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MÉRY

Parmi les sels de mercure employés en médecine, il y a : V acétate de mercure, les bromures, le protochloi'ure, ou calomélas et le deutochlorure ou sublimé corrosif le cyanure de mercure, le -proto- et le deutoiodure ; le nitrate de mercure, le sulfure de mercure ou éthiops minéral, et le tartrate de mercure. V. ces mots.

Eli outre, il y a différentes préparations mercurielles exclusivement formées de mercure métallique. Ce sont :

Le mercure alcalisé, ou mercure éteint par le carbonate de chaux.

Le mercure charboneux, ou éthiops graphitique : mercure, une partie; graphite, deux parties. Éteignez par trituration.

Le mercure crayeux, ou éthiops calcaire : mercure, une partie ; craie préparée, deux.parties. Éteignez par triluration (Lond.).

Mercure doux, ou calomélas ou protochlorure de mercure.

Mercure gommeux, ou éthiops gommeux : mercure, une partie ; mucilage, deux parties. On fait un mucilage avec un quart de la gomme en poudre pour y éteindre le mercure, et l'on ajoute ensuite le reste de la poudre de gomme avec autant d'eau qu'il est nécessaire.

Mercure gommeux de Plenk. On prend le mercure gommeux ordinaire, auquel on ajoute quatre parties de sirop diacode.

Mercure saccharin : mercure et sucre blanc, parties égales. Éteignez par trituration (Soubeiran).

Mercure soluble de Mascagni : mercure doux, une partie ; eau de chaux, cent soixante parties. Faire bouillir un quart d'heure ; laver et faire sécher (Soubeiran).

Mercure soluble de Ilahnemann : azotate de mercure, 25 grammes, triturés avec eau acidulée par l'acide azotique pour avoir I litre de dissolution. On verse ensuite goutte à goutte et en agitant avec une baguette de verre de l'ammoniaque étendue de quinze fois son poids d'eau jusqu'à précipité de couleur pâle. On lave le précipité, qui est insoluble malgré son nom, qu'on fait sécher et qu'on donne à la dose de 2 à 5 centigrammes, associé à dose moitié moindre d'opium.

Le mercure éteint dans de la conserve de roses forme les pilules de Barbcrousse ou pilules bleues.

Le mercure, 5 centigr. associé à 15 d'aloès, rhubarbe et scammonée, pour faire les pilules de Belloste.

Le wercMre éteint dans l'axonge, ou onguent mercuriel, en pilules de 20 centigr., pour faire les pilules de Sédillot.

MERCURE (Empoisonnement par le) ou iimtoxi. CATION MERClJRIEïiLE. Le mercure produit une action considérable sur la muqueuse de la bouche et des gencives qu'il enflamme (V. Stomatite, Gingivite^ ainsi que sur les glandes salivaires (V. Ptyalisme) et sur les glandes de l'intestin (V. Purgatifs). Ce sont des accidents immédiats, mais il y a en outre des accidents secondaires. Voy. Hydrargyrie.

Les malades qui ont fait longtemps usage de mercure contre une affection syphilitique, avec ou sans ptyalisme, tombent quelquefois dans un état de chlorose et de marasme avec tremblement des mains dû à l'action altérante du mercure sur le principe de la vie.

Thérapeutique. — La stomatite mercurielle, la salivation et l'anémie produhes par le mercure, se guérissent

par l'emploi du chlorate de potasse, k gr. par jour dans une potion [±] (Herpin), par les applications de poudre de chlorate de potasse et par les cautérisations de la gencive avec l'acide chlorhydrique. Les accidents secondaires doivent être traités par de la macération de quinquina, un litre par jour, par les eaux minérales ferrugineuses arséniquées [+], surtout par les eaux sulfureuses sodiques chaudes de Baréges, de Cauterets, etc. — On emploie aussi dans le même but les bains électriques.

MERCURIALE (FoiROLE). Plante de la famille des euphorbiacées, dont les feuilles en décoction (30 grammes

Fig. 45i. — MiTcuiiale.

par litre) ou sous forme de mellite (V. ce mot) sont employées pour faire des lavements purgatifs [T]«

Elles renferment un principe amer purgatif, que l'on peut donner à l'intérieur à la dose de k à 8 grammes (Lemolt) et la plante, en décoction, peut également servir de purgatif.

ItlERCURIAUX. Médicaments à base de mercure employés comme altérants ou comme purgatifs. V. ces mots.

MERCURIEL. Qui contient du mercure. ]j'onguent gris ou onguent napolitain est formé de mercure éteint dans l'axonge. V. Onguent, Pommade.

Certaines maladies sont le résultat du mercure et sont appelées mercurielles ; ce sont : les stomatites aiguô et cJironique, avec ou sans ptyalisme, quelquefois suivies de nécrose maxillaire (V. Stomatite et GiN'Givn e) ; — le trem^ hlement des mains avec paralysie incomplète ; — la dyspepsie, la chloro-anémie et un état cachectique assez grave pour occasionner la morl. Y .Mkrcvre [Intoxication par le).

MEREI^S (Ariége). Eau sulfureuse sodiquede 35 à ZiO°.

MERISIER. Arbre des jardins dont les fruits amers, rouges et noirs, sont quelquefois employés en décoction, 8 grammes par litre d'eau, comme tisane astringente dans la diarrhée

MÉRICISME. Le mérycisme est un phénomène de rumination caractérisé par une contraction de l'estomac, produisant la régurgitation des aliments dans la bouche d'où ils reviennent dans l'estomac comme chez les ruminants.

Le mérycisme est une maladie rare, n'existant jamais seule et ne s'observant qu'à titre de complication de la dyspepsie ou du cancer de l'estomac. V. ces mots.

MÉTH

MÉTH

MÉSE.tlBRYAXB'HKME. ^l'ianle de la famille des ficoïdées, dont le suc, donné toutes les deux heures à la dose de 30 à 50 grammes, guérit les spasmes du col de la vessie I I.

MÉSEi^TÈRE. Repli du péritoine auquel sont attachés les intestins et dans l'épaisseur duquel se trouvent beaucoup de ganglions lymphatiques.

L'inflammation du mésentère et de ses ganglions accompagne la fièvre typhoïde et l'entérite simple. A l'état chronique et compliquée de tubercules^ elle constitue le carreau. V. ce mot.

ilIÉSENTÉRIQUE. (FiÈVRE). V. FlÈVRE TYPHOÏDE.

MÊTALLOTIIÉRAPIE. Méthode thérapeutique dans laquelle on se sert de l'aiiplication externe de certains métaux, tels que le cuivre, le fer, l'acier, l'aimant, le zinc, etc., pour guérir certaines nécroses. Ainsi les applications de laiton guérissent la contracture essentielle de la convalescence du choléra l-t- +1 (Burcq), la contracture de la convalescence des fièvres typhoïdes |+ -n (Bouchut), la contracture essentielle de l'enfance et elles peuvent guérir la chorée [T| (Bouchut). Les applications de fer guérissent l'anesthésie hystérique (Burcq) certaines névralgies [±], les crampes nocturnes [T] (Bouchut), etc. C'est une méthode à essayer, car il est certain que l'application des métaux à l'extérieur agit sur le système nerveux, et que suivant Fidiosyncrasie des personnes et la forme du mal on obtient des résultats différents avec l'or, l'argent, le cuivre, le fer et l'acier.

MLÉTASTASE, Le transport d'un produit morbide d'un point sur un autre de l'économie constitue la mctantasc, c'est ce qu'on voit dans l'asllime qui succède à une névralgie sciatique, dans l'orchite remplaçant les oreillons, dans l'arthrite succédant à la blennhorrhagie, dans l'hémoptysie remplaçant les règles ou le flux hémorrhoïdal ; dans l'angine granuleuse chronique, dans les catarrhes pulmonaire ou intestinal substitués à une maladie de peau, dans les abcès pulmonaires, suite de résorption purulente ou de diphlhérite, etc. Dans tous ces cas il ne s'agit pas d'une complication des maladies, mais bien d'un changement de forme et de siège du mal sous l'influence du même principe morbide.

La métastase s'observe également à la suite de la résorption purulente de grandes opérations chirurgicales et des plaies typhoïdes, diphthéritiques ou autres, lorsqu'il se fait une absorption de granules purulents, de noyaux de leucocytes, de fragments minuscules de caillots , qui passant dans les veines forment des embolies capillaires du poumon, du cerveau, du foie, de la rate, et engendrent des noyaux d'infiltration purulente ou de véritables abcès métastatiques.

M ÉT A STATIQUE. Phénomène morbide produit par la

métastase. Ainsi, il y a des abcès métastatiques dans le foie, dans le cerveau, dans le tissu cellulaire, dans les reins, etc., à la suite delà résorption purulente occasionnée par une opération chirurgicale ou dans la résorption diphthéritique de l'angine couenneuse et du croup.

MÉTASTATIQUES (AbCÈs). V. AbCÈS.

MÉTATARSE. V. FRACTURES, LUXATIONS et PlAIES.

MÉTÉORISME. V. TVMPANITE.

niÉTilODE SOUS-CUTAKÉE. La rupture des tendons sans plaie des téguments, les ouvertures des capsules articulaires et des synoviales, sans plaie extérieure, à la suite des luxations, guérissent, rapidement et ne s'accom-

pagnent d'aucun accident. Les ouvertures des gaines, des tendons et les plaies articulaires, communiquant avec l'air extérieur, ont au contraire une gravité énorme à cause d'accidents inflammatoires qui compromettent la vie. De cette comparaison il est ressorti que, en fait, l'air est une condition défavorable à la guérison des plaies, et il en est résulté une méthode opératoire qui a pour but de faire des opérations, en évitant, autant que possible, le contact de l'air sur les surfaces blessées. Voy. Plaies.

Cette méthode, pratiquée plus ou moins grossièrement par Boyer, Stromeyer et Dieffenbach, n'a été bien régularisée que par ,J. Guérin, qui a institué la méthode et qui a trouvé des applications nouvelles pour l'ouverture des foyers purulents (les abcès par congestion), et pour pratiquer la Ihoracocentèse.

Il est juste de dire, d'après Bocquillon, que Bell faisait un pli à la peau pour empêcher l'introduction de l'air dans les parties profondes, et l'ouverture de la peau cessant d'être parallèle à la plaie des parties profondes, le but était atteint.

La ténotomie et \a.mijotomie (V. ce mot) sont des applications de la méthode sous-cutanée.

L'ouverture des articulations pour extraire des corps étrangers articulaires, par le procédé de Goyrand (d'Aix), se rattache encore à la méthode sous-cutanée.

L'ouverture des kystes synoviaux, des kystes abdomi naux de l'ovaire et du foie, sont dans le même cas.

Ponctions sous-cutanées. — Pour vider des foyers purulents, J. Guérin se sert d'un trocart un peu aplati, muni d'un robinet. On ponctionne, on retire le poinçon du trocart et l'on ferme aussitôt le robinet de la canule. On visse à l'extrémité de cette canule, au moyen d'une virole qui est attachée à son pavillon, une seringue munie d'un robinet à double effet. Ce robinet se manœuvre de la manière suivante :

Quand la clef du robinet D est tournée comme elle est placée sur la figure /i55, le liquide qui est dans le corps de pompe de la seringue entre ou sort par le conduit B. Quand on tourne la clef dans la direction de l'ouverture C, c'est par elle alors qu'entre et sort le liquide.

En se servant de cet appareil, soit pour les abcès froids et par congestion, soit pour les hydarthroses, soit pour la thoracocentèse, on peut vider le liquide contenu et faire aussitôt une injection.

Voici comment on s'y prend. Après avoir ponctionné la cavité malade avec un trocart aplati, on ouvre l'orifice B du robinet à double efl'et, on aspire le liquide. Si celui-ci est abondant et ne peut être pris par une seule aspiration

Fig. i55. — Robinet Si double effet. — A. Partie qui se visse sur le eorps de pompe. — B. Tube où l'on visse à volonté une canule quelconque. — C. Tige où l'on visse, comme ix l'autre tige, une canule à volonté. — D. Clef du robinet.

de la seringue, on tourne le robinet, l'orifice B est fermé (fig. Zi55), on vide le corps de pompe par l'orifice C qui est ouvert. On tourne le robinet et l'on aspire de nouveau par f orifice B qui est de nouveau ouvert. Si l'on veut faire des injections dans les foyers, on aspire de l'iode ou

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tout autre liquide modificateur par l'orilice G. De celle façon, toutes ces opérations ont été faites sans déranger l'appareil une fois en place (Méthode de J. Guérin). C'est le pyulque de Galien, renouvelé par Jean de Vigo et Anel.

Les ponctions sous-cutanées se font encore d'une façon plus facile avec le trocart capillaire aspirateur de Dieulafoy , — Une fois la ponction faite, comme il y a un vide trèspuissant dans la seringue, il suffit d'ouvrir le robinet inférieur et le liquide à évacuer monte rapidement dans le corps de pompe que tient la main de l'opérateur.

Incisions sous-cutanées. — Les incisions sous-cutanées se font de deux nîanières, ou bien à l'aide d'un ténotome (V, Ténotomie), ou bien à l'aide d'un pli fait à la peau. Voici comment on applique ce dernier procédé.

On tire la peau dans un sens ou dans un autre, de façon à détruire le parallélisme entre la partie profonde que l'on veut couper, et la peau qu'on a ainsi tirée et pliée, puis le pli est confié à un aide. Le chirurgien incise obliquement en tournant la pointe de son bistouri du côté opposé au pli formé. Lorsque l'opération est terminée, l'aide laisse la peau revenir sur elle-même, et alors l'ouverture de la peau et celle des parties profondes se trouvent séparées par un espace de 2 cà 5 centimètres, suivant la laxité de la peau de la région où l'on a opéré. V, Corps

ÉTRANGERS ARTICOLAIRES, KySTES.

mÉTRlTE. On donne le nom de métrite à l'inflammation de l'utérus.

L'inflammation qui atteint l'utérus entier est le cas le plus rafe ; on distingue parmi les inflammations de l'utérus la métrite du col, la métrite interne, la métrite du corps de l'utérus ou métrite parenchy metteuse, la tnétro-péritonite puerpérale.

Métrite da col. L'inflammation du col de l'utérus est liée à une métrite chronique de l'utérus, à une métrite interne ou inflammation chronique de la muqueuse utérine, ou aune vaginite, ou encore à des syphilides du col utérin ou enfin à l'inflammation de la glandule du col.

Une vaginite, une métrite générale, suite de couches, ou des manœuvres exercées sur l'utérus dans le but de le redresser, les excès de coït chez les jeunes femmes nouvellement mariées, le coït au moment des époques, causent souvent la métrite du col utérin.

Il y a deux états dans les métrites du col. l'engorgement et les ulcérations ; l'engorgement existe rarement seul, le plus souvent il est la conséquence d'ulcérations : c'est dire qu'il y a inflammation du tissu utérin et inflammation de la muqueuse.

Toutes les lésions du col produisent des douleurs de voisinage dans les cuisses, les aines ou dans la région sacrée, douleurs que la marche, le coït, le ballonnement du ventre, exaspèrent toujours. Les engorgements de l'utérus, avec déviations utérines, causent des douleurs encore plus marquées.

L Inflammation chronique du col de f utérus. — L'engorgement du col utérin peut être général ou partiel ; il peut n'exister que sur une seule lèvre, qui se tuméfie, devient dure et douloureuse. On reconnaît cet état par le toucher, qui permet de sentir une induration et provoque des douleurs. Quelquefois une petite tumeur se fait sentir sur la lèvre postérieure du col, c'est un véritable petit phlegmon qui peut se résorber ou suppurer (Nélaton).

A l'examen avec le spéculum on trouve l'utérus dur et présentant une coloration rouge, un peu jaunâtre, violacée, lorsque la lésion est ancienne et sur le point de se guérir.

Quelquefois le col saigne facilement, surtout lorsqu'il y a quelques ulcérations.

On reconnaît que l'engorgement du col est dû à une métrite interne quand le col laisse échapper un liquide albumineux, épais et blanchâtre, et quand il y a une rougeur d'une des lèvres du col sur laquelle coule le liquide, suivant que l'utérus est en anléversion ou en rétroversion (Nonat).

L'engorgement du col utérin symptomatique d'ulcération de cette partie se reconnaît à l'inspection avec le spéculum par des écoulements blanchâtres leucorrhéiques à travers le col utérin.

L'engorgement du col de l'utérus compliquant une antéversion cause du téncsme vésical, l'engorgement compliquant une rétroversion cause du ténesme rectal.

Les engorgements chroniques du col utérin peuvent être le point de départ d'un allongement hypertrophique de cette partie (Huguier).

Thérapeuticiue. — L'engorgement simple du col se guérit parle repos, par la continence et par les injections, le soir avec de l'eau de feuiUes de noyer, le matin avec :

Alun 5 id.

Les injections doivent être prises chaudes.

Le ventre doit être soutenu par une ceinture, pour empêcher le poids des intestins de peser sur l'utérus, et les malades doivent rester au repos : huit jours avant les époques, pendant les époques et huit jours après pendant plusieurs mois, prendre des bains fréquents et placer des cataplasmes sur le ventre.

Lorsqu'il y a des symptômes inflammatoires francs, lorsque l'utérus est très-chaud et très-douloureux, on fera une saignée générale, ou l'on appliquera six sangsues aux cuisses ; on ne placera pas une ou deux sangsues sur le col. Les malades prendront deux bains de siège par jour et y resteront pendant une demi-heure ou trois quarts d'heure. — Elles prendront deux lavements émollients ou additionnés de six gouttes de laudanum. — Si une petite tumeur phlegmoneuse se forme sur le col, on la ponctionnera dès qu'elle se ramollira, et l'on fera des injections d'eau de guimauve.

II. Ulcérations du col de Vutérus. — Des érosions dues au passage des liquides irritants sortis de l'utérus ou baignant le vagin, des granulations et des fongosités constituent les ulcérations du col de l'utérus. Des chancres et des plaques muqueuses existent aussi sur l'utérus. V. Chancre DU COL DE l'utérus.

Les ulcérations du col de l'utérus s'observent à l'âge moyen de la vie des femmes, quel que soit leur tempérament. Les jeunes filles chlorotiques y sont assez sujettes (Bennett), mais les ulcérations qu'on rencontre chez elles sont des ulcérations dues à des écoulements consécutifs à une métrite interne ou à une leucorrhée lymphatique et scrofuleuse causée souvent parla masturbation.

Chez les femmes jeunes les ulcérations du col sont la suite ordinaire d'une vaginite ou de chancres du col ou de défaut de précaution à la suite de couches.

Les ulcérations anciennes du col de l'utérus se reconnaissent aux signes suivants : tiraillements dans les aines, pesanteur dans le bassin et tous les signes des métrites internes et des engorgements du col, parfois les signes de phlegmon péri-utérin (V. ce mot). La menstruation est troublée, il y a suppression ou prolongation des règles ou des écoulements sanguins au moindre contact pendant le

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coït. Jl existe dos perles blanches plus ou moins abondantes, quelquefois mêlées de sang ; mais, dans aucun cas, elles n'ont mauvaise odeur. Les malades deviennent plus ou moins dyspeptiques, elles ont des dépravations d'appétit, quelquefois des attaques d'hystérie. D'autres fois elles deviennent anémiques et les urines déposent des sédiments d'urate et de phosphate d'ammoniaque. A cet état de l'urine correspondent des cystites congestives qui embarrassent les médecins non prévenus.

En général, dans les ulcérations du col utérin, les accidents augmentent à chaque époque menstruelle et le coït est douloureux, surtout dans'le cas de granulations (Duparcque) .

Mais la plupart des ulcérations du col sans métrite ne causent aucune douleur.

Ce qui fait la gravité des ulcères du col, ce sont leurs fréquentes récidives.

Les iilcératiom simples ou exiûcératwns symptomatiques donnent lieu à des écoulements blancs peu abondants ; elles se reconnaissent au toucher par leur consistance un peu molle sur un col plus ou moins dur; au spéculum, elles offrent une coloration rouge vineux, finement granulée et qui blanchit lorsqu'on les touche avec une solution de nitrate d'argent, ce qui indique netteiiient une érosion. Ces ulcérations ne peuvent être confondues avec aucune autre lésion, et elles existent toujours sur la surface de la lèvre du col, sur laquelle coulent les produits écoulés de l'utérus atteint de métrite interne. Ces ulcérations existent sur les deux lèvres du col lorsqu'elles sont causées par l'action irritante du pus d'une vaginite.

Les ulcérations ou granulations du col sont constituées par de véritables bourgeons charnus, élevés au-dessus de la surface du col de l'utérus; on les sent par le tôucher, on les voit à l'examen avec le spéculum, et le moindre contact les fait saigner ; elles existent sur les deux lèvres du col et semblent le résultat d'ulcérations inflammatoires ou de lésions des follicules glandulaires du col. Ces granulations sont parfois recouvertes par une couche de pus blanchâtre et visqueux. Ces ulcérations, plus profondes que les précédentes, peuvent être appelées des ulcérations glandulaires.

Les ulcérations fongueuses sont la conséquence d'ulcérations ou (le granulations développées outre mesure, ce sont des altérations de même nature que les fongosités utérines et elles offrent l'aspect de villosités, d'un rouge sombre, qui occupent la cavité du col et les bords de son ouverture ; on les observe chez les femmes qui ont des ulcérations depuis un long temps. Ces lésions semblent être dues à l'ulcération des follicules glandulaires du col, souvent à la suite d'une couche ou de rechutes d'ulcère du col.

Toutes les ulcérations du col de l'utérus et surtout les cautérisations répétées que l'on fait pour les guérir, peuvent causer son rétrécissement et son oblitération. (V. ÂTRÉsiE CONGÉNiTALF. DU COL.) Elles sont souvent par ce fait la cause de stérilité (Chomel, Emery).

On ne confondra pas les ulcérations du col avec les ul cères vénériens : ceux-ci sont toujours taillés à pic, seulement il est certain qu'un chancre en voie de réparation peut être le point de départ d'ulcérations ou de granulations. La blennorrhagie avec ulcérations du col se reconnaît aux antécédents des malades, à un écoulement jaune, verdàtre, parl'oriflce utérin, ànne exsudation jaunâtre, sécrétée par les exulcérations du col. C'est à ces caractères joints à l'aspect de l'ulcération que l'on reconnaît le mal. V. Chancres du col de l'utérus.

Les grandes ulcérations du col utérin chez les femmes enceintes causent quelquefois l'avortement, surtout lorsqu'on veut les traiter par des moyens énergiques, tels que la cautérisation répétée. On a dit que, quand par hasard les cautérisations ne faisaient pas avorter, elles échouaient ordinairement (Coffin) ; cela est exagéré. — La cautérisation au fer rouge même toute mauvaise qu'elle soit, peut ne pas faire avorter lorsqu'elle est faite avec mesure. Lorsque l'ulcération du col cause l'inflammation utérine, l'avortement est inévitable; si l'ulcère reste borné au col, la grossesse suit son cours.

Thérapeutique. — Lorsque les douleurs sont très-vives, lorsque le col est très-tuméfié, on fera une ou deux saignées de 100 grammes. On donnera des bains de mains et de pieds sinapisés. On placera des sangsues aux aines, et, si les malades ne s'y opposent pas, des vésicatoires sur l'hypogastre. On prescrira des injections vaginales avec l'alun ou l'acétate de plomb, 6 grammes par injection ; des injections d'eau de feuilles de noyer :

Ea>i 9000 grammes.

Feuilles de noyer sèches 30 id.

de décoction d'écorce de chêne ou de noix de galle. Ces médications agissent par l'acide gallique qui joue le rôle d'astringent. V. Injections.

On placera de l'alun en poudre sur la surface ulcérée à l'aide d'un pinceau.

Contre les douleurs utérines, on emploiera les douches | d'acide carbonique (Aran), soit avec une seringue bien calibrée, soit avec un réservoir de caoutchouc chargé de gaz que l'on vide dans le vagin à l'aide d'une canule molle.

Lorsque tous ces moyens échouent, les douches vaginales et utérines froides pourront être conseillées, mais je leur préfère de beaucoup les injections très-chaudes deux fois par jour.

De grands bains tièdes devront être pris tous les deux jours.

Contre les ulcérations symptomatiques, on appliquera le traitement de la métrite interne. C'est en vain que l'on cautériserait l'exulcératiou.

Les granulations peu étendues peuvent être traitées d'abord par l'application de topiques. On place dans le vagin un tampon d'ouate contenant 1 gr. de poudre d'alun, et on le laisse vingt-quatre heures en place. S'il y, a engorgement chronique et douloureux du col, on peut placer un suppositoire vaginal :

Beurre de cacao q. s.

Extrait de hfliadouc "J

lodiire lie p.jtassiiim ! aa 1 gramme.

Ratanhia )

ou simplem.ent de l'extrait de belladone mêlé avec de l'axonge à parties égales.

(Desgranges, de Lyon.)

Pour guérir les ulcérations, on les touchera avec un pinceau de charpie trempée dans le perchlorure de fer à 30 degrés ou la teinture d'iode, ou bien on touchera les ulcérations avec un crayon de tannin. Si les ulcérations s'étendent dans le col, on y laissera un crayon de tannin pendant une lieure (Becquerel). V. Caustiques.

Ce dernier moyen cause parfois une atrésie cicatricielle du col. On se sert du crayon au nitrate d'argent, du caustique Filhoz , du nitrate acide de mercure ou du fer rouge (Joberl), mais avec plus de danger.

Pour cautériser avec le nitrate d'argent, on introduit le spéculum bivalve, on découvre le col [V. Utérus (Exploration de 1')], on nettoie les parties avec un tampon d'ouate porté sur le col à l'aide d'une pince à point d'ar-

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rêt et à rallonge de Charrière, qui se trouve dans la trousse, ou l'on se sert d'une longue pince à pansement, puis on porte le crayon sur l'ulcération. La surface ulcérée blanchit. On nettoie de nouveau avec du coton, on retire le spéculum et l'on donne un grand bain ou un bain de siège dans la journée.

Pour cautériser avec le caustique Filhoz, on se sert du spéculum plein, on lave le col avec de l'eau salée après la cautérisation, puis on prescrit un bain.

Pour cautériser avec le nitrate acide de mercure, on se sert du spéculum plein et l'on touche les parties avec un pinceau de charpie imbibé de la solution, puis on lave à l'eau toute la partie cautérisée. On donne un bain.

Pour cautériser au fer rouge, on se sert d'un spéculum d'ivoire plein ou de buis qui est mauvais conducteur du calorique, et l'on cautérise avec le fer rouge ou le galvano-cautère, puis on lave à l'eau froide. De tous les caustiques, la solution saturée de chlorure de zinc est le meilleur; le caustique agit suivant la quantité que l'on en emploie, et ses effets peuvent être modérés comme on veut; il a cet avantage immense qu'il ne brûle que les parties malades, ce qui n'existe pour aucun des autres caustiques employés contre les ulcères du col de l'utérus.

Le fer rouge a été remplacé quelquefois par le caustique de Bonnafond.

Gomme adragant 5 grammes.

Pondre de charbon régétal 15 jd.

Nilrate de potasse 2 jj.

On cautérise avec cette pâte formée en crayons et allumée

Après les cautérisations de l'utérus, on tient les malades au repos, on applique un cataplasme sur le ventre et l'on ordonne de faire des injections émollientes pendant l'intervalle des cautérisations. S'il existait quelques douleurs le soir, on donnerait un demi-lavement avec huit gouttes de laudanum.

Les cautérisations seront renouvelées jusqu'à ce que les ulcérations et l'engorgement du col aient diminué. La coloration violet clair du col est un bon signe pour s'arrêter. Pendant le traitement, les rapprochements sexuels seront interdits.

Depuis la première édition de ce livre, j'ai fait une étude approfondie des ulcères du col.

Les cautérisations ne sont pas utiles également dans tous les ulcères du col, et il y a un moment où l'on doit les cesser. On cautérisera énergiquement les chancres amsi que les fongosités. Mais on doit cesser de cautériser dès que la surface de l'ulcère est de niveau avec la muqueuse du col; lorsque le fond de l'ulcère est un peu saillant, un tampon d'alun est placé pour exercer une sorte de compression sur l'ulcère, les malades doivent prendre très-régulièrement deux injections chaudes par jour, et un bain tous les quatre jours. Le repos prolongé, l'abstinence de rapports Sexuels, complètent le traitement; lorsque la surface rouge de l'ulcère pâlit, lorsque ses limites deviennent moins nettes, il se répare de l'épithélium ; l'ulcère entre dans la voie de la cautérisation, le temps et les injections seules suflisent.

Les granulations doivent être également cautérisées une fois, les plaques muqueuses aussi, mais, pour ces dernières , une seule cautérisation •^uffit.

Mais on ne doit pas prendre pour des granulations un état rouge du fond de l'ulcère avec des points rouges plus fonces. C'est là une phase de la réparation des ulcères ; plus on cautérise, plus cet état dure. An contraire, on doit cautériser les surfaces qui offrent une coloration rouge, sombre, uniforme, et qui offrent des points saillants.

BOUCHUT ET DESPBÉS. — 2e édit.

Les érosions du col, suite de vaginite, ne doivent pas être cautérisés, l'alun suffit, lorsqu'il est bien appliqué sur le col à l'aide d'un pinceau.

Les accidents des cautérisations du col utérin sont le phlegmon péri-utérin, la métrite simple et quelquefois la péritonite.

En même temps qu'on traite l'état local, on administrera de temps en temps quelques purgatifs doux, tels que 20 grammes d'huile de ricin, les lavements avec 1 0 grammes de séné pour prévenir la constipation.

On enverra les malades à la campagne ou aux eaux de Néris, de Plombières, de Bourbon-Lancy , d'Ussat, de Saint-Sauveur, d'Ems, de Sclilangenbad, de Tœplitz, de Pfœffers.' — S'il y a chlorose et anémie, on enverra les malades à Forges, en Normandie , à Spa, et on leur fera boire des eaux de Bussang ou d'Orezza, etc., et on les enverra aux bains de mer. V. Chlorose et Anémie.

On donnera une nourriture fortifiante, de la viande saignante et du vin généreux aux leucorrhéiques atteintes d'ulcères du col.

Toutes les préparations externes données contre les flueurs blanches pourront être employées, mais il ne faut pas trop compter sur elles. V. LEUcORanÉE.

Le traitement des ulcérations du col est toujours trèslong; mais avec le repos comiilet la guérison est hâtée.

Métrite du corps de l'utérus.

I. Métrite aiguë du corps de l'utérus, — La métrite générale aiguë hors l'état puerpéral est extrêmement rare, et ce que l'on désigne en clinique sous le nom de métrite n'est le plus souvent qu'une inflammation du tissu cellulaire du pourtour de l'utérus.

La métrite localisée à une portion du corps de l'utérus (Paul d'Egine) est chose rare.

La métrite aiguë se montre après des chaleurs excessives, après des excès de co'it, après un refroidissement au moment des époques et dans le cours d'une blennorrhagie.

De la fièvre, des douleurs occupant le bas-ventre, les reins, les aines, les lombes, avec souffrance par la rétention volontaire d'urine et en allant à la selle, et une sensibilité très-vive à la pression de l'hypogastre, indiquent une métrite aiguë.

Dans la métrite aiguë, lorsqu'on palpe l'utérus à travers l'abdomen, on provoque des douleurs aiguës, et, au toucher vaginal, le contact du doigt cause une douleur assez vive, que les malades caractérisent en disant que la douleur leur porte au cœur.

La métrite aiguë peut être la suite d'une congestion de l'utérus après une brusque suppression des règles.

La métrite ne cause d'accidents hystériformes que sur les femmes qui sont déjà hystériques.

Lorsqu'une métrite est survenue à la suite d'une brusque suppression des règles, le retour de l'écoulement menstruel est une bonne condition qui annonce la termi^ naison heureuse du mal. (Benett.)

On ne confondra pas la métrite générale avec la cystite, parce que dans la cystite il y a des dépôts muqueux dans l'urine, des envies fréquentes d'uriner; puis en touchant les malades on peut constater, en cas de cystite, une douleur à la pression, lorsqu'on presse sur la vessie.

Le phlegmon des ligaments larges (V. Li&aments larges) est révélé par des douleurs dans les fosses iliaques, l'utérus n'est pas douloureux ; on sent l'organe, peu mo-

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bile au milieu de tissus résistants, où l'on sent Imtlre des artères avec force. On ne confondra donc pas le phlegmon avec la métrite , qui est essentiellement caractérisée par une sensibilité vive de l'utérus seulement.

L'ovarite donne lieu à des douleurs fixes en arrière de l'arcade crurale, et l'ont sent quelijuefois sur les côtés de l'utérus un point résistant et douloureux. Les douleurs causées par 1 ovarite sont plus vives que celles qui sont causées par la métrite, elles s'irradient dans les cuisses et empêchent la marche.

Il est très-difficile de distinguer une métrite d'une péritonite circonscrite et bornée au péritoine qui recouvre l'utérus. Cependant l'insensibilité du col de l'utérus et l'existence d'une fièvre plus intense que ne l'est d'ordinaire celle qui accompagne les métrites, le ballonnement léger du ventre, sont des signes importants qui pourront éclairer le diagnostic.

Des signes de métrite chez une femme atteinte de tubercules et qui n'a point de vaginite doivent toujours faire soupçonner des tubercules de l'utérus ; si, à un moment donné, on voit par l'examen, à l'aide du spéculum, des grumeaux blanchâtres, sortir par le col utérin (Lisfranc, Pégot), les tubercules de l'utérus sont très-probables.

Thérapeutique. — Le repos au lit, les bains de siège, les cataplasmes sur le ventre, les sinapismes aux extrémités, les lavements émollients, sont de bons moyens, propres à guérir, au début, les inflammations de l'utérus qui sont dues à une brusque suppression des règles.

Lorsqu'il y a de la fièvre et des douleurs vives, il est bon de pratiquer une petite saignée générale ou mieux d'appliquer dix à vingt sangsues sur la région hypogastiique. — Les sangsues sur le col de l'utérus (Duparcque, Aran, Benett, Bernutz) sont assez utiles, dit-on, tout à fait au début de la métrite. Les scarifications sur le col ont des dangers (Bernutz et Goupil).

Les cataplasmes dans le vagin, conseillés par quelques personnes, sont das moyens qui peuvent être utiles, mais ils répugnent aux femmes et, de préférence, on emploie les injections suivantes :

Injection belladonée.

Kmi dOOO grammes.

Feuilles de belladone i5 id-

Roses de Provins 30 id.

Faites bouillir.

Injection narcotique.

Feuilles de pavot ) ^ ^.

Têtes de pavot J ^

Eau 100 id.

Faites bouillir. (Hôp. de Paris.) \±\

Éviter les rechutes en commandant le repos.

II. Métrite chronique du corps de l'utérus. — La métrite chronique du corps de l'utérus est rare ; elle ne peut être mieux caractérisée que par l'état de l'utérus chez les femmes atteintes de corps fibreux ou de fongosités utérines.

La métrite chronique présente les mêmes symptômes que la métrite aiguë, moins la fièvre et les douleurs vives au loucher, mais il y a les mêmes symptômes de congestion utérine (V. ce mot), avec écoulement peu abondant, et quelquefois de douleurs spontanées persistantes, variables, avec de fréquentes exacerbations.

Thérapeutique. — Le traitement de la métrite chronique repose sur les mêmes indications que celles de la métrite aiguë; seulement, les moyens antiphlogistiques, saignées et sangsues, sont inutiles. — On est souvent obligé

d'avoir recours aux révulsifs cutanés, tels que les frictions sur l'hypogastre avec la pommade stibiée (Duparcque), le vésicatoire sur le ventre (Hôp. de Paris), etc.

Le cautère sur le pubis (Gendrin) est peut-être trèsutile, mais il est peu de femmes qui veuillent le supporter.

Métrite interne chronique, catnrriie utérin. La

métrite interne siège dans le corps ou dans le col de l'utérus, c'est une inflammation de la muqueuse ; elle cause la leucorrhée et engendre les fongosités utérines(V . ces mots) .

La métrite interne chronique se révèle par des symptômes fugaces de douleurs semblables à celles qui existent dans les engorgements du col, et il y a un écoulement visqueux, terne ou blanchâtre comme de l'empois cuit, qui cause habituellement l'exulcération du col.

Les couches pénibles, les fausses couches, les blennorrhagies qui ont remonté dans le col, les chancres, la masturbation, les excès de coït, sont les causes ordinaires de la métrite interne.

Chez une femme atteinte autrefois de métrite, un refroidissement, une suppression des règles, peuvent causer les métrites internes à repétition.

Les métrites internes peuvent durer jusqu'à l'époque de la ménopause, mais, chez les femmes qui ont des déplacements de l'utérus, elles peuvent persister encore au delà de ce terme.

Thérapeutique. — Toutes les médications générales dirigées contre les ulcérations du col utérin seront appliquées contre la métrite interne.

On peut, lorsque le corps de l'utérus n'est pas très-douloureux, cautériser à l'aide du nitrate d'argent la cavité de l'utérus, et répéter la cautérisation toutes les trois semaines ou tous les mois (Nonat). Pour faire cette cautérisation, on se sert d'un porte-caustique sur le modèle de celui de Lallemand (une cuvette, contenant du nitrate d'argent fondu, montée sur une tige et enfermée dans une sonde d'argent droite ouverte du bout), ou d'une fine tige de bois entourée de charpie serrée avec un fil et trempée dans la solution de nitrate d'argent H, ou de chlorure de zinc [T].

C'est pour ces cas qu'on a préconisé les injections intrautérines. V. Utérus et Leucorrhée.

îMétrîte puerpérale. Peu après l'accouchement, une phlegmasie envahit quelquefois l'utérus et est caractérisée par un véritable phlegmon de l'utérus et des parties voisines, avec phlébite, ou angioleucite dans le voisinage ; la métrite arrive dans certains cas après que la femme est relevée de couches, et alors la maladie est souvent due à un refroidissement.

La métrite puerpérale développée dans les premiers jours qui suivent l'accouchement s'annonce par des frissons, de la fièvre, de la sensibilité du bas-ventre, des douleurs dans les reins, les lombes et les cuisses, et il y a du météorisme, du ballonnement du ventre et du lénesme anal et vésical. Au toucher on sent le col de l'étérus dur (Béhier). L'utérus est senti à l'hypogastre, il est dur et douloureux, il est peu mobile.

La métrite puerpérale dés premiers jours se complique assez souvent de péritonite, de phlébite utérine, de phlegmons des ligaments larges et d'infection purulente ; elle n'existe pas avec l'infection putride aiguë. V. Infection

PURULENTE ET PUTRIDE ; FlEVRE PUERPÉRALE.

Dans l'état puerpéral, il y a des métrites simples caractérisées par une fièvre modérée, quelques frissons, des

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nausées, et une dureté de l'utérus, qui est lent à revenir sur lui-même, mais cet état est passager.

La métrite qui survient plus de deux semaines après les couches ne diffère pas des métrites simples du col.

Ouand une femme a eu des ulcérations du col, on doit surveiller son accouchement et les suites de couches, pour prévenir une métrite imminente.

Thérapeutique. — La métrite puerpérale compliquée d'infection purulente est au-dessus des ressources de l'art. Lorsque l'infection purulente ou putride est établie, il n'y a rien à faire ; mais on peut prévenir les inflammations en pratiquant dans une seule journée quatre à six injections émollientes avec l'eau de guimauve chaude, en ne lais.sant aucun détritus et aucun caillot dans le vagin et en maintenant immédiatement après l'accouchement des cataplasmes sur le ventre.

Lorsque la métrite existe seule et est à son début, vingt à trente sangsues seront appliquées sur l'hypogastre. On fera des frictions mercnrielies sur le ventre et l'on y placera des cataplasmes en permanence outre les injections.

Si un abcès de la fosse iliaque menace, on appliquera de nouvelles sangsues.

S'il y a infection, on donnera le sulfate de quinine. V. Infections purulentes et putrides.

La métrite qui se développe après que les malades se sont relevées sera traitée par les mêmes moyens que les métrites aiguës simples. V. Métrite.

MÉTRORRHAGIE l'HÉMORRIIAGIE UTÉRINE). Les liémoi-rhagies utérines, très-rares chez les petites filles, deviennent plus communes après la puberté, jusqu'à l'âge critique, et elles diminuent de fréquence dans la vieillesse.

Une hémorrhagie utérine chez une vieille femme indique toujours une altération organique ou un polype de la matrice.

Comme l'excessive fécondité, la métrorrhagie se montre héréditaire.

On voit beaucoup plus souvent la métrorrhagie dans les pays chauds que dans les pays froids, et chez les femmes du Nord qui émigrent et vivent dans les régions intertropicales.

La pression du ventre par le corset et par des vêtements trop serrés, l'équitation ou la danse trop prolongées, la station debout pendant plusieurs heures, amènent souvent la métrorrhagie.

Les inflammations spontanées de l'utérus ou occasionnées par la disproportion des cy'ganes génitaux et par les cautérisations du col, les polypes et les corps fibreux de l'utérus, le cancer et l'épithélioma de cet organe à une certaine période de leur évolution, sont toujours accompagnés de métrorrhagie, V. Utérus [Corps fibreux de V), FongosiTÉs utérines.

On voit souvent la métrorrhagie se produire chez des femmes pléthoriques par excès de richesse de sang.

La métrorrhagie est assez commune dans les fièvres graves, mais elle est surtout abondante dans le purpura, dans le scorbut et dans l'hémophilie.

Il y a, mais cela est rare, des fièvres pernicieuses hémorrhagiques, dans lesquelles la manifestation morbide de l'accès fébrile est une métrorrhagie.

Il faut admettre des métrorrhagies constitutionnelles accidentelles, pernicieuses, organiques, traumatiques et puerpérales.

La métrorrhagie intermittente, régulière, est le signe d'une fièvre pernicieuse.

La métrorrhagie des fièvres et du scorbut est une maladie, constitutionnelle sous la dépendance d'une altération du sang.

Quand on voit la métrorrhagie succéder à l'aménorrhée chez une jeune femme, il faut supposer l'avorlenient.

De fréquentes métrorrhagies, sans état puerpéral, avec leucorrhée fétide, indiquent le cancer de l'utérus.

On voit souvent, à l'âge critique, des métrorrhagies essentielles fort graves produire l'anémie sans amener de lésions organiques secondaires.

Si, dans le cours de la grossesse, les métrorrhagies peu abondantes n'ont pas d'inconvénient, celles qui sont considérables peuvent amener la mort du fœtus et son expulsion de la matrice.

Après l'accouchement, les hémorrhagies utérines résultent de l'inertie de l'utérus. V. Délivrance, Hémorrhagies puerpérales.

Quand après l'accouchement et la délivrance on voit les femmes pâlir, se refroidir et avoir de la tendance à la syncope, il faut redouter une hémorrhagie interne de la matrice, qui est fortement distendue au-dessus du pubis.

Les métrorrhagies puerpérales abondantes sont fréquemment mortelles.

Quand la métrorrhagie complique la menstruation et forme la ménorrhagie, on peut être sûr qu'il n'y a pas de lésion organique de l'utérus, et que la femme est atteinte d'une chlorose facile à guérir.

Thérapeutique. — Première indication : Diminuer Véeoulement de sang. — La métrorrhagie exige le repos au lit, la tête basse, des lavements froids et des applications froides sur le ventre.

Deuxième indication : Refaire le sang dans les cas de chlorose. — Dans la métrorrhagie chlorotique des jeunes filles, le repos et la bonne nourriture, le vin et le sirop de quinquina, les ferrugineux, l'arséniate de soude, l'ergot de seigle, le safran, les lavements froids, l'hydrothérapie, les bains de mer et de rivière sont indispensables.

La métrorrhagie de la ménopause, sans lésion de l'utérus, doit être traitée comme la métrorrhagie chlorotique.

La métrorrhagie des pays chauds réclame l'expatriation.

Troisième indication : Combattre les causes organiques de r hémorrhagie utérine. — Dans ces cas, il faut enlever les polypes ou les tumeurs de l'utérus, cautériser les végétations du col (V. Utérus). Les métrorrhagies causées par les lésions organiques de l'utérus exigent le repos, î'ergotine, à 2 et grammes; la poudre d'ergot de seigle, à la même dose; la rue et la sabine, etc.

Poudre de rue 1 gramme.

Poudre de sabine 30 centigrammes.

Sirop 1. 5.

Pour six pilules, une le matin et une le soir. Les métrorrhagies de la grossesse exigent le repos le plus absolu.

Après l'accouchement, les métrorrhagies réclament l'usage du seigle ergoté, à 2 et 5 grammes , les frictions sur ventre, le tamponnement du vagin, la compression de l'aorte sur les parois du ventre.

Quelquefois l'introduction de la main dans l'utérus dont on veut réveiller l'inertie, enfin l'expression d'une cer-

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taine quantité de jus de citron dans l'intérieur de la matrice. V. Accouchement, pour les formules de l'ergot de seigle.

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