fémur datant de deux ans, quand après une luxation non réduite il s'est passé quatre mois, il faut renoncer à l'espoir de ré-
BOUCnUT ET DESPRÉS. — 2^ édit.
duire ; néanmoins, on peut encore tenter la réduction en prenant les précautions suivantes :
1° Modérer le nombre des premières tentatives. Il ne faut pas les renouveler outre mesure dans une première séance, bien qu'elles ne soient pas périlleuses absolument.
1° Les mouvements gagnés, le changement des rapports de la tête avec l'os iliaque sont un indice favorable et peuvent engager à continuer.
Quoi qu'il en soit, si l'on ne réduit pas la luxation dans ces cas, un résultat néanmoins est obtenu, l'étendue des mouvements de l'articulation nouvelle sera augmentée, et le malade en aura un bénéfice.
Liuxalion des cuncîlormcs Les trois cunéiformes peuvent se luxer à la fois ; le grand cunéiforme a été vu luxé seul.
I. La luxation des trois cunéiformes (Monteggia, A. Key) est incomplète ou complète.
La saillie anormale des os permet d'établir un diagnostic précis.
La luxation des cunéiformes est compliquée le plus souvent de plaies des téguments.
Thérapeutique. — Si la luxation est incomplète, si les cunéiformes tiennent bien aux métatarsiens, on réduira, qu'il y ait plaie ou non. Pour cela on pressera sur les os déplacés en repoussant en sens inverse les métatarsiens.
Pour maintenir la réduction, on placera des compresses graduées sur le dos du pied, une attelle sous la plante, et l'on placera le bandage de l'étrier ou huit de chilîre du cou-dc-pied.
II. Le passage d'une roue de voiture sur le dos du pied a produit uue luxation da grand cunéiforme, avec plaie des téguments, l'os était sorti par la plaie et était venu se placer sur le petit cunéiforme fXélaton). On a vu le premier cunéiforme luxé sur le scaphoïde et le premier métatarsien (A. Cooper).
Thérapeutique. — ■ La réduction étant impossible, comme dans les cas cités, on enlèvera l'os et l'on pansera à l'eau froide avec des linges ou par l'irrigation continue.
Luxation de l'extrémité inférieure du cubitus.
La luxation de l'extrémité inférieure du cubitus se produit sous l'influence de pressions directes sur l'extrémité inférieure de l'avanl-bras, par des mouvements de pronation ou de supination forcés. Elle a lieu en avant ou en arriére : et on la reconnaît par la saillie de l'extrémité inférieure du cubitus, par une douleur vive, par un déplacement de l'axe de la main en dedans, et par la possibiliti' de la mobilisation du cubitus et du radius l'un sur l'autre, ce qui donne lieu à un frottement.
Les luxations de l'extrémité inférieure du cubitus sont quelquefois compliquées de plaie.
Thérapeutique. — Pour réduire : le malade étant assis, extension sur la main portée dans l'abduction, contre-extension sur la partie inférieure du bras, forcer la supination si la luxation est en arrière, la pronation si la luxation est en avant. Pendant ce temps, le chirurgien presse entre les deux os pour écarter le radius du cubitus.
Comme cette luxation se reproduit facilement, on la maintient réduite avec l'appareil à fracture de l'extrémité inférieure du radius.
En cas de plaie du tégument, et conséquemment d'ouverture de l'articulation, il faut réduire et panser avec
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l'eau glacée. — En cas d'irréductibilité, faites la résection (Breschet). — L'annputation (A. Cooper) est inutile.
Luxation du genou. La rotule se luxe quelquefois sur les deux os de l'articulation tibio -fémorale. Le tibia se luxe sur le fémur, enfin le tibia se luxe par rotation, par suite du déplacement des fibro-cartilages.
L Luxations de la rotule. — A. Luxation en dehors. — La luxation en dehors est complète ou incomplète ,• elle se produit par une violence, un choc ou une chute, portant sur la rotule en dedans et par contraction musculaire pendant que le genou est dans la demi-flexion.
Dans la luxation complète de la rotule en dehors, le genou déformé est aplati, on sent la gouttière intercondylienne ; en dehors la rotule est sentie et son bord externe fait saillie sous la peau ; on sent au-dessus du genou une corde oblique en dehors, correspondant au tendon du triceps, la jambe est en demi-flexion (Malgaigne) ; les mouvements actifs sont nuls et les mouvements communiqués douloureux.
Dans la luxation de la rotule en dehors, incomplète, on sent le condyle interne du fémur sous la peau, le bord externe de la rotule déborde le condyle externe, la cuisse est dans l'extension. Cette luxation n'est pas, à proprement parler, une luxation, c'est une diastasis par rupture du ligament latéral interne de la rotule et des expansions aponévrotiques du vaste interne ; seulement il arrive à la longue que dans les mouvements de flexion le bord interne de la rotule se creuse un sillon dans la gouttière interc^ndylienne et s'y fixe (Sabatier, H. Mayo), et alors on a vraiment une luxation.
Thérapeutique. — Pour réduire la luxation complète de la rotule, il faut étendre la jambe sur la cuisse, fléchir la cuisse sur le bassin et ramener par pression la rotule dans la gouttière intercondylienne, lorsque, par la position précédente, les muscles auront été mis dans le relâchement (Valentin). — Le malade restera couché pendanl quarante jours, on appliquera un bandage avec les bandelettes de diachylon, de préférence aux autres bandages roulés et inamovibles. Pendant longtemps après, les malades porteront une genouillère élastique ou lacée.
Pour réduire les luxations incomplètes, on fera fléchir brusquement le genou, on ramènera la rotule dans sa position et l'on placera un appareil inamovible avec les bandelettes de diachylon. Il n'y a de difficultés que pour les luxations anciennes. En efi'et, les flexions répétées et exagérées pourront bien permettre la réduction, mais la contention est au moins inutile, les ligaments latéraux de la rotule ne se reformeront pas, ils sont cicatrisés isolément depuis longtemps.
B. Luxation en dedans. — La luxation de la rotule en dedans est admise sur la foi d'A. Paré, et sur une observation contestable de Wallher. Si cette luxation existe, elle ne peut être qu'incomplète (Nélaton), et alors c'est un diastasis qui tend à devenir permanent.
Thérapeutique. — On fera le même traitement que pour la luxation incomplète en dehors.
C. Luxations vertieales. — Les luxations verticales de la rotule, très-rares, sont causées probablement par une violence extérieure combinée avec l'action musculaire, et sont caraclérisécs par un déplacement tel que la face mterne et externe de la rotule regardent tantôt en dehors, tantôt en dedans, suivant que la luxation est verticale mterne ou verticale externe.
Les symptômes essentiels des luxations verticales de la
rotule sont la saillie du genou, la facilité de sentir sur la ligne médiane le bord de la rotule, entre deux dépressions profondes et la difficulté de tléchir le membre. 11 importe peu d'ailleurs de préciser si la luxation est verticale interne ou verticale externe.
Thérapeutique. — Les luxations verticales de la rotule se réduisent spontanément par la flexion, par les contractions du triceps, mais il y a des exceptions. Dans ces cas, on relâchera les muscles qui s'insèrent à la rotule par le procédé de Valentin (V. Luxation de la rotule en dehors) et l'on déplacera la rotule par des pressions du côté où la rotule semble s'incliner, ou bien on tentera la flexion forcée et l'on fera contracter les muscles : cette précaution a été un moyen adjuvant (Payen). Élever l'os avec l'appareil élévatoire du trépan (Guynat), débrider les tendons (Wolf), même par la méthode sous-cutanée, sont de mauvais moyens.
II. Luxations du tibia, — Les luxations du tibia peuvent être complètes ou incomplètes, et se faire en avant ou en arrière (Velpeau, Malgaigne, Nélaton),
A. Les luxations incomplètes en arriére sont constituées par un déplacement du tibia en arrière, tel que les condyles reposent sur le tibia, en avant des cartilages interarticulaires (Velpeau). Une chute sur le genou, une prèssion et un choc sur le tibia ou une projection du corps en avant, le tibia étant arrêté, causent ces luxations. Dans cette luxation il y a un raccourcissement apparent de la jambe, la rotule est abaissée et inclinée en bas et en avant, une forte saillie existe à la région du creux poplité, les battements de l'artère poplitée sont superficiels, des mouvements de latéralité peuvent être communiqués à l'articulation.
B. La luxation complète du tibia en arriére est produite par les mêmes causes que la luxation incomplète. Alors, la face antérieure de la rotule est horizontale, il y a un raccourcissement réel de la jambe, le diamètre antéropostérieur du genou est augmenté ; il y a une dépression du genou en avant, et le creux poplité est rempli par une tumeur dure ; — on ne conçoit pas cette luxation complète sans déchirure étendue des parties voisines, et en effet la rupture de l'artère poplitée a presque toujours lieu,
C. La luxation incomplète en avant est produite par les mêmes causes que les luxations en arrière, mais en agissant en sens inverse et pendant que la jambe est légèrement fléchie. On reconnaît cette luxation à la flexion de la jambe, à la saillie du tibia et à l'effacement de la rotule. Lorsqu'il n'y a pas beaucoup de gonflement on peut sentir les cupules articulaires du tibia et des ménisques interarticulaires. Les condyles du fémur font saillie dans le creux poplité, les muscles fléchisseurs de la jambe sont tendus et la cuisse paraît allongée.
D. Dans la luxation complète en avant qui reconnaît les mêmes causes que l'incomplète, la jambe est étendue, raccourcie, il y a des mouvements de latéralité, le tibia est senti en avant, et entre lui et le fémur il y a une dépression en croissant. Le creux poplité est empli par les condyles du fémur, les muscles extenseurs de la cuisse sont très-tendus, on sent l'extrémité supérieure du fémur sous la peau dans le creux poplité.
E. La luxation du tibia en dedans ou en dehors est une luxation incomplète, due aux mêmes causes que les autres luxations, et à un mouvement de torsion combiné avec une pression latérale. — Le genou off're l'aspect d'une ligne brisée, et l'on sent une tumeur au-dessous de la ligne
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articulaire en dedans ou en dehors, qui correspond au tibia. La rotule est à sa place, entre les condyles, inclinée seulement du côté dé la luxation ; la jambe ofl're toujours un certain degré de rotation.
Les luxations du tibia sont extrêmement rares^ et toute leur symptomatologie repose sur des expériences cadavériques.
La luxation incomplète du tibia en arriére est la moins rare, et elle est souvent accompagnée de plaies.
Les luxations complètes sont suivies de désordres immédiats, tels que la rupture des ligaments, des muscles, des artères et des nerfs, et de complications inflammatoires graves, telles que la gangrène, l'artlirite traumatique et Tankylose.
Thérapeutique. — Lorsque, dans les luxations complètes, il y a plaie et ouverture de l'articulation, rupture des artères et même des veines et menaces de gangrène, on amputera la cuisse au tiers inférieur (Heister, Percy, Velpeau, Malgaigne).
Pour réduire les luxations sans plaie , complètes ou incomplètes, le malade étant chloroformisé, on fera la contre-extension au pli génito-crural à la racine de la cuisse, avec une aléze fixée à un point solide ou tenue par deux aides , le membre reposant sur un lit dur ; l'extension sera faite sur le pied, deux aides tireront et le chirurgien, par des pressions sur le fémur ou le tibia, replacera les surfaces articulaires en rapport, en suivant une direction opposée au déplacement. — Après la réduction, le membre sera tenu immobile, recouvert de compresses d'eau blanche, dans une gouttière métallique ou dans un bandage roulé, pendant dix ou quinze jours ; puis on fera exécuter ensuite des mouvements au genou.
IlL Luxation par rotation du genou. — Luxation du fibro-cartilage (Velpeau), dérangement intérieur de l'articulation du genou (Hey), luxation partielle du fémur sur les cartilages semi-lunaires (A. Cooper).
Admise par- induction et attribuée à un mouvement de rotation forcée de la jambe sur son axe, cette luxation serait caractérisée par une demi-flexion de la jambe, portée dans l'abduction. Les mouvements douloureux et limités, sans déformation du genou, pourront faire supposer la luxation, surtout si, après un mouvement d'extension brusque, il y a un rétablissement des fonctions.
Thérapeutique. — La flexion et l'extension brusque sont les moyens de réduction indiqués.
I>n:vation de l'humérus. luxatiois <1c l'i^paiile.
T^a tête de l'humérus se luxe complètement ou incomplètement, sous rinfluence d'un choc direct sur l'épaule, d'une traction exercée sur le bras avec exagération des mouvements d'abduction et d'élévaiion. Elle se luxe par un effort musculaire sur certains individus qui ont un relâchement du ligament capsulaire de l'articulation.
La luxation se produit en haut, en arriére, en bas et en dedans, et mieux en haut et en avant d'une part, et en bas et en arrière de l'autre (Nélaton) avec des degrés variables.
Les caractères communs des luxations de l'épaule sont un gonflement plus ou moins marqué, de la douleur, l'impossibilité de mouvoir l'épaule, le peu d'étendue des mouvements communiqués, sauf un certain degré de rotation, la saillie de l'acromion et une saillie anormale dans le voisinage de la cavité glénoïdc. L'absence de crépitation fine et la limitation des mouvements excluent l'idée d'une fracture.
Dans la luxation de l'humérus, l'ecchymose est rare, à moins que la luxation n'ait été le résultat d'une contusion de l'épaule,
l'ig, il2. — Luxation sOTis-coracuidieune ovi on avant ; la ligni' ponctuée indique la rlijlbrmatiou (Angcr.)
Les luxations de l'épaule peuvent être compliquées de fractures, de déchirures de nerf et de paralysies, de ruptures d'artères et de veines et d'anévrysmes consécutifs. V. Luxation:^.
Fig. 413. — Lu.xation sous-coracoidii lui.i vue par le n,tr (Anger.)
La luxation sous-m'aœïdienne (Malgaigne) sous-scapulaire (Velpeau), en bas (A. Cooper), en dedans (J. L. Petit, Boyer) est complète ou incomplète. La tête, recouverte par le muscle sous-scapulaire, est située au-dessous de l'apophyse coracoïde, on sent la tête en haut, dans la paroi antérieure de l'aisselle, mais beaucoup plus élevée que dans la luxation sous-glénoïdienne ; l'étendue du déplacement distingue la luxation complète de la luxation incomplète. En général le bras conserve sa longueur; il y a bruit de craquement pendant les mouvements de rotation imprimés à l'humérus.
La luxation intra-coracoîdienne (Malgaigne), sous-clavi-
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culaire (Velpeau), en avant (A. Cooper), en devant. (J. L. Petit), est caractérisée par une saillie de la tête liumérale sous la clavicule, en dedans de l'apophyse coracoïde. La tête n'est point sentie dans l'aisselle, le ))ras est
Kig. 414. — Luxation inlia-d.iaLdiiiiLiiiio, On voit iju elle est comjjliijin'- • d'arracliement du troeliiter.
raccourci le plus souvent. On sent quelquefois en remuant le bras^une grosse crépitation ou plutôt un craquement. La luxation intra-coracoïdienne exaerérée est dite luxation
Fitç. 415. — Lu.TOliun sûus-glénoidieune
costo-claviculaire et intercostale ; la luxation appelée susclaviculaire est une Iransformalion de cette luxation. C'est la position de la tête de l'humérus qui distingue ces variétés de luxation.
Laluxation sous-gJénoïdienne (Malgaigne), sous-pectorale axillaire (Velpeau), en bas (J. L. Petit, A. Cooper), est surtout reconnue à une saillie de la tête humérale sous la peau, dans l'aisselle, et à un allongement du membre ;
l'adduction communiquée est très-douloureuse, le coude est écarté du tronc.
Dans la luxation sous- acromiale et sous-épineuse (Malgaigne, Velpeau), en arrière et en dehors (Sédillot, Nélaton), en dehors (J. L. Petit, Desault), le bras est allongé, la tète de l'humérus forme une tumeur au-dessous et un peu en arrière de l'acromion, l'épaule est aplatie en avant où l'on sent l'apophyse coracoïde et le bord de l'acromion, le coude est rapproché du tronc et porté un peu en avant, et dans la rotation en dedans ; les mouvements, en arrière et en dehors sont les plus difficiles.
On ne peut sérieusement confondre les luxations de l'épaule qu'avec les fractures du col chirurgical, mais dans celles -ci, en chloroformisant le malade pour lui éviter la doideur, on fait exécuter au bras des mouvements, tandis qu'ils sont beaucoup plus gênés dans la luxation. La crépitation fine, l'ecchymose, appartiennent aux fractures, ainsi que le gonflement du bras qui est toujours trèsprononcé. Lorsqu'on sent une tumeur osseuse, on y place la main et l'on mobilise le coude : s'il y a luxation, les mouvements sont communiqués à la tumeur, et ce signe manque dans les fractures. Les fractures du col anatomique s'accompagnent toujours d'une crépitation franche.
Thérupeutùj'ue. — Pour réduire toutes les luxations de l'épaule, les mômes procédés seront em|)loyés, avec une seule différence portant sur le sens de la traction.
On réduit la luxation par les procédés de douceur ou de force.
Les procédés de douceur seront appliqués lorsque la luxation est récente, chez les individus en état d'ivresse et chez lesquels la résistance musculaire est émoussée.
Pour cela, le chirurgien élèvera le membre thoracique en haut, pendant qu'un aide, à genoux près du malade assis, embrassera l'épaule avec les deux mains croisées, puis le chirurgien, après avoir fait exécuter à la tète de l'humérus des mouvements de rotation, presse dans l'aisselle sur la tête humérale, qui se remet en place (White, Mothe, Lacour). Il peut confier l'extension à un aide.
Si la luxation résiste, on chloroformisera le malade.
Ou bien : le chirurgien, après avoir endormi le malade et établi une contre-extension, fera lirer sur le bras, en même temps qu'avec les doigts des deux mains ayant embrassé la racine du bras, il attire la tête en dehors, d'où elle sera brusquement rapprochée de la cavité glénoïde par les plus faibles contractions musculaires du malade.
Ou bien le chirurgien fera exécuter des mouvements de circumduction étendus, pendant lesquels la tête, se rapprochant de la déchirure de la capsule, viendra, après une série de tâtonnements, rentrer dans l'articulation. On aide à la réduction par des pressions sur la tête de l'os dans l'aisselle.
C'est surtout pour les luxations sous-coracoïdienne et sous-glénoïdienne que ces procédés sont bons, principalement quand la luxation est récente.
Les procédés de force sont exécutés avec des aides ou avec des moufles et des aides.
Pour réduire avec les aides, on fait faire la contreexlension avec une alèze sous l'aisselle, l'extension prendra point d'appui sur la partie inférieure du bras. Un aide vigoureux pressera sur l'épaule pour immobiliser l'omoplate (Malgaigne). Les tractions se feront horizontalement,
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direclemeiil en dehors pour les luxations supérieures et antérieures ou les luxations sous-coracoïdienne et intracoracoïdiene, horizontalement et un peu en avant pour les
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et la contre-exlension ; ainsi la machine de Platner (fig. /il 9). En principe, ces dernières machines ne valent pas l'extension simple et la contre-extension ordinaire.
Fiy. ilG. — Luxation ih: l'épaiilo en on'iéie ; dél'oimation Jii meaibre ; A, saillie de l,i H-tr. Iiumriale sous l'éplir; île l'oaioplotc (Aiiser.)
luxations postérieures et inférieures, ou les luxations sousépineuse et sous-glénoïdienne
On a employé des machines appelées nmoras (fig. /|18), pour tirer le bras. L'instrument (lig. Ml) dissémine sur
La pression avec le lalon du chirurgien appuyani sur la tête huniérale dans l'aisselle, pendant (pie l'opérateur tire sur le bras (A. Cooper) (lig. ^22), sont des procédés de réduction infidèles qui ont quelquefois réussi, mais
Fig. il7. — Api'iueil à tiactiou simiile sur l'humérus. — A, C Brandies et crochets pour appliquer les lacs. — B. Branche perforée pour le passage de la courroie. — ■ D. Articulation des deux branches. — E. Partie flottante île la courroie. — F. Vis destinée à la serrer. — G. Partie embrassante delà courroie. — L, Membre sur lequel on pratique l'extension, (Anger.)
Fig. 418. — M. Courroie ou rcmora de Scultet pour exercer des tractions sur le bras ou la cuisse.
une grande étendue la traction exercée sur l'humérus.
Pour réduire avec les moufles, re qui est toujours préférable à cause de la régularité des tractions, on suit les règles générales indiquées pour les luxations des grandes articulations. V. LuxATtONS.
Le levier ou ambi d'Hippocrale est abandonné. Des machines ont été faites pour faire à, la fois l'extension
seulement dans les luxations récentes oii le procédé de Molhe réussit.
On peut, quand on se sert du chloroforme, substituer le procédé de la réduction du talon aux procédés de traction ordinaires (Chassaignac).
Après la réduction d'une luxation, l'articulation sera recouverte de compresses d'eau blanche et d'eau-de-vie
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camphrée, conleiuies par un bandage roulé, el le bras sera maintenu dans une écharpe.
Après dix jours, on fera exécuter au bras quelques mouvements d'élévation en avant, pour les luxations sous-cora-
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sont autorisées ; les accidents de déchirures de nerf (Flaubert), d'arrachement du bras (A. Guérin) sont très-rares, mais on les a observés. On nefpeutj soupçonner les circonstances exceptionnelles qui favorisent les déchirures
coïdienne, intra-coracoïdienne et sous-glénoïdienne ; des mouvements d'abduction pour la luxation sous-épineuse : et en général des mouvements qui éloignent la tête de la
Fig. i20. — Procédé Je léiliiction avec Vrfrnln d'Hijjpocrate ; ligure cstraile du livre de A. Paré (Anger.)
déchirure de la capsule (Malgaigne). Au quinzième jour, l'articulation sera mise en liberté ; s'il y a paralysie du deltoïde, on appliquera un vésicatoire volant et l'on électrisera plus tard.
Toute luxation qui date de plus de trois mois ne peut être réduite à moins d'exception.
Les tentatives de réduction de luxation avant ce temps
qu'en considérant l'inaction complète des membres depuis longtemps et l'état nerveux des malades.
C'est toujours par des procédés de force que l'on tentera de réduire les luxations anciennes.
En général, il ne faut pas dépasser, dans les tractions, la force de 250 kilogrammes.
Il est indiqué de ne pas prolonger les elForls de traction ; la mobilisation de la tête de l'humérus, obtenue dans une première séance, est un résultat suffisant.
On réitère la traction de six jours en six jours, à moins qu'il n'y ait des lésions superficielles de la peau, qu'il faut toujours guérir avant de recommencer.
Lorsque, dans une luxation ancienne, le déplacement de la tète de l'humérus est considérable, les mouvements sont très-gênés. On doit dans ces cas, par des efforts de réduction et des tractions, mobiliser le plus que l'on peut la tête humérale dans sa nouvelle position. On a proposé de réséquer la tête de l'humérus (H. Paris).
Luxation de la mâchoire (Hippocrate).
Un effort de bâillement, un coup ou une chute, une violence pendant l'avulsion d'une dent (Duval, Fox), déterminent la luxation de la mâchoire. Quelquefois il y a simplement subluxation sans rupture des ligaments. Cette luxation est passagère (A. Cooper).
Ordinairement la luxation de la mâchoire est double. Alors la bouche ouverte ne peut se refermer, la salive s'écoule involontairement, la prononciation des consonnes est impossible. Une dépression existe en avant des oreilles, à la place des condyles ; les apophyses coronoïdes font saillie dans la bouche, entre l'arcade dentaire supérieure et la joue. Les masséters sont tendus et contractés.
Quand un seul condyle de la mâchoire est luxé, on observe la déformation d'un seul côté, la mâchoire infé-
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rieure a subi un mouvement de latéralité, qui la maintient dirigée à droite ou à gauche, la commissure correspondante à la luxation est déviée, ce qui, au premier aspect, pourrait en imposer pour une paralysie faciale.
C'est seulement lorsqu'il y a fracture du maxillaire qu'il
double de la mâchoire, les émotions, les violences extérieures, autrefois vantées, sont des moyens sans valeur.
Voici le meilleur moyen de réduction : le malade élanl assis sur une chaise et ayant la tête maintenue par un aide, le chirurgien, après avoir garni ses pouces avec du
peut exister une luxation dans la fosse temporale (Robert). Alors, outre la déviation des dents, on trouve l'apophyse coronoïde dans la fosse temporale et le condyle sous la peau en dehors de l'apophyse zygomati(iue.
Les luxations de la mâchoire sont niaiulonues perma-
Via. 422.
Rodiiotiou lies luxations de l'épaule ii l'iiide ilu talon, d'après Oiibase (A. Paiij, Malgaigne, Anger).
linge, presse sur les dents de la mâchoire inférieure et l'apophyse coronoïde, d'avant en arrière et de haut en bas ; ou bien il introduit une petite planche de bois de clièiie eniro les dents, et prenant point d'appui sur les molaires de la mâchoire inférieure, écarte les arcades dentaires. (A, Paré, A. Cooper.) La pince de Stromeyer remplace ce mode opératoire.
Après la réduction de la luxation, la mâchoire sera tenue immobile avec la mentonnière ou le bandage de la tète (V. ce mot). Le premier jour, le malade s'abstiendra d'aliments solides.
I>tiM;ation médio-tnrsicnne. L'astragale et le calcanéum d'une part, et le scaphoïde et le cuboïde de l'autre, se séparent sous l'influence de pression sur !c pied et à la suite de chute d'un lieu élevé ou d'un mouvement de torsion et de flexion exagérée du pied (J. L. Petit).
Dans la luxation médio-tarsienne, la voûte du pied est écrasée, l'astragale est saillant au cou-de-pied et le calcanéum est à sa place.
Cette luxation est rare.
nentes à la fois par la contraction musculaire (J L. Petit), l'accrochement de l'apophyse coronoïde contre le tubercule malaire (Nélaton), et la résistance passive des ligaments sphéno- maxillaire et stylo -maxillaire distendus (Maisonneuve).
Thérapeutique. — Pour réduire la luxation simple ou
Thérapeutique. — Pour réduire, il faut faire l'extensioil sur le pied et la contre-extension sur la cheville. Pour maintenir la réduction, on appliquera une attelle sous le pied et un étrier simple. V. Bandage.
Luxations «lu nicincarpîen du i>ouce.