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Dans les maladies chroniques, en générai, il faut, comme auxiliaire indispensable du traitement, prescrire la cessation de tout travail physique et intellectuel trop fatigant, pour le remplacer par un exercice modéré, et, s'il se peut, par les occupations douces et tranquilles de la vie rurale. Le séjour à la campagne et une nourriture appropriée, quelquefois le régime lacté exclusif, le séjour aux différentes eaux minérales (V. ce mot), les voyages, les distractions de toute espèce, les bains de rivière et les bains de mer, l'hydrothérapie (V. ce mot), la cure de petit-lait (V. Lait), la cure de raisins, le massage, la palélation, etc., sont de bons moyens à employer. Ils aident puissamment à l'action des toniques, des stimulants et des remèdes spécialement employés contre la maladie. V. No-

SORGANIES.

MALADIE U'ADDISOIM. La teinte bronzée delà peau survenant avec une anémie générale, et un état de cachexie prononcée constituent la maladie d'Addison.

Assez ordinairement la peau bronzée se produit en même temps qu'une lésion tuberculeuse, cancéreuse, suppurative, hyperlropiiique ou autre des capsules surénales, et les organiciens ont fait de cette lésion la cause de la maladie, mais il n'en est rien, car il y a dans les archives de la science quarante cas de peau bronzée sans aucune altération des capsules surrénales.

La nature de la maladie d'Addison est entièrement inconnue ; on pense qu'elle est le résultat d'une névrose du ganglion sympathique semi-lunaire.

Les capsules surrénales, longues de 3 centimètres et demi, épaisses de 2 centimètres, coiffent le rein à la manière d'un casque, et l'on ne sait pas quels sont leurs usages, car on a pu les enlever impunément chez de jeunes animaux (Philipeaux).

Languir, maigrir et s'affaiblir, sans cause évidente ; souffrir un peu de l'estomac ; rejeter quelquefois les aliments; puis, au bout d'un temps variable, voir la peau brunir et se bronzer sur tout le corps, s'épuiser et s'éteindre ; voilà la maladie d'Addison.

Dans la maladie d'Addison, la coloration, semblable à celle du mulâtre, plus ou moins foncée, varie d'intensité selon les parties, existe quelquefois sur les muqueuses, dans le péritoine, dans les ganglions, dans la substance cérébrale, et résulte d'une accumulation surabondante de pigment.

La coloration bronzée dans la maladie d'Addison commence toujours par la face et de là s'étend à tout le reste du corps.

La maladie d'Addison dure de quelques semaines à quelques années ; elle a des rémittences, mais il est rare de la voir guérir, et, par l'anémie et la faiblesse qu'elle engendre, elle fait périr presque tous ceux qui en sont affectés.

Thérapeutique. — Dans le traitement de la maladie d'Addison, il faut prescrire :

1° L'eau ferrée, l'eau de Spa, l'eau de Bussang et l'eau d'Orezza ; la décoction de quinquina, la macération de quassia et de colombe, à 8 grammes par litre d'eau;

2» Les bains de mer et de rivière, l'hydrothérapie, le massage et la palétation, les voyages sur" terre et sur mer ;

3° L'extrait de quinquina, \ gramme par jour; le sulfate de zinc, à 15 centigrammes par jour ; l'arséniato de soude , 5 à 20 milligrammes par jour; les sels de manganèse,

50 centigrammes par jour, le chlorure de sodium, 5 à 10 grammes par jour, etc. ;

k° Du vin et une nourriture très-substantielle.

Mahtdse bleue. V. CYANOSE.

Maladie de Briglit. V. NÉPHRITE ALBUMINEUSE et

Rein {Maladies du).

Maladie iniaginaïre. V. HvPOCIIONDUIE. Maladie noire. V. IIypOCHONDHIE.

Maladies simnlécs. Les mendiants d'autrefois, de notre temps les conscrits, ont souvent simulé des maux pour exciter la pitié ou pour échapper au sort. Les maladies le plus souvent simulées sont : les tumeurs produites par insufflation d'air sous la peau, l'œdème produit artiticiellement par la ligature des membres. Le médecin qui est appelé à juger de la réalité de ces maux arrive à découvrir la vérité en examinant la peau au voisinage de la lésion. La surdité, la cécité, le mutisme, la claudication simulées, ne peuvent être découverts que par le fait de l'adresse du chirurgien. La rétention d'urine simulée sera jugée par le catéthérisme ; si l'on trouve le canal libre et si l'urine coule par jet à travers la sonde, il n'y a point rétention d'urine réelle. La rétraction simulée des doigts est jugée par le chloroforme.

Les femmes simulent assez volontiers des maladies : ainsi on a vu une malade qui s'inti'oduisait des cailloux dans l'utérus pour faire croire qu'elle avait des calculs de la matrice (Nélaton). L'analyse des pierres rendues a bien vite fait reconnaître la supercherie. Une femme s'était donné une conjonctivite chronique en introduisant sous la paupière inférieure un brin de charpie tous les soirs (A. Després). La surveillance des malades est le meilleur moyen de démasquer les imposteurs. C'est ainsi que l'on arrive à découvrir l'artifice de criminels qui simulent la folie. Il est rare d'ailleurs qu'un homme non instruit des choses de la médecine puisse tromper longtemps le médecin expérimenté.

MALÉOU (Ardèche). Eau minérale alcaline gazeuse et un peu sulfureuse, encore peu employée.

MAIvMjJNE. Nom donné à la fièvre typhoïde adynamique et ataxique. V. Fièvre typhoïde.

MALIGl^ITÉ. Élément morbide inconnu dans sa nature et qui donne aux maladies une gravité particulière.

La malignité semble tenir au germe dos maladies, qui £»t plus violent dans un cas que dans l'autre, car il est impossible d'expliquer autrement pourquoi une fièvre typhoïde, une scarlatine ou une variole tuent les malades en quelques jours sans donner le temps aux lésions anatomiques de se développer.

La violence, l'irrégularité et la rapidité des symptômes d'une maladie, jointes à des phénomènes nerveux graves, en caractérisent la malignité.

On donnait jadis le nom de fièvre mahgne, de scarlatine maligne, de rougeole maligne, etc., aux fièvres typhoïdes, aux scarlatines et aux rougeoles accompagnées de symptômes graves d'adynamie et de délire.

La malignité est un élément morbide redoutable, qui rend presque toujours illusoires les moyens thérapeutiques employés contre les maladies.

MALIIV. Nom donné à certains anthrax. Y. ce mot.

MALT. De l'orge germée, jusqu'à production de radicule^ longues de 5 millimètres^ puis séché au feu à /lO ou

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80°, consliluo le malt. Il est presque enlièrenienl formé de cliastase. C'est en le dissolvant dans l'eau pour l'associer à du houblon, et après l'avoir laissé fermenter, qu'on fait la bière, et le résidu, appelé drèche, se donne à manger aux vaches et sert d'engrais.

Thérapeutique. — Le malt s'emploie en thérapeutique dans certaines dyspepsies et dans la gastrite chronique [+]•

On le donne en poudre tamisée, après l'avoir fait dessécher, à la dose de 1 à 2 grammes, après chaque repas; — en tisane, après l'avoir fait bouillir dans l'eau, à la dose de 8 à 16 grammes par litre : — en sirop ou en capsules, et sous forme de bière de malt qui est très-utile pour le traitement des affections chroniques de l'estomac.

Sirop de malt.

Malt desséché et bi'ojé 300 graimncs.

Eau chaude 1000 id.

Filtrez au bout d'une demi-heure et ajoutez :

Sucre blaiK? 150 gi'ammes.

Faites fondre à douce température et donnez 30 à 100 grammes par jour.

Liqueur de malt.

Décoction de Malt avec bourgeons de sapin. 275 grammes.

Levare de bière 25 id.

Sirop d'écorce d'orange 25 id.

Mêlez. Laissez fermenter et filtrez.

A prendre deux à trois verres par jour.

niAIiTINE. Maltine ou diastase végétale, c'est la même chose. Ce produit vient d'une macération d'orge germé et fait bien la digestion de substances féculentes cuites employées dans l'alimentation. Elle les transforme en liquide laiteux composé de fécule non digérée de dextrine et de glycose.

Il faut pour cela que les féculents cuils soient bien dilués dans l'eau, et un gramme de maltine saccharifle ; on digère 1 à 2 kilogrammes de fécule cuite à la température de -|- 35 à 4- Z|0° centigrades.

C'est une action semblable à celle de la diastase salivaire qui a la même composition chimique ; toutes deux ont les mêmes propriétés, et la maltine est une salive artificielle ou ptyaline végétale.

C'est un médicament à employer dans la dyspepsie (Coutaret).

MAMELB^E (ABLATION DES TUMEURS DE LA). On enlève la mamelle en totalité pour les hypertrophies mammaires, pour les tumeurs adénoïdes et pour les cancers ; mais, dans certains cas de tumeur bien limitée, on n'enlève qu'une portion de la glande.

Le bistouri, les caustiques, sont habituellement employés pour l'ablation de la mamelle, et quoique l'écraseur linéaire ait été m.is en usage (Chassaignac), il ne doit pas être préféré aux premières opérations.

A. Amputation du sein. Le procédé le plus expédilif et le plus simple consiste à saisir la mamelle entre ses doigts, à la séparer pour ainsi dire du thorax, puis à passer un couteau à deux tranchants, long de 20 centimètres ou plus, à travers la base du pli formé. On taille un lambeau externe ou interne comprenant toute la mamelle, puis on ■dissèque la face profonde de l'organe et l'on taille un petit lambeau en dehors ou en .dedans ne comprenant que la pcsiu (Velpeau). On lie la mammaire externe et les autres artérioles.

Après l'opération, on pansera à plat ou l'on réunira avec des bandes de diachylon. Les sutures ne doivent pas être faites.

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On ampute les seins avec les caustiques (Girouard père), en faisant dix ou quinze ponctions avec un bistouri à la base de la mamelle, et dans ces plaies on introduit des flèches de pâte au chlorure de zinc, disposées ainsi sous la tumeur comme des rayons (Maisonneuve). V. Cautérisation EN FLECHE.

Pour amputer un sein avec l'écraseur, on passe audessous de la mamelle deux trocarts en croix, au-dessous desquels on place la chame et l'on serre. 11 n'est pas nécessaire de mettre beaucoup de temps pour la section. On panse ensuite avec une plaque d'amadou et l'on place par dessus un pansement simple (Chassaignac).

B. Ablation des tumeurs du sein. On emploiera l'écraseur, les caustiques et le bistouri. Ce dernier moyen est de beaucoup préférable aux autres.

Fig. 439. — Bandage compressil' du sein.

Pour enlever une tumeur quelconque du sein bien limitée, deux incisions elliptiques sont faites, en commençant par l'inférieure, elles entourent la partie de peau adhérente à la tumeur; dans une des incisions de la peau, on sectionne couche par couche jusqu'au muscle grand pectoral, puis on dissèque la tumeur par sa face profonde ; on dissèque ensuite dans la mamelle de façon à retomber dans l'autre incision. Tout le temps qu'on fait l'incision et la dissection, on doit tenir la tumeur entre les doigts et explorer dans la plaie les contours de la tumeur, ou bien on fait tenir la tumeur avec une érigne et l'on dissèque en explorant la plaie avec le doigt. Si après l'ablation de la tumeur on sent encore une induration, ou l'incisera d'un coup de ciseaux, ou l'on fera l'extirpation par dissection.

Dans le cas où il y aurait des ganglions engorgés dans l'aisselle, on ferait une incision prolongée ou l'on agrandirait l'incision pour aller chercher les parties malades ; il

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faudrait agir de même si, au moment de l'opération, on trouvait des indurations qui auraient échappé au moment où le diagnostic a été porté.

On liera les artères et Ton pansera à plat ou bien on réunira en laissant l'angle inférieur de la plaie ouvert.

Pour enlever une petite tumeur adénoïde, on se bornera à une seule incision ; on accrochera la tumeur par une érigne et on la disséquera. On pansera à plat simplement ou avec un cataplasme.

On détruit les cancers récidives avec le caustique sulfosafranique, la pâte arsenicale et le caustique au chlorure de zinc (V. Caustique) ; ce dernier agent est aujourd'hui préféré, parce que c'est un caustique coagulant qui prévient les hémorrhagies produites par les fongosités ; mais après la chute des eschares, cependant, une nouvelle hémorrhagie peut avoir lieu et peut nécessiter la compression.

IMaïuelle (COMPRESSION DE la). La compression de la memelle est indiquée dans de nombreux cas, pour faire résoudre les engorgements inflammatoires et faciliter la résorption de tumeurs ou arrêter peut-être leurs progrès.

On applique alors sur le sein des rondelles d'agaric, une compresse carrée et le bandage spica (fig. ^i39) .

Le bandage compressif des deux seins se fait de la même façon. On enveloppe séparément chacune des mamelles, comme cela est indiqué sur la figure.

Mamelle (LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA).

I. Les 'plaies de lu mamelle ne diffèrent pas des autres plaies,' si ce n'est que lorsqu'elles atteignent la glande au moment de la lactation, elles peuvent donner lieu à la formation d'une fistule laiteuse.

TliiTapeutique. — 11 est loisible d'appliquer sur les plaies du sein la réunion immédiate lorsque la plaie est régulière ou le pansement simple.

II. Les contusions de la mamelle^ en dehors de la lactation, sont semblables aux autres contusions.

Les contusions chez les femmes qui nourrissent donnent lieu à de plus graves désordres. Quand les canaux galactophorcs sont rompus, il y a une galactocèle, et à la suite de cette lésion, il s'écoule quelquefois du sang avec le lait. Parfois un épanchement de sang se fait sous la mamelle et la soulève comme un abcès sous-mammaire, avec cette différence que les accidents et la douleur dans l'épanchement sous-mammaire n'existaient pas avant la contusion et qu'une ecchymose circulaire survient du deuxième au troisième jour, ce qui n'a pas lieu pour les abcès sousmamxfiaires.

Thévapenthjm, — Les contusions du sein peu profondes et sans épanchement seront traitées parles applications de compresses d'eau blanche et d'eau-de vie camphrée avec une légère compression sur le sein. — Chez les malades plétoriques ou chez les nourrices, lorsque la douleur est vive, on appliquera huit à vingt sangsues.

On se comportera de même pour les grands épanchements, sauf que l'on ne comprimera pas énergiquement.

S'il survient de l'inflammation et un engorgement laiteux, on traitera par les moyens appropriés.

illanieilc (MALADIES DE LA) .

\. Congestion des mamelles. — La congestion des mamelles existe souvent au moment de la suppression accidentelle des règles.

Thérapeutique. — Rappeler l'écoulement menstruel par

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les emménagogues (V. ce mot), parles pédiluves sinapisés et même par les sangsues aux cuisses, constitue tout le traitement. La compression de la mamelle n'est pas indispensable.

II. Engorgement Jiijpostatique. — Un engorgement hypostalique des mamelles peut se présenter chez les femmes qui ont les seins pendants et très-volumineux. On réConnaît qu'il n'y a qu'un engorgement jtar les signes négatifs de toute autre affection et parle volume des mamelles.

Thérapeutique. — On soutiendra les mamelles avec un corset ou avec un corsage lacé soutenu par deux bretelles.

IIL Engorgement de la mamelle. — (Vclpeau). — Des engorgements de la mamelle existent chez les femmes qui ont nourri pendant longtemps. Ce sont des adénites mammaires avortées et elles se présentent sous forme de tumeurs dures et indolentes.

Une consistance pâteuse de la mamelle et un accroissement au moment des époques menstruelles, faisant ensuite place à une diminution presque complète de la tumeur, puis une recrudescence, révèlent l'engorgement simple de la mamelle.

A part la cause de l'engorgement, les seins engorgés spontanément ou atteints de fistules présentent les mêmes phénomènes que les engorgements consécutifs à des phlegmons, et le traitement est le même.

Thérapeutique. — Frictions avec l'onguent mercuriel et compression du sein. — Quelques sangsues seront appliquées si le sein devient douloureux au moment des règles.

IV. Ecchymose spontanée do la mamelle (A. Cooper). — On a vu des ecchymoses spontanées chez les femmes aux époques de leurs règles, chez les femmes à l'âge de retour ou chez les femmes chlorotiques,

11 est rare que l'on voie du sang s'écouler par les mamelles (A. Cooper) ; c'est chez les femmes affaiblies que ce symptôme jieut être observé.

Thérapeutique. — 11 n'y a pas de traitement local à faire pour les écoulements de sang par les mamelles ; — les ecchymoses spontanées des mamelles seront traitées par la compression et par les compresses d'eau blanche sur le sein.

V. Énjihèmes. — Les divers érythèmes de la peau existent quelquefois sur la mamelle; ainsi on y a vul'érythème noueux et, dans d'autres circonstances, l'érythème simple à la suite de la gale. V. Érytheme.

Thérapeutique. — Le même traitement que réclament ces affections sera appliqué.

VI. Érijsipèlc. — L'érysipèle du sein se montre après les inflammations de la peau et après les plaies, dans les mêmes conditions que sur les autres parties du corps (V. Érysipèle). Dans cette région, il est souvent, dès son début, accompagné d'angioleucite et d'adénite axillaire.

Mameile (iNÉVRALGiE DE la). Une douleur dans la mamelle s'irradiant au cou et dans les épaules, reparaissant par accès, calmée quelquefois parla pression, en l'absence de toute tumeur du sein, est une névralgie de la mamelle.

La compression par im corset, les irrégularités de la menstruation à l'âge de retour, sont une des causes ordinaires de la névralgie de la mamelle.

Thérapeutique. — Traiter par les mèuKjs moyens que

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les autres névralgies (V. ce mot). Supprimer les corsets qui pressent la mamelle, favoriser fies congestions aux extrémités par des pédiluves sinapisés.

ffl«ssieî!e (NiîVROMES DELA) (A. Cooper, Hufz, Velpeau). L es nodosités douloureuses sous la peau ou dans la mamelle , siégeant principalement du côté de l'aisselle, occasionnant des douleurs vives, lancinantes, causant une excitation vive,, sont des névromes de la mamelle, c'est-à-dire de petites tumeurs dures, jaunâtres, élastiques, dont on n"a pas trouvé la connexion avec les neifs et qui ont été considérées comme de petites tumeurs fibreuses.

Les névromes de la mamelle disparaissent quelquefois seuls, au moment de l'âge de retour.

Thérapeutique. — Dans les névromes de la mamelle, il faut administrer contre les douleurs des potions avec l'extrait d'opium, 5 à 10 centigrammes ou avec l'extrait de belladone, 5 à 10 centigrammes, ou avec l'extrait alcoolique de jusquiame, 5 à 10 centigrammes, ou avec la teinture éihérée de jusquiame, de 1 à 6 gouttes.

Les sangsues sur la mamelle, les vésicaloires volants, la ompression avec des bandelettes de diachylon, sont les auli'es ressources avant les opérations.

1° Sections sous-cutanées . — On incisera, avec un ténotome passé sous la peau, les tissus autour du noyau dur, dans le point où l'on suppose le nerL On revient à de nouvelles sections sous-cutanées, si la première opération n'a pas réussi (Rufz).

2" Extirpation. — L'extirpation ne convient que s'il y a une ou deux nodosités.

Pour enlever ces tumeurs, on fait une petite incision de la peau couche par couche jusqu'au tissu cellulaire, on accroche ensuite la tumeur avec un lénaculum et l'on dissèque en tenant toujours la tumeur. Si l'on n'a pas cette précaution, il est difficile de trouver le névrome dans la plaie.

Appliquer un séton à travers la tumeur est une mauvaise pratique.

BBa-mciBe (Phlegmons et adcès de la). Il se forme dans la mamelle des abcès de l'aréole, des abcès sous-cutanés, des abcès intra-mammaires et des abcès sous-mammaires (Velpeau).

1. PJdegmon et abcès de F aréole. — Une excoriation du mamelon, une contusion du sein, une inflammation d'un conduit galactophore, déterminent ordinairement sur l'aréole une inflammation que les efforts de succion exagèrent.

C'est chez les femmes qui veulent nourrir malgré un élat inflammatoire de la mamelle qu'il se forme, du troisième au sixième jour après le début de l'inflammation, des abcès de l'aréole ; alors de petites tumeurs, grosses comme des pois, apparaissent, s'ouvrent seules et donnent issue à du pus bleuâtre. Quelquefois le mamelon tout entier est dur et renferme un abcès.

Les abcès du mamelon s'accompagnent toujours de douleurs vives et souvent de fièvre.

Une gerçure du mamelon non soignée, chez les nourrices, est la cause la plus ordinaire de la formation des abcès du mamelon. Ces abcès sont caractérisés par des tumeurs arrondies, violacées, tendues, fluctuantes, qui occupent l'aréole et sont extrêmement douloureuses.

On ne confondra pas les abcès du mamelon avec une dilatation des conduits galactophores chez les femmes qui oui nourri et qui ont le sein un peu douloureux, si l'on a

égard à la dureté qui circonscrit les abcès et qui manque dans les cas de dilatation des galactophores, d'ailleurs l'inflammation franche qui a précédé l'abcès est un signe certain de la suppuration. Des abcès profonds arrivent à se faire jour autoiu' du mamelon et peuvent simuler un abcès de l'aréole, mais on se souviendra que l'inflammation, dans ce cas, dure depuis longtemps.

Thérapeutique. ■ — On ne laissera pas les enfants teter s'il y a abcès du mamelon et de l'aréole. On ouvrira de bonne heure les abcès, après avoir fait des frictions avec l'onguent mercuriel, et appliqué des cataplasmes en attendant la formation du pus. On videra le sein avec une ventouse à pompe. On pansera comme les abcès chauds. V. Abcès.

IL Phlegmon sous-cutané circonscrit. — Les phlegmons sous-cutanés de la mamelle sont consécutifs à une inflammation du mamelon et de l'aréole, ou à une contusion du sein, ou, dans la majorité des cas, à un engorgement laiteux.

Un engorgement uniforme en nappe, dur, douloureux, chaud, accompagné de douleurs et de fièvre, puis une extension de la tuméfaction, une disparition du mamelon au milieu de l'œdème inflammatoire de la peau, si le phlegmon est situé au sommet de la mamelle, caractérisent le phlegmon sous-cutané. Lorsque le pus est formé, on sent une fluctuation évidente, et alors si l'abcès n'est pas ouvert, le pus, quoique peu disposé à fuser, détermine quelquefois une inflammation de la glande mammaire.

Le phlegmon sous-cutané donne ordinairement lieu à la formation d'un abcès.

Thérapeutique. — Faire des frictions mercurielles sur le sein deux fois par jour.

Appliquer des cataplasmes, ouvrir du quatrième au neuvième jour, même si le pus est formé en peu d'abondance, et traiter comme un abcès chaud. V. ce mot.

Si le mamelon est sain, les femmes peuvent conthmer à donner le sein à leur enfant, mais il vaudrait mieux aspirer le lait qui incommode la mère avec une tetterelle de verre ou avec une ventouse à pompe que de faire teter à l'enfant un sein atteint de phlegmon.

Si les malades refusent l'ouverture de l'abcès, il faut couvrir l'abcès d'un large vésicatoire, puis faire, deux jours après, des frictions avec le mélange de pommade à l'iodure de plomb et l'onguent miercuriel. L'abcès s'ouvre seul. (Velpeau.)

Axongc 30 grammes.

lojure de plomb 3 id.

Onguent mercuriel 16 id.

III. Phlegmon sous-cutané diffus (Gendron). — On peut craindre le phlegmon diff"us de la mamelle, quand, dans un érysipèle ordinaire ou quelque affection inflammatoire de la peau du sein, on voit le sein se boursoufler tout à coup à la manière d'une éponge qui s'imbibe pendant que, d'un autre côté, le pouls devient fréquent, reste petit et dépressible (Velpeau).

Le phlegmon diftus dissèque la mamelle et se termine promptement par le sphacèle de la peau. Les deux seins peuvent être pris à la fois.

Thérapeutique . ■ — Appliquer au début quinze à trente sangsues sur la mamelle. Si le sujet est roljuste, on fera la saignée du bras. Si le traitement échoue, on fera six à huit incisions larges et profondes intéressant toute l'épaisseur de la mamelle. On détergera les plaies avec de l'eau tiède, de l'eau additionnée d'un quart d'eau-de-vie cam-

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phrée, de l'eau de feuilles de noyer, de l'infusion de roses de Provins.

Roses de Provins Ci srammes.

Vin ronge 1000 ' id.

Le régime sera le même que pour le phlegmon diffus des autres régions. V. Phlegmon diffus.

IV. Phlegmon et abcès de la glande mammaire. Adénite mammaire (Velpeau).

L'inflammation phlegmoneuse de la glande mammaire est due à une inflammation des conduits galactophores, soit après un refoidissement, soit après une rétention du lait.

On observe dans l'adénite mammaire une tension incommode du sein, qui devient douloureux, la glande est dure au toucher et immobile sur le thorax. La maladie peut rester dans cet état, ce (jui constitue V engorgement mammaire. Mais le mal, le plus souvent, ne se borne pas à ces accidents ; le tissu cellulaire s'enflamme, les pelotons graisseux qui séparent la mamelle s'enflamment (Giraldès) et suppurent. C'est alors qu'on voit quelquefois le pus venir se faire jour au mamelon, en suivant un conduit galactophore ; il se forme alors un abcès, en bouton de chemise, ou bien le pus passe sous la glande et donne naissance à un abcès sous-mammaire. En général, le pus fuse dans toutes les directions et souvent il y a des abcès mutiples.

Il n'est pas rare, dans l'adénite mammaire, de voir les conduits galactophores se rompre, et, qu'il y ail un seul ou plusieurs abcès, il y a mélange de pus et de lait.

Lorsqu'une adénite mammaire au un phlegmon mammaire est franchement établi, la mamelle immobile sur le thorax est volumineuse, dure au toucher, lobulée ; on sent des noyaux indurés en plusieurs points, puis la peau rougit et l'on voit apparaître des abcès successifs présentant le caractère d'abcès chroniques et quelquefois d'abcès chauds francs. Ces abcès sont en général moins douloureux que les abcès phlegmoneux ; les premiers qui se montrent sont plus douloureux que les suivants. Quand le pus est évacué, la poche purulente se rétracte, se cicatrise souvent, mais il reste quelquefois une fistule, surtout dans les cas où l'abcès a primitivement occupé un conduit galactophore.

L'existence d'un engorgement presque indolent du sein avant l'apparition d'un abcès indique une adénite franche; le siège de l'abcès au milieu de la glande mammaire, la marche rapide, doivent faire supposer une inflammation du tissu cellulaire interlobulaire.

Les femmes qui nourrissent ne sont pas plus à l'abri de l'adénite mammaire que les femmes qui ne nourrissent pas (Velpeau).

Les inflammations du mamelon, les angioleucites des lymphatiques qui traversent la mamelle (Sappey), sont une cause fréquente de l'adénite mammaire ou du phlegmon du tissu cellulaire interlobulaire de la glande mammaire (Nélaton).

Thérapeutique. — Aucune pommade dite spécifique, contenant de labelladone, du camphre et de l'ammoniaque ne peut faire dissoudre un engorgement laiteux ; les cataplasmes, la succion du sein, sont des moyens plus puissants. — Les médications générales sont très-utiles, et si l'engorgement persiste et fait craindre un abcès, on donnera la purgalion suivante :

Potion laxative.

Manne en larmes 30 grammes.

Faites dissoudre dans :

Eau 100 grammes.

Passez et mêlez avec :

Casse cuite )

Huile d'amandes j ^0 grammes.

Une cuillerée à bouche toutes les demi- heures à jeun, assez pour procurer une ou deux évacuations.

(Fernel.)

Petit-lait de Weiss.

Séué mondé ) „

Sulfate de soude T'" ^ o'a">mcs.

Fleurs de sureau \

Fleurs de tilleul ! aa 1 id.

Hy|)éricum j

Faites infuser pendant une demi-heure dans :

Petit-lait darilié houillant 500 grammes.

Passez. Par petites tasses dans la journée.

Limonade gâteuse ou citrate de magnésie.

Acide citrique 10 grammes.

Sous-carbonate de magnésie 9 id.

Essence de citron 1 goutte.

Sii-op de sucre 32 grammes.

Eau distillée bouillante 320 id.

Bicarbonate de soude l2 id.

F. s. a. A prendre en uue ou deux fois le matin à jeun.

(Pharm. anglaise.)

Les mères donneront à teter à l'enfant de préférence du côté du sein engorgé, et dans l'intervalle de la lactation, elles placeront des cataplasmes sur le sein, ou feront la fomenlation suivante :

Fomentation de .hMamond.

Hydrocblorate d'ammoniaque 30 grammes.

Esju'it de romarin 1 litre.

(Justamond.)

Si la peau du sein rougit, si des abcès deviennent évidents, elles ne donneront plus le sein à l'enfant ; on aspirera le lait avec une ventouse plusieurs fois dans la journée.

Les abcès ne seront ouverts que quand ils seront bien formés. On fera une ponction avec un bistouri étroit et l'on videra le foyer par pression. On placera une mèche ou on cautérisera la plaie avec le nitrate d'argent. — Si l'abcès est étendu, faire une double ponction et passer un tube perforé (Chassaignac) est une bonne pratique.

Ouvrir trop tôt l'abcès formé dans une adénite mammaire, c'est s'exposer à avoir une fistule intarissable.

Au point de vue du pronostic, le chirurgien se souviendra que lorsqu'il coule du pus et du sang après du pus homogène et de bonne nature, c'est qu'un autre abcès est sur le point de se développer (Nélaton)

On panse comme un abcès chaud.

On associe à ce traitement local les purgatifs et une ahmeulation légère, puis du vin de quinquina et les autres toniques.

On traitera successivement de la même manière les abcès qui poui'raient se produire.

Si la mamelle reste douloureuse, on appliquera des vésicatoires et l'on fera ensuite des frictions avec la pommade à l'iodure de plomb.

On a proposé, pour guérir les engorgements inflammatoires chroniques avec fistules, l'incision large de toute la mamelle. Ce traitement énergique réussit assez souvent.

MAME

MAME

V. Phlegmon sous-mammaire. — Les phlegmons sousniammaires sont de nature variable cl naissent après un engorgement laiteux et un phlegmon mammaire, après un épauchement sanguin sous-mammaire, ou à la suite de l'inflammalion d'une bourse séreuse sous-mammaire, après une inflammation de la région pectorale profonde, et après une lésion d'une côte : — les abcès sous-mammaires sont donc des abcès phlegmoneux, des abcès hématiques et par congestion.

Une fièvre intense, une douleur vive, une saillie de la mamelle qui reste mobile, et a conserve sa mollesse caractéristique, puis une fluctuation franche à la base dt^ la mamelle projetée en avant, caractérisent le phlegmon sous-mammaire. On reconnaît la fluctuation en cherchant le flot à la base de la mamelle d'un côté à l'autre, ou en pressant avec une main sur la mamelle, les doigts de l'autre main étant placés à la base de cette partie.

On reconnaît l'abcès chaud sous-marnmaire à la rapidité de l'évolution . à une adénite mammaire antérieure et aux accidents généraux propres au phlegmon.

Un abcès hématique a été précédé d'une contusion violente du sein ou d'un épanchement de sang et n'a aucune relation avec la lectation.

Un abcès par congestion étant indolent et précédé d'une douleur quelques mois avant la production de l'abcès, on ne le confondra pas avec les abcès phlegmoneux sousmammaires.

Les phlegmons et abcès sous-mammaires peuvent contenir des gaz quoiqu'il n'y ait pas communication avec la poitrine. Ils s'accompagnent de fusées dans la glande mammaire qui peuvent devenir le point de départ de nouveaux abcès et de fistules consécutives.

Thérapeutique. — Les phlegmons sous-mammaires au début seront traités comme les adénites et les phlegmons mammaires, c'est-à-dire par les sangsues.

On donnera ensuite le caiomel à dose fractionnée, .5 centigrammes en vingt paquets, un toutes les heures, ou des purgatifs salins, tels que l'eau de Sedlitz, le sulfate de soude, ^+0 grammes ; le sulfate de magnésie, 20 grammes.

Lorsque le pus sera formé, on incisera l'abcès sur trois points difl'érents, en haut dans une étendue de 2 centimètres, et l'on fera placer immédiatement le doigt d'un aide dans la plaie ; on fera une seconde incision en dehors, qui sera fermée aussitôt avec un doigt, puis on fera une troisième incision en bas et on laissera couler le pus. On peut traverser la tumeur avec un gros trocart et passer un gros tube perforé ; qui sera laissé en place jusqu'à ce que la suppuration soit tarie.

Si la suppuration devient fétide, on se servira des injections aromatiques avec la décoction vineuse de roses rouges de Provins, avec la décoction de quinquina. V. Abcès

HEMATIQUES et AbCÈS CHRONIQUES.

Si la mamelle est indurée, on fera la compression de la mamelle.

VL Abcès chroniques [A.. Gooper). — Des adénites mammaires avortées, des inflammations sourdes des conduits galactophores, des petits phlegmons consécutifs à une adénite mammaire, ayant une marche lente, donnent ordinairement lieu à la formation d'abcès qui ne s'accompagnent pas des symptômes évidents d'inflammation, et une erreur de diagnostic peut être commise. On peut croire à un cancer parce qu'il existe quelquefois des ganglions engorgés dans l'aisselle, et pareo que la tumeur adhère à

la mamelle, et quehiuefois à la peau ; le souvenir d'inllammations antérieures et une ponction exploratrice (Laugier), en cas d'incertitude absolue, donneront le diagnostic différentiel avec les cancers, avec les tumeurs adénoïdes, et même avec les kystes et l'examen microscopique des liquides permettra de reconnaître la nature du kyste. Ces abcès n'existent guère que sur les femmes encore jeunes.

Thérapeutique. — On traitera comme s'il s'agissait d'un abcès chronique ordinaire. V. Abcès chroniques.

VIL Abcës froid, symptomatique, sous -mammaire, abcès par congestion. — L'altération d'une côte caractérisée par des douleurs vives indiquant une périostile et une ostéite chronique, puis la cessation des douleurs survenant avec l'apparition d'une tumeur fluctuante sous la mamelle, analogue à un abcès phlegmoneux sous- mammaire, mais plus petit; tels sont les caractères anatomiques et physiologiques d'un abcès froid sous-mammaire.

Il y a des ganglions sous-mammaires qui deviennent des petits abcès chroniques, on les distingue des cancers par leur siège profond, leur indolence et la régularité de la tumeur.

Thérapeutique. (V. pour le traitement Abcès chroniques et. Abcès par congestion.) — Les abcès sous-mammaires consécutifs à une altération des côtes doivent toujours être ouverts.

VIII. Abcès tuberculeux.' — Des tubercules pulmonaires suivis de pleurésie purulente enkystée donnent lieu quel quefois à un abcès sous-mammaire circonscrit qui a les plus grandes analogies avec les autres abcès sous-mammaires ; mais on reconnaît la maladie à l'existence de tubercules pulmonaires et de pleurésie consécutive précédant une poussée inflammatoire sous-mammaire, enfin à un abcès sous-mammaire, laissant entendre à l'auscultation un bruit de gargouillement dû à l'air contenu dans une caverne et qui a passé dans l'abcès V. Bronchite, Phthisie.

Thérapeutique, — On trailera les tubercules pulmonaires par les moyens appropriés. V. Phthisie.

On ouvrira l'abcès par une ponction étroite ou bien on fera une double ponction avec le trocart et l'on passera un tube perforé. Les injections iodées ne sont pas nécessaires et il n'y a d'indication qu'en cas de fétidité du pus. Pour désinfecter et modifier la cavité de l'abcès, on se servira du mélange :

Eau 100 £;ramme5.

Teinture d'iode . 10 id.

lodure de potassium i . 50 centigramûu'S.

IX. Abcès du sein chez les nomeau-nés. — Tous les nouveau-nés ont, du quatrième au dixième jour de la naissance, un engorgement des glandes mammaires pro* duisant la sécrétion de quelques gouttes de lait.

Quand l'engorgement des glandes mammaires du nouveau-né est très-considérable, il y a rétention du lait et quelquefois formation d'abcès dans le sein.

Thérapeutique. — Les abcès du sein chez les nouveaunés n'ont, en général, rien de grave, mais si on les néglige et s'ils arrivent à produire un vaste foyer au-dessus des côtes, en décollant la peau des parois de la poitrine, ils peuvent occasionner la mort.

Les abcès du sein chez les nouveau-nés exigent l'appli cation des cataplasmes éniollients jusqu'à ce qu'il y ait formation de pus, et quand ce liquide est rassemblé en foyer, ce dont on juge par la fluctuation, il faut inciser au moyen du bistouri.

MAME

MAME

Mamelle (TRAJET FISTULEUX et FiSTULES DE LA). Des trajets fisluleux se montrent quelquefois à la suite d'abcès mammaires, après une ouverture du conduit galaclopliore par un abcès ou par un traumatisme ou après la rupture d'un kyste.

Les fistules se reconnaissent à une solution de continuité, à bords indurés, laissant écouler du pus, du pus et du lait, ou un mucus filant, dans lequel on retrouve de l'épilhélium, et par la connaissance de la lésion qui a préexisté à leur établissement.

Les fishiles ladces, en quelque point qu'elles existent sur le sein, peuvent se guérir spontanément, celles qui sont les plus persistantes sont celles qui proviennent des parties profondes du sein.

A la longue les fistules purulentes se guérissent, mais les fistules séro-miiqucuses ne guérissent jamais seules. V. Fistules pulmonaire^.

Thérapeutique. — Tout le temps que dure la lactation, on ne touchera pas aux fistules du sein.

Pour guérir les fistules laiteuses et purulentes, on fera des injections iodées au tiers :

Eau 30 grammes.

Teinture il'ioJe 10 iJ.

lodiire de potassium 25 centigrammes.

Les cautérisations ne sont bonnes que pour les fistules très -anciennes. On cautérisera avec un stylet rougi ou une flèche de pâte au chlorure de zinc, laissée vingt-quatre heures en place.

Les fistules qui s'enflamment périodiquement et qui sont accompagnées d'abcès seront débridées largemenl.

On cautérisera les fistules séro-muqueuses avec la pâte au chlorure de zinc, aussi profondément qu'on le pourra. — Il a été fait une fois un pli à la peau, une épingle et une suture entortdlée a été placée et a accolé les bords de la fistule (Velpeau).

Si une fistule donne beaucoup, on fera des injections iodées ; on attendra que l'écoulement soit tari et l'on cautérisera.

Bldmelles (TuMEURS DEs). 11 y a, au point de vue clinique, deux ordres de tumeurs de la mamelle : 1° celles qui ne sont point suivies de généralisation du mal ; dans les viscères, ce sont : les tumeurs dites bénignes, et 2° celles qui se généralisent, ou tumeurs malignes, sont appelées tumeurs cancéreuses.

On rencontre dans le premier groupe les engorgements laiteux, les kystes qui sont propres à la région, des tumeurs formées par des exsiidats qui s'organisent tels que le lipome, l'hypertrophie simple et l'adénoïde. Cette dernière tumeur, en particulier, est peut-être un intermédiaire entre les hypertrophies simples et les cancers.

On rencontre dans le second groupe des tumeurs formées par des exsudats qui ne s'organisent pas, ne s'éliminent pas et finissent tôt ou tard par se généraliser, tels sont les cancers et les tubercules.

Enfin on trouve aussi dans la mamelle des tumeurs formées par des parasites, telles que les hydatides. Ces tumeurs , comme celles du premier groupe , sont bé' nignes.

L Cancer de la mamelle. — On trouve sur la mamelle des cancroicles épithélioma et cancrokles glandulaires, des cancers squirrheux, lardacés, ligneux et atrophiques, des cancers encéphaloides , lardacés et cércbriforines (Velpeau), des cancers fibro-plastiques et même cartilagineux. V. Cancer.

Tous les cancers de la mamelle se reconnaissent à une induration isolée ou multiple de la glande, à des douleurs vives, se montrant avec d'autant plus d'intensité que la tumeur croît rapidement, à des engorgements ganglionnaires dans l'aisselle plus ou moins rapidement apparus, et à une altération progressive et rapide de la santé générale, surtout quand la tumeur est ulcérée.

Les cancroides de la peau du sein ne difl'èrent pas des autres cancroïdes. C'est aux cancroïdes du sein qu'il faut rapporter le cancer vésicant qui ressemble à un vésicatoire suppuré et tend sans cesse à s'étendre (Nélaton).

Le squirrhe du sein qui attaque la peau se montre sous deux formes : ou bien la peau s' indure, devient rouge brunâtre et forme une sorte de cuirasse sans élasticité, qui agit comme un agent compresseur et gêne la respiration (ce cancer marche très-vite) ; ou bien des noyaux disséminés, rouges et durs, existent dans la peau du sein, c'est le cancer alvéolaire de la peau (Vogel, Vircliow); ce cancer est ordinairement très-douloureux, et toutes les excoriations de la peau dans leur voisinage se transforment prompleinent en indurations cancéreuses.

Le squirrhe des conduits galactophores est caractérisé par des indurations allongées et régulières, se prolongeant dans divers sens. — Le squirrhe atrophique est constitué par un noyau induré, duquel partent des tractus fibreux qui se rétractent, et la mamelle alors se réduit peu à peu à rien. — Le squirrhe rayonné ne diffère du squirrhe atrophique que parce que les prolongements fibreux sont infiltrés de tissu squirrheux.

Le squirrhe est toujours très-dur et contracte des adhérences avec la peau, ce que l'on voit lorsqu'on presse la tumeur entre les doigts, la peau alors se ride au niveau de la tumeur.

Les s(iuinlies ulcérés ont une moins mauvaise odeur que les cancers encéphaloides ulcérés.

Les tumeurs encéphaloides ont une marche très-rapide et infectent promptement l'organisme par suite de la résorption de leurs éléments anatomiques.

V encéphaloîde lardacé ou tubéreux est d'une dureté analogue au squirrhe, il se prolonge dans des directions diverses, mais il est plus mou que les squirrhes et s'accompagne de très-bonne heure d'engorgements ganglionnaires.

Dans les encéphaloides fongueux ou trouve toujours des masses un peu molles croissant rapidement, se ramollissant et donnant la sensation de kystes au milieu de tissus durs.

Des douleurs vives accompagnent toujours les cancers encéphaloides.

Lorsque les encéphaloides adhèrent à la peau, celle-ci ne tarde pas à rougir et à s'ulcérer.

Les encéphaloides sont souvent fluctuants, ce qili peut donner lieu à des erreurs de diagnostic. Ces cancers Une fois ulcérés donnent une très-mauvaise odeur et saignent facilement.

Les tumeurs fibro'plastiques ont une marche plus lente que les tumeurs cancéreuses ; on les trouve tantôt à l'état de tumeurs dures, lobulées, tantôt à l'état de tumeurs fluctuantes, et ce sont là les dégénérescences colloïdes. Les tumeurs adénoïdes subissent exceptionnellement la dégénérescence fibro-plastique et colloïde.

Les cancers mélaniques du sein sont rares et ne semblent pas avoir une marche aussi envahissante que les autres cancers. V. Cancers.

MAME

MAME

Le sein est le siège de cancers adénoïdes ou acUiiosarcomes; ils débutent comme un adénome et se terminent comme un cancer. V. Cancer, et plus loin, Tumeur adénoïde.

Au début du cancer du sein on observe quelquefois des écoulements de sang et de sérosité par le mamelon (A. Richard).

Les cancers du sein, lorsqu'ils sont très-avancés, s'accompagnent de dilatations variqueuses des veines, de phlébite des veines de l'aisselle, d'adénites cancéreuses, et quelquefois d'une véritable phlegmatia aJba dokns dans le bras et la poitrine (Macfarlane). Outre la diathèse cancéreuse qui s'établit peu à peu, des complications locales peuvent se produire, ainsi une pleurésie (Ch. Bell, Bayle, Cayol, Cruveilhier). On a vu les mamelles cancéreuses tomber en gangrène.

Plus une femme atteinte de cancer est avancée en âge, moins le cancer marche vite. Au sein comme dans les autres régions, c'est le cancer encéphaloïde qui a la marche la plus rapide.

On ne confondra pas le squirrhe avec les engorgements simples de la mamelle, parce que ceux-ci subissent des alternatives de mieux et de pire, et que la compression a une action efficace sur eux.

Les tumeurs adénoïdes du sein ne sont adhérentes à la peau, comme le squirrhe, que quand elles sont trèsanciennes, et alors la lésion est facilement reconnue en considérant sa durée. ,

Les kystes de la mamelle se reconnaissent à une fluctuation qui ne se rencontre jamais dans les squirrhes ; les engorgements ganglionnaires d'ailleurs n'appartiennent qu'au squirrhe ; des douleurs existant avec les signes anatomiques d'un squirrhe qui a une durée moins longue qu'un kyste ne permettent pas d'incertitude.

Les encépbaloïdes de la mamelle peuvent être confondus avec les tumeurs fibro-plastiques au début, mais cela n'a pas d'importance, parce que le traitement est le même.

On reconnaît le cancer encéphaloïde du sein aux engorgements ganglionnaires prématurés de l'aisselle, à l'altération de la santé générale, à l'accroissement prompt de la tumeur et aux douleurs lancinantes vives, sans trace de réaction inflammatoire. Aucune autre lésion bénigne ne présente ce caractère, ni les abcès chroniques, ni les hypertrophies de la mamelle, ni les lipomes, ni les kystes du sein.

Une ponction exploratrice, en cas de soupçon de cancerest inutile, il vaut mieux attendre ; les cancers encéphaloïdes marchent assez vite pour que les caractères types, l'accroissement rapide et l'engorgement ganglionnaire qui les distinguent apparaissent, et une ponction exploratrice fait en général marcher le cancer avec une grande rapidité (Maisonneuve).

Thérapeutique. — Toutes les préparations anticancéreuses (V. Cancer) sont employées en vain contre le cancer de la mamelle ; il n'y a qu'un remède au cancer de cette glande, encore est-il palliatif ; c'est l'ablation de la tumeur. Si l'on peut enlever la tumeur de bonne heure et avec une grande quantité de tissus sains, et changer les malades de pays, leur faire suivre un régime tonique, on peut éloigner la récidive (Nélalon).

L'ablation se fait ordinairement et de préférence avec le bistouri ; mais, dans quelques cas, on a réussi par la cautérisation circulaire ou rayonnée, au moyen de flèches

de pâte de chlorure de zinc (Girouard et Maisonneuve). V. Cautérisation.

Lorsqu'un cancer est très-étendu, lorsque l'opération est possible, on la fera au moyen du bistouri, puis on poursuivra, par les cautérisations avec le caustique au chlorure de zinc, les parties du mal qui auront échappé à l'instrument (Canquoin et Manoury).

On enlèvera les ganglions engorgés qui existeraient dans l'aisselle au moment de l'opération. V. Mamelle (Ablation de la).

Les récidives du cancer seront traitées suivant leur étendue par l'ablation ou la destruction par les caustiques.

Les récidives qui ne peuvent être opérées seront traitées par les désinfectants. On administrera quelques-unes des préparations dites anticancéreuses pour le moral des malades.

11. Galactocèle. — Il y a deux variétés de galactocèles, l'une qui a lieu par suite de la rupture des conduits galactopliores, et qui est l'épanchement de lait dans la mamelle ou galactocèle par infiltration ; l'autre, qui est un kyste d'un conduit galactophore contenant du lait.

Dans les galactocèles par infiltration, appelées aussi engorgements laiteux et poils, il existe une tuméfaction partant du mamelon et suivant un de ces rayons. Le mamelon est tendu, un peu douloureux, on sent de la fluctuation; la douleur augmente pendant l'allaitement. Un phlegmon mammaire, une rupture de la tumeur, des indurations, sont les complications fréquentes des galactocèles par infiltration.

Les fistules laiteuses sont d'ordinaire la suite des galactocèles par infiltration.

Les galactocèles enkystées dans un conduit galactophore (Velpeau, Forget et Jobert), quelle que soit la dimension du conduit, sont de véritables kystes. Une tumeur globuleuse fluctuante existe au pourtour du mamelon, est indolente, et la peau est mobile au-dessus d'elle, ou adhérente, et dans ce cas plus ou moins amincie.

Les galactocèles enkystées qui durent depuis un. certain temps ne changent pas de volume.

Les tumeurs adipo-cireuses (A. Cooper, Dupuytren) sont dues à des transformations du lait dans les galactocèles anciennes et principalement les galactocèles infiltrées. Elles sont toujours d'un diagnostic très-difficile ; cependant une tumeur qui s'est développée au moment d'une lactation ou peu après, qui, après avoir été molle, est devenue dure, doit être une tumeur adipo-cireuse produite dans une altération du lait enfermé dans une poche kystique .

Thérapeutique. — Pour les galactocèles infiltrées, on tarira la source du lait; — les enfants seront sevrés et la mère sera purgée avec l'huile de ricin, 20 à grammes, une ou plusieurs fois ; — on lui donnera la tisane de pervenche, — des frictions mercurielles ; des cataplasmes seront appliqués sur le sein et l'on y exercera une légère compression.

En cas d'insuccès avec la méthode précédente, on aura recours aux préparations dérivatives. V. Mamelle [Adénite mammaire de la).

On fera des fomentations avec :

Uydrochlorute J'amtnouiaijviL' 30 gianmics.

Esprit de romarin 1 litre.

En application sur les tumeurs laiteuses du sein.

(Justamond.)

MAME

M AME

Si la tumeur ne se résout point, on fera une ponction étroite avec le bistouri. (A. Cooper.)

Pour les galactocèles enkystées qui ne changent pas de volume, on fera des ponctions et des injections iodées. • — On passera un séton ou mieux un tube perforé. — L'ablation du kyste ne doit pas être faite, à moins qu'il n'ait plusieurs fois récidivé.

III. Hydatide de la mamelle (de Haen, Larrey, de Grîefe et A. Cooper). — Un kyste franchement fluctuant entouré par une induration circulaire, donnant lieu à un frémissement hydatique et qui aura donné à la ponction exploratrice un liquide clair contenant des crochets d'échinocoque visibles au microscope, est un kyste hydatique. V. Échino- COQUE et Hydatide.

A cause des indurations qui environnent un kyste hydatique, on peut croire à un cancer, mais les tumeurs hydatiques ont une marche très-lente, et présentent toujours de la fluctuation. Cependant, des quatre observations connues, trois ont donné lieu à des erreurs de diagnostic ; on a cru à un cancer. Il est vrai que les tumeurs hydatiques étaient alors mal connues.

Thérapeutique. ■— Contre les tumeurs hydatiques de la mamelle, il faut faire des ponctions et injections iodées ou appliquer un séton perforé ; mais on ne fera pas l'ablation de la mamelle. Si une erreur de diagnostic est commise, on pourrait, au lieu d'enlever le sein après avoir fendu la mamelle, arracher l'enveloppe du kyste et panser la plaie avec de la charpie sèche et un cataplasme.

IV. Hypertrophie générale de la mamelle. — L'hypertrophie de la mamelle, atteignant d'ordiuaire les deux seins à la fois., est une maladie qui se montre de préférence chez les jeunes sujets, et ce n'est pas seulement une hypertrophie graisseuse, c'est une multiplication des éléments fibreux et glandulaires de la mamelle.

Dans l'hypertrophie générale de la mamelle, la glande indolente augmente de volume sans changer de forme et tombe par son propre poids ; la peau s'amincit et l'on a vu quelquefois la mamelle hypertrophiée tomber en gangrène.

Les malades atteintes d'hypertrophie du sein deviennent souvent dyspeptiques, maigrissent, se tuberculisent quelquefois et ont de l'aménorrhée, ou plutôt de la dysménorrhée .

L'augmentation uniforme du volume de la mamelle ne permet pas de confondre l'hypertrophie de cette glande avec les lipomes et les cancers du sein. Seules, les tumeurs adénoïdes de la mamelle peuvent se développer dans les deux seins à la fois et causer une erreur, mais ces tumeurs restent isolées dans chaque mamelle. L'hypertrophie mammaire débute par un point ; on sent, il est vrai, des tumeurs isolées, mais elles sont beaucoup moins dures et moins lobulées que les tumeurs adénoïdes franches.

Thérapeutique. — Au début de l'hypertrophie mammaire on exercera une compression sur les mamelles. On prescrira des emménagogues contre la dysménorrhée (V. ce mot). — On traitera la dyspepsie par les moyens appropriés. V. ce mot.

Les purgatifs répétés, le calomel à doses fractionnées, les émissions sanguines locales, sont peu efficaces ; quant aux ventouses, le moyen est si douloureux qu'il n'y a pas à l'employer.

Les lotions avec la teinture d'iode sont bonnes ; les préparations iodées associées à l'iodure de potassium sont d'un aussi bon usage, mais leur efi'et est loin d'être toujours certain. V. Altérants.

On donnera à l'intérieur :

lofliiru lie pritassium 2 grammes.

Tisane Je chiendent 1000 iil.

Sirop de menthe 64 id.

Par verre dans la journée. (Magendie.)

Ou la solution atrophique de Magendie. V. Altérants.

Ou la solution :

Eau distillée 250 gi'ammes.

lodure de potassium 15 id.

Magnésie 4 id.

Une cuillerée à bouche tous les jours dans un verre d'eau sucrée.

V. Kystes de la mamelle. — Des galactocèles datant de longtemps, des kystes séreux développés dans les conduits galactophores, un épanchement sanguin enkysté [V. Mamelle DE l'homme {Maladie de la)], une sorte de kyste dû à l'accumulation de sérosité dans la bourse séreuse sous-mammaire (Velpeau), constituent le groupe des kystes uniloculaires observés dans la mamelle.

L'hydatide cellulaire de Cumin, Varren, A. Cooper, est ou un kyste développé dans les acini de la glande mammaire, ou, ce qui est plus probable, une tumeur adénoïde ancienne, où il s'est formé un ou plusieurs kystes.

Les kystes uniloculaires sont reconnus à leur développement peu rapide, à leur fluctuation et à l'absence des douleurs. Ceux qui sont dus à des dilatations des conduits galactophores se montrent au-dessous du mamelon, et en ce point la peau amincie est violacée, une ponction exploratrice donne issue à du sérum. Les kystes profonds existent sans altération de la peau et ils sont obscurément fluctuants.

L'induration qu'on sent au pourtour des kystes est une fausse sensation, et lorsqu'il y a une tumeur autre qu'un kyste, l'induration n'est pas circulaire ; aussi, lorsqu'elle se prolonge dans la mamelle, il n'y a pas de doute et toutes les probabilités sont pour une adénoïde, avec formation de kyste. Les cancers présentent quelquefois ces signes, mais ils sont accompagnés de douleurs lancinantes et d'engorgements ganglionnaires et plus tard d'altération de la santé générale.

Les kystes multiloculaires n'ont pas été vus depuis A. Cooper et D. Nicke, indépendants d'une tumeur adénoïde ; oh les reconnaissait, suivant A. Cooper, h. la multiplicité des tumeurs fluctuantes, k l'absence d'indurations étendues et de douleurs dans le voisinage, et à la conservation de la santé générale.

Thérapeutique. — Pour les kystes uniloculaires de la mamelle, on fera la ponction avec le trocart et une injection iodée.

Ou bien on fera l'incision du kyste et l'on pansera à plat, à moins qu'on n'y place un morceau de pâte au chlorure de zinc ; ou bien on placera un séton. Tous ces moyens de faire suppurer les kystes sont plus sûrs que la ponction et l'injection, qui ne mettent pas toujours à l'abri des récidives.

L'extirpation du kyste est un moyen radical. Elle est obligée, lorsque, par une erreur de diagnostic, on aura cru à un cancer et l'on aura commencé l'opération. Dans ce cas, si le kyste est petit, on pourra se borner à une excision.

Les kystes multiloculaires seront enlevés avec la mamelle. Les kystes multiloculaires simples sont si rares et l'adénoïde avec transformation kystique tellement fréquente, qu'il vaut beaucoup mieux agir comme si l'on avait affaire à une tumeur adénoïde.

MAME

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VI. Kystes sébacés de la mamelle (Gerdy). — La mamelle est formée par une dépression ou un cul-de-sac de la peau, cette membrane peut être incluse avec des follicules sébacés, delà des kystes sébacés congénitaux.

Les kystes sébacés sont observés dans la jeunesse ; ils existent au moment de la naissance et ont un petit volume. Les tumeurs s'accroissent plus o-a moins vite avec l'âge.

Les kystes sébacés congénitaux ou acquis existent en général autour du mamelon, sont indolents et ont la marcbe des kystes sébacés. V. ce mot.

Thérapeutique. — On traitera commeles kystes sébacés. V. Glandes sébacées.

A'Il. Lipomes de la mamelle. — Les lipomes sous-cutanés de la mamelle ne diffèrent pas des lipomes des autres régions. Mais il y a des lipomes interstitiels qui sont beaucoup plus rares ; on les reconnaît à une mollesse caractéristique coïncidant avec une santé générale excellente, et lorsque par le fait de leur développement ils arrivent sous la peau, on les reconnaît aux caractères des lipomes. La marche excessivement lente de la maladie et l'absence de dureté empêchent de croire à une tumeur cancéreuse et à une tumeur adénoïde ; l'absence de résistance fibreuse ne permettra pas de confondre le lipome avec l'hypertrophie de la mamelle.

Thérapeutique. — On enlèvera les lipomes devenus volumineux et gênants. V. Lipomes.

Vin. Ossification dans la mamelle. — Des ossifications, des cloisons interlobulaires ont été vues dans la mamelle (Morgagni, Velpeau); ces tumeurs sont peu étendues, dures et ne s'accroissent pas; il n'y faut pas toucher, à moins qu'il ne survienne un engorgement subinflammatoire de la mamelle. L'opération qu'il faut faire est l'ablation de la tumeur.

IX. Tumeurs calcaires ou hutyreuses (A, Paré, A. Cooper). — V. Galactocèle.

X. Tumeur adénoïde (Velpeau) , tumeur mammaire chronique (A. Cooper, Warren), tumeur fibreuse (Cruveilhier). — La glande mammaire est le siège de prédilection des tumeurs adénoïdes. V. Adénome.

On reconnaît une tumeur adénoïde à une tuméfaction mamelonnée partielle de la mamelle ; à des douleurs, avec augmentation de volume ou de tension de la glande mammaire au moment des époques ; à un développement lent et indolent. La tumeur est dure, lobulée, élastique, mobile dans le sein, non adhérente à la peau; la mamelle reste saine d'ailleurs.

Les adénomes anciens de la mamelle subissent des transformations variables, ainsi des kystes se forment aux dépens desacini hypertrophiés ; la mamelle peut s'enflammer chroniquement, et alors on trouve des kystes sur une tumeur dure, adhérente à la peau et se présentant avec les apparences d'un cancer, mais ce n'est que très-longtemps après son début que la tumeur adénoïde prend ces caractères, et l'ulcération des tumeurs adénoïdes ne végète pas comme celle d'un cancer.

Les tumeurs adénoïdes du sein peuvent se résorber sous l'influence de ta compression, et spontanément (Velpeau). Elles ne se généralisent pas, mais elles récidivent quelquefois dans les restes d'une mamelle, après une première opération. 11 est possible que les tumeurs cancéreuses encéplialoïdes se développent sur un sein après l'ablation d'une tumeur adénoïde, et que la tumeur adénoïde se transforme en un véritable cancer.

On ne confondra pas la tumeur adénoïde avec les cancers, parce que ceux-ci ont une marche rapide, adhèrent à la peau, déforment le mamelon, s'accompagnent d'engorgements ganglionnaires dans l'aisselle et altèrent la santé générale, tandis que ces symptômes sont exceptionnels dans la tumeur adénoïde.

Thérapeutique. — On comprimera la mamelle, on fera des frictions avec la teinture d'iode, on placera des vésicatoires ; on appliquera un emplâtre de Vigo et de ciguë et des emplâtres de savon. On administre à l'intérieur l'iodure de potassium, à la dose de 1 et 2 grammes par jour dans un julep, et les préparations d'iodure de potassium, dites atrophiques. V. Mamelle (Hypertrophie de la) et Altérants.

Les émissions sanguines, dix à douze sangsues, sont peu efficaces. On surveillera l'écoulement des règles pour en entretenir la régularité. V. Dysménorrhée.

Si la tumeur augmente, on en fera l'ablation. On tâchera de dépasser largement les limites de la tumeur. — Si la tumeur est un peu volumineuse, il est prudent d'enlever toute la glande. — Si les deux seins sont pris, on enlèvera la tumeur la plus volumineuse ; il est possible que l'autre reste stationnaire. V. Mamelle {Ablation des tumeurs de la).

XI. Tumeurs tuberculeuses delà mamelle. — On trouve dans le sein des petites masses dures, isolées, qui sont constituées par des !fH5ercî</t'S disséminés (Velpeau, Gerdy, Nélaton), et qui sont développées probablement dans les conduits galactophores ou dans leurs parois. On trouve aussi des tumeurs volumineuses qui semblent être des ganglions tuberculeux et qui naissent sans doute dans les ganglions et vaisseaux lymphatiques. Ce sont les tumeurs lymphatiques ?n!i/</p/es (Velpeau, Lenoir). Ces lésions ont quelques caractères qui pourraient les faire appeler des gommes du sein. Certaines adénites mammaires chroniques avortées sont l'origine de ces tumeurs.

Les tumeurs lymphatiques purulentes du sein sont de véritables abcès formés autour de tubercules des deux espèces mentionnées. On trouve des abcès dans tous les points du sein, il en existe qui sont libres dans la mamelle, il en est d'autres qui sont situés profondément et qui tiennent aux os et sont dus sans doute à des périostites scrofuleuses ; plusieurs tumeurs lymphatiques purulentes du sein sont des abcès chroniques du sein.

Les tubercules et les tumeurs lymphatiques se reconnaissent à l'état granuleux de la glande mammaire, à des indurations demeurées longtemps indolentes.

Les tumeurs purulentes, libres, dans la mamelle, et fluctuantes, peuvent être prises pour des kystes et des abcès chroniques, la ponction exploratrice et l'examen microscopique des produits évacués éclaireront le diagnostic.

On ne confondra pas une tumeur dure obscurément fluctuante, fixée à la paroi thoracique et due à une tumeur purulente profonde, avec un cancer, parce que à son début le cancer est mobile avec la mamelle, parce qu'il contracte plus tard des adhérences avec la peau.

Thérapeutique. — Les tumeurs tuberculeuses non suppurées ne doivent pas être opérées. L'ablation de la mamelle est indiquée si la santé générale de la malade est bonne relativement, et s'il n'y a pas de tubercules pulmonaires; mais il faut pour cela que la mamelle s'accroisse I de jour en jour.

) On fera sur le sein des lotions avec la te nture d'iode

MAME

MAME

pure. On administrera les préparations antiscrofuleuses et principalement l'iodure de potassium, à la dose de 1 gramme par jour; le régime tonique, les bains de mer, les eaux minérales antiscrofuleuses, seront indiqués.

S'il y a un abcès formé libre dans la mamelle^ on le traitera comme les abcès cbroniques. S'il y a un abcès profond, on attendra que la fluctuation soit évidente et l'on se comportera comme pour les abcès chroniques. V. Abchs

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